Ballroom contemporain, voilà à peu près comment on pourrait définir la dernière production de GHE20G0TH1K. On sait cette scène vive, Mike Q, Byrell the Great, Beek, Ash B plus récemment, et dans une certaine mesure Nguzunguzu et la constellation Fade To Mind. Voilà déjà toute une scène dense et diverse réunit par ce collectif maintenant historique GHE20G0TH1K, autour de Venus X qui organise depuis quelques années des soirées à New York et ailleurs, des soirées queer et néo-ballroom. Ils ont aussi inspiré un crew qu’on aime beaucoup, Janus Berlin (Lotic, Kablam, etc.) FUCK MARRY KILL est la dernière production de ce groupuscule et on pourrait dire que LSDXOXO y adopte une sorte d’attitude punk queer, non plus autour du « no future » mais autour d’un « no present » qui s’interroge sur les questions post-coloniales, racisées et queer. Dans une certaine mesure encore on peut regrouper ces trois préoccupations sous la dénomination Queer pour certains des théoricien-ne-s de la question.

Musicalement à quoi tout ça correspond? Toujours des traits d’une néo-vogue music, des samples de morceaux historiques, Ha Dance, Cunty, Witch Doctor, etc. Toujours une sorte de digestion de sonorités UK, dubstep, garage, house et techno. Un peu moins reggaeton et dancehall qu’une autre partie de ces comètes du néo-club bizarre, cf N.A.A.F.I mais avec toujours un certain goût de l’expérimentation, et fait important pour ce crew, certaines références à une pratique de la toy music. On y retrouve aussi quelques feat., Cakes Da Killa et Beek,… Des voix RnN, des nappes de synthés, un goût du mélodique catchy, des samples qui semblent tout droit sortie de la musique classique mâchée par le hip hop et un travail très étrange de boucle, voilà peu ou prou le pitch. Danse saccadée et difficulté à performer son genre au programme… Une question de vitesse et politique de la musique peut-être ou de Vogue précaire. LSDXOXO fraye avec FUCK, MARRY, KILL un nouveau sillon réjouissant d’une scène qui n’arrête pas de se réitérer… Encore une fois, il faut affirmer aussi qu’il s’agit d’un album monstre, au sens où il ne correspond pas à une pratique normée et attendue du corps social et de la musique comme elles vont.

La question au fond quand on entend ce genre d’album c’est à quand la mort des gays-flics en France pour enfin libérer tout le bizarre de nos musiques? Prenons en de la graine, en tout cas.

À mort la posture dégoulinante paillette terne, creuse et située en plein milieu d’un désastre du sens politique, la convergence des luttes et vive l’intersectionnalité insurrectionnelle d’un no present véner et déter… Aux dancefloors morts et linéaires, préférons définitivement les têtes de cortège bash back, les fêtes bizarres et les élans vitaux intempestifs…

Vivement, la queer insurrection internationale dans la musique et ailleurs…

Audio

LSDXOXO – FUCK MARRY KILL

Tracklist

LSDXOXO – FUCK MARRY KILL
01. LADY VENGEANCE
02. DEATH GRIP FT BBYMUTHA
03. SUGARFALLS
04. LEARNING FT MISS PRADA
05. FROZEN OVER FT CAKES DA KILLA
06. LOVE TAPS
07. FREESTYLE 4 (REMIX)
08. ANGEL DUST
09. ON FIRE FT BEEK