remain3recadreePourrais-tu présenter en quelques lignes ton parcours dans la musique ?
J’ai reçu une formation en guitare quand j’étais plus jeune, mise entre parenthèses pendant mes études. Je suis revenu à la musique en tant que DJ avec une résidence au Pulp, puis j’ai monté mon label en 2008, et là j’ai commencé la prod.

Pourquoi avoir monté un label ? Que voulais-tu explorer avec Meant ?
Quand tu es DJ, tu reçois tous les jours des EP ; tu te fais un avis sur les dernières prods, et surtout on te demande ton avis ! L’idée de monter un label a petit à petit fait son chemin.
Les ventes de disques étaient en chute libre, les ventes de numérique n’avaient pas encore explosé, et avec mon pote David (Siskid) on s’est dit : « C’est le moment où jamais ! »
Meant c’est un espace d’expression et de création qui nous ressemble, à la fois pour le club et pour la maison. C’était important que le label exprime cet ancrage. Meant ne se limite pas à l’électro.

Et au niveau de l’électro, qu’est-ce qui t’a marqué ? Qui t’a donné envie de faire de la techno ?
Ado, j’étais très rock. J’ai d’ailleurs joué dans des groupes, j’allais à beaucoup de concerts. Et puis, naturellement, j’ai commencé à sortir en club : j’ai vu tout Laurent Garnier, Sex Toy, Aphex Twin, Jeff Mills… Ça laisse des traces !

Siskid est aussi très présent. Quelle est sa place au sein de Meant ?
Il est plus que très présent ! C’est le co-créateur du label, on s’occupe ensemble de la DA et de tout ce qui va avec. C’est aussi un artiste que je respecte énormément. Je suis très fier d’avoir monté mon label avec lui, très fier de sortir et de défendre ses productions. Mais c’est avant tout mon pote !

On sent un lien musical avec Kill The DJ: Krikor et Chloé ont signé des remixes sur le label, Remote a sorti un EP sur Meant et Ivan Smagghe te présente comme « l’un des nouveaux espoirs de la scène française ». Etait-ce un label déterminant pour la création de Meant ? Leur vision de la musique t’a marqué ?

Tu as tout dit ; j’ai toujours beaucoup apprécié le travail de leurs artistes et c’est vrai qu’ils nous ont beaucoup soutenus au départ. Maintenant Meant a sa propre identité,. L’idée, quand tu montes un label, ce n’est pas de copier ou de « s’inspirer » de ce que font les voisins. On essaye de construire notre propre image à partir de notre idée de la musique ; ça prend du temps, surtout quand des labels comme KTDJ et des artistes comme Krikor, Chloé et Ivan, mettent la barre assez haut. Mais je pourrais aussi te parler du travail de Trevor Jackson avec son label Output et de son projet Playgroup…

On te sent très proche de Dimuschi et Audiofamilies, peux-tu nous parler de ces relations que vous entretenez ?
Dimuschi, ce sont des amis, promoteurs d’excellentes soirées à Paris et plus récemment en Corse.
Audiofamilies, et plus particulièrement Jeff Labelle, s’occupe depuis un an et demi de mes bookings et de mon développement auprès des clubs et des promoteurs. C’est un des meilleurs bookers français et je suis très heureux de faire partie de son pool d’artistes.

l_a9e6609e3b2c4fe3befa2b917979ae3fTu fais aussi de la musique sous le nom de Remain. Quelles sont les lignes directrices de ce projet ? Où veux-tu aller ?
Meant et Remain sont intimement liés. Le principe de la musique jouable en club et écoutable à la maison est plus que jamais d’actualité. C’est aussi le sens que je souhaite donner à ma musique. Vous pourrez le constater bientôt en écoutant mon prochain maxi. Il y a deux morceaux : un très club, et l’autre plus rock et plus perso, mais très efficace !
En ce moment je passe encore plus de temps en studio, avec des projets de collaborations assez excitants… Stay tuned !

Ce n’est pas trop dur de conjuguer les fonctions de boss de label et d’artiste ?
Ce n’est pas toujours évident… Ça fait souvent beaucoup de choses à gérer en même temps. Mais ce n’est pas antinomique non plus, c’est juste une question d’organisation.
Et c’est surtout super excitant de défendre des choix artistiques, au-delà de ta propre musique.

Tu vas sortir un EP prochainement. Peux-tu nous en parler ? Quelles directions as-tu prises pour ce quatrième EP ?
Le maxi est terminé ; deux morceaux très forts, avec chacun leur remix. Petite exclu : c’est Ewan Pearson qui fait l’un des remixes. Il l’a terminé il y a peu de temps : il est dingue ! Sortie prévue avant la fin de l’année, a priori en novembre.
J’en profite pour te rappeler que je viens de signer un remix du titre Dirty Symphony de Julien Parisé qui vient de sortir sur Missive, que vous pouvez écouter .

Quelles sont les actualités de Meant ?
Rentrée chargée. En voilà un petit aperçu :
– Le MEANT008 sort le 4 octobre : un maxi de notre nouvelle signature Monoblok & PussySelektor avec un morceau plus deux remixes… Le premier par Ivan Smagghe (une de ses rares prods en solo) et j’ai signé le second. Et voilà un lien preview de l’EP pour les curieux !

– Mon prochain EP (MEANT009) qui sortira ensuite…

– Et un nouveau track de Siskid en ligne, Infected, qui annonce la couleur de son album en préparation. Pour info, il joue pour la Nuit Electro au Grand Palais le 9 octobre prochain.
Hop, on va écouter, le track est fou.

Qu’est-ce qui t’a marqué récemment ?
Mon mariage !

Merci beaucoup !