On y sera : Top of the Folk #5, du 26 au 28 mai à Rennes

l1Le printemps à peine sonné et déjà les premiers communiqués de presse nous parviennent en pagaille, engorgeant ainsi nos boîtes mails de termes faussement accrocheurs cherchant à nous vanter les mérites de tel ou tel festival. Aussi, de ce bouchon informationnel en forme de copier/coller, il faut savoir distinguer le bon du mauvais afin de vous rendre plus lisible l’intérêt et la cartographie des évènements auxquels Hartzine souhaite s’associer. Il nous paraît donc important, dans ce contexte fortement concurrentiel, de ne pas se laisser aller à la publication fourre-tout ou à l’amoncèlement de dates dans un agenda de bas de page, mais de s’attarder plus longuement  sur les festivals qui nous paraissent exemplaires de par l’intransigeance de leur programmation et leur engagement. Après la Villette Sonique et Filmer la Musique, c’est loin de l’agitation parisienne de cette fin de mois de mai que nous avons décidé de nous arrêter. A Rennes, plus précisément, où, du 26 au 28 mai prochain, sera organisée la cinquième édition du festival Top of the Folk , lequel, comme l’explique avec enthousiasme son programmateur Guilhem Cassagnes, aura l’ambition de  nous dresser un panorama aussi complet qu’exigeant de ce qu’on l’on peut associer au terme folk en faisant ainsi converger au sein de la capitale bretonne les meilleurs représentants du genre et ses  jeunes pousses les plus prometteuses. Explications…

Rennes semble une ville idéale pour organiser ce type d’évènement. Pourquoi avoir choisi la cité bretonne après avoir débuté l’aventure à Paris ?

C.L.E.A.R est une asso parisienne fondée par Nicolas, qui a réalisé la première édition du festival dans la capitale. Sa soeur Camille était étudiante à Rennes. Elle avait envie de créer un évènement sur place. C’est là que je l’ai rencontrée car elle cherchait des artistes locaux. A ce moment-là, je suivais une petite scène folk bretonne grâce à mon asso (Fulguro Prod) et une émission radio sur Radio Campus Rennes. Une scène qui s’est bien affirmée depuis (Mein Sohn William, The Last Morning Soundtrack, I Come from Pop, Missing Season, JF Buy, Bumble Bees, etc.)

Cette année le festival se déroulera en mai et non en mars. Pourquoi avoir choisi de déplacer votre festival plus tard dans la saison ?

Pour deux raisons. L’une est tout simplement pratique. Nous travaillons désormais avec deux salles, l’Aire Libre et l’Antipode, et ce n’est pas toujours facile de caler des dates communes. L’autre est plus fun. Passer fin mai nous fait rentrer dans le cadre des festivals estivaux. Qui sait, si tout fonctionne… Bientôt un Top of the Folk en plein air !

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On sent que le festival prend chaque année un peu plus d’ampleur. Qu’espérez-vous de plus cette année que ne vous a apporté l’édition précédente ?

C’est vrai que le festival devient de plus en plus riche, avec de plus en plus de groupes, de jours de concerts, des artistes un peu plus reconnus… Cette année, nous aimerions consolider notre partenariat avec l’Antipode. On propose une soirée très variée,un peu plus rock, avec quatre groupes qui ont une grande énergie. Le but est de montrer que l’on peut aussi s’amuser dans une soirée folk et sortir des clichés ! (Et je compte sur NLF3, I Come from Pop,  Kurt Vile, et Rrose Tacet).

L’autre projet est de développer notre partenariat avec le Tambour. Confirmer l’essai de l’année dernière avec des lives gratuits dans des espaces intimistes qui sont si précieux pour notre genre musical.

En quatre éditions, quel est votre meilleur et… pire souvenir ?

Beaucoup de bons souvenirs… Les performances de François Virot ou Mein Sohn William, le récital de Ane Brun, la folie des Bumble Bees, la joie des Tricot Machine… Je mettrais quand même en avant le concert incroyable de Frida Hyvonen, qui a scotché tout le monde à l’Aire Libre en 2009.

Peu de mauvais souvenirs au contraire. La plupart des artistes que nous avons reçus ont été d’une gentillesse incroyable. Peut être une anecdote rigolote, au sujet de Frida Hyvonen toujours, qui ne voulait pas monter sur scène sans son costume, tout droit tiré de Ziggy Stardust. Les costumes étaient restés bloqués à l’aéroport d’Orly, et un taxi est venu nous livrer juste avant le concert.

evening-hymnsPouvez-vous nous présenter en quelques mots la programmation de cette année ?

Le premier soir (jeudi 26 mai) sera aussi rock que folk, avec une ouverture pop ( I Come from Pop ), des excès post-rock ( Rrose Tacet), et un génie aux accents de David Bowie (Kurt Vile). Je compte sur les NLF3, très bons sur scène, pour nous assurer une bonne fin de soirée.

Pour le deuxième soir à l’Aire Libre, on commencera avec la voix fantastique de l’écossaise Siobhan Wilson. Puis une création acoustique de Montgomery. Et une légende pour finir la soirée, Troy Von Balthazar, le leader de Chokebore, qui nous présentera ses morceaux bricolés en live.

Pour finir, nous avons le plaisir d’accueillir Jay-Jay Johanson, qui ne se produira que pour deux dates en France. On s’attend à un très grand moment. La soirée commencera avec un concert des très bon Rennais de Last Morning Soundtrack. Et un coup de coeur, les Canadiens d’Evening Hymns et leur folk pastorale.

Cette dernière semble beaucoup plus éclectique.  Quel est selon vous le point commun entre tous les artistes qui viendront à Rennes cette année ?

C’est sûr que la soirée du jeudi 26 à l’Antipode sera plus rock que les soirées des 27 et 28 mai à l’Aire Libre. Mais tous les groupes qui viendront à Rennes cette année ont une approche particulière des instruments acoustiques. Même Jay-Jay, qui a abandonné ses synthés ! ou NLF3, qui se situe entre le jazz et le post-rock.

Est-ce que cela veut dire que la scène folk n’est plus aussi identifiable ?

S’il est difficile d’identifier la notion de « folk », la scène folk reste assez identifiable. Au final, la plupart des artistes avec lesquels nous travaillons se connaissent ou partagent le même intérêt pour la découverte musicale. C’est sûr que l’on a tendance à stigmatiser une scène qui joue du ukulele et fait des ballades un peu faciles.

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Quelle est d’ailleurs votre définition du terme folk ?

C’est un terme complexe qui a évolué dans le temps. On est passé du folklore à la protest song engagée. Aujourd’hui, on assiste à une nouvelle vague américaine, qu’il est très difficile de décrypter. La folk ne s’arrête pas au banjo ou à la chemise à carreaux. C’est surtout une façon de faire de la musique, brute et sincère, et portée sur une instrumentation acoustique, avec un son très chaud. Je reviendrai un peu sur l’évolution de cette scène lors d’une conférence au Tambour (Rennes 2) le 27 mai après-midi.

Un disque de folk à mettre entre toutes les mains ?

Un classique , After the Cold Rush de Neil Young.

Pouvez-vous nous parler du concert original que nous prépare Montgomery ? Quelle sera la teneur de cette création originale ?

Ça fait un moment que je suis en contact avec le groupe pour un concert au Top of the Folk. Les Montgomery sont des génies fous, et il faut des challenges pour les motiver. Ces dernières années, ils sont passés d’une pop très spectorienne à de l’électro pop, puis à une dernière tournée très rock. Je leur ai proposé de monter un concert acoustique, pour revenir à quelque chose de plus bricolé. Le show sera accompagné de projections vidéos.

Vidéo

Programmation

JEUDI 26 MAI – L’ANTIPODE

I Come from Pop (Brest / autoproduit)
Rrose Tacet (Paris / Bizarre K7)
Kurt Vile & the Violators (USA / Matador)
NLF3 (Paris / Prohibited Record )

VENDREDI 27 MAI – BIBLIOTHÈQUE DE MUSICOLOGIE / RENNES II

Eilinora & the Daffodils

VENDREDI 27 MAI – L’AIRE LIBRE

Siobhan Wilson (Ecosse / My Major Company)
Montgomery (Rennes / Phantomatik – Naïve)
Troy Von Balthazar (Hawaï / Third Side Records)

SAMEDI 28 MAI – L’AIRE LIBRE

The Last Morning Soundtrack (Rennes / autoproduit)
Evening Hymns (Canada / Kutu Folk)
Jay Jay Johanson (Suède / Universal Music)