On y était – A$AP Rocky au Social Club

A$AP Rocky, Social Club, Paris, le 22 mars 2012

Commençons par la foule. Par son caractère à la fois moite et dense malgré une incroyable diversité de formes, de textures et d’individus présents. Mais plus que la composition exacte de cette masse de personnes rassemblées pour aller voir A$AP Rocky, il faudrait insister sur l’impatience qui rongeait unilatéralement les spectateurs ce soir-là, sur l’attention concentrée qui se dégageait de la salle et collait aussi au mur en plexiglas du fumoir ou aux toilettes.

On est au Social Club, un endroit plutôt connu pour ses affiches électro un peu lisses, et pourtant ce jeudi à 21h30, tout se passait déjà comme dans un bon clip de rap avec des jolies filles sexy au premier rang ; des grands mecs excités au deuxième et au troisième rang des mélanges, des rencontres, des inattendus : fans de hip hop, hispters, vieux rockeurs fusionnaient bizarrement. Partout, il y avait une même sorte d’impatience.

Puis le concert a commencé. Dans un grand cube lumineux, ouvert à chacune de ses faces, un mec s’est installé derrière des platines et il s’est mis à lancer des beats lourds et tendus, caractéristiques de la superbe mixtape LiveLoveA$AP. Ce qui a été vu ensuite se réduit à peu de choses. Un sourire en or, des yeux explosés à une drogue quelconque, un garçon petit mais ramassé dans un corps sec et souple d’adolescent : A$AP Rocky, 23 ans, né à Harlem, a littéralement absorbé l’effervescence du public et renversé les corps des gens présents.

Il y avait de la sueur dans chaque parcelle d’espace tandis que le rappeur nerveux investissait de mots ce qu’on lui offrait glorieusement – c’est-à-dire de l’agitation, des filles ondulantes et des cris. Accompagné par un mec uniquement là pour scander son nom ou surligner ses fins de phrase, A-fucking-$AP a fait apparaître un talent superbe qui doit sans doute s’appeler le ‘Purple Swag’. Le set n’a pas duré longtemps, il était même clairement trop court mais il a permis en un temps concentré de faire émerger de la salle une énergie extravagante et même presque joyeuse – ou disons moins glauque et sombre qu’on aurait pu le supposer à l’écoute des morceaux du rappeur.

Le concert était donc très bon mais on ne saurait pour autant dire si ce petit mec est aussi génial qu’on nous le vante dans tous les blogs un peu cool (hartzine y compris). Encore vert, c’est sur la durée qu’A$AP Rocky deviendra l’homme à la hauteur de ses titres ingénieux. Mais son flow est déjà percutant : ce soir-là, il a violemment touché les filles du premier rang puis les excités du second. Et par ricochet, presque tout le monde dans la salle s’est senti égratigné avec la même précision.

Vidéo

  • http://hartzine.com akitrash

    ouais…. quand on regarde la vidéo… on voit pas trop les filles se toucher au premier rang, mais plutôt une bande d’homo-sapiens bien excité!