Pure X – Pleasure

Les films d’horreur, comme la plupart des créations, ont des codes spécifiques. Une voiture qui ne démarre pas, la perte de l’innocence, la beauté d’une proie, le sang, l’ombre, l’arme blanche et puis une vieille demeure dont le plancher craque. Oui, une maison avec une gueule et une aura pas possibles. C’est un peu ça Pure X, une baraque hantée, cradingue – étrangement fascinante. Le son craquèle, des harmonies cinglées viennent traverser le silence comme dans le prodigieux Surface. Cette composition est une lente émanation embaumant l’encens, l’eau écarlate et autres stupéfiants pas chers. C’est sûr, tout semble flingué, drogué. Ce groupe sonne comme un My Morning Jacket défiguré, sale, vérolé aux Pink Floyd et autres 13th Floor Elevators. Tout se déroule lentement, dans la pénombre, avec une certaine langueur, avec une certaine tension. La forte charge érotique de cette musique est évidente, l’intermède Pleasure ressemble à ces courtes siestes d’été où les corps accablés par la chaleur, une fois la fraîcheur et le calme rencontrés, se lovent dans le plaisir et la sensualité. Pure X … une baise fraiche, bouffée de torpeur, de psychotropes doux et vénéneux. Nate Grace possède une voix blanche enrubannée d’un tas d’inflexions mystiques, les autres derrière, Jesse Jenkins à la basse et Austin Youngblood à la batterie, jouent live, passablement ivres et désaxés.
Cela donne cet album – Pleasure . Un disque comme un sortilège que l’on écoute en attendant les immenses orages d’été, une clope aux bords des lèvres, la situation idéale pour goûter Heavy Air. Ensuite, Dream Over s’avère être une valse triste et belle à en crever. Une chanson pareille à une danse, celle qui scelle les amants qui ne s’aiment plus. Chouette. Les guitares grésillent comme de mauvaises lampes nues au plafond, on bavarde avec nos solitudes, on se remémore combien on fut aimé. Ah ! On est fier et désespéré. Fier et désespéré comme Twisted Mirror, chanson du lendemain, chanson de la révélation. Pure X s’attèle aux songes, au miroir de l’eau, à la duplicité. Le groupe oscille entre instinct et complexité, entre la pureté et l’innommable. Dans ce film d’horreur qu’est Pleasure on trouve des roses, de la mauvaise bière, de la foudre, du foutre, de la douceur – de la colère. Un disque bordé par les hautes solitudes et par les flammes.

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Pure X – Dry Ice

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Tracklist

Pure X – Pleasure (Acéphale/Light Lodge, 2011)

1. Heavy Air
2. Dream Over
3. Twisted Mirror
4. Easy
5. Voices
6. Surface
7. Stuck Livin
8. Dry Ice
9. Pleasure
10. Half Here