Peaking Lights – Cosmic Logic

Si Lucifer, “porteur de lumière”, éclairait le duo d’une agréable teinte roots qui donnait envie de tisser son chanvre en fumant sa ganja, mais confortablement lové dans son sofa en lin, une tasse de thé Kusmi posée sur sa table basse MUJI, Cosmic Logic, lui, se perd aux confins de l’univers, associant des gimmicks et des sonorités planantes, spatiales, à une ambiance plus pop que ce à quoi le duo Peaking Lights nous avait jamais habitués.

Ça sent moins la Jamaïque (et moins le Wisconsin), c’est plus cosmopolite (comme LA, où ils sont retournés), les influences sont plus nombreuses et, il faut le dire, plutôt bien accordées. La voix gagne en clarté, en superbe, mais on est en droit de regretter cette réverb qui participait au charme des précédents albums. Superbe contre réverb, chacun choisira son camp. Ce qu’on y gagne ? Une saveur pluridisciplinaire qui mêle dancehall, italo, house, afrobeat, Zamrock et même hip-hop West Coast. Cette opulence de références positionne le duo dans une ambiance qui n’a plus grand chose du dub psyché qui flattait alors nos oreilles intéressées, mais se satisfait visiblement de faire dandiner quelques bassins au lieu de faire dodeliner de la tête. Aujourd’hui, Peaking Lights ça se danse, n’en déplaise aux aficionados du hamac.

Aaron Coyes et Indra Dunis se complètent dans un tandem qui se rapproche aujourd’hui forcément, vu leur récente sympathie pour les accords de synthé pétillants, de certains duos clairement pop comme New Look ou Rainbow Arabia, mais ils s’accordent le droit de conserver un certain (mais minime) parti-pris psyché qui offre à ce quatrième long une atmosphère qui leur reste personnelle. Le groove cosmique de Telephone Call répond aux bumps italo d’Everyone And Us tandis que la ritournelle Tell Me Your Song ne se laisse pas étouffer par les sonorités afrobeat de Bad With The Good. Un vrai fourre-tout, on vous dit.

Pour être franc, on s’y perd un peu, mais a priori, c’est normal. Du propre aveu du binôme, « l’identité même de Peaking Lights a toujours été basée sur l’idée d’une ‘Fucked Modern Pop’, mais nous cherchons toujours à définir exactement de quoi il s’agit. » Cette recherche d’identité perce à travers les onze morceaux de cet album fantasque, aux humeurs inégales, et c’est en quelque sorte le fil d’Ariane de Cosmic Logic. Un fil un peu trop lâche au final, du genre à nous guider sains et saufs, et même avec le sourire, jusqu’à la sortie d’un labyrinthe sonore composite et bien foutu certes, mais dont la clarté mélodique ne nous empêche pas de nous prendre quelques murs en pleine poire, faute de voir très loin devant soi. Sans doute leurs remixes pour Chrome Canyon ou Young Galaxy en 2013 auront-ils inspiré leur nouvelle fraîcheur pop au duo californien, plus « golden » que jamais, mais un tantinet moins cool.

Pour ceux qui souhaiteraient, le temps d’une soirée, troquer leur sofa contre un mètre carré de dancefloor, Peaking Lights se produira sur la scène de la Machine du Moulin Rouge le 21 octobre prochain, aux côtés de Jaako Eino Kalevi, lui aussi sous la houlette du digne label Weird World. Plus d’informations par ici.

Ted Supercar

Audio


Tracklist

Peaking Lights – Cosmic Logic (Weird World, 2014)

1. Infinite Trips
2. Telephone Call
3. Hypnotic Hustle
4. Everyone and Us
5 .Little Light
6. Dreamquest
7. Eyes To Sea
8. Bad With The Good
9. New Grrrls
10. Breakdown
11. Tell Me Your Song