Après une année de hiatus, le jeune festival Heart Of Glass Heart Of Gold fait son grand come back dans un nouveau lieu mais toujours avec la même envie de faire plaisir, de proposer une expérience loin des champs de boues et des grand halls sans âme, de faire rimer musique et plaisirs simples, festival et détente. Rencontre avec Melville Bouchard, l’un des fondateurs de l’événement histoire de prendre la température avant de faire durer l’été quelques jours de plus en leur compagnie en septembre prochain.
 
Vous êtes de retour aux affaires après une année d’absence, s’agissait-il d’une remise en question nécessaire ou de s’adapter à une certaine réalité ? 
Rien de tout ça, aucune remise en cause ni adaptation. Ce n’était pas une volonté au départ, la situation s’est imposée à nous. Nous n’avions tout simplement plus de site. Mais ça nous a permis de nous retrouver entre copains/copines pendant un an plutôt qu’entre « collègues », et de réfléchir sur nous-mêmes. Du coup, ça a resserré les liens qui nous unissent au sein de l’équipe. On pense plus les uns aux autres, et par les temps qui courent c’est nécessaire.
 
Monter ou plutôt remonter un festival est une tâche titanesque, à quoi avez-vous consacré la plupart de votre temps cette année ? 
À trouver un site pour commencer. On a fait les VRP auprès des sites d’une large partie sud de la France, en passant par le Jura, l’Ain. Donnez moi un nom de camping, n’importe lequel, et je donne sa capacité et sa localisation. On a même fait le salon du tourisme de plein air à Montpellier en Novembre, t-hhirt HoG HoG corporate, flyer et sourire, pour inlassablement expliquer et convaincre que nous sommes gentils et sérieux, que les festivaliers ne vont pas tout péter ou ruiner. Le label 3 étoiles que nous a décerné A Greener Festival en 2014 nous a beaucoup aidés à contrebalancer l’image déplorable des festivals dans l’imaginaire collectif des patrons de camping.

Depuis janvier, le travail consiste à rassembler les énergies, les gens. De nouvelles personnes nous ont rejointes cette année, elles ont donné un nouveau souffle en plus de leur temps. A présent, nous sommes une dizaine à travailler bénévolement sur l’affaire, avec des niveaux d’implication divers, et certains sont à mi-temps voire à plein temps certaines semaines. Remonter des équipes aussi bien administratives, que techniques, que de production, de régie, communication, gestion des bénévoles, des bars, logistique… et trouver des financements pour boucler le budget car nous n’avons aucune subvention et nous avons le devoir d’équilibrer à nouveau cette année. Nous y travaillons toujours d’ailleurs. Partenaires, mécènes, venez à nous, vous verrez c’est un bon investissement.

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Qu’est-ce qui a motivé le changement de lieu ? Quelles similitudes/différences y voyez-vous en comparaison de l’ancien ? 

Nous avons été virés du précédent site, et par ricochet un peu virés du département. Ça a été très dur car nous avions été réglos avec tout le monde. On parlait de nous en bien partout, y compris en Ardèche, mais n’étant pas du « pays » c’était peut-être devenu un inconvénient. On n’a pas tout compris mais en deux coups de cuillère à pot, on nous a éjectés.

La France, c’est ça aussi: l’ostracisme. Je vous laisse chercher les synonymes de ce mot, ils marchent tous à des degrés divers dans nos villes et nos campagnes. Bref, passée la sidération, nous nous sommes relevés pour nous battre. Pas d’autre mot, se battre, ne pas se laisser écraser par la situation et continuer à exister.

Et nous avons fini par trouver un camping magique, naturel, bordé d’un lac, brut. A Saint-Amans-des-Cots en Aveyron, aux abords de l’Aubrac. Là est la différence majeure, le site est très sauvage comparé au précédent. La région est époustouflante, franchement ça vaut le détour. Et en plus des bungalows, il y a les tentes Ecolodge aussi! Elles sont incroyables ces tentes, avec un plancher, des lits, un frigo, une cuisine, bref, tout le confort! Nous allons y passer un weekend ensemble en équipe fin Avril pour travailler, découvrir les lieux pour certains, et manger de l’aligot saucisse et du Roquefort.

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Avec cette nouvelle formule vous vous inscrivez dans la même continuité ou pensez-vous qu’il y a une véritable rupture avec les éditions précédentes dans la manière de concevoir l’événement ? 

Nous sommes dans la continuité absolue. Nous voulons que ce soit parfait au niveau de l’organisation, pour que tout soit relax au possible pendant le weekend. La rupture, ou disons la différence, est surtout dans nos têtes, c’est plus fluide qu’avant, plus direct aussi. Et c’est tant mieux car la tâche est immense, les difficultés et les sources de friction peuvent être fréquentes. Mais nous sommes des grands à présent!

Votre priorité a toujours été les groupes qui assurent des performances live de haute volée, malgré tout comptez-vous toujours réserver une place à la scène club/techno ? 

Oui, la volonté est là. En plus cette année le club est dans un grange aveyronnaise, toit de lauze noir, structure apparente en bois à l’intérieur, on dirait une nef, elle est splendide. Nous voulons voir et entendre des choses incroyables à l’intérieur après une heure du matin!
 

Avez-vous réalisé quelques rêves en bookant certains groupes cette année ? Qui sont les artistes qui vous excitent le plus sur cette édition ? 

Franchement Teenage Fanclub qui sort un album en septembre, et qui signe chez nous pour ce qui sera sûrement la seule date en France à cette période, c’est déjà un rêve qui se réalise! On a toujours un peu de mal à y croire, mais on l’a voulu très très fort.  Voilà, on continue à rêver, car sans rêve nous serions morts, et à bosser comme des malades, parce que ça ne va pas se faire tout seul! Et tous les groupes que nous contactons ou programmons nous excitent, c’est notre fuel!
 
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Les habitués de deux éditions précédentes doivent-ils s’attendre à des surprises ? 

Il y aura forcément plein de surprises du fait que plein de choses sont en gestation. Mais nous allons continuer à développer nos activités dites « intras »:  les karaoké, le yoga au bord de la piscine, des trucs intéressants, des trucs débiles. Il y aura aussi des sessions captées par la Blogothèque sur le site. Et comme pour l’édition précédentes, elles seront belles, singulières et accessibles à tous, ça sera bien.

Pour les festivaliers, la surprise viendra surtout du site. Nous même, nous n’en revenons pas tellement il est beau ce camping des Tours qui nous accueille. En plus, l’équipe Tohapi est tellement gentille, disponible et contente de faire l’évènement avec nous! Sinon, nous allons essayer de limiter certaines surprises, les mauvaises tant qu’à faire, en ayant des scènes couvertes et surtout plus de surfaces à l’abri pour les festivaliers. On y travaille.
Un autre facteur très surprenant est le niveau très élevé des réservations, 40% à 5 mois de l’évènement, c’est dingue. C’est sûrement le signe que les gens nous suivent, nous aiment et nous font confiance. C’est très touchant, nous en sommes très heureux. Cette année nous pourrions rapidement être complets, et ce bien avant l’été! Alors pour éviter cette mauvaise surprise, soyez prévoyants!