Holidays – Young Love

Mais que diable se passe-t-il en Italie ? Depuis quelques temps, un vent nouveau empreint d’esprit d’indépendance souffle sur la botte et multiplie les nouveaux Eros bien plus fréquentables que leurs aînés. Le label romain Mannequin multiplie les productions de qualité, surfant sur la vague, qu’elle soit cold, no ou dark, alors que des aventures collectives ou individuelles représentant cette révolution musicale en marche comme celle des pesaresi de Be Forest avec leur pop sombre et habitée ou encore de Mauro Remiddi (aka Porcelain Raft), auteur d’un des plus remarquables albums de ce début d’année, mettent à bas nos idées reçues et nous prouvent qu’il y a heureusement bien une vie après Zucchero.


Les Romains d’Holidays font également figures de phénomène outre-alpin, s’inscrivant dans cette dynamique toute « Italians Do It Better ». Mais la vraie force de leur essai, Young Love, sorti chez KIY Records, est indéniablement de condenser les ambiances, de mixer les références, qu’elles soient actuelles ou historiques, afin d’obtenir la quintessence même de l’esprit pop moderne. L’inaugural Midnight et sa rythmique surf-rock soutenue par une batterie mid-tempo nous font découvrir instantanément le fil conducteur de cet album placé sous le signe de l’originalité inscrite dans la continuité, tandis qu’à l’écoute de la guitare acérée et rythmée de Lazy Diamonds, rappelant irrémédiablement Beach Fossils, on imaginerait aisément ces jeunes loups signés chez Captured Tracks. Les lignes de basses, elles, ne jouent pas constamment la carte de la course effrénée à quatre temps mais s’imposent tout en nuances et respirations comme sur Child et son impeccable et complémentaire successeur Sands Of Galaxies, sur lesquels leurs soubresauts tout en rondeur aux connotations eighties feraient presque apparaître le spectre d’un Andy Rourke au sommet de son inspiration durant l’automne 1984. Ce mix parfait atteint son apogée sur  Only In Dreams, pièce majeure de très haute volée, d’un classicisme renversant n’oubliant pas d’afficher la morgue d’une jeunesse assumée et triomphante. Les chants sont d’ailleurs un élément particulièrement déterminant dans les compositions du quatuor : tantôt lyriques et enjoués, tantôt spectraux comme sur le bien nommé Daydream ou sur l’envoûtant Sleepless, ils s’adaptent à la perfection aux différentes ambiances savamment distillées tout au long de cet opus, parfait équilibre entre références assimilées et esprit novateur en éveil ; en veut pour preuve un Save Me aux allures d’inédit de Motorama, ce qui situe le niveau atteint par ces talentueux Romains. Le remix de Sands Of Galaxies par Teen Daze en clôture ne tarit quant à lui nullement la qualité du morceau et démontre que, même emmenées sur la voie électronique, ces compositions demeurent terriblement efficaces.

Plus qu’un week-end à Rome, ces prometteurs Holidays nous convient à passer des vacances entières en leur compagnie dans la Ville éternelle. Alors en avant pour l’aventure au soleil faite de découvertes et de moments conviviaux entre vieux amis, l’alchimie parfaite pour un séjour de rêve en somme.

Audio

Tracklist

Holidays – Young Love (KIY, 2012)

1. Midnight
2. Lazy Diamonds
3. Only In Dreams
4. Sleepless
5. Child
6. Sands Of Galaxies
7. Damn News
8. Save Me
9. Daydream
10. Holes
11. Sands Of Galaxies (Teen Daze Remix)