On y sera : Les Vieilles Charrues 2018

Vingt-septième édition pour le plus maousse des festivals français, soit l’âge de tous les dangers lorsque l’on parle musique. Et si quelques figures du rock ont passé l’arme à gauche une fois arrivées à ce stade de leur courte vie, les Vieilles Charrues ont semble-t-il plus que jamais le désir de voir plus loin. A priori, pas d’inquiétude à avoir concernant une manifestation ayant toujours eu pour leitmotiv assumé le souci du rassemblement, au travers d’une programmation à la fois conséquente et protéiforme. Une recette capable de séduire un public de tous âges et (presque) toutes sensibilités musicales, pour réussir à réunir la foule la plus imposante des rendez-vous estivaux de l’hexagone, et surtout sans doute  la plus bigarrée. Soyons clairs, cette année ne fait pas exception à la règle, et tous les forfaits ont trouvé preneurs en quelques jours, si ce n’est quelques heures. Des préventes assez phénoménales, qui ne tiennent cette année sans doute pas seulement à la réputation de « grand rendez-vous musical familial et populaire » qui colle à la peau du festival. En effet, les programmateurs ont pour cette édition frappé quelques grands coups, comme ils ne l’avaient peut-être plus fait depuis quelques temps. Un line up aux allures de rouleau compresseur, donc, qui convoque, en termes de poids-lourds internationaux, de vrais cadors et non pas seulement des machines à biff, au portefeuille bien gonflé mais sérieusement ramollis du bulbe. Alors lorsque l’on peut voir, durant un festival, quelques groupes conjuguant popularité et pertinence artistique, ne boudons pas notre plaisir et participons à la fête, la tongue légère et la truffe au vent, et ce même si certains affichent un paquet d’années de carrière au compteur. Le thème choisi par les organisateurs étant cette fois-ci « L’Été Indien », gageons qu’à l’instar du roman de Truman Capote, ceux-ci puisent dans la nostalgie fragile d’un retour aux sources de quoi transcender les incertitudes de l’avenir. Ainsi, on ne peut que remercier tout d’abord le festival breton d’avoir su attirer dans ses filets les inoxydables Depeche Mode, qui se fendent d’une petite tournée des raouts estivaux après avoir sillonné la planète sous leur propre bannière, à l’occasion de leur quatorzième album, le révolté Spirit. Une pierre de plus ajoutée à une discographie impeccable, qui prouve à qui en douterait que Depeche Mode reste aujourd’hui quasiment aussi inventif, pertinent et joueur qu’au premier jour, ne s’installant jamais dans un confort musical ronronnant et stérile que leur statut de mastodonte de la planète pop pourrait pourtant leur autoriser. Ajoutez à cela le fait que les anglais soient des bêtes de scène rompus aux audiences les plus gigantesques, et vous ne trouverez pas beaucoup d’arguments pour louper un concert qui s’annonce brulant. L’histoire aurait presque pu s’arrêter là, mais non: on croisera également la route de Gorillaz, revenus avec leur cinquième album Humanz, qui porte fortement la marque de son leader Damon Albarn mais vaut surtout pour la qualité de certains invités, comme l’excellent Vince Staples, toujours en forme lorsqu’il s’agit de jouer les prêcheurs de l’enfer. Les bristoliens de Massive Attack seront aussi de la partie, pour un concert qui devrait être dans la droite ligne de ceux auxquels on a déjà pu assister: politique, puissant, hypnotique. Espérons, cerise sur le gâteau, qu’ils auront emporté dans leur valise la divine Martina Topley Bird, dont on ne se lasse jamais d’entendre la voix unique. Et histoire d’en rajouter une couche dans la catégorie des poids lourds britons, Fatboy Slim, 20 ans après la sortie du culte « You’ve Come A Long Way, Baby« , s’occupera également d’entretenir la frénésie d’un public qui devrait vraisemblablement finir sur les rotules.

Difficile de citer toutes les autres réjouissances, mais on retiendra quand même les présences de Robert Plant, qui devrait ravir tous les fans de Robert Plant, des revenants rennais Marquis De Sade, de la machine à danser Soulwax, de l’Oasis allégé Liam Gallagher, ou du simple et basique Orelsan. On n’oubliera pas non plus d’aller écouter les perpignanais supersoniques Liminanas, revenus en janvier avec sous le bras un album enregistré chez Anton Newcombe, et donc, pas piqué des vers. Et enfin mention spéciale, bien entendu, aux merveilleux écossais de Mogwai, habitués de nos pages, qui nous enchantent maintenant depuis tant d’années (lire) et devraient sans mal entretenir la flamme lors de leur passage carhaisien.

On arrêtera ici cet assommant name dropping, en vous laissant le soin de consulter ci-dessous (ou directement sur le site des Vieilles Charrues) la programmation intégrale, et préparer tranquillement votre petit périple musical. A moins que vous ne souhaitiez bien sûr laisser carte blanche au hasard, au gré de vos pérégrinations ensoleillées et/ou avinées, étourdis par le gigantisme du lieu qui se prête donc forcément à la surprise, bonne ou mauvaise.

Les soirées de vendredi, samedi et dimanche affichent complet. Toutefois, sachez qu’il n’est pas trop tard pour obtenir un sésame pour la soirée du jeudi, avec les présences – et pas des moindres – de Depeche Mode, Marquis De Sade ou encore Soulwax. Pour cela, direction la billetterie du festival, juste ici.

Vous pouvez aussi garder espoir pour les autres soirs, et tenter votre chance du côté de la bourse aux billets officielle des Vieilles Charrues, juste là.

PROGRAMMATION

JEUDI 19 JUILLET

Depeche Mode
Marquis De Sade
Olli and the Bollywood Orchestra
Soulwax
No Land

VENDREDI 20 JUILLET

IAM
Kygo
JAIN
Liam Gallagher
Portugal. The Man
Rilès
Lomepal
Lysistrata
KOKOKO!
Coeur de pirate
Hungry 5 feat. Worakls, N’To & Joachim Pastor
Mogwai
Therapie Taxi
Altin Gün
Throes + The Shine
Delgrès
La Tène
Revolutionary Birds

SAMEDI 21 JUILLET

Gorillaz
Massive Attack
Damso
Mo
Ofenbach
Les Négresses Vertes
Young Fathers
Rebeka Warrior
Yuksek
Rone
Charlotte Cardin
Lee Fields & The Expressions
Saro
Leska
Artus
Ndiaz
Maria Simoglou

DIMANCHE 22 JUILLET

OrelSan
Fatboy Slim
Robert Plant And The Sensational Space Shifters
Bigflo et Oli
Oscar & The Wolf
Véronique Sanson
The Blaze
The Liminanas
Lorenzo
Roméo Elvis
Eddy de Pretto
INÜIT
Angèle
Voyou
Yuma
Rizan Said
Ifriqiyya Electrique
Dour/Le Pottier Quartet + Sofia Sanden & Mia Guildhammer

Festival Des Vieilles Charrues du 19 au 22 Juillet 2018 à Carhaix, Site de Kerampuilh