Ian Mackaye

Ian Mackaye, Wilson Center, 1983 © Ellie Moran

Si Big Apple et la Californie ont toujours magnétisé les regards lorsqu’il s’agit de s’émoustiller sur une tendance ou une mode, l’historiographie musicale US ne s’est jamais réduite à celles-ci, bien au contraire. Chicago, Détroit, Seattle, Washington, autant de villes ayant conféré l’aura de leurs buildings ou de leurs friches industrielles à un mouvement, ou plus précisément, une scène – sorte de coagulation, dans un espace temps et une agglomération, d’un même état d’esprit, d’une même éthique à travers une esthétique musicale. Étonnant de lire d’ailleurs, comme réponse à l’assertion le décrivant tel un DJ clean, le mot de Jeff Mills dans Gonzaï : C’est un trait de caractère commun aux artistes techno de Detroit. Personne ne fait de choses excessives : vous ne verrez jamais Derrick May ou Carl Craig boire au bar. Culturellement, ils symbolisent ces familles noires de Detroit où la simplicité et la mesure priment. Cela ne se fait pas de perdre le contrôle, alors on ne perd pas le contrôle. (lire). Et si l’on en fait souvent des tonnes à raison sur le punk New-Yorkais ou sur le hard-core West-Coast, peu ou si peu illustre ce qu’a été dans les années quatre-vingt à Washington, D.C. la scène punk hardcore. Le documentaire de Scott Crawford, Salad Days : The Birth of Punk In The Nation’s Capital, sortant en fin d’année 2014 et financé en grande partie par le crowdfunding – sur le même modèle donc de celui d’Amélie Ravalec et Travis Collins Industrial Soundtrack For The Urban Decay () – se pose là tel un travail incontournable retraçant la déferlante de groupes tels que Minor Threat, Bad Brains, Black Market Baby, the Faith, the Slickee Boys, Void, Government Issue, Marginal Man, Dag Nasty, 9353, Gray Matter, Beefeater, Scream, Rites of Spring, Fugazi, ou de labels tels que Dischord, Fountain of Youth et Teen Beat pour les plus connus. Scott Crawford, qui dans sa jeunesse éditait le fanzine Metrozine dédié à l’actualité de ce mouvement, s’est ainsi replongé depuis 2011 dans ses premiers amours de jeunesse, rencontrant pour l’occasion John Stabb, Ian Mackaye, Joe Lally, Henry Rollins, Dave Grohl, Alec Mackaye, H.R. et forcément… Thurston Moore (lire), abreuvant le film d’images d’archives et de concerts encore inédites. C’est peu de dire qu’on a hâte de mater ça.

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