MIDI Festival interviews

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Pour conclure cette charmante épopée, nos caméras à têtes-chercheuses ont flâné durant toute la durée du festival au sein de l’imposante Villa Noailles et vous ont ramené quelques pépites d’interviews prises sur le vif de Clock Opera, Egyptian Hip Hop, Vivian Girl, Mina May, Wu Lyf ou encore Clara Clara. Les mots de la fin reviendront quant à eux à Frédéric Landini, directeur d’un festival bien décidé à franchir une étape. Si cela n’est pas déjà fait.

Interviews Clock Opera / Egyptian Hip Hop / Vivian Girl / Mina May / Wu Lyf / Clara Clara

Interview Frédéric Landini

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Tu as assisté à pratiquement tous les concerts de cette édition 2010. De 2008 on retient les débuts de Girls et la venue de James Chance. De 2009, l’introduction de la MIDI Plage et le final époustouflant des Skeleton$. Que retiendras-tu personnellement cette année et pourquoi ?
Le concert de Lee Ranaldo a été une première pour nous. Cet hiver – avec Régis Laugier, chanteur et compositeur d’Hifiklub – nous lui avions demandé de jouer ses propres compostions de Sonic Youth en acoustique… Du coup, nous avons d’autres idées pour le futur. Pouvoir proposer de nouvelles pistes aux artistes, c’est très excitant…
Personnellement je retiendrai le concert de WU LYF, pour son originalité et les espoirs que j’avais placés en eux. Je pense que ce sera la révélation du festival 2010, avec le public…

Inversement, quelles sont tes désillusions, si minimes soient-elles ?

En toute honnêteté je ne fais pas ce genre d’appréciations, je n’ai été déçu en rien même si tous les groupes ne sont pas toujours prêts car c’est le risque dans ce genre de festivals défricheurs comme le nôtre. Tu sais, c’est aux groupes ensuite de se battre sur scène… De toute manière le niveau technique des groupes ne m’a jamais intéressé, mis à part peut-être chez les Skeleton$ (quel groupe !).

Bien sûr Thibault, la désillusion principale reste les concerts de Memoryhouse et Toro Y Moi, annulés pour cause de mistral… Ce mistral qui m’a causé tant de soucis tout le long du festival… comme en 2007, l’année d’Animal Collective

Cette programmation 2010, comme les précédentes, fourmillait de paris sur l’avenir (Clock Opera, Egyptian Hip Hop, WU LYF, Yuck). Le défrichage est-il la volonté première du MIDI ou est-ce une nécessité économique dans un pays comptant quasiment autant de festivals que de jours dans l’année ?

Le rôle d’un festival est quand même de proposer des découvertes et si possible en grand nombre. C’est un choix de mettre en avant le début de certaines scènes. Mais avoir des moyens supplémentaires serait bienvenu. Nous garderons une idée de propositions émergentes, même si avec plus d’argent nous pourrions tenter des trucs vraiment encore plus fous…

Après James Chance en 2008 et Arto Lindsay en 2009, Lee Ranaldo cette année. Peux-tu expliquer ce lien indéfectible qui est en train de naître entre le MIDI Festival et l’underground new-yorkais d’obédience post-punk ?

Nous étions dans un cycle que nous avons entamé avec James Chance sur New-York et le courant no wave, mais à la base ce sont des rêves de gosse de voir ces personnages. Chaque année nous voulons présenter une « référence » de la musique aux côtés de la jeune scène. Il y a eu trois années avec New-York, l’année prochaine nous travaillerons autour de la scène anglaise de 79 avec des groupes fantastiques et totalement inconnus encore aujourd’hui.

Les chiffres de la billetterie confortent les ambitions affichées par la programmation et la multiplication des concerts – avec notamment l’instigation de la MIDI Night le samedi soir. Le MIDI Festival est-il amené à changer de nature et d’ampleur ? Le cadre de la Villa Noailles – bien que partie prenante de l’identité du festival – est-il toujours adéquat ?

La Villa Noailles est l’emblème du MIDI Festival, c’est un endroit unique de liberté et de création qui permet au festival de s’épanouir. Avec cette jauge de huit cent personnes nous sommes arrivés au maximum, notamment le samedi soir. MIDI festival ira sur d’autres spots à terme, comme cette année avec la MIDI Night (plage de l’Almanarre). Sans oublier les lieux comme la Villa Noailles, le festival se développera en additionnant de nouveaux sites et de nouveaux programmes dès 2011. En 2010 c’est plus de trois mille deux cents spectateurs…

Les dates de la toute première édition hivernale du MIDI Festival sont connues (les 10 et 11 décembre) ainsi que sa toute première tête d’affiche (Young Marble Giants). Celle-ci est-elle conçue comme un prolongement de l’édition estivale ou bien telle une nouvelle aventure à part entière (avec un lieu différent, etc…) ?

Ce sera un MIDI Festival urbain. L’opéra de Toulon nous accueillera le 10 décembre pour un concert des Young Marble Giants + Guests, mais aussi la piscine, la salle de concert « Les Variétés » et un « MIDI bar » éphémère. Le projet de MIDI Festival de décembre aura pour ambition d’occuper toute la ville de Toulon et son port, quel pied… ! On peut rêver…?

Même si j’ai ma petite idée, le MIDI Festival est-il un îlot musical isolé, temporellement et géographiquement, ou, au contraire, fait-il partie d’une effervescence toute particulière de ce côté-ci de la French Riviera ?

Si tu as ton idée je te laisse répondre (sourire). Je pense que nous avons une position singulière mais pas isolée… Ce coin c’est la Californie française, c’est sûrement pour ça que nous sommes amis avec Ariel Pink et Girls.. hahaha… !

[Pour exposer ma petite idée, je ne ferai que citer, à brûle-pourpoint, Mina May, Get Back Guinozzi!, Appletop, Hifiklub, Saturnians, Newfoundland, Viking Dress ou encore le Festival International des Musiques d’Ecran et le Rockorama…entre autres.]

Comment imagines-tu le MIDI Festival dans dix ans ?

Une destination, sur une semaine avec cinq ou six lieux, dont la villa Noailles… Une profusion de nouvelles musiques à côté de légendes… dans des endroits incroyables… !

Avec de tels projets, as-tu encore du temps à consacrer à la multiplicité de tes projets musicaux (Get Back Guinozzi !, The Wicked Witches Of The South…) ? Quelle est ton actualité musicale proche ?

J’adore tout ça… plus il y a de projets mieux je me sens… En ce moment, nous travaillons sur le deuxième album de Get back Guinozzi ! avec mon amie Eglantine Gouzy (et il y aura des invités)… et sur l’album de The Wicked Witches Of The South avec Régis Laugier, R. Stevie Moore et Mike Watt… ! Sinon, j’aimerais tellement monter une radio – mon rêve – et un MIDI bar…

Merci Frédéric.