On y était – Zombie Zombie meets Sonny Simmons + Aethenor (Festival Jazz à la Villette)

Clairement, autant jouer franc jeu. La programmation de Jazz à la Villette ne me parlait pas tellement. Entre ignorance et manque d’intérêt, je me suis retrouvé à parcourir l’agenda du festival en diagonale, et seuls deux noms ont capté mon intention : Zombie Zombie et sa rencontre intellectuo-ambiant avec Sonny Simmons puis Aethenor pour un final « dark expérimental ».

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Zombie Zombie meets Sonny Simmons, Le Cabaret Sauvage, Paris, 3 septembre 2010

Le premier temps, dans l’enceinte du Cabaret Sauvage où tout le monde reste assis poliment, a donné lieu à un dialogue musical fait de haut et de bas, à l’image de la tenue sur scène du vétéran Sonny Simmons. Celui-ci facture 77 printemps et le moins que l’on puisse dire est que souffler dans ses saxos ne lui a pas fait garder la pêche. Tombant à plusieurs reprises, sa prestation oscilla entre le pathétique et le grandiose. Simmons, jouant de son statut de tête d’affiche de la soirée, a par moment tenté d’imposer le sens de l’échange. J’ai encore en tête cet instant où il grogna après que Jaumet ait lancé sa boucle la plus rythmique de la soirée. Cependant, nier que le thème entonné conjointement par Jaumet et Simmons au saxo était magnifique serait acte de mauvaise foi.

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Aethenor, Le Point Ephémère, Paris, 11 septembre 2010

Le deuxième temps, dans les murs du Point Ephémère ou répète O’Malley (guitariste de Sunn O))) et d’Aethenor) depuis un petit moment maintenant, a permis de voir une des rares prestations live du all star band Aethenor. Si j’ai tout compris, le groupe ne répète que quatre ou cinq fois dans l’année à Oslo, lieu de villégiature commun aux quatre membres du groupe. Déception, Vincent de Roguin (membre de feu Shora) n’était pas de la partie. Sa voix chétive était remplacée par le bidouillage de fréquences orchestré par Kristoffer Rygg (Ulver) qui sample en direct ce que ses comparses jouent pour le rebalancer en façade. La scénographie y était peut-être pour beaucoup mais Daniel O’Sullivan a régné de main de maître sur la présentation des deux pièces (originales ?) jouées ce soir-là. Son style franc et élaboré lui permet de passer allègrement de nappes ambiantes à un solo de free jazz/funk aux contours dissonants. Son accointance avec O’Malley donne vraiment le la des compositions d’Aethenor. La deuxième pièce jouée au Point Ephèmere était clairement un grand moment, la gestion et la juxtaposition des effets et des boucles atteignant un summum mélodique sans communes mesures.

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