pendulum-immersion-2010Certains me diront : « Tu as pété un plomb ? » Peut-être… Car eh oui, accepter de chroniquer le dernier album des Australiens ayant depuis émigré au Royaume-Uni, Pendulum, n’était pas une mince affaire. Tout d’abord parce que je n’aime pas vraiment la drum’n’bass, le style musical ayant, à mon sens, tué à lui seul l’esprit des teufs sauvages du début des années 2000 qui brassaient allègrement hardtek et breakcore, dans une ligne déviante certes, mais héréditaire à la musique apportée par les Spiral Tribes moins d’une décennie auparavant. De plus, si je n’étais pas totalement hermétique à une certaine production française rageuse et obscure, je ne trouvais qu’ennui dans les basses lourdes d’Ed Rush, Goldie ou Ltj Bukem… Alors pourquoi m’immerger à nouveau dans un genre auquel je me sens étranger ? Par défi ! Tout d’abord parce que quand vous vivez avec une des pionnières du mouvement drum’n’bass en France (ça vous la coupe, hein ?), du Pendulum vous en bouffez… Parce que chez Hartzine, on n’est pas sectaire, toutes les musiques (ouais, enfin, on se comprend…) trouvent leur place dans nos colonnes… Et puis ça me rappelle avec nostalgie l’époque où je me gavais de petits bonbons multicolores et que j’essayais d’étrangler ma mère avec l’élastique de mon jogging quand elle ne voulait pas me prêter sa caisse… Ahhhhh, c’était le bon temps… Enfin, dernier point et pas des moindres, lorsque l’on s’aperçoit que notre petit boys band de l’infra-bass s’est propulsé numéro un des charts en Angleterre, forcément, ça intrigue…

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Et bien sûr c’est là que le bât blesse, car de cette immersion que reste-t-il de la première apnée liquid de Spiral ou encore des beats entêtants de Back 2 You, d’Another Planet et que sont devenus les prémices rock de Painkiller… Ceux qui doivent leur réputation à un savant mélange de rock et de break’n’bass concassés vont payer cher le prix de leur glorification. Se détournant du milieu underground dont ils sont issus, le combo sort de l’ombre grâce au plébiscite de nombreux artistes comme Freestylers, Roni Size ou plus récemment Plan B.  Mais c’est avant tout à Prodigy que Pendulum doit son quart d’heure de célébrité grâce à deux superbes remixes. Résultat des courses, mon second finit par dépeindre sur mon premier, et pond The Invaders Must Die, une infâme plantade pour le trio incontrôlable de Braintree. Puis c’est au tour du groupe de Rob Swire de s’auto-parodier autour de quatorze titres croisant du sous-Crystal Method (Set Me On Fire, The Vulture), Linkin Park (Crush), etc… Mon Dieu, Steven Wilson, mais qu’es-tu donc venu faire ici ? Le pire quand même pour un groupe ayant accessoirement compté parmi les piliers d’une drum’n’bass sombre et wicked étant de donner allègrement dans la new-wave la plus insipide (Encoder). On peut donc imaginer, sans trop se poser de questions, qu’à l’instar d’autres artistes comme Noisia (bam, dans les dents !), le sextet a trouvé préférable de céder à des facilités commerciales plutôt que de s’enfermer dans un genre qui se clôt de plus en plus sur lui-même, et où même les plus brillants semblent préférer abandonner plutôt que résister. In Silico sentait encore la poudre, mais Immersion ne restera donc qu’un pétard mouillé digne de rejoindre les albums de Deadmau et des Deftones sur les rayonnages d’Auchan. En tout cas, il y a très peu de chance pour que Salt In The Wounds soit playlisté dans la prochaine bonne soirée drum en bas de chez vous, mis à part si le breakbeat et le fidget ont remplacé vos disques de Metalheadz et Infrared

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Pendulum – Immunize (Feat. Liam Howlett)

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Tracklist

Pendulum – Immersion (Warner, 2010)

01. Genesis
02. Salt In The Wounds
03. Watercolour
04. Set Me On Fire
05. Crush
06. Under The Waves
07. Immunize (Feat. Liam Howlett)
08. The Island – Pt. I Dawn
09. The Island – Pt. II Dusk
10. Comprachicos
11. The Vulture
12. Witchcraft
13. Self Vs Self (Feat. In Flames)
14. The Fountain (Feat. Steven Wilson)
15. Encoder