Krikor l’interview

krikor

Même si cela fait plus de 10 ans que le parisien officie dans le milieu electro entre collaboration avec divers grands labels (Kill the Dj, d.i.r.t.y),participation à des compilations qui ont fait date, production sur sa propre structure, un maxi, deux maxi,trois maxi…l’investissement au sein de diverses collaborations artistiques (France Copland, Plein Soleil),  c’est véritablement avec son premier album Land Of Truth que l’énigmatique Krikor nous étonne et se dévoile enfin au sein d’une œuvre hybride qui se refuse à choisir entre toutes ses facettes d’expérimentateur hors pair.

Pourquoi sortir un premier album si tardivement alors que ton activisme dans le milieu electro ne date pas d’hier ?

Simplement parce que je n’étais pas prêt, ou du moins, pas prêt a faire un album comme je l’entendais…

Quel regard portes-tu aujourd’hui sur le Krikor des débuts ?

Aucun, il est le même, juste techniquement plus avancé avec plus de poils sur le torse et un peu moins de cheveux.

Bon nombre d’entre-nous en écoutant Land of Thruth n’avons pas trouvé de qualificatifs véritablement appropriés pour décrire ta musique tant celle-ci nous apparaît protéiforme. Comment toi, du côté du créateur, la considères-tu ?

Je ne sais pas, j’aime pas mettre des étiquettes, et j’ai du mal à avoir du recul la dessus. Je le vois juste comme un album de chansons un peu mélancoliques et pas mal pour conduire la nuit…

Quelles sont tes principales influences musicales et lesquelles a-tu mobilisées lors de la création cet album ?

je n’ai pas pensé à cela lorsque j’ai fait cet album, j’ai juste laissé les choses aller, le résultat laisse apparaître mes influences d’adolescent qui sont assez diverses…

Certains morceaux de l’album comme Everything Fades ou Wanton boy nous apparaissent dans leur conception respectives très cinématographiques. L’image quelque soit d’ailleurs sa forme, intervient-elle à un moment donné dans ton processus de création, entretiens-tu un rapport particulier avec cette dernière et éventuellement envisagerais-tu un jour de composer pour le cinéma?

Si on me le demande, oui! C’est une chose qui m’intéresse, mais faut-il encore rencontrer une personne avec laquelle il peux y avoir un dialogue, une compréhension mutuelle.

Toujours à propos d’image, peux-tu nous éclairer sur la signification de l’artwork de Land of Thruth ?

Chacun peux y voir ce qu’il veux, j’aime bien les lectures multiples…

Battant et Poni Hoax sont deux groupes dont les chanteurs donnent de la voix sur ton album. Le rock actuel te fais-t-il toujours rêver ? D’ailleurs tu nous fais entendre ton organe sur quelques titres de Land of Thruth. Aimes-tu cet exercice? Le mythe du chanteur de rock est-ce pour toi un fantasme?

Le rock m’a fait rêver quand j’avais 15 ans. Aujourd’hui,  j’aime bien des choses qui peuvent être actuelles mais je suis plus touché par un mec comme hasil adkins…
Je n’ai pas chanter par fantasme de scène ou de gloire Rock’N’Roll mais juste parce que j’avais besoin d’une voix et que je n’en trouvais pas a ce moment…

Une autre Chloé fait une apparition sur Land of Thruth, ceci annoncerait- il un prochain album de Plein Soleil dont tu partages l’affiche avec l’auteur de The Waiting Room ? Q’est-ce qui vous rapproche ?

Le travail de plein soleil est très différent de ce morceau ou j’ai demande a Chloé de chanter en duo. Plein soleil est plus un projet électronique, mais tout est possible… Avec Chloé nous travaillons de manière naturelle, nous nous entendons très bien musicalement et du coup les choses vont très vite!!! Elle travaille actuellement sur son prochain album, dès que nous avons du temps nous essayons d’avancer sur plein soleil…

Par ailleurs as-tu d’autres collaborations en vue, un retour de France Copland peut-être ? L’aventure de ton label Omerta Registrazione se poursuivra-t-elle ?

France copland va renaitre mais sous une autre forme, avec une autre personne… Omerta registrazione est en suspend, je n’ai pas du tout le temps de gérer cela actuellement, j’aimerai bien continuer à produire des disques vinyls, j’aime l’objet autant que le contenu.

D’où t’est venu cette inclination particulière pour la musique concrète ou plus généralement pour la recherche musicale contemporaine? Que gardes-tu de ces instants passés au conservatoire du XXème siècle à suivre les cours d’Octavio Lopez? En as-tu retiré une conception particulière de la musique?

J’écoute des musiques très différentes, la musique concrète, la musique contemporaine ont eu une importance dans mon parcourt musical, autant que le rock ou la pop qui a berce mon adolescence. Les cours au conservatoire du 20eme ont été très important, j’y ai rencontre Octavio, compositeur émérite, et ami, c’est une personne très ouverte, avec qui nous avons échangé beaucoup de choses, d’idées, de points de vue, et aussi de techniques…

Tu as toujours eu une activité importante de remixeur? Est-ce une que tu affectionnes particulièrement cet exercice et comment le conçois-tu?

Oui je le fais toujours, je le vois surtout comme un exercice de style, me permettant d’expérimenter encore plus.

Peux-tu nous donner ta playlist du moment?

Suicide – rough guy
Natural numbers
The monk – monk time
The henchmen – surfin’ bird
Throbbing gristle – hot on the wheels of love – ratcliff mix
Hasil adkins – out to hunch
Sister iodine – flamme desastre (version cd sur mego soooon!)
The dead hillbillies – Donna (tigersushi 7ich)
Joakim – back to wilderness (k7 promo)

Le mot de la fin ?

Je n’aime pas l’idée de finalité, donc pas de mot de fin…

Interview réalisée par Benoît