On y était – Bonnes Manières #2

moon-duo-6-webPhotos © Emeline Ancel-Pirouelle pour Hartzine

Bonnes Manières #2 : The Feeling Of Love + Moon Duo, LaPlage, Paris, 17 juillet 2010

Sous les pavés, LaPlage de Glazart : une oasis au bord du périph’ où l’on peut rassasier sa soif de chameau sans que ses oreilles soient laissées pour compte. C’est ici que la deuxième édition des Soirées Bonnes Manières a élu son domicile estival avec une programmation alléchante conjuguant le garage électrique de The Feeling Of Love – dont on a déjà évoqué le talent ici – et le glofi langoureux de Moon Duo.

A notre arrivée sur place, mes collègues et moi constatons que ce sont bel et bien les vacances : le public, pas hystérique pour un sou, se traîne mollement jusqu’aux chaises longues dont il préfère le confort à celui des premiers rangs de la fosse – qui resteront d’ailleurs désespérément vides toute la soirée. Néanmoins, aucun clapotis méditerranéen à l’horizon si ce n’est celui du Pastis contre les gobelets en plastique. Le soleil commence mollement à faire son lit tandis que Shazzula d’Aqua Nebula Oscillator nous montre sa frange en nous faisant écouter ses vinyles. Un détail commence à chatouiller mon oreille, et ce n’est pas parti pour s’arranger : les ingénieurs du son croient sans doute avoir affaire à un public de sourdingues pour pousser le volume si fort – où est-ce une ultime tentative dans le but de secouer les spectateurs apathiques ? Quoi qu’il en soit, ils ont décidé de faire exploser nos tympans avant la fin de la soirée.

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Les trois membres de The Feeling Of Love ne doivent sans doute pas être emplis de gratitude à leur endroit puisque leur prestation, noyée dans un magma sonore presque insupportable et sans aucun relief, a paru ce soir bien monotone. Aucune des aspérités présentes sur leur excellent dernier album (OK Judge Revival, Kill Shaman Records, 2010) ne ressort de ce tas de sons brouillons. Déçue que je suis, je leur laisse pourtant le bénéfice du doute : c’est la faute de la salle, je les verrai ailleurs une autre fois et ce sera génial. J’ai presque fini de me convaincre quand une dispute éclate sur la scène, provoquée par le claviériste S., apparemment en désaccord avec ses camarades sur le dernier titre de la setlist. G. Marietta et Seb Normal cèdent, abandonnant son public sur ces mots : « Bon bah on split. » Ambiance.

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Moon Duo est arrivé sur scène à la cool : chaussure d’eau et ying yang vestimentaire. Un rider typique d’un duo psyché : mpc pour les rythmiques, loop station pour le guitariste et caisse de pédales en tout genres pour saturer les ondes synthétiques. Killing Time a ouvert le bal avec un son de guitare un peu timide. Les lignes de basses sourdes assénées par le synthé ont comblé la dispersion des lignes de guitare. Ripley s’est bien vite repris en enchainant la majorité des classiques du répertoire de Moon Duo avec un son retrouvé (triples humbuckers de patron) et une voix bien mieux en live finalement. L’assistance, mièvre du début à la fin du show (à part quelques petites brunes), n’a pas dû vraiment saisir la qualité du déhanché de Sanae. La hauteur de la scène y était peut-être aussi pour quelque chose.

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