Bernardino est un homme aimable et aimant. Et ce n’est pas Jef Barbara – avec qui il sera à l’affiche d’un concert à l’Espace B le 19 décembre prochain (event FB) – qui dira le contraire : « Bernardino a récemment rasé sa barbe et ça me plaît moins. Cela dit, j’ai rencontré Femminielli il y a plusieurs années, alors qu’il faisait partie d’un duo électro nommé Violencia Nocturna. Je l’ai vu évoluer à travers ses albums, ses looks, ses phases… Je l’aime beaucoup. C’est notre lien d’amitié qui fait qu’il a participé à l’enregistrement de trois morceaux deContamination. J’en suis très fier. »Â (lire l’itw complète). Presque deux ans que Double Invitation, son premier LP à paraitre le 26 novembre via Desire Records, se trame, se révélant ici et là, via de multiples labels aussi modestes que fascinants : de Chauffeur sur Fixture Records à ¿A Que Quieres Jugar? par l’entremise de la dense compilation d’Electric Voice Records. Et ce sans compter Actriz, dévoilée à l’occasion d’une entrevue parue voilà six mois dans nos pages (lire). C’est d’ailleurs à l’occasion de celle-ci que Bernardino éventait le contenu de Double Invitation, appréhendé par l’intéressé telle « une continuité, mais beaucoup plus émotive et sombre que Sprezzatura et moins lo-fi que Carte Blanche Aux Désirs. La thématique de l’album est l’étrange dilemme de satisfaire les autres au détriment de soi, en souhaitant qu’un jour tout vous sera concédé. C’est une forme subtile d’autodestruction. Le son italo-disco n’est pas très loin mais je désirais aller ailleurs musicalement et le fait d’avoir travaillé avec Dominic Vanchesteing à la production m’a énormément aidé à marier des plages dansantes atmosphériques à des ballades olympiques ». Une dichotomie stylistique caressant l’oreille de son éclatante véridicité dès la première écoute : le philtre aphrodisiaque du plus italo des Canadiens se contextualise du dancefloor à la chambre à coucher, et inversement. Cette fameuse Double Invitation que l’on subodore écrite entre « histoires de couple, de sexe et de spiritualité ». Susurrant une kyrielle de frivolités selon le trilinguisme de l’érotisme – italien, espagnol et français – sur de fantasmées plages musicales, où le sentimentalisme synthétique s’étire sur d’érectiles pulsations italo-disco, Femminielli figure l’hypothétique période moroderienne d’un Gainsbourg ivre de sensualité. Il en va ainsi du morceau conférant son titre à l’album, Double Invitation, mais aussi des nébuleuses cavalcades d’alcôves (El Ultimo Tango Para Mi, Chauffeur). Et si l’intensité de sa verve érotomane prend toute son ampleur sur les hypnotiques ¿A Que Quieres Jugar? et Performance Video, toutes deux mâtinées d’une syncope rythmique à la répétition extatique, Actriz grime introductivement une ode aux claviers intimement arrimée à l’oeuvre stellaire de Klaus Schulze, doublé d’un hommage appuyé – une fois le beat installé – à la pilosité d’un certain cinéma italien. Double Invitation – à glaner par  et en écoute en intégralité ci-après – fourmille de références, évidentes ou imaginées, mais crée instantanément son propre idiome, celui charnel et hédoniste. Celui de Femminielli.

Audio

Tracklisting

Femminielli – Double Invitation (, sorti le 26 novembre 2012)

01. Actriz
02. Double Invitation
03. ¿A Que Quieres Jugar?
04. Performance Video
05. El Ultimo Tango Para Mi
06. Chauffeur