L’automne dernier, Kadhja Bonet sortait un teaser de son premier album à venir le titre Honeycomb – une pure merveille soul/R&B aux arrangements élégants et à la voix de velours, aérienne et sublime. Il ne nous en fallait pas plus pour tomber in love. Originaire de Californie, Kadhja, bercée à la musique classique par un père chanteur d’opéra, s’est mise à composer sur le tard. Dès ses premières compositions, on retrouve cette ambiance voluptueuse sublimée par des arrangements de cordes et des touches folk délicates. Son premier album, The Visitor, sorti via Fat Possum en collaboration avec Fresh Selects est disponible depuis peu en physique et digital : huit titres que Kadhja a entièrement écrits, composés et produits. Huit titres qui, si l’on devait les labelliser, se rapprocheraient d’un mélange de pop/soul de chambre aux accents folk et psyché. Huit titres qui, au final, vous plonge dans une bulle intemporelle, harmonieuse et irréelle. Pour percer le secret Kadhja, nous lui avons proposé notre petite interview Out Of The Blue, découvrez ci-dessous ses réponses ainsi que son brillant essai sur « le passage à l’âge adulte de l’Amérique ». À noter que Kadhja Bonet sera en concert à Paris à la Boule Noire le premier mars prochain – be there !

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Je viens du bord des sourires en coin – un univers parallèle d’où tu te réveilles chaque matin lorsque tu cherches à pêcher un rêve et à en attraper un.

I come from the corners of half smiles – the parallel universe you almost wake up in every morning that you fish for a dream and catch one.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

J’espère que je me dirige vers la source d’énergie de ma propre électricité interne, mais je ne le saurai pas tant que je ne l’aurai pas atteinte.

I hope I am headed toward the power source of my internal electricity, but I really won’t know unless I reach it.

Pourquoi la musique ?
Why music?

La musique est une chance unique d’apprendre quelque chose de votre subconscient. À chaque fois que tu te lances dans un processus de création, tu touches du bout des doigts un petit bout de la force créatrice universelle.

Music is a chance to learn something from your subconscious. Any time you venture into creation, you touch the tip of a hair from the head of the universal, ultimate creating force.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Si la musique n’était pas pour moi, dans ce cas-là je crois que je me serais dirigée vers l’astrophysique, ou devenir moine. Je crois que ces trois routes se dirigent dans la même direction.

And if music wasn’t my thing I think I’d either have gone toward astro physics or become a monk. I think all three of those routes head in the same direction.

Une épiphanie personelle ?
An epiphany of yours?

J’ai un jour découvert comment tomber amoureux de tous ceux et ce que je croisais. Cela implique de maintenir un niveau de confiance difficile à conserver en réalité mais aussi une compréhension profonde de la chance que nous avons d’être mortels : nous pouvons connaître des changements à l’infini, découvrir l’amour sous un nombre de formes illimitées, issues de l’évolution de nos particules depuis des milliers d’années.

I once discovered how to fall in love with everyone and everything I came across. It involves a kind of confidence I found impossible to maintain. A self assured knowledge that mortality is a gift we are lucky to have – so that we may experience unlimited change and unlimited forms of love over the many eons our particles have been shifting around.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Quand j’ai simplement cessé de m’intéresser à ce que pensait quiconque de ce que je faisais, disais, portais ou créais.

When I completely stopped caring what anyone thought of anything I did, said, wore or made.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Les gens m’effraient depuis quelques temps, j’en suis devenue presque narcissique et introvertie, à travers ma pratique de la musique, comme s’il s’agissait avant tout d’une passion de se découvrir soi-même.

I have become afraid of people, narcissistic and introverted, through my passion of music, as it is a passion of self discovery.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Oui bien sûr, tant que tu continues à avoir la même attention et les mêmes principes utilisés dans l’art pour tous les détails de la vie, pour chacun des choix de ton existence. Aussi longtemps que tu continues d’observer et d’apprendre, artistiquement tu ne mourras jamais, en fait, il n’y a pas de mort. Juste une évolution.

Yes, as long as you take the same care and principles you use in art into the small details of your choices and existence. As long as you keep observing and learning, artistically you won’t die, actually, there is no death. Only transformation.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

J’essaie de m’accorder quelques minutes rien qu’à moi, pour m’échauffer et me mettre dans l’ambiance. Boire du thé, aller aux toilettes un millier de fois et essayer de me calmer au maximum.

I try to have a few minutes completely to myself, to warm up and set intentions. Drink tea, go to the bathroom a thousand times and try to calm my nerves.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

J’aimerais travailler avec le réalisateur de Divines, Houda Benyamina.

I’d like to work with the director of Divines, Uda Benyamina.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Aucune idée. J’imagine que je le saurais quand j’y serais. :)

I have no idea. I imagine I will know when I get there :)

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Personne ne sait mieux que toi ce qui compte, en réalité. Ne les écoute pas. Forge-toi tes propres opinions, écoute-toi et ne doute pas de tout ce qui vient dans l’endroit le plus sincère en toi. Comme tous les animaux, nous sommes nés avec une certaine forme de sagesse. Le seul souci, c’est que les adultes vont essayer de prendre chez toi ce qu’eux-mêmes ont déjà oublié. Donc accroche-toi.

Nobody actually knows more than you do about anything that matters. So don’t listen to them. Form your own opinions, listen to yourself and don’t doubt anything that comes from a sincere place inside you. Just like any other animal we are born with a certain miraculous wisdom. The only problem is adults will try and take from you what they’ve already forgotten. So hold on tight.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

J’espère avoir des enfants qui me feront redécouvrir la magie qui nous entoure, avoir le temps de planter des légumes ou de fabriquer des pulls moches. J’espère qu’il y aura de l’eau potable pour tout le monde dans trente ans.

I hope I have grown kids that remind me of everything magic, that I have time to plant vegetables and make ugly sweaters. I hope there is clean water for everyone in 30 years.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Si je le savais, je crois que j’en aurais terminé avec ça.

If I knew that I would be done.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Mon plaisir couple : le chocolat noir. Je ne peux rien faire sans.

Guilty pleasure is dark chocolate. Can’t be without it.

Photo : Sinziana Velicescu

Vidéo

Exclusivité : la short list de Kadhja Bonet des trucs super cool pour l’entrée dans l’âge adulte

ON FAIT LA FÊTE POUR CÉLÉBRER LE FAIT QUE L’AMÉRIQUE SOIT MAJEURE
et tu n’es pas invité.
même si cette fête va déterminer ton futur.

Alors que la poussière retombe sur l’une des élections américaines les plus singulières de l’Histoire, certaines questions subsistent concernant l’avenir de notre pays. Cet état de confusion, ce moment de gêne profond, cette haine et cette fièvre aphteuse mal dirigées me rappellent profondément cet horrible sentiment de la post-adolescence, quand on s’aventure en dehors du cocon familial, que l’on cherche aveuglément une once de sécurité émotionnelle, physique ou métaphysique. On se convainc nous-mêmes que les erreurs que nous faisons durant cette période sont faites dans notre intérêt, bien que la plupart du temps on n’y ait pas pensé tant que ça. Le résultat peut être inattendu, embarrassant ou même tragique si on n’y prend pas garde.

Bien sûr, ça n’est pas le premier rodéo de ce genre pour les États-Unis. Ce pays est né d’un génocide et de l’asservissement, a subi de longues générations de discrimination et de violence institutionnalisées, pour finir par désigner un gouvernement dont l’unique but est de minimiser le pouvoir du peuple. Appeler ça une enfance mouvementée serait en sous-estimer la gravité. Mais si le mouvement pour les droits civiques marque l’entrée dans la puberté des Etats-Unis, son entrée dans la recherche d’une liberté et d’une justice pour tous, ce qui suit aujourd’hui n’est que la désillusion d’une entrée dans l’âge adulte, caractérisée par de l’arrogance et un comportement résolument irresponsable. Hey, j’ai une info pour toi, les Etats-Unis : t’as pas fini d’en baver. Tu es toujours un enfant égocentrique et insouciant.

Je pense sincèrement que nous avons le potentiel pour nous hisser au niveau du standard de moralité que nous prétendons avoir, mais nous ne l’atteindrons pas sans passer par les temps difficiles qui arrivent, sans avoir à gérer les conséquences des erreurs et malchances de nos ancêtres. Les défis que nous avons relevés et que nous avons nous-mêmes générés doivent être identifiés et imputés à qui de droit avant la véritable évolution positive. Plus encore, on peut dire que le rétropédalage social que nous constatons aux Etats-Unis ne nous est pas propre mais est la conséquence d’un système international de résurgence de la xénophobie, de l’homophobie et d’une rhétorique anti-femme – un soulèvement dangereux contre le progrès social se profile. L’Humanité ressent la même peur, la même vulnérabilité que Molly Ringwald dans… hé bien tous les films de Molly Ringwald, remplis de désillusions, d’interrogations inutiles, l’empêchant elle-même d’atteindre la grandeur. Cette résistance précaire envers un progrès pacifique, socialement, financièrement et sur l’aspect environnemental, tout cela me rappelle combien nous sommes jeunes en tant qu’espèce vivante, dans l’insécurité de la route que nous empruntons, nous demandant si l’auto-destruction est une route plus sûre que la réussite.

Après s’être rebellés contre les directives imposées par Mère Nature, notre propre survie est en balance. Choisir nos besoins immédiats en dépit de ce dont nous et notre communauté avons réellement besoin sur le long terme, c’est comme si on avait, je ne sais pas, genre seize ans. Et lorsque tout ce paysage se transformera en une effrayante mosaïque, nous allons avoir besoin de laisser tomber l’ambivalence et de faire des choix difficiles, le plus tôt sera le mieux. Nous pouvons nous excuser, modifier notre propre égoïsme, nos manières de faire et revenir plus proche de Mère Nature, ou nous pouvons nous prouver à nous-mêmes que nous sommes capables d’adapter notre vision des choses, pour notre bien et celui de notre communauté, et cesser de jouer avec le feu…

En gardant ça à l’esprit, et pour célébrer les seize ans et demi des Etats-Unis, je voudrais vous inviter à la fête de célébration de cette entrée dans l’âge adulte. On va devoir entrer par la porte de derrière, mais vous y trouverez un large choix de boissons absolument pas du tout attirantes que vous allez devoir boire, au milieu d’un groupe de gens effrayés, gênants, perdus et à moitié fous avec lesquels vous n’avez pas vraiment d’atomes crochus – certains vont même tenter de vous faire sentir que vous êtes bien sûr largement moins bien que ce que vous êtes en réalité. Face à eux et à nos propres attentes démesurées, que l’on s’inflige à nous-mêmes ou qui nous sont socialement imposées, tentons de rester dignes et tenaces avec ce qu’il faut pour traverser cette phase d’adolescence, pour devenir les adultes réfléchis et ouverts que nous sommes censés être.

Je ne dis pas qu’une fois que nous aurons passé cette période difficile nous descendrons faire la fête dans la rue pour toujours, mais je pense que nous serons parés pour affronter les nouveaux défis qui se présenteront, armés d’une maturité sociale et d’une conscience profonde que nous pourrons transmettre à nos enfants. Et comment atteindre un nouveau consensus social et politique ? Hé bien je n’ai pas la réponse malheureusement mais je sais que tout doit commencer et se terminer grâce à l’art.

L’art est utile dans bien des cas. Il peut nous montrer le chemin parcouru tout autant que celui que nous devons encore emprunter. Il peut nous réconforter et atténuer ce sentiment de solitude permanent. Il peut enrichir notre esprit et allumer un feu qui va nous inspirer, nous guider, pour aimer plus encore et réaliser plus de choses. L’art nous connecte les uns aux autres. Il nous rappelle que peu importe nos différences, nous sommes tous profondément identiques, et qu’aider les autres c’est nous aider un peu aussi. Il peut ranimer le désir en nous qui aurait disparu à cause de nos vies de tous les jours, ce désir que nous avons de préserver le bien-être des générations futures, pour la survie de notre espèce, afin de conserver l’équilibre avec les cycles naturels qui nous protègent.

Dans cette période déroutante, je me suis plongée de nouveau dans ma liste de films parfaits pour le passage à l’âge adulte, tout à fait appropriés pour ce genre de situation. Etats-Unis, Humanité – on peut s’en inspirer, non ?

J’ai essayé d’éviter les grosses évidences qui méritent néanmoins vraiment le détour aussi – Le Lauréat, Stand By Me, Il était une fois dans le Bronx, etc. J’ai aussi essayé d’éviter les films englués dans une romance trop mielleuse mais vous trouverez un mélange de genres et d’univers, tous prêts à entrer dans le vôtre. Donc je vous présente, et sans ordre particulier :

Submarine (2010). Ecrit et réalisé par Richard Ayoade.
Incroyablement drôle et intelligent. Une lycéene galloise tente de sauver le mariage de ses parents mais finit par perdre sa virginité.

Theeb (2014). Réalisé par Naji Abu Nowar, écrit par Naji et Bassel Ghandour.
Une superbe photographie, un jeune bédouin risque tout pour suivre son frère aîné dans un voyage sur la route de la Mecque.

Mustang (2015). Réalisé par Deniz Gamze Ergüven, écrit par Deniz et Alice Winocour.
5 jeunes soeurs turques se battent contre le mariage et réaffirment leur profond goût pour l’indépendance.

Drunken Master (1978). Réalisé par Yuen Woo-ping, écrit par Yuen, Ng see-yuen et Lung Hsiao.
Personne ne pouvait s’impliquer comme Jackie Chan dans ce rôle, où on le voit débuter le film comme un sale con immature et prétentieux et, durant son initiation, apprendre la discipline et maîtriser une partie de sa nature féminine pour sauver son père et lui-même.

Boy (2010). Écrit et réalisé par Taika Waititi.
Vraiment séduisant, touchant, absolument drôle. Une dose de sentiments bien équilibrée. Les problèmes d’un père et pas mal de moments très gênants.

The Wiz (1978). Réalisé par Sidney Lumet, adaptation musicale écrite par William F. Brown à partir du classique Le Magicien d’Oz.
Diana Ross, Michael Jackson, Richard Pryor, le casting de ce film est dingue et je pleure à chaque fois que je vois Diana Ross chanter Home.

Le Voyage de Chihiro (2001). Ecrit et réalisé par Hayao Miyazaki.
Le film le plus rentable de l’histoire du Japon – et on comprend pourquoi. Chihiro, enfermée dans le monde des esprits, va devoir apprendre la valeur du courage bien plus tôt que n’importe quel autre enfant.

Fish And Chips (1999). Réalisé par Damien O’Donnell, écrit par Ayub Khan Din.
Une très grande famille bi-culturelle, pakistanaise installée en Angleterre, doit faire face à de nombreux défis imposés par un clash culturel.

Gilbert Grape (1993). Réalisé par Lasse Hallstrom, écrit par Peter Hedges.
Un jeune Johnny Depp se bat pour trouver un équilibre entre ses besoins et ceux de sa famille.

Phoenix Arizona (1998). Réalisé par Chris Eyre, écrit par Sherman Alexie.
Sherman Alexie est un maître. La relation entre les personnages principaux Victor et Thomas va devenir très compliquée et mettre votre coeur à rude épreuve dans leur tentative de récupérer les cendres du père de Victor, décédé.

Divines (2016). Réalisé par Houda Benyamina.
Sûrement le meilleur film que j’ai vu ces dernières années, une excellente alchimie entre les acteurs et un niveau de jeu dingue. Les deux personnages principaux ont un charisme incroyable. Une histoire prenante qui mérite que l’on pleure à cause d’elle.

IT’S AMERICA’S COMING-OF-AGE PARTY
and you’re not invited.
even though this party will determine your future.

As the dust settles from one of the most peculiar American elections in history, some questions remain about the direction our future is to take. This state of confusion, of awkward social misunderstandings, of a ubiquitous foot-in-mouth disease and mis-directed angst reminds me viscerally of that awful feeling of prolonged adolescence, when we ventured out of our mother’s nest, and blindly groped for a semblance of emotional, physical or metaphysical security. We convince ourselves that the mis-steps and back-slips we make during this time are in our best interest, although we often haven’t often completed the train of thought. The results can be unfortunate, embarrassing, even tragic without caution.

Now, this is far from America’s first rodeo of course. After all, America was born from genocide and enslavement, endured generations of well rehearsed discrimination, institutionalized violence, and designed a government meant to minimize the power of the people; calling it a rocky childhood would be a vast understatement. But if the civil rights movement marks America’s puberty, it’s first steps toward blossoming into it’s own expectations of freedom and justice, what follows is the delusion of adulthood characterized by arrogant, entitled and irresponsible behavior. News flash America, you haven’t arrived yet. You are still a selfish, reckless child.

I do believe we have the potential to become the moral standard we’ve always been told we are, but that we won’t reach that standard without rising to the struggle that is to follow, without dealing with the syndromes inherited from our ancestors mistakes or misfortunes. The challenges we’ve passed down and created for ourselves demand recognition and ownership before true transformation can occur.

Furthermore, it could be said that the social back pedaling we’e seen in U.S. politics is not unique to us, but a symptom of a global resurgence of xenophobic, homophobic, and female-phobic rhetoric – a rebellious, and dangerous lashing out against the social progress on the horizon. The human body has the same scared, vulnerable and predictable psyche as Molly Ringwald in – well, any Molly Ringwald film – full of cloudy delusions and pointless preoccupations, holding herself back from greatness. The precarious resistance to peaceful progress, socially, fiscally and environmentally reminds me of how relatively fresh we are as a species, unsure of where we can even take ourselves, pondering if our self destruction is a safer route than achievement.

Having rebelled against the eco-guidelines mother nature ordained, our very survival is in jeopardy. Choosing our immediate wants over the long term needs of ourselves and our communities feels very, oh, I don’t know, 16, and as the fan splatters the shit into a terrifying mosaic, we’re going to have to drop the ambivalence and make the hard choices, and sooner rather than later. We can apologize and rectify our selfishness, our inconsiderate oblivious manners and return to mother nature’s straight and narrow, or prove to ourselves that we can make our non-traditional agenda work for ourselves and community, and stop taking gambles on what we can get away with…

So with that in mind, and in celebration of USA reaching it’s 16th and a half birthday – I’d like to invite you to crash America’s Coming-of-Age-Party with me. We will have to enter from the back, but here you will find an array of unappealing beverages that will be difficult to evade, the cherished and trashed household remains of the host’s parents, and an unwelcoming, exceptionally awkward gathering of misguided, insecure tittie-crazed people you really won’t fit in with – some of whom will try as hard as they can to make you feel like you’re much less than you are. As we face them and our self inflicted or socially imposed expectations, let’s approach with the tenacity it took to survive adolescence and become the thoughtful, open-hearted adults we meant to be.

Now I’m not saying that once we push through this era there will be dancing in the streets forever more, but I do think we will be better equipped to face new challenges, having acquired a social maturity and conscience inheritable by our children. And how do we reach a new social and political benchmark? Well, I don’t have all those answers for you, but I do know that it starts, and ends, with art.

Art serves so many purposes. It can show us how far we’ve come, or how much further there is to go. It can comfort us and reduce our chronic sense of loneliness. It can enrich our spirits and spark a contagious radiance in us that inspires us to love harder or achieve more. But at it’s best, it connects us. It reminds us that no matter how different our circumstances, we are all profoundly similar, and that helping each other is helping ourselves. It can remind us of the innate desire in us that has gone unaccounted for in modern living; the desire in us to preserve the well being of the next generation, so that our species can survive and assert it’s intention to stay, in balance, with the natural cycles that protect us.

In these bemused times, I find a revisitation of my favorite coming-of-age films particularly appropriate. USA, and Human Body – let’s remember how coming-of-age is done, shall we?

I tried to avoid the usual suspects, but most of those are worth a watch too – The Graduate, Stand by Me, A Bronx Tale, etc. I’ve also tried to exclude coming-of-age films that are too entangled in a romance, but otherwise you will find a diverse meld of other genres and landscapes, all about coming into your own. So, I present to you, and in no particular order:

Submarine (2010). Written and directed by Richard Ayoade.
Incredibly smart and funny. A Welsh high school student attempts to save his parents’ marriage, and lose his virginity.

Theeb (2014). Directed by Naji Abu Nowar, written by Naji and Bassel Ghandour.
Beautifully photographed, a young Beduin boy risks everything to follow his older brother on a journey.

Mustang (2015). Directed by Deniz Gamze Ergüven, written by Deniz and Alice Winocour.
5 Turkish teenage sisters resist marriage, and relish drops of independence.

Drunken Master (1978). Directed by Yuen Woo-ping, written by Yuen, Ng see-yuen and Lung Hsiao.
No one commits like Jackie Chan, who starts this film as an immature, cocky, sexist prick, and, in his own way learns to tap into his discipline and feminine nature to save his father and himself.

Boy (2010). Written and directed by Taika Waititi.
So charming, cringe worthy, touching, hilarious. Well rounded feels. Daddy issues and awkward moments galore.

The Wiz (1978). Directed by Sidney Lumet, musical adaptation written by William F. Brown of from the classic Wizard Of Oz.
Diana Ross, Michael jackson, Richard Pryor, the cast is immense and I cry like a baby every time Ms. Ross sings Home.

Spirited Away (2001). Written and directed by Hayao Miyazaki.
This is the highest grossing Japanese film of all time – and with good reason. Chihiro, trapped in the spirit dimension, has to learn the value of courage sooner than anyone would like to.

East Is East (1999). Directed by Damien O’Donnell, written by Ayub Khan Din.
A big, bi-racial family faces the challenges of growing up with culture clash.

What’s Eating Gilbert Grape (1993). Directed by Lasse Hallstrom, written by Peter Hedges.
young Johnny Depp struggles to balance his own needs with his families.

Smoke Signals (1998). Directed by Chris Eyre, written by Sherman Alexie.
Sherman Alexie is a master. The relationship between main characters Victor and Thomas will break and mend your heart a hundred times as they quest to recover Victor’s father.

Divines (2016). Directed by Uda Benyamina.
Easily the best, most believable acting and chemistry that I’ve seen in years. The two main characters have infectious charm. Heavy story, but worth the cry.

Audio

Tracklist

Kadhja Bonet – The Visitor (Fat Possum, 27 janvier 2017)

01. Intro – Earth Birth
02. Honeycomb
03. Fairweather Friend
04. The Visitor
05. Gramma Honey
06. Portrait Of Tracy
07. Nobody Other
08. Francisco