http://www.hartzine.com HARTZINE : THE INDIE MUSIC WEBZINE Wed, 01 Mar 2017 14:36:58 +0000 fr-FR hourly 1 Sonic Protest 2017 : Golden Oriole http://www.hartzine.com/sonic-protest-2017-golden-oriole/ http://www.hartzine.com/sonic-protest-2017-golden-oriole/#respond Mon, 27 Feb 2017 20:37:27 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54376

The Approaching Of The Disco Void. Cela cerne plutôt pas mal l’ambiance absolument cheloue que peut réfléchir Golden Oriole. Une […]

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The Approaching Of The Disco Void. Cela cerne plutôt pas mal l’ambiance absolument cheloue que peut réfléchir Golden Oriole. Une espèce de funk étirée et concassée, étendue puis broyée, quelque chose d’à la fois parfaitement élastique et relâchée mais également contrit, puissamment tendu. Cette musique agit sur deux niveaux bien distincts : l’inoxydable mécanique appuyée par un batteur absolument fantastique, monstre métronomique et suprême imprimant une dynamique de fer et un groove de démon, tout en laissant soin au guitariste d’évider toute la substance d’une telle rythmique en injectant à la place ces riffs malléables, incertains, une blanche et froide ambiance. La musique de Golden Oriole agit comme un flash puissamment aveuglant, une source vive d’une lumière absorbant toute espèce de volonté, de pensée, de réflexion.

Les deux Norvégiens – et comme la plupart de leurs compatriotes œuvrant dans la même scène, comme Noxagt ou Ultralyd –  ont cette façon de construire leur musique sur une base extrêmement cérébrale avec le paradoxal effet d’amener ces tranches de son à quelque chose de pure, d’ultime, d’une totale simplicité où l’on se perd, où l’on s’échappe, où chaque seconde implique le rapprochement inévitable d’un ultime dénouement, quelque chose d’imparable, de magnifique, comme si l’esprit ne se détournait jamais d’un point, d’un objectif, d’un but. C’est particulièrement probant sur The Pyrite Wink, deuxième morceau mis à disposition par le groupe avant la sortie d’un album courant mars : le titre file droit, ne laisse jamais place au doute et accélère durement pour finir par s’empaler sur un final proprement hallucinant.

Golden Oriole est en fait une prolongation de Staer, moins le bassiste – on reste stylistiquement dans la même base de données, et même si Staer se faisait beaucoup plus métallique, violent et clinique, le duo reste toujours redoutable et impressionnant sur scène – et ils seront à l’affiche du festival Sonic Protest courant mars avec, encore plus que d’habitude, un line up galopant allègrement sur la monture du démentiel, jaugez plutôt : Nurse With Wound, This Is Not His Heat, Flying Luttenbachers, Wolf Eyes et beaucoup d’autres… et donc Golden Oriole, pour une superbe soirée le vendredi 24 mars à la Marbrerie avec les Suisses de La Tène et Orgue Agnès – soit la réunion d’El-g, Ernest Bergez de Sourdure et Clément Vercelletto, qui forme notamment Kaumwald avec Bergez.

Vous pouvez retrouver toutes les informations liées au festival sur leur site.

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Niagara – São João Baptista http://www.hartzine.com/niagara-sao-joao-baptista/ http://www.hartzine.com/niagara-sao-joao-baptista/#respond Mon, 27 Feb 2017 08:00:18 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54365

Manifeste anti-house non-jazz. Ça commence bien, une petite rythmique jazz au clavier et, très vite, de la disco électronique. Des […]

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Manifeste anti-house non-jazz. Ça commence bien, une petite rythmique jazz au clavier et, très vite, de la disco électronique. Des percussions toujours jazz, et d’autres plutôt kuduro, batucada. C’est sans une vision tout à fait partiale et loin de la volonté de la dernière sortie de Niagara chez Principe Discos. Pourtant, dès le premier morceau, Asa, rythmique jazz contrecarrée par des impétuosités électroniques. Percussions, pas trop loin de ce qu’on peut reconnaitre dans le kuduro, quelques samples, et bizarreries rythmiques. Tout ça avec des atmosphères à la Black Devil Disco Club ou Bernard Szajner.

Radicalisation house par l’instrumental et la distorsion des synthétiseurs, lecture non linéaire d’une histoire des musiques électroniques et discontinuité des récits sonores, São João Baptista peut faire penser à la sortie de Cotrim sur One Eyed Jacks (lire) qui avait pu émouvoir nos oreilles dans l’application d’une décontraction stricte, disons-le rapidement, d’une forme de techno.

C’est un EP bizarre, presque autotélique, qui dit sur les révolutions qui sont en train de secouer la musique européenne et, plus largement, la musique électronique internationale. Quand les clubs et les organisateurs de soirée en France louent un retour d’une house soporifique normalisée et blanchisée, les musiques électroniques répondent par des intersections géométriquement révolutionnaires.

Dire de São João Baptista que c’est un EP house est un parti pris un peu étrange, on pourrait aussi le qualifier d’expérimental, d’instrumental électronique ou tout simplement d’électronique bizarre. On peut aussi le lire comme la digestion d’un brassage non-hiérarchisé de ce qu’est la musique aujourd’hui, une application de l’idée de la « distortion culturelle » si chère aux avant-gardes de la fin du XXe siècle.

Dire de São João Baptista que c’est un manifeste est un parti pris tout aussi étrange. Manifeste conscient ou inconscient, Niagara réussit le tour de maître de faire avaler une relecture convaincante d’une house moribonde et ennuyeuse à souhait qu’on retrouve dans tous les clubs « branchés » de province et de Paris – vous savez, cette house worldie diffusée par des mecs avec des chemises à fleurs…

Un manifeste rythmique bizarre, étrange, qui se passe de linéarité pour amener dans la disjonction, le collage et le bizarre une sorte de batucada néo kuduro électronique house. Quatre morceaux, quatre manières de radicaliser des rythmiques et des sonorités. Le tout finissant par un très étrange titre, Laranja, entre flûte de pan, distorsion de synthé, boîte à rythmes bouclée sur une rythmique basique et sentiment d’être pris dans un flanger mouvant.

Manifeste ou pas, São João Baptista, est l’une des plus belles sorties de Niagara chez Principe Discos, en tout cas une sortie qui donne à penser que les hybridations et les monstruosités n’ont pas fini de repousser les frontières de l’électronique.

On vous engage aussi à aller écouter le dernier morceau acid kuduro de Dj Nigga Fox qui est dans doute un encore plus brillant manifeste et qui sort ces jours-ci chez le même Principe Discos. Gloire aux monstruosités radicales de l’électronique de Principe Discos.

Audio

Tracklist

Niagara – São João Baptista (Principe Discos, 29 octobre 2016)

01. Asa
02. IV
03. Amarelo
04. Laranja

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Pedro Vian http://www.hartzine.com/pedro-vian/ http://www.hartzine.com/pedro-vian/#respond Thu, 23 Feb 2017 17:07:43 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54362

Beautiful Things You Left Us For Memories est le titre du tout premier LP du producteur catalan Pedro Vian sorti […]

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Beautiful Things You Left Us For Memories est le titre du tout premier LP du producteur catalan Pedro Vian sorti au mois de novembre dernier. Assez discret, Pedro Rufi (de son vrai nom) a déjà sorti quelques EP notamment chez Hivern Discs et Mathematics Recordings. Mais c’est surtout au sein de son propre label Modern Obscure Music qu’il s’active depuis trois ans maintenant à sortir des pépites obscures et subtiles aux sonorités technoïdes. Ce premier album explore au fil des tracks différentes voies, certaines plus ambient, certaines plus pop mais reste toujours très accessible. Rythmes organiques et mélodies cotonneuses, les expérimentations musicales de Pedro Vian sont chargées d’émotions réconfortantes et défiantes à la fois, donnant à cet excellent album un supplément d’âme que l’on retrouve rarement ailleurs. Découvrez notre interview de Pedro Vian ainsi qu’une track inédite en écoute exclusive.

 

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Je suis de Barcelone, en Espagne.

I come from Barcelona, Spain.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Depuis 3 ans, je gère mon propre label, Modern Obscure Music. Par le passé, j’ai sorti des disques sur Hivern Discs et Mathematics Recordings.

I’m running my own label Modern Obscure Music, sine three years ago. Before, I released on Hivern Discs and Mathematics Recordings.

Pourquoi la musique ?
Why music?

Parce que c’est ma vie.

Is my life.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

J’aurais bien aimé être architecte.

I’ll love to be an architect.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

La mort est au coin de la rue.

Death is around the corner.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Trouver mon propre son.

Have my own sound.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Je ne m’en souviens d’aucun.

I don’t remember any.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Bien sûr, ton travail est toujours là et fera toujours parti de toi.

Yes, your work still alive and part of you too.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Je cherche à me détendre, tout simplement.

Just to be relaxed.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Ony Ayhun

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Je ne pense jamais à ce genre de choses.

I don’t think this kind of things.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Fais ce qui te plaît, pas ce qui plaît aux autres.

Just do what you want, not what they want.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Vivre très loin dans les montagnes.

Living far away in the mountains.

Comment vois-tu ta musique évoluer ?
How do you see your music evolve?

Dans une direction sincère et honnête.

It evolves in a sincere way.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique).
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Travailler seul dans un endroit calme, c’est vraiment ce dont j’ai besoin pour faire de la musique.

Work alone in a quite place is all I need to make music.

Photo : Adrià Cañameras
Traduction : Dom

Écoute exclusive

Audio

Tracklist

Pedro Vian – Beautiful Things You Left Us For Memories (Modern Obscure Music, 09 novembre 2016)

01. Pandora
02. Inivisible Objects
03. Copelands
04. Nine is Nine
05. Miralls
06. 801 Nite feat. Carla Perez Vas
07. Le Fou
08. Maia
09. Indian Strings
10. Start Again

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Hylé Tapes sort une compile 100% féminine (et non-binaire) http://www.hartzine.com/hyle-tapes-sort-une-compile-100-feminine-et-non-binaire/ http://www.hartzine.com/hyle-tapes-sort-une-compile-100-feminine-et-non-binaire/#respond Thu, 23 Feb 2017 02:28:14 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54354

par Nastasia Hadjadji La dernière sortie Hylé Tapes est un évènement à plusieurs titres : trois cassettes, un fanzine, trente-quatre […]

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par Nastasia Hadjadji

La dernière sortie Hylé Tapes est un évènement à plusieurs titres : trois cassettes, un fanzine, trente-quatre artistes rassemblées, plus de six nationalités et surtout un parti-pris fort, ne rassembler que des artistes féminines et/ou non-binaires. Self-Identified Non-Male Artists Making Experimental Electronic Music fait partie de ces objets politiques et sonores singuliers qui ne sont que trop rares dans le paysage musical français. Les trois cassettes de cette compilation donnent à entendre l’immense diversité des productions sonores rangées sous l’étiquette « musique électronique expérimentale » : de l’ambient poétique, en passant par les expérimentations drone et post-industrielles, cette compilation explore ce spectre musical dans toute sa largeur.

En ne réunissant que des artistes femmes (ou female-identified), cette compilation se fait l’écho de voix et de propositions sonores trop souvent inaudibles, ou absentes des programmations. Parce qu’en 2017 la question de la représentation des femmes et des minorités de genre – dans l’ensemble de la société tout comme dans le champ de la musique et de la culture – demeure un enjeu crucial, cette compilation est une initiative importante. Importante parce qu’en réunissant ces trente-quatre artistes, elle permet la mise en réseau et le partage d’expériences ; importante ensuite parce que ces trente-quatre artistes sont autant de figures sources d’inspiration pour de potentielles futures musiciennes ; importante enfin parce que l’initiative est portée par un label indépendant, et qu’il est fondamental que les marges s’emparent de cet enjeu si déterminant.

La compilation sort en édition limitée à cinquante exemplaires (K7) et s’écoute ci-dessous :

Audio

V.A. – Self-Identified Non-Male Artists Making Experimental Electronic Music (Hylé Tapes, 17 février 2017)

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Noga Erez http://www.hartzine.com/noga-erez/ http://www.hartzine.com/noga-erez/#respond Mon, 20 Feb 2017 22:23:10 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54334

Israël, et tel Aviv en particulier, nous a apporté ces dernières années une pelleté de projets musicaux emmenés par des […]

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Israël, et tel Aviv en particulier, nous a apporté ces dernières années une pelleté de projets musicaux emmenés par des artistes excitants, que ce soient nos chouchous de Red Axes et Moscoman ou bien les brillantes Hila Ruach et Keren Dun. Il y a quelques mois apparaissaient sur la toile, avec le video clip ‘Dance While You Shoot’, une nouvelle venue : Noga Erez. Derrière ce nom se cache en réalité deux personnes la productrice et compositrice Noga Erez et le producteur Ori Rousso. Noga a fait ses armes en tant que percussionniste du groupe indie The Secret Sea puis a mis les voiles pour se concentrer sur son propre projet musical. Il en ressort une electro-pop puissante et tirée au cordeau avec beats minimalistes acérés où vient se caler la voix hypnotique de Noga. Le second titre ‘Pity’ sorti il y a tout juste une semaine, est tout aussi tendu que le premier avec beats incisifs et flow insoumis. En l’espace de deux excellents titres, Noga Erez a déjà posé des bases solides d’un premier album qui se veut prometteur. Celui-ci devrait voir le jour au printemps sur le label City Slang. En attendant découvrez un peu plus l’univers de l’Israelienne et ses influences grâce à notre interview et sa mini mixtape.
D’où viens-tu ?
Where do you come from?

J’habite à 30 minutes de Tel Aviv, en Israël.

I live 30 minutes away from Tel Aviv, Israel.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Où je peux jouer ma musique.

Anywhere I can play my music.

Pourquoi la musique ?
Why music?

C’est le meilleur et le plus précis moyen de communication que j’ai trouvé jusqu’ici.

It’s the best, most accurate form of communication that I have found so far.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Je cuisinerais et je pleurerais.

I’d cook and cry.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

J’ai toujours su que la musique avait un effet bénéfique sur le corps et sur l’esprit. Un jour je suis allée courir pendant des vacances en Grèce, la première fois que j’allais courir sur une montagne avec beaucoup de dénivelé. À un moment, j’étais si fatiguée, assez loin de l’hôtel et un peu paniquée. Le morceau Berlin de Modeselektor est arrivé dans la playlist et mes pieds, que je pensais presque incapables de me ramener, se sont mis à courir à nouveau.

I always knew music has a great effect on the body and soul. One day I went for a run during a vacation in Greece, the first time I ran on a mountain with lots of inclines. At a certain point I was so tired, a long way from the hotel and kinda panicked as well. The song « Berlin » by Modeselektor shuffled into the playlist and my feet, which I thought were almost unable to take me back, started running again.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Rencontrer Mr Ori Rousso, l’autre moitié de Noga Erez.

Meeting Mr. Ori Rousso, the other half of Noga Erez.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Je suis nulle pour rester en contact avec les gens.

I am terrible at keeping touch with people.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Oui, bien que douloureuse.

Yes, albeit a painful life.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Non, ça me stresse.

No, that just makes me nervous.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Mykki Blanco.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

J’espère la mort.

Hopefully death.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Être plus détendue.

Don’t try too hard.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

J’ai déjà du mal à m’imaginer dans une semaine.

I barely see myself a week from now.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique).
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

J’imagine qu’à un certain moment, j’adorerais faire un album acoustique. Ou juste piano et voix. Ou un disque expérimental instrumental. J’aimerais pouvoir tout faire.

I guess at some point I would love to make and acoustic album. or even just piano and vocals. or an instrumental experimental album. I wish I could do it all.

Vidéos

Écoute exclusive

photos © Tonje Thielsen

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OLI HEFFERNAN L’INTERVIEW http://www.hartzine.com/oli-heffernan-interview/ http://www.hartzine.com/oli-heffernan-interview/#respond Mon, 20 Feb 2017 22:00:27 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54317

L’admission du vide et sa gestion est une étape décisive dans une vie, sujet de dépression pour nombreux et moteur […]

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L’admission du vide et sa gestion est une étape décisive dans une vie, sujet de dépression pour nombreux et moteur pour d’autres. C’est sûrement le cas d’Oli Heffernan,ou de l’art d’être prolifique et de combler par de la matière sonore. Basé à Middlesbrough, Oli est musicien depuis l’âge de 14 ans, et en a 35. Cela fait donc plus de vingt ans qu’il fait de la musique selon un principe simple, le seul réellement valable et sincères à mes yeux : il fait de la musique pour le plaisir.
L’authenticité et l’approche lo-fi DIY transpirent dans tous les projets dans lesquels il est impliqué, que ce soit au sein de Detective Instinct, de King Champion Sounds, de Year Of Birds…Enregistrer, cumuler les projets,les expériences, mais surtout, jouer. Car si la musique est un Art, c’est avant tout pour beaucoup un jeu, Le Divertissement, la passion qui remplit une vie.

Entretien avec Oli donc, histoire de faire un peu de compta sur son nombre de groupes, de faire un « petit  » point sur son année 2017 et de s’interroger sur l’extensibilité de son emploi du temps et sur l’inaltérabilité de sa passion et dévotion pour la musique.

Pour commencer, peux-tu s’il te plaît te présenter ainsi que les groupes dans lesquels tu es impliquées ( il y en a tellement !! )
First can you please introduce yourself and present the bands you’re involved in ( so many !!! ) 

Mon nom est Oli Heffernan, j’ai 35 ans et je vis et travaille à Middlesbrough (Nord-Est de l’Angleterre)Je joue de la guitare et crie dans Year Of Birds , je joue de la basse de l’orgue / piano dans King Champion Sounds, je joue de la guitare dans Shrug  j’enregistre solo en tant qu’ Ivan The Tolerable et j’écris et enregistre toute la musique de Detective Instinct. J’ai aussi un travail à temps plein en tant que graphiste pour une entreprise de verre. Je vis avec Danni (guitare King Champion Sounds / Year Of Birds batteur / amie / protecteur de santé mentale) et nous avons 3 chats. Je suis un gros fumeur, adepte du foot à cinq, passionné de cyclisme et collectionneur de livres de poche Penguin.

My name is Oli Heffernan, I’m 35 years old, and I live and work in Middlesbrough (North East England)I play guitar and shout in Year Of Birds, play bass and organ/piano in King Champion Sounds, I play guitar in Shrug, I record solo as Ivan The Tolerable, and I write and record all the music for Detective Instinct. I also have a full time job as a graphic designer for a glass company. I live with Danni (KCS guitar/Year Of Birds drummer/girlfriend/sanity protector) and we have 3 cats. Heavy smoker, five a side footballer, keen cyclist and collector of Penguin paperbacks.

017 semble être une année assez chargé en ce qui te concerne , tu peux nous dire ce que tu as sur le feu ? 
2017 seems to be a busy year for you, can you tell us what’s coming?

J’essaie de faire que chaque année soit une année bien remplie. Je tourne en rond si je n’ai pas de choses sur lesquelles bosser – je suis du genre à me paumer sinon. Alors oui, occupé comme toujours! Il y a une tournée King Champion Sounds aux Pays-Bas et au Royaume-Uni fin février / mars – ce qui est genre la moitié de la promo pour notre dernier LP, et nous avons enregistré un nouveau 2 titres 7 « pour cette tournée, qui est sorti assez rapidement et parfaitement à temps pour respecter la date limite pour le pressage. Ensuite, nous faisons une petite pause de King Champion Sounds, puis il va falloir savoir où aller après la sortie du dernier double album! Une truc dur à suivre donc faut bien le faire … … MAIS … ça me donne plus de temps pour me concentrer sur les trucs de Year Of Birds pour le reste de l’année, ce qui est bien! Nous avons un nouveau LP qui sort le 17 mars via le merveilleux Odd Box Records, donc nous allons faire des concerts et pas mal d’autres trucs et voir où ça va – nous étions un trio l’année dernière, mais on a récemment chopé un bassiste donc je peux retourner jouer de la guitare (ce qui est beaucoup plus facile à faire en chantant!)

Ce sont donc mes plans concrets pour 2017 – nous avons décidé de faire moins de tournées cette année, car Danni et moi aimerions vraiment prendre des vacances sans musique! Je n’ai pas eu de réelles vacances en 7 ans donc ce serait agréable si on arrivait à en prendre ! Haha

Il y aura probablement aussi plus de cassette d’ Ivan The Tolerable, un nouvel EP de Houseplants et il se peut que je balance un nouvel album de Detective Instinct … mais nous verrons … Danni et moi parlions aussi de quelque chose de nouveau cet été impliquant moins de guitares et plus de boîte à rythme, donc y a ça aussi … .mais c’est clairement tout … .haha

I try and make every year I busy year. I don’t function well as a person if I don’t have things to work on – I kind of get lost in myself. So yeah, busy as ever! There is a KCS NL/UK tour late feb/march – which is kind of the back half of the promo for our last LP, plus we recorded a new 2 track 7” for this tour, which came out nice considering how quickly we did it to meet the deadline for pressing. Then we are having a little break from KCS while we figure out where to go after the last double album! A hard thing to follow so we wanna get it right…..BUT….that gives me more time to concentrate on YOB stuff for the rest of the year, which is nice! We have a new LP out on March 17th via the ever wonderful Odd Box Records so we will be doing gigs and stuff around that and beyond and see where that goes – we were a 3 piece for the last year but have recently just got a bass player so I can go back to playing guitar (which is MUCH easier to do while singing!)

So that’s my concrete plans for 2017 – we decided to do less touring this year as Danni and I would quite like a none-musical holiday!  I haven’t had a proper holiday for 7 years so that will be nice if we can get it sorted! haha

There will also probably be some more Ivan tapes, a new Houseplants EP and I MIGHT start a new Detective Instinct album….but we’ll see…Danni and I were also talking about something new in summer involving less guitars and more drum machines, so there is that too….but that’s DEFFO it….haha

Tu as deux projets solos ( Ivan The Tolerable and Detective Instinct ) l’un est garage et l’autre post-punk Krautrock , est-ce qu’on doit s’attendre à un autre projet solo d’un genre différent ?
you have two solo projects ( Ivan The Tolerable and Detective Instinct ) one is garage and the other post-punk krautrock, should we expect another solo project for another genre ?

En fait j’en ai aussi deux autres ! Magic Smoke Chords – qui est une sorte de cutups et de field recordings / samples etc (Je l’ai négligé au cours des deux dernières années, mais c’est trouvable si tu cherches ) et Houseplants  avec Leighton de Country Teasers dans lequel j’enregistre la musique et il chante (Nous avons sorti notre premier mini album sur  l’année dernière)

Je ne planifie jamais de nouvelles choses, ça se passe quand ça doit se passer – mais je suis assez occupé là donc je vais probablement m’en tenir aux plans ci-dessus pour 2017 et voir ce qui se passe ….

I actually have two more that I do! Magic Smoke Chords – which is kind of cutups and field recordings/samples etc (I’ve neglected this over the last couple of years, but it’s all out there if you look for it) and do Houseplants with Leighton from Country Teasers where I record the music and he adds the vocals (We had our first mini album out on Monofonus Press last year)

I never plan new stuff, it just sort of happens when it wants to – but I’m pretty busy at the minute so probably just going to stick to the above plans for 2017 and see what happens….

Tu es multi-instrumentalise, ( guitariste chanteur dans Year Of Birds, Bassiste chez King Champion Sounds , et tu fais tout dans tes projets solos ) mais quel est ton premier instrument, celui de prédilection et est-ce celui avec lequel tu composes ?

You’re a multi-instrumentalist (guitarist singer for Years of birds, Bass for King Champion Sounds, and everything for your solo projects …) but what is your favourite and first instrument, is it the one you’re writing songs with ?

La Basse. Toujours la basse. C’était mon premier instrument et ce sera toujours mon préféré. J’écris la plupart de mes chansons à la basse aussi, et je l’ai toujours fait. Si je devais juger mon niveau de compétence, je dirais que je suis un bassiste assez potable, un guitariste passable, un joueur de clavier amateur et un batteur terrible – mais je peux faire ce dont j’ai besoin sur la plupart des instruments pour que ça passe ! Je ne sais pas vraiment chanter mais je m’en fous, je peux écrire de bonnes paroles et les crier sur le temps – quelle est la différence? Haha. J’ai une règle de non SOLOS pour tous les instruments et j’adore la répétition donc ma capacité technique est suffisante pour exécuter mes idées basiques. Je crois honnêtement que le bon goût et de bonnes idées représentent 90% pour faire un bon disque – la technique c’est une toute petite partie. Les gens qui peuvent jouer des instruments dans les règles de l’art doivent probablement se foutre de ma gueule, mais je les emmerde ! Ce sont ceux qui sont responsables de toute la musique ennuyeuse, insipide, à chier dans le monde. Tu sais? les fans de rock classique, les fans de Coldplay, le rock à papa … .toute cette merde. 100% mâle, 100% à chier.

Bass. It’s always the bass. It was my first instrument and will always be my favourite. I write most of my songs on bass too, always have. If I had to judge my own skill levels I think I’m a decent enough bass player, an ok guitar player, an amateur keyboard player and a terrible drummer – but I can do what I need to on most instruments to get by! I can’t sing really but I don’t care, I can write good words and shout them in time – what’s the difference? haha. I have a NO SOLOS rule for all instruments and love repetition so my technical ability only needs to be high enough to execute my simple ideas. I honestly believe that good taste and good ideas account for 90% of making a good record – ability is a small part of it. People who can actually play instruments in a ‘by the book’ way probably laugh at me but FUCK THOSE GUYS! They are the people who are responsible for all the boring, insipid, weak-as-piss music in the world. You know? Yr classic rock fans, yr Coldplay fans, Dad rock….all that cack. 100% male, 100% shite.

Dans Detective instinct il y a de nombreuses prestigieuses collaborations  ( Jad Fair , Mike Watt…) , comment as-tu rencontré ces gars et comment était-ce de bosser avec eux ?
On detective instinct there’s a lot of prestigious featuring ( Jad Fair , Mike Watt…) , how did you meet these guys and how was it working with them ? 

La plupart des mecs impliqués je ne les ai jamais rencontrés ! J’ai juste demander à des gueules dont j’aime le travail et on est parti de là – ça c’est surtout fait par e-mail! Très moderne! Donc je n’ai jamais rencontré Jad Fair, Jim de Radar Brothers, Kevin de Trumans Water, Karen Schoemer ou Emily Ryan dans la vraie vie! J’ai joué avec Watt beaucoup de fois donc nous nous connaissons assez bien je suppose et je suis dans des groupes avec Jos (GW Sok), Danni et Leighton donc nous nous connaissons de cette façon …

C’est quand même une bonne façon de travailler! J’enregistre une chanson je l’envoie à la personne dont je pense que la voix irait bien et en général ça le fait.Par contre je suis vraiment impatient donc je les harcèle pour qu’ils se magnent, j’espère qu’ils ne m’en veulent pas ! Mais ça se passe assez rapidement et sans douleur – ils défoncent tous dans ce qu’ils font et ne me laissent jamais sur le carreau, en dépit des délais stupides que je leurs collent ! Presque tout ce sur quoi je bosse est auto-enregistré dans des maisons ou salles de répètes ce qui est vraiment cool. Je déteste les studios d’enregistrement – je ne pense pas y être allé depuis 7-8 ans maintenant! Pas mal hein? Ils ne sont pas propices à un bon travail je trouve …T’es sois limité par le temps et du coup tu te précipites ou t’en as trop à plus quoi savoir en foutre, et ça se termine jamais bien …

 Most of the other folk involved I’ve never actually met! I just asked people whose work I liked and we went from there – it’s mostly done via email! Very modern! So I’ve never met Jad Fair, Jim from Radar Brothers, Kevin from Trumans Water, Karen Schoemer or Emily Ryan in real life! I’ve played with Watt a lot of times so we know each other fairly well I guess and I’m in bands with Jos (GW Sok), Danni and Leighton so we know each other that way…


It’s a good way of working though! I just record songs and send them to the person I think will do the right vocal for it and it usually comes out nice. I’m really impatient though so I’m constantly hassling them to hurry up, so I hope they don’t mind! But it normally comes together pretty quickly and painlessly – they are all ace at what they do and never leave me hanging, despite the stupid deadlines I put on things! Almost everything I am involved with musically is self-recorded in houses or practice rooms which is really good. I hate recording studios – I don’t think I’ve been in one for about 7-8 years now! Not bad eh? They are not conducive to good work I find…you are either clock watching and rushing or you have too much time to fuck with what you are doing, and that never ends well…

Ta vie est complètement dévouée à la musique ( entre tes groupes , le label et feu ton disquaire ) , te rappelles-tu ce qui t’as amené à t’intéressé à la musique pour la première fois et ce qui t’as fait devenir un musicien ? Est-ce que ça te plaît toujours autant après 20 ans que tu enregistres et sors des albums ?
your life is completely devoted to music ( between your bands, the label and your past record shop ) , do you remember how you got interested in music for the first time and what made you become a musician ? Do you still enjoy it as much as it’s been 20 years that you record and release albums ?

Mon magasin de disques a fermé en 2012, mais ça ne me manque pas! C’était super difficile de rester à flot et je ne suis pas un homme d’affaires haha. Je ne le regrette pas – c’est un truc que j’ai toujours voulu faire donc je m’y suis investi mais ça n’a pas marché. Tant pis! Le côté label est dur aussi vu que je suis trop occupé par mes propres trucs pour sortir quelqu’un d’autre …. Mais ça arrive encore si un truc attire mon attention.

Ça fait 21 ans depuis mes 14 ans et mon premier enregistrement ! WOW ! Ça me parait pas si loin! Je ne considère vraiment mon travail que, de l’année 2009 à maintenant – c’est là que je me suis senti à l’aise avec ma pratique et que j’ai cessé de m’inquiéter de ce que les autres pensaient, et ai commencé à faire de la musique que je voulais faire – et j’ai fait beaucoup mieux depuis . Quand c’est fait à ma sauce, c’est le truc que je préfère dans le monde faire. J’essaie de faire le moins de concerts car je préfère l’enregistrement au Live – je n’aime pas être à la merci des ingénieurs du son ha-ha, en plus les concerts ça peut être beaucoup de travail pour très peu de satisfactions. Je suis assez antisocial – donc le truc de ‘rencontrer de nouvelles personnes’ ça le fait pas pour moi, je trouve ça difficile de socialiser mais j’aime jouer de la musique à toute blinde donc faut faire le taf !

Well, my record shop closed in 2012 but I don’t miss it! It was super hard to stay afloat and I’m not much of a business man haha. I don’t regret it though – it’s something I’d always wanted to do so I had a crack at it but it didn’t work. Oh well! The label side is hard too as I’m too busy with my own stuff to do justice to releasing someone else’s….but it’s always going if something takes my fancy.

Its 21 years since the 14 year old me made his first recording! WOW! Doesn’t feel like that long! I only really consider 2009ish to present as my proper work though – that’s when I got comfortable with my own ability, stopped caring about what other people think, and started making music that I wanted to make – and I’ve done much better since then. When it’s done on my own terms, it’s my favourite thing in the world to do. I try to keep gigs to a minimum as I prefer recording to playing live – I don’t like being at the mercy of sound engineers ha-ha, plus gigs can be a lot of hard work for very little reward. I’m pretty antisocial – so the whole ‘meeting new people’ side of it does very little for me, I find it hard to socialize but I love playing loud music so you gotta do what you gotta do!

Third Uncle est un label DIY basé dans l’Indiana qui a sorti ton premier disque de Detective instinct et Sick Room est un label basé à Chicago qui a sorti le second, comment es-tu entrer en contact avec ces labels et en tant que propriétaire d’un label toi-même, que penses-tu être la chose la plus agréable et désagréable ?
Third Uncle is a DIY label based in Indiana that released your first record for Detective Instinct and Sick Room Records is a label based in Chicago  that released your second, how did you get involved with these two labels and as a label owner yourself what do you think is the most pleasant and hard thing about it ?

 Je suis tombé sur Third Uncle quand je cherchais un label pour sortir l’album – je voulais que ça soit sur un label américain comme la plupart des personnes qui y ont contribué étaient de là-bas et j’ai pensé qu’il se vendrait mieux (naïf – bah non, Haha) donc j’ai trouvé Third Uncle,un label qui partageait les mêmes valeurs et croyances en un ‘Outsider art’ que moi et je leur ai envoyé l’album. C’était vers 2009? Quoi qu’il en soit, c’est ainsi que j’ai rencontré Billy Stines – le mec qui le gère – et nous gardons régulièrement contact depuis ! C’est un gars merveilleux avec beaucoup de temps et d’énergie pour de bonnes choses! Il a sorti beaucoup de mes trucs depuis – le 1er LP de DI , 2 7″ de Detective Instinct, un LP de Year Of Birds , un 7″de Year Of Birds et un 7″d’Ivan The Tolerable donc oui – c’ est un de mes sauveurs! Il se fait probablement peu ou pas d’argent sur mes sorties, et pour cela, j’ai encore plus de respect pour ce qu’il fait – son label se porte vraiment bien ces jours-ci cependant! Alors, c’est génial! Honey Radar, Queen Of Jeans, Jad Fair … il a fait beaucoup de choses avec Chunklet aussi , donc – vas-y Billy!

Sickroom  c’est une autre histoire! Mes premières sorties de Detective Instinct c’étaient quatre Eps juste en téléchargement (Mike Watt, Leighton, GW Sok et Jimmy McGee) – Ryan (le patron de Sickroom ) les a entendus par l’intermédiaire d’un ami commun et a demandé s’il pouvait faire un 7 « de chacun – à sortir tous le même jour – alors j’ai dit oui (qui ne l’aurait pas fait?! Y’avait pas un seul label qui m’avait sorti quoi que ce soit d’ici là) donc on est parti de là! Un autre grand label qui a publié des trucs géniaux! Il a aussi sorti mon dernier LP- ce qui m’a vraiment plu – l’un de mes favoris de tout ce que j’ai fait – ça s’est vraiment bien goupillé, c ‘est donc une autre personne à qui je dois beaucoup …

Je n’ai jamais rencontré aucun des deux en chair et en os- mais leur aide et leur foi en mes putains de projets signifie beaucoup.

I found Third Uncle when I was looking for a label to put the album out – I wanted it on an American label as most of the people who contributed to the album were from over there so I figured it would sell better (naïve – it didn’t! haha) so I found Third Uncle as a label that shared the same values and beliefs in ‘Outsider art’ as me and I send them the album. This would be about 2009? Anyway, that’s how I met Billy Stines – the dude who runs it – and we have kept in touch regularly since then! Hess a wonderful guy with a lot of time and energy for good things! he’s put out LOTS of my stuff since then – THE 1st DI LP, 2 more DI 7”s, a YOB LP, a YOB 7” and an IVAN 7” – so yeah – he’s one of my saviors! He probably makes little to no money on any of my stuff, and for that I have even more respect for what he does – his label is doing really well these days though! So that’s great! Honey Rader, Queen Of Jeans, Jad Fair….he’s been doing a lot of stuff with Chunklet as well so yeah – go Billy!


Sickroom is a different story! My first DI releases were four download-only Eps (Mike Watt, Leighton, GW Sok and Jimmy McGee) – Ryan (Sickroom bossman) heard them via a mutual friend and asked if he could do a 7” run of each – all to be released on the same day – so I said yeah (who wouldn’t?! I’d never had a proper label release anything id done until this point) and we went from there! Another great label that has released some great stuff! He put out my last LP too – which I was really pleased about – one of my favourites of all the things I’ve done – it came together really well, and Ryan got it out there so another person I owe  a lot to…

I’ve never actually met either of them in the flesh – but their help and belief in my shit means a hell of a lot.

Comment as-tu rencontré Fred Paquet ? ( je suis moi-même rentré en contact avec Oli via Fred )

How did you meet Fred Paquet ?

J’ai rencontré Fred à Paris l’année dernière! Il a fait jouer King Champion Sounds dans un cool lieu, le Café Olympic. La moitié d’entre nous sommes restés à son appartement après et il nous a fait le petit-déjeuné et nous avons parlé de disques, d’être disquaire puis après le petit déjeuner nous sommes allés dans son magasin! WOW! Un endroit génial! J’aurais pu dépenser une fortune si je l’avais, mais je ne l’ai pas donc j’ai acheté le premier LP de Chrome et le LP de Meatbodies et Danni a acheté un disque français et un livre de Daniel Clowes je crois. Nous avons bavardé un peu quand je suis rentré à la maison et il a acheté plein de mes trucs à vendre dans sa boutique, donc c’est sympa. Fred défonce – un des bons! Je suis impatient de retourner dans son magasin un de ces quatre.

I met Fred in Paris last year! He put KCS on at a nice venue called Café Olympic. Half of us stayed at his flat afterwards and he made us breakfast and we chatted about records and such (I used to have my own record shop in Middlesbrough) then after breakfast we went to his shop! WOW! Such an awesome place! I could have spent a fortune if id had it, but I didn’t so I bought the first Chrome LP and the Meatbodies LP and Danni bought a French record and a Daniel Clowes book I think. We chatted a bit when I got home and he bought a load of my stuff to sell in his shop so that’s nice. Fred is ace – one of the good guys! Im very much looking forward to going back to his shop sometime.

 

Mixtape

1. Merchant Vessel Elision – Detective Instinct ( Black Floral LP 2014 )
2. The Year 500 – King Champion Sounds ( Song For The Golden Hour 2014 )
3. The Dealer – Detective Instinct ( Schloemer Songs 2013 )
4. Textbook Frown – Year Of Birds ( Jaw 2013 )
5. The Second Noel – Ivan The Tolerable ( Decemberism 2015 )
6. Spastic Backhand – Year Of Birds ( Cakesale EP 2013 )
7. Sand And Water – Ivan The Tolerable ( Family Sandwich 2014 )
8. Old Inky Breath – Ivan The Tolerable ( Splatter Bible 2015 )
9. Fat – Year Of Birds ( White Death To Power Alan 2017 )
10. Third Storey Walk-Up – Detective Instinct ( Falling In Lilacs 2013 )
11. Khufu’s Horizon – Ivan The Tolerable ( Theamata 2015 )
12. Mice Rats Roaches – King Champion Sounds ( To Awake In That Heaven Of Freedom 2016 )
13. The Landlord – Ivan The Tolerable ( Crathorne Final 2016 )
14. Wrap It And Bin It – Houseplants ( Houseplants 2016 )
15. Crack Attack – Detective Instinct ( Black Floral LP 2014 )

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Antoni Maiovvi http://www.hartzine.com/antoni-maiovvi/ http://www.hartzine.com/antoni-maiovvi/#respond Tue, 14 Feb 2017 23:10:01 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54308

C’est depuis qu’on est retombés sur Psychoplasmics, EP d’Antoni Maiovvi sorti chez Crimes Of The Future il y a déjà […]

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C’est depuis qu’on est retombés sur Psychoplasmics, EP d’Antoni Maiovvi sorti chez Crimes Of The Future il y a déjà deux ans qu’on a eu envie de lui consacrer une petite tranche de nos rendez-vous Out Of The Blue du mercredi. Stasi disco comme on le décrit, aussi branchée dancefloor gore que l’hémoglobine trafiquée des films de séries B, les tracks du Britannique affichent depuis toujours une couleur cinéma, projetées sans crier gare sur le grand écran d’une antre de l’horreur réjouissante à souhait. Un ton particulier, rétro-rigolo, où Antoni Maiovvi tutoie le grand maître John Carpenter tant il livre à chaque nappe électronique un uppercut futuriste aux détails kitsch bougrement efficaces. C’est la stroboscopie appliquée à une science-fiction cheap mais attachante, ficelée aux synthés et livrée au pied du club, la pointe de nostalgie en option.

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Je suis né à Bristol, au sud-ouest du Royaume-Uni. Distinction importante selon moi : je viens de la rive gauche [de la rivière Avon, ndlr], j’ai vécu rive droite une fois et je n’ai pas du tout aimé.

I was born in Bristol in the south west of the United Kingdom. I’m from south of the river which I feel is an important distinction. I lived north of the river once and I didn’t like it at all.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Cette année, je vais aller vivre aux Pays-Bas.

I will move to Holland this year.

Pourquoi la musique ?
Why music?

Pour moi, la musique a du sens, elle part de humeur pour prendre la forme d’une série de décisions logiques. Et là, il ne s’agit pas juste d’harmonie, mais de tout ce qui vient de la conception à l’arrangement, de l’atonalité et du bruit. C’est tout cela qui créé du sens pour moi, bien plus de sens que tout le reste dans ma vie et certainement plus de sens que les humains. Si je suis honnête, je pense que j’aime aussi l’aspect de contrôle qu’il y a derrière.

Music makes sense to me, it appears to me as a series of logical decisions based on mood. I’m not talking about just harmony, but everything from design to arrangement, atonality and noise. All of this makes sense to me, a hell of a lot more sense than anything else in my life, and certainly a lot more sense than humans. I think I also get off on the control aspect of it, if I’m honest.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

J’ai toujours écrit. La musique mise à part, j’ai toujours écrit des histoires, aujourd’hui même, je travaille à un scénario.

I’ve always written. Aside from songs, I’ve also written stories and even now I’m working on a screenplay.

Une épiphanie personelle ?
An epiphany of yours?

Si tu veux le faire, tu dois réellement le faire : tu l’as fait hier, tu le fais aujourd’hui et tu vas le faire demain. Le monde est plein de gens qui tiennent de grands discours mais n’agissent pas. Le talent est la deuxième chose qu’il faut travailler dur. La probabilité que quelqu’un s’y penche est si mince qu’il vaut mieux trouver un moyen d’apprécier ce que tu fais toi-même parce que personne n’est près de s’intéresser à toi ni à ton putain de groupe stupide.

If you want to do it, you actually have to do it, you did it yesterday, you did it today and you’re going to do it tomorrow. The world is full of people who talk a good game but do nothing. Talent is second to hard work. The likelihood of anyone ever making it is so slim that you’d better find a way to enjoy what you do, because no one is going to give a fuck about you and your stupid fucking band.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Je ne sais pas s’il est déjà arrivé. Personne n’a entendu parler de moi. Ca sonne affreusement modeste à dire, je sais, mais je suis toujours agréablement surpris quand quelqu’un dit qu’il a aimé quelque chose que j’ai fait. L’industrie musicale, dans les grandes largeurs, est formelle : personne sait qui je suis.

I’m not sure it’s happened. No one has heard of me. I know it sounds terribly humble for me to say this, but I’m always pleasantly surprised when someone says they liked something I made. The larger music industry insists that no one knows who I am.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Je ne suis pas sûre de savoir à quoi cette question se réfère exactement mais l’insécurité financière, les relations qui se tendent de plus en plus sont à compter parmi les inconvénients d’une vie d’artiste. Pour la plupart, les personnes normales ne sont pas du tout préparées à n’avoir aucun filet de sécurité. Je me suis énormément déplacé, j’ai changé de maison dix-huit fois en sept ans, mes amies m’ont quitté pour des hommes aux situations plus stables, je me suis retrouvé plus d’une fois techniquement sans abri. Les boissons gratuites, ça semble génial mais, putain, ça cause aussi les pires dépressions. Les gens me manquent, je passe la plupart de mes journées à me sentir isolé et triste.

I’m not sure what this exactly refers to. But the downside of an artistic life is one of financial uncertainty, relationships get over strained, most normal people are completely unprepared for not having a safety net. I have moved around a lot. I’ve moved house 18 times in 7 years. My lovers have left me for more stable men. I’ve been technically homeless more than once. Free drinks sound great but damn do they bring on the worst depression. I miss people and spend most of my days feeling isolated and sad.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

J’imagine que cela importe peu.

I guess it doesn’t matter.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Cela fait dix-huit mois que je ne suis pas monté sur scène, je ne sais pas trop pourquoi. Le dernier show était incroyable et le public a adoré mais personne ne semble vouloir me reprogrammer alors j’ai beaucoup mixé l’année dernière, et ce qu’il se passe alors, c’est que je bois de l’eau pétillante comme un trou et parle avec des gens. Je ne sais pas ce qu’il va se passer.

I haven’t done a live show for 18 months, I’m not sure why, the last one I did was really amazing and people really liked it, but no one seemed to ask me again. So I’ve been Djing a lot for the last year and what usually happens is I drink a bunch of sparkling water and chat with people. I don’t really know what’s going to happen really.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

J’adorerais composer la bande originale d’un film de William Friedkin, je l’ai dit de nombreuses fois mais il n’est toujours pas revenu vers moi. C’est sérieux à 100%, je pense que je pourrais faire du bon boulot. De façon générale, j’aimerais faire plus de musique de films. Et je voudrais embaucher Steve Albini pour enregistrer un album de techno à l’Electrical Audio parce que ça serait bien trippant.

I would love to do a score for William Friedkin. I’ve said this many times but he’s still not got back in touch with me. I’m 100% Serious. I think I would do a good job. I would like to do more film scores in general. I would also like to hire Steve Albini to record a techno album at Electrical Audio, because that would be very funny.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Un oscar.

An oscar.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

C’est la somme de tout ce qu’il t’est arrivé qui fait ce que tu es. Tu seras reconnaissant que rien

Everything that happened to you made you who you are. You will be grateful that nothing was ever handed to you.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Faire du jardinage.

Gardening.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Je suis trop dissipé pour arriver à en parler.

I’m too fidgety to be able to talk about it.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Tu vois, adolescent, quand j’essayais de parler de Tangerine Dream, les gens pseudo-cools me disaient que j’avais de très mauvais goûts musicaux. Maintenant, regarde autour de toi. Merde, ouais, hein ? La série Stranger Things a débarqué, diffusant des titres empruntés à Exit et Green Desert [deux albums de Tangerine Dream, respectivement sortis en 1981 et 1986, ndlr], même la musique des types de Survive [qui signent la bande originale de la série, ndlr] fait penser à Tangerine Dream. Le concept du plaisir coupable vient du fait que, quelque part, tu sais que c’est mauvais mais tu kiffes quand même. Je détestais Take That mais avec le temps, j’ai fini par remarquer qu’ils avaient des morceaux qui défoncent, je n’écouterais pas tous les jours non plus mais je peux apprécier parce que j’en sais plus à propos du songwriting maintenant. Cela dit, je pense encore que la carrière solo de Robbie Williams est à chier. Ce que j’explique, c’est que je ne peux pas quantifier ces choses donc voici une liste de films que selon moi les gens devraient voir :

You see, when I was growing up and I tried to talk about Tangerine Dream, I was told by “cool people” that I had awful taste in music. Now look at the world. God damn, yeah, right? Stranger Things happened, they used some cool music from Exit and Green Desert, even the SURVIVE dudes’ score was pretty TD. The concept of the guilty pleasure is that somehow you know it’s bad but you are getting off on it at the same time. I hated Take That, but with time I see now they had some bangers, I wouldn’t listen to it but I can appreciate it because I know more about songwriting now. I still think Robbie Williams’ solo stuff is piss poor. What I’m saying is I can’t quantify these things so here is a list of movies that I think people should see:

Scanners
Don’t Torture A Duckling
Primer
Vampire’s Kiss
Barry Lyndon
A Snake Of June
Mona Lisa
Clean, Shaven
The Duke Of Burgundy
The Banshee Chapter

Écoute exclusive

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Noveller – A Pink Sunset For No One http://www.hartzine.com/noveller-a-pink-sunset-for-no-one/ http://www.hartzine.com/noveller-a-pink-sunset-for-no-one/#respond Sun, 12 Feb 2017 22:58:49 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54299

Samedi 28 janvier. Paris, quatorzième arrondissement. Du béton à perte de vue, une poignée de visiteurs se promènent d’un bloc […]

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Samedi 28 janvier. Paris, quatorzième arrondissement. Du béton à perte de vue, une poignée de visiteurs se promènent d’un bloc gris à un autre, les gobelets de vin chaud et les cigarettes fument. Voici le chantier de la résidence Chris Marker, projet ambitieux visant à réunir centre de bus urbains et logements sociaux en un même lieu, transformé le temps d’un long après-midi en festivités privées en milieu BTP. C’est là, dans cette atmosphère inerte et frigide que Lee Ranaldo, guitariste de Sonic Youth, s’est fendu d’une performance à la guitare dont il était le seul héros à balancer, gratter, frotter, râper son instrument contre le vide et les murs imposants de fixité du chantier. Un moment d’expérience pur, une dialectique au concept vite fait touche la nouille de mise en résonance entre un espace brut et l’épreuve sonore qui en découle, suspendue à la Fender triturée comme jamais de l’ami Lee.

Cette même idée d’investir une temporalité différente, d’entrer dans un jeu de construction solide qui vise à superposer nappes, enveloppes et boucles sonores est palpable chez Sarah Lipstate, a.k.a. Noveller. Avec son dernier album tout disponible chez Fire Records, A Pink Sunset For No One, elle assiège le blanc du silence et fait défiler neuf pièces comme autant de plans-séquences d’une humeur de l’instant. Structuré comme un moyen-métrage, avec son lot d’ambiances captées en 70 mm, le son panoramique et les émotions intensifiées, le déploiement du disque précise à lui seul que Noveller est également à l’œuvre du côté du cinéma : c’est la musique faite image. Et le courant électrique concrétisé, éveillé à la force de la musique contemporaine ; Rituals rend hommage à Steve Reich et au fondateur Music For 18 Musicians.

Les longues plages instrumentales, propices aux entrelacs à six cordes, électrifient les harmonies et les énergies. Le format est moins inhabituel que la conception. A Pink Sunset For No One s’envisage comme une exploration étagée de l’intimité de l’instrument et l’expérimentation de ses possibles sans quitter le giron rassurant de la mélodie. Jeux de guitare pas vilains, avec les mains mais sans bagarre. Noveller délimite les contours d’une musique d’ambiance pas loin d’être abrasive, la superposition gracieuse et le larsen tapi dans l’ombre, prêt à jaillir à tout instant. Si les acouphènes pouvaient être agréables, ils seraient ici en ébullition, accompagnés d’un effet atmosphérique, et le résultat est planant. Belle chambre d’échos que celle installée ici par Sarah Lipstate, loin de perdre les pédales.

Audio

Tracklist

Noveller – A Pink Sunset For No One (Fire Records, 10 février 2017)

01. Deep Shelter
02. Rituals
03. A Pink Sunset For No One
04. Lone Victory Tonight
05. Trails and Trials
06. Another Dark Hour
07. Corridors
08. The Unveiling
09. Emergence

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Kadhja Bonet http://www.hartzine.com/kadhja-bonet/ http://www.hartzine.com/kadhja-bonet/#respond Thu, 09 Feb 2017 14:00:07 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54283

L’automne dernier, Kadhja Bonet sortait un teaser de son premier album à venir le titre Honeycomb – une pure merveille […]

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L’automne dernier, Kadhja Bonet sortait un teaser de son premier album à venir le titre Honeycomb – une pure merveille soul/R&B aux arrangements élégants et à la voix de velours, aérienne et sublime. Il ne nous en fallait pas plus pour tomber in love. Originaire de Californie, Kadhja, bercée à la musique classique par un père chanteur d’opéra, s’est mise à composer sur le tard. Dès ses premières compositions, on retrouve cette ambiance voluptueuse sublimée par des arrangements de cordes et des touches folk délicates. Son premier album, The Visitor, sorti via Fat Possum en collaboration avec Fresh Selects est disponible depuis peu en physique et digital : huit titres que Kadhja a entièrement écrits, composés et produits. Huit titres qui, si l’on devait les labelliser, se rapprocheraient d’un mélange de pop/soul de chambre aux accents folk et psyché. Huit titres qui, au final, vous plonge dans une bulle intemporelle, harmonieuse et irréelle. Pour percer le secret Kadhja, nous lui avons proposé notre petite interview Out Of The Blue, découvrez ci-dessous ses réponses ainsi que son brillant essai sur « le passage à l’âge adulte de l’Amérique ». À noter que Kadhja Bonet sera en concert à Paris à la Boule Noire le premier mars prochain – be there !

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Je viens du bord des sourires en coin – un univers parallèle d’où tu te réveilles chaque matin lorsque tu cherches à pêcher un rêve et à en attraper un.

I come from the corners of half smiles – the parallel universe you almost wake up in every morning that you fish for a dream and catch one.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

J’espère que je me dirige vers la source d’énergie de ma propre électricité interne, mais je ne le saurai pas tant que je ne l’aurai pas atteinte.

I hope I am headed toward the power source of my internal electricity, but I really won’t know unless I reach it.

Pourquoi la musique ?
Why music?

La musique est une chance unique d’apprendre quelque chose de votre subconscient. À chaque fois que tu te lances dans un processus de création, tu touches du bout des doigts un petit bout de la force créatrice universelle.

Music is a chance to learn something from your subconscious. Any time you venture into creation, you touch the tip of a hair from the head of the universal, ultimate creating force.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Si la musique n’était pas pour moi, dans ce cas-là je crois que je me serais dirigée vers l’astrophysique, ou devenir moine. Je crois que ces trois routes se dirigent dans la même direction.

And if music wasn’t my thing I think I’d either have gone toward astro physics or become a monk. I think all three of those routes head in the same direction.

Une épiphanie personelle ?
An epiphany of yours?

J’ai un jour découvert comment tomber amoureux de tous ceux et ce que je croisais. Cela implique de maintenir un niveau de confiance difficile à conserver en réalité mais aussi une compréhension profonde de la chance que nous avons d’être mortels : nous pouvons connaître des changements à l’infini, découvrir l’amour sous un nombre de formes illimitées, issues de l’évolution de nos particules depuis des milliers d’années.

I once discovered how to fall in love with everyone and everything I came across. It involves a kind of confidence I found impossible to maintain. A self assured knowledge that mortality is a gift we are lucky to have – so that we may experience unlimited change and unlimited forms of love over the many eons our particles have been shifting around.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Quand j’ai simplement cessé de m’intéresser à ce que pensait quiconque de ce que je faisais, disais, portais ou créais.

When I completely stopped caring what anyone thought of anything I did, said, wore or made.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Les gens m’effraient depuis quelques temps, j’en suis devenue presque narcissique et introvertie, à travers ma pratique de la musique, comme s’il s’agissait avant tout d’une passion de se découvrir soi-même.

I have become afraid of people, narcissistic and introverted, through my passion of music, as it is a passion of self discovery.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Oui bien sûr, tant que tu continues à avoir la même attention et les mêmes principes utilisés dans l’art pour tous les détails de la vie, pour chacun des choix de ton existence. Aussi longtemps que tu continues d’observer et d’apprendre, artistiquement tu ne mourras jamais, en fait, il n’y a pas de mort. Juste une évolution.

Yes, as long as you take the same care and principles you use in art into the small details of your choices and existence. As long as you keep observing and learning, artistically you won’t die, actually, there is no death. Only transformation.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

J’essaie de m’accorder quelques minutes rien qu’à moi, pour m’échauffer et me mettre dans l’ambiance. Boire du thé, aller aux toilettes un millier de fois et essayer de me calmer au maximum.

I try to have a few minutes completely to myself, to warm up and set intentions. Drink tea, go to the bathroom a thousand times and try to calm my nerves.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

J’aimerais travailler avec le réalisateur de Divines, Houda Benyamina.

I’d like to work with the director of Divines, Uda Benyamina.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Aucune idée. J’imagine que je le saurais quand j’y serais. :)

I have no idea. I imagine I will know when I get there :)

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Personne ne sait mieux que toi ce qui compte, en réalité. Ne les écoute pas. Forge-toi tes propres opinions, écoute-toi et ne doute pas de tout ce qui vient dans l’endroit le plus sincère en toi. Comme tous les animaux, nous sommes nés avec une certaine forme de sagesse. Le seul souci, c’est que les adultes vont essayer de prendre chez toi ce qu’eux-mêmes ont déjà oublié. Donc accroche-toi.

Nobody actually knows more than you do about anything that matters. So don’t listen to them. Form your own opinions, listen to yourself and don’t doubt anything that comes from a sincere place inside you. Just like any other animal we are born with a certain miraculous wisdom. The only problem is adults will try and take from you what they’ve already forgotten. So hold on tight.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

J’espère avoir des enfants qui me feront redécouvrir la magie qui nous entoure, avoir le temps de planter des légumes ou de fabriquer des pulls moches. J’espère qu’il y aura de l’eau potable pour tout le monde dans trente ans.

I hope I have grown kids that remind me of everything magic, that I have time to plant vegetables and make ugly sweaters. I hope there is clean water for everyone in 30 years.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Si je le savais, je crois que j’en aurais terminé avec ça.

If I knew that I would be done.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Mon plaisir couple : le chocolat noir. Je ne peux rien faire sans.

Guilty pleasure is dark chocolate. Can’t be without it.

Photo : Sinziana Velicescu

Vidéo

Exclusivité : la short list de Kadhja Bonet des trucs super cool pour l’entrée dans l’âge adulte

ON FAIT LA FÊTE POUR CÉLÉBRER LE FAIT QUE L’AMÉRIQUE SOIT MAJEURE
et tu n’es pas invité.
même si cette fête va déterminer ton futur.

Alors que la poussière retombe sur l’une des élections américaines les plus singulières de l’Histoire, certaines questions subsistent concernant l’avenir de notre pays. Cet état de confusion, ce moment de gêne profond, cette haine et cette fièvre aphteuse mal dirigées me rappellent profondément cet horrible sentiment de la post-adolescence, quand on s’aventure en dehors du cocon familial, que l’on cherche aveuglément une once de sécurité émotionnelle, physique ou métaphysique. On se convainc nous-mêmes que les erreurs que nous faisons durant cette période sont faites dans notre intérêt, bien que la plupart du temps on n’y ait pas pensé tant que ça. Le résultat peut être inattendu, embarrassant ou même tragique si on n’y prend pas garde.

Bien sûr, ça n’est pas le premier rodéo de ce genre pour les États-Unis. Ce pays est né d’un génocide et de l’asservissement, a subi de longues générations de discrimination et de violence institutionnalisées, pour finir par désigner un gouvernement dont l’unique but est de minimiser le pouvoir du peuple. Appeler ça une enfance mouvementée serait en sous-estimer la gravité. Mais si le mouvement pour les droits civiques marque l’entrée dans la puberté des Etats-Unis, son entrée dans la recherche d’une liberté et d’une justice pour tous, ce qui suit aujourd’hui n’est que la désillusion d’une entrée dans l’âge adulte, caractérisée par de l’arrogance et un comportement résolument irresponsable. Hey, j’ai une info pour toi, les Etats-Unis : t’as pas fini d’en baver. Tu es toujours un enfant égocentrique et insouciant.

Je pense sincèrement que nous avons le potentiel pour nous hisser au niveau du standard de moralité que nous prétendons avoir, mais nous ne l’atteindrons pas sans passer par les temps difficiles qui arrivent, sans avoir à gérer les conséquences des erreurs et malchances de nos ancêtres. Les défis que nous avons relevés et que nous avons nous-mêmes générés doivent être identifiés et imputés à qui de droit avant la véritable évolution positive. Plus encore, on peut dire que le rétropédalage social que nous constatons aux Etats-Unis ne nous est pas propre mais est la conséquence d’un système international de résurgence de la xénophobie, de l’homophobie et d’une rhétorique anti-femme – un soulèvement dangereux contre le progrès social se profile. L’Humanité ressent la même peur, la même vulnérabilité que Molly Ringwald dans… hé bien tous les films de Molly Ringwald, remplis de désillusions, d’interrogations inutiles, l’empêchant elle-même d’atteindre la grandeur. Cette résistance précaire envers un progrès pacifique, socialement, financièrement et sur l’aspect environnemental, tout cela me rappelle combien nous sommes jeunes en tant qu’espèce vivante, dans l’insécurité de la route que nous empruntons, nous demandant si l’auto-destruction est une route plus sûre que la réussite.

Après s’être rebellés contre les directives imposées par Mère Nature, notre propre survie est en balance. Choisir nos besoins immédiats en dépit de ce dont nous et notre communauté avons réellement besoin sur le long terme, c’est comme si on avait, je ne sais pas, genre seize ans. Et lorsque tout ce paysage se transformera en une effrayante mosaïque, nous allons avoir besoin de laisser tomber l’ambivalence et de faire des choix difficiles, le plus tôt sera le mieux. Nous pouvons nous excuser, modifier notre propre égoïsme, nos manières de faire et revenir plus proche de Mère Nature, ou nous pouvons nous prouver à nous-mêmes que nous sommes capables d’adapter notre vision des choses, pour notre bien et celui de notre communauté, et cesser de jouer avec le feu…

En gardant ça à l’esprit, et pour célébrer les seize ans et demi des Etats-Unis, je voudrais vous inviter à la fête de célébration de cette entrée dans l’âge adulte. On va devoir entrer par la porte de derrière, mais vous y trouverez un large choix de boissons absolument pas du tout attirantes que vous allez devoir boire, au milieu d’un groupe de gens effrayés, gênants, perdus et à moitié fous avec lesquels vous n’avez pas vraiment d’atomes crochus – certains vont même tenter de vous faire sentir que vous êtes bien sûr largement moins bien que ce que vous êtes en réalité. Face à eux et à nos propres attentes démesurées, que l’on s’inflige à nous-mêmes ou qui nous sont socialement imposées, tentons de rester dignes et tenaces avec ce qu’il faut pour traverser cette phase d’adolescence, pour devenir les adultes réfléchis et ouverts que nous sommes censés être.

Je ne dis pas qu’une fois que nous aurons passé cette période difficile nous descendrons faire la fête dans la rue pour toujours, mais je pense que nous serons parés pour affronter les nouveaux défis qui se présenteront, armés d’une maturité sociale et d’une conscience profonde que nous pourrons transmettre à nos enfants. Et comment atteindre un nouveau consensus social et politique ? Hé bien je n’ai pas la réponse malheureusement mais je sais que tout doit commencer et se terminer grâce à l’art.

L’art est utile dans bien des cas. Il peut nous montrer le chemin parcouru tout autant que celui que nous devons encore emprunter. Il peut nous réconforter et atténuer ce sentiment de solitude permanent. Il peut enrichir notre esprit et allumer un feu qui va nous inspirer, nous guider, pour aimer plus encore et réaliser plus de choses. L’art nous connecte les uns aux autres. Il nous rappelle que peu importe nos différences, nous sommes tous profondément identiques, et qu’aider les autres c’est nous aider un peu aussi. Il peut ranimer le désir en nous qui aurait disparu à cause de nos vies de tous les jours, ce désir que nous avons de préserver le bien-être des générations futures, pour la survie de notre espèce, afin de conserver l’équilibre avec les cycles naturels qui nous protègent.

Dans cette période déroutante, je me suis plongée de nouveau dans ma liste de films parfaits pour le passage à l’âge adulte, tout à fait appropriés pour ce genre de situation. Etats-Unis, Humanité – on peut s’en inspirer, non ?

J’ai essayé d’éviter les grosses évidences qui méritent néanmoins vraiment le détour aussi – Le Lauréat, Stand By Me, Il était une fois dans le Bronx, etc. J’ai aussi essayé d’éviter les films englués dans une romance trop mielleuse mais vous trouverez un mélange de genres et d’univers, tous prêts à entrer dans le vôtre. Donc je vous présente, et sans ordre particulier :

Submarine (2010). Ecrit et réalisé par Richard Ayoade.
Incroyablement drôle et intelligent. Une lycéene galloise tente de sauver le mariage de ses parents mais finit par perdre sa virginité.

Theeb (2014). Réalisé par Naji Abu Nowar, écrit par Naji et Bassel Ghandour.
Une superbe photographie, un jeune bédouin risque tout pour suivre son frère aîné dans un voyage sur la route de la Mecque.

Mustang (2015). Réalisé par Deniz Gamze Ergüven, écrit par Deniz et Alice Winocour.
5 jeunes soeurs turques se battent contre le mariage et réaffirment leur profond goût pour l’indépendance.

Drunken Master (1978). Réalisé par Yuen Woo-ping, écrit par Yuen, Ng see-yuen et Lung Hsiao.
Personne ne pouvait s’impliquer comme Jackie Chan dans ce rôle, où on le voit débuter le film comme un sale con immature et prétentieux et, durant son initiation, apprendre la discipline et maîtriser une partie de sa nature féminine pour sauver son père et lui-même.

Boy (2010). Écrit et réalisé par Taika Waititi.
Vraiment séduisant, touchant, absolument drôle. Une dose de sentiments bien équilibrée. Les problèmes d’un père et pas mal de moments très gênants.

The Wiz (1978). Réalisé par Sidney Lumet, adaptation musicale écrite par William F. Brown à partir du classique Le Magicien d’Oz.
Diana Ross, Michael Jackson, Richard Pryor, le casting de ce film est dingue et je pleure à chaque fois que je vois Diana Ross chanter Home.

Le Voyage de Chihiro (2001). Ecrit et réalisé par Hayao Miyazaki.
Le film le plus rentable de l’histoire du Japon – et on comprend pourquoi. Chihiro, enfermée dans le monde des esprits, va devoir apprendre la valeur du courage bien plus tôt que n’importe quel autre enfant.

Fish And Chips (1999). Réalisé par Damien O’Donnell, écrit par Ayub Khan Din.
Une très grande famille bi-culturelle, pakistanaise installée en Angleterre, doit faire face à de nombreux défis imposés par un clash culturel.

Gilbert Grape (1993). Réalisé par Lasse Hallstrom, écrit par Peter Hedges.
Un jeune Johnny Depp se bat pour trouver un équilibre entre ses besoins et ceux de sa famille.

Phoenix Arizona (1998). Réalisé par Chris Eyre, écrit par Sherman Alexie.
Sherman Alexie est un maître. La relation entre les personnages principaux Victor et Thomas va devenir très compliquée et mettre votre coeur à rude épreuve dans leur tentative de récupérer les cendres du père de Victor, décédé.

Divines (2016). Réalisé par Houda Benyamina.
Sûrement le meilleur film que j’ai vu ces dernières années, une excellente alchimie entre les acteurs et un niveau de jeu dingue. Les deux personnages principaux ont un charisme incroyable. Une histoire prenante qui mérite que l’on pleure à cause d’elle.

IT’S AMERICA’S COMING-OF-AGE PARTY
and you’re not invited.
even though this party will determine your future.

As the dust settles from one of the most peculiar American elections in history, some questions remain about the direction our future is to take. This state of confusion, of awkward social misunderstandings, of a ubiquitous foot-in-mouth disease and mis-directed angst reminds me viscerally of that awful feeling of prolonged adolescence, when we ventured out of our mother’s nest, and blindly groped for a semblance of emotional, physical or metaphysical security. We convince ourselves that the mis-steps and back-slips we make during this time are in our best interest, although we often haven’t often completed the train of thought. The results can be unfortunate, embarrassing, even tragic without caution.

Now, this is far from America’s first rodeo of course. After all, America was born from genocide and enslavement, endured generations of well rehearsed discrimination, institutionalized violence, and designed a government meant to minimize the power of the people; calling it a rocky childhood would be a vast understatement. But if the civil rights movement marks America’s puberty, it’s first steps toward blossoming into it’s own expectations of freedom and justice, what follows is the delusion of adulthood characterized by arrogant, entitled and irresponsible behavior. News flash America, you haven’t arrived yet. You are still a selfish, reckless child.

I do believe we have the potential to become the moral standard we’ve always been told we are, but that we won’t reach that standard without rising to the struggle that is to follow, without dealing with the syndromes inherited from our ancestors mistakes or misfortunes. The challenges we’ve passed down and created for ourselves demand recognition and ownership before true transformation can occur.

Furthermore, it could be said that the social back pedaling we’e seen in U.S. politics is not unique to us, but a symptom of a global resurgence of xenophobic, homophobic, and female-phobic rhetoric – a rebellious, and dangerous lashing out against the social progress on the horizon. The human body has the same scared, vulnerable and predictable psyche as Molly Ringwald in – well, any Molly Ringwald film – full of cloudy delusions and pointless preoccupations, holding herself back from greatness. The precarious resistance to peaceful progress, socially, fiscally and environmentally reminds me of how relatively fresh we are as a species, unsure of where we can even take ourselves, pondering if our self destruction is a safer route than achievement.

Having rebelled against the eco-guidelines mother nature ordained, our very survival is in jeopardy. Choosing our immediate wants over the long term needs of ourselves and our communities feels very, oh, I don’t know, 16, and as the fan splatters the shit into a terrifying mosaic, we’re going to have to drop the ambivalence and make the hard choices, and sooner rather than later. We can apologize and rectify our selfishness, our inconsiderate oblivious manners and return to mother nature’s straight and narrow, or prove to ourselves that we can make our non-traditional agenda work for ourselves and community, and stop taking gambles on what we can get away with…

So with that in mind, and in celebration of USA reaching it’s 16th and a half birthday – I’d like to invite you to crash America’s Coming-of-Age-Party with me. We will have to enter from the back, but here you will find an array of unappealing beverages that will be difficult to evade, the cherished and trashed household remains of the host’s parents, and an unwelcoming, exceptionally awkward gathering of misguided, insecure tittie-crazed people you really won’t fit in with – some of whom will try as hard as they can to make you feel like you’re much less than you are. As we face them and our self inflicted or socially imposed expectations, let’s approach with the tenacity it took to survive adolescence and become the thoughtful, open-hearted adults we meant to be.

Now I’m not saying that once we push through this era there will be dancing in the streets forever more, but I do think we will be better equipped to face new challenges, having acquired a social maturity and conscience inheritable by our children. And how do we reach a new social and political benchmark? Well, I don’t have all those answers for you, but I do know that it starts, and ends, with art.

Art serves so many purposes. It can show us how far we’ve come, or how much further there is to go. It can comfort us and reduce our chronic sense of loneliness. It can enrich our spirits and spark a contagious radiance in us that inspires us to love harder or achieve more. But at it’s best, it connects us. It reminds us that no matter how different our circumstances, we are all profoundly similar, and that helping each other is helping ourselves. It can remind us of the innate desire in us that has gone unaccounted for in modern living; the desire in us to preserve the well being of the next generation, so that our species can survive and assert it’s intention to stay, in balance, with the natural cycles that protect us.

In these bemused times, I find a revisitation of my favorite coming-of-age films particularly appropriate. USA, and Human Body – let’s remember how coming-of-age is done, shall we?

I tried to avoid the usual suspects, but most of those are worth a watch too – The Graduate, Stand by Me, A Bronx Tale, etc. I’ve also tried to exclude coming-of-age films that are too entangled in a romance, but otherwise you will find a diverse meld of other genres and landscapes, all about coming into your own. So, I present to you, and in no particular order:

Submarine (2010). Written and directed by Richard Ayoade.
Incredibly smart and funny. A Welsh high school student attempts to save his parents’ marriage, and lose his virginity.

Theeb (2014). Directed by Naji Abu Nowar, written by Naji and Bassel Ghandour.
Beautifully photographed, a young Beduin boy risks everything to follow his older brother on a journey.

Mustang (2015). Directed by Deniz Gamze Ergüven, written by Deniz and Alice Winocour.
5 Turkish teenage sisters resist marriage, and relish drops of independence.

Drunken Master (1978). Directed by Yuen Woo-ping, written by Yuen, Ng see-yuen and Lung Hsiao.
No one commits like Jackie Chan, who starts this film as an immature, cocky, sexist prick, and, in his own way learns to tap into his discipline and feminine nature to save his father and himself.

Boy (2010). Written and directed by Taika Waititi.
So charming, cringe worthy, touching, hilarious. Well rounded feels. Daddy issues and awkward moments galore.

The Wiz (1978). Directed by Sidney Lumet, musical adaptation written by William F. Brown of from the classic Wizard Of Oz.
Diana Ross, Michael jackson, Richard Pryor, the cast is immense and I cry like a baby every time Ms. Ross sings Home.

Spirited Away (2001). Written and directed by Hayao Miyazaki.
This is the highest grossing Japanese film of all time – and with good reason. Chihiro, trapped in the spirit dimension, has to learn the value of courage sooner than anyone would like to.

East Is East (1999). Directed by Damien O’Donnell, written by Ayub Khan Din.
A big, bi-racial family faces the challenges of growing up with culture clash.

What’s Eating Gilbert Grape (1993). Directed by Lasse Hallstrom, written by Peter Hedges.
young Johnny Depp struggles to balance his own needs with his families.

Smoke Signals (1998). Directed by Chris Eyre, written by Sherman Alexie.
Sherman Alexie is a master. The relationship between main characters Victor and Thomas will break and mend your heart a hundred times as they quest to recover Victor’s father.

Divines (2016). Directed by Uda Benyamina.
Easily the best, most believable acting and chemistry that I’ve seen in years. The two main characters have infectious charm. Heavy story, but worth the cry.

Audio

Tracklist

Kadhja Bonet – The Visitor (Fat Possum, 27 janvier 2017)

01. Intro – Earth Birth
02. Honeycomb
03. Fairweather Friend
04. The Visitor
05. Gramma Honey
06. Portrait Of Tracy
07. Nobody Other
08. Francisco

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Mike Wexler l’interview http://www.hartzine.com/mike-wexler-linterview/ http://www.hartzine.com/mike-wexler-linterview/#respond Wed, 08 Feb 2017 11:48:38 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54260

Syntropy est le nom du troisième effort de Mike Wexler qui était de passage en concert à Paris en décembre […]

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Syntropy est le nom du troisième effort de Mike Wexler qui était de passage en concert à Paris en décembre dernier. Et l’envoûtement aura une fois de plus eu lieu à l’Espace En Cours. L’occasion donc de présenter devant un public plus qu’attentif son dernier opus empreint de musique brésilienne – comme en témoigne sa mixtape plus bas – mais aussi d’americana et de folk british. L’élégance du picking, le murmure hypnotique et l’aisance technique live auront, sur la soixantaine de personnes présentes, un effet de communion à l’égrégore résonant.

Syntropy est un album aux savants arrangements – auxquels contribuent les fidèles Brent Cordero de Psychic Ills et Jordi Wheeler d’Amen Dunes – dans lequel congas et mellotron côtoient guitares et piano, dessinant un paysage serein et total : une folk métaphysique. Il est question d’entropie et de syntropie donc, mais aussi du temps qui passe et de l’Univers… le rapport au temps de son auteur est d’ailleurs assez élastique, l’album a été enregistré en 2013 (dans le Vermont, loin de la hype brooklynienne où il réside) et est sorti fin 2016, près de cinq ans après son précédent. On pense à Bert Jansch, à Nick Drake mais aussi, Brésil oblige, à Antônio Carlos Jobim.

Interview

Ton nouvel album s’appelle Syntropy, peux-tu nous parler du choix du titre et de sa signification ?
Your new record is called Syntropy, can you tell us about the choice of this title and its meaning?

Il y a quelques années, alors que je bossais sur ces morceaux, un ami à moi qui revenait d’Italie m’a envoyé un article sur des expérimentations qui étaient faites là-bas. Elles essayaient de prouver l’expérience précognitive des gens. Ils ont découvert qu’il y en avait beaucoup, parmi ceux qui participaient, qui semblaient réagir en avance (physiologiquement) à des images qu’on allait leur montrer. Syntropy était le titre de l’article et, pour une raison quelconque, il a juste déclenché un truc en moi et je savais que ce serait le nom du disque sur lequel j’avais travaillé. Il a une histoire, certaines personnes dans le monde des sciences l’ont défendu comme un terme pour décrire le processus qui permet à la vie d’exister malgré l’entropie, ce qui met très simplement en évidence la tendance des choses à se décomposer dans le temps et à se déplacer irréversiblement d’un état ordonné vers un plus grand désordre. Donc la syntropie serait quelque chose comme la « force de vie », une tendance à l’ordre, la complexité et la survie dans un univers où finalement les étoiles se consument et c’est fini. Le seul problème est que cette « force de vie » n’existe pas. La vie n’est pas l’opposé de l’entropie, c’est une partie d’elle, compatible avec elle. Mais j’aime le mot, le son, et il y a le sentiment qu’il devrait exister, même si nous ne pouvons le prouver. Et il y a d’autres ramifications pour moi aussi – sociales, métaphysiques -, toutes dérivées de cette idée imaginée. Pourquoi les êtres vivants se produisent-ils ? Pourquoi la matière s’organise-t-elle ainsi ? Et pourquoi, une fois qu’ils existent, veulent-ils généralement survivre et prendre des mesures évolutives et technologiques pour le faire ? Si nous ne pouvons pas trouver une cause fondamentale dans le passé, nous pourrions peut-être en rechercher une dans l’avenir.

A few years ago, while I was working on these songs, a friend of mine who had just been to Italy sent me an article about some experiments that were being done there, trying to prove that people experience precognition. They found there were many among those participating in the experiment who seemed to react in advance – physiologically – to images they were about to be shown. ‘Syntropy’ was the title of the article and for some reason it just lit up for me and I knew it was going to be the name of the record I had been working on. It has a history, some people in the science world championed it as a term to describe the process that allows for life to exist despite entropy, which very simply put is the tendency of things to break down in time and move irreversibly from an ordered state towards greater disorder. So syntropy would be something like the ‘life force’, a tendency towards order, complexity and survival in the face of a universe where eventually the stars burn out and it’s game over. The only problem is this ‘life force’ doesn’t exist. Life isn’t the opposite of entropy, it’s a part of it, consistent with it. But I like the word, the sound of it, and there’s the feeling that it should exist, even if we can’t find evidence that it does. And it has other ramifications for me as well – social, metaphysical – all derived from this imagined idea. Why do living things come about? Why does matter organize itself in this way? And why, once they exist, do they generally want to survive, and take evolutionary and technological steps to do so? If we can’t find a root cause in the past, maybe we could look for one in the future.

C’est ton troisième album, et le troisième sur un label différent (Amish Records, Mexican Summer, Three:four Records) , y a-t- il une raison à ces changements ?
It’s your third record and the third label you’re working with, is there a reason for changing labels?

Et bien, oui – différentes raisons. Je dirais que je suis très heureux d’avoir atterri là où je suis et préférerais ne plus bouger. Je préfère me concentrer sur le fait d’enregistrer.

Well, yeah – different reasons. I’ll say I’m very happy to have landed where I did, and would prefer not to move around anymore. I’d rather focus on making records.

Comment as-tu rencontré Gaëtan et Maxime de Three:four Records ?
How did you meet Gaëtan and Maxime from Three:four?

Maxime m’a écrit il y a des années quand il a entendu ma musique, me demandant si je voudrais venir à Paris et jouer. Nous nous sommes rendus compte que nous avions beaucoup d’intérêts en commun et sommes devenus amis en correspondant par mails, puis nous avons trainé ensemble au cours des années quand il venait à New York, ou plus rarement quand je venais en Europe. Curieusement, le concert de décembre à l’Espace En Cours, c’était la première fois que j’ai réussi à jouer via ali_fib, bien que nous en parlions depuis des années ! Ça valait vraiment la peine d’attendre.
J’ai rencontré Gaëtan et Three:four Records lorsque Maxime a fait sa première compilation, Err On The Good Side, à laquelle j’ai contribué d’une chanson. Des années plus tard, quand je cherchais un label pour Syntropy, Maxime a suggéré Gaëtan, et c’était logique. Je suis très reconnaissant aux deux.

Maxime wrote me years ago when he heard some music of mine, asking if I’d like to come to Paris and play. We realized we had a lot of interests in common and became friends corresponding on email and then hung out over the years when he would come to New York, or on the rare occasion I made it to Europe. Strangely the show I just played in December at Espace En Cours was the first time I managed to play something that he set up for me via ali_fib, although we’d been talking about it for years! It was worth the wait.
I came to know of Gaëtan and three:four when Maxime put together his first compilation, Err On The Good Side, to which I contributed a song. Years later, when I was looking for a home for Syntropy, Maxime suggested Gaëtan, and it made sense. I’m very grateful to both of them.

Lors de ton fantastique concert à Paris, tu as joué un nouveau morceau et dit qu’il sortirait probablement dans des années, quelle est ta relation au temps en terme de création et de parution ?
During your fantastic show in Paris, you played a new song and said that it will probably be released in years or so, what is your relation with time in terms of creation and releasing songs?

Les chansons peuvent me prendre de quelques mois à quelques années, et j’aime laisser les choses se produire dans leur propre temps. Mais au-delà du temps qu’il me faut pour écrire, ça semble invariablement prendre des années, à partir du début de l’enregistrement jusqu’à ce que le disque voit le jour, pour des raisons indépendantes de ma volonté. Donc, selon mon expérience, si je joue la chanson maintenant, elle sera probablement sur disque dans à peu près quatre ans. J’espère pouvoir inverser la tendance avec le prochain LP. Je suis déjà bien avancé dans la phase d’écriture – on verra.

Songs can take me anywhere from a few months to a few years, and I like to let things happen in their own time. But apart from how long it takes to write, it somehow invariably seems to take years from the start of recording to when the record sees the light of day, for reasons beyond my control. So going by my experience, if I’m playing the song now, it’ll probably make it onto a record in four years or so. I hope I can buck the trend with the next LP. I’m already well into the writing phase – we’ll see.

Il y a toujours dans tes disques des titres qui font référence à des termes étranges ou scientifiques comme The Engram, Glyph, Spectrum, Pneuma, Ecliptic… Peux-tu nous en dire davantage ?
There is always in your records, titles that refers to science or strange references such as The Engram, Glyph  Spectrum, Pneuma, Ecliptic… can you tell us a little about that?

En fait, ce n’est pas quelque chose que je recherche nécessairement, ça arrive surtout de la manière décrite un peu plus haut quant à la provenance du titre de ce disque ; un mot ou une phrase prend une sorte de charge. Cela peut être quelque chose que je trouve en lisant, ou quelque chose dont je me souviens soudainement, mais je ne sais pas où je l’ai entendue avant – et il ya quelque chose d’attirant dedans. Je chante une nouvelle mélodie sans mot et un mot que je ne connais pas me vient à l’esprit – il semble y appartenir. Je l’analyse et parfois il n’a pas de sens, parfois il a plus de sens que tout ce que j’aurais pu vouloir dire. Donc chaque fois que j’ai ce sentiment, j’essaie de voir où il mène. Souvent, c’est un mot comme ceux que tu as mentionnés, parfois non. La nouvelle chanson que j’ai jouée à Paris s’appelle After. Un mot familier peut soudain devenir étrange, comme quand tu dis un nom trop de fois d’affilé et qu’il fini par ne plus rien signifier, sauf que j’ai le sentiment qu’il signifie quelque chose de plus que ce que je pensais qu’il signifiait – il contient tout à coup cette possibilité. Je ne veux pas dire que c’est automatique et que je n’ai aucun contrôle conscient sur ce que j’écris, mais c’est plus comme une attraction entre ces deux aspects de l’esprit de l’écriture, un qui suggère et un qui forme.

Well it’s not something I necessarily set out to do, it just happens much in the way i described above with the title of this record. A word or phrase takes on a kind of charge. It can be something I come across reading, or something I remember suddenly but I don’t know where I’ve heard it before – and there’s something in it. I’m singing a new melody without words and a word I don’t know occurs to me – it seems to belong there. I look it up and sometimes it doesn’t make any sense, but sometimes it makes more sense than anything I could have intended. So whenever I have that feeling I try to see where it leads. Often it’s a word like the ones you mentioned, but sometimes not. The new song I played in Paris is called After. A familiar word can suddenly become strange, like when you say a name too many times in a row and it no longer means anything, except I have the feeling it means something more than what I had taken for granted that it meant – it suddenly contains this possibility. I don’t mean to suggest that it’s automatic and I don’t have any conscious control over what I write, but it’s more like a push and pull between these two sides of the writing mind, one that suggests and one that shapes.

Sur Syntropy, il y a différents instruments comme des congas, de la basse, du mellotron, de la batterie… et tu étais seul sur ta tournée européenne, n’est-ce pas ? Pourtant, on ne ressent pas de manque d’instrumentation en live, voire même le contraire. Quand tu écris, j’imagine que tu commences par la guitare et la voix et alors tu réfléchis à l’orchestration ou ce sont les personnes avec qui tu bosses qui te suggèrent les arrangements ? Peux-tu nous parler du procédé d’écriture et des personnes qui y sont impliquées ?
There is on your album different instruments like congas, bass, drums, mellotron… and you were by yourself playing shows in Europe, right? Yet, we don’t feel the lack of these instrumentations live at all almost the opposite. When you write, I guess you start with guitar and vocals and then think about the instrumentations or it’s the people you’re working with who suggests arrangements? Can you tell us about the writing process and the people you’re working with?

Oui, tu as raison, j’écris avec juste la guitare et la voix. Je dois y parvenir de façon suffisamment intéressante pour que je puisse jouer seul, et ça doit être, pour ainsi dire, structurellement du son. Mais tout de même, pendant que j’écris, je vais imaginer comment il sera enregistré, alors j’ai quand même une idée de l’arrangement pendant l’écriture. Tous ceux qui jouent sur le disque viennent avec leurs propres parties et chaque chanson a son propre processus. Parfois, ça s’approche de très près de ce que j’avais imaginé, parfois l’arrangement est comme un catalyseur chimique qui révèle quelque chose dans la chanson dont je n’avais même pas conscience. Mais tout ça, c’est grâce au groupe. Je me sens très chanceux d’avoir réuni tous ces musiciens parce que j’aime ce qu’ils font de leur côté, tous jouent dans beaucoup d’autres configurations et projets, mais je pense que quelque chose de cool se produit avec ce line up en particulier. C’est le deuxième enregistrement que j’ai réalisé avec les mêmes personnes à bord (Brent Cordero, Andy Macleod, Matt Marinelli, Ryan Sawyer, Jordi Wheeler) et d’autres contribuant ici et là.

Yes you’re right, I write with just guitar and voice. I have to get it to someplace interesting where I can still play it alone, and it has to be structurally sound, so to speak. But all the same while I’m writing I’m picturing how it will be on record, so I have some idea about the arrangement while it’s coming together. Everyone who plays on the record comes up with their own parts, and each song is its own process. Sometimes it ends up really close to how I imagined it, and sometimes the arrangement is like a chemical catalyst that reveals something in the song that I didn’t know was there. But that’s all thanks to the band. I feel very fortunate that I get to assemble these players together, because I love what they do on their own, and they all play in many other situations and projects, but I think something nice happens with this particular line up. So this is the second record I’ve made with basically the same people on board (Brent Cordero, Andy Macleod, Matt Marinelli, Ryan Sawyer, Jordi Wheeler) and a few others contributing here and there.

As-tu des projets parallèles, de différents styles et es-tu intéressé par la musique électronique ?
Do you have any side projects of different musical styles? Are you interested in electronic music and would you play some?

La musique électronique a toujours été très importante pour moi. Dans presque tous les enregistrements que j’ai fait, il y a des synthétiseurs analogiques et, même au-delà de ça, je pense que l’écoute de la musique électronique a affecté la façon dont je structure les chansons – les types de motifs rythmiques qui me plaisent, la répétition avec variation et comment je pourrais essayer d’intégrer le drone comme un élément structurel – beaucoup de tout ça vient de la musique électronique car elle a certaines tendances formelles qui sont différentes de la façon dont les musiciens viennent à penser lors de l’écriture pour les instruments traditionnels. Je pourrais penser à Cluster quand je travaille sur une partie de guitare, par exemple, ou Eliane Radigue quand je construis un arrangement. Même lorsque j’utilisais des cordes ici et là, j’avais à l’esprit des compositeurs comme les spectralistes, qui ont été influencés dans leur écriture pour cordes par des possibilités d’abord ouvertes par la technologie – l’analyse informatique du son enregistré, la notation pour des intervalles microtonaux très précis et le spectre des harmonies, etc. La musique électronique a éclairé certaines possibilités inexplorées des instruments de l’orchestre. Comment cela serait si tu transposais (à coup sûr, une version profane) cette palette sonore à un arrangement de chanson ? Le morceau Spectrum, sur Dispossession [son deuxième album, ndlr] parle de cela. Je n’ai pas tendance à me limiter dans mes écoutes – j’aime chercher des parallèles. Et quand je fais quelque chose, j’essaie de tirer et de trouver des choses que j’aime, même si différentes, un moyen de les faire vivre ensemble confortablement.

Electronic music has been really important to me. Almost all of the records I’ve made involve analog synthesizers, but even beyond this I think listening to electronic music has affected the way that I structure songs – the kinds of rhythmic patterns that appeal to me, repetition with variation, and how I might try to incorporate drone as a structural element – a lot of it comes from electronic music, because electronic music has some formal tendencies that are different from the way musicians tend to think when writing for traditional instruments. So I might be thinking about Cluster when I’m working on a guitar part, for example, or Eliane Radigue when I’m building up an arrangement. Even when I’ve used strings here and there, I had in mind composers like the Spectralists, who were influenced in their writing for strings by possibilities first opened up by technology – computer analysis of recorded sound, scoring for very precise microtonal intervals and the spectrum of overtones, etc. Electronic music shone a light on some unexplored possibilities of the instruments of the orchestra. I thought, what would it be like if you transposed (admittedly a layman’s version of) this sound palette to a song arrangement? Spectrum, from Dispossession, is all about this. I don’t tend to draw hard boundaries in my listening – I like to look for parallels. And so when I make something I try to draw from things that I like, however disparate, and find a way that they can live together comfortably.

Comment décrirais-tu ta musique à quelqu’un d’étranger à ton oeuvre ?
How would you describe your music to somebody who doesn’t know your work?

C’est quelque chose avec laquelle j’ai beaucoup lutté – c’est vraiment dur. Par souci de simplicité, j’ai l’habitude de dire que je suis un songwriter, bien sûr cela évoque immédiatement une image qui ne convient pas – quelqu’un avec un chapeau de cowboy ou un truc du genre. S’ils veulent en savoir plus, en général, je leur dis simplement mon nom pour qu’ils puissent me trouver et écouter.

This is something I’ve wrestled with a lot – it’s really hard. For simplicity’s sake I usually just say I’m a songwriter, but of course that immediately conjures an image that doesn’t quite fit – someone with a 10 gallon hat or something. If they want to know more, usually I just tell them my name so they can find me and listen.

Tu es un fantastique joueur de guitare, j’étais impressionné en concert de voir à quel point ta technique était parfaite et délicate, depuis combien de temps joues-tu et qu’est-ce qui t’as amené à jouer de la guitare ?
You’re a fantastic guitar player, I was amazed live to see how perfect your technique is and delicate, how long have you been playing and what got you into guitar?

J’ai commencé quand j’avais quatorze ans. La guitare était partout. Je connaissais beaucoup de gens qui jouaient et leurs identités étaient à l’époque tellement liées à la musique que je suis tombé dedans. Mais même à ce moment-là, c’est l’utiliser comme un moyen de création qui m’intéressait vraiment. Je n’ai jamais voulu être un dieu de la guitare, je n’ai jamais pris de leçons ou appris de solos. Ce que j’ai fait, c’est que j’ai chopé un quatre pistes et j’ai commencé à écrire des choses en les assemblant avec d’autres parties que j’avais composées avant, j’y allais un peu à tâtons. J’ai fait quelques albums de cette façon, des trucs que je ne jouerais jamais pour personne. Et c’est toujours comme ça, plus ou moins. Je ne me vois pas vraiment comme un guitariste avant tout chose. J’aurais parfois préféré faire du piano à la place, parce que c’est un instrument plus intuitif et qui semble plus adapté à la façon dont je travaille, mais j’ai commencé avec la guitare donc je suis coincé avec. Je m’apprends à jouer les choses que j’écris, c’est une partie du procédé et peut-être la raison pour laquelle ça me prend autant de temps – je dois apprendre à jouer comme ça vient. Et oui, les parties de guitare sont devenues plus compliquées au fil des ans – je pense que cela vient de mes premiers critères, à savoir qu’il faut travailler et être intéressant avec une seule guitare et de la voix. Pour moi, une guitare est principalement un moyen de parvenir quelque part.

I started when I was around 14. Guitar was everywhere. I knew lots of people who played, and so much of one’s identity at the time was tied up with music, I just fell into it. But even then I was only really interested in using it as a means to make something. I never wanted to be a guitar god, never took lessons or learned solos. What I did was I got a four track and started writing things, building them up from parts i would come up with, just kind of feeling around in the dark. I made a few albums that way, stuff I’d never play for anyone. And that’s how it still is, more or less. I don’t really think of myself as a guitarist, first and foremost. I sometimes wish I played piano instead, because it’s a more intuitive instrument and seems better suited to the way I work, but I started with guitar so I just stuck with it. I teach myself to play the things I write, it’s part of the process and maybe part of the reason it takes me awhile – I have to learn to play as I go. And yes, the guitar parts have become more complicated over the years – I think it stems from my first criteria, that it has to work and be of interest with just guitar and voice. But a guitar for me is mainly the means to get somewhere.

Si je peux me permettre, tu avais l’air très timide et stressé par le concert, mais le public à Paris était très calme et totalement envoûté par ta performance, est-ce que tu aimes jouer en live et joues-tu parfois avec d’autres musiciens sur scène?
If I may, you seemed very shy and stressed by the gig, but the audience in Paris was very quiet and totally charmed by your performance, do you like playing live and do you sometime play with other musicians on stage?

Jouer en live, c’est cool – de mémoire récente, le concert de Paris a été l’un des meilleurs pour moi, et le public avait beaucoup à faire avec cela. Certes, je suis très sensible à l’énergie que je reçois des gens qui écoutent – s’ils sont ouverts et engagés, je vais jouer beaucoup mieux, malgré tout je marche toujours sur un fil entre l’adrénaline et l’anxiété. Avec ce que je fais maintenant, surtout quand je joue en solo, il n’y a pas grand chose derrière quoi se cacher. Ainsi, il peut y avoir beaucoup de pression – le sentiment que tu es sous un microscope et que tout est en jeu. Mais c’est ce qui en fait un incroyable plaisir quand tout se connecte ! À New York, j’ai beaucoup joué avec le groupe que tu entends sur le disque et ça apporte une toute autre dimension. Ça change la façon dont je joue, comment je me réfère à la musique, ça met en évidence d’autres aspects de ce que ça peut communiquer, ça lui donne une nouvelle forme et une nouvelle vie et, contrairement à moi, ils ne jouent jamais quoi que ce soit de la même manière deux fois.

Playing live is great – the Paris show was one of the best in recent memory for me, and the audience had a lot to do with that. Admittedly I’m very sensitive to the energy I’m getting from the people listening – if they’re open and engaged, I’m going to play much better, and regardless I always walk a thin line between adrenaline and anxiety. With what I’m doing now, especially when I play solo, there’s not much to hide behind. So it can be a lot of pressure – a feeling that you’re under a microscope and that everything is at stake. But that’s what makes it an incredible high when everything connects! In New York I’ve played a lot with the band you hear on the records, and that brings a whole other dimension to it. It changes how I play, how i relate to the music, highlights other aspects of what it can communicate, gives it a new form and a new life And unlike me, they never play anything the same way twice.

Photos : David Black

Mixtape

Au final, j’ai fait un mix de musique brésilienne parce que c’est ce que j’ai en tête en ce moment et aussi parce que c’était important pendant l’enregistrement de l’album, il y en a que j’ai découvert plus récemment.

I wound up making a mix of all Brazilian music, because that’s where my head is at right now. A lot of this was important to me while working on the record, some of it I discovered more recently.

01. MPB mix
02. Milton Nascimento – Idolatrada (excerpt)
03. Elis Regina – Oriente
04. Antônio Carlos Jobim – Bôto (Porpoise)
05. Olívia Byington & A Barca do Sol – Corra O Risco
06. Edu Lobo – Vento Bravo
07. Beto Guedes – Lumiar
08. Lô Borges – Homem Da Rua
09. Nelson Angelo & Joyce – Comunhão
10. João Gilberto – Undiú
11. Milton Nascimento – Pablo

Tracklist

Mike Wexler – Syntropy (Three:four Records, 14 octobre 2016)

01. Ayin
02. The Engram
03. Syntropy
04. Transfer
05. Circa
06. Anonym
07. Zoe
08. Halo
09. Cloud Housing
10. The Commons

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Anna – May (PREMIERE) http://www.hartzine.com/anna-may-premiere/ http://www.hartzine.com/anna-may-premiere/#respond Mon, 06 Feb 2017 16:31:20 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54246

En vrai, Anna s’appelle Martin. Martin Vidy, frérot de l’un des quatre de Volage, groupe qui, l’on s’en souvient, avait […]

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En vrai, Anna s’appelle Martin. Martin Vidy, frérot de l’un des quatre de Volage, groupe qui, l’on s’en souvient, avait si bien remué les âmes sensibles avec Coffee Dreamer, maxi qui s’était permis de remballer en beauté le bruit et fureur de leurs compositions précédentes. Un pied dedans un pied dehors, Anna s’emploie à conserver ce savoir-faire artisanal qui fait les belles heures de la sphère lo-fi tourangelle en y distillant néanmoins deux trois épis pleins de rêve bricolés avec naïveté et force rugosités expérimentales. Et c’est chouette comme tout. Rose comme le visuel de Maria Middtun qui illustre l’album, May décolle les mélodies sucrées (Twin) d’un emballage pop qui pique un peu quand même (Depression Medication Against God’s Mom Issues). Anna, psycho cop option porno (cf. SoundCloud), s’ouvre à une psychédélie un rien fantastique où les effets de distorsion s’appliquent à faire de la voix un outil à sottises, on pense par exemple à Connan Mockasin sur Legacy, les cordes restent plus premier degré. Mais à peine, selon le quart d’heure de folie de The Blue Noise. Enregistrement home made hasardeux sur cassette, May est bientôt disponible. Rendez-vous le 10 février chez Howlin’ Banana Records et Un Je Ne Sais Quoi.

Audio (PREMIERE)

Tracklist

Anna – May (Howlin’ Banana Records / Un Je Ne Sais Quoi, 10 février 2017)

01. Pavement
02. The Blue Noise
03. Legacy
04. Twin
05. Christmas Song
06. Depression Medication Against God’s Mom Issues
07. I’m From May
08. Criticism
09. Ultra Pop
10. Friends

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Gryphon Rue http://www.hartzine.com/gryphon-rue/ http://www.hartzine.com/gryphon-rue/#respond Fri, 03 Feb 2017 20:41:27 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54237

Il y a quelque mois, notre Joakim national exilé à NYC nous présentait un nouveau venu dans la famille Tigersushi […]

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Il y a quelque mois, notre Joakim national exilé à NYC nous présentait un nouveau venu dans la famille Tigersushi : Gryphon Rue. Un EP de deux titres, Google Portrait et Beethoven For Relaxation, accompagnés de deux vidéos, nous enfonçait dans l’univers arty et expérimental du jeune producteur américain. Curator actif sur la scène artistique contemporaine new-yorkaise mais aussi auteur-compositeur qui n’en est pas à son premier coup d’essai, Gryphon Rue, sous le pseudonyme de El Tryptophan, et accompagné par une vingtaine de collaborateurs, composait il y a une paire d’années, un premier album folk expérimental du nom de Guilt Vacation. Sorti à l’époque sur le label Wharf Cat Records, figurait déjà sur ce LP une mouture folk de Google Portrait avec la présence notable de Dean Wareham et de chœurs d’enfants plus ou moins dérangeant – donnant un ton expressionniste admirable à l’ensemble. La mise à jour du titre par Joakim offre une version beaucoup plus synthétique et beaucoup plus pop, lui donnant un côté presque sexy sans toutefois lui enlever son côté perturbant et provocateur. Découvrez un peu plus l’univers de Gryphon Rue ci-dessous grâce à notre interview Out Of The Blue et à sa mixtape Parity Mix. Enjoy !

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

D’un lieu amical. Je suis né à l’hôpital Saint-Luc de Manhattan et pesais 4,7 kg.

A friendly place. I was born 10 lbs., 6 oz at St. Luke’s hospital in Manhattan.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Je m’introduis telle une petite flamme blanche dans un fluide corporel secret. Je me dirige vers une nouvelle relation intime.

I’m headed like a little white flame into some private secretion. To a new relationship.

Pourquoi la musique ?
Why music?

Parce que la vibration, c’est mon truc.

Because vibration is my thing.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

J’aurais sans nul doute été expert en tours de passe-passe.

No doubt I would end up a sleight-of-hand man.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Hier soir, Emiloo chantait avec son laryngophone et je peaufinais un son sur mon Flanger A/DA de 1979 – j’ai entendu des tranches juteuses de melon occulter les pots sur la boite – c’était un plaisir pour les oreilles mais je l’ai perçu visuellement, telle une enveloppe moirée destinée à des documents fédéraux. Le trajet du signal se faisait sans problème, ce qui était pour le moins étrange vu que la voix d’Emiloo passait à travers une longue chaîne formée d’une succession d’appareils. J’avais des envies de triple dipper.

Last night Emiloo was singing with her throat contact mic and I was tweaking my A/DA 1979 flanger — I heard juicy melon slices eclipse the pots on my box — it was ear candy but I saw it visually, a moiré envelope for federal documents. Everything was working fine in the signal flow, which was pretty strange, because Emiloo’s voice was processed through a long chain of devices. I could triple dipper.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

J’ai été révélé à la suite d’un combat interminable avec des banquiers.

I broke through after a long struggle with bankers.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

J’ai beaucoup de mal à croire que les choses peuvent être abordées de façon littérale. Je trouve la littéralité suspecte car l’abstraction gouverne notre monde. Je m’attire parfois des ennuis avec les suzerains.

I have a hard time believing things can be taken literally. I’m suspicious of literalness, because abstraction reigns supreme. Sometimes I get in trouble with suzerains.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

J’ai vu « deathy death » et « after death » (la période où ont lieu les soldes), mais je n’ai jamais fait l’expérience d’une « artistic death ». En France, il y a une death tax (NDLR, des droits de succession). Dieu était une artiste, et certaines de ses créations étaient des tubes, certaines des d-sides, des e-sides – prenez les oreilles qui ne se ferment pas par exemple. Je peux fermer les yeux, pourquoi ne puis-je pas protéger mes oreilles ?

I have seen “deathy death” and “after death” (which is a time when sales are made), but I have never seen artistic death. In France, there is a death tax. God was an artist, some of her creations are “greatest hits”, some are d-sides, e-sides—take for example ears, which don’t close. I can shut my eyes, why can’t I protect my ears?

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

J’accorde ma 12 cordes pour qu’elle épelle « b-e-a-u-t-y-d-r-o-n-e-z ».

I tune my 12-string to spell “b-e-a-u-t-y-d-r-o-n-e-z”.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Emilie Loulou Weibel-Wray.

Emilie Loulou Weibel-Wray.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Faire de la méditation dans une retraite silencieuse à côté de Laurie Anderson.

Meditating at a silent retreat next to Laurie Anderson.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Prends soin de ton haleine.

Pay attention to your breath.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Une synthèse entre le bêlement d’un petit agneau et des pattes d’oies.

A synthesis of a bleating baby lamb with crows foot eyes.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Enfant, j’aimais le triceratops bleu et ses nageoires. Arthur Russell avait une affiche sur le mur de sa salle de bains avec la légende « dans les rythmes doux des fonds marins d’une barrière de corail, le Chirurgien Bleu montre ses couleurs oniriques ».

As a kid I loved the blue triceratops with his fins. Arthur Russell had a poster on his bathroom wall with the caption, “In the gentle undersea rhythms of a coral reef, the Blue Tang displays his dreamy colouration”.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Quand j’étais au pensionnat, je restais allongé sur le lit en écoutant Darkness On The Edge Of Town, Racing In The Street, Candy’s Room, et la compassion dont faisait preuve Bruce (NDLR, Springsteen) fut pour moi une révélation – il donnait une impression de sincérité à travers un nuage ironique de jeunesse, et une dose de masculinité, tel un beau-père aux mains calleuses qui vous apprendrait à manier le levier de vitesse dans sa Subaru remplie de gobelets de café écrasés.

When I was away at boarding school I’d lie in bed listening to Darkness On The Edge Of Town, Racing In The Street, Candy’s Room, and Bruce’s compassion was a revelation to me—he provided a sense of sincerity in an ironic cloud of youth, and a dose of masculinity, like a stepfather with callused hands who teaches you how to drive stick in his Subaru filled with crumpled paper coffee cups.

Photo : Arielle Berman
Traduction : S.L.H.

Écoute exclusive

Parity Mix est une drague de la conscience – un plan séquence de choses que j’ai écouté depuis l’élection : Mutant disco / Musique concrète / Raï / Chinese protest rock / Japanese artrock / American primitivism / Folk revivalism / Gospel / Post-punk / Avant-garde poetry / Arrival soundtrack / Dolly Parton remixes / Italian electronica.

Parity Mix is a consciousness dredge – a shot sequence of things I’ve been listening to since the election: Mutant disco/Musique concrète/Raï/Chinese protest rock/Japanese artrock/American primitivism/Folk revivalism/Gospel/Post-punk/Avant-garde poetry/Arrival soundtrack/Dolly Parton remixes/Italian electronica.

Audio

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Disco’s Out… Murder’s In! – Entretien avec Heath Mattioli et David Spacone http://www.hartzine.com/discos-out-murders-in/ http://www.hartzine.com/discos-out-murders-in/#respond Wed, 01 Feb 2017 16:36:03 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54212

Si comme moi vous vous intéressez au punk, à Satan, aux comportements déviants et aux cultures en marge de manière […]

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Si comme moi vous vous intéressez au punk, à Satan, aux comportements déviants et aux cultures en marge de manière générale, il y a de fortes chances pour que vous soyez familier avec la maison d’édition américaine Feral House. Un peu avant les fêtes je me baladais sur leur site dans l’idée de m’acheter le livre récemment sorti sur l’étrange cas de Craig Smith / Maitreya Kali, lorsque je suis tombé sur une couverture illustrée par Raymond Pettibon. Le titre de l’ouvrage en question : Disco’s OutMurder’s In!, son sous-titre : l’histoire vraie de frank the shank et du gang punk rock le plus meurtrier de Los Angeles.
Ayant grandi dans la scène punk hardcore hexagonale de la fin des années 90, début 2000 (j’ai d’ailleurs écrit un article à ce sujet l’année dernière) et ayant lu à peu près tous les livres valables documentant le mouvement, je pensais naïvement savoir plus ou moins tout ce qu’il y avait à savoir sur la tumultueuse et sinueuse histoire de la culture punk.
Pour moi, de manière générale, le punk et le hardcore en particulier est synonyme de fun évidemment mais aussi d’ouverture d’esprit et de questionnement. Je ne vais pas vous faire la longue liste des sujets politico-sociaux régulièrement discutés dans la scène, mais ils étaient nombreux et parfois passionnants. Et même si l’ambiance mal éclairée des squats attirait parfois des profils de marginaux aux allures louches de Guy Georges, que l’on se souvient des atmosphères sur-protéinées et testostéronées des concerts du Kickback de l’époque, que l’on a assisté à de belles démos de KDS (karate dancing style pour les profanes), que les mosh pits abritaient parfois quelques sadiques et que des chiens désorientés par les décibels évoluaient au milieu du public, la scène était globalement bienveillante et accueillante, pas de sensation de danger imminent, la violence y était plutôt moquée voir totalement rejetée, bien contenue en tout cas. Alors évidemment il est impossible de faire une comparaison entre mon vécu et la scène du L.A. de la fin des années 70, début 80 tant il s’agit d’espaces-temps et de contextes totalement différents et lointains, mais les termes « gangs punk rock » et « meurtrier » m’ont interpellé. Comment ça des gangs, des meurtres ? J’avais du mal à comprendre, c’était en contradiction avec la mythologie à laquelle j’étais habitué. Ceci étant, Reagan venait d’être élu, l’ère Carter était jetée aux chiottes et les jeunes américains cramé par le soleil de la côte ouest vivaient dans l’idée qu’ils allaient faire les frais de la menace imminente d’une apocalypse nucléaire sur fond de guerre froide. En ajoutant à ça des foyers brisés et une montée des violences policières entre autres différents problèmes sociaux-économiques, on peut imaginer comment le punk et l’attitude de défiance qui allait avec était le terrain de jeu idéal pour toutes sortes d’envies nihilistes. De plus, si on a lu les écrits de Henri Rollins, Keith Morris ou d’autres ou encore des livres comme American Hardcore : A Tribal History de Steven Blush, on est au courant de la violence engendrée par des meutes de gamins hors de contrôle, on entend parler de cliques et du danger mais ça reste assez fragmentaire, vague. En d’autres termes, je n’étais pas prêt pour ce que propose ce livre : un récit glaçant d’une scène infestée par la violence aveugle de gangs où la mort guette à chaque tournant, une sorte d’Orange Mécanique sous le soleil de Los Angeles.
Encore sous le choc, et même si je me réveillais un an après la sortie du livre, je devais en savoir plus et c’est pourquoi j’ai contacté les auteurs, Heath Mattioli et David Spacone qui ont eu la gentillesse de prendre le temps de répondre à mes questions, car même si leur ouvrage ressemble au journal intime d’un dangereux psychopathe, il a le mérite de rappeler quelque chose de fondamental, si les musiciens font la musique, c’est bien le public qui créé une scène et invente un mouvement, une culture, pour le meilleur et pour le pire.

Crédits photos par Feral House

Avant de parler de Frank et du reste, parlons un peu de vous, quelle était votre expérience du Punk/HC étant gamins ?
Before talking about Frank and all the rest, let’s talk about you guys, what was your Punk/HC experience like as kids ?

Heath Mattioli : Mon expérience était périphérique, en marge. J’écoutais la musique et je lisais les fanzines religieusement mais je me tenais à une distance de sécurité.

Dave Spacone : Je n’allais pas aux concerts avant le début de 1984, lorsque j’ai enfin eu une voiture, et la scène était hyper craignos. Je n’ai donc vu qu’une poignée de concerts mais j’ai eu l’occasion d’assister à de la vraie destruction. Avant ça je collectionnais simplement la musique.

Heath Mattioli: My experience was periphery and sidelines. I listened to the music and read the fanzines religiously, but stayed a safe distance away.

Dave Spacone: I didn’t make shows until early 1984, when I finally got a car and the scene was sketchy as fuck. So I only made a small amount of shows, but saw some honest to goodness mayhem. Before then I just collected the music.

Vous connaissiez Frank à l’époque ?

Did you know Frank at the time ?

H : J’ai brièvement rencontré Frank à une soirée en 1984. Dès que j’ai appris que les LMP allaient être là je suis parti. Lui et son gang avaient déjà une dangereuse réputation.

D : J’étais proche avec ses acolytes moins meurtriers donc je le voyais de temps à autre mais je ne traînais pas avec lui, bien trop dur pour moi.

H: I met Frank briefly at a party in 1984. As soon as I found out LMP was going to be there, I left. He and his gang already had a dangerous rep.

D: I was close with his less deadly associates, so I saw him around, but didn’t hang with him — too heavy duty.

Lorsque je lisais votre livre le premier truc que je me suis dit est que si j’avais été là-bas à l’époque, je me serais probablement tenu éloigné des concerts de punk et que ma vie aurait certainement pris une autre tournure. C’était comme se prendre une gifle mais j’imagine que c’était l’intention ?

When i was reading your book the first thing I said to myself was that had I been over there at that time I probably would have stayed away from punk rock gigs and my life would have turned out quite differently. It felt like a slap in the face but I guess that was also the point right ?

H : C’était clairement un truc à part ici, dans l’ouest sauvage. Les Angelenos interprétaient le punk rock comme tout le reste, de manière agressive.

D : Tu aurais eu de la chance de t’en tirer simplement avec une gifle.

H: It was definitely its own animal out here in the Wild West. Angelenos interpreted punk rock much like they do everything else… aggressive.

D: You would’ve been lucky if you only came out of it with a slap in the face.
Dans la préface de Lexicon Devil : The fast times and short life of Darby Crash and the Germs, Adam Parfrey, après s’être fait agresser par une bande de meufs et de gars à un concert des Germs se souvient : « Ce n’était pas des expériences hors du commun dans le Punk Rock aux alentours de 78-79, un prix que j’étais prêt à payer pour me sentir connecté à une scène dans une époque autrement stérile culturellement ». Ce n’est qu’après avoir lu votre livre que j’ai réellement saisi le sens d’une telle phrase et ça m’a vraiment troublé parce que le Punk en tant que phénomène culturel ou genre musical a été très largement documenté et j’ai lu plein de livres sur le sujet, mais aucun ne raconte exactement ce qui se passait à L.A. à l’époque. OK, on sait que c’était dur et violent mais pas mortel à ce point, comme s’il s’agissait d’une sorte de tabou. Vous vouliez exposer le secret inavoué du hardcore ?

In the publisher’s notes for
Lexicon Devil : The fast times and short life of Darby Crash and the Germs, Adam Parfrey, after being jumped by a bunch of chicks and dudes at a Germs show recalls : « These were not unkown experiences in punk rock circa ’78-’79, a price I was very willing to pay for feeling connected to a scene in an otherwise culturally barren time and place ». It’s only after reading your book that I fully grasped the meaning of such a sentence and it really bugged me because Punk as a cultural phenomenon and music genre has been very widely documented and I read countless books on the subject but none really tells what exactly was going down in LA at the time. Like ok, we know it was tough and rough but not straight up lethal, like it’s some sort of taboo. Did you want to expose Hardcore’s dirty secret ?

D : Absolument, si tu voulais participer au mouvement hardcore c’est ce avec quoi il fallait composer. La réalité l’emporte sur la perception sympathique du musicien. Il était temps de remettre les pendules à l’heure sur ce qui inspirait la musique, c’était la vie dans la scène.

H : Nous avons grandi en entendant tellement d’histoires cinglées venant de punks des tranchées qui étaient vraiment là (Ils prétendent tous avoir été là… demande leur). Nous pensions qu’il était important de raconter l’histoire du point de vue des gamins qui achetaient leurs places de concerts, le point de vue dysfonctionnel. Ce n’est pas tant un secret mais la plupart de ceux qui peuvent raconter ces histoires sont morts, derrière les barreaux ou ont pris leur distances.

D: Absolutely, if you wanted to participate in Hardcore, it’s what you had to live with. The truth trumps the happy musician perspective (no pun intended). It was time to set the record straight with what was inspiring the music. That was life in the scene.

H: Growing up, we heard so many nutty stories from the trenches, from punks who were actually there. (Everybody claims they were there… just ask them.) We felt it was important to tell the kids, who bought the tickets, side of things—The dysfunctional side. It wasn’t that it was a secret, but most that could have told you these stories are dead, locked up or just completely removed.

Ça m’a fait ouvrir les yeux sur le fait que beaucoup d’acteurs de la scène, de musiciens, semblent ignorer ces faits ou du moins les romancer quand ils se souviennent du bon vieux temps. Le seul auquel je pense qui a admis sa part de responsabilité dans le problème est Jack Grisham dans son livre An American Demon. Pourquoi une vaste majorité d’artistes semble refuser ou minimiser leur implication dans tout ça ?

It’s an eye opener, it made me realize that a lot of the players in bands at the time seem to deliberatly turn the blind eye on these facts or at least romanticize them when they reflect on the good old days. The only one I can think of who aknowledges his involvement in the problem is Jack Grisham in his book An American Demon. Why do a vast majority of artists seem to refuse or minimize their part of responsability in this whole thing ?

H : Je ne peux pas parler pour les musiciens et ils n’étaient pas vraiment impliqués dans ce qui se passait dans les ruelles, les slam pits ou les parkings. Bien sûr, certains devaient savoir qu’ils aidaient à inciter ces esprits vulnérables, mais la plupart des musiciens étaient trop occupés à se défoncer et à baiser des meufs et n’avaient aucune chance de… à moins d’être Jack Grisham ou Mike Ness.

D : A vrai dire la plupart ne voient pas les choses ainsi, sur le fait qu’ils avaient une énorme influence sur toute cette folie. La culpabilité est une émotion délicate à négocier. Je ne sais pas si je pourrais assumer non plus.

H: I can’t speak for musicians and they weren’t really part of what was going on in the alleyways, slam pits and parking lots. Sure, some must have known they were helping to incite these vulnerable minds, but most musicians were too caught up getting loaded, and banging chicks, they would usually have zero chance at… unless you were Jack Grisham or Mike Ness.

D: Truth be told, most don’t see it that way, that they had a major hand in the madness. Guilt is a tricky emotion to negotiate. I don’t know I’d be able to cop to any of it either.

Je n’ai jamais cru au fait que des paroles et une musique violente fabriquaient un public violent, pour moi il s’agit d’exprimer sa frustration d’une manière cathartique, créative et libératrice mais Frank dit que ça l’a bien rendu violent et clairement, ces gamins vivaient les choses différemment, c’était personnel, si bien que j’ai du mal à croire que les groupes ne réalisaient pas qu’ils jetaient de l’huile sur le feu, peut-être même qu’ils s’en nourrissaient ?

I’ve never believed in the fact that violent lyrics or violent music make violent audiences, I think it’s just a cathartic way to express frustration through art in a creative and liberating fashion but then Frank says that it did make him violent and clearly, these kids lived it differently, it was personal so I find it hard to believe that bands genuinely didin’t realize they were pouring gasoline on the fire and maybe even feeding off it ?

D : J’ai du mal à y croire également et franchement, il semblerait que pas mal d’entre eux modifient leur histoire de nos jours. C’est peut-être une astuce pour rester dans le coup ou pour vendre leurs livres, après que nous ayons dévoilé le pot aux roses.

H : Encore une fois, je suis sûr que certains musiciens punk devaient savoir et peut-être aimer jouer le rôle d’engreneurs, mais la plupart ne sont pas si intelligents qu’on le pense. Je pense que la plupart des musiciens sont de simples vecteurs. Je ne veux pas apparaître comme quelqu’un qui déteste les musiciens, j’ai beaucoup d’amis musiciens… et pas mal d’entre eux sont plutôt intelligents.

D: I find it hard to believe, and quite frankly, seems that a number of them are changing their story these days. This could be a ploy to stay relevant, or sell their book, after the fact, of us letting the cat out of the bag.

H: Again, I’m sure some punk rock musicians must have known and actually enjoyed playing the pusher part, but most were not as bright as one would think. I feel most musicians are just conduits. I don’t want to come off as some kind of musician hater. I have many musician friends… and a lot of them are fairly intelligent.

A la fois, même si Frank dit que la musique a contribué à le rendre violent, on réalise que ce n’était pas tellement à propos des groupes mais plutôt des gamins, ils menaient la danse, comme le dit Frank « le punk rock était entre nos mains ». Les groupes se faisaient cracher dessus ou pire, et ce même si le public les aimaient, achetait leur merch et payait pour leurs places de concerts. Il y a ce moment dans le livre où Tony Cadena des Adolescents se fait jeter dans une poubelle et humilier par un membre des LMP, ils n’en avaient tout simplement rien à foutre donc j’imagine que ça a plus à voir avec un contexte global. Qu’est-ce qui a fait que ces gamins de L.A. étaient comme ça ? Qui étaient-ils ? Qui était Frank ?

But at the same time, even if Frank says that the music helped making him violent, you realize that it wasn’t so much about the bands it was more about the kids, they were running the show, like Frank says, « punk rock was in our hands », bands were spat at or worse even if the audience liked them, bought their shit and paid for their concert tickets. There’s this episode early in the book where Tony Cadena of The Adolescents gets stuffed in a trash can and humiliated by an LMP member, they just didn’t give a shit. So I guess it’s got more to do with a conjunction of factors and a global context. What made these L.A. kids the way they were ? Who were they ? Who was Frank ?

H : Ces gamins étaient les filles et les garçons d’à côté, en colère, maltraités et mal aimés. Ils ont trouvé un intérêt commun qui était de te faire goûter à un peu de ce que la vie leur avait donné. Le punk rock était la parfaite Bastille.

D : Le hardcore de L.A. avait un son beaucoup plus agressif associé à une urgence inégalée. Ça a donné naissance au slam pit et ce genre de comportement a naturellement débordé dans la vie de tous les jours, les gamins se sont juste laissés embarquer.

H: These kids were the angry, abused, loveless boys and girls next door. They found a common interest, which was, to give you a little taste of what they were given. Punk rock was the perfect bastille.

D: LA hardcore had a sound that was much more aggressive, along with an unmatched urgency. That spawned the slam pit, behavior there naturally
spilled over the side and into every day life. Kids just got caught up.

Il existe pas mal d’histoires assez folles qui ont été raconté dans des livres par des gens impliqués dans le mouvement hardcore, comme celles de Jon Joseph ou Harley Flanagan à New York par exemple, mais qu’est-ce qui fait que L.A. semblait être une planète à part ?

There are quite a few crazy stories that have been told in books by guys involved in the hardcore movement, like Jon Joseph’s or Haley Flanagan’s from NYC for exemple, but what is it with L.A. that makes it look like it was a planet of its own ?

D : L.A. est enracinée dans la culture de gang. Cette mentalité de panier de crabes s’est naturellement infiltrée et a infecté le punk rock. Le besoin de se protéger des conservateurs, des sportifs musclés, de la police et de l’autorité en général a également joué un rôle. C’était un gros barril de poudre.

H : La côte est avait clairement sa part de violence liée au hardcore mais pas au niveau de ce qu’il se passait ici. La côte ouest est infestée de gangs depuis les années 20. La guerre du punk rock était tout simplement un autre dérivé.

D: LA is rooted in gang culture. That king of the hill mentality naturally seeped in and infected punk rock. Protection from squares, jocks, police, and authority in general, played a part as well. The whole thing was a powder keg.

H: The East Coast definitely had its share of hardcore violence, but not to the levels of what was happening out here. The West Coast has been gang infested since the 1920s. Punk rock warfare was just another spinoff.

La culture cholo des gangs de L.A. devait être un gros facteur mais du point de vue d’un outsider c’est difficile d’imaginer des cholos et des punks bras dessus, bras dessous, comment c’est arrivé ?

The L.A. cholo gang culture had to be a big factor but from an outsider’s point of view it’s hard to imagine cholos and punks embracing each other, how did that happen ?

H : Ces jeunes punks ont grandi dans des quartiers historiquement ancrés dans les gangs mexicains/vato. Les cholos étaient curieux de ce qui se passait à Hollywood. Ils voyaient ce qui passait aux infos et entendaient ces rumeurs de comportements antisociaux et violents c’était donc une association naturelle. Ça s’est passé dans tout Los Angeles, des communautés de la plage jusque dans la vallée. Les ennuis marchent main dans la main.

D : Les deux sous-cultures avaient des uniformes et un style qui étaient une démonstration ostentatoire de dureté qui communiquait le danger. Ça a tout de suite établi une sorte de parenté qui a donné lieu à une relation unique, différente de ce qui ce passait ailleurs dans le pays et dans le monde pour le coup. Le style, aussi marrant que ça puisse paraître, a joué un rôle important.

H: These punk rock kids grew up in neighborhoods that had historically, entrenched Mexican/vato gangs. Cholos were curious about what was happening in Hollywood. They saw on the news and heard the rumors of antisocial, violent behavior, so was a natural fit. This happened all over Los Angeles, from the beach communities, to the valley. Trouble walks hand in hand.

D: Both subcultures, came with uniforms and looks that were outward displays of toughness that communicated danger. This established a mutual kinship right away that fostered a unique relationship unlike anywhere else in the country, or world for that matter. Style, funny enough, played a big part.

Suicidal Tendencies étaient un peu des emblêmes de ce mode de vie mais j’ai toujours trouvé qu’ils en faisait un peu trop pour être vraiment convaincants, le délire me semblait un peu mis en scène, même si Mike Muir avait une vraie street cred de Venice Beach avec son frère qui était un membre originel des Dogtown Boyz… mais bon, encore une fois, c’est un point de vue d’outsider. Au final (et même si Cyco Miko se fait droiter par un LMP) c’est mecs là, comme beaucoup d’autres, avaient bien un gang autour d’eux et malgré tout vous avez qualifié LMP de « gang le plus mortel de L.A. ». J’imagine que cette attestation n’a pas été faite à la légère et pensez-vous que beaucoup des personnes qui savent ont une autre opinion ?

Suicidal Tendencies were posterboys for that lifestyle but I always thought they were a bit too much to be for real, the thing felt staged in a way even though Mike Muir had some solid Venice street cred his brother being a Dogtown original and all, but again, that’s from an outsider’s point of view. But it turns out (even though Cyco Miko got punched in the mouth by some LMP soldier) that these guys did have a gang around them like many, many others and still, you labelled LMP « L.A.’s deadliest punk rock gang ». I’m sure this statement wasn’t made lightly and do you think many people in the know would disagree ?

H : Laisse moi te poser cette question : quel gangster va dire que son gang était le deuxième meilleur ? les vrais gangsters ne respectent que les vrais gangsters, mentalité de panier de crabes de base. Suicidal avaient quelques tarés, LADS avaient les leurs, Circle One et LMP avaient insolemment máslocos.

D : Les gens qui savent peuvent ne pas être d’accord. Chacun a le droit d’avoir sa propre opinion en revanche, on ne choisit pas ses faits. Quand leurs livres sortiront, maintenant que nous avons ouvert les vannes, on pourra disséquer tout ça un peu plus.

H: Let me ask you this… what gangster is gonna claim his gang was second best? Real gangsters only respect real gangsters—basic crab mentality. Suicidal had some maniacs, LADS had theirs, Circle One and LMP defiantly had más locos.

D: People in the know can always disagree. Everyone is entitled to their own opinion, but not their own facts. When all their books come out, after we opened the floodgates, then we can dissect this even further.


Soit dit en passant, Suicidal a sorti une chanson en 1990, pas mal de temps après les événements racontés dans le livre donc, intitulée Disco’s OutMurder’s In!, vous pensez que c’est un clin d’oeil au graffiti sur le mur du Motel Hell ?

On a side note, Suicidal released a song in 1990, quite some time after the events depicted in the book, called
Disco’s OutMurder’s In! do you think it was their way to pay homage to the graffiti on the wall at Motel Hell ?

H : Je ne sais pas où ils ont trouvé le titre, mais il se trouve que beaucoup de gens se souviennent de l’avoir vu écrit sur le mur du Motel Hell des années avant la chanson. Personellement j’aime Suicidal Tendencies, le groupe. Ils étaient rapides et durs et méritent tout le respect qui leur est dû.

D : Peu importe la genèse du titre, c’est secondaire, ce morceau défonce !

H: I have no idea where they came up with the song title. However, more than a few, remember seeing it written at Motel Hell, years before the song. Personally, I dig Suicidal Tendencies, the band. They were fast and hard as ever and deserve all the respect they’ve earned.

D: Whatever the genesis of the song title was, comes secondary—that song rips!

Des liens entre une scène musicale et un underground criminel ont toujours éxisté, et ça a également été bien documenté, que ce soit le Jazz avec les mafias juives et italiennes, les Hell’s Angels et le Rock ‘n Roll ou ce qu’il s’est passé plus tard avec le Gangsta Rap (d’ailleurs je ne m’attendais pas à une apparition d’Easy E dans le bouquin). Mais au final, malgré les différences, il y avait toujours un truc basique au centre : l’argent. Rien de la sorte avec ces gangs de punks, il s’agissait de tout niquer, les autres équipes, des dealers, des maquereaux, les flics, des homosexuels, les gens qui allaient aux concerts, n’importe qui, le carnage sans raison tangible, le vrai visage de l’horreur. Comme le dit Frank était-ce juste si « amusant de haïr » ?

Links between a music scene and a criminal underbelly have always existed and that’s been well documented aswell, whether it be Jazz with the Italian or Jewish Mob, the Hell’s Angels and Rock ‘n Roll or what happened with Gangsta Rap (I actually wasn’t expecting Easy E’s appearence in the book) but at the end of the day, despite all the different specifics they all had something basic in common : money. No such thing with these Punk Rock gangs though, it was just about fucking up anybody in their way, other crews, dealers, pimps, cops, homosexuals, concert goers, anybody, mayhem with no tangible reason, the true face of horror. As Frank puts it, was it really just that « fun to hate » ?

D : Je crois sans aucun doute que cette musique est de la haine alimentée d’amusement. Ça implique le chaos qui accompagnait les concerts. Toute cette haine affichée aux concerts reflète à peine tout l’amusement. Il faut aussi considérer, à une micro échelle, la dure réalite à laquelle Frank et d’autres membres du gang étaient confrontés chez eux au quotidien. Ces conditions de vie génèrent une haine de soi qui finie par être projetée vers l’extérieur. Avoir une bande son qui allait avec a certainement rendu le fait d’haïr amusant. Leur haine est venue accompagnée de cette exhubérance particulière qui était illustrée dans le meilleur du hardcore sud californien.

H : C’était de l’amusement pour Frank et beaucoup de membres du gang et c’est devenu très addictif. Santino, le fondateur et la tête pensante derrière LMP, voulait répendre la peur à travers L.A. et la scène punk comme personne d’autre. C’était un leader très déstructeur et retors, presque machiavélique. Santino était à bonne école avec son père « Le Parrain ».

D: I believe, without question, that the music is undoubtedly fun filled hate. This includes the mayhem of the shows that came with it. All the hate on display at gigs merely mirrored that fun. Also, consider on a micro level, Frank and others in the gang’s abusive home lives. These conditions generate a self-hate that’s eventually turned outwards. Having a soundtrack for it certainly made it fun to hate. Their hate came with a very particular exuberance that was exemplified in the best of So-Cal hardcore.

H: It was amusement for Frank and many of his fellow gang members and became very addictive. Santino, the founder and driving force behind LMP, wanted to spread fear across LA and the punk scene like no other. He was a very destructive and cunning leader, almost Machiavellian. Santino’s father, Santino’s father, “The Godfather”, taught him well.

Les gamins comme Frank (et c’est fou quand on considère à quel point ils étaient jeunes) ont formé ces gangs pour se protéger des hippies et des connards de sportifs qui leur menaient la vie dure dans la rue, puis ils sont devenus les monstres à leur tour. Ils étaient également fiers de faire partie de ce changement qu’était le Punk/HC mais lorsque ça a évolué ils se sont sentis exclus. C’est presque triste quand Frank trouve que les nouvelles formes de musique ou de modes sont devenues « un tas de merde déroutant », quelque chose dans quoi il avait enfin trouvé sa place lui était soundain retiré, cruelle ironie non ?

Kids like Frank (and it’s crazy how young they were) formed these gangs to protect themselves from the older hippie and jock types who were bullying them on the streets and then they later became the monsters. They were also proud of being a part of this change that was Punk/HC but when it evolved they felt left out. It’s actually almost sad when Frank says that the music and new trends have become « a pile of confusing shit », something he finally fit into was suddenly taken from him, cruel irony don’t you think ?

H : La vie à L.A., la sous-culture, la musique évoluait à un rythme fascinant pendant les années 80. Je pense qu’aucune autre décénnie tient la comparaison. Une semaine t’étais à la pointe, la semaine suivante t’étais ringard. Etant donné que Frank et LMP étaient de la banlieue ils ne pouvaient pas tenir le rythme de l’appétit féroce de la scène d’Hollywood.

D : LMP était au sommet de la chaîne alimentaire, les leaders de la meute, et c’était très confortable. Pourquoi évoluer ? Pas si cruel si tu regardes ça comme ça.

H: LA life, subculture, music moved at a fascinating pace during the 1980s. I believe no other decade compared. One week you were hip, the next, you were out of step. Being Frank and LMP were from the suburbs, they couldn’t keep up with the Hollywood scene’s ferocious appetite.

D: LMP were top of the heap, leaders of the pack and very confortable. Why move forward? Not so cruel if you look at it that way.

Et puis Frank admet sa participation dans la déstruction de la scène. Vous pensez que la musique a en partie changé à cause de l’atmosphère pourrie crée par ces gangs ? Je veux dire, je pense que le Punk/HC était fait pour évoluer rapidement mais est-ce que ça a contribué à accélérer le changement ?

And then Frank aknowledges his part in ruining the scene. Do you think the music changed partly because of the messed up atmosphere these gangs were responsible for ? I mean, I think Punk/HC was meant to evolve rapidly but did they accelerate the shift ?

H : Les vrais artistes évoluent constamment, ils s’interrogent et interrogent les autres. Je pense que le temps du Punk/HC était révolu vers 84/85. Ça a implosé naturellement. Les gens en ont eu marre, sans parler des propriétaires de salles. Quelque chose d’aussi puissant ne pouvait pas durer.

D : Absolument, cette atmosphère crée par les gamins aux concerts était clairement devenue un poids trop lourd à porter. La musqiue et les musiciens devaient partir dans d’autres directions afin que la créativité puisse prospérer. L’art DIY et l’agressivité juvénile ne pouvaient pas continuer ensemble éternellement.

H: True artists are constantly moving, challenging themselves and others. I think hardcore punk rock’s time was over come 84/85. It naturally imploded. People had had it, not to mention the venue owners. Something that powerful could never last.

D: Absolutely, that atmosphere at shows, created by the kids, was definitely a burden that was too much to bear. The music, and musicians, had to go in a different directions in order for their creativity to thrive. DIY art and youth aggression couldn’t go on together forever.

Étant un lointain produit de cette évolution du Punk/HC devrais-je le remercier finalement ?

Being a distant product of that evolution of Hardcore should I sort of thank him for that after all ?

D : Remercie le fait que ta route n’ai pas croisé la sienne ou celle de son équipe.

H : Les français s’y connaissent en couteau non ? Forge de Laguiole.

D: Thank him and his gang for not crossing your path.

H: The French speak knife, right? Forge De Laguiole.

Blague à part, bien que captivant le merdier est vraimant flippant, quand on pense que c’est déjà bien assez horrible ça devient pire. On parle d’ados et certains ont des tableaux de chasse plus fournis que ceux de certains tueurs en série connus, c’est ultra flingué. En écrivant ce livre vous saviez que vous alliez exhumer des affaires irrésolues, ça a été compliqué d’obtenir les feux verts des gens impliqués qui sont toujours dans le coin ?

Jokes aside, although captivating the whole thing is truly horrific, when you think it’s already bad enough it gets worse. We’re talking about kids and some of them have higher body counts than well known serial killers, how fucked up is that ? When writing this book you knew you were going to bring up some unsolved murder cases, how hard was it to have all the okays from the people involved who are still around ?

H : Frank a eu tous les feux verts avant que nous commencions notre long processus d’interview. Mais nous avons quand même changé certains noms et quelques détails de crimes, comme indiqué dans la préface du bouquin, pour protéger les coupables.

D : Évidemment nous avons également consulté notre conseiller légal. On devait faire ça bien, sans répercussions de la part des forces de l’ordre, ce qui aurait certainement entrainé des réactions violentes de la rue.

H: Frank got the “okays” before we started our lengthy interview process. But, we still changed some names and details of the crimes, like we stated in the opening of the book… to protect the guilty.

D: Of course we went to our own legal counsel as well. We had to get it right, without any law enforcement repercussions, which would have surely manifested into blowback from the streets.

Les LMP sont-ils toujours un gang actif ? Et si oui, sont-ils proches de leurs racines punk rock ?

Is LMP still an active gang ? And if yes how close are they to their Punk Rock roots ?

H : Oui, LMP est et a toujours été actif. Je crois que pendant les années 90/2000 ils sont surtout restés dans le quartier, à foutre le bordel, à botter des culs. Mais il y a eu une résurgence dans la scène punk rock et apparemment les jeunes LMP l’ont adopté et représentent.

D : LMP, de part leur longue histoire en Californie du sud ont aussi une solide présence dans le système pénitenciaire californien. Nous ne savons pas quelles y sont leur affiliations ou leur poids, nous nous sommes surtout intéressés au passé.

H: Yes, LMP is and always has been active. I think during the 90’s and 2000’s, they just stayed mostly in the neighborhood, causing trouble… kicking ass. But, there has been a resurgence in the punk rock scene and the LMP youth apparently represent and embrace it.

D: LMP, due to their long history in So-Cal, also have a legitimate presence in the California Penal System. Who they’re affiliated with and the weight they carry there is unknown to us. We focused primarily on the old punk days.

Un autre truc marquant avec ce livre c’est son ton cru, impénitant, délivré à la première personne, similaire à celui d’une chanson de hardcore avec les paroles qui te sont jetées à la figure. Ça a été difficile de ramener Frank à cette époque, à cet état d’esprit ? J’imagine qu’il a changé depuis ?

Another striking thing about this book is the raw, unapologetic, first person delivery similar to the one of a hardcore song with lyrics thrown at your face. How hard was it to take Frank back to that era, to this state of mind ? I imagine he’s a changed man now ?

H : C’était vraiment la partie délicate du projet. Frank répétait sans cesse comment il aurait géré ces situations autrement aujourd’hui. Comment il réagissait sans réfléchir. Le ramener à comment il se sentait à l’époque était ce que nous recherchions. C’est ce qui rend cette histoire si intense. Entendre beaucoup des histoires racontées dans le livre lorsque nous étions gamins mais en voulant capter les émotions plus que les explications et les détails. Réanimer cette bombe à retardement était le coeur du truc. Certains jours il retournait à cet endroit, d’autres jours il voulait simplement papoter.

D : C’est précisément pourquoi ça a pris si longtemps, six ans d’un processus laborieux pour être éxact. Puis assembler toutes ces notes en une narration qui procure une expérience viscérale au lecteur était un autre travail. Par moment c’était un poids pour chacun d’entre nous, mais nous sommes heureux que le rendu ai fonctionné pour nos lecteurs.

H: That was the daunting part of this project. Frank constantly spoke of how he would have handled those situations differently now. How he just reacted without any thought at all. Getting him to go back to how he felt in the moment was what we were after. That’s what made this story so compelling. Hearing many of the stories, depicted in the book, when we were kids, and not just wanting the explanations and the details, but the emotion. Bringing that ticking time bomb back was the juice. Some days he would go there, some he just wanted to small talk.

D: This is precisely why it took so long, six years of that painstaking process in fact. Then, putting all those notes into a narrative that gives the reader a visceral experience was another task. It was a burden for all of us at times, but we’re pleased that the outcome has paid off for our readers.

J’ai lu quelque part que vous étiez en train de travailler sur une adaptation filmique, comment ça se passe ?

I read somewhere that you had a film adaptation in the works, how is that coming along ?

H : Oui, nous travaillons avec des producteurs et une grosse agence qui nous aide à boucler le projet. On espère commencer le tournage en 2017.

D : Nous avons écrit plusieurs jets de scénarios et nous sommes finalement tombés sur une version qui satisfait tout le monde. Heath et moi sommes les seuls auteurs.

H: Yes, we are working with producers and a very strong agency, which is helping to package the project. We are hoping to shoot in 2017.

D: We have written several screenplay drafts and finally have landed on a draft that everyone feels positive about. Heath and I are the sole writers.

Le film va suivre Frank ou abordez-vous l’histoire sous un autre angle ?

Is the movie going to follow Frank or are you tackling the story from a different angle ?


H : Dans le scénario que nous avons écrit Frank est le protagoniste. On se concentre essentiellement sur son foyer dysfonctionnel et ses exploits dans la rue et la scène entre 1979-83/84. C’est forcément une version moins étayée que le livre. Après le film, on espère enchaîner avec une série TV qui ressemblera plus au livre.

D : Etant donné que le livre a sa propre communauté de fans, il était important que les deux projets demeurent proches de la source.

H: In the screenplay (which we also wrote) Frank is the protagonist. Our main focus, on his dysfunctional home life and his exploits in the scene and on the streets from 1979-83/84. It’s obviously a much slimmer version of the book. We hope to follow the film with a TV show which will be much more like the book.

D: Since the book has its own cult following, it’s important that both projects stay close to the source material.


Avez-vous le sentiment de boucler la boucle, de ramener La Mirada à Hollywood mais ce coup-ci sur le grand écran ?

Do you feel you’re going full circle, bringing La Mirada back to Hollywood but this time on the silver screen ?

D : Oui, c’est assez ironique mais tu tapes dans le mille. Ça se passe rarement à l’inverse.

H : C’est une façon intéressante de voir la chose. La vie de Frank était faite pour le grand écran. Il y a tous les éléments nécessaires : amour, trahison, sang, sexe et punk rock, que faut-il de plus ?

D: Yes, it’s quite ironic, but you hit the nail on the head. Rarely does it happen in reverse.

H: That’s an interesting way to look at it. Frank’s life was meant for the silver screen. It’s got everything: love, betrayal, blood, sex and punck rock… what else do you need?

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Mixtape

1. X – Los Angels
2. T.S.O.L. – Superficial Love
3. Black Flag – No Values
4. The Adolescents – L.A. Girl
5. Circle Jerks – Wild In The Streets
6. The Germs – We Must Bleed
7. Fear – Gimme Some Action
8. Wasted Youth – Reagan’s In
9. 45 Grave – Black Cross
10. The Dickies – I’m A Chollo
11. Red Cross – Clorox Girls
12. Mad Parade- Real Horror Show
13. The Bags- Survive
14. The Middle Class – Out Of Vogue
15. Christian Death – Cavity-First Communion
16. Suicidal Tendencies – Discos Out… Murders In!

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Tristesse Contemporaine – Stop And Start http://www.hartzine.com/tristesse-contemporaine-stop-and-start/ http://www.hartzine.com/tristesse-contemporaine-stop-and-start/#respond Thu, 26 Jan 2017 16:45:41 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54142

Depuis 2009, le trio all living in Paris Tristesse Contemporaine cultive son côté arty : le nom qui sonne comme […]

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Depuis 2009, le trio all living in Paris Tristesse Contemporaine cultive son côté arty : le nom qui sonne comme un manifeste d’art contemporain, ou une étude de la pensée comportementale du XIXe siècle selon Hippolyte Fierens Gevaert (lire), et la tête qui rappelle les bienfaits de la discrimination positive, un « united sounds of Benetton » plus haut de gamme et plus branché. Les deux associés au port très posé décalé d’un masque d’âne à la performance, le groupe affichait tous les stigmates de l’effet de mode, par définition vain et éphémère. Cette troisième fournée, Stop And Start, née dans le giron de Record Makers, remet les choses à leur place, loin de l’aseptisation des ambiances de podiums.

Musique sur papier glacé, la partition des émotions du trio polyglotte s’écrit blanc sur noir dans un cadre étudié. Rien n’est laissé au hasard, des motifs carrés découpés au bistouri à l’écho lancinant du propos, susurré et resserré autour d’une idée qui transpire pas la joie (Girls, It Doesn’t Matter, No Hope), incision de spleen à trois instruments chirurgicaux – quatre si l’on compte les services du batteur dont le trio s’est adjoint ici. Il rôde toujours une certaine idée de la frugalité sur ces dix pistes ; qui peut le moins peut le mieux. Ce qui vaut à de beaux moments d’émerger comme avec, en tête, Ceremony, point d’orgue de cet album, strict « stop » de fin qui souffle le chaud au-dessus du vent glacial des eighties, toutes voiles et références dehors.

Sorti de l’urgence un peu rêche et métronomique de la boîte à rythme, délesté du dogmatisme synthétique, Tristesse Contemporaine reprend des couleurs et diffuse un peu plus de chaleur et de catchy dodelinements de tête, sans aller jusqu’au booty shake s’entend. Et l’aspect blues back to basics de Know My Name le lui rend bien. Comme quoi, avant de commencer, s’arrêter a parfois du bon. Les pichenettes électriques secouent l’écriture à la bile noire que recrache le trio à partir de sa lecture du théâtre de l’ordinaire, sans en extraire les scories. Une allure émaciée, lot de la griffe Tristesse Contemporaine. Entre Londres, Paris, Stockholm et Tokyo.

Vidéo

Tracklist

Tristesse Contemporaine – Stop And Start (Record Makers, 20 janvier 2017)

01. Let’s Go
02. Dem Roc
03. Girls
04. Know My Name
05. Get What You Want
06. Everyday
07. It Doesn’t Matter
08. Stop and Start
09. No Hope
10. Ceremony

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Elliott Vincent Jones http://www.hartzine.com/elliott-vincent-jones/ http://www.hartzine.com/elliott-vincent-jones/#respond Wed, 25 Jan 2017 15:42:25 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54185

Si vous nous lisez souvent, vous savez qu’on suit particulièrement la scène musicale de Toronto. On avait entre autres pu […]

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Si vous nous lisez souvent, vous savez qu’on suit particulièrement la scène musicale de Toronto. On avait entre autres pu avoir un aperçu du bouillonnement de cette ville via le regard de James Mejia, boss du label Hand Drawn Dracula et activiste qui défend bon nombre d’artistes incroyables depuis bientôt une dizaine d’années. Cette fois-ci, on revient vers la ville d’Ontario pour parler de Elliott Vincent Jones et de son projet musique du même nom. Né des cendres du groupe post-punk Ell V Gore, Elliott a lâché les guitares et se tourne désormais vers des compos plus synthétiques, raffinées, légères et ténébreuses à la fois. Signé sur Bad Actors Inc., label dirigé par Ben Cook de Fucked Up, Elliott Vincent Jones a sorti il y a quelques mois un premier excellent EP, Arto Arto. Six titres d’une pop troublante qui lorgne vers les eighties, six titres d’une pop bien suave comme on l’aime et qui devient encore plus gracieuse lorsque Talvi Faustmann de Prince Innocence pose sa voix sur le refrain cotonneux de The Faces On The Floor. Elliott Vincent Jones répond à notre petite interview et comme il est super sympa, il nous fait cadeau d’un titre exclusif. Enjoy !

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Du Canada, où il fait froid et où c’est bien trop sûr.

Canada. It’s cold and too safe.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Des endroits exotiques, des endroits colorés.

Exotic places. Colourful places.

Pourquoi la musique ?
Why music?

Parce que j’ai dit à trop de chefs cuisiniers d’aller se faire foutre.

Because I told too many chefs to fuck off.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Essayer de devenir le nouveau Marco Pierre White.

Trying to become the next Marco Pierre White.

Une épiphanie personelle ?
An epiphany of yours?

Voir James Brown en concert à Toronto quand j’avais 14 ans.

Seeing James Brown live when I was 14 in Toronto.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

À 15 ans… j’étais invité à improviser sur scène avec le Sun Ra Arkestra sous la direction de Marshall Allen à Montréal. Mon groupe noise arty de l’époque jouait dans le même festival, plus haut dans la rue.

15 years old.. I was invited to improvise on stage with the Sun Ra Arkesta under the direction of Marshall Allen in Montreal. My arty noise band at the time was playing the same festival up the street.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Je ne laisse rien me déprimer, sauf un mauvais repas.

I don’t let anything get me down. Unless a bad meal.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Bien sûr. J’attends le repos avec impatience.

Of course. I long for the unwind.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Du kombucha ou de la tisane, un repas léger, des étirements, Michael Jackson, lire les avis Yelp des restaurants de la ville dans laquelle je joue.

Kombucha or Herbal Tea. Light Meal. Stretch. Michael Jackson. Reading Yelp restaurant reviews of whatever city i’m performing in.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Hiroshi Yoshimura. Je suis obsédé par ses compositions depuis un moment et même s’il n’est plus parmi nous, j’aime encore fantasmer à l’idée que ça serait ma collaboration de rêve numéro un. Il m’a ouvert des portes dont je n’imaginais pas l’existence.

Hiroshi Yoshimura. I’ve been obsessed with this compositions for a while now and though he is not alive anymore I still like to fantasize about that being my number one dream collab. He’s opened doors for me that I never knew could even open.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Faire un concert et cuisiner un repas pour le public.

Performing a show and cooking a meal for the entire audience.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

L’alcool est une perte de temps, tes parents t’aiment et la musique ne doit pas forcément être si sombre.

Alcohol is a waste of time, your parents love you and music doesn’t have to be so dark.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Détendu. Petit appartement, beaucoup de lumière, le même thé, de plus petits repas, un gros chien, beaucoup d’eau, beaucoup de marche, pas besoin de trop parler.

Relaxed. Low key apartment. Lots of light. Same Tea. Smaller Meals. A big dog. Lots of water. Lots of walking. No need for talking much.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

De la même manière qu’évolue ma peau. Elle vieillit et sèche parfois et de nouveaux motifs et de nouvelles formes apparaissent mais il faut vivre avec et rester frais et essayer d’hydrater ce bébé tous les jours.

The same way my skin evolves. Gets old and sometimes dry and new patterns and shapes take form but you gotta live with it and stay fresh and try to moisten that baby up every day.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Cuisiner des plats libanais. Beyrouth est l’un de mes endroits préférés au monde et j’en suis tombé amoureux. J’ai envie d’en apprendre plus sur leur cuisine et de m’approprier ce lieu le plus possible.

Cooking lebanese dishes. Beirut is one of my favorite places in the world and I fell in love with the place and I strive to learn more about their food and make it at home as much as I can.

Traduction : Alex

Écoute exclusive

C’est une chanson très personnelle et je suis content qu’elle existe. Je ne pensais pas qu’elle avait sa place sur mon nouvel album et je ne pense pas qu’elle soit représentative de la direction musicale que je prends MAIS je savais que je voulais la mettre en ligne à un moment donné pour que les gens puissent l’écouter. C’est la première chanson d’amour que j’ai écrite qui traite de choses personnelles. C’est à propos de choses que j’ai réalisées plus tard sur les relations et ce sentiment de ne pas savoir ce que l’on manque avant que ça ne soit parti. Mon ami Ben Cook m’a aidé sur toutes les harmonies et les chœurs. Elle a un bon groove swing et je trouve que la fin sonne comme les Backstreet Boys donc je suis content.

This is a super personal song to me and I’m glad it’s just out there. I didn’t think it would fit on my upcoming full length and I don’t think it’s a good representation of which direction I’m headed in musically BUT I knew I wanted to drop it online at some point for people to hear. It’s my first love song I’ve written, that’s actually about personal things in my life. It’s about things that I’ve later realized about relationships and that feeling of not knowing how much you’ve missed something until it’s gone. My friend Ben Cook helped out on all the harmonies and backing vocals. It’s got a nice swing groove to it and I think the ending sounds like the Backstreet Boys so I’m pretty happy about it.

Audio

Tracklist

Elliott Vincent Jones – Arto Arto (Bad Actors Inc., 10 juin 2016)

01. Acapulco
02. The Faces On The Floor feat. Talvi Faustmann
03. Dawawine

À noter que le jeune Canadien sera de passage à Paris pour un premier concert le 27 février prochain, à l’Espace B, aux côtés d’un autre groupe qu’on aime aussi beaucoup : Tonstartssbandht. Plus d’infos sur l’event FB.

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Danny Oxenberg l’interview : de Supreme Dicks à Late Superimpositions http://www.hartzine.com/danny-oxenberg-interview/ http://www.hartzine.com/danny-oxenberg-interview/#respond Mon, 23 Jan 2017 22:58:53 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54146

C’est à l’occasion de leur concert du 28 octobre à l’espace en cours que j’ai pu m’entretenir avec Danny et […]

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C’est à l’occasion de leur concert du 28 octobre à l’espace en cours que j’ai pu m’entretenir avec Danny et Bear. Danny Oxenberg est la voix maîtresse du groupe obscure et mythique Supreme Dicks. Bear Galvin est son pote, son alter ego. Ils viennent ensemble de sortir un sublime album sur le toujours excellent label helvète Three:four records. Late Superimpositions est un Grand disque, un effort fragile au groove hanté et d’une rare sincérité lo-fi ,les morceaux du duo y sont souvent dépouillés,apaisés, plus sereins bien que mélancoliques, loin des tumultes d’antan de Supreme Dicks.

Supreme Dicks fait parti de ces legendes brumeuses de la musique indé au même titre que Jandek. De leurs débuts étudiants au Hampshire College en 84 jusqu’en 1996, le mystère reste entier, quant au nombre de membres qui ont participé au projet, leur parcours et le mythe, le mystère est moindre quant aux collaborateurs et  admirateurs : Lou Barlow , Beck , Ariel Pink , Bonnie Prince Billy …La discographie est en revanche assez concise : trois albums entre 93 et 96 , trois EP et une compilation en 2011 chez jagjaguwar. Une reformation express en 2012 avec quelques dates aux Etats-Unis ( trois à South by Southwest ) et une à Paris en 2013 aux voûtes (voir)

Avant-garde, Expérimentale ou certains diront Post-Rock ,bref la musique est labyrinthique , l’arpège mou, la ductilité sonore et l’Art de sa déconstruction sont à rendre déprimé Derrida. Les titres sont tout aussi occultes : L’adoration de l’agneau mystique , cows of lights, Porridge For The Calydonian Boar…

Toutefois la communication avec Danny et Bear est très agréable et limpide, on parle d’à peu près tout malgré leur nervosité palpable. Du fromage de bourg-en Bresse où ils se rendent le lendemain, d’Isabelle Adjani en Adèle Hugo tourné en Nouvelle-Écosse pour Truffaut. Conversation en bonne compagnie puisqu’ Eric Chenaux (mon guitariste préféré au passage) est là mais aussi un des membres du collectifs de Sublime Frequencies

Le concert commence par une reprise de Simon and Garfunkel  qu’ils révèleront n’avoir jamais vraiment joué ensemble. A l’image de cette reprise le concert est assez bancale et pas toujours très bien accordé mais il s’agit probablement d’un des concerts les plus humbles et touchants auxquels j’ai pu assisté et, pour une première en duo et en public  c’est une superbe performance .

Entretien avec Danny Oxenberg

Pourquoi est-ce que cet album ne sort que maintenant ? Ce sont des nouveaux morceaux sur lesquels vous bossiez ensemble récemment ?

Why this album is released just now ? is it old songs or new material that you’ve been working on together recently ?

Pour moi, je dirais qu’il s’agit de nouveaux morceaux mais certaines personnes diront quand même que c’en est des vieux, si ce que je dis a du sens. Ouais, concernant le “pourquoi maintenant” y a pas de raisons spéciales si ce n’est l’encouragement de Maxime Guitton ( producteur du disque et homme impliqué dans la majorité des événements de grande classe de la vie culturelle parisienne )et Gaetan Seguin de Three:Four Records; et comme je disais , ce sont de nouveaux morceaux , tout du moins plus nouveaux que d’autres qui pourraient sortir à un moment ou un autre,  mais peut-être que pour nous nouveaux signifie des dix dernières années.

For me, i think it is mainly new material,  compared to way older material,  but for many this would still seem like old material to them,  if that makes any sense.   Yeah,  no special reason as to why now, except for the encouragement of Maxime Guitton and Gaetan Seguin at Three:Four Records..   And as i was saying, it is newer material,  at least newer material compared to even older stuff that could be released at some point, but for us perhaps newer material includes the last 10 years…

La reprise de Neil Young I believe in you  est sublime et sonne si naturelle qu’on croirait que c’est un de vos morceaux classiques, qui en a eu l’idée et pourquoi celle-ci plus qu’une autre ?

The Neil Young cover is incredibly beautiful and sounds so natural like it was a classic song of yours, who had the idea of it and why this one more than an other ?

J’avais l’idée de cette chanson, mais Bear est celui qui l’a faite sonnée comme elle sonne. Ma voiture me lâchait , et le pote d’un pote m’a vendu sa vieille Volvo 5  pour 1000 $ , avec un vieux lecteur dedans et plein de cassettes qu’il n’écoutait plus parmi lesquelles les “Decades” album de Neil Young et je me suis souvenu avoir écouté “After The Gold Rush” au lycée et d’avoir particulièrement aimé ce morceau qui raisonnait un peu avec ce par quoi je passais à l’époque.

Concernant la sonorité de notre version, oui merci , Bear a fait du super boulot en produisant , arrangeant et en jouant les instrumentalisations sur ce morceau et les accords Que ajoute un côté qualité hanté. En ce qui concerne ma voix je chante à travers un ampli avec un vibrato, ce qui nous faisait un peu marrer avec Bear sur le moment et si tu fais vraiment attention tu peux l’entendre sur le morceau.

I did have the idea for the song, but Bear is the one who made it sound the way it sounds.  My car was breaking down,  and a friend of a friend sold me their old volvo 5 speed station wagon for 1,000 dollars,  which had a cassette tape player in it,   and he left behind all of these  old cassette tapes, most i didn’t listen to but one of them was the  « Decades » album, by Neil Young,  and i remembered listening to the « After The Gold Rush »  album in high school,   and always really liking that song,  Also at the time the song kind of related to some stuff that i was going through…

As far as the sound of our version,  yes, thanks, Bear did a great job arranging and producing and playing the instrumentation on that song, and the Que chord added a bit of a haunting quality.  As far as my vocal,  i sang through an amp with vibrato, which had me and Bear laughing a little bit at the time, which if you listen carefully, you can hear on the track…

Cet album est plus “joyeux” que tous les autres trucs enregistrés avec Supreme Dicks, il y a quelque chose de plus léger, c,était voulu ?

This is album is way happier than all the other stuff you did with Supreme Dicks, there is something lighter,was it something that you wanted ?

Je pense qu’avec Supreme Dicks , c’était plus la psyche des membres impliqués dans le groupe qui créait ce que certains appellent “une synergie négative” , mais pour nous , on essayait toujours de créer une énergie Orgone positive , pour combattre toutes les radiations d’Orgone néfastes autour de nous et du reste, ça parait particulièrement véridique ces temps-ci, mais meme en agissant de la sorte il ya toujours un côté obscure à affronter.

Concernant cet album, je ne dirais pas que c’est un disque joyeux vu que la majorité des morceaux parlent de ruptures, mais il y a quelques moments joyeux comme le Ping Pong Song, c’est un morceau plus gai…et la musique est probablement plus légère que certaines de Supreme Dicks.

I think with the Supreme Dicks,  it was just the psyches of the people involved that perhaps created what some have referred to as  « negative synergy »,  but to us,  we were always supposedly just trying to create positive Orgone energy,  to combat all of the DOR (deadly Orgone Radiation)  around us and around everything, especially seems true these days,   but even in doing that there is always a darker side that must be confronted. 

As far as this new album, i wouldn’t really call it a happy album, as most of the songs are about broken relationships, but there are a few happy moments,  the Ping Pong song,   that’s a happier song… and the music is perhaps lighter in mood than some of the Supreme Dicks music…

Pourrais-tu nous parler du titre de l’album et de sa pochette faite par Hippolyte Hentgen qui reflète assez bien l’ambiance et le mystère du disque

Could you tell us a little about the title of the record and it’s cover made by Hippolyte Hentgen that matches perfectly the mood and mystery of the recording.

Ah oui, j’aime vraiment leur artwork, et en fait , une fois qu’ils étaient d’accord pour faire le visuel c’était vraiment un honneur, c’est un des trucs qui m’a vraiment inspiré …… et je dois vraiment remercier Maxime, et biensur Gaelle et Lina pour ça.

Oh yeah,  i really love all of their artwork,  and actually, once they agreed to do the artwork that was such an honor,  that is one of things that really inspired me for  this album finally coming out when it did, and I really have Maxime, and of course Gaelle and Lina to thank for that…

Concernant « The ping pong song or (Happiness is a warm pong) » , est-ce que c’est vous qu’on entend jouer du ping-pong dans le fond ? Je crois que c’est le seul morceau métaphysique sur le ping-pong que je connaisse , d’où vient cette inspiration pingpongesque ?

Concerning « The ping pong song or (Happiness is a warm pong) » is it the two of you playing ping pong on the back ? I think it’s the only metaphysical ping pong song I know, where does the pingpong inspiration came from ?

Métaphysque, wow merci. C’est en effet moi et bear qui jouons dans le fond, sur une petite table de ping-pong qu’a Bear chez lui. C’est principalement le titre le plus enjoué et probablement le seul titre vraiment joyeux de l’album et c’est plus ou moins un morceau qui parle de ce qu’on faisait beaucoup à l’époque ; ce qui est toujours une de mes activités préférées, quand je ne souffre pas du dos; jouer au ping-pong, dans ce cas sur une table en extérieur près du Urthe caffe un endroit où je vais presque tous les jours pour boire du café. Donc c’est plus ou moins une histoire vraie sur les activités banales quotidiennes qui peut-être deviennent transcendantes. Peut-être y a t-il un aspect métaphysique à ça. Si il y avait une autre inspiration que celle de la joie de jouer du ping-pong je dirais que ce serait à l’image de mes morceaux preferés des années soixante-dix des Beach Boys qui ont pour sujet la banalité de la vie comme par exemple “Busy doing nothing” sur l”album “Friends”.

Metaphysical,  wow thanks. It actually is me and Bear playing ping pong on the track,  on this tiny ping pong set that Bear had at his house… Basically this one is one of the happier songs, maybe the only really happy song on the album, and its pretty much a song about what we were doing a lot at that time,  which is still one of my favorite activities, when my back is not hurting,  playing ping pong,  in this case at an outdoor ping pong table near the Urth caffe, a place i would go to to have coffee almost every day.   So it is pretty much a true story about mundane daily activities, perhaps becoming transcendent. Maybe there is a metaphysical aspect to that.   If there was an inspiration,  other than the joy of ping pong,  i would say it’s kind of in the genre of some of my favorite Beach Boys songs from the seventies about mundane things in life, perhaps like one of my favorites from the »Friends » album « Busy Doing Nothing »…

Il y a sur “I thought I had dreamed of you » à 0:30 secs un son magnifique comme une flute , une scie musicale ou un théremine , qu’est-ce que c’est exactement ?

There is on « I thought I had dreamed of you » at 0:30 a beautiful sound like a flute , a singing saw or a theremin, what is it exactly ?

Merci, je pense que tu fais référence à une flute à coulisse.Il y a aussi un peu plus tard une flûte à bec sur ce morceau.

Thanks,  i think you are referring to the slide whistle.  There is also a recorder a little bit later on that track.

Il se peut que je sur interprète mais sur You can take a bird but you can’t make it sing il y a ces quelques lignes qui pourraient parfaitement résumer l’honnêteté et la musique en générale de Supreme Dicks : « it’s such a atypical story, trading guts for glory »

I might overinterpret but on « You can take a bird but you can’t make it sing » there are these lines that could stand perfectly for the honesty of Supreme Dicks and your music in general : « it’s such a atypical story, trading guts for glory »

Ouais je te remercie à nouveau, c’est une bonne observation. Je dirais que c’est une interprétation de l’expression : “ a vaincre sans péril, on triomphe sans gloire” mais c’est sensé signifier le contraire de ça, si ça a du sens. Et j’ai toujours pensé que cette chanson était un peu une métaphore de l’histoire des Supreme Dicks meme si ce n’était pas écrit intentionnelement. Je l’ai principalement écrite parce que j’ai rêvé d’une fille que je connaissais, qui assistait à son propre enterrement. Et j’ai eu une relation assez compliqué avec elle qui n’a abouti à rien. En fait ça semblait même moins que rien…un peu comme les Supreme Dicks ! Mais de manière générale je dirais que c’est une chanson sur le fait de désirer quelque chose qui n’arrivera jamais et de l’implication de la mort. C’était un peu comme les Supreme Dicks et d’une certaine façon la vie en générale.

Thanks again,  yeah, good observation.  I would say that it is a take off on the saying « no guts, no glory », but its meant to mean kind of the opposite of that, if that makes any sense.  And i’ve always thought of that song as a bit of a metaphor for the story of the Supreme Dicks, though it wasn’t intentionally written that way.  I wrote the song mainly because i did have a dream about this girl i knew sort of coming from her own funeral.  And i kind of had a complicated relationship with her that pretty much led to nothing.  In fact it almost felt like less than nothing…  Kind of like the Supreme Dicks!  But in general i would say the song is about longing for things that never really happen,  and then death is involved as well.   Maybe that’s kind of like the Supreme Dicks,  or just life in general in many ways. 

Vous vous retrouvez de temps en temps avec les Supreme Dicks pour des boeufs ? Doit on s’attendre bientôt à une reunion ?

Do you sometimes guys from Supreme Dicks catch up and play together ? should we expect a reunion soon ?

J’aimerais beaucoup à un moment enregistrer un dernier album des Supreme Dicks, si on parvenait à réunir certains membres, mais je ne crois pas que ça arrivera. Certains, la majorité, sont sur la côte Ouest et d’autres Est. Ou alors au moins sortir plus de nos “lost recordings”, ce qu’on pourrait aisément faire vu qu’on s’entend sur tout. Et à ce moment on pourrait faire une réunion même si ce serait dur de réunir tous les membres et de savoir même d’ailleurs qui ils sont vraiment.

I would really like to at some point record one last Supreme Dicks album, if we could get some of the people together,  but i don’t know if it will happen.  Some of us are generally on the west coast,  and some on the East coast.   Or at least put out some more of our « Lost » recordings,  which we could easily do, assuming we can agree on anything.  And maybe we can do another reunion at that point, though it would be hard to get all of the members together, or for that matter to even figure out who they are.

Supreme Dicks est un groupe culte pour beaucoup de personnes mais aussi inconnu pour une grande partie , dirais-tu que c’est dû à son aspect trop expérimental et free ou ce serait une volonté de votre part de ne faire parti d’aucunes scènes  ?

Supreme Dicks is a cult band for many people but also unknown to a wider audience, would you say that it is because it’s too experimental and free or just because you never wanted to be caught in a « scene » ?

Question intéressante . J’ai toujours pensé que c’était parce qu’on ne vendait pas beaucoup d’albums. Mais pour répondre plus sérieusement, je dirais que dans un sens Supreme Dicks était un groupe culte bien avant de sortir des disques. Je dirais que c’est dû au fait que le groupe était constitué d’une bande de marginaux non conformistes qui se sont retrouvés ensemble par amitié et qui au final non jamais vraiment été musiciens. La plupart d’entre nous étaient ensemble en classe de philosophie et d’autres en classe de Cinéma.

Puis on a développé cette philosophie de célibataire Reichien végétarien qui est quelque peu expliqué dans Boxset booklet et on jouait et installait nos amplis un peu n’importe où sur le campus, pas une date de programmé, à cette époque on faisait juste de la noise avec nos guitares et amplis et sans aucuns effets. Souvent on accordait meme pas nos guitares où elles n’avaient que deux cordes, un truc du genre. Et c’était bien avant que l’un de nous découvre qu’il y avait un truc qui s’appelait la musique“noise”, meme si j’imagine que la scène No Wave de NY nous a influencé, mais on faisait vraiment quelque chose de nouveau avec le peu qu’on connaissait, et avec juste genre quatre ou cinq guitares et des percussions et parfois des gens qui frappaient des chaises ou des tables un truc du genre, on arrivait a sortir un son, des rythmiques complètement barrés. Et souvent on avait l’impression d’atteindre une sorte d’état de méditation transcendante et démente , proche de la trans ou de la méditation tibétaine. Mais peu de temps après l’extase ou avant, les officiers de sécurité du collège venaient nous couper le son, et alors il y avait normalement une énorme baston avec la sécurité, surtout avec l’un des membres de notre groupe qui méprisait particulièrement la sécurité, ils nous menaçaient de nous virer. Donc, d’habitude on avait environ une demi-heure de musique avant que la sécurité n’arrive, et bien sûr cela nous a jamais calmé,  alors une fois on a capté comment brancher nos amplis sur le toit du bâtiment du Cinéma, (Comme les Beatles dans le film « Let It Be »), de sorte que lorsque la sécurité venait pour nous couper , ils allaient à l’endroit habituel où on jouait à l’extérieur sous les panneaux solaires, mais ils ne pouvaient pas nous trouver ! Nous étions un peu bruyant bien sûr, donc ils pouvaient facilement nous entendre et étaient désespérés à l’idée de monter nous virer, mais en vain. Nous avons donc pu jouer un peu plus longtemps. Mais nous n’allions pas toujours à l’extérieur pour jouer, et souvent nous jouions dans notre « Mod » (module ou appartement) 51. Nous y jouions souvent pendant cinq heures d’affilés, avec des membres qui tournaient. Nous avons même une fois fait un jam de 72 heures autour de Thanksgiving. Je ne suis pas sûr que nous avons joué toutes les 72 heures, mais c’était tout comme. Nous avons également joué pour ce programme télévisé sur le campus, qui s’appelait «Voice of the Top Two», pour lequel nous avons joué un «Merde-a-thon pour l’Afrique du Sud», pour protester contre l’apartheid à cette époque et «Sperm- A-thon pour le Nicaragua « censé aider les Sandinistes avec leur révolution. Peut-être un an plus tard, à la même émission de télévision, Andy Hermann, notre joueur de Sitar qui était encore à l’école secondaire, s’est suicidé en direct dans le programme en buvant du cool-aid au raisin imprégné de cyanure, et nous avions aucune idée de ce qu’il allait faire, et même si nous étions des plus traumatisés par la situation, je pense qu’à bien des égards nous avons été les plus blâmés aussi, au moins par l’Université, qui n’a pas aimé ce que ça a fait à leur réputation. Toutes ces choses se sont produites probablement 5 ans avant que notre premier album, « The Unexamined Life », soit sorti …

Interesting question.   I always thought it was because we didn’t sell many records.

But to answer more seriously,  I would say in a sense the Supreme Dicks were sort of a cult band  way before we even put out any records.  I think this may be because the group was really just a bunch of perhaps non conformist misfits who sort of came together just as friends and in many ways we never really started as musicians at all.  Mainly Some of us were in philosophy classes together,  and some in film making classes.  And then we developed  this Celibate Reichian Vegetarian philosophy, which is somewhat explained in Boxset booklet, and we would play music around the campus just setting up our amps wherever, not at a scheduled show or anything,  and at that time,  we would just play like noise music with our guitars and amps,  but no effects or anything.  Often we would never tune the guitars, or they would just have like two strings on them or something.  And this was really before any of us really knew there was such a thing as « noise » music,  though i suppose the no wave scene in New York had its share of it,  but as far as we knew  we were just doing something totally new,  and with like four or five guitars and some percussion,  just often people hitting chairs or tables or something, we would come up with these totally alien rhythmic sounds, that often didn’t even sound like guitars.  And often it would seem like we would achieve some sort of perhaps transcendent demented meditative state,  maybe trance like, or like Tibetan meditation.   But then soon after achieving that or maybe many times before,  the Security officers from the college would come to shut us down,  and then there would usually be like a whole fight with security, especially with one of the members of our group who particularly despised Security, and then they would so to speak pull the plug on us.     So usually we would get in about a half hour of music playing before Security arrived,  and of course this was never enough for us,  so one time we figured out how to plug in our amps, on the roof of the Film building,  (kind of like the Beatles in the movie « Let It Be »),  so that when Security came around to shut us down, they went to the usual spot where they would usually find us playing outdoors, under the Solar Panels,  but they couldn’t find us!  We were somewhat loud of course, so they could easily hear us and were desperate to shut us down, but to no avail.    So we got to play a little bit longer that time.    But we wouldn’t always go outside to play,  and often we would just play in our « Mod » (module or apartment) 51.  There we would often play for like five hours at a time, perhaps with revolving members.  We even once had a sort of legendary 72 hour jam around the Thanksgiving holiday.  I’m not quite sure we played all 72 hours,  but it sure seemed like it.     We also played on this campus wide TV show back then called « Voice of the Top Two », on which we played  a « Shit-a-thon for South Africa », to protest against apartheid at that time,  and also a « Sperm-a-thon for Nicaragua » supposedly to help the Sandinistas with their revolution.  Then maybe a year  later on that same TV show, our Sitar player,  Andy Hermann, who was still in High School at the time, tragically took his own life live on the show by drinking Cyanide impregnated grape flavored cool-aid,  which we had no idea he was going to do, and even though we were the most traumatized by the situation, i think in many ways we were the most blamed for it as well, at least by the College, who didn’t like what it did to their reputation.   All of these things happened probably 5 years before our first album, « The Unexamined Life », even came out…

Ne penses-tu pas qu’en 2016 vous devriez changer le nom de votre groupe en Supreme Cunts pour être moins sexiste ?

Do you think in 2016 you should change your band’s name to Supreme Cunts to be less chauvinist ?

Oui peut-être, meme si je pense que Supreme Pussies nous irait mieux.

Yes, perhaps, though i think Supreme Pussies might be more appropriate for us…

Maxime m’a dit que bear travaillait sur une these et je me demandais qu’en était le sujet ?

Maxime told me that Bear was working on a thesis and I was wondering what was its subject about ?

Il obtiendra son Doctorat aux Pays-Bas fin Octobre, juste avant la tournée. Un truc assez pointu. Le titre c’est : “ Perception de l’amplitude de la modulation avec un ou plusieurs circuits chez l’auditeur doté d’un implant cochléaire.” La couverture est plutôt cool ( sa femme Lisa a fait le visuel ). Les implants cochléaires peuvent restaurer l’audition chez des personnes complètement sourdes, une sorte de miracle moderne. Ça fait vingt ans qu’il fait des recherches sur les implants cochléaires. De nombreux membres des Supremes Dicks ont participé à ses recherches, a écouté des simulations d’implants cochléaires. Curieusement on a tous une très bonne ouïe. Steve Shavel a même publié un poème basé sur l’étrangeté des mots qu’il entendait pendant ses recherches qui se trouve dans son livre : « How Small Brides Survive in Extreme Cold » chez Wave press…

He will receive his PhD in the Netherlands in late October, just before the tour. Pretty technical stuff. The title is:  » Perception of amplitude modulation with single and multiple channels in cochlear implant listeners. » The cover is pretty cool (his wife Lisa did the art work). Cochlear implants can restore hearing to people who are completely deaf, a sort of modern miracle. He’s been doing cochlear implant research for about 20 years. Many of the Supreme Dicks actually participated in his research studies, listening to cochlear implant simulations. Strangely, it turned out that we all had very good hearing. Steve Shavel even published a poem based on his transcriptions of the strange words he heard during the research study, which is in his book of poetry called « How Small Brides Survive in Extreme Cold » on Wave press…

Mixtape

Supreme Dicks / Danny Oxenberg & Bear Galvin – Mixtape by Full moon Fuck

1. Arise! Life Giving Seagull Supreme Dicks ‎– Workingman’s Dick (Archival Recordings 1987-89)
2. Cuchulain (Blackbirds Loom) Supreme Dicks – The Emotional Plague 1996
3. Blue Elephant Supreme Dicks – Breathing And Not Breathing 2011
4. The Forest Song (Or Especially When The October Wind With Frosty Fingers, Punishes My Hair) Supreme Dicks – Breathing And Not Breathing 2011
5. The Ping Pong Song Or ( Happiness is a warm pong ) Danny Oxenber & Bear Galvin – Late Superimpositions 2016
6. Châteaux Banana! Parts XIII-XVI Supreme Dicks Workingman’s Dick (Archival Recordings 1987-89)
7. Azure Dome Supreme Dicks The Unexamined Life 1993
8. California ( some may call ) Home Danny Oxenber & Bear Galvin – Late Superimpositions 2016
9. Synaesthesia Supreme Dicks – The Emotional Plague 1996
10. Viva La Speedy Orgone Supreme Dicks Workingman’s Dick (Archival Recordings 1987-89)
11. I Believe In You Danny Oxenber & Bear Galvin – Late Superimpositions 2016

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MIXTAPE : Home made 10 by Alex http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-10-by-alex/ http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-10-by-alex/#respond Mon, 23 Jan 2017 15:39:33 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54167

Alex est allé passer les fêtes dans la famille en Australie et vous a ramené une mixtape pour vous souhaiter […]

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Alex est allé passer les fêtes dans la famille en Australie et vous a ramené une mixtape pour vous souhaiter la bonne année.

01 – Braden Schlager – King Of Comedy
02 – Essendon Airport – No Quarter
03 – Models – I Hear Motion
04 – David Chesworth – The Bits That Move Together
05 – Happy New Year – Twins
06 – Cameron Allan & Graham Bidstrup – Bikini Atoll
07 – Lubricated Goat – Elsewhere Else
08 – Carla Dal Forno – You Know What It’s Like
09 – Scattered Order – Personal Safety
10 – The Makers Of The Dead Travel Fast – Woq
11 – The Shower Scene From Psycho – Georgy Girl
12 – Sardine V – Disagree
13 – I’m Talking – Do You Wanna Be
14 – Tom Ellard – Our Work
15 – Severed Heads – Dead Eyes Opened

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NV – Binasu http://www.hartzine.com/nv-binasu/ http://www.hartzine.com/nv-binasu/#respond Sat, 21 Jan 2017 11:28:08 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54149

Quand on vous disait qu’on vous reparlerait très vite de Mind Records ! C’est par le biais de l’album Binasu […]

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Quand on vous disait qu’on vous reparlerait très vite de Mind Records ! C’est par le biais de l’album Binasu de la jeune NV que le label fait un retour fracassant. Mais d’abord NV, c’est quoi, c’est qui ? Derrière ces deux lettres se cache Kate Shilonosova, productrice et chanteuse moscovite qui prêta un temps ses talents de vocaliste, maniant aussi la gratte au sein du grunge-band russe aux accents pop, Glintshake. Malgré le support de MTV et des antennes radio, le succès n’est pas au rendez-vous et le groupe rapidement oublié… Ou du moins en pause. En parallèle, la jeune femme voyage pas mal, notamment au Japon, et commence à sortir une poignée de EPs sous le pseudo de Kate NV ou tout simplement NV, elle prêtera également sa voix à la sublime ballade pop de Larry Gus, Belong To Love, et s’ouvre la carte vers une carrière internationale. Binasu a d’abord été édité en catimini chez Orange Milk à une poignée de cassettes avant que Mind Records récupère les droits de ce génial ovni discographique, faisant la part belle, grâce à une superbe galette, à ce petit bijou de synthpop passé trop injustement inaperçu.

On pourra être désarçonné par prime abord par la prise de risque du label, puisqu’on est assez loin des fulgurances lugubres et pleines de testostérones auxquelles nous avait habitués des artistes comme Bataille Solaire, Femminielli ou encore Night Musik. Ici NV habille habilement, de sa voix gracile et vaporeuse, des mélodies synthétiques envoûtantes et très largement minimalistes. Impossible dès les premiers titres de ne pas penser à des artistes comme The Human League époque Travelogue, Yellow Magic Orchestra (faut-il choisir un album ?) mais le plus souvent à Kate Bush, comme notamment sur les titres Inn et Binasu. La jeune russe connaît ses classique sur le bout des doigts et offre des mélodies rafraichissantes, un brin rêveuses, sans jamais céder au copier/coller. Il y a ce sens de l’harmonie qui fait fondre notre petit cœur mais qui ne tombe jamais dans la niaiserie, bien au contraire. On retrouve derrière Binasu le même génie qui fut derrière The Kick Inside, ce mariage indécent entre simplicité, innocence pure et travail d’orfèvre, expérimentations cristallines… Plus qu’un joyau, un œuf de Fabergé ! Certainement la perle rare de ce début d’année et assurément une artiste à suivre.

Vidéo

Tracklist

NV – Binasu (Mind Records, 15 février 2017)

01. Bells Burp
02. Inn
03. Grass In The Woods
04. Binasu
05. 3Arms
06. Kata
07. kku
08. Dance
09. Nobinobi
10. YYG

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MIXTAPE : Home made 09 by Aki http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-09-by-aki/ http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-09-by-aki/#respond Thu, 19 Jan 2017 11:00:09 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54118

Oui, c’est l’hiver et il caille sévère. Fous ta chapka, sors la vodka et écoute la sélection d’Aki, tu le […]

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Oui, c’est l’hiver et il caille sévère. Fous ta chapka, sors la vodka et écoute la sélection d’Aki, tu le regretteras pas.

01 – Caroline K – Chearth
02 – In Aeternam Vale feat. Anneq – Je Ai Dissous (Page R version)
03 – Kaitlyn Aurelia Smith & Suzanne Ciani – Retrograde
04 – K-Lone & Ill Chill – Rare Jewels
05 – John T. Gast – Jah Guidance
06 – Peder Mannerfelt – Building Of The Mountain
07 – Alessandro Cortini – Ovest
08 – Deathprod – Treetop Drive 3
09 – Hex – Exotica
10 – Kyoka – Smash/Hush
11 – Marie Davidson – La Femme Écarlate
12 – Fatima Yamaha – Love Invaders
13 – Pan Daijing – Exile
14 – Not Waving – Redacted 2
15 – Manie Sans Délire – Pyre
16 – Bourbonese Qualk – Something In The Air
17 – Rezzett – Rupez
18 – Ekman – سبعة عشر
19 – Mitchell Goor – The Self Destructive
20 – Unknown – A1
21 – Years Of Denial – Metal Wave (Broken English Club remix)
22 – James Ruskin – Take Control (Surgeon remake)
23 – Alessandro Adriani – Crow (Mick Wills cut)
24 – Restive Plaggona – Muse Of Tragedy
25 – People Skills – Gunshots At Crestridge II
26 – Skinny Puppy – Politikil
27 – Youth Code – Commitment To Complications

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Myrrias http://www.hartzine.com/myrrias/ http://www.hartzine.com/myrrias/#respond Wed, 18 Jan 2017 11:02:07 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54121

Il y a quelque semaines nous vous parlions de Jeff Zeigler, producteur prolifique basé à Philadelphie. Cette fois-ci nous retournons […]

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Il y a quelque semaines nous vous parlions de Jeff Zeigler, producteur prolifique basé à Philadelphie. Cette fois-ci nous retournons dans « la ville de l’amour fraternel » pour donner un coup de projecteur sur Myrrias, super-groupe de filles menée par Mikele Edwards (Arc In Round), April Harkansan (Downtown Club), Emily Robb (Louie Louie, Lantern) et Casey Bell (Break It Up). Il y a tout juste un mois, elles sortaient leur second LP, Spectra, sur le tout jeune label de Zeigler, Soft Dystopia. Huit titres dream pop où s’étendent des nappes shoegaze et des motifs psychédéliques. Sophistiquées à souhait, ardentes et sombres à la fois, les chansons menées par la voix hypnotique de Mikele invitent à une séduisante dérive enivrante. Découvrez Spectra en streaming et une mixtape exclusive concoctée par le groupe. Enjoy !

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Des montagnes de Pennsylvanie, actuellement je suis à Philadelphie.

The mountains of Pennsylvania, currently in Philadelphia, PA.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Quelque part au Nord et où il fait froid, probablement dans le Maine, mais je déménagerais en Suède si je le pouvais.

Somewhere North and cold, probably Maine but I’d move to Sweden if I could.

Pourquoi la musique ?
Why music?

C’est la seule chose que je puisse faire pour rester saine d’esprit.

It’s the one thing I can do to restore sanity in my life.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Je peux simplement espérer que quelque chose d’autre ferait du bien à ma santé mentale. Peut-être la physique, c’était presque ma spécialité à la fac.

I could only hope that something else would keep me sane! Maybe something like physics – I almost majored in that in college.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Une fois que je me suis rendue compte que tout cela n’avait pas réellement d’importance, j’ai pu profiter de la vie.

Once I realized none of it really matters, I could actually enjoy life.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Croire en moi et ne pas rendre ma musique trop compliquée.

Trusting myself and not overcomplicating my music.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Je ne pense pas que mes groupes précédents auraient existé si je n’avais pas compliqué les choses plus que nécessaire. Par conséquent, je n’en serais pas là aujourd’hui.

I don’t think any of my previous bands would have existed without making things more complicated than they needed to be. And therefore, I wouldn’t be where I am today.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Je ne crois pas en la mort artistique, à moins que la personne ne décide d’arrêter de créer. On peut toujours trouver un moyen d’être artistique, à n’importe quel âge ou moment de sa vie.

I don’t believe there’s artistic death unless the individual chooses to stop creating. You can always find a way to be artistic at any age or time in your life.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Un moment de silence, en général dans des toilettes.

A moment of silence, usually in a bathroom stall.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Je ferais un groupe avec Nico, Trish Keenan de Broadcast et Laetitia Sadier de Stereolab.

I’d form a group with Nico, Trish Keenan from Broadcast and Laetitia Sadier from Stereolab.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Gagner ma vie avec ma musique est toujours un rêve. Si je pouvais atteindre ce but sans sacrifier mon intégrité, je serais extrêmement satisfaite.

Making a living with music is still a dream for me. If I could ever get to that point without sacrificing my integrity, I’d be extremely content.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Continuer à aller de l’avant.

Keep moving forward.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

J’ai hâte d’avoir les cheveux blancs et une coupe en carré plongeant. Je vivrais probablement dans le Maine avec mon mari et ferais de la musique ambiante à base de field recordings et de synthés faits maison.

I can’t wait to go fully grey and have a bob haircut. And I’ll probably live in Maine with my husband and make ambient music with field recordings and home made synths.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Étant donné que je m’apprête à faire venir au monde un bébé, je vais probablement me concentrer sur l’écriture et l’enregistrement et moins sur le live. Peut-être que je vais finir par faire de la musique gothique pour enfants.

As I’m about to bring a little babe into the world, I’ll probably focus more on writing and recording and less on performing live. Maybe I’ll get into writing gothic children’s music.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

J’aime le vin et le camping et j’ai hâte de ne plus être enceinte pour apprécier ces choses à nouveau !

I love wine and camping and can’t wait to not be pregnant and enjoy these things again!

Photo : Kyle Costill

Écoute exclusive

Audio

Tracklist

Myrrias – Spectra (Soft Dystopia, 02 décembre 2016)

01. Unlock My Eyes
02. All Alone
03. PEAK
04. Pattern
05. Marias
06. Focus
07. Hues
08. 60/40
09. Introspectrum

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VvvV – VvvV http://www.hartzine.com/vvvv-vvvv/ http://www.hartzine.com/vvvv-vvvv/#respond Mon, 16 Jan 2017 22:00:17 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54101

Besoin impérieux de tout quitter, courir comme un dératé à travers champs et s’arrêter à la première friche croisée pour […]

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Besoin impérieux de tout quitter, courir comme un dératé à travers champs et s’arrêter à la première friche croisée pour prendre la pose, vêtu de noir, une cagoule sur la tête et un fusil porté à l’épaule. Le Korg en second plan. Portrait de la nouvelle garde de défense du clavier, organisation obscure pour l’indépendance des notes noires et blanches. Sentiment d’imminence quand les gyrophares sonores du duo bordelais VvvV prophétisent l’émeute dès Like, premier morceau de l’album du même nom qui, sorti à l’automne dernier, a réussi à invoquer et faire rugir les sirènes de l’enfer. Un moment de grandiloquence qui n’effraie que ceux qui ne seront jamais préparés à recevoir telle envolée symphonique, concerto maléfique pour synthpunk.

VvvV, c’est l’apocalypse fait synthé, baroque et faste, le sceau du diable dessiné à travers les quatre consommes onomatopéiques d’un faux palindrome baveu qui semble dire : vite, violent, vénère et vif. Les sens en ébullition, la furie d’une réunion des genres pop, punk, kraut et cold déferle, sur fond de chant cabalistique et de sonorités qui flirtent parfois avec l’indus à la Soft Moon. Démonstration ci-après avec la doublette Clean et Nation.

Esprit malin, le duo capture ses victimes sous les feux d’un style téméraire et joue avec l’instinctivité de la réaction qui s’en suit. On devient adepte, discipline. Les barrières tombent, c’est prêt à être sacrifiés qu’on fonce vers le brasier VvvV, pris sous les coups de boutoir de The Beast. L’étau des nappes opaques se resserre mais les respirations Alive et Your Life maintiennent hors de l’eau, geste salutaire et manifestation du diable, rengaine entêtante n’apaisant que pour mieux assaillir. V Le Virulent. Sur les terres du Graves, le rouleau compresseur de neuf titres de cet album prend de court, la procession laisse suffoquant mais prouve que Bordeaux rocke toujours, merci beaucoup pour elle.

Audio

Tracklist

VvvV – s/t (Detonic Recordings / À Tant Rêver Du Roi, 18 novembre 2016)

01. Like
02. Slugs
03. Getaway
04. Your Life
05. Clean
06. Nation
07. The Beast
08. Alive
09. Light

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X.I – Last Waves http://www.hartzine.com/x-i-last-waves/ http://www.hartzine.com/x-i-last-waves/#respond Thu, 12 Jan 2017 14:03:22 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54088

Bon, autant y aller cash, en ce début d’année, vous allez bouffer du Mind Records (lire) par plâtrée, le label […]

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Bon, autant y aller cash, en ce début d’année, vous allez bouffer du Mind Records (lire) par plâtrée, le label franco-nippon ayant décidé de soigner notre gueule de bois post réveillons à renfort de synthwave bien péchue comme le prouve ce 7 pouces de X.I, artiste australien qui a débuté sous l’ère Reagan… pour les plus curieux, Google is your best friend ! Last Waves, titre phare de mini EP, puise son inspiration dans le meilleur de Carpenter (lire) et Vangelis, dévoilant une électro discoïde aux accents frénétiques, reflétée par un clip totalement eighties tranché au stroboscope et cuté à grand renfort de taglight. La deuxième piste, Prince William Sound, même si moins galopante, n’en reste pas moins excitante, rappelant les BO emblématiques de Big John. Une galette essentielle, hélas limitée à 199 exemplaires, mais qui n’a pas fini de faire remuer sur les dancefloors.

Pour commander le disque, c’est par ici que ça se passe !

Vidéo

Tracklist

X.I – Last Waves (Mind Records, 06 décembre 2016)

01. Last Waves
02. Prince William Sound

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Noyades http://www.hartzine.com/noyades/ http://www.hartzine.com/noyades/#respond Wed, 11 Jan 2017 11:00:10 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54068

Noyades est un trio de Lyon qui, avec le prompt sens du naturel de ceux qui s’amènent, ouvrent une bière, […]

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Noyades est un trio de Lyon qui, avec le prompt sens du naturel de ceux qui s’amènent, ouvrent une bière, rigolent un bon coup puis repartent, a déposé ses gros souliers sur la longiligne autoroute du hard et ne cesse depuis cet état de fait d’aligner les concerts façon boule d’hydrogène. Le groupe possède ce solide mental qui leur donne pour objectif de jouer partout, dans toutes les circonstances et – surtout – dans toutes les positions possibles, vous les avez peut-être vus par chez vous : en live, Noyades – avec d’autres groupes de la même bouteille comme Cosmic Dead ou Hey Colossus – dispense cette efficace parole qui redonne un peu de fulgurance et de passion à un genre qui s’éteignait quelque peu dans les molles affres de l’indifférence. On a soumis les trois garçons à une Out Of The Blue, en attendant leur concert le samedi 04 février prochain au Petit Bain pour leur sortie de résidence.

D’où viens-tu ?

Jessy (batterie) : On va dire qu’on vient de Lyon, c’est en tout cas notre point de ralliement principal, le siège de notre club, le FC Noyades…

Où vas-tu ?

Pour l’instant, dans des salles en Suisse où il fait -19°C, mais on va essayer de jouer un peu plus au soleil dans les mois à venir. Notre but réel est bien sûr de conquérir le monde et d’instaurer l’Acid Hard au programme scolaire de toutes les écoles… C’est là qu’on va vraiment.

Pourquoi la musique ?

Je crois qu’on est tous trop fainéants pour faire dix heures dans une mine et qu’on a trop d’éthique pour être contrôleurs TCL (Transports en Commun Lyonnais), puis franchement, être avec ses potes pour créer un truc cool, rencontrer plein de gens, voir plein d’endroits trop bien, faire la fête en buvant de la gnôle… Il faut le dire, c’est une occupation super cool !

Et si tu n’avais pas fait de musique ?

Mon dieu… Je pense qu’on vendrait du cuivre, ou bien qu’on serait en permanence au PMU City de la place des Terreaux (fameuse et grande place centrale à Lyon) pour essayer de devenir riches… C’est une question qui nous angoisse, on ne peut pas trop en parler.

Une épiphanie personnelle ?

Cyril (guitare) : Pour ma part, il y en a eu plusieurs. Récupérer une cassette de Rohff à 8 ans, la discographie complète d’AC/DC en 64kb/s à 11 ans, et tomber la même semaine sur un live de Sunn O))), un autre de Fushitsusha et Merzbow sur YouTube à 14 ans. Peut-être que ça peut expliquer certaines choses.

Une révélation artistique ?

Dernièrement, la discographie complète de Ringo Shiina et Tokyo Jihen. Ça me rend complètement fou, et sourd aussi. La production des albums est souvent plus radicale qu’un disque de grindcore, niveau aigus qui arrachent la tête. J’ai récupéré tout ce qui avait été enregistré depuis le début de sa carrière, même les démos qu’elle a envoyé à EMI avant d’être signée.

Le revers de la médaille ?

Je me mets à bosser du jazz.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?

Pour le moment j’ai l’impression que les Steel Panther se portent plutôt bien, mais il faudrait leur poser la question…

Un rituel de scène ?

Vince (basse) : Je m’y colle parce que je crois que je suis celui qui est le plus chargé à ce niveau, ah ah ! Je pourrais te dire que j’écoute Hatebreed en faisant des pompes avant de boire une bonne grosse rasade de brûleur de graisse comme Mamadou Sakho. Mais la vérité c’est qu’avant de monter sur scène, je m’enferme dans les toilettes et je fais le truc le moins punk rock du monde : des échauffements du corps entier, de la tête au pied, muscle par muscle, que j’ai appris quand je prenais des cours de direction de chœur en licence de musicologie. C’est le truc le moins crust du monde mais ma mutuelle couvre que deux consultations d’ostéo par an. Pendant les premières années, Cyril convulsait régulièrement sur scène mais il a un peu faibli ces dernières semaines, je vais lui casser les couilles pour qu’il recommence. J’aimais bien, ça faisait peur aux gens. Quant à moi, je poursuis ma quête du grand écart facial 100% à la Jean-Claude Van Damme dans Blood Sport (version VHS, la meilleure).

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?

Hors musique, je crois que je vais accomplir ce que je rêvais de faire depuis des années : je vais bosser pour Villette Sonique en 2017. Et en musique : un producteur impitoyable, qui te casse les couilles à l’extrême tant que ton disque est pas genre parfait au putain de millimètre. Apparemment, Bob Rock se traîne cette réputation, et en plus il a délocalisé son studio à Hawaï.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?

UNE TOURNÉE EN PREMIÈRE PARTIE DE MÖTLEY CRÜE AU JAPON EN 1987.

Et la vraie réponse : jouer avec Noyades au Japon, à Taïwan, au Brésil, à Montevideo en Uruguay, au Chili, en Argentine, en Nouvelle-Zélande, faire une tournée infinie en Australie et, inch’Allah, un jour aller jouer en Égypte chez nos potes de PanSTARRS, un super groupe de cold wave du Caire. Ah et une tournée de stades US avec Guns N Roses au complet en 2018.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?

Jessy : Question difficile… En fait, on fait partie de la dynastie des Kurganes (les méchants dans Highlander). C’était donc en -1000 av. J.C., une époque compliquée pour nous. On vivait dans ce qui s’appelle aujourd’hui la Russie, où la vie était très dure. Quand on avait 12 ans on traînait avec un groupe de bandits qui dévalisaient les caravanes sur les routes qui mènent de la mer Méditerranée à l’Inde, c’était pas cool. Si on avait su, on ne le referait pas. Plus sérieusement, c’est difficile à dire, je pensais à peut-être m’intéresser à la musique plus tôt, mais franchement on a tous commencé l’instrument tard et je crois que c’est très bien comme ça.

Comment te vois-tu dans trente ans ?

Vince : J’suis le mec le plus vieux du groupe, dans trente ans on sera en 2047, j’aurais 61 ans. Personnellement, j’espère palper un max d’alloc’ pour passer ma vie en thalasso avec minimum hammam, douche suédoise, sauna, bains chauds, le truc avec les concombres sur la tronche et massages aux huiles essentielles remboursés à l’infini par la Sécu qui aura été restaurée par le président José Bové en 2043, élu en 2042 après les cinq mandats de François Fillon.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?

En tant que Noyades, nous espérons surtout ne jamais tomber dans le jazz rock, ou le prog, du moins au niveau du style : avoir un catogan avec basse 7 cordes fretless sans tête, une batterie à 360 degrés avec double grosse caisse et gong et guitare double neck. Si on arrive à échapper à ça, on sera heureux. Pour le reste, difficile à dire… Certainement déménager dans les montagnes en Azerbaïdjan pour tout apprendre du shred et des configurations de boîtes à rythme. On va s’en payer une bonne tranche dans la playlist, tiens.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)

Pas vraiment… Plaisirs coupables, à part la Maximator, les gaufres au miel et le Hard FM, rien de spécial à signaler!

Quelle est votre actualité ?

Nous bossons sur un projet incroyable de split pour célébrer la fin du studio Davout où nous avons enregistré Go Fast. C’est un endroit mythique depuis les années 1960. Il y a eu Stockhausen, Boulez, Prince, France Gall, Zazie, les Talking Heads, Ozzy Osborne, Fela Kuti, Compay Segundo qui ont enregistré des disques de diamant là-bas, et des milliard d’autres. Le studio A est tellement grand que tu peux enregistrer les plus gros orchestres de l’histoire, genre Mahler et Wagner et leurs symphonies à 120 musiciens. On va faire un 4 way split là-bas, dix à douze minutes max de zik par groupe et après on le sort en LP via les labels qui seront intéressés. Les dernières heures d’un studio mythique laissé aux mains de groupes DIY/indé qui vont venir faire leurs conneries de musique cheloue là où les Rolling Stones ont enregistré. Et à coté de ça, continuer à tourner à mort, avec des groupes comme Satan, Korto, Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs, Autisti, etc. Ah et aussi la sortie de Go Fast sur le label suisse Hummus Records. On ira célébrer ça en Suisse pour deux super dates à Lausanne et La Chaux de Fond avec Autisti et Closet Disco Queen.

Écoute exclusive

Vince :

Limp Wrist – Cheap Art

Souvenir de mes années crust.

NOFX – It’s My Job To Keep Punk Rock Elite

Souvenir de mes années skate où je faisais pas de skate.

Pneu – Oiseau-Aigle

Souvenir de mes années Pneu avec, au début du morceau, un break de batterie volé sciemment à Raised Fist selon JB (batteur de Pneu).

Jessy :

Ramones – Pet Sematary

Grégory – LSD et Système D

TRUST – Antisocial

Cyril :

Cammelia ft. Nanahira – ニワカ三年オタ八年、インターネッツはforever (長文スマソLong ver.)

Tokyo Jihen – サービス

Rəhman Məmmədli – Cütcü

Audio

Tracklist

Noyades – Go Fast (22 octobre 2016)
01. Réplique
02. Machhapuchhare
03. Bear Rider
04. No Other Grave Than The Sea
05. Sidi Abderrahman
06. Mevlana
07. Reflects

A noter également que Noyades sera au Petit Bain le samedi 4 février prochain en compagnie de Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs, Cocaïne Piss et Villejuif Underground, pour leur sortie de résidence. On vous recommande très fortement cette date : plus d’informations par ici et les préventes peuvent s’acquérir .

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Jefferson Aircrash – Large Hadron Collider http://www.hartzine.com/jefferson-aircrash-large-hadron-collider/ http://www.hartzine.com/jefferson-aircrash-large-hadron-collider/#respond Mon, 02 Jan 2017 11:00:00 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54016

par Nastasia Hadjadji De Jefferson Aircrash on ne connait que peu de choses : side-project de l’artiste italien pluridisciplinaire Rodolfo […]

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par Nastasia Hadjadji

De Jefferson Aircrash on ne connait que peu de choses : side-project de l’artiste italien pluridisciplinaire Rodolfo Valenti – qui officie également sous l’alias V/Plasm lors de performances visuelles et VJing -, adepte de techno rugueuse et agressive. Alchimie instable entre sonorités doom, industrielles et samples synthétiques, Large Hadron Collider est une tape dense, concentré de six tracks de techno expérimentale ombrageuse.

À quelques variations de gris près, c’est la noirceur qui domine dès le premier track (Set Particles), et qui se prolonge dans des textures abrasives et rugueuses de Hangar. Influences industrielles donc, auxquelles s’ajoutent parfois des expérimentations noise (Proton Decay). Plus loin, Jefferson Aircrash nous emmène dans un tunnel long et brumeux de dix minutes (Large Hadron Collider), pour ensuite nous plonger dans une atmosphère kaléidoscopique, sombre, répétitive (Totem).

Musique de danse, musique de transe, musique d’aube : la techno de Jefferson Aircrash est expérimentale et moléculaire. Riche de sonorités originales, la tape offre une synthèse de dark techno aux influences diverses sans y imposer de lourdeur trop évidente.

Techno expérimentale ombrageuse, intransigeante ; elle conviendra aux adeptes de dancefloors introspectifs (voire autistiques) plus qu’à celles et ceux en recherche de partages extatiques. Une sortie judicieuse de plus pour l’exigeant label de musiques électroniques expérimentales Hylé Tapes.

Audio

Vidéo

Tracklist

Jefferson Aircrash – Large Hadron Collider (Hylé Tapes, 16 décembre 2016)

01. Set Particles
02. Hangar
03. Proton Decay
04. Large Hadron Collider
05. Totem
06. Rêverie

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Wave Temples http://www.hartzine.com/wave-temples/ http://www.hartzine.com/wave-temples/#respond Wed, 21 Dec 2016 13:14:53 +0000 http://www.hartzine.com/?p=50114

Not Not Fun Records et Hartzine, ça matche plutôt bien (lire). C’est donc naturellement qu’on s’est tournés vers l’une de […]

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Not Not Fun Records et Hartzine, ça matche plutôt bien (lire). C’est donc naturellement qu’on s’est tournés vers l’une de leurs dernières sorties pour refermer la saison 2016 d’Out Of The Blue, Wave Temples, qui dessine les contours de drôles de cartes sonores imaginaires à sonder les yeux fermés, allongé dans un hamac. Les field recordings architecturés avec transparence et les expérimentations sous plantes exotiques qui composent cette cassette intitulée Isle Enchanted sortie il y a quelques jours à peine nagent dans les eaux pas si limpides et bien hallucinées de sa Floride natale. À moins qu’il ne s’agisse d’une île mystérieuse, perdue dans les limbes d’un océan Pacifique source des fantasmes inassouvis de cet explorateur enregistreur des fonds marins… plongée dans les profonds méandres de son processus créatif.

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Je suis originaire de Floride mais je suis assez persuadé de venir d’ailleurs, je passe pas mal de temps dans ma tête.

I hail from Florida but Im pretty sure I come from somewhere else. I spend a good deal of time in my head.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

À ce stade de ma vie, je me sens être une sorte de star vivant des moments de parfaite coïncidence dans une mer d’incohérence autrement chaotique.

At this point in my life I feel like I am kinda star charting moments of perfect coincidence in a sea of otherwise chaotic randomness.

Pourquoi la musique ?
Why music?

Bonne question. Il fut un temps où je connaissais la réponse, ah ah ! La musique peut être un moyen d’expression très unique. Parler d’un « langage universel » fait plutôt cliché de nos jours mais ça me semble vraiment être une sorte de langage vestigial, ou peut-être une combinaison de genres venue de la quatrième dimension qui réussirait à exprimer des choses qui ne pourraient être communiquées d’aucune autre façon.

Thats a good question. I used to know the answer to that haha… music can be a very unique form of expression. To say a “universal language” is probably a little cliche today but it does seem to me like some vestigial language or maybe a 4th dimensional connection of sorts… that can express things that can’t really be communicated in any other way.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Je doute qu’une telle réalité puisse exister ; j’ai eu des périodes où j’ai essayé de ne pas écouter de musique mais cela a souvent été des moments de tristesse et de frustration. Je m’intéresse aussi à la photographie, aux techniques de cinéma, à la narration et à la réalisation mais j’estime que ce sont d’autres formes de musique.

I’m not sure such a reality exists… I’ve gone through periods where I tried not to listen to music but it was often sad and frustrating times. I also like photography, cinematography, storytelling, and filmmaking … but it’s all kind of music to me.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Un jour, j’ai dû me demander pourquoi je faisais tout cela. Parce que booster mon ego ne m’intéressait plus et que je n’ai jamais trouvé gratifiant de placer un personnage ou une célébrité au-dessus de tout ce qui peut être réel ou vrai. Les êtres humains sont fondamentalement imparfaits, à un certain niveau ça en devient même de la connerie, mais il reste des endroits sacrés, au moins dans un état d’esprit si ce n’est plus dans un état matériel. Loin de moi l’idée de ne pas percevoir toutes ces réalités comme un besoin du monde d’aujourd’hui, je pense juste qu’il n’est pas bon pour moi de concentrer mon énergie dans ces directions. Si tu crois que la musique est sacrée, qu’elle peut transcender le monde dans lequel nous vivons, où est-ce que tu peux bien aller à partir de là ?

At some point I had to question why I do any of this… because I’ve lost interest in ego aggrandizing and it never felt rewarding to me to put persona or celebrity over all the possibilities of what can still be real or true. Humans are inherently flawed and at some level it’s all bullshit, but there are still sacred places left. If not in material form than at least a state of mind. Not that I don’t accept all theses realities as a necessity of our world today…. it just didn’t seem right that I focus my energies in those directions. If you believe music is sacred and can transcend the normal world we live in… where do you possibly go from there…

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Bien sûr, plein. Le plus brutal étant ce flirt total avec la folie. L’isolation aussi.

Sure, lots. At it’s rawest, a total flirtation with madness; isolation.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Dernièrement, je suis tombé sur une citation que j’ai beaucoup aimée : « accepte les dons de l’heure avec joie et renonces-y avec stoïcisme ».

A quote I came across recently that I like a lot is “Accept the gifts of the hour joyfully and relinquish them stoically”.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

J’improvise presque tout ce que je fais, j’ai tendance à écrire et expérimenter à travers le live. Une fois que les sets sont prêts pour l’enregistrement, j’efface souvent tout et je recommence, ça m’empêche de faire les choses de manière mécanique ou ennuyeuse et m’aide à réfléchir aux endroits (réels ou imaginés) qui m’inspirent. Cela me rappelle pourquoi je fais ça. Cela dit, cette année, m’envoyer des shots de vodka tropicale avant de monter sur scène et durant les lives a été un rituel très efficace, ah ah !

Almost everything I do is improvisational and I tend to write and experiment through live shows. Once the set gets laid down to tape I often scrap everything and start over. It helps keep it from getting mechanical or boring. It helps to think of places (real or imagined) that inspire me; Just to remember why I’m doing this… but with that said… pounding tropical vodka shots has also been an effective pre- and during-show ritual this year haha

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

C’est difficile à dire, je respecte le travail de beaucoup d’artistes et je m’inspire de nombreuses choses mais je suis de plutôt de nature solitaire.

Not sure… I respect the work of lots of people and many things have inspired me but I am kind of a loner by nature.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

À ce stade, je dirais que sortir un vinyle serait le climax de Wave Temples. C’est une question difficile… ce pourrait être un live enregistré à Malte, aux îles Bimini ou au sommet d’un pyramide maya, qui sait ? Des sentiers parfois étranges et mystérieux me rattrapent.

At this point I think a 12” inch record would be the climax of wave temples… but it’s hard to say… it could be a live recording in Malta… Bimini… or atop a Mayan pyramid maybe… who knows?! I find myself caught up in a sometimes strange and mysterious path.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Sûrement de toujours écouter son intuition et de faire confiance en la voie naturelle des choses, de ne pas céder à la destruction. Là je me remets justement d’un de ces moments, j’avais l’impression que la vie n’aurait pas pu se passer autrement, donc c’est difficile à dire avec certitude.

I guess… always listen to your intuition and have more faith in the ways of things… not to be so easily seduced by the destroyer… but I am also recovering from one of those moments where it seems like life couldn’t have gone any other way so it’s hard to say for sure.

Comment te vois tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Mort, probablement.

Probably dead.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

En fait, j’ai vraiment atteint un moment décisif là, je suis comme un enfant face à une toute nouvelle phase de la vie. Je me débats constamment avec mon envie de me retirer… je pouvais voir la musique devenir encore plus une échappatoire.

I’m really at a crossroads right now actually. Infantile to a whole new phase of life… but I do constantly wrestle with the urge to withdraw… I could see music becoming even more of a personal escape.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Hum, je suis devenu pas mal hédoniste ces sept dernières années, ah ah ! Je préfère m’abandonner au plaisir plutôt que penser à la culpabilité.
Comme trésor caché à proprement parler, ma femme et moi venons d’acheter une propriété à l’abandon. Un bungalow au design post-Memphis et à l’atmosphère Key West que nous avons surnommé Hawaiki – « maison » pour nous. C’est un trésor caché et plutôt modeste, tout compte fait. À part devenir de plus en plus fan de plantes exotiques et d’architecture, cet endroit m’a offert l’occasion de me fixer pas mal d’objectifs à un moment où je flottais paresseusement sur les rives d’une prochaine aventure.

Hmmm…. I’ve become kind of a hedonist these past 7 years haha… not a big fan of guilt, but I’m all for pleasure.
As far as hidden treasure, my wife and I recently purchased a rundown bungalow estate designed in a post-memphis style key west vibe that we have dubbed Hawaiki – to us meaning “home”… It’s fairly hidden and quite a modest treasure considering. Aside from getting more and more into exotic plants and architecture, this place has provided a great deal of purpose while floating idle on the shores of the next adventure.

Écoute exclusive

Audio

Tracklist

Wave Temples – Isle Enchanted (Not Not Fun Records, 16 décembre 2016)

01. Isle Enchanted – Part I
02. Isle Enchanted – Part II

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Nouvelles Académiques : Ilya de Phonoteka & Architecture Vigilante Orchestra http://www.hartzine.com/nouvelles-academiques/ http://www.hartzine.com/nouvelles-academiques/#respond Thu, 15 Dec 2016 20:14:20 +0000 http://www.hartzine.com/?p=50097

Cela fait plus d’une vingtaine d’années que je rêvais de visiter la Russie sans que l’occasion se présente vraiment. Une […]

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Cela fait plus d’une vingtaine d’années que je rêvais de visiter la Russie sans que l’occasion se présente vraiment. Une fascination qui comme beaucoup, je le présume, provient de la littérature et plus particulièrement pour ma part, de la découverte des Nouvelles de Saint-Pétersbourg de Gogol à un jeune âge. Au retour de ce beau voyage, qui a répondu à toutes mes attentes et plus, l’idée d’écrire un article sur la scène « indie » de Saint-Pétersbourg est venue naturellement, après de belles rencontres. Mais appeler son article : Nouvelles de Saint-Pétersbourg me paraissait un brin odieux. Or à la lecture du grand Fedor et de son livre « Une Sale Histoire » celui-ci écrit : «…tous les Russes de Pétersbourg, tous sans exception, ne disent jamais : Les nouvelles de Pétersbourg mais toujours Les nouvelles académiques. » De nouvelles académiques il sera donc question.

Trouver le pendant musical d’une Littérature à la richesse inépuisable semblait cavalier pour un touriste hebdomadaire. Et pour être très franc ce n’était qu’au travers de : Motorama , de la merveilleuse compilation parût chez Not Not Fun : She Knows More Than She Thinks  (qui regroupe une dizaine d’artistes féminins de Russie et d’Ukraine) , ou encore et toujours chez le fabuleux label de Britt Brown Not Not Fun l’excellent duo Pétersbourgeois de Delicate Feature  et le virtuose XYR que mes connaissances musicales Russes se limitaient. Pour un pays qui s’étend des Carpates à l’Oural c’est un peu restreint. Il me fallait donc du renfort. C’est lors de l’une de mes déambulations dans des quartiers dit : « hype » que je fis connaissance avec Ilya et son disquaire Phonoteka. L’ambiance hipsters se retrouve un peu partout à Saint-Pétersbourg à tel point qu’un label pousse le cliché jusqu’au patronyme douteux de Saint-Brooklynsburg et sort des artistes (genre Bross)  dont le son se rapproche pas mal de Captured Tracks.

« Dude that shit is dope » sont les premiers mots que mon pote Aaron a prononcé à l’écoute d’un morceau qui passait chez Phonoteka. Le groupe en question c’était celui d’Ilya employé chez ce même disquaire avec lequel je me suis entretenu.

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Concernant « Phonoteka » depuis combien de temps ce lieu existe ?
When was it created ?

Phonoteka a été créé le 28 octobre 2005

Phonoteka was created 28 oct 2005

Tu y travailles depuis combien de temps, qui en est responsable et combien de personnes y bosse ?
How long have you been working there ? who’s in charge and how many people are working there ?

Ça fait 4 ans que j’y bosse. La responsable est une fille dont le rêve était d’ouvrir un lieu pour les passionnés de musique et de promouvoir des disques rares de différents horizons.

Notre staff comporte quatre vendeurs ( dont moi ), deux filles à l’administration ( pour le site web et les ventes locales ), deux photographes pour le site et un type pour l’évaluation des prix des vinyles.

I’m working there for 4 years. Our director is a girl, and that was her dream to make a store for real music lovers, and promote rare records from all over the world. Our staff is 4 sales managers (including me), 2 girl administrators (for our vinyl website and for local sales), 2 photographers (to make pictures of vinyl on a website), one guy for evaluation of vinyl prices.

Quel type de musique « Phonoteka » met en avant ?
What kind of music genre « Phonoteka » focuses on ?

On n’est pas concentré sur un type de musique en particulier, mais la plupart de nos clients préfèrent le Hard-Rock, le Classic Rock, le Jazz, la musique Classique, le prog, le psyché et le Kraut des années 60-70.

We’re not focused on any particular genre, but most of our customers prefer Hard `rock, Classic Rock, Jazz, Classic music and rare Progressive, Psychedelic and Krautrock from 60-70’s.

Existe-t-il une connexion, une amitié entre les différents disquaires à Saint-Pet ? Trouves-tu ça difficile de s’occuper d’un disquaire en terme de vente de vinyle de l’import et du prix ?
Is there a connection, friendship between different record shop in Peter ? Do you find it hard to run a record shop in Saint-Peter in terms of vinyl import and prices ?

On se trouve à quelques pas de trois ou quatre autres disquaires mais on est très différent il n’y a donc pas de compétitions. Il y a à peu près vingt disquaires à Saint-Pétersbourg mais nous sommes les seuls à bosser avec l’Europe.

We’re located near 3-4 record stores, but all of our specific is different, so the competition is not that hard. There are about 20 record stores in SPb, but only our service is at European level, and prices are cheaper than in most other places (even in Europe) We have a friendship with nearest record stores and one another, which specializes in Russian Music. Due to the recent currency fluctuations it is very hard to keep the prices competitive, but we do our best to make our customers stay with us.

J’imagine que comme dans tous les pays c’est « illégale » de télécharger de la musique et que la vente de disque est difficile, peux-tu nous en dire plus à ce sujet, quels sont les formats que vos clients préfèrent ? Est-ce que vous vendez beaucoup de cassettes ? Concernant la musique indé, quel genre est le plus populaire à Saint-Pétersbourg en ce moment ?
I’m curious about your sells,what format your customers love the most ? do you sell tape a lot ? Concerning indie music what specific genre is the most popular in Saint-Petersbourg these days to you ?

Ce n’est pas légal de télécharger, mais le respect des lois n’est pas soutenu à ce niveau, donc beaucoup de personne préfère télécharger. Les vrais fans achètent tout : LP, CD , Blu-Ray, SACD, DVD, Fan boxes et tout le reste ! Les cassettes ne sont pas très populaires mais la scène locale sort des trucs en édition limitée.

Le truc du moment c’est de ; sonner comme dans les années 80 que ce soit en faisant du garage , du punk , du post-punk , du shoegaze ou de la synth-pop ; et tous les trucs underground du passé. La Techno est très populaire mais plus auprès des DJs. Bref tout est comme en Europe, on ne chevauche pas des ours et on n’écoute plus de chanson carcérale : )

It’s not legal to download, but law enforcement is not that effective, so many people prefer to download torrents for free. Real fans of music prefer buy everything: LP, CD, Blu-Ray, SACD, DVD, fan boxes and everything else! Tapes are not so popular, but local scene releases and sells in limited editions. For nowadays it’s become very popular to make a band sounds like in 80’s: garage punk, post punk, shoegaze, synth pop and all of any underground sounds from the past. Also techno sound is very popular among DJ’s. All is like in Europe. We do not ride bears and listen to jail chansone anymore ;)

Concernant ton groupe Architecture Vigilante Orchestra, peux-tu nous en parler un peu ?Avez-vous beaucoup tourné et était-ce en dehors de Saint-pétersbourg voire de la Russie ?
Can you tell us a bit about your band : Bio, Discography etc…
Have you been touring a lot and was it outside of Saint-Petersbourg or even Russia ?

On est assez nombreux dans le groupe, tout déplacement pour des concerts devient assez vite onéreux, on ne joue donc pas très souvent à Saint-Pétersbourg. En ce moment on essaie de, dépasser l’aspect couteux, et de se convaincre qu’il y a un intérêt à tourner en Russie, on laisse les possibilités ouvertes.

Quelle est votre influence majeure ?
Who is your major influence ?

Nous sommes influencés par des sentiments simples et humains et nos intérêts communs sont basés sur des choses basiques qui nous entourent.
C’est dur de nommer des influences parce que nous sommes inspirés par différents artistes de tout horizon et époque confondus.

We are inspired by simple human feelings and our common interests are based on the common environment. It’s hard to name specific artists because we admire all sorts of music of different waves and periods.

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Est-ce important pour vous de chanter en russe y a t-il une symbolique ou c’est juste plus simple qu’en anglais ?
Is it important for you to sing in russian, does it mean something for you or is it just because it’s easier for you than in english ?

Écrire des paroles en russe est la plus grande des tortures et la majorité des musiciens russes (excepté les abrutis) te diront que c’est bien plus difficile d’écrire en russe. La langue est mélodique et rythmique mais d’une façon assez complexe, il y a une grande variété et profondeur, ce qui est agréable mais ça relève de l’exploit d’écrire de bons textes en russe. C’est un beau défi en tout cas , écrire en anglais semble un peu facile et malhonnête, on devrait nourrir notre société plutôt que de prétendre en intégrer une étrangère qui est déjà rassasiée.

Composing lyrics in Russian is the biggest torture, and every Russian musician (apart from complete idiots) will say that it is more difficult to write texts in Russian. The language is melodious and rhythmical in a complicated way, and allows greater variety and fullness at that, so it is a great achievement to have written good lyrics in Russian. These is the challenge Russian musicians should meet because it is unjustifiable easy, as well as dishonest to write in English for Russians. The path of least resistance chosen by some particularly bright minds is not worth it. After all, we should nourish our own society, and not simulate anything to squeeze into a foreign and already satiated one.

Quel matos utilisez-vous ?
What gear do you use ?

On est essaye de tirer un maximum du minimum qu’on a. Le matos est beaucoup plus accessible qu’auparavant mais comme on est fauché on fait de notre mieux. Pas de quoi se vanter donc je rentrerai pas dans les détails.

We try to get the maximum out of the minimum we have. Equipment is much more accessible today than before, but we, being poor, use simple tools but get the most out of them. We don’t have anything to brag about here, so I won’t go into detail.

Quand sort le nouvel album et sur quel label est-il ?
when is the new album coming and on what label it is ?

Le nouvel album est sorti le 27 aout à 8h16 (le coup de l’heure c’est la première fois qu’on me le fait) chez Dogma Rgaza https://vk.com/dogmargaza , notre label digital. On cherche désormais des distributeurs pour des sorties physiques en Russie et ailleurs. La sortie est donc passée un peu inaperçue.

New album was released on 27th August 2016 at 8.16 PM on Dogma Rgaza, our digital label. We are looking for distributors of physical copies now, both in Russia and abroad. So the release of the new album was pretty blurred.

Y a t-il à Moscou comme à Saint-Pétersbourg une grosse scène indie parce que je ne l’ai absolument pas trouvée ?
Is there an indie scene in Moscow like in Saint-Petersbourg cos I couldn’t find it ?

Une émergence des mouvements indie se répand et il y a d’importantes scènes non seulement à Moscou et Saint-Pétersbourg mais dans d’autres régions. Les choses se développent bien grâce à internet et ne se limitent donc pas à des villes spécifiquement.
Il y a un puissant réseau social en Russie qui n’a pas d’équivalence à l’Est comme à l’Ouest, un véritable bastion de la liberté d’expression. Tout ce qu’il y a d’important concernant la musique se trouve sur ces réseaux. C’est un univers caché dans lequel quelque chose de ridiculeusement magnifique prend vie. Plonges-y !

A powerful rise of indie movement is coming here, and there are important scenes not only in Moscow and St Petersburg, but in other regions too. Things are moving on a great deal thanks to the Internet, so connections in a specific city are not essential. There is a powerful social network in Russia which does not have an equal in East or West, a true stronghold of the freedom of expression. Anything important that’s happening in music, you’ll find it here. It is a hidden world of its own where something ridiculously beautiful is happening. Dive in!

Mixtape

1 Сердцедер – Образа (Moscow) 2 Спасибо – Хорошее отношение (Moscow)
3 Въеби ему, Донателло (Moscow)
4 Materic – Под простыней (Petrozavodsk – Saint-Petersburg) 5 Электроребята – Лампочки (Saint-Petersburg)
6 Starpowers – Бензопила (Vladivostok/Saint-Petersburg)
7 Вторые Брюки – В гости (Moscow)
8 Shokalsky Revenge – Lu4she (Saint-Petersburg)
9 Продавцы-консультанты – Танцевали (Omsk/Moscow)
10 Рука Дочери – Мама, я полюбила веб-панка (Saint-Petersburg)
11 Slackers – Электронная сигарета (Omsk/Moscow)
12 Бумажные Тигры – Ардженто (Tomsk)
13 Prince Champagne – Синий бархат подземелья (Petrozavodsk)
14 Вальс – Пляжные головы (Rostov On Don)
15 Velvet Breasts – Поле боли (Saint-Petersburg)
16 Не твое дело – Я буду рядом (Moscow)
17 Лемондэй – Сережа, ты становишься ракетой (Krasnoyarsk/Saint-Petersburg) 18 ARM Author – Расписание (Omsk/Moscow)
19 ВИА Волна – Вельветовая волна (Saratov)
20 Владимирский Сентиментальный Салон – Котя (Vladimir)

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LLLClub – Été d’urgence, volume 1 & 2 http://www.hartzine.com/lllclub-ete-durgence/ http://www.hartzine.com/lllclub-ete-durgence/#respond Thu, 15 Dec 2016 11:40:34 +0000 http://www.hartzine.com/?p=50084

« L’opposition de deux attitudes qui toutes les deux peuvent recourir à l’intro-spection ou à l’extro-spection, mais dans des mentalités différentes » […]

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« L’opposition de deux attitudes qui toutes les deux peuvent recourir à l’intro-spection ou à l’extro-spection, mais dans des mentalités différentes » Paul Ricœur, Philosophie de la volonté

Et si on disait une fois pour toute, qu’en France, beaucoup, pour ne pas dire tout, se passe en province. Dans des coins mystérieux, énigmatiques, reculés ou en plein cœur de villes atroces, mystiques ou enchanteresses. La première sortie des niçois de LLLClub était une petite baffe, la deuxième est une plus grosse baffe et, qui plus est, une baffe en aller-retour. Volume 1. Volume 2. Ça vient de sortir sur leur bandcamp, en format  CD-R, on ne se moque pas, artwork mignon et pack anti-sécheresse mentale assuré.

Quelque chose de l’ordre d’une prise de position émerge de cette sortie, et les prises de position réelles et sensées, on le sait, sont rares aujourd’hui. Bref, Nice, Été d’urgence, déjà le titre est un énoncé-manifeste, à défaut d’être performatif étant donné l’assagissement général du mouvement social dans notre été 2016. On y retrouve les deux comparses de la très bonne première sortie, D.A.S. et Knut Vandekerkhove.

Été d’urgence, c’est une techno bizarre. Indus bizarre pour D.A.S., assez chimérique pour Knut Vandekerkhove. Intro-spection/Extro-spection. Ça marque aussi, un souci d’une techno non-autocentrée, brassée, diverse, multiple et émergente. Une techno qui croise, qui s’hybride pour produire une forme plus étrange, plus intense, plus bizarre, plus plastique aussi, peut-être. Il n’y a pas dans les deux volumes d’Été d’urgence seulement du 4×4 radicalisé d’une manière ou d’une autre. Mais une prise de position concernant le rythme et l’hybridation des choses. Des morceaux comme des petits monstres, comme des chimères d’une techno électronique large et ouverte.

Volume 1, D.A.S. alias Dead Acid Society

Brutales ruptures de rythme, proto-techno, une atmosphère presque Pulp suant un dimanche matin et une sorte de techno modulaire imaginée en trois mouvements coupés d’interludes. A, B et C. Triangle rectangle d’une techno noire et sombre où l’on se retrouve aux prises avec une sorte d’intro-spection surplombante… Parfois très radical, brutal, parfois plus enlevé, presque world sur certaines pistes, l’excellente B1 notamment, c’est le croisement d’un moment techno plus tourné peut-être vers l’indus que le R’n’b mais qui fait place à une étonnante jouissance. Une techno technique au sens Simondonien du terme, peut-être.

Volume 2, Knut Vandekerkhove

Expérimentation hybride extro-spective. Des voix, un background presque Koudlam et des incursions dans les mouvements monstrueux de l’électronique actuelle. Quelque chose d’assez Grenoblois paradoxalement… Knut Vandekerkhove, ça pourrait être un blaze taggué entre deux murs d’une friche au milieu des montagnes. Techno plus extro-spective donc que son comparse D.A.S. On y sent l’influence de la scène bizarre d’aujourd’hui, un peu moins en dedans peut-être, plus au-dehors mais tout aussi sombre et bizarre. Ça n’est pas complètement sans rappeler les productions de N Prolenta ou de Jesse Osborne Lanthier. AT178, par exemple, pourrait être un tube des dancefloors comme on aime, bizarre, raide, assez reich, mais tout chatoyant dedans.

Bref, volume 1 et volume 2 comme les deux faces d’un même souci d’imaginer la techno, d’un même souci de prendre position face à une urgence plus large qu’une urgence exclusivement musicale. Été d’urgence est sans doute l’une des tentatives les plus réussies de faire sens au milieu de notre désastre, qui soit sortie en France cette année. Il n’y est pas question d’apocalypse mais de faire monstruosité vers un sens, vers une politique physique, vers une politique sensible.

Ce qu’on comprend avec LLLClub, c’est que, même au milieu du pire, pour éviter que ça soit « mou partout », il suffit parfois juste de radicaliser ses pratiques de la situation, du quotidien, pour tracer des lignes de sens… Pour savoir reconnaitre aussi que le temps est nécessaire dans l’urgence et que l’auto-enfermement ne peut durer trop longtemps. Les carapaces de répétition du quotidien réglé/réifié, les injonctions à faire, les castrations mentales, ne peuvent durer une vie. Ou alors c’est renoncer à tout sous prétexte du plus petit possible, du plus attendu possible, du plus facile quoi.

Le présent est un matériau suffisant aux constructions intenses. VNR n’est pas qu’une énième attitude, une énième posture, ce sont des actes, mentaux, sonores, politiques, etc. Tout, est une insurrection possible et nécessaire. LLLClub est une insurrection possible et nécessaire.

Audio

Tracklist

LLLClub – Été d’urgence, vol. 1, D.A.S. (11 novembre 2016)

01. A1
02. A2
03. A3
04. A4
05. Interlude
06. B1
07. B2
08. B3
09. Interlude
10. C1
11. C2
12. C3
13. C4
14. End

LLLClub – Été d’urgence, vol. 2, Knut Vandekerkhove (11 novembre 2016)

01. AT174
02. AT160
03. AT176
04. AT192 x Désir d’enfant
05. AT178
06. AT183
07. AT190
08. AT164
09. AT188
10. AT191

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Hoan http://www.hartzine.com/hoan/ http://www.hartzine.com/hoan/#respond Tue, 13 Dec 2016 16:18:25 +0000 http://www.hartzine.com/?p=50066

Il y a des emails promo qu’on reçoit et qui vont direct dans la corbeille, et il y en a […]

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Il y a des emails promo qu’on reçoit et qui vont direct dans la corbeille, et il y en a d’autres qui nous procurent du bonheur à coup sûr – c’est le cas notamment des newsletters d’Atelier Ciseaux, label DIY dont on vous a parlé plein de fois ici (lire) et qui a sorti une pelleté de bons disques ces dernières années : Tops, Vesuvio Solo, Francis Lung, Police des Mœurs et on en passe… Cette fois-ci, Rémi le grand manitou du label et fan inconditionnel de la poutine au chorizo, nous a envoyé une lettre d’info concernant Hoan, groupe montréalais anciennement connu sous le nom de Kurvi Tasch, qui a sorti il y a quelques mois un EP auto-produit : Modern Phase. On ne sait pas grand-chose de ce groupe, la légende urbaine dit qu’ils ont accouché de cet excellent EP en passant leurs journées au Poisson Noir, célèbre lieu collectif de création DIY montréalaise ; ce qui est sûr, c’est que les sept titres de Modern Phase s’écoutent en boucle. Oscillant entre tonalités post-punk obscures, riffs accrocheurs et textures sonores pop lumineuses, le quatuor nous offre un album d’une langueur douce et tenace à la fois. En attendant qu’ils donnent suite à Modern Phase, nous avons soumis Hoan à notre petite interview, et ils nous ont fait cadeau d’une mixtape exclusive, enjoy !

D’où venez-vous ?
Where do you come from?

On vient principalement des quartiers Mile End et Mile Ex de Montréal et de leurs alentours, avec quelques liens à Ottawa et Rabat.

We are mostly from in and around the Mile End and Mile Ex neighbourhoods of Montreal, with some fleeting ties to Ottawa & Rabat.

Où allez-vous ?
Where are you headed?

On cherche à passer le plus de temps sur la route, en particulier en Europe de l’Ouest et Centrale, et aux États-Unis, on espère tourner dans des endroits moins fréquentés par les groupes canadiens comme l’Amérique du Sud et l’Europe de l’Est.

We’re looking to spend as much time on the road as possible, especially in Western/Central Europe and the US, plus hopefully some places toured less by Canadian bands like South America and Eastern Europe.

Pourquoi la musique ?
Why music?

Nous trouvons le plus grand épanouissement dans la vie en créant de nouveaux sons et des arrangements de sons qui peuvent évoquer chez nous et ceux qui nous écoutent quelque chose de viscéral.

We find the most fulfillment in life through creating new sounds and arrangements of sounds that can evoke something visceral in us and those who we share our music with.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Ouss serait en Californie, Mike serait en train de créer des groupes communautaires, Alex serait un brillant entrepreneur dans une entreprise sociale, et Thibault inventerait une technologie qui serait le parent le plus proche de la musique, sans être de la musique.

Ouss would be in California, Mike would be creating community groups, Alex would be a successful entrepreneur in some social enterprise, and Thibault would be inventing technology that would be the closest cousin to music while not being music.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Une épiphanie serait d’avoir compris que faire de la bonne musique demande en réalité une tonne de boulot dont de l’entraînement, apprendre tous les secrets de son instrument et étudier comment les autres groupes fabriquent leurs sons et assemblent leurs morceaux. On ne peut pas être un énième groupe de rock indé, nous devons être au premier plan de la création musicale et de la compétence.

An epiphany of ours is that making good music actually takes a ton of hard work including practice, learning every aspect of your instrument, and studying how other bands make sounds and put songs together. We can’t just be another indie rock band, we have to be at the forefront of musical creation and skill.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Elle se prépare depuis un moment mais on se rapproche sans aucun doute de quelque chose de grand, de bizarre et de nouveau.

Has been brewing for a bit, but we’re definitely approaching something great, weird and new.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Avoir des boulots médiocres afin d’économiser assez d’argent pour payer le loyer de nos salles de répétitions nous laisse peu d’argent pour améliorer notre matériel et pas énormément de temps pour créer de la musique, mais on commence à s’échapper de ça avec un nouveau manager et un bon tourneur (Ouss !).

Working mediocre jobs to get enough money to pay jamspace rent leaves us with little money for improving our gear and not tons of time for creating music, but we’re starting to escape that with a new manager and a good booking agent (Ouss!).

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Ça ne semble pas probable. Je ne pense pas que la musique nous quitte un jour.

Doesn’t seem probable. I don’t think the music will ever leave us.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Ouss : Me concernant, j’aime fumer une cigarette, peut-être deux ou trois, et traîner aux alentours de la salle seul ou avec les autres. J’aime mettre de côté le contexte du “je joue un concert” pendant un moment juste pour me le prendre en pleine figure aussitôt que je monte sur scène.
Mike : Pour moi, j’aime faire des exercices de voix légèrement irritants dans un coin ou dans les toilettes avant d’y aller. L’eau est indispensable aussi (dans des mugs, pas dans des bouteilles).

Ouss : For myself, I like to have a cigarette, maybe two or three, and wander around outside of the venue by myself or with the guys. I like putting aside the « I’m playing a show » context for a bit just to find it as a slap on the face as soon as I hit the stage.
Mike : For me, I like to do slightly obnoxious vocal warm-ups in a corner or while in the washroom before going on. Water is a must too (in mugs not in bottles).

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Il y a beaucoup de personnes avec qui j’aimerais travailler et ça ne cesse de changer. Bien que je dirais que depuis que j’ai vu le concert de Holy Fuck au festival Pop Montreal je me suis mis à beaucoup réfléchir à leur manière de travailler les tonalités et comment ils créent leur musique. J’imagine que j’adorerais traîner avec eux et faire de la musique au bout d’un moment.

There are lots of people I would love to work with and it keeps changing every now and then. Although I would say since I’ve seen the Holy Fuck show at Pop Montreal I have started wondering a lot about how they work their tones and how they make their music happen. I guess I would love to hang out with them and make some music at some point.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Ne pas devoir m’inquiéter de comment payer mon loyer, mes courses, etc. Et simplement faire la musique que j’ai envie de faire sans que quelqu’un me dise “hey, on voudrait que tu fasses un album qui ressemble à celui que tu as sorti il y a quelques mois, les ventes étaient bonnes”.

Not having to worry about paying my rent, groceries, etc. And just be making the music I feel like I should be making with no one around to tell me: « Hey we want you to make an album that’s similar to the one you put out few months ago, the sales were good ».

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Travaille ton chant et fais la musique que tu aimes en plus de jouer dans des groupes ou en cours.

Practice your singing and do the music that you love on top of music in band and in lessons.

Comment te vois tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Mike : J’espère vivant, à créer de la bonne musique avec nos musiciens préférés, que tous nos bénéfices servent à créer un monde meilleur et ne pas passer ma vie bourré.
Ouss : J’ai promis à un ami que je l’embaucherai comme cuisinier si jamais j’ai une maison en Espagne. Donc j’espère avoir une maison en Espagne.

Mike : Hopefully alive, creating great music with our favourite musicians, having all our profits go towards bettering the world, and not living a life too lush.
Ouss : I promised a friend I’d hire him as a cook if I ever get to have a house in Spain. So hopefully I’ll have a house in Spain.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

En expérimentant, j’ai l’impression que nous incorporerons toutes les sortes d’instrumentations et de formes de composition, j’espère qu’on déploiera les frontières de la musique tout en faisant quelque chose de proche des gens et d’irrésistible.

Through experimentation, I feel that we’ll incorporate all kinds of instrumentation and compositional forms and hopefully extend the boundaries of music while making something relatable and irresistible.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Mike : Justin Bieber
Ouss : Anime

Photo : Nada Temerinski
Traduction : Marie-Eva

Écoute exclusive

Gang Of Four – Not Great Men

Un groupe révolutionnaire de la fin des années 1970, on n’entend plus de groupes punk avec autant de groove.

Revolutionary band from teh late 70’s, you don’t get to hear punk bands groove this much.

Parquet Courts – Stoned And Starving

J’ai eu l’occasion de passer quelques jours à Ridgewood Queens chez un ami il y a deux mois, un endroit formidable pour écouter ce morceau.

Got to spend few days in Ridgewood Queens at a friend’s place a couple of months ago, great place to listen to this song.

Eddie Current Suppression Ring – We’ll Be Turned On

J’ai eu une copine australienne une fois, elle m’a fait écouter ça.

Had an Australian girlfiend once, she made me listen to this.

New Order – Thieves Like Us

On a été dans un groupe de reprise pour Halloween une fois qui s’appelait Noodle Order et on a joué ce morceau.

We were in a Halloween cover band once called Noodle Order and did this song.

The Beatles – Don’t let Me Down

J’essaie de comprendre comment il est possible de créer cette chanson depuis des années.

I’ve been trying to understand how you can come up with this song for years.

Berimbau – Astrud Gilberto

Mon père l’écoutait tout le temps. C’est resté. C’est aussi incroyablement bon.

My dad used to listen to her all the time, it stucks. Also it’s insanely good.

Air – Playground Love

Le sonorité de saxophone la plus incroyable.

Most amazing sax tone.

Broadcast – Corporeal

Je n’ai pas pu résister, même si tout le monde nous compare à eux. RIP. Trish Keenan

I couldn’t resist, even tho everyone say we have something of them. RIP. Trish Keenan.

The Luyas – Buck’s (2 hours) Late

Superbe musique de notre quartier, je les ai vus jouer il y a un mois et ils m’ont impressionné.

Great music from the Neighborhood, saw them play a month ago and they blew my mind.

Holy Fuck – Red Lights

HOLY FUCK (BORDEL DE MERDE)

Deerhunter – Helicopter

Je voulais finir avec un classique, le voici !

I wanted to finish with a classic, here you go!

Tracklist

Hoan – Modern Phase (09 septembre 2016)
01. Échange Numéro 2
02. Technocrats
03. Ways To Love
04. Modern Phase
05. Inside Touch
06. Turbotime
07. Poise

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On y était : Transient 2016 http://www.hartzine.com/on-y-etait-transient-2016/ http://www.hartzine.com/on-y-etait-transient-2016/#respond Fri, 09 Dec 2016 16:30:37 +0000 http://www.hartzine.com/?p=50057

Brosser un portrait général et pluriel de la scène électronique actuelle, sous ses coutures les plus variées et dérivés les […]

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Brosser un portrait général et pluriel de la scène électronique actuelle, sous ses coutures les plus variées et dérivés les plus infléchis, est l’ambition du festival Transient qui, depuis trois ans maintenant, gratifie le mois gris et triste de novembre d’une salve d’événements digital friendly. Une jolie percée pour ce paysage culturel trop souvent réduit aux seuls intérêts geek et club, petit tour d’un festival branché à 360°, électronique jusqu’à la moelle.

Vendredi 05/11. Débarqués frais comme des gardons dans l’enceinte du circulaire et enivrant Cabaret Sauvage, le principe s’édicte vite : circule. Dehors, la nuit est tombée, il pleut à verse et les plus motivés sont là – ils auront ô combien raison. L’idée, c’est justement de naviguer entre les installations, intérieures et extérieures, quand chaque heure permet de mettre en avant le live d’un artiste. En première partie, la part belle était faite à l’audiovisuel, trop grand oublié des clubs. On regrettera juste que ces doubles shows n’aient pas été redistribués sur toute la nuit, l’expérience aurait été plus équilibrée, et le preste horaire du labyrinthe sonore de James Whipple, l’impénétrable projet M.E.S.H., où l’apport visuel de Michael Guidetti promettait d’heureuses combinaisons. Mais la scène, loin d’être accessoire, ne concentre pas toutes les attentions. La vidéo on repeat de Yannick Vallet nous aura fait le week-end, hypnotisante expérience immersive dans le vide blanc des routes américaines, succession Street View motivée par une quête dont la source est la série chef d’œuvre de David Lynch : Twin Peaks All Over The States.

Côté scène, on attaque la meilleure partie de la nuit avec cet enchainement de madre de Dios. Voiron, producteur parisien assez génial de l’écurie Cracki, n’aurait pas pu mieux réussir à rendre les corps mobiles et entremêlés avec sa grande baston électronique marquées de coups de poings acides et kicks synthétisés. Meilleure entrée en la matière avant l’arrivée du grand, de l’immense Legowelt, aka le seul homme qui se prend en photo en chaussettes entouré de synthétiseurs et de plantes vertes qu’on peut trouver cool. La faute à Crystal Cult 2080, petite bombe sortie chez Crème Organization en 2014. Entre nappes démoniaques, sonorités deep et acid-house, notre homme-machine assure au public du Cabaret Sauvage une connexion Chicago-La Haye vénère juste ce qu’il faut, hybride et riche à souhait. Le début du bonheur, si l’on veut. Subjex est l’autre bonne surprise, représentant de la scène glitch dont on cause assez régulièrement ici, dont les breaks ont salement contribué à secouer les derniers conquérants de la fosse du Cabaret Sauvage.

Samedi 06/11. La jauge est déjà plus remplie, cela fait plaisir à voir. La venue du vétéran Luke Slater en a fait déplacer plus d’un. Pourtant, le festival a ce soir-là dû essuyer quelques revers, à commencer par l’annulation triste, triste et triste de Mika Vainio, moitié de Pan Sonic, duo finlandais expérimental à l’approche minimaliste glaciale. Motif : raison de santé. C’est donc seul que Franck Vigroux assure leur show, qui devait pourtant présenter les derniers résultats de leur prolifique collaboration. Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, Coldgeist devra aussi oublier le live audiovisuel qu’il avait préparé, les raisons techniques sont toujours les plus fortes. On se console côté jardin, avec des installations artistiques, les mêmes que la veille, qui n’en finissent pas de détourner écrans et objets numériques au service d’un questionnement plus culturel, citons Hugues Clément et Dorian Ohx. De retour sur scène, c’est Abdullah Rashim, esthète suédois des lignes pures et obscures d’une techno deep racée, qui le remplace au pied levé. Avec un son millimétré et intransigeant, il chauffe à blanc la salle du Cabaret Sauvage, prête à cueillir la race de son week-end. Paillettes et mâchoires serrées. Xhin, d’entrée, déboulonne ce qu’il restait de temps de cerveau. Armé de tracks aux structures étudiées, bâties avec perspective, il annihile toute vie synaptique, au cas où il demeurait chez les plus résistants d’entre nous quelques velléités de neurotransmission. Une véritable vision de l’électronique, qu’on retrouve ensuite chez Luke Slater, dans un genre autre, et dont les deux heures de live font vivre un acharnement vivace au circuit imprimé chaotique qu’est devenu notre esprit. Blndr reprend les manettes mais la tempête est passée.

Vendredi 25/11. Finalement, c’est la soirée off qui ouvrira les chakras à mort, avec une affiche au goût d’inconnu – si ce n’est les bons soldats Rubbish T.C. et UVB 76 qui officiaient déjà lors du in. La venue un peu exclusive d’Impulse Controls a littéralement tout broyé, réunion sans sourire mais bien bien bien productive de Blush_Response et de Darko Kolar, représentant ici du duo serbe Ontal. Un live brutal, ultra fat où les kicks alourdissent à chaque impact la cale du Batofar, compacts et intenses, laissant à la limite de l’épuisement. Notez aussi qu’en ouverture, c’est le label ukrainien Kvitnu qui était mis à l’honneur, accueillant d’abord un set de Kotra avant de laisser place à un live de Zavoloka, les deux producteurs qui le dirigent. Une programmation qui avait le mérite, outre de pulser encore et toujours, de délocaliser les scènes, de les faire se croiser et de rendre l’événement plus global, l’affiche moins attendue. Pari réussi pour qui parlait de mettre en lumière la diversité des musiques électroniques et des pratiques numériques.

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Valley Exit http://www.hartzine.com/valley-exit-interview/ http://www.hartzine.com/valley-exit-interview/#respond Wed, 07 Dec 2016 10:37:31 +0000 http://www.hartzine.com/?p=50042

Derrière Valley Exit, se cache Jeff Zeigler. Homme de l’ombre qui au sein de son studio Uniform Recording a produit […]

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Derrière Valley Exit, se cache Jeff Zeigler. Homme de l’ombre qui au sein de son studio Uniform Recording a produit et réalisé un bon nombre d’albums de la scène rock indé de ces dix dernières années – au hasard, on peut citer entre autres Steve Gunn, Purling Hiss, The War on Drugs, Kurt Vile, Nothing, Sunny Day in Glasgow. Associé à Mary Lattimore, il était passé sur le devant de la scène avec un excellent premier album sorti en 2014 chez Thrill Jockey et plus récemment une soundtrack originale qu’ils ont composé pour le film Le Révélateur de Philippe Garrel – on vous en parlé d’ailleurs ici. Cette fois-ci Jeff Zeigler revient sur le devant de la scène tout seul avec son nouveau projet Valley Exit : guitares cristallines, nappes synthétiques, boucles enivrantes ; le philadelphien nous donne rendez-vous avec des expérimentations soniques aux teintes pop. Pour célébrer la sortie imminente d’un premier album (dont on vous reparlera très prochainement) on a décidé de soumettre Zeigler à notre interview, en cadeau une track exclue manière de vous mettre l’eau à la bouche. Enjoy !

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Philadelphie en Pennsylvanie, aussi connu sous le nom de « New York en mieux ».

Philadelphia, Pennsylvania, USA aka “the better New York”

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Au studio pour composer d’autres morceaux pour les marginaux ou, de manière plus réaliste, travailler sur le disque de quelqu’un d’autre, ou promener mon chien.

Back into the studio to make more songs for the maladjusted or, more realistically, working on someone else’s record or walking my dog.

Pourquoi la musique ?
Why music?

La musique tient une place essentielle dans ma vie depuis que je suis enfant, et même si je n’imaginais pas que ça deviendrait mon principal centre d’intérêt, j’y suis devenu accroc pour de bon lorsque j’ai commencé à enregistrer et à jouer.

Music has been a defining part of my life since I was a child, and while I never expected it to become the primary focus in a lot of ways, once I started recording and playing music I was hooked for good.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Difficile à dire. Vivre dans un endroit isolé avec des chiens ? Etre chef cuisinier ? Ou peut-être une combinaison des deux : passer mon temps à chercher la meilleure recette de bouffe pour chien.

Hard to say. Live in some remote area with a bunch of dogs? a chef? Or maybe combine the two and spend my time dialing in the perfect dog food recipe?

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

La musique est probablement à son meilleur lorsqu’elle n’est pas entravée par des préoccupations liées au succès commercial.

Music’s probably at its best when it’s not hampered by concerns about commercial success. 

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

J’ai réalisé que je préférais savoir me débrouiller avec plusieurs instruments plutôt que d’avoir une très bonne technique sur un seul.

I realized I prefer being okay at a bunch of instruments to being highly technically proficient at any specific one.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Ça fait un peu de moi un dilettante musical.

It sort of makes me a musical dilettante.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Je ne suis pas certain de savoir à quoi ressemblerait une mort artistique. C’est un peu une sorte de travail de longue haleine, un chemin vallonné avec des pics, des creux et beaucoup de plat. L’échec est donc plutôt relatif et c’est une partie naturelle du processus : les disparitions et les renaissances ponctuent le chemin vers une véritable mort clinique (c’est gai).

I’m not sure I know what artistic death would be? It’s kind of just one long slog with peaks and valleys and a lot of flat terrain, so failure is pretty much relative and a natural part of the process, with a bunch of deaths and rebirths along the way to your actual physical demise. (cheery)

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Un shot ! De préférence du whiskey ou de tequila.

A shot! preferably whiskey or tequila.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

J’adorerais remonter le temps et faire la musique des films de Cronenberg dans les années 80, genre Scanners.

I’d love to go back in time and score some 80’s Cronenberg movies, maybe Scanners or something.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

De remplacer Jeff Healey en tant que groupe résident au Double Deuce dans le film Road House.

To replace Jeff Healey as the house band at the Double Deuce in the movie Road House.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

De moins se soucier de ce que les gens pensent et de ce que je ferai de mon avenir, et de ne pas tout sur-analyser.

Worry less about what people think and about where you’ll be in the future and not analyze the shit out of everything.

Comment te vois tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Je me vois vivre dans un grand espace industriel ou dans les bois, faire quelque chose d’artistique, passer le temps avec des chiens et continuer à faire de la musique d’une manière ou d’une autre. Je serai très vieux à ce moment là !

Living in a large warehouse space or in the woods, making art of some sort, hanging with a few dogs and probably still working on music in some capacity. I will be pretty old at that point!

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Je ne sais pas vraiment, et c’est plutôt stimulant. Je me suis vraiment lassé d’écrire des chansons pendant un moment et je me suis concentré sur l’improvisation, seul ou avec Mary Lattimore. J’ai toujours essayé d’incorporer les deux d’une manière qui ne soit pas nécessairement « jammy » et/ou contenant une multitude de notes ou d’idées musicales, mais plutôt qui évolue lentement et organiquement.

I don’t really know, which is kind of exciting. I got really tired of trying to write songs for awhile and concentrated on mostly improvised music, either by myself or with Mary Lattimore. I’ve always been trying to incorporate the two in a way that’s not necessarily “jammy” and/or containing a multitude of notes or musical ideas, but instead evolving slowly and organically.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Faire le DJ avec un iPhone, peut-être ? Et aussi, de manger du popcorn dans le noir en écoutant du Miami Sound Machine.

DJing with an iPhone? Also, sometimes I eat popcorn in the dark while listening to Miami Sound Machine.

Écoute exclusive

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Femminielli – O’Sodoma http://www.hartzine.com/femminielli-osodoma/ http://www.hartzine.com/femminielli-osodoma/#respond Mon, 05 Dec 2016 20:11:45 +0000 http://www.hartzine.com/?p=50027

Fait rare, assez inédit, voire quasi unique, c’est la deuxième fois que nous parlons du même disque (lire) dans nos […]

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Fait rare, assez inédit, voire quasi unique, c’est la deuxième fois que nous parlons du même disque (lire) dans nos colonnes. Mais l’occasion était trop belle. En attendant de vous confiez tout le bien que l’on pense de l’album de Femminielli Noir, chose que nous ferons très bientôt, revenons sur O’Sodoma, EP ô combien emblématique de Bernardino, repressé à raison à une poignée d’exemplaires. Cette sortie, toujours distribuée par la structure franco-nipponne Mind Records et supervisée par Abraham Toledano (qui nous livrera bientôt, autour d’une interview et d’une mixtape, les enjeux de son projet Moyo), offre un léger dépoussiérage à ce deux titres sur lequel figure l’inoubliable Fleur De Garçon, préfigurant déjà les sonorités qui allaient marquer le succès de l’indispensable Plaisirs Américains. Avec 99 exemplaires seulement, qui s’arrachent comme des petits pains à l’approche des fêtes, on ne saurait que trop vous conseiller de vous offrir ce petit plaisir et on prévient, Mère Noël a sorti le gode-ceinture !

Pour obtenir le précieux sésame c’est ici !

Audio

Tracklist

Femminielli – O’Sodoma, repress (Mind Records, 01 décembre 2016)

01. O’Sodoma
02. Fleur De Garçon

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Die Wilde Jagd http://www.hartzine.com/die-wilde-jagd/ http://www.hartzine.com/die-wilde-jagd/#respond Wed, 30 Nov 2016 08:00:53 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49910

On a découvert Die Wilde Jagd grâce à leur remix de La visite d’Etienne Jaumet sorti chez Versatile l’année dernière. […]

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On a découvert Die Wilde Jagd grâce à leur remix de La visite d’Etienne Jaumet sorti chez Versatile l’année dernière. Inconnu au bataillon, ce duo de Düsseldorf est composé de Ralf Beck, producteur qui a travaillé notamment avec Karl Bartos, Propaganda, Kreidler ou encore Black Devil Disco et Sebastian Lee Philipp, compositeur et membre du groupe electro pop Noblesse Oblige. Après une rencontre au Salon des Amateurs – lieu connu outre-Rhin sous le nom de Hacienda postpunk – les deux Allemands n’ont cessé de triturer claviers analogiques dans le studio de Ralf pour finalement mettre un nom sur leurs expérimentations musicales néo krautrock : Die Wilde Jagd ou la chasse fantastique en français. Après avoir sorti un premier excellent album l’année passée sur le label Bureau B, Jennifer Cardini a choisi d’ouvrir une des compilations annuelles de son label Correspondant avec un titre des Allemands.  Sebastian a répondu à notre petite interview et nous a préparé une mixtape exclusive, enjoy !

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Je reviens juste du supermarché où j’ai rapporté des bouteilles vides. En Allemagne, on a un système de consigne sur les bouteilles, ce qui signifie que l’on paie un dépôt sur les bouteilles en verre et en plastique quand on les achète. Ce versement vous est restitué quand on rapporte les bouteilles vides. Ça peut aller jusqu’à 25 centimes par bouteille donc ça vaut vraiment le coup.

I just came back from returning some empty bottles to the local supermarket. In Germany we have a bottle deposit system, which means you pay a deposit on glass and plastic bottles when buying them. This deposit is returned to you when you bring back the empty bottles. It can be up to 25 cents per bottle, so it’s definitely worth it.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Toujours en train d’essayer de me créer une âme (A. Jodorowsky)

Always trying to create myself a soul. (A. Jodorowsky)

Pourquoi la musique ?
Why music?

Le hasard / le destin.

Chance / fate.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Alors j’aurais fait quelque chose d’autre. Je fais beaucoup d’autres choses en plus de la musique.

Then something else would be. Many things are my things beside music.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Ne jamais être un connard, autant que possible.

Never be an arsehole, whenever possible.


Une révélation artistique ?

Your artistic breakthrough?

Révélation est un grand mot. Je suis fier de quelques trucs que j’ai créés et auxquels j’ai participé, c’est déjà pas mal pour moi.

Breakthrough is a big word. I’m proud of a few things I’ve created and been involved in, that’s already a lot for me.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Pas vraiment, je me sens très privilégié.

Not really, I feel very privileged.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Je le pense, oui.

I think so, yes.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Très peu remarquable, je crains. D’ordinaire, mon batteur et moi-même buvons de la bière et de la vodka. Parfois je me masse le poignet avec un baume relaxant parce que j’ai tendance à avoir des crampes pendant les concerts à force de répéter la même note à la guitare pendant plusieurs minutes.

Very unspectacular, I’m afraid. My drummer and I usually drink beer and vodka. Sometimes I massage a pain relief balm into my wrist because I tend to get cramps during concerts when playing the same note on the guitar repeatedly for several minutes.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

À peu près n’importe qui de sympa et qui m’inspire.

Pretty much anyone who is nice and inspires me.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Avoir des animaux comme membres de mon groupe en concert. Des singes et des éléphants.

Having animals as part of my Live band. Monkeys and elephants.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Ça m’angoisse un peu.

This freaks me out a bit.

Comment te vois tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Ça m’angoisse vraiment. Question suivante.

That really freaked me out. Next question.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Je ne peux pas dire. Chaque morceau est un nouveau défi. J’adorerais passer plus de temps à jouer plutôt que sur la technique, la production et le mixage de la musique… mais d’une manière ou d’une autre ça finit toujours par être l’inverse.

I can’t say. Every song is a new challenge. I would love to spend more time on playing rather than engineering, producing and mixing the music…but somehow it always ends up being the other way around.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

L’euro-dance des années 1990. Je ne peux pas m’en empêcher.

Euro dance music from the 90s. I can’t help it.

Photo : Chrisa Ralli
Traduction : Marie-Eva

Écoute exclusive

Audio

Vidéo

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Spécial Transmusicales : No Zu http://www.hartzine.com/no-zu-interview/ http://www.hartzine.com/no-zu-interview/#respond Sat, 26 Nov 2016 10:00:51 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49956

Les Rencontres Trans Musicales de Rennes fêteront leur 38ème édition du 30 Novembre au 4 décembre prochains. On vous en […]

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Les Rencontres Trans Musicales de Rennes fêteront leur 38ème édition du 30 Novembre au 4 décembre prochains. On vous en a parlé précisément ici, et parmi l’armée de groupes qui mettront la capitale bretonne à feu et à sang d’ici peu, nous en avons choisis trois qui pourraient bien marquer le festival de leur empreinte, et qui ont accepté non seulement de se prêter à l’exercice d e notre interview Out Of The Blue, mais aussi de nous gratifier de mixtapes exclusives, histoire de se mettre dans l’ambiance.

NO ZU, Vendredi 2 décembre Parc Expo Hall 9, 2h00

NO ZU c’est la révélation de Ocean’s Apart, la compilation de Dan Whitford (Cut Copy) sorti il y a déjà deux ans qui nous présentait le meilleur de la scène dance de Melbourne. Avec le titre Raw Vis Vision  NO ZU nous envoyait en pleine gueule leur musique singulière et bien dance floor, un genre de post punk plein de groove blindée de percus et autre sax. Décrivant eux-même leur style de « heat beat », les australiens ont déjà sorti une poignée d’EP, signée des collabs avec notamment Salvatore Principato (Liquid Liquid) et ont donnée naissance cette année à leur excellent deuxième album Afterlife. On a demandé à Nicolaas OOgjes, leader du groupe, de se soumettre à notre petite interview Out Of The Blue.

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Australie/Gondwana, ou plus particulièrement, le Heat Beat Hades (la chaleur infernale) qui opère en dessous. Je suppose que tu pourrais dire que nous avons été formé par la lave il y a des millions d’années. Nous sommes assez anciens et vraiment… chauds. 

Australia/Gondwanaland, or more specifically, the Heat Beat Hades that operates underneath it. I suppose you could say that we were formed by lava millions of years ago. We’re quite ancient and we’re definitely… hot.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Vers une éternité immuable. Avant cela, cependant, nous allons traverser les océans pour danser avec les excentriquessordides et les trublions de ce monde et poursuivre le mirage rythmique qui est NO ZU.

Into an eternity of forever-ness. Before that though, we are headed across the seas to dance with the sordid weirdos and larrikins of the world and to chase a rhythmic mirage that is NO ZU.

Pourquoi la musique ?
Why music?

Exactement. Je vais prendre ça comme une déclaration. Tout art est le même et c’est pourquoi il nous est tout aussi important d’exprimer ZU au travers de l’art et d’esthétiques visuelles. C’est du pareil au même. Nous le considérons comme un tout, un ‘ZU-nivers’ qui incorpore de nombreuses obsessions et une vision déformée. Il s’avère que nous sommes accros à la connexion physique avec les gens métaphysiquement dans un terre de limbes et un monde physique ténébreux. Je peux vous le dire sérieusement, j’en suis accro.

Exactly. I’ll take that as a statement. Any art is the same and that’s why expressing ZU through art and visual aesthetics is just as important to us. It’s all the same. We view it as a whole ‘ZU-niverse’ that incorporates many obsessions and a warped outlook. It turns out that we’re addicted to physically connecting with people metaphysically in a limbo land and wonky physical world. I can tell you earnestly, I am addicted to it.

Et si tu n’avais pas fait de la musique ?
And if music wasn’t your thing?

Espérons quelque chose qui aide le monde. Ma mère est directrice d’Animals Australia, la plus grande et meilleure organisation des droits des animaux ici – donc fondamentalement ça a déterminé que mon but dans la vie  ne serait juste le rêve australien avec un « bon boulot », une grande maison avec jardin et une belle voiture. Un jour j’espère faire quelque chose de vraiment valable comme ma mère. D’un point de vue créatif, si la musique n’était pas mon truc, j’aurais plus de temps pour faire de l’art visuel,mon premier vrai amour, autre que ma femme bien sur.

Hopefully, something that directly helps the world. My mother is the director of Animals Australia, the biggest and best animal rights organisation here – so that basically determined that my main aim would never be just for the Australian dream of a ‘good job’, big house with a big backyard, reality TV watching and a nice car. One day I hope to do something of real worth like her. Creatively, if music wasn’t my thing, I would have more time to do visual art which was my first real love, other than my wife of course.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Quand j’ai réalisé que la seule façon de faire de la musique était d’embrasser chaque impulsion idiosyncratique et bizarre que vous avez en vous et qui vous ressemble complètement. Ne jamais regarder dehors et essayer d’imiter – ou si tu le fais, crois en toi mange le, digère le et vomit le en quelque chose de nouveau. Laisse le éclater hors de ton corps comme cette espèce d’alien dans The Thing. N’intellectualise pas, ressens le.

When I realised the only way to make music was to embrace every idiosyncratic and weird impulse that you have that completely feels like yourself. Don’t ever look outside and try to emulate – or if you do, trust yourself to eat it up, digest it and vomit it back into something new. Let it burst out of your body like that alien species from The Thing. Don’t intellectualise and just feel.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Comme ci-dessus AKA le commencement de NO ZU. D’un point de vu sonore, la rupture a été de trouver ma longue fascination pour les mutations de groove et de rythmes avec des hallucinations qui flottant librement par dessus. Aussi embrasser mes énormes limitations et restrictions pour mieux les sonder. Je ne suis pas vraiment musicien.

As above AKA the beginning of NO ZU. Sonically speaking, the break-through was finding my life long fascination with mutating groove and rhythm with completely free hallucinations floating over the top. Also embracing my huge limitations and restrictions and delving deep and swimming amongst them. I’m really no musician.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Écoute, je viens d’écrire quelques notes et j’ai ensuite décidé de les effacer. Nous sommes privilégiés de pouvoir faire ça. Je n’ai rien à redire. Je suis heureux que les ZU et moi avons cette qualité délirante en nous pour poursuivre nos rêves de Heat Beat malgré qu’il y ait des chemins de vie beaucoup plus surs que celui là.

Look, I just wrote down a few things and then decided to delete them. We’re privileged to be able to do this. I have no complaints. I’m happy that the ZU’s and I have this delusional quality within us to persue our dreams of Heat Beat despite there being many more safe lifestyle paths out there.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Je ne crois pas en la mort artistique. C’est peut être naïf, mais je pense qu’il y a plus de décès de carrières par des gens ambitieux peu sincères qu’il y a de mort artistique. Si j’arrête NO ZU un jour, je vais être certain de transférer cette énergie dans la construction d’un « environnement artistique » dans le bush fait de bubblegum, de couvercles de bières et de sculptures bizarres pour y vivre jusqu’à ma mort.

I don’t believe in an artistic death. That may be naïve, but I think that there’s more career deaths and fatigue by ambitious disingenuous people than there are artistic deaths. If I stop NO ZU one day, I’ll be sure to transfer that energy into building an ‘art environment’ in the bush made of bubblegum, beer lids and bizarro sculptures to live in until my death.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Une vrai excitation se construit quand vous avez sept à (très occasionnellement) douze personnes toutes habillées comme dans un rêve humide d’une discothèque de l’époque de la OZ-ploitation avec espérons-le quelques mecs assez sauvage qui nous attendent. Nous nous assurons de boire plein de milk shakes protéinés, de bander nos muscles et d’appliquer de l’auto-bronzant.

A real excitement does build when you have seven to (very occasionally) twelve people all dressed like an OZ-ploitation dated-nightclub wet-dream with, hopefully, some wild people waiting for you. We ensure that we all drink planty of ‘protein shakes’, pump our biceps and apply fake tan to eachother.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique)?
Who would you work with (musically or not)?

En musique, on a eu la chance de travailler avec des gens de notre période préférée de l’histoire musicale comme Sal Principato de Liquid Liquid, A Certain ratio et Jonny Sender de Konk et en plus de jouer avec ESG et James Chance… c’est juste fou. J’imagine que ça me laisse les gens de l’art visuel… J’adorerais travailler avec un designer pour nous faire des tenues spécifiques Heat Beat qui nous aideraient à nous exprimer ainsi que le côté obscur et sordide de notre pays.

Musically, we’ve been so lucky to work with some people from our favourite period of musical history including Sal Principato of Liquid Liquid, A Certain Ratio and Jonny Sender from Konk and to play with ESG and James Chance on top of this… it’s just crazy. I guess that leaves visual people… I would love to work with a designer that could make us Heat Beat specific outfits that help us express our’s and our country’s dark underbelly.

Quel serait le climax de votre carrière ?
What would be the climax of your career?

Je ne pense pas aux choses de cette façon. Il n’y a pas de festival ou de lieux où je rêve de jouer et qui serait le summum de toutes choses. Il n’y a pas d’objectif final. A bien des égards nous avons apprécié des expériences bien au delà de nos attentes. Je veux juste me sentir artistiquement accompli et sentir que chaque spectacle et chaque enregistrement est meilleur que le dernier et que ça nous envoie encore plus loin vers des territoires inattendus. Je rêve d’être capable de pouvoir faire ça pour encore très longtemps. Comme je l’ai dis plus tôt, je suis complètement accro au NO ZU.

I don’t think of things in this way. There’s no festival or place I dream of playing as the pinnacle of all things. There’s no end goal. In many ways we have enjoyed experiences far, far beyond my expectations. I just want to feel artistically fulfilled and feel that each show and record is better than the last and mutates us further into more unexpected territories.  I dream of being able to do this for a long to time to come. As I said earlier… I’m thoroughly addicted to NO ZU.

Retour à l’enfance – quel conseil te donnerais-tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Hey champion, ne t’en fait pas autant. Cesse de t’inquiéter de ce que les autres pensent. Passe plus de temps à avancer avec ce que tu as dans les tripes plutôt que de douter de tes intérêts et de tes pulsions créatrices.

Hey champ, don’t sweat it so much. Hey muscles, stop worrying about what other people think. Hey cobba, spend more time going with your gut feeling than doubting your interests and creative impulses.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Espérons comme un homme âgé conscient, construisant un environnement artistique AKA un danger d’incendie pour les habitants et toujours passionné par la vie. Espérons-le en étant utile et aidant pour les autres, essayant d’être une influence positive pour le monde.

Hopefully as a mindful older man, building his art environment AKA a fire hazard to the locals, and still being passionate about life. Hopefully trying earnestly to be helpful to others if not trying to be a positive influence on the world.

Comment vois-tu ta musique évoluer ?
How do you see your music evolve?

Je pense que NO ZU a toujours eu pour trajectoire de devenir de plus en plus audacieux. Dès notre première sortie et dès nos premiers shows, le modèle semble être de continuer à réagir à la musique austère présente autour de nous et de nous pousser nous-même vers des territoires inexploités. Explorer nos obsessions les plus obscures et sordides au sein de rythmes qui ne feront que s’élargir  et continuer à culminer comme une drogue. En même temps nous avons ce besoin insatiable, cette dépendance, de briser la barrière entre l’artiste et le public qui nous maintient en forme… donc attendez vous à ce que les lives deviennent de plus en plus sauvage. Ceci étant dit, je pense que vous serez témoin plus d’une dé-évolution.

I think NO ZU has always been on a trajectory to get bolder and bolder. From the first recorded output and shows to this day the pattern seems to be to continue being reactionary to stale and safe music around us and to push our weird selves into uncharted territory. Exploring our darkest and most sordid obsessions within the rhythms will only heighten and continue to peak like a drug. At the same time, we have that unsatiable need (addiction) to breaking down the performer/audience barrier that keeps us healthy and in-check… so expect the parties to just get wilder. All that said, I think what you’ll witness will be more of a de-evolution.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Regarder des émissions de faits divers ou des documentaires déprimants. C’est si addictif pour moi. Maintenant je ne pense pas être une personne malade ou que j’héberge des pensées sombres, mais j’ai une obsession pour la mort (nos albums s’appellent Life et Afterlife). Dernièrement j’ai beaucoup écouté The Cramps et leurs inspirations, et les nombreuses références des thèmes d’horreur absurde m’ont mené à regarder beaucoup de films d’horreur. Est ce que l’horreur et l’absurdité de voir Trump élu a quelque chose à voir avec ça ? Il y a beaucoup de politiques obscures, anciennes et nouvelles, depuis la colonisation qui me compose aussi peut-être ? Heureusement, je peux canaliser tout cela dans le free-for-all de NO ZU et les rennais pourront se joindre à nous dans une fête impie où nous pourrons nous exorciser avec la sueur et l’amour.

Watching true crime shows or depressing documentaries. Mate, it’s so addictive for me. Now, I really don’t think I’m a sick person or that I harbour any dark thoughts for my fellow humans, but I do have an obsession with death (yep… records called Life and Afterlife may have given that away). Lately, I’ve been listening to a lot of The Cramps and their inspirations, and the absurdist horror themes within has lead me to watching a lot of horror movies. Has the horror and absurdity of Trump being elected got anything to do with this? There’s plenty of dark politics new and old, since colonialisation that compounds it for me too maybe? Lucky I can channel it all into the free-for-all of NO ZU and the people of Rennes can join us in an unholy party where we can exorcise ourselves with sweat and love.

Photo : Nadeemy Betros

Mixtape exclusive

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Electric Electric – III http://www.hartzine.com/electric-electric-iii/ http://www.hartzine.com/electric-electric-iii/#respond Fri, 25 Nov 2016 16:10:15 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49990

Troisième album du trio strasbourgeois, le bien nommé III s’affirme pareil à un travail manuel sur la roche, le minéral, […]

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Troisième album du trio strasbourgeois, le bien nommé III s’affirme pareil à un travail manuel sur la roche, le minéral, à le polir puis l’affiner jusqu’à ce que celui-ci reflète un véritable caractère, complexe et profond. Le chemin parcouru depuis le premier album dessine une trajectoire réfléchie, une volonté d’éviter la redite et de toujours chercher à donner une manière d’individualité à sa musique plus que de la laisser trainer comme un simple gueuleton. Quelques mots sur cette nouvelle sortie de Murailles Music et Kythibong, dans le cadre du BB Mix, excellent festival où se produira le groupe ce samedi.

Electric Electric a cette façon très dense d’officier, puissamment rigide, comme une âme immobile en pleine bourrasque. Leur album précédent se nomme Discipline, et ce titre résonne comme une ultime promesse, comme un suprême désir de tendre vers l’absolu, vers l’infini, vers cet état d’extrême pureté laissant le corps et la conscience s’entrechoquer dans une définitive parade, de celles où l’on capte avec une surnaturelle acuité le sens des choses qui nous entourent. Cette discipline, ce sérieux, cette folle concentration, c’est ce qui fait le sel des strasbourgeois, qui les emmène au-delà de la catégorie où l’on voudrait les conscrire – de la musique brute, syncopée, sans véritable intention et calculée pour les corps – et les amène à proposer plus qu’une musique qui ne s’adresse qu’aux jambes, qui conquit uniquement par le rythme, mais qui conçoit plutôt tout un caractère mélodique autour d’un robuste squelette, d’ailleurs souvent dirigé par la voix d’Eric Bentz, noyée sous un brouillard de guitare, lancinante et incertaine. Cette attention portée à l’ambiance, la pleine volonté d’instaurer une atmosphère rugueuse, tranchante, presque froide, confère une profonde identité à la musique du trio, les pose maîtres de leur art.

Un ambassadeur de cette gouvernance de soi sans cesse plus rude et plus prompt à la souffrance est Vincent Redel, métronome de la bande absolument impressionnant en live où celui-ci martèle sa batterie comme un mécanisme implacable et complexe, comme une machinerie fumante et transpirante. C’est sur les morceaux d’ouverture et de fermeture de III qu’il se révèle le plus sévère, imprimant une infernale dynamique aux morceaux les plus intenses de l’album, notamment les dix minutes d’Obs7 qui propulsent le mental si loin que le gamelan du second morceau, Pointe Noire, parait comme un rêve qui carillonne dans un certain chaos. Electric Electric maintient cette pression tout le long de l’album avec l’art des sages, de ceux qui savent où ils vont et qui ne s’éparpillent pas : le groupe de Strasbourg semble se diriger vers une posture plus radicale, suivant un chemin qui les amène à délaisser les légèretés du premier et la puissance du second pour fouiller du côté d’une certaine noirceur – de cette émotion précisément nichée entre les gris nuages de l’inquiétude et la sèche lumière de la révolte. Le troisième album du groupe s’inscrit dans tout les cas dans une évolution naturelle, dans une noble démarche de raffinement de leur son.

On retrouvera le trio lors de l’édition 2017 du fantastique BB Mix, ce samedi, avec les pointures de The Pop Group, les incroyables japonais de Goat et les paresseux sensibles de Fantastic Mister Zguy. On fait d’ailleurs gagner des places pour l’occasion !

Audio

Tracklist

Electric Electric – III (Murailles Music/Kythibong, 23 septembre 2016)

01. Obs7
02. Pointe Noire
03. Black Corée
04. Klimov
05. The River
06. Dassault
07. Les Bêtes
08. 17°00

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Spécial Transmusicales : Tsushimamire http://www.hartzine.com/tsushimamire-interview/ http://www.hartzine.com/tsushimamire-interview/#respond Fri, 25 Nov 2016 09:16:00 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49953

Les Rencontres Trans Musicales de Rennes fêteront leur 38ème édition du 30 Novembre au 4 décembre prochains. On vous en […]

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Les Rencontres Trans Musicales de Rennes fêteront leur 38ème édition du 30 Novembre au 4 décembre prochains. On vous en a parlé précisément ici, et parmi l’armée de groupes qui mettront la capitale bretonne à feu et à sang d’ici peu, nous en avons choisis trois qui pourraient bien marquer le festival de leur empreinte, et qui ont accepté non seulement de se prêter à l’exercice d e notre interview Out Of The Blue, mais aussi de nous gratifier de mixtapes exclusives, histoire de se mettre dans l’ambiance.

TSUSHIMAMIRE, Mercredi 30 Novembre Ubu 00h00
 
Le trio féminin Tsushimamire  est ultra connu au Japon, son pays d’origine. Avec leurs chansons qui bouffent à pas mal de râteliers, du punk au jazz en passant par le surf ou le ska, et des textes, pour ce qu’on en sait, assez délirants, nos nouvelles amies du soleil levant arrivent souvent à nous réjouir, et c’est déjà beaucoup. Et sur scène, pas question de s’ennuyer: en participant au « Burlesque Tour » des Suicide Girls aux États-Unis, Tsushimamire a été à bonne école. Au tour de Mari, chanteuse et guitariste du groupe, de répondre à nos questions.

D’ou viens-tu ?
Where do you come from?

De Tokyo, au Japon !

Tokyo, Japan!

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Partout. Je veux être impressionnée et je veux faire en sorte que n’importe qui se sente impressionné par moi.

Everywhere. I want to be impressed and I want to make someone feel impressed.

Pourquoi la musique ?
Why music?

J’adore chanter. Nous avons créé TsuShiMaMiRe en 1999, notre musique et notre groove m’a toujours impressionné. Je sentais que c’était notre destin de le faire. Donc j’ai choisi la musique.

I love sing. TsuShiMaMiRe formed in 1999. I really impressed our music and our groove. And I felt destiny. So, I choose music.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Mmm…Aucune idée. Peut-être serais-je devenue comédienne ?

Mmm…No idea. Maybe I’ll be a comedian?!

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Tomber amoureuse et rencontrer l’amour. Sinon, faire de la bicyclette me donne beaucoup d’idées.

Fall in Love and Cross in Love. And riding a bicycle gave me a lot of ideas.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

J’ai crowdsurfé pendant la chanson « My Brain Is A Shortcake » et je me suis sentie libre, comme si je pouvais voler.

I did crowd surf during the song “My brain is shortcake » And I feel more free. And I feel I can fly.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Je suis vraiment une fille désordonnée.

I’m really messy girl…

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Non, aucune vie après ça, mais je suis vraiment douée pour travailler à mort en studio

No,No life… But I’m good at soul-destroying labor in the factory…

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Aller aux toilettes !

Go to Restroom!


Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Oh, je passe vraiment ma vie avec Tsushimamire… Cinq jours par semaine : trois jours de studio et deux jours de concerts. C’est bien suffisant !

Oh, my life is almost with TsuShiMaMiRe… Five days a week…Three days studio, two days shows…It’s enough!!!!

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

C’est maintenant, mon climax. Sinon la tournée la plus intéressante de notre carrière fut sûrement le « Suicide Girls Burlesque Tour » en 2005 et 2006 aux États-Unis. Des concerts déments. Chaque jour, on assistait à des shows vraiment « Burlesque » dans les salles où nous allions.

Now is the climax. And I think it’s the most interesting tour in our career, That was “Suicide Girls Burlesque Tour” 2005 and 2006 in U.S. It was really crazy shows. Everyday, we saw Burlesque show in the venue.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Apprendre l’Anglais est la meilleure chose pour ton futur !

Learning English is the most important thing for your future!!!


Comment te vois tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Garder une vie saine, c’est la chose la plus importante pour TsuShiMaMiRe. On veut continuer jusqu’à 80 ans. Le morceau Speedy Wonder parle d’ailleurs de ça.

Healthy life is the most important thing for TsuShiMaMiRe. We have to keep on rockin’ until 80 years. I sing about that in Speedy Wonder.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

On veut la simplifier tout en la rendant plus puissante.

It will be more simple. And it will have more power.


Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)

Your guilty pleasure or hidden treasure ? (musically or not)

Je suis une fan d’animaux en peluche ! J’ai le pingouin en peluche le plus mignon qui soit, ramené de notre tournée aux États-Unis en octobre dernier. Du coup je viens avec lui aux Trans Musicales cette année ! 

I am a mania of Stuffed Animals. I got a cutest Stuffed Penguin from our U.S. tour in Oct. And now, I always think about Trans Musicales with my Penguin!!!!

Mixtape exclusive

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Bad News From Cosmos – Dear Sarah / Vacuum Times (PREMIERE) http://www.hartzine.com/bad-news-from-cosmos-dear-sarah-vacuum-times-premiere/ http://www.hartzine.com/bad-news-from-cosmos-dear-sarah-vacuum-times-premiere/#respond Thu, 24 Nov 2016 11:10:32 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49965

L’underground odessite a un nouvel allié en cet ambassadeur de marque que constitue le duo Bad News From Cosmos qui, […]

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L’underground odessite a un nouvel allié en cet ambassadeur de marque que constitue le duo Bad News From Cosmos qui, contrairement à l’adage, apporte plutôt la bonne nouvelle venue d’un studio à l’air confiné qu’on imagine implanté six pieds sous terre, les connexions électriques un peu aléatoires : la sortie très prochaine de Minn Sjó, troisième album à paraître le 29 novembre sous la houlette d’Anywave, label à l’oreille affutée et visionnaire. Enregistré en quelques jours seulement, il se veut plus du côté de l’improvisation que de l’expérimentation, prenant le contre-pied de leurs précédents disques, armé d’une instinctivité qui fait ici montre d’un sensibilité exacerbée, ça calme son monde et fait un bien fou. Les lignes sont subtiles, aériennes pour ne pas écrire cosmiques, la voix éthérée d’Iryna Bodnar se prête au jeu d’une narration émotive et délicate quand les ambiances musicales d’Andrii Hrachov décodent une hétérogénéité féconde, toujours empreintes d’une matière gracieuse mais surtout vibrante. Démonstration avec ce premier extrait, Dear Sarah / Vacuum Times, titre d’ouverture avec plus d’un atout charme dans ses filets mélodiques.

Audio (PREMIERE)

Tracklist

Bad News From Cosmos – Minn Sjó (Anywave, 29 novembre 2016)

01. Dear Sarah / Vacuum Times
02. Losers
03. Kosmadomamama
04. One Hundred Twenty Stars
05. Tsunami
06. Someday
07. Awesome
08. Hollow Twilight
09. Human Ways
10. Dark Wing
11. Remember / Not To Wake Up

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Spécial Transmusicales : Kondi Band http://www.hartzine.com/kondi-band-interview/ http://www.hartzine.com/kondi-band-interview/#respond Thu, 24 Nov 2016 06:57:35 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49949

Les Rencontres Trans Musicales de Rennes fêteront leur 38ème édition du 30 Novembre au 4 décembre prochains. On vous en […]

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Les Rencontres Trans Musicales de Rennes fêteront leur 38ème édition du 30 Novembre au 4 décembre prochains. On vous en a parlé précisément ici, et parmi l’armée de groupes qui mettront la capitale bretonne à feu et à sang d’ici peu, nous en avons choisis trois qui pourraient bien marquer le festival de leur empreinte, et qui ont accepté non seulement de se prêter à l’exercice d e notre interview Out Of The Blue, mais aussi de nous gratifier de mixtapes exclusives, histoire de se mettre dans l’ambiance.

KONDI BAND, Mercredi 30 Novembre Ubu 22h40

Loin de la simple curiosité exotique qui fait tant vibrer des hordes de blanchots en mal de caution tiers-mondiste, le duo formé par Chief Boima et Sorie Kondi, maître du kondi (piano à pouces) balance une sauce afro-electro inédite et pleine de sueur, qui replace avec brio la Sierra Leone sur la carte des musiques actuelles. Sorie répond à nos questions.

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

De Sierra Leone et des États-Unis. Certains membres du groupe sont originaires de Londres, aussi.
We are from Sierra Leone and USA (with Sierra Leonean roots). Band members are coming from London as well.

Ou vas-tu ?
Where are you headed?

Partout, on l’espère.

Hopefully everywhere

Pourquoi la musique ?
Why music?

Elle fait partie du tissu culturel en Sierra Leone, et on ressent que l’on a une manière très personnelle de contribuer à ça, alors pourquoi pas ?

It’s part of our cultural fabric as Sierra Leoneans, and we feel like we have a unique perspective to contribute to the world, so why not?

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

En ce qui concerne Sorie, c’est un artisan, il sait comment fabriquer du savon ou tisser. Boima, il est écrivain et professeur, mais l’agriculture l’intéresse aussi.

For Sorie… he’s a craftsman… he knows how to make soap and he does weaving. For Boima, he is a writer and teacher, but maybe also farming?
Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Le monde est injuste.

The world is unfair.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Quand on s’est rencontré à New-York, où on a pu jouer quelques concerts et enregistrer notre premier album.

When we were able to meet in New York, play some shows, and record the first album.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Le manque de temps et d’argent.

Lack of time and money.

Y a-t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Non ça n’existe pas.

There’s no such thing.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Une bière

One beer


Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Robert Glasper

Robert Glasper

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Créer une école Kondi à Freetown, et encourager les Sierra-Leoniens à mieux s’approprier leur propre culture.

Creating a Kondi school in Freetown, and helping to encourage Sierra Leoneans to embrace their own culture.


Retour à l’enfance, quel conseil te donnes-tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Ne jamais s’arrêter.
Don’t stop

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Détendu.
Relaxed

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Travailler avec plus de musiciens, créer un plus gros son avec un groupe élargi.

Hopefully being able to work with more musicians, creating a bigger sound and band.

Un plaisir coupable ou un trésor caché (musique ou hors musique) ?
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Une bière.
One beer.

Photo : Alexis Maryon

Mixtape Exclusive

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Kamixlo – Angélico http://www.hartzine.com/kamixlo-angelico/ http://www.hartzine.com/kamixlo-angelico/#respond Tue, 22 Nov 2016 12:25:48 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49933

Encore un EP de Kamixlo qui fera date, et c’est seulement le deuxième ! Après une première sortie sur Codes, […]

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Encore un EP de Kamixlo qui fera date, et c’est seulement le deuxième ! Après une première sortie sur Codes, le sublabel de PAN, où on pouvait entendre l’immanquable tube de tous les dancefloors qui se respectent, Paleta, le deuxième EP sort chez Bala Club, sa maison-mère. Bala Club, on en a déjà parlé, pas mal parlé, c’est Uli K, Blaze Kidd, Endgame, etc. Bref, toute la scène qui remue drastiquement Londres.

Kamixlo dit d’Angélico qu’il s’inspire autant de la lutte japonaise que du métal et de l’industrie du dancehall, et rien que pour ça on avait très envie d’y jeter une oreille. Qui plus est, l’EP est en téléchargement libre sur son SoundCloud. Pour mémoire, Kamixlo est l’un des piliers et des fondateurs du Bala Club, c’est en quelque sorte la face sombre de ce crew londonien qu’on aime absolument et inconditionnellement beaucoup. Un EP qui fera date donc, et qui tient sur deux choses : radicalisation de la rythmique dem bow/dancehall et voix sourdes, essoufflées, vocodées. Angélico est un EP percussif et radical qui provoque une sorte de physicalité immédiate et politique du son. Un talk, spoken word vocodé, un tube, trois signes évidant de radicalisation, et un bonus. Un remix gabber/ambient/vnr (ouais ouais) d’Evian Christ (sic!), Bloodless Y, le single de l’EP, qui est accessoirement un morceau de l’année, et sans doute aussi un des morceaux les plus représentatifs de l’ambiance approximative de 2016. VNR Ambient, émeutes, insurrections et meutes assagies.

Il y a un usage bien particulier de la basse dans Angélico, un usage qui la marque tout en la dépouillant. Elle est quasiment en avant des voix, ou en tout cas elle s’invite comme matière assez massive et dense des différents morceaux. Qu’il soit du dem bow accéléré, ou plutôt du dancehall énervé, le travail sur la basse d’Angélico en fait une sorte d’arme du son qui se fait entendre dans un dénuement bien particulier. Dans certains morceaux, il n’y a quasiment aucun médium (quasi tous), la basse, la voix et la rythmique qui s’accélère/décélère. Un dépouillement qu’on reçoit d’ailleurs à peine si on ne tend pas l’oreille. Il y a comme un travail pour faire entendre la basse et surtout son impact. La basse dans une durée en somme, une basse étendue et intensifiée en même temps. Kamixlo opère une radicalisation par simplification, dépouillement mélodique, et clairement ça donne une forme et une force assez singulière à des morceaux comme Ayuda ou Ice2CU. Il joue presque sur une trace mélodique qui est entièrement tenue dans les basses, qui font office de signes de reconnaissance. Ce jeu de trace, et de mélodies fantômes à travers les basses donne une puissance flagrante à son EP. Puissance flagrante, le mot est faible. Radicaliser les basses en les simplifiant au maximum pour en faire un phénomène musical singulier d’apparition et/ou de disparition de mélodie fantôme du prisme musical du Bala Club, pour en faire un médium qui fait impact dans sa durée. Une rythmique qui fonctionne comme une sculpture en négatif, un travail rythmique qui fait œuvre d’un renversement non symbolique où la basse et la voix deviennent au même titre un travail du rythme. Un travail du rythme qui repose sur l’évocation et l’imagination toujours renouvelées de mélodies fantômes. Tropes et dépouillements, radicalisation et intensification par la rythmique, la grande classe. Une sorte encore de musique figurale…

Si les basses font office d’un travail général d’intensification et de figuration, les voix ne sont pas en reste. Concrètement, tous les morceaux reposent sur ces deux composantes, voix et basse. Voix vocodées qui sont bouclées, décélérées, accélérées à la guise de Kamixlo. Non hiérarchie donc entre voix et basse, elles ne sont ni en avant, ni en arrière, mais font quasiment partie de la rythmique générale radicalisée. Il y a presque quelque chose de l’ordre d’une sérialité des voix. Sample et bande magnétique en rarement plus de dix mots vocodés. Peut-être d’ailleurs que ce travail des voix participe du dépouillement radical d’Angélico. Peut-être aussi que par ce phénomène de simplification extrême, Kamixlo fait surgir une puissance inédite, une durée sensible ou une puissance possible, qui marche donc sur ce phénomène de reconnaissance des fantômes.

Un morceau, un filtre de voix, une rythmique radicalisée. Encore une fois, il y a quelque chose d’un événement qui se matérialise singulièrement dans une sorte de critique du rythmique, de radicalisation de phénomènes et de sonorités connus. Quelque chose que Kamixlo tend et tord, pour en faire une forme intense et dense. Sans doute qu’il y a quelque chose de commun, une tension dense entre dancehall industrielle, sumo et métal. Intensification par explosion en un laps de temps très court, puissance dans une durée donnée à voir, à sentir ou à entendre.

Pour clôturer le tout, le remix d’Evian Christ est clairement le morceau qui pourrait faire la bande-son de l’année. Vnr et ambient, ambiant et vnr, avec quelque chose de l’ordre du gabber et quelque chose de l’ordre du mélodique presque new age. Comme on a pu le remarquer en fin d’année avec quelques sorties, notamment la dernière K7 de Dedekind Cut, on s’achemine sûrement vers un retour de l’ambient, mais de l’ambient comme on aime. Ambient et gabber – même si là, ça fait déjà un petit moment. En tous les cas, ce remix est vraiment cette bande-son potentielle de l’année, autant sonore que politique : émeutes, tentatives insurrectionnelles et relâchement général. Peut-être aussi, au fond, qu’il répond à une question, cette fameuse question : pourquoi ça ne tient pas ? On serait tenter de répondre « parce que le cortège de tête préfère écouter du rap semi-conscient ou de la trap digest à de la musique insurrectionnelle queer, sorcière ou racisée », alors qui sait!

Bref, Kamixlo est la figure vnr sombre du Bala Club et ça n’est pas vraiment pour nous déplaire, il nous file encore une bonne pichenette et fait entrevoir des possibles délicieux autour du vocodeur et de l’auto-tune, on attend donc avec patience, mais pas trop, l’insurrection autotunée… 2017 n’aura peut-être vraiment pas lieu les étranges espaces musicaux du Bala Club.

Audio

Tracklist

Kamixlo – Angélico (Bala Club, 11 novembre 2016)

01. Angélico
02. Bloodless Y
03. Ayuda
04. Ice2CU
05. Xtremetonterias
06. Bloodless Y (Evian Christ Remix)

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On y était : Heart of Glass, Heart of Gold 2016 http://www.hartzine.com/on-y-etait-heart-of-glass-heart-of-gold-2016/ http://www.hartzine.com/on-y-etait-heart-of-glass-heart-of-gold-2016/#respond Sun, 20 Nov 2016 21:33:15 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49900

C’est après avoir traversé la discographie de Teenage Fanclub, tutoyés les cimes du vulcania, longé deux verges que nous sommes […]

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C’est après avoir traversé la discographie de Teenage Fanclub, tutoyés les cimes du vulcania, longé deux verges que nous sommes finalement arrivés sur les versants ondulés de la Viadéne; lieu sacré où se tient le Hog Hog 2016. Après deux éditions ardéchoises il est désormais temps de découvrir les joies du Cantal. Arrivée vendredi fin d’après midi, à temps pour entendre un titre ou deux  du tandem parisien  Apes & Horses, mais surtout à temps pour voir nos chers écossais sur la scène 1.

Une centaine de personnes pas plus sont massés devant la grande scène pour le concert de Teenage fanclub, une affluence de concert de kermesse en somme ,pour un groupe culte approchant les trente ans de carrière c’est une belle aubaine. La qualité sonore parfaite, la franche communion et un setlist “best of ” agrémenté de deux singles de l’excellent nouvel album : Here  finiront par ravir nos cœurs d’aficionados.

teenageTransition sonore radicale, mais ultra dépaysante, puisqu’enchaîne sur la même scène le trio sororal Israélien A-wa avec leur étonnante “folk’n’beat yéménite”. Robes traditionnelles baskets, chants ancestraux teintés d’électro sont au rendez-vous, souffle dès lors au Hog hog un vent frais désertique au bonheur contagieux.

Un petit tour au “platine” pour chauffer la scène 2 avant le set de Bergen Kremer que nous louperons malheureusement, dû à un petit moment “fan de” avec Norman Blake ( leader des Teenage Fanclub ).

Il est minuit et demi et on retourne sur la grande scène pour retrouver Ninos du brasil et leur ambiance carnaval tribal brésilien. Le duo italien martèle, télescope leurs toms devant une foule dont l’hypnose révèle l’extase.

Pour conclure notre vendredi de la plus belle des manières on se dirige vers le chalêt (le club), au poutre massive et à la charpente triangulaire, pour se déhancher sur les pépites africaines qu’exhument Brian Shimkovitz depuis près de douze ans avec son désormais culte label Awesome tapes from Africa. Soirée digger oblige on achève le dancefloor sur le set d’Hugo mendez du label Sofrito et ses trouvailles tropicales venant de toutes horizons.

Ce n’est que le samedi vers midi que je me rend compte, que vallonnées, les courbes felliniennes du camping offre une activité sportive naturelle, qui sera la caution health du weekend, avec le savoureux Burger de l’Aubrac.

Au delà du festival et sa belle programmation, les entre deux et le champ des possibles sont tels que tout semble être une invitation a l’oisiveté : du kayak au disquaire, au pop up shop, j’en passe et des meilleurs, on aimerait que ça dure une semaine alors qu’on est que le lendemain matin. Cette sensation va d’autant plus se préciser que nous nous dirigeons vers la piscine.

pizzaLa diversité gonflable qui y règne est indécente, de la tranche de pizza à celle de pastèque en passant par le bretzel, là tout n’est que palmes et flotté, flux d’âmes apaisés. Aux abords de l’eau les guitares légèrement saturés de Frankie Cosmos bercent gentiment les festivaliers. On alterne entre plongeon, déferlante dans le toboggan et danse enivrée sur le dj set d’apéro soviet, moment coup de coeur mongol !

Un gros apéro plus tard, on retourne aux choses sérieuses. 22h et des poussières, la piscine est paisible, l’Aligot sommeille et la scène 2 est chauffée à blanc. Les sœurs Larson : Taraka et Nimai accompagnées de Ryan montent sur scène et là comme souvent avec les groupes américains le show est ultra rôdé, rien ne dépasse, le son est au rendez-vous et la trans de Prince Rama s’opère.

Les deux sœurs entretiennent leurs looks , poses gourous MadMax paillettes avec un audacieux cameltoe pour la chanteuse.

Le public est ultra réactif, tant que Taraka les rejoins malgré elle suite à ce qui semble être un slam raté, mais ultra pro le chant reste précis malgré la chute. Les titres s’enchainent, particulièrement ceux de Top Ten Hits Of  The End Of The World pour mon plus grand plaisir, préférant l’énergie glam  à la pop trop sucrée du dernier album X-Treme Now.

princeramaLa frontwoman se dandine façon Madonna dans son legging Mona Lisa qui orne la couverture du nouvel album , sa sœur hypnotise ses fûts avec ses boucles tribales et Ryan fait office de Tony Micelli  alternant guitare, clavier et autres bidouillages.

Le public semble conquis et réclame un rappel mais l’heure c’est l’heure et les darons de Frustration sont attendus sur la scène 1.

Je retrouve au bar extérieur Ryan et Taraka autour d’une clope que la chanteuse me jalouse, mais responsabilité vocale oblige elle décline l’offre des volutes.

On parle de Trump, de la tournée et du festival vegan parisien le smmmile qu’ils retrouveront le weekend suivant. Ryan tente de baragouiner des bribes de phrases en français et même en italien avec la même agilité que Paganelli interviewant Balotelli,on reviendra donc à la langue de Gascoigne. Très souriant, très sympa, très Williamsburgh, bref une soirée américaine.

Je zappe Frustration, en sachant que ça jouera bien qu’ils donneront tout etc… mais ce n’est pas mon truc, un peu trop réchauffé pour moi donc répit au bungalove, avant de nous diriger vers le chalet jusqu’à l’aube.

On entend depuis notre cosy logis les premières notes de “hebrew house”de l’écossais Mr. T.C en sachant qu’on rate un énorme concert, mais la détente, la bonne compagnie et le get 27 -ce breuvage sournois- auront raison des premiers titres. Sacha Mambo prendra le relais, nous entraînant jusqu’à l’aurore.

Le réveil est compliqué, l’heure du départ approchant à notre plus grand regret. Une longue route nous attendant, nous ne verrons pas Black Devil Disco Club et partons le cœur serré. C’était mon premier Hog Hog et c’était plus qu’une prolongation de vacances. De l’accueil à la sécu en passant par les gens de la technique, on reconnaît la qualité d’un lieu aux gens qui l’anime. Loin de l’attroupement, de l’urgence de changement de plateau de certains festivals, où l’on peut passer plus de temps à courir qu’à se poser devant une scène, ici tout est mis en œuvre pour que rythme et confort cohabitent.

Ajoutez à ça une météo idyllique, Heart of Glass Heart of Gold, Haut les coeurs 2017 !

Texte par David Boring

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Alppine http://www.hartzine.com/alppine/ http://www.hartzine.com/alppine/#respond Wed, 16 Nov 2016 08:00:14 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49870

Alppine, mené par Diego Delgado et Alberto Bermejo est un projet expérimental musical et visuel où s’entrecroisent electronica, noise et […]

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Alppine, mené par Diego Delgado et Alberto Bermejo est un projet expérimental musical et visuel où s’entrecroisent electronica, noise et rock. Ils ont déjà plusieurs EPs à leur actif, dont Arde El Mar aux sonorités shoegaze et où vient s’ajouter la voix de Marta Capdevila au chant. À l’occasion d’un live puissant et envoûtant qu’ils ont donné au Freedonia, lieu underground de Barcelone, nous avons décidé de les soumettre à notre interview Out Of The Blue. Leur dernier EP, Tizanis, est sorti un peu avant l’été.

D’où venez-vous ?
De donde venís?

Barcelone et Madrid.

Barcelona y Madrid.

Où allez-vous ?
A donde vais ?

Barcelone.

La ciudad condal.

Pourquoi la musique ?
Porque la musica?

Nous nous sommes rencontrés et, en moins d’une minute, nous parlions des disques que nous aimions jouer dans les nineties. Au bout de quelques mois, nous improvisions sur des machines chez Diego. Le premier titre que nous avons composé s’appelait Sunny Tunnel, ça nous a plu, c’était en 2012.

Nos conocimos y en un minuto estábamos hablando de los temas que nos gustaba pinchar en los 90, al cabo de pocos meses estábamos improvisando con maquinitas en la casa de Diego. Lo primero que hicimos solo empezar a tocar se llama Sunny Tunnel. Nos quedamos entusiamados, eso fue en el 2012.

Et si vous n’aviez pas fait de musique ?
Y si no hubiera hecho de la música?

Nous venons tous les deux du monde de l’image donc au final notre projet n’est pas que musical, il est ouvert à d’autres disciplines artistiques, et l’image tient beaucoup de place et de poids dans nos lives.

Los dos venimos del mundo de la imagen por lo que al final no es solo musica. El proyecto esta abierto a otras disciplinas artística, la imagen puede tener mucho peso en nuestro directo.

Une épiphanie personnelle ?
Una epifanía personal?

Ah ! Ah ! Tu ne nous croiras pas mais nous avions une track que nous n’avons jamais enregistré qui s’appellait A Quart Of Epiphany. On rigolait de l’idée que quelqu’un puisse avoir ne serait-ce qu’une petite épiphanie…

Jaja no te lo creeras pero teníamos un tema que nunca grabamos y que se llamaba A Quart Of Epiphany nos reiamos con la idea de alguien podiese tener una poquito de epifania, o sea – lo veo pero solo un poco… una stupidez vamos.

Une révélation artistique ?
Una revelacion artistica?

Au début, nous étions esclave du MIDI. Plus maintenant et c’est beaucoup plus fun.

Al principio eramos esclavos de MIDI, ahora ya no, es mucha mas divertido.

Le revers de la médaille ?
Cualquier inconveniente?

Pas trop de live, mais je suppose que ça a à voir avec la loi de l’offre et de la demande. Ou alors nous sommes un mauvais groupe, à toi de voir.

Pocos directos, supongo que tiene que ver con la ley de la oferta y la demanda o que somos un mal rollo de banda, lo cual nos pone.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Hay vida después de la muerte artística?

Nous ne comprenons pas le concept de mort artistique.

No entendemos el concepto, muerte artistica.

Un rituel de scène ?
Un ritual antes de monatr en el escenario?

Une bière et des étirements.

Una cerveza y estiramos la espalda, en vano.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Con quién le gustaría trabajar (música y no musical)?

Thurston Moore, Brian Eno. Y a-t-il quelque chose de plus original ?

Thurston Moore, Brian Eno. ¿Hay algo mas original?

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
Cuál sería el punto culminante de su carrera artística?

Apparaitre dans un épisode des Simpson.

Salir en los Simpson.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Vuelta a la infancia, ¿qué consejo le das a ti mismo?

Joue, joue, joue. Crée, crée.

Toca toca toca. Crea crea.

Comment te vois tu dans trente ans ?
Cómo se ve usted dentro de treinta años?

Avoir encore plus de plaisir. (la magie de la musique)

Pasándolo mejor todavia. (la magia de la música)

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Un placer culpable o un tesoro escondido? (Música y no musical)

Nous décidons de la setlist des concert dans un restaurant japonais où nous avons l’habitude d’aller, c’est pas très rock’n’roll, ça va nous coûter quelques fans…

Hacemos el set list de los conciertos en un Japones, si lo se, es muy poco Rock´n Roll y esto nos va a costar algún fan… es lo que hay.

Écoute exclusive

Audio

Tracklist

Alppine – Tizanis (20 mai 2016)
01. 60 Lies
02. Tizanis
03. Places

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Hysteric http://www.hartzine.com/hysteric/ http://www.hartzine.com/hysteric/#respond Fri, 11 Nov 2016 19:35:40 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49160

On avait découvert Hysteric en 2011 via sa première production d’edits  sortie sur le label d’Otto Kraanen Bordello A Parigi. Dans le […]

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On avait découvert Hysteric en 2011 via sa première production d’edits  sortie sur le label d’Otto Kraanen Bordello A Parigi. Dans le même temps l’australien construisait tranquillement son projet Mothball Record – label spécialisé dans la rééditions d’obscures projets sortis des tréfonds des années 80 – permettant à cet insatiable collectionneur de perles oubliées de rentrer en connexion avec d’autres pourfendeurs de délires passéistes tels les influents Ostra Discos ou Public Possession.

Ces dernières semaines, l’homme de Melbourne est venu poser ses vieilles galettes délicieusement tunées sur les platines de quelques clubs européens, on en a profité pour lui soumettre notre salves de questions OOTB  et ainsi mieux cerner le personnage. Il nous offre au passage en écoute exclusive son set joué lors de son récent passage au club Kaiku d’Helsinki.

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Je suis originaire de Melbourne, en Australie. Plus précisément de Ripponlea, une petite ville près de la mer.

I’m from Melbourne, Australia. Specifically ‘Ripponlea’, a tiny suburb not too far from the beach.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Pouvoir, je l’espère, passer plus de temps en Europe, où j’ai l’impression que ma musique passe mieux. :)

hopefully to spend more of my time in Europe, where I think my music works better :)

Pourquoi la musique ?
Why music?

Depuis mon enfance, j’ai toujours été dingue de musique et de disques, c’était une évolution naturelle pour moi que d’aller vers ça.

Since I was a child I was always crazy about music and records, so it was a natural progression.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Avant d’être DJ, j’ai toujours voulu être stakeborder professionnel, mais je n’étais pas assez bon (de loin). Sinon, qui sait ce que j’aurais fait… J’ai un vrai déficit d’attention et je m’ennuie rapidement, la plupart des boulots traditionnels sont vraiment frustrants pour moi.

Before DJing, I always wanted to be a skateboarder professionally, but I wasn’t good enough (by a long way). Otherwise who knows, I have a short attention span and get bored quickly so most “traditional” jobs are frustrating for me.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

La première fois que j’ai entendu de l’italo-disco était assez intense, pour moi. Je n’avais pas encore Internet à cette époque et je devais attendre de rendre visite  à des amis qui possédaient, eux, une connexion pour récupérer mon « fix » de nouveaux mixs et de découvertes.

Hmm the first time I heard italo is a big one. I had no internet at that time and was reliant on visiting friends with internet to get my “fix” of new mixes and discoveries.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

C’est arrivé de manière un peu accidentelle, mais la compilation sortie chez Public Possession l’année dernière, sur laquelle je me suis retrouvé avec Tamas Jones de Carpentaria, m’a ouvert à de nombreuses nouvelles opportunités.

It was a bit accidental how it happened, but the record I shared with Tamas Jones/Carpentaria on Public Possession last year created a lot of new opportunities for me.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Pas vraiment, je suis vraiment reconnaissant de la chance que j’ai eue jusque là, même si le parcours pour arriver à mes fins à parfois été assez difficile ou pas à l’image de ce que je m’étais imaginé.

No- I’m grateful for every chance I’ve been given so far, even if the realization was sometimes difficult or not how I imagined.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Une mort artistique… Hum je crois que l’on peut regarder n’importe quelle carrière d’un artiste comme une série de changements en terme de popularité ou d’activité. J’ai été DJ, éditant et collectionnant des disques, à une époque où personne n’y prêtait vraiment attention, et je pense qu’il est possible (bien que je ne le souhaite pas) que ce genre de moment revienne de nouveau à l’avenir. Pour l’heure, je prends juste plaisir à vivre tout ça.

Artistic death hmm you can look at any artist’s career as a series of fluctuations in popularity or activity. I have been DJing, editing and collecting when honestly no-one was listening, and I’m sure it’s possible (though not desirable) that can be the case again in the future. For the moment, I am just enjoying the ride.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Un bon espresso est crucial ! Et parfois arriver en soirée un peu en avance, pour écouter le DJ avant moi, sentir l’atmosphère…

A good espresso is essential! And to be at the party some time in advance to hear the DJ before me, take in the atmosphere, etc.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Pour moi c’est plutôt la question de savoir qui voudrait travailler avec moi… J’ai eu quelques demandes de remixs ces derniers temps, j’en suis plutôt content.

it’s more a question who would work with me.. I have a few remix requests at the moment which I am happy to be asked for.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Je n’aime pas trop me dire qu’il y aura un climax dans ma carrière parce que tout ce qui arrive ensuite n’est qu’une chute, j’espère juste continuer ce que je fais actuellement. Les moments les plus importants pour moi restent les disques que j’ai sortis et beaucoup des soirées dans lesquelles j’ai joué en Europe ces 2 dernières années, tout autant que les gens que j’ai rencontrés à cette occasion. 

I don’t like to think of there as a climax because everything after that is downhill, I just hope to continue as I am. Highlights so far have been the records I released and many of the parties I played in Europe during the past 2 years, and the people I met in the process.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Le même conseil que celui que je me donne aujourd’hui : si tu as une idée, c’est mieux de commencer et de finir quelque chose (n’importe quoi) plutôt que sans cesse réfléchir à le faire sans jamais se lancer.

The same advice I would give myself now: if you have an idea, it is better just to start and finish something (anything) rather than constantly thinking about it and doing nothing.

Comment te vois tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

J’espère être toujours DJ, dans le milieu de la musique.

Hopefully to still be DJing and involved with music.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Je voudrais davantage travailler à l’aide de sample et de collages mais aussi sur edits un peu moins directs, un peu plus complexes.

I would like to work more on sample-based production/assemblages and possibly less “straight” edits.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Dormir !

Sleeping!  

Exlue

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Flotation Toy Warning, la playlist http://www.hartzine.com/flotation-toy-warning-la-playlist/ http://www.hartzine.com/flotation-toy-warning-la-playlist/#respond Wed, 02 Nov 2016 10:19:58 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49139

Après avoir posé une sereine tartine sur la réedition du premier album des fantastiques Anglais de Flotation Toy Warning par […]

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Après avoir posé une sereine tartine sur la réedition du premier album des fantastiques Anglais de Flotation Toy Warning par le non moins respectable label bordelais Talitres, il nous semblait tout de même fort raisonné de laisser également la parole au groupe. On leur a donc demandé en toute honnêteté de nous sortir une playlist à la thématique assez simple : quels sont les morceaux qui vous ont fait pleurer le cœur, gonfler le cerveau et relever les poils ? Sélection commentée ou non ci-dessous.

Paul Carter

Giu’ La Testa par Ennio Morricone
J’ai souvent noté que les premières heures du jour constituaient la meilleure période pour écrire des morceaux. Certaines sensations inaccessibles et enfouies durant la journée peuvent alors se dévoiler. De la même manière, j’adore regarder des films la nuit car je considère que c’est là qu’ils sont le plus émotionnellement frappants. C’est à ce moment-là que j’ai regardé « A Fistful of Dynamite ». J’adore la musique d’Ennio Morricone, et particulièrement cette pièce car elle mêle avec brio la plupart de ses meilleures idées.

The Messerschmitt Twins par Orchestral Manoeuvres in the Dark
Je possède plus de disques de ce groupe que n’importe quel autre. Le message qu’ils m’ont transmis s’est révélé crucial pour moi, me donnant la confiance nécessaire pour démarrer la musique à l’âge de 25 ans. Ces deux personnes balancent ouvertement le fait qu’ils n’ont pas un grand talent musical mais mettent simplement en action de bonnes idées. Cela m’a fait prendre conscience que n’importe qui pouvait créer de la musique si il en ressentait le besoin : si cela devient ton obsession tu en sortiras forcément quelque chose de valeur à tes yeux. Il n’y a pas de modèle pré-établi pour y arriver, mais si tu essaies dur et assez longtemps, quelque chose d’intéressant finira par apparaitre.

The Stranger Song par Leonard Cohen
J’ai vu un vieil enregistrement de lui jouant cette chanson à la télé. C’était tard dans la nuit, lorsque les choses prennent réellement sens. Juste lui et une guitare, porté par des mots extraordinaires. Cette personne pouvait conjuguer tant de détails liés à la condition humaine en une somme de mots si essentielle que cela me toucha comme une révélation. Je pense toujours aujourd’hui qu’il n’y a pas de meilleur parolier que lui.

1812 Overture Choral Version par Tchaikovsky
Quand je n’étais pas encore tout à fait adolescent, mes parents me laissaient jouer à la maison, ma sœur, notre amie Helen et moi pendant qu’ils sortaient boire un verre avec des amis. Nous avions l’habitude de boire du cidre tout en jouant une version sans chorale de cette pièce de Tchaïkovsky. On paradait dans la pièce puis s’écroulait à chaque coup de canon. A l’époque, c’était une des choses les plus intenses et excitantes que je pouvais vivre. Je n’ai entendu qu’adulte la version avec chorale, qui est d’ailleurs supposée sonner comme cela à l’origine. Lorsque je l’ai écouté, l’intérieur de mon corps s’est petit à petit mis à fondre.

Unicorns Were Horses par New Kingdom
La pure joie que diffuse le refrain me passe de l’électricité dans les veines. J’adore le ton neutre qu’use le chanteur et plus particulièrement les paroles « Guess it just be’s like that sometimes’ ». Comme la plupart des gens, lorsque le vent souffle en sens contraire, c’est comme ça que je me sens.

6am Jullandar Shere par Cornershop
Possiblement la pièce de musique la plus réjouissante qu’il m’ait été donné d’écouter. Il y a à peu près deux riffs, la majorité du morceau ne tourne qu’autour d’un accord et ça balance pourtant sur plus de six minutes. Mais le mouvement, l’énergie, la vitalité du titre me donne toujours l’impression que cela se termine trop vite. Intelligent comme rarement, j’espère simplement qu’un jour nous serons aptes à écrire quelque chose se rapprochant de cet effet.

Ben Clay

Nightclubbing par Iggy Pop
Écrite en 1977 sur son premier album solo post-Stooges, ça sonne toujours aussi contemporain et frais à présent – l’intégralité du morceau montre une confiance et un engagement qui force le respect.

The Weaker Soldier par Palace

Will Oldham a réalisé des œuvres bien plus complètes, comme Master and Everyone, mais cet album – et surtout cette chanson – a cette intimiste fragilité qui la rend absolument magnifique. Les paroles sont également excellentes.

Gods in Heat par Tobacco

Un morceau qui m’a été recommandé par Paul. De la musique que tu ne peux pas vraiment décrire – sa sonorité ou ses influences – et qui la rend justement si bonne. Le travail d’un seul homme et d’un quatre pistes. Écoutez la déconstruction du morceau sur le podcast Song Exploder. Unique.

Steve Swindon

Choisir seulement trois morceaux s’avère bien chaud, j’ai donc fait des choix relatifs par rapport à l’histoire Flotation pour moi.

Saturday par Sparklehorse.
Ça aurait pu être n’importe quel morceau de Vivadixiesubmarinetransmissionplot mais ce morceau a cette façon si douce d’insister un peu similaire à mes chansons préférées de Flotation Toy Warning.

Zoom par Fat Larry Band.

Il y a eu une paire de session lors de l’enregistrement de Bluffer’s Guide… où cette chanson résonnait dans le studio, régulièrement appréciée et sujet de débat à l’occasion d’une éventuelle reprise. Je serais toujours motivé pour faire ça.

Down With The Animals par Arm of Roger.

Un vrai classique de l’ère Bluffer’s… d’un album autrement inécoutable. Les paroles sont particulièrement inspirées.

Vicky West

The Big Ship par Brian Eno

Such Great Heights by The Postal Service

Ave Lucifer by Os Mutantes

On rappelle que les Anglais nous gratifieront d’une paire de concerts français – Bordeaux et Paris – et verront Talitres sortir un inédit du groupe sur la compilation anniversaire du label, pour les 15 ans, sur un 10’’ comprenant de nouveaux morceaux d’autres artistes du label comme Motorama, Emily Jane White, Will Samson, etc… Le disque sera disponible aux concerts de Flotation Toy Warning mais aussi aux autres dates de l’anniversaire, avec notamment Motorama jouant deux fois de suite à la Maroquinerie. Retrouvez ci-dessous le programme en détail.

PARIS / La Maroquinerie
09.11 : MOTORAMA – EMILY JANE WHITE (billetterie)
10.11 : MOTORAMA – FLOTATION TOY WARNING – WILL SAMSON (billetterie)

BORDEAUX / Le Rocher de Palmer
11.11 : FRÀNCOIS AND THE ATLAS MOUNTAINS (joue « Plaine Inondable ») – STRANDED HORSE – WILL SAMSON (billetterie)
12.11 : MOTORAMA – EMILY JANE WHITE – FLOTATION TOY WARNING (billetterie)

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Sutja Gutierrez http://www.hartzine.com/sutja-gutierrez/ http://www.hartzine.com/sutja-gutierrez/#respond Tue, 01 Nov 2016 22:53:05 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49128

On se souvient de Sutja Gutiérrez notamment avec son groupe The Fruhstucks et ses tracks electro-pop lo-fi mignonettes (ici et là) […]

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On se souvient de Sutja Gutiérrez notamment avec son groupe The Fruhstucks et ses tracks electro-pop lo-fi mignonettes (ici et ) – puis on l’a un peu perdu de vue. Pourtant le bonhomme n’est pas resté inactif. Bien au contraire, il a multiplié les collaborations comme producteur ou vocaliste pour AFFKTRob Garza (Thievery Corporation) ou Edu Imbernon, et a même sorti un album solo Cult & Truth sur le label californien Bleeding Gold Records. Toujours expérimentant sur des sonorités pop lo-fi, prennant parfois des envolées psychédéliques, le producteur hispanique a sortit un excellent nouveau titre hypnotique dénommé Ubi Sunt il y a quelques semaines sur le label Rotten City Records du producteur madrilène Alvaro Cabana. On a décidé de prendre de ces nouvelles via notre OOTB interview, il nous a fait cadeau d’un edit bien perché du titre Eight Whiskus de John Cage et Joan La Barbara. Enjoy !

 

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Je viens d’une petite ville de la côte méditerranéenne espagnole qui s’appelle Vinaròs.

I come from a small town called Vinaròs located in the Mediterranean coast of Spain.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

J’imagine que la créativité, tant dans la vie que dans l’art est ma destination la plus précise, mais je ne connais pas encore tous les détails…

I guess creativity in life and art is my most clear destination, but I’m still figuring out all the details…

Pourquoi la musique ?
Why music?

Parce que la musique était ce qui me convenait le mieux. Quand j’étais plus jeune, je ne me suis jamais senti bon élève mais un jour, la musique est venue frapper à ma porte et une fois que j’avais commencé je ne pouvais plus m’arrêter. Je me suis vu plonger dans un tourbillon de créativité, de passion et de stimulation. Maintenant je suis heureux de dire que je me sens beaucoup mieux et à l’aise avec moi-même et je serais un imbécile si j’arrêtais un jour de créer de la musique.

Because music was what worked better for me. When I was younger I never felt that I was a good student, but one day the music process knocked at my door and once I started I couldn’t stop at all. I saw myself immersed in a work-spiral of creativity, passion and stimulation. Now I’m glad to say that I feel much better and comfortable with myself and I would be such a fool if I ever stop creating music.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

C’est beaucoup trop difficile de savoir. La musique m’a aidé à me connaître de tant de façons différentes que maintenant, j’ai l’impression que je pourrais être bons dans tellement de trucs (la poésie, la philosophie, l’art, etc). Donc si la musique n’était pas mon truc, je ne sais pas vraiment, choisis une vie au hasard et ce serait celle-ci.

That’s way too difficult to know. I mean, music helped me know myself better in so many different ways that now I feel like I could be good at so many different things (poetry, philosophy, art, etc.) so, if music wasn’t my thing I don’t really know, just pick a random life and then you got it there.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

La seule chose que j’ai ressenti comme une épiphanie s’est déroulée il y a plusieurs années. J’étais chez un ami, allongé sur le lit et on a décidé de prendre “un truc très bizarre”. On a mis de la musique et on a laissé le truc faire effet, puis je me suis senti plonger toujours plus profond et si vite que j’ai compris que j’avais perdu le contrôle. Ça ne faisait pas comme se faire enterrer, c’était plus comme plonger au plus profond de mon âme et m’allonger au centre de la Terre comme La Maja Nue (un tableau de Goya, ndlt). J’ai vu une putain de lumière au loin, quelque chose comme regarder la TV avec 600 mètres entre toi et la télévision. Quand je me suis réveillé, j’étais complètement scié, je suis rentré sans rien dire chez moi en pensant “Qu’est ce que c’était que ce bordel ?” – et c’est quelque chose que je n’oublierai jamais.

The only thing I ever felt similar to an epiphany was many years ago, I was at a friend’s house lying in bed and we decided to take “something very weird”. We put the music on and let the thing take effect on us, then I started feel myself going down and down so fast that I realized I was out of control. It wasn’t like being buried underground, it was more like falling down deep into my soul and lying in the centre of the earth like The Nude Maja. I saw a damn light far away, something like watching TV with 600 meters of distance between you and the television. When I woke up I was totally blown away and went in total silence to my house thinking “what the hell was that?” – and that was something that I will never forget.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Je crois que j’ai eu plein de révélatons différentes et intéressantes au cours de ma carrière musicale et c’est parce que je suis dans le changement permanent et chaque changement a sa place et sa valeur. C’est difficile d’en choisir une seule. J’ai commencé il y a des années avec un ordinateur portable et quelques matériels studio bon marché (que j’utilise toujours) et regarde moi maintenant, j’ai l’impression d’être une bête curieuse. Mais une chose est certaine, depuis ce temps et jusqu’à aujourd’hui, je continue d’éplucher les couches sans trop y réfléchir, je reste calme et patient, c’est tout.

I think I had many different and interesting breakthroughs during my musical career and that’s because I’m in constant change and each change has his own place and value. It’s hard to pick just one. I started years ago with a laptop and some cheap studio elements (which I’m still using) and look at me now, I feel like I’m such a freak character. But one thing is clear, since then and up to today I keep peeling the onion without thinking too much about it, I stay calm and patient, that’s all.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Ils font parti du processus mais je crains de ne pas être le genre de personne qui aime parler des revers. Mes problèmes sont si insignifiants en comparaison des vrais problèmes auxquels on est réellement confrontés que j’essaie juste de rester attentif et positif, de partager le meilleur de moi-même. Ceci étant dit, continue de t’élever en tant qu’être humain et ne regarde pas en arrière (pas trop).

They are part of the process, but I’m afraid I’m not the kind of person who likes to talk about downsides. My problems are so insignificant in comparison to the real problems we’re actually facing that I just try to stay awake and positive, sharing all the best from me. Having said that, keep on rising as a human being and don’t look back (too much).

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

La mort artistique doit être quelque chose inventé par quelqu’un qui ne s’intéresse pas ou ne connais rien à l’art. Là où il y a de la vie, il y a de l’espoir pour tout le monde et la seule chose que l’on doit faire c’est de s’intéresser, d’aimer et de partager. Ça dépend de toi et de comment tu vois les choses autour de toi, tout ce dont tu as besoin c’est de ton cerveau alors, s’il te plaît, fais le faire fonctionner.

Artistic death might be something invented by someone who doesn’t care or know about art at all. If there’s life, there’s hope for everybody and the only thing you have to do is to care, love and share. It depends on you and the way you see the things around you, all that you need is in your brain so, please keep that part always running.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

J’ai presque tout essayé mais rien ne semble fonctionner avec moi et je finis toujours par me sentir stupide à faire tout ça.

I’ve tried almost everything but nothing seems to work with me and I always end feeling very stupid by doing all of that.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Dans la vraie vie, je dirais Simeon Cox de Silver Apples. En rêve, sans aucune hésitation je choisirais le seul et unique Viking de la 6ème avenue, Louis Thomas Hardin, aussi connu sous le nom de Moondog.

In real life I would say, Simeon Cox from Silver Apples. In dreams, without any doubt I would choose the one and only Viking of the 6th avenue, Louis Thomas Hardin also known as Moondog.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Je serais aussi heureux que maintenant si je pouvais continuer à grandir en tant qu’être humain qui aime l’art. Ce serait un super climax pour moi. J’aimerais aussi avoir moins de déboires et de problèmes à l’avenir mais comme je l’ai dit plus haut, ils font partie du processus donc, je ne sais pas du tout ce que le future me réserve.

I’ll be happy as much as I am now if I could just continue growing as a human being who loves art. That would be a great climax to me. I would also like to have less setbacks and problems in the future but as I said before they’re part of the process so, I don’t really know what the future holds for me.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Ne crains rien ni personne et prépare toi à la vraie jungle.

Do not fear anything or anybody and prepare yourself for the real jungle.

Comment te vois tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Pareil qu’aujourd’hui mais beaucoup plus calme et sage.

Same as now but much quieter and wiser.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Tous les chemins mènent nul part ce qui rend le futur encore plus confus et perturbant. On verra, je suis plein de surprises.

All paths lead to nowhere and that makes an even more confusing and disturbing future. We’ll see, I’m full of surprises.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Je crois que le vin est devenu mon plaisir coupable le plus évident.

I guess wine has become the clearest guilty pleasure of mine.

Photo: © Andrea FG
Traduction: Marie-Éva

Ecoute Exclusive

Audio

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Coucou Chloé – Halo http://www.hartzine.com/coucou-chloe-halo/ http://www.hartzine.com/coucou-chloe-halo/#respond Tue, 01 Nov 2016 16:50:56 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49118

Faire ou ne pas faire une chronique sur l’EP de Coucou Chloé, telle a été la question, et puis force […]

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Faire ou ne pas faire une chronique sur l’EP de Coucou Chloé, telle a été la question, et puis force est de constater qu’entre son très bon track sur la compilation de JEROME avec plein de petites cloches, une voix chelou, quelque chose d’une attraction irrésistible et son inédit avec WWWINGs, il fallait parler et chroniquer l’EP de Coucou Chloé. D’abord parce qu’il est sorti chez l’excellent label berlinois Creamcake, où on retrouve notamment Sky H, Keiska ou 333 Boyz et ensuite parce que c’est un très très bon EP. Trois pistes et un méga tube : Skin Like Sin.

Coucou Chloé, c’est l’évolution parfaite de la vaporwave à la scène hybride/monstrueuse, des premiers titres moins enthousiasmants et puis, d’un coup, un EP au milieu de toute la scène qu’on adore entendre, et un super premier EP. Mi-r’n’b, mi-électronique, un peu techno, en fait juste un EP classe, un EP qui met des calottes où il faut. Je ne sais pas si on peut faire du parcours de Coucou Chloé une sorte de cartographie de la scène néo-r’n’b électronique française super chouette mais, en tout cas, Halo nous a filé une belle claque et il faut l’en remercier. Entre Ok Lou qui sort des dingues morceaux chez Staycore, qui fait des lives tout fifou à la RBMA, et Coucou Chloé qui sort des EPs impeccables, on se dit que, peut-être, il se passe quelque chose dans nos contrées. Et quelque chose de bien cool. On vous engage d’ailleurs à écouter son set sur NTS Radio qui est assez parfait.

Bref trois pistes et un tube. Halo et Touched qui ouvrent et ferment respectivement, plutôt dans un genre expé contemplatif, avec voix travaillée sur ordinateur, basse toutes folles ou nappe sous vocodeur, et Skin Like Sin, sorte de tube r’n’b électronique qu’on a envie d’entendre sur tous les plus beaux parquets. Des chants de cathédrale, des beats angoissants, un travail sur une certaine frustration et des moments épiques de libération parfaits pour le dancefloor, ça donne un EP sensible, émotif et plutôt très sensuel, à l’image sans doute de ce qu’on aime aller voir dans nos clubs aujourd’hui, à l’image aussi d’une scène de plus en plus biscornue, diverse, bizarre et étrange.

Comme il n’y a que les imbéciles et les têtus qui ne changent pas d’avis, chapeau bas et respect pour Halo, Coucou Chloé ! Et on espère à très vite pour un deuxième EP.

Audio

Tracklist

Coucou Chloé – Halo (Creamcake, 05 octobre 2016)
01. Halo
02. Skin Like Sin
03. Touched

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MIXTAPE : Home made 08 by Aki http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-08-by-aki/ http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-08-by-aki/#respond Thu, 27 Oct 2016 07:54:37 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49098

Back 2 basics, Aki nous replonge dans le rap à la française de la seconde moitié des années 90. 01 […]

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Back 2 basics, Aki nous replonge dans le rap à la française de la seconde moitié des années 90.

01 – Lone – Les skyzos feat. Busta Flex
02 – Timide et sans complexes – ennemi
03 – Kabal – Le cercle
04 – ATK – Mangeur de pierres
05 – Ideal J – Le combat combat continue
06 – Lunatic – Le crime paie
07 – La Squadra – Là d’où l’on vient
08 – 2 Bal – 3X plus efficace feat. Niro
09 – X-Men – Pendez-les, bandez-les, descendez-les…
10 – La brigade – La vie est une…
11 – La Cliqua – Rap contact
12 – Arsenik – Quelques gouttes suffisent…
13 –Assassin – L’Etat assassine

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Norwell http://www.hartzine.com/norwell/ http://www.hartzine.com/norwell/#respond Wed, 26 Oct 2016 09:09:21 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49089

On a découvert Balázs Semsei aka Norwell grâce à la sortie du EP Her sur le label de Fairmont, Beachcoma, […]

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On a découvert Balázs Semsei aka Norwell grâce à la sortie du EP Her sur le label de Fairmont, Beachcoma, il y a déjà deux ans de cela. Deux titres techno dreamy à l’influence Border Community qui nous avait fait passer de bons moments. La même année avec son ami et compatriote S Olbricht une tape, Untitled, parue chez le label Londonien Cleaning Tapes aux titres techno un peu plus abstract avait fini de nous convaincre que Norwell était un producteur à suivre de très près. Alors que cet été sortait son deuxième excellent album Grasslands sous forme de tape auto-produite, on a décidé qu’il fallait soumettre le producteur hongrois à notre interview Out Of The Blue.

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Budapest

Budapest

Où vas-tu ?
Where are you headed?

En Europe (en espérant qu’il n’y aura pas de Huxit après le Brexit).

To Europe (hopefully the Huxit won’t happen after the Brexit).

Pourquoi la musique ?
Why music?

La musique a toujours été essentielle dans ma vie. Elle m’emmène là où rien d’autre ne peut.

Music has always been essential in my life. It brings me places where nothing else could.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Je ne peux pas vraiment imaginer ma vie sans au moins écouter de la musique. Si je ne faisais pas de la musique, je me concentrerais probablement encore plus sur mon boulot et j’aurais une vie moins amusante. Donc je suis très heureux d’avoir trouvé la musique comme moyen d’expression. Je crois que tout le monde a besoin d’au moins un passe-temps qui permette ça, surtout de nos jours, quand la chose la plus commune est d’acheter son bonheur. Mais c’est juste provisoire.

I can’t really imagine my life without at least listening to music. Although without making music I’d probably focus even more on my day job and I’d have a less amusing life. So I’m really glad I found writing music as a self expression. I think everyone needs at least 1 hobby where they can do that especially nowadays when buying happiness is one of the most common things to do. But that’s just a temporary thing.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

“Une de ses qualités est la sobriété” (je ne sais pas si ce sont les bons mots en anglais mais les gars, apprenez à boire avec modération ! :)).

“One of his virtue is austerity” (Don’t know if these are the right words in English, but kids, know when to stop drinking alcohol! :))

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

J’ai l’impression que chaque sortie sera mon prochain succès. Non pas du point de vue de la popularité mais j’essaie toujours de composer une musique meilleure que la précédente et de trouver de bons labels. Quand ça se produit, je suis satisfait, je ne veux pas être célèbre ou gagner ma vie avec la musique. D’ailleurs aujourd’hui, avec autant d’artistes et de sorties (même dans la scène musicale underground), que peut-on qualifier de réel succès ?

I felt at all of my releases that it’s my next breakthrough. Not popularity-wise but I always tried to make better music than previously and find good labels for them. When that happens I’m satisfied, I don’t want to be famous or make a living from music.
By the way nowadays when there are so many artists and releases out there (even in the underground music scene) what is a real breakthrough?

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Tu veux dire de la révélation ? Si oui, alors je ne le crois pas. Comme je ne veux pas vivre de la musique, je suis libre de faire ce que je veux. Je vois/entends beaucoup d’artiste qui, après leur premier succès, essaient de se répéter, de faire la musique que leur public attend. Ils perdent une partie de leur liberté créatrice qui à la base de la musique de qualité selon moi.

You mean of the breakthrough? If yes then I don’t think so. Since I don’t want to make a living from music I’m free to do whatever I want. I see/hear on many artists that after their breakthrough they try to repeat themselves, make music what their audience expects. They partly loose their freedom of making music which is the core of good music in my opinion.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Je l’espère vraiment. Mais je crois que l’artiste en soi ne meurt jamais réellement.

I really hope so. But I think that the artist will never die in you.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Boire un verre de Unicum (un spiritueux traditionnel hongrois) en me souhaitant de jouer un bon concert devant un bon public.

Having a ‘play a good set and have a good audience’ Unicum (it’s a traditional Hungarian spirit)

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Thom Yorke et James Holden. J’adorerais aussi passer quelques semaines dans un studio avec Gerald Donald.

Thom Yorke and James Holden. I also would love to spend a few weeks with Gerald Donald in a studio.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Avoir un groupe qui joue des morceaux électros inspirés de la “kosmische music”.

Having a band which plays kosmische inspired electro songs.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

N’arrête pas le piano. Sois moins anxieux.

Don’t stop playing the piano. Be less anxious about everything.

Comment te vois tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Toujours en train de faire de la musique quelque part à la campagne. Au-delà de ça, je souhaite simplement être un homme de 59 ans heureux et satisfait de sa vie.

Still making music somewhere in the countryside. Besides that I just want to be a happy 59 years old man who’s satisfied with his life.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Difficile à dire. Il y a un an et demi, je n’imaginais pas travailler sur des morceaux électros. J’étais fan de “kosmische music” (je le suis toujours). Donc pour le moment, je pense que je mettrais plus l’accent sur l’électro au cours de l’année qui vient. Ce serait génial de faire un album électro avec moins de titres de club. Je suis de plus en plus intéressé par l’électro non orientée vers les clubs. Ce sera probablement ma prochaine voie.

Hard to say. I didn’t think 1,5 years ago that I’ll work on electro songs anytime. I was really into kosmische music (I still am). So for now I think I’ll put a bit bigger emphasis on electro in the next year. It would be great to make an electro album with less club tracks. I’m more and more interested in non club focused electronic music. Probably that’s the way to go ahead for me.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Cuisiner. Je me suis apperçu il y a deux ans que j’aimais cuisiner, ça me détend. Pourquoi est-ce un plaisir coupable ? Depuis j’ai pris 20 kgs. :)

Cooking. I realised 2 years ago that I like to cook, it relaxes me. Why is it guilty? Since then I gained 20 kgs. :)

Écoute exclusive

Écoutez ci-dessous en exclusivité l’edit que nous a concocté Norwell pour le titre Buntil du duo Knobkreek. Knobkreek est un projet basé aussi à Budapest composé du chateur-guitariste Ákos Déri aka Berriloom et du claviériste Bálint Zalkai aka Alpár. Leur musique explore les territoires leftfield ou des synthé psyché se mêlent à des thèmes de guitare shoegaze. Projet à suivre aussi…

Audio


Ecouter et acheter Grasslands ici

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Sikuri – Zafiro http://www.hartzine.com/sikuri-zafiro/ http://www.hartzine.com/sikuri-zafiro/#respond Wed, 26 Oct 2016 08:13:52 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49077

Il y a des albums classiques, qui font date dans l’histoire de la musique, et puis il y a aussi, […]

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Il y a des albums classiques, qui font date dans l’histoire de la musique, et puis il y a aussi, sans qu’il s’agisse moins d’un événement, des EPs qui collent aux oreilles dès la première écoute. C’est le cas de Zafiro, l’EP de Sikuri qui vient de sortir sur l’excellent Trax Couture, label historique de Rushmore…

Outre le blaze qui fait référence à la fois à la chicorée sauvage et à un style de musique andin, plus précisément péruvo-bolivien, Sikuri est l’un des dignes représentants de la folle épopée des musiques électroniques en Amérique du Sud. Il est plus précisément Bolivien et on avait déjà eu l’occasion de l’écouter sur le très cool label de La Paz, Omb Record Label. Bien sûr, on retrouve dans les quatre titres de l’EP de la flûte de pan et des percussions empruntées au sikuri. Quoi de plus logique quand on tire son nom de scène d’une musique vernaculaire ?

En dehors de cela, Sikuri (le producteur) signe quatre pistes subtiles, monstrueuses, hybrides et belles, très belles. Mi-house, mi-électronique, mi-percussions traditionnelles, mi-UK, mi-garage, c’est un EP, pour une fois dans la scène, assez aérien, jovial, lumineux… En tout cas un EP qui colle aux oreilles, avec cette douce sensation apaisante d’observer un panorama tout doux, tout étendu, tout infini. Quatre pistes donc, toutes aussi fabuleuses : Aamado, Zafiro, Noche et Llegada. En même temps, avec un EP qui porte le nom d’une pierre précieuse, on ne pouvait pas s’attendre à autre chose…

Sikuri, en tout cas, propose disons une sorte de croisement, d’hybridation entre musique club, Ballroom, Dem Bow, Footwork et Grime, Kalamarka, danses vernaculaires, mythologie andine, Chacarera, Sikuri (la musique andine) et Boleros… j’espère qu’on ne vous perd pas. L’EP s’articule entre musique traditionnelle, vernaculaire et électronique brillant. C’est tout en retenu, et assez sensuel, il faut l’avouer. On y retrouve des basses électroniques, des petites mélodies à la flûte, des percussions andines, et quelques mini samples de voix et de sirènes de la police. Encore une fois, une belle sortie chez Trax Couture, après le très bon LP de Rushmore sorti cet été…

Ce phénomène commence quand à même à devenir fascinant, l’été mondial queer de la musique ne semble pas finir de surgir d’absolument n’importe où ; au milieu de la Suède avec Staycore, en Afrique du Sud avec NON, dans toute l’Amérique latine avec NAAFI, dans les ghettos « camp » américains avec Fade To Mind, Night Slugs, Kunq et GHE20GOTH1K, avec les latinos de Londres de Bala Club, du fond de la Pologne avec Intruder Alert, de Montréal avec Infinite Machine, d’Angola et du Portugal avec Principè, et on pourrait continuer encore longtemps à citer ce panorama des changements d’hémisphères. Franchement, on ne sait presque plus où donner de la tête avec toutes ces insurrection musicales minoritaires.

En tout cas, quand la politique des identités n’est plus un repli communautaire mais une insurrection mondiale dans la musique, on peut dire que ça fait événement, et que ça nous donne quelques leçons… ça déplace notre champ auditif et sémantique. La monstruosité et l’hybridation ont apparemment de beaux jours devant eux, et ça n’est pas définitivement pas pour nous déplaire.

Audio

Tracklist

Sikuri – Zafiro (Trax Couture, 21 octobre 2016)

01. Aamado
02. Zafiro
03. Noce
04. Llegada

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Pola Tog – Rrose Sélavy http://www.hartzine.com/pola-tog-rrose-selavy/ http://www.hartzine.com/pola-tog-rrose-selavy/#respond Mon, 24 Oct 2016 08:51:35 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49046

Par Stéphanie-Lucie Mathern. Écouter Rrose Sélavy de Pola Tog, alias Joaquin Urbina. Musique cold-dansante — on danse bien sur les […]

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Par Stéphanie-Lucie Mathern.

Écouter Rrose Sélavy de Pola Tog, alias Joaquin Urbina. Musique cold-dansante — on danse bien sur les ruines et les tombes, non ? — hommage au dadaïsme et plus particulièrement au dandy Duchamp ; elle commence par une interview où il est question du pouvoir de choquer.

Duchamp a toujours plaidé pour le point d’indifférence. Dandy coldwave, joueur d’échecs précis et implacable. En filigrane ici, l’origine du ready-made, conséquence radicale de la transformation de l’art engendrée par le développement technique du XXe siècle (relire Heidegger) et un amour certain pour l’écriture automatique. La révision est radicale et ressemble à tout ce qu’on aime : un D.A.F moins gay, un New Order plus new, un Crystal Castles qui jouerait moins à la Game Boy, et les grandes heures de Polyrock. Le nom de Man Ray est également mentionné, fameux photographe, qui fit le portrait de Rrose Sélavy en 1921. L’alter ego féminin de Duchamp redéfinit son image d’artiste dans le déplacement identitaire, loin des codes virils.

Marcel Duchamp est un esthète, Pola Tog aussi. L’idée de la création est celle du dandy : il s’agit de faire de sa vie une œuvre d’art. On développe ici sa mise en scène dans un culte du moi résolument moderne. Sauf qu’ici, il y a le détachement et la sobriété, le synthé qui pleure dans son coin. Le clip, suite de séquences filmées à la Super 8 par Joaquin et sa collaboratrice Ana Gale, montre d’ailleurs cette ambiguïté des genres et fut interprétée spécialement par un groupe barcelonais, NES. Le regard est désorienté. L’euphorie est là, mais non-ostentatoire.

Pola Tog est un groupe de synth-dark-pop wave formé à Barcelone par Joaquin Urbina. Il débuta en publiant son premier EP cassette « Rayogramme » en avril 2016 sur le label espagnol Domestica Records. Un son cru crée par hardwave sans usage de l’ordinateur le définit. Rrose Sélavy se présente donc comme une jolie suite ; la version définitive de la sortie vidéo est en ligne depuis le 20 octobre.

Marcel Duchamp disait dans ses entretiens avec Pierre Cabanne : « L’individu, en tant que cerveau, m’intéresse plus que ce qu’il fait, parce que j’ai remarqué que la plupart des artistes ne font que se répéter. »

Tout s’exprime dans l’attitude et une certaine façon d’apparaître, Joaquin Urbina a compris qu’il ne fallait pas trop en faire pour trouver la note juste et ses collages avec la voix du maître restent un bel hommage. La sobriété devrait d’ailleurs être la nouvelle condition du spectacle. Supérieure et raffinée, la posture de l’intellectuel détaché et un peu anesthésié, reste le meilleur remède dans une société qui bascule dans la déshumanisation. Populaire et élitiste à la fois, ce titre emporte par sa puissance et l’on a tranquillement envie de mourir dans son lit. Avec Rrose Sélavy, on transforme l’artiste en star avec une énergie sombre qui sonne comme une apologie de la vie.

Avant-première

Pola Tog – Rrose Sélavy

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FAKA – Bottoms Revenge http://www.hartzine.com/faka-bottoms-revenge/ http://www.hartzine.com/faka-bottoms-revenge/#respond Sun, 23 Oct 2016 13:06:11 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49029

NON a réduit un peu la voilure de ses productions, se concentrant davantage sur la diffusion de son fanzine super […]

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NON a réduit un peu la voilure de ses productions, se concentrant davantage sur la diffusion de son fanzine super cool sorti au printemps. Pourtant, ils ne sont quand même pas restés inaudibles cet été avec un incroyable album de VIOLENCE, A Ruse Of Power, qui se proposait de passer le « rock » à la moulinette de la diaspora électronique. C’était une chouette réussite, encore, et on n’avait pas pris vraiment le temps de vous en parler.

Et là, cette semaine, patatras, sort de manière impromptue le nouvel EP de FAKA. FAKA, c’est un duo sud-africain nourri au Gqom, mais un Gqom loin de son esthétique la plus tradi. Le Gqom, c’est quoi, c’est un son sud-africain qui vient entre autre de Durban et qui mêle house, kuduro et, disons-le pour être large, techno. Un genre électronique quoi. Ça donne pudiquement une sorte de d’afro-électronique bizarre, pour parler avec un langage clairement ethnocentré. Une très belle compilation est d’ailleurs sorti cet été sur Gqom Oh!, le label de Durban qui fait entendre depuis maintenant trois années ce son typiquement sud-africain. Compilation par ailleurs plutôt très sombre et loin de l’idée ensoleillée qu’on se fait de l’électronique sud-africaine en Europe. Eux aussi ont sorti un petit fanzine, WOZA, très bien d’ailleurs.

FAKA est un duo qu’on avait déjà eu l’occasion d’entendre sur la compilation NON Worldwide du label susnommé. Avec Bottoms Revenge, outre le titre clairement politique, queer, et en dehors des codes hiérarchiques et sociaux (pour ceux qui connaissent un peu les différentes significations de « bottom »), FAKA propose une expérimentation étrange et brillante, un peu glaçante aussi, du Gqom canonique. FAKA dégrade en tout cas pas mal d’idées reçues. On retrouve beaucoup de clochettes qui tintent, de machines qui font des bruits bizarres, de basses techno et de chants qui ont l’air tantôt incantatoires, tantôt gospel, tantôt juste flippants. Quant au mastering, c’est le Texan filou Rabit qui s’en est chargé… Un EP sorcier, à n’en pas douter !

Trois pistes sur cet EP dont, au milieu, une piste généreuse de dix-huit minutes qui ressemble à un collage ou à une collection de son mixée. On y retrouve des instrus avec des percussions sud-africaines, des bruits d’animaux, des expérimentations sur machine inconnue, du chant sombre et des moments techno.
Sur les deux autres morceaux, Isifundo Sokuqala et Kgotso, on est plutôt dans un spoken word électronique assez radical.

Bref, NON, comme d’habitude, nous file une belle baffe, et, comme d’habitude, on se laisse renverser allègrement par FAKA, qui clairement s’impose de plus en plus comme un incontournable de l’expérimentation électronique monstrueuse qu’on aime tant. Hybridation, non-hiérarchie, mandale.

NON a quand même un caractère tout à fait insurrectionnel,en tout cas clairement politique et il semble important de le souligner, le choix des titres des dernières sorties est une prise de position politique sur l’actualité locale et internationale, entre IZLAMIC EUROPE, A Ruse Of Power, et Bottoms Revenge, on peut dire que le message est assez clair. NON s’amuse et travaille les peurs, et les manières de gouverner des pouvoirs qui nous traversent, c’est sans doute, aussi, pour ça qu’on aime autant ce collectif queer de diaspora. Sans doute pour ça aussi, qu’on se prend à rêver d’en prendre de la graine dans nos contrées un peu mornes politiquement… Un collectif qui n’a pas peur de souligner les situations d’aliénation, de soulever des questions de racisation, de domination, de gouvernance et de hiérarchisation jusque dans les milieux queer, c’est quand même d’un intérêt plutôt très notable. Tout ça en sortant EP brillant sur EP brillant… Et c’est sans doute aussi pour ça que chaque sortie ne se contente pas de nous laisser simplement ébahi. Des mandales on vous dit…

Audio

Tracklist

01. Isifundo Sokuqala
02. Bottoms Revenge : Ibutho Lamakhosazana
03. Kgotso

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Alessandro Parisi http://www.hartzine.com/alessandro-parisi/ http://www.hartzine.com/alessandro-parisi/#respond Wed, 19 Oct 2016 10:42:34 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48967

En 2013, l’Italien Alessandro Parisi sortait Hic Sunt Leones sur le label romain Minimal Rome, album retro-futuriste aux sonorités analogiques […]

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En 2013, l’Italien Alessandro Parisi sortait Hic Sunt Leones sur le label romain Minimal Rome, album retro-futuriste aux sonorités analogiques obscures épiques et sacrées. On est depuis devenu fans et on le suit au fil de ses sorties toujours aussi cinématiques et froides (La Porta Ermetica, Naonian City Nights). En attendant son prochain album, on peut le retrouver sous l’alias Hesperius Draco aux côtés de Hyboid, Kid Machine et In Aeternam Vale sur l’EP Femur sorti sur le très bon label catalan Clásicos Del Ruido.

D’où tu viens?
Where do you come from?

Du domaine Zora.

Zora’s domain.

Où tu vas?
Where are you headed?

Je retourne dans le futur.

Back to the future.

Pourquoi la musique?
Why music?

Ça donne des couleurs à mon existence.

Because makes my existence colorful.

Et si tu n’avais pas fait de musique?
And if music wasn’t your thing?

Ce serait pas moi. Je peux pas répondre.

It wouldn’t be me, I can’t answer.

Une épiphanie personnelle?
An epiphany of yours?

Quand je me suis rendu compte que j’existais
First time being present.

Une révélation artistique?
Your artistic breakthrough?

Déclencher une 707 avec un JX3P.

Triggering 707 with JX3P.

Le revers de la médaille?
Any downside?

La musique demande du temps.

Music takes time.

Y a-t-il une vie après la mort artistique?
Is there life after artistic death?

La mort artistique est un non-sens. Quand un artiste meurt, il meurt. L’art continuera à flotter alentour, attendant le prochain récepteur pour être canalisé.

Artistic death it’s a nonsense concept. When artists die, they die. Art will be still floating around waiting for the next receptor to be canalized.

Un rituel de scène?
Your pre-stage ritual?

Je prie la sainte Triforce.

I pray the holy Triforce.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique?)
Who would you work with (musically or not)?

Thomas Bangalter.

Quel serait le zénith de ta carrière?
What would be the climax of your career?

Être satisfait de ma musique.

Being satisfied of my music.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnerais-tu?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Mange moins, étudie plus.

Eat less, study more.

Comment te vois-tu dans trente ans?
How do you see yourself thirty years from now?

Je ne peux pas au-delà de choix que je n’ai pas encore faits.

I can’t see beyond choices I haven’t done yet.

Comment vois-tu ta musique évoluer?
How do you see your music evolve?

Vers quelque chose d’utile aux gens, à un niveau pratique, issu de la recherche et d’études à l’approche scientifique.

To something practically useful for the people, based on research and studies with a scientific approach.

Un plaisir coupable ou un trésor caché? (musique ou hors musique?)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Plaisir coupable : reprendre de vieilles guimauves catholiques italiennes.
Trésor caché : un CD de vieilles guimauves catholiques italiennes.

Guilty pleasure: covering old italian catholic cheesy songs.
Hidden treasure: old italian catholic cheesy songs CD.

Traduction: Ted Supercar

Écoute exclusive

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Giannis Papaioannou l’interview http://www.hartzine.com/giannis-papaioannou-l-interview/ http://www.hartzine.com/giannis-papaioannou-l-interview/#respond Wed, 19 Oct 2016 09:51:07 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48977

Mon goût prononcé pour les sonorités des années 80 a certainement été éveillé quand vers mes douze-treize ans, un cousin […]

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Mon goût prononcé pour les sonorités des années 80 a certainement été éveillé quand vers mes douze-treize ans, un cousin m’a fait écouter l’album Closer de Joy Division ainsi que du Depeche Mode. Cet événement a été un petit tournant dans la mesure où ça m’a sensibilisé à de nouvelles sonorités, celles des synthés en particulier, à une époque où je considérais encore la guitare comme instrument central de tout bon groupe qui se respecte.
Parallèlement à ça, origines familiales obligent, je baignais dans la culture grecque et sa musique entre fêtes autour d’un agneau à la broche dans un jardin, des disques de rebetiko et des concerts de Vangelis qu’un oncle possédait en laserdiscs.

Ce n’est que des années plus tard que j’ai ressenti l’envie de me pencher à nouveau sur cet héritage culturel et de me replonger dans ces sons. Grâce aux internets il ne m’a pas été difficile de renouer avec différents artistes qui m’avaient marqué plus jeune et d’en découvrir beaucoup d’autres par la même occasion. Le contexte actuel de folie autour de la réédition ou de l’exhumation d’artistes oubliés avec l’apparition de pléthore de labels spécialement dédiés à cette activité a également aidé, les gens semblent maintenant plus enclins à partager leurs petites découvertes, quelque chose de relativement obscur et intime est maintenant exposé aux yeux de tous, facilitant énormément les recherches et les découvertes qui vont avec. Si bien qu’au fil de mes déambulations sur la toile en recherche d’artistes grecs post punk/wave/électroniques, je me suis aperçu qu’un nom revenait régulièrement, celui de Giannis Papaioannou, musicien basé à Athènes et actif depuis le début des années 80 au travers de différents projets et actuellement derrière les entités ION et Mechanimal. J’ai pris contact avec Giannis qui a eu la gentillesse d’accorder pas mal de son temps à mes bavardages, pour évoquer son parcours, parler de la scène grecque de l’époque et de ses projets actuels

Interview

Kalimera Giannis comment vas-tu ? la dernière fois que nous avons discuté tu me racontais que tu étais occupé avec le mixage du prochain disque de ION, peux-tu nous en dire davantage ?

Kalimera Giannis, how is it going ? Last time we spoke you were telling me you were busy mixing your next ION record, can you tell us more about it ?

Hey Alex, tout va bien merci. Alors en fait le nouvel album de ION vient juste de sortir. Il complète une trilogie basée sur la notion d’imaginaire sur laquelle j’ai commencé à travailler en 2010.
Les Elfish Tapes, distribuées en téléchargement libre, étaient l’étape initiale de ce projet au long cours. La seconde partie était appelée ΜΑΥΡΗ ΣΥΧΝΟΤΗΤΑ — librement traduit en Fréquence Noire ou Bruit Noir — et est sorti uniquement sur Bandcamp. Cet album-ci s’appelle Unsound et marque la fin du cycle, défini par trois incidents ou marqueurs majeurs survenus dans ma vie.

Hey Alex, all is good, thank you. Actually, the new ΙΟΝ album is ready and just released. It completes an imaginary concept trilogy that I started working on back in 2010. The Elfish Tapes — which was distributed as a free download — was the initial step into this long term project. The second part was called ΜΑΥΡΗ ΣΥΧΝΟΤΗΤΑ — freely translated as Black Frequency or Black Noise — and released through Bandcamp only. Now the new album is called Unsound and marks the end of a circle, defined by three significant incidents or marks in my life.

Le ION précédent était sorti en auto-production, qu’est-ce qui a été prévu pour celui-ci ?

Your last ION record was self-released if I’m not mistaking, what’s planned for this one ?

L’année dernière, j’ai décidé de créer une sorte de label privé nommé Ionmusik pour gérer et sortir les albums de ION. Ceci ne veut pas dire que certains de mes projets futurs ne sortiront pas sur d’autres labels comme ceux avec qui j’ai travaillé par le passé, mais pour le moment Unsound sort sur Ionmusik en une édition limitée de 100 CD et 50 cassettes, toutes numérotées, tamponnées et signées et disponibles sur Bandcamp. Le reste de la distribution digitale sur toutes les plateformes en ligne sera gérée également au travers de Ionmusik.

Last year I decided to form some kind of private label that I named Ionmusik for managing and releasing my ION albums.That doesn’t mean that parts of my future works will not be released on other labels, like the ones I’ve been working with in the past. But for now, Unsound, my new album will be released through Ionmusik in a limited edition of 100 CD’s and 50 cassettes, all numbered, stamped and signed. These can be obtained via my Bandcamp site. Additional distribution in all digital stores will be managed through Ionmusik, too.

ion-cover
Maintenant, si ça ne t’ennuie pas, remontons un peu le temps. Ton premier projet était le groupe dark post punk/cold wave Rehearsed Dreams. Quel âge avais-tu à l’époque et qu’est-ce qui t’a donné envie de faire de la musique et de participer à des groupes ?

Now if you don’t mind, let’s go back in time a bit. Your first project was the dark post punk/cold wave band Rehearsed Dreams, how old were you at the time and what made you want to play music and be involved in bands ?
J’avais treize ans quand un ami a ramené de Londres l’album des Sex Pistols, je l’ai tout de suite enregistré sur cassette et celle-ci a changé ma vie pour toujours.
Plus tard, à dix-sept ans avec Spiros Faros et Bill Soritos, on a fondé The Apparently Dead, un groupe qui au bout d’un moment a fini par devenir Rehearsed Dreams. A mes vingt ans nous avions déjà sorti notre premier — et unique — album, Repulsion.

Quand je regarde en arrière je peux clairement constater que mon envie de jouer dans des groupes a été initiée par l’esprit punk et l’éthique DIY des premiers labels indépendants.

I was thirteen years old when a friend brought the Sex Pistols album from London, I put it on tape at once, and that tape changed my life forever. Then at the age of seventeen together with Spiros Faros and Bill Sorilos we formed The Apparently Dead, a band that turned to be Rehearsed Dreams after a while. By the time I was twenty we already had released our first — and only — album Repulsion. So, when I look back in time, I can clearly see that the only motive to get involved in bands was given by the punk spirit and the DIY ethics of the first independent labels.

Il y avait une vraie scène en Grèce à l’époque avec des groupes comme Alive She Died, Film Noir, Forward Music Quintet, Yell-O-Yell, Xoris Perideraio et bien plus encore, y avait-il un sentiment d’unité entre tous ces groupes ou un circuit particulier dans lequel ils évoluaient ?

There was quite a scene in Greece at the time with bands such as Alive She Died, Film Noir, Forward Music Quintet, Lost Bodies, Yell ‘O’ Yell, Xoris Perideraio and many many more, was there a feeling of unity in the scene or some kind of circuit for all these bands to revolve around ?

Rehearsed Dreams partageait un local de répétition avec Headleaders, Yell-O-Yell et Villa 21. Tous ces groupes étaient signés sur Creep Records, le premier véritable label indépendant grec. Ce studio — situé dans une vieille maison presque abandonnée de Vironas — accueillait souvent d’autres groupes du label comme Metro Decay. On se connaissait tous et on jouait les uns avec les autres à la moindre occasion, donc oui, il y avait un sentiment d’unité, tout comme il y avait cette envie de partager des idées et des expérimentations soniques les uns avec les autres.
Pour ce qui est du paysage new wave grec dans sa globalité, on doit prendre en considération le fait qu’il y a eu un enrichissement musical dans la scène rock locale des années 80 avec l’apparition de plus en plus de groupes étranges sur le terrain de jeu établi du rock.
Malgré les différentes factions de la sous-culture punk / new wave qui suivaient différentes modes, malgré de fortes restrictions sociales quotidiennes et une forte censure sur toutes les formes d’art — quelque chose qui a peu à peu cessé dans la décennie suivante — la scène punk / new wave grecque était petite mais puissante.

Rehearsed Dreams were sharing the same rehearsal studio with Headleaders, Yell-O- Yell and Villa 21. All of them bands recording for Creep Records, the first real independent Greek label. That studio – located in an old, almost abandoned, house in Vironas – often hosted more labelmates such as Metro Decay. We all knew each other and we often jammed together in every given opportunity. So, yes, there was a feeling of unity, as there was a feeling of sharing ideas and sonic experimentation with each other. As for the whole picture of the Greek new wave, one has to consider that during the 80’s there was a musical enrichment in the local rock scene as more and more strange bands flourished in the established rock playground. Despite the various factions of the punk / new wave subculture who used different fashion styles, despite stronger restrictions on everyday social life, despite even an extensive censorship on all forms of art — something that gradually stopped in the following decade – the Greek punk / new wave movement was small but powerful.

J’ai l’impression que cette scène grecque est passée un peu inaperçue en dehors de ses frontières contrairement à ce qui se passait non loin en Italie par exemple. On dirait que le son venant d’Italie plaisait plus au public étranger, peut-être que le son grec était plus sombre, moins dansant ? Ce n’est que récemment avec les rééditions du Gallop de Lena Platonos sur Dark Entries ou la superbe compilation Into The Light par exemple que ces artistes jouissent d’une plus grande visibilité en dehors du pays, tu vois ça comment ?

For some weird reason I have the feeling that the Greek scene from the 80’s was largely over-looked by other European countries as opposed to what was happening at the same time in nearby Italy for exemple. It seems as if the Italian sound had more appeal to foreign audiences, maybe the Greek sound was darker, less dance material ? It’s only recently with the reissues of Lena Platonos’ Gallop on Dark Entries or the superb Into The Light compilation for exemple that these Greek artists benefit of a larger visibility outside of the country, what’s your take on that ?

D’un point de vue de passioné de musique et de collectionneur de disques, je ne pense pas que la scène italienne avait plus d’attrait au niveau européen au sens large. Mais il faut admettre que l’Italie a ouvert ses portes aux nouvelles musiques plus tôt que la Grèce. Un petit exemple qui me vient à l’esprit est qu’il a fallu dix ans pour faire venir Tuxedomoon en Grèce alors qu’ils avaient déjà fait d’innombrables concerts en Italie avant de se produirent à Athènes. Peut-être que ça a à voir avec la langue, je ne sais pas vraiment , mais ce que nous savons tous c’est que la langue italienne trouve mieux sa place dans les structures pop que le grec, même si à l’époque la plupart des groupes locaux utilisaient l’anglais et seuls les punks demeuraient attachés aux paroles en grec.

Seeing it from the view point of a music fan or a record collector, I don’t think the Italian movement had more appeal than the Greek one. On a larger European level, that is. But we all have to admit that Italy opened its doors to new sounds sooner than Greece. A small example that comes to mind is that it took ten years to bring Tuxedomoon for gigs in Greece, when they had already played countless shows in Italy before they first came to Athens. So maybe it has to do with the language, I don’t know really. But, what we all know is that the Italian language finds better comfort to pop structures than the Greek one, although most of the local new wave bands used the English language and only the punk ones remained loyal to Greek lyrics.

A l’inverse les compositeurs classiques/expérimentaux/électroniques grecs étaient reconnus mondialement avec des énormes concerts et des bandes originales légendaires pour le cinéma. Tu as d’ailleurs suivi le cours de Xenakis au Centre de Recherche de Musique Contemporaine (KSYME) à Athènes, que gardes-tu de plus marquant de cette expérience ?

Greek electronic/classical/experimental composers on the other hand were globally recognised through huge concerts and legendary film scores. You actually attended Xenakis’ class at the Centre of Contemporary Music Research in Athens, what stuck with you the most from that experience ?

En gros que j’ai réussi à composer, enregistrer et tout éditer sur bandes magnétiques pour finalement livrer ma pièce d’examen final, une composition algorithmique suivant les lignes directrices du professeur Dimitri Kamarotos. Je l’ai appellée Creation et la pièce finale devait être construite et articulée autour de sept algorithmes de composition. Je me souviens encore de M. Stefanos Vassiliades, le directeur du KSYME, faisant irruption dans la pièce pendant que ma composition passait et demandant qui avait écrit la musique que je jouais!

Basically, that I managed to compose, record and edit everything on magnetic tape and finally deliver my final exam piece, an algorithmic composition, according to prof. Dimitri Kamarotos’ guidelines. The title given was
Creation and the final piece should be constructed and sorted through seven compositional algorithms. I still remember Mr. Stefanos Vassiliades, the Headmaster of CMRC, invading the room when my piece was on, asking who wrote the music that was playing!

Tu as fait de la musique pour le cinéma et tu utilises souvent beaucoup de matériel visuel pendant tes performances live, quelle est ta relation au cinéma et aux arts visuels en général ?

You’ve done sound design for film and you often use a lot of visual material during your live performances, what’s your relationship to cinema or to visual arts in general ?

J’ai composé deux bandes son originales pour deux classiques du cinéma muet : The Great White Silence (1924) et Nosferatu (1922). Deux commandes du festival International du Film d’Athènes qui ont été jouées live durant des projections en plein air. Je pense que le cinéma a joué un rôle significatif dans beaucoup de mes explorations musicales, c’est surtout une source d’inspiration. J’aime, admire et respecte le pouvoir des images et la création de mythes modernes dans le cinéma.

I have composed new original scores for two classic silent films : The Great White Silence (1924) and Nosferatu (1922). Both commissioned by Athens International Film Festival, they were performed live on open air screenings. In many parts of my musical explorations I believe that cinema has played a significant role. Mostly an inspirational one. That alone means I love, admire and respect the power of image and the creation of modern myths in cinema arts.

De tous tes projets, Raw est probablement mon préféré, peux-tu nous en parler un peu plus ? J’ai aussi lu quelque part que tu avais des enregistrements inédits, tu penses que ça sortira un jour ?

Of all your projects Raw is probably my favorite, can you tell us a bit more about it ? I also read somewhere that you had some unreleased material, do you think it might come out someday ?

Raw s’est formé dès que je suis rentré de Suède où je faisais mes études. Avec Makis Faros nous avons commencé à faire de la musique pour des salles d’attente imaginaires. On a beaucoup expérimenté avec des boucles sur bande, on y a mélangé les timbres industriels de la musique concrète et enfin on a filtré le tout au travers d’échantillonages numériques et de programmation sur ordinateur. Raw en tant que système coopératif est l’une des raisons pour lesquelles nous avons fondé Elfish Records avec Makis. Nous avons réussi à sortir deux albums de Raw, beaucoup de titres éparpillés sur diverses compilations – locales et internationales – et au moment où nous étions en train de finir le mixage de notre troisième album, nous avons décidé d’arrêter car nos ambitions créatives et artistiques n’étaient plus les mêmes. Puis Elfish Records a cessé ses activités également. Depuis la fin de Raw en 1996, j’enregistre sous le nom de ION. Sur Mind, le troisième album qui n’est jamais sorti, il y a également différents invités, des membres d’autres groupes locaux, mais pour le moment je ne suis ni curieux ni intéressé de fouiller dans mes archives. Je pense qu’il y a eu tant de nostalgie musicale ces dernières années, étant donné que l’on essaye tous de sublimer et d’idéaliser ce qui est loin de nous. Peut-être que ça plaît aux jeunes générations, mais j’ai beau aimer le passé, je n’y suis pas attaché, je préfère m’investir dans ce que le futur a à offrir.

Raw formed as soon as I returned from Sweden where I was studying. Together with Makis Faros we started making music for imaginary waiting rooms. We heavily experimented with tape-loops, we blended in the industrial timbres of musique concrete and, finally, we filtered everything through digital sampling and computer programming. Raw as a co-operative system was one of the reasons why Elfish Records was created by me and Makis. We managed to release two Raw albums, lots of scattered tracks on various compilations (both local and international) and then by the time we were finishing the mixing of the third album, we decided to end this, since our creative or artistic paths could not meet. Then Elfish Records stopped its activities, too. Since 1996, when Raw split up, I am recording under the ION moniker. “Mind”, the third unreleased album of Raw, hosted various guests from other local bands, too, but at the moment I don’t feel curious or interested in digging in my archives. I believe there has been so much music nostalgia over those last years, as we all try to beautify and idealize what is distant from us. Maybe it works for the kids or the younger generations. But my opinion is that I love the past although I’m not fixed to it. I prefer investing in what the future has to offer.

Selon toi comment la musique grecque indépendante fait face à la situation économique et sociale actuelle du pays? Les gens continuent d’acheter des disques et d’aller aux concerts ?

How do you feel Greek independant music is coping with the current social and economical situation in the country? Do people buy records and go to shows like they used to ?

Le futur de l’industrie musicale est testé comme il ne l’a jamais été, le paysage a changé. Même dans un aussi petit pays que la Grèce, il y a des milliers de groupes et d’artistes donc les gens, et les jeunes en particulier, ont trouvé de nouveaux moyens d’écouter toute la musique qu’ils aiment depuis l’époque où sortir un vinyle était ce qui se faisait de mieux. Selon moi, la musique, et l’art en général, doivent s’approprier même les côtés sombres ou fous de l’époque qu’elle représente. C’est pourquoi j’essaye de maintenir une attitude DIY dans chaque étape de la production, même pour le projet Mechanimal, si bien que je me fous royalement de savoir ce qui marche ou non dans les scènes indépendantes ou mainstream grecques. Je suis convaincu que les gens achèterons ton disque s’ils ont passé un bon moment à ton concert. Peut-être que d’autres commanderont ton disque sur ton site ou celui de ton label. Mais les artistes doivent comprendre que nous vivons dans une époque où n’importe quelle information sur la musique et la musqiue elle-même peut être achetée ou volée. Je crois fermement que je serai heureux tant que la musique peut atteindre une ou dix personnes qui veulent communiquer entre elles ou avec moi ou avec nous.

The future of music business today is tested as never before in the past. The landscape has changed. Even in Greece, such a small country with thousands of bands and artists. So, the world and especially young people have found other ways to listen to all music they like, since that time when the release of a vinyl record was a must. For me, music, and art in general, must claim even the dark or the wild side of the times it represents. That’s why, I try to maintain a steady DIY attitude at all stages of production, even for the Mechanimal project. For this reason, I don’t give a damn about any kind of prime barometer on independent or mainstream Greek discography and scenes. I am convinced that people will buy your record when they come to your show and have a good time. Maybe others will order your record from your site, or your label’s site. But artists have to understand that we live in an era where any kind of information about music, even music itself is available to buy or steal. I strongly believe that I’ll be happy as long as music reaches one or ten people who want to communicate with each other, or with me, or with us.

Tu suis la nouvelle génération de musciens électroniques grecs ? Tu penses qu’il y a une réaction à l’actualité ? Tu vois des similitudes avec ce qui se passait dans les années 80 ?

Do you follow the younger generation of Greek electronic artists ? Do you think there’s a reaction to the current events ? Do you see similarities with what was going on in the 80’s ?

Non je ne les suis pas. Je tombe sur des projets intéressants qui aboutissent puis sortent avant de tomber dans l’oubli. Pour ce qui est de l’actualité je remarque un peu plus de bruit de surface actuellement. Concernant les similitudes avec les années 80, je n’en vois aucune.

No, I don’t follow them. I find interesting works getting finished and released and then get lost in oblivion. About current events, I notice some more surface noise now. About similarities with the 80’s era, I see none.

Plus tôt, tu évoquais le fait d’avoir enregistré sur bandes magnétiques et je suis certain que tu as eu l’occasion de manipuler pas mal de matériel analogique au fil des ans, mais à la fois tu es l’un des premiers artistes électroniques grecs a avoir utilisé un laptop sur scène. Quel regard portes-tu sur le débat analo vs numérique qui semble avoir refait surface de nos jours ?

Earlier you mentionned that you recorded material using magnetic tape, and I’m sure you’ve laid your hands on a lot of analog equipment throughout the years, but at the same time you were one of the first electronic greek artists to use a laptop on stage. What’s your take on the whole analog vs digital debate that seems to have resurfaced nowadays ?

J’utilise toujours un laptop sur scène — parfois deux — synchronisé avec deux ou trois synthés analogiques ou d’autres synthés numériques bizarres comme le Tenori-On de Yamaha ou le Kaossilator de Korg. Beaucoup de mes disques on été mixés et produits sur mon laptop donc j’ai appris à être à l’aise avec sa portabilité. j’utilise l’ordinateur portable surtout comme une machine d’enregistrement légère, comme un gros studio qui peut être transporté n’importe où. Et oui, j’ai utilisé beaucoup de matériel analogique et c’est toujours le cas mais j’ai aussi utilisé beaucoup de synthés logiciels qui tiennent un rôle vital dans ma musique, comme le Reaktor de chez NI. Je ne prends pas partie dans le débat analo vs numérique car j’utilise et manipule simplement les instruments comme des sources de sons et si ces sons fonctionnent pour moi, je me fiche de savoir s’ils proviennent d’une source analogique ou numérique. C’est marrant car je suis également un utilisateur de longue date des Oblique Strategies Cards de Brian Eno et Peter Schmidt et je suis souvent tombé sur la carte « Abandonne les instruments normaux ». Donc je pense surtout que ce genre de débats bloquent la créativité quand au final tout ce qui compte c’est de susciter de l’émotion à ton auditoire. Si ta musique ou ton art est efficace, le type de matériel utilisé n’est pas important.

The truth is I still use one laptop — sometimes two — on stage, synched with two or three analog synthesizers or other weird digital synths like Yamaha’s Tenori-On and Korg’s Kaossilator. Many of my albums have been mixed and produced with my laptop so I have learned to feel comfortable with the portability of it. You see I use a portable computer mostly as a light recording machine. Like a strong studio that can be carried anywhere. Yes, I have been using lots of analog gear, too. I still do. And yes, I have been using lots of soft synths that play a vital role in my music, like NI’s Reaktor. I’m not taking any side in the analog vs digital debate because I simply use and manipulate instruments as sound sources and if these sound good to me, it doesn’t really matter if they come from a digital or an analog source. It’s funny, but I’ve also been a long-term user of Brian Eno and Peter Schmidt’s Oblique Strategies cards, and I have often stumbled in the “Abandon normal instruments” one. So, I believe that such debates often block creativity when, in the end, the only thing that counts is to move the audience. If your music or your art is effective, it doesn’t matter what kind of equipment you’re using.

Ça me fait un peu penser à une conversation que j’ai eu cette année avec un pionnier de la techno française, penses-tu que la musique électronique est par définition tournée vers une certaine idée du futur et que s’adapter aux nouvelles technologies fait partie de son essence ?

It reminds me a bit of a conversation I had this year with a French Techno pioneer, do you think electronic music is turned by definition towards a certain idea of the futur and that adapting to new technologies is part of its essence ?

Je trouve fascinant qu’un ordinateur portable puisse communiquer sans fil avec un iPad par exemple, simplement en utilisant le même réseau. Ce type de technologie n’est pas simplement intéressant mais aussi nécessaire à la communication entre musiciens, ça n’empêche pas la créativité. Ça ouvre de nouvelles manières de communiquer en composition électronique. Après tu peux combiner ces deux sources à des instruments acoustiques branchés dans un autre système électronique qui transmet le signal en synchro à un tempo donné par exemple. Et le tout peut être enregistré en temps réel te laissant libre d’éditer tout ce que tu veux pendant le processus de pré-production final.

La révolution MIDI de 83 est née d’un désir de connectivité et de collaboration. Au fil des années on a atteint un stade où des controlleurs MIDI avec des potentiomètres, des boutons et des faders – tous assignés à des sons sur un ordinateur – peuvent être utilisés pour performer ou enregistrer des pistes et ça a certainement influencé la manière dont on appréhende la composition.

I find fascinating the idea that a portable computer can wirelessly communicate with an iPad for example, sharing just the same network. So this kind of technology is something I find not just interesting, but also necessary in the communication between musicians. It doesn’t hinder creativity. It opens paths to new ways of communicating in electronic composition. Then you can combine these two sources with acoustic instruments, plugged in another electronic system that transmits the signal in synch with the given tempo for example. And all these can be recorded in real time letting you do any kind of editing you want in the final pre-production process. The MIDI revolution that spawned back in ’83 was something that flourished by a desire for connection and collaboration. Through the years we have reached an era where MIDI controllers with knobs, buttons and faders – all mapped to sounds on a computer – can be used to perform or record tracks and this has certainly revolutionized the way that we approach composition.

Tu as eu beaucoup de projets différents et ça ne semble pas près de s’arrêter, c’est une sacrée longévité. Ton travail peut être sombre, abrasif par moments et à la fois atmosphérique et délicat dans le sens où l’on sent parfois une certaine fragilité derrière les couches de son. Qu’est-ce qui te pousse à chercher plus loin ? À quel point ton bagage culturel grec influence cela ?

You had a lot different projects and it doesn’t look as if it’s going to stop anytime soon, i must say that’s some serious longevity. You work can be dark, harsh at times yet atmospheric and beautiful in a sense that we can sometimes feel a certain fragility behind the different layers of sound. What keeps you pushing your art further ? To what extent your Greek cultural background has an influence on it ?

Sur un vieux compte MySpace j’avais utilisé la devise « explorer les limites extérieures de l’isolationisme sonore ». Je suis encore là-dessus. La musique, le son et les images sont les mediums qui me permettent d’exprimer tout ce que je vois se produire autour de moi. Je n’ai jamais eu peur d’expérimenter et d’essayer de nouvelles choses. La créativité c’est regarder les choses sous une nouvelle perspective. Évidemment, j’essaye toujours de garder à l’esprit que tout à déjà été dit et fait et que l’important ne réside pas dans l’histoire mais dans la voix de ton imagination. J’ai donc un besoin constant de trouver un moyen de voir les choses sous un autre angle, de me nourrir de sons et d’images avec lesquels je peux jouer par la suite et reconstruire dans mon imagination. Je fais au moins une chose par jour qui va faire travailler mes muscles créatifs, c’est pourquoi j’adore la photographie, ça me maintient les yeux ouverts. Par dessus tout, j’ai appris l’importante leçon d’être plus indulgent envers moi-même, d’arriver à me pardonner de ne pas toujours être à la hauteur de mes propres exigences.

En tant qu’artiste vivant à Athènes j’ai profondément sondé cet inévitable sentiment ambivalent entre enthousiasme et aversion par rapport à ma culture grecque. Lorsque je me balade sur mon plateau créatif, je trouve souvent amusant de considérer le paysage de la campagne grecque comme une forte influence sur ma musique ambiante.

In an old MySpace site I used the motto “exploring the outer limits of sound isolationism”. I’m still on it. Music, sound and imagery are the mediums that allow me to express everything that I see happening around me. I have never been afraid to experiment and try something new. Creativity is all about seeing things from a new perspective. Of course, I try always to remember that it’s all been said before and the importance lies not in the story but in the voice of your imagination. So, I’m in constant need to find a way to see things from a new perspective, feed myself with sounds or images that I later can play with and reconstruct inside my own imagination. I do at least one thing everyday that will exercise my creative muscles. That’s why I love photography. It keeps my eyes open. Above all, I have learned the ultimate lesson to be kind and forgive myself for not always being able to live up to my own high expectations. Since I’m a Greek artist living in Athens, I’ve travelled deep in those inevitable swings of excitement and loathing of my Greek cultural background. I often find it amusing, when I aimlessly wander on my creative plateau, to see the Greek landscape of the countryside as a strong influence on my ambient music.

Tu es aussi DJ, quelle importance ça a pour toi et qu’en retires-tu d’un point de vue personnel par rapport au travail de studio ? Tu gardes un oeil sur la scène club grecque ?

You also DJ, how important is it to you and what do you get from it on a personal level as opposed to studio work ? Do you keep an eye on the Greek club scene ?

Tout ce qui m’intéresse dans un mix c’est la passion et le flow, des bons titres qui vont me faire bouger avec le public. Tu ne peux pas passer de la musique pendant deux ou trois heures simplement pour toi ou simplement pour eux. J’essaye donc d’entraîner les gens dans mon mix, de les toucher d’une certaine manière et de laisser leur groove m’entraîner à mon tour dans des sélections plus surprenantes, c’est une question d’interaction. J’ai entendu certains des meilleurs DJ mondiaux jouer des sets hyper ennuyeux, simplement pour prendre le fric, la drogue ou la fame mais j’ai aussi entendu plein de gamins qui passaient de la techno ou de lajungle et j’ai réalisé qu’ils avaient un vrai talent pour faire bouger leur public. Je ne suis pas fan de la musique de danse d’aujourd’hui, j’écoute encore de la hard techno ou du dub techno voire un peu de deep house, mais je ne peux pas supporter la surenchère de breaks, de sirènes et de montées dans l’EDM d’aujourd’hui, du coup je ne suis plus vraiment ce genre de clubber social aujourd’hui. En revanche j’apprécie toujours beaucoup de mixs que m’envoient de plus jeunes DJ fidèles à la techno, l’electro, le dub et à des trucs plus underground.

I care only for passion and flow in any kind of music mix, about good tracks that move me in synch with the crowd. You simply can’t play music for 2 or 3 hours just for you or just for them. So what I try most is to drag people into my mix of music, move them in any possible way and let their groove lead me in more surprising selections. It’s all about interaction. I’ve heard some of the world’s best DJ’s playing totally boring sets, just to grab the money, the drugs or the fame. But I’ve also heard lots of young kids spinning techno or jungle and realized they have a pure talent in moving the crowds. I’m not so fond of today’s dance music, I still listen to hard techno or dub techno or even some deep house, but I can’t stand the ever rising volume of breaks and sirens and risers in today’s EDM, so that’s why I’m not that kind of social clubber lately. I still enjoy lots of DJ-mixes, though, sent to me by younger DJ’s loyal to techno, electro, dub or more underground stuff.

C’est quoi le plan avec le titre The Beginning de Mechanimal ? Il ne figure nulle part dans votre discographie et je le trouve super bien, vous comptez en faire quelque chose ?

What’s up with that Mechanimal track The Beginning ? it’s nowhere in your discography and I find it fantastic, any plans for it ?

Merci mais nous n’avons pas prévu d’en faire quoi que ce soit pour le moment. Ce morceau et la vidéo qui va avec marquent le point de départ du projet Mechanimal et notre tout premier concert. C’est un de ces morceaux qui restera bien caché quelque part dans le cyber espace. Peut-être qu’un jour je ferai quelque chose de tous ces travaux obscures.

Thanks, but there are no plans for it not at the moment. Track and video mark the start of the Mechanimal project and our first gig ever. It’s one of those tracks that will remain well hidden somewhere in cyberspace. Maybe someday, I’ll do something for all these obscure works

Qu’as-tu prévu dans un futur proche ?

What have you got planned for the near future ?

Des concert de ION et Mechanimal en Grèce et après on va partir enregistrer le prochain album de Mechanimal dans un studio loin d’Athènes.

Some ION and Mechanimal gigs around Greece. Then, we will start new recordings in a studio away from Athens for the new Mechanimal album.

Audio

Ion – Unsound

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Exploded View – Exploded View http://www.hartzine.com/exploded-view-exploded-view/ http://www.hartzine.com/exploded-view-exploded-view/#respond Tue, 18 Oct 2016 20:08:40 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48937

Ah, la belle affaire de la reconversion professionnelle ! On savait la culture perméable à ce genre de pratique avec ces […]

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Ah, la belle affaire de la reconversion professionnelle ! On savait la culture perméable à ce genre de pratique avec ces acteurs, souvent des actrices d’ailleurs, qui s’aiment à pousser la chansonnette à un moment donné de leur carrière, la plupart du temps pour le pire, mais dans ce cas, si le grand écart part du journalisme politique et débouche aussi sur la musique, l’opération a atterri directement dans les tuyaux de Sacred Bones. C’est déjà plus classe. Comme quoi, il n’y a parfois qu’un riff à trouver et des carnets de textes à dérouler pour accoucher d’un beau projet. Et cette histoire, celle d’Exploded View, commence à Mexico en 2014. En pleine tournée pour son projet précédent, Annika Henderson y rencontre Hector Melgarejo, Hugo Quezada et Martin Thulin, producteur de Crocodiles, qui l’accompagnent sur ses dates locales. Deux bidouilles de répétition plus tard, ils se rendent tous compte qu’un truc hybride, entre Can (Disco Glove), post-punk léthargique et alchimie ténébreuse on the rocks, est en train d’émerger, suffisamment stimulant pour qu’il donne naissance à Exploded View, association musicale à but incandescent.

Voulu enregistré en une seule prise, en condition de live, l’album fixe les obsessions expérimentales du bien inspiré groupe et livre une matière distordue, résonnante, où les notes sont exhumées de « six feet under » (One Too Many), déterrées depuis les profondes inspirations de la blonde tête pensante d’Exploded View qui offre une écriture engagée et délicate, relevée d’un chant cristallin éparpillé, comme surimprimé, sur lequel la batterie solide mais pas viking du suédois Martin Thulin enfonce le clou et s’emploie à consolider la charpente des improvisations musicales du quatuor : le bel interlude Beige, par exemple, qui fait suite à Gimme Something, exceptionnel de ses modulations sensuelles. Un son à l’équilibre précaire et aux errements expérientiels, le frisson de l’instant, c’est pile ce qu’Exploded View, nouvelle mouture des projets musicaux d’Annika Henderson, a réussi à sculpter à travers ses sessions de travaux pratiques mexicaines. Il est fini, le temps des reprises.

Vidéo

Tracklist

Exploded View – s/t (Sacred Bones, 19 août 2016)

01. Lost Illusions
02. One Too Many
03. Orlando
04. Call On The Gods
05. Disco Glove
06. Stand Your Ground
07. No More Parties In The Attic
08. Lark Descending
09. Gimme Something
10. Beige
11. Killjoy

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Flotation Toy Warning – Bluffer’s Guide To The Flight Deck http://www.hartzine.com/flotation-toy-warning-bluffers-guide-to-the-flight-deck/ http://www.hartzine.com/flotation-toy-warning-bluffers-guide-to-the-flight-deck/#respond Mon, 17 Oct 2016 09:27:21 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48957

Talitres est un label fort respectable : une structure discrète qui a tracé son chemin comme d’autres poursuivent dans le […]

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Talitres est un label fort respectable : une structure discrète qui a tracé son chemin comme d’autres poursuivent dans le plus artistique des silences une espèce de noble pureté, de ce genre de cheminement qui ne s’arrête que rarement pour jeter des coups d’œil dérobés à d’infinies façons de faire. La musique proposée par le label m’a toujours donné cette impression d’attitude racée, spirituelle sans être moribonde, d’une connaissance profonde de l’agencement des choses, de ces petites sautes de l’âme qui montent l’intégralité d’une vie. Les valeurs sûres et reconnues – The Walkmen, Motorama ou The National – se mêlent à des références plus obscures ou à des albums parfois en retrait de la discographie de certains groupes – Take Fountain des Wedding Present, notamment, vraiment superbe, ou encore The Lone Gunman d’Idaho.

Talitres – label bordelais crée à l’orée du 21ème siècle – fête de plus ces quinze ans. La célébration est de taille et sera multi-localisée : des soirées à Bordeaux comme à Paris seront organisées pour leur rendre justice, et une date a particulièrement retenu notre attention, celle du 10 novembre à la Maroquinerie. Pourquoi ? C’est bien simple : entre les évanescents Motorama et le bonhomme Will Samson se trouve un groupuscule d’anglais qu’on pourrait qualifier de – selon la formule connue – criminellement ignoré, alors même qu’ils ont sorti un album en 2004 honnêtement capable d’enterrer les plus grands : Bluffer’s Guide To The Flight Deck.

Cet album a été récemment réédité par le label en double LP – jusqu’alors indisponible – greffant une paire d’inédits à l’ensemble. À l’occasion de leur concert à Paris, on a décidé de revenir sur ce chef d’œuvre, en espérant les poings serrés l’hypothétique arrivée d’une prochaine livraison : un nouvel album dont les contours s’annoncent de plus en plus clairs pour 2017.

Il y a quelque chose qui tient du sublime, chez eux, d’une imperceptible aura propre aux évidences que l’on arrive jamais à saisir, que l’on admire d’une certaine distance, les yeux arrondis, l’esprit lancé vers cette intarissable source qui ne semble jamais se dévoiler. Flotation Toy Warning porte la marque de l’excellence en cela que leur musique s’incarne d’une profondeur absolue, de celle qui permet de construire un personnage de toute pièce, d’inventer une personnalité aux mille facettes, de lui donner cette allure singulière, subtile et complexe que l’on loue toujours aux héros les plus justes. Ces extraordinaires caractères, forts d’une assurance vaste comme le ciel et d’une interprétation du monde sans cesse plus sûre, plus avouée, plus certaine, sachant manier la sagesse comme un enfant provoquerait l’instinct et ne levant que partiellement l’obscure pièce de tissu recouvrant leur vérité, l’épaisse brume enveloppant le fond de leur conscience.

Car, en toute honnêteté, c’est cela qu’est arrivé à créer Flotation Toy Warning. Une musique qui s’évade et vit par elle-même, pour elle-même, qui pourfend d’une pleine aisance le rythme apaisé de la médiocrité : il est ici question d’une collection de chansons qui perce le temps, qui fait blêmir les années, d’une nature imperturbable, éternelle et universelle, d’une âme en propre, aux uniques spécificités. Les anglais m’ont toujours semblé renvoyer l’image de l’infini, d’une mélancolie infinie, discrète, de celle par laquelle on observe d’un trou de serrure l’existence que l’on mène, par une aiguille à tricoter, par l’entrebâillement d’une porte : c’est une vie qui se déroule sous nos yeux, une vie traversant une multitude d’humeurs touchant pour chacune d’elles au plus éclatant. Cet état d’ultime extase qui ne semble ni s’associer à la tristesse, ni sombrer dans l’abandon, mais qui souligne le destin sermonnant sans succès : Donald Pleasance pourrait en être l’éminent exemple, mais l’on retrouve ces sensations de manière encore plus profondes sur certains passages, plus furtifs, moins mis en avant, des espèces de vignettes qui paraissent sans valeur au premier abord mais révèlent un monde entier lorsqu’on y prête attention : le final de Fire Engine On Fire Pt. I – avec ses hallucinantes ascensions de cordes – l’exemplaire seconde partie de Losing Carolina: For Drusky – abattant son incroyable soleil psychédélique sur les dernières mesures… C’est une étape, une énorme aventure, car cet album laisse le goût délicat de l’initiation, mène par la main à travers les années comme un ami que l’on admirerait : il y a quelque chose qui résiste définitivement au temps, dans Bluffer’s Guide To The Flight Deck, quelque chose qui ne renouvelle rien, qui ne surprend pas, qui n’avoue rien, mais qui s’impose comme une vérité, comme quelque chose qui parait précisément pensé pour atteindre un objectif clair, concis, sans débat possible. Laisser glisser un goût d’impalpable, de gigantesque, d’infini.

Bluffer’s Guide To The Flight Deck date de 2004. Les Anglais, depuis, n’ont daigné libérer qu’un 45 tours à Talitres, on attend toujours de leurs nouvelles pour un long format. Fort heureusement, le label bordelais, à l’occasion de leur quinze ans, ramènera le groupe sur la scène de la Maroquinerie le 10 novembre prochain, en compagnie de Motorama et de Will Samson. Il serait inutile de dire à quel point cette date est immanquable, d’autant plus que les anglais ne sont pas passés à Paris depuis ce qu’on pourrait appeler des lustres, et qu’il serait sage d’aller célébrer l’un des plus forts labels de l’Hexagone.

Les soirées de l’anniversaire se trouvent ci-après :

PARIS / La Maroquinerie
09.11 : MOTORAMA – EMILY JANE WHITE (billetterie)
10.11 : MOTORAMA – FLOTATION TOY WARNING – WILL SAMSON (billetterie)

BORDEAUX / Le Rocher de Palmer
11.11 : FRÀNCOIS AND THE ATLAS MOUNTAINS (joue « Plaine Inondable ») – STRANDED HORSE – WILL SAMSON (billetterie)
12.11 : MOTORAMA – EMILY JANE WHITE – FLOTATION TOY WARNING (billetterie)

Tracklist

Flotation Toy Warning – Bluffer’s Guide To The Flight Deck (Talitres, 15 juin 2016)

01. Happy 13
02. Popstar Researching Oblivion
03. Losing Carolina: For Drusky
04. Made From Tiny Boxes
05. Donald Pleasance
06. Fire Engine On Fire Pt. I
07. Fire Engine On Fire Pt. II
08. Even Fantastica
09. Happiness Is On The Outside
10. How The Plains Left Me Flat
11. This Is Not A Lifesaver
12. Even Fantastica (Goodbye To The Flight Deck Mix)

http://www.flotationtoywarning.co.uk
https://www.facebook.com/Flotation-Toy-Warning-16066408099

Video

Audio

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MIXTAPE : Home made 07 by Aki http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-07-by-aki/ http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-07-by-aki/#respond Fri, 14 Oct 2016 08:29:17 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48948

Pour préparer l’hiver sous le plaid, une mixtape spéciale cinéphiles par Aki. 01 – Fred Myro and Malcom seagraves – […]

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Pour préparer l’hiver sous le plaid, une mixtape spéciale cinéphiles par Aki.

01 – Fred Myro and Malcom seagraves – Phantasm Theme (Phantasm)
02 – Chuck Cirino – Chopping Mall Theme (Chopping Mall)
03 – Nico Fidenco – Etrenal anguish (Black Emmanuelle)
04 – Fabio Frizzi – Verso l’ignito (The Beyond)
05 – Pino Donaggio – Telescope (Body Double)
06 – Michael Kamen – The Dead Zone theme (The Dead Zone)
07 – Howard Shore – Crash (Crash)
08 – Richard Band – Main title (Re-animator)
09 – The The – The Invisible city (Hyena)
10 – John Carpenter & Alan Howarth – Hell breaks loose (Prince of Darkness)
11 – Dickon Hinchliffe – Ripper in the belly (Red Riding: In The Year Of Our Lord 1980)
12 – Angelo Badalamenti – Into the night feat. Julee Cruise (Twin Peaks)
13 – Ben Lovett – Absence of paradox (Synchronicity)
14 – Justin Greaves – A lesson in Dilemma (The Devil’s Business)

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Johnny Mafia – Kim Deal (PREMIERE) http://www.hartzine.com/johnny-mafia-kim-deal-premiere/ http://www.hartzine.com/johnny-mafia-kim-deal-premiere/#comments Thu, 13 Oct 2016 13:43:14 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48908

Fuzz qui peut, les riffs agités et impatients des guitares tricolores de Johnny Mafia débarquent et vont faire tressauter plus […]

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Fuzz qui peut, les riffs agités et impatients des guitares tricolores de Johnny Mafia débarquent et vont faire tressauter plus d’un adepte des sacro-saints Ty Segall et Thee Oh Sees. Comme nombre de groupes version française qui n’ont pas choisi la voie glacée et synthétisée des eighties comme expression à leurs aspirations artistiques, c’est plutôt du côté du garage et du rock enragé nineties que les quatre mafieux de Sens ont décidé de prendre la pose avec ce titre qui répond à la structure élémentaire du vite et fort et à l’énergie déridante. Zéro embrouille avec Johnny, ils sortent le 21 octobre Michel-Michel Michel, clin d’oeil à l’ami François Damiens, avec cet extrait intitulé Kim Deal, qu’ils expliquent avoir composé après avoir écouté les Pixies et maté des lives des Breeders. Logique et efficacité redoutables.

Audio (PREMIERE)

Tracklist

Johnny Mafia – Michel-Michel Michel (21 octobre 2016)

01. Sleeping
02. Bad Michel
03. Scarycrow VI
04. Black Shoes
05. Sometimes 666
06. Smell
07. Kim Deal
08. One Two One Two

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Chris Cohen, l’interview http://www.hartzine.com/chris-cohen-linterview/ http://www.hartzine.com/chris-cohen-linterview/#respond Thu, 13 Oct 2016 10:20:26 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48907

Chris Cohen nous avait surpris il y a a quatre ans avec la sortie de son premier album solo Overgrown […]

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Chris Cohen nous avait surpris il y a a quatre ans avec la sortie de son premier album solo Overgrown Path. Disque parfait de bout en bout aux morceaux pop oscillant entre candeur et vague à l’âme. Depuis plus un mot et on attendait une suite à ce petit bijou. C’est chose faite avec As If Apart sorti il y a quelque mois, toujours sur l’excellent label Captured Tracks. On a donc profité de sa venue à Barcelone au festival BAM pour échanger quelques mots. Une belle rencontre.

As-tu eu une approche semblable ou différente au premier dans la composition de ton deuxième album ?
Let’s talk about the second record. I wanted to know if you had a different approach making it or in what way it was similar to the first one?

Mon approche a été la même, le processus a été le même. J’ai joué tous les instruments et les chansons ont été écrites, comme d’habitude, à partir du clavier. Mais j’ai essayé d’écrire de nouvelles chansons que j’ai voulues plus simples dans la structure. Donc les nouvelles chansons sont un petit peu différentes, et puis je les ai écrites ailleurs donc forcément, ça change un peu, mais ça a été le même procédé de composition. Finalement, les deux albums sont les pièces d’un même puzzle et ils se complètent plutôt bien.

My approach was similar, the process was similar. I played all the instruments, the songs were usually written with the keyboard. I was trying to write different kind of songs. I wanted to write songs more simple in structure so the new ones are a little bit more different. And I was in a different place so music is different but it’s the same kind of process. Also I should say the two albums are certainly like companions pieces, they go together.

Tu n’explores donc pas de nouvelles manières de composer, tu es resté dans la même dynamique ?
So you don’t explore new ways of composing, you are sticking to the same dynamic?

Je dirais que c’est une nouvelle manière de composer. J’ai écrit ce deuxième album il y a deux ans donc difficile de m’en rappeler mais si je me souviens de ma pensée à ce moment-là, je voulais écrire des chansons qui correspondaient entre elles. Tu sais, le genre de chanson que tu peux jouer juste à la guitare ou au clavier sans qu’elle soit dépendante d’un arrangement ou d’autres instruments. Mes chansons devaient être ficelées entre elles et aucune partie ne pouvait être remplacée par une autre. Mais j’ai essayé de me fixer des limites. Donc oui, la composition a été différente. Mais ma manière d’enregistrer ce disque et ma façon de travailler est semblable à ce que j’ai fait sur le premier album et j’ai utilisé les mêmes instruments.

There’s different ways of composing. The second album, I mean it’s hard for me to remember because it’s been a couple of years I was writing these songs, it’s like two years ago. But if I can remember my thinking at the time, I wanted to write songs that were few parts in them and the parts were repeated more. The kind of songs, you know, you could like play on just the guitar or just the keyboard. That sort of song that weren’t dependent on the arrangement with other instruments. Songs that would be like, you could just sit down play and by yourself and they didn’t have a million parts that have crazy key changes and stuff. But I tried to set myself sort of a limit for not to be so prog. The composition part was different, yeah. But the recording process in the way that I work was sort of the same, and a lot of the sounds are similar. And I used the same instruments.

J’ai lu que tu avais mis trois ans à faire cet album, j’ai l’impression que c’est beaucoup de temps. Mais quelle est la limite quand tu composes ? Quand sais-tu que tu y es arrivé et que tu dois t’arrêter ?
I read that you spent about three years making this record. I feel like it’s a lot of time. But when do you think you’ve reached the limit? When do you know you got there and it’s time to stop?

Disons que j’arrive à un stade où, simplement, je sais que le terme est proche, ce stade où je ne veux plus tenter grand chose alors que ça pourrait se prolonger pour l’éternité, et ça me rend triste tant je voudrais donner vie à tout cela. Dès que je sais ce que je veux garder, ça va tout de suite plus vite. J’essaye plusieurs séquences possibles dans une chanson, jusqu’à ce que ça me plaise à l’oreille : je juge ma réaction quand j’écoute la chanson. Je crois d’ailleurs que l’écriture des chansons, c’est la phase qui me prend le plus de temps, et ça c’est le cas depuis que j’ai démarré une carrière en solo. Je pense qu’un bon groupe en studio peut enregistrer plus vite. Moi, je peux changer une partie, puis une autre, et me dire : « Oh, je peux changer celle-ci aussi », et après ça devient un cercle vicieux. Mais c’est ce qu’est ma musique. Quand les gens savent comment je compose, ils me disent : « Mais tu es fou ! » mais je le suis et je l’ai toujours été. Après l’étape du cercle vicieux, le cercle devient de plus en plus petit et les choses se mettent en place.

I sort of get to a point where I just know that the closing is near, at that point there are not many more things I want to try but at a certain point it seems like it could go on forever and I’m really sad like I want all of them to exist. But at the time it goes by, actually it feels really quickly to me. In each song, I try different sequences of which part goes where and things like that, I just keep trying different ways until I find it starts moving towards a thing that I can listen to; I listen to it back and I feel like, ok, this is, yeah, I just judge my reaction when I listen to it back. In the recording process I think that’s the part which I think takes too long. This is it since I’m doing it by my own. I think a good band who goes to the studio can record much quicker. I can change a part and then another and then go like: “oh, I can change this one” and it goes around in circle. And that’s what my music is like. But while I’m doing it someone can say : “this guy is insane” but actually I do, I always do. As I’m going around in circles, they keep getting like smaller and smaller and things do stick actually.

Tu n’as jamais été perdu au point d’avoir besoin de l’aide de quelqu’un ?
You never got lost to the point you need help from other people?

En fait je montre ma musique à mes amis et surtout à Kate, ma copine. Son avis m’est très important. Des opinions de tout le monde, la sienne est la plus importante, sa contribution m’a beaucoup aidé. Si ma musique lui plaît, je sais que c’est bon. Donc je reçois de l’aide si je suis perdu, sinon ce que je fais, c’est que j’écoute beaucoup de musique pour retrouver l’inspiration. Je suis souvent bloqué mais je sais qu’après toutes ces années passées de composition, il y a toujours une porte de sortie à ce problème. Je laisse les choses se faire, après tout on ne peut pas forcer les choses… Il m’est arrivé de bosser des chansons et de ne plus pouvoir rien en tirer et là tu dois vraiment les laisser de côté pour un moment. Mais tu sais quand j’y reviens, si c’est un bon moreau je continue à l’apprécier et si ce n’est pas bon, je ne l’utilise pas et personne ne l’entendra jamais. J’ai une tonne d’idées que personne n’a jamais entendues et qui sont terribles, la plupart de mes idées sont comme ça. Les morceaux que je finis par sortir sont ceux que j’ai écoutés des tonnes de fois : je sais que je les aime et qu’ils sont terminés.

Actually I show my music to my friends. I show my music most to Kate, my girlfriend. And I really value her opinion. Of all people’s opinions, I find that hers is the most important, her input really has helped me a lot. If I make sound she likes, I know it’s good. So I do get help if I’m lost, and when I’m stuck at something, what I do is listening to other people’s music. I get stuck all the time but I know after all these years that there’s always a way out or a way to something new. I just have to let things happen, you can’t force it. I have had times where I have worked on a song and just driven it into the ground and then you really have to take a long break from it. But you know when I go back to things, usually, if it’s good I still like it, and if it’s not good then I just don’t use it and no one would ever hear it. So I have lots of ideas that no one even knows about that are terrible, most of my ideas are like that. But the ones that end up going on there are the ones that I’ve listened to over and over again and like, I now I like it, so it’s done.

Tu m’as dit que tu avais utilisé les mêmes instruments dans ce deuxième album. As-tu pensé à en utiliser de nouveaux ou à te tourner vers les nouvelles technologies ?
You told me that you have used the same instruments in this second album. Don’t you want to use new ones and new technology?

Je n’ai pas souhaité utiliser de nouveaux instruments sur ce deuxième opus, mais je pense que je le ferai tôt ou tard. Souvent je m’imagine jouer le morceau avec un groupe, en situation réelle, et je réfléchis au nombre de musiciens que je pourrais prendre en tournée…

For this second record, I didn’t wanted to use new things. But I’m sure I will. A lot of times I’m thinking about playing the song with a band. Like a real situation and I think how many musicians can afford to take on tour…

Pragmatique…
Pragmatic…

Oui, c’est triste quand tu as une bonne idée et que tu sais qu’elle ne pourra pas être dans la chanson. Disons que je conçois ma musique comme une sorte de « groupe de bar » avec batterie, basse, guitare et clavier. C’est habituellement une formation qui ne dépasse pas quatre membres et j’essaie de penser à la façon d’y parvenir sur un plan financier – par exemple qui dans mes contacts pourrait jouer ces parties quand je vais partir en tournée… C’est comme ça que j’ai travaillé sur ces deux albums mais pour le prochain album, je pense que cette façon de penser m’intéressera moins. J’imagine qu’il y a d’autres instruments dans un groupe. Je veux rester pragmatique mais je devrais pouvoir imaginer de nouvelles sonorités. Rien n’est certain, mais je réfléchis à de nouveaux trucs pour l’été prochain.

Yeah, I think it’s sad when you have a great idea that can’t be done. I mean I think my music is sort of like a bar band or something like drum bass guitar keyboard. It’s usually not more than four people and I try to think how can I get this done economically – like who do I know that would actually play these parts and stuff when I’m gonna do shows… On this two records I was thinking of that and next time around I think I’m getting less interested in that as a way of working. I can imagine there’s maybe some different instruments in a band. I still want to be pragmatic but I think I can imagine some different sounds. I’m not sure yet but I’m thinking about different stuff next summer.

J’ai lu quelque part dans une interview que pour toi le plus important était la musique et après les paroles, que la voix est plus un instrument…
I read that for you, music comes first and lyrics second. Vocals are more of an instrument…

En fait, je ne pense pas tant que ça que la voix soit un instrument. Je voulais dire qu’elle l’était en quelque sorte mais qu’elle est aussi plus que ça, parce qu’elle exprime des mots. Ca n’a rien à voir avec la musique parce que c’est un autre type de langage. Dans mes paroles quand je chante, je dis toujours ce que j’ai à dire. Je veux dire par là que les mots ont un sens mais je pense que dans l’interview je voulais plus dire que pour moi ce qui vient en premier dans une chanson, c’est le son. C’est toujours le son. Pour les mots, c’est comme s’ils devaient être adaptés à ma façon de chanter. Je m’imagine en train de les chanter en concert. J’ai écrit et chanté par le passé des chansons dont je ne suis pas fier. C’est triste, tu sais, d’avoir écrit des textes qu’on n’apprécie pas de chanter. Je veux vraiment que mes paroles aient un sens, du moins pour moi. Ça se rapproche d’un instrument, mais qui dépend beaucoup de la mélodie, c’est pourquoi j’écris toujours la mélodie en premier. Donc d’une certaine façon, les mots sont secondaires.

Well, I don’t so much think of the voice is an instrument. I mean it’s an instrument but it’s more than any other instrument because it’s saying words. There’s a whole other layer to it that’s not even music. In my lyrics when I’m singing, I’m always saying things I want to say. I mean the words mean something but I guess I was trying to say that for me music is primary and it’s about the sound. It’s always about sound. The words are like they have to be just right so I can sing them. I think myself singing them like in a show. I’ve sang, I’ve written lyrics before that I was not proud of in another bands in the past. It’s sad when you have written something and you don’t enjoy singing the song, you know. I really want to put right words and what I’m singing means something to me. So it’s more of an instrument but it’s very dependent on what the melody is doing, and I always write the melodies first. So words are secondary in a way.

Et ça t’intéresserait de ne composer que des musiques instrumentales ?
And would you be interested in only composing instrumental music?

Je l’ai fait, à vrai dire. J’ai composé mes premiers morceaux il y a 10 ou 11 ans. J’écrivais déjà des chansons adolescent mais sans jamais les montrer à quiconque, puis j’ai arrêté d’écrire des chansons à texte à l’université. Avec mon ancien groupe, The Curtains, on faisait surtout de la musique instrumentale. J’adorerais revenir un jour à la musique instrumentale mais pour le moment le défi que cela représente ne me dit rien – je ne suis pas encore prêt à y revenir, mais je veux m’améliorer.

Well, I did. I used to do, I was writing songs like 10 or 11 years ago, probably the first time I wrote song. I used to write songs when I was a teenager but I’ve never showed them to anybody and I stopped writing vocal music when I was in college. My old band, The Curtains, was mostly instrumental music. I would love to go back to writing instrumental music but I have to say right now it doesn’t excite me, the challenge… But I want to get better. I’m not ready to go back to instrumental music.

Musique à l’image, ou musique de films ?
What about music for movies?

Oui j’adorerais faire ça, ce serait fantastique ! Personne ne m’a encore jamais demandé mais si jamais il y a des réalisateurs dans les parages, vous pouvez me contacter (rires).

Sure ! I would love to do that ! Yeah that would be great. No ones ever asked me but if there is any film maker out there, you can reach to me (laugh).

Quand je t’ai vu jouer à Paris il y a quatre ans, tu étais à la batterie. Vas-tu jouer de la batterie ce soir ? Ton set-up a-t-il changé ?
When I saw you in Paris 4 years ago you were like playing drums – are you going to play drums tonight, did the set up change?

Je serai à la guitare ce soir parce que j’ai quelques problèmes de justesse au niveau du chant quand je joue en même temps à la batterie. Sur les anciennes chansons je m’en sortais encore bien, ou peut-être que mes standards étaient moins élevés, mais maintenant j’ai envie que la batterie sonne vraiment fort et j’ai besoin qu’on m’aide. Je trouve ça super d’être à la guitare dans le groupe. La musique s’appuie surtout sur le clavier, en tout cas dans mon esprit, et la guitare c’est un peu la cerise sur le gâteau, donc je peux mieux me concentrer sur le chant.

I’m playing guitar tonight because I was having trouble playing the drums part and singing well. My newer songs are harder. The older songs I could kind of do, or maybe my standards were lower but now I was thinking that I really want the drum sound to be really strong and somebody else needs to help now. It’s great for me to play guitar in this band, the music is mostly keyboard based I mean in my mind, the guitar is just a little extra thing on top. So I can focus more on the singing.

Quand je t’ai vu à Paris je me suis demandé : « oh mon dieu, comment peut-il s’entendre chanter pendant qu’il fait de la batterie ? »
When I saw you that night I wondered : “oh my god, how can he sing and hear himself while playing?”

C’est difficile, mais pas autant qu’il y paraît. Dans certaines salles ça peut être compliqué.

Well, It’s difficult but it’s not hard as it seems. In some clubs it can be hard.

La musique n’est pas ton activité principale. C’est une volonté personnelle ?
Music is not your full time job. Is that something you wanted?

C’est une bonne question. Je pense que ce n’est pas mon intention. J’aimerais gagner beaucoup en faisant de la musique et ensuite faire autre chose. Et je n’aime pas non plus l’idée de devoir dépendre de la musique pour vivre. J’ai juste envie de faire de la musique quand ça me plaît, et ce serait fantastique d’en retirer beaucoup d’argent évidemment, mais j’aime aussi faire des choses différentes. J’aime que la musique soit à part de mes activités habituelles. Je suppose que si l’industrie de la musique avait été différente peut-être que j’aurais une vision différente de la chose. Par exemple si je pouvais vivre de ma musique sans avoir à m’inquiéter des besoins matériels quotidiens, évidemment je jouerais de la musique tout le temps. Mais penser à la musique en terme de « je dois faire ci ou ça », ne me convient pas. Le travail c’est le travail, enfin la musique c’est du travail aussi mais je fais toujours ce que j’aime et je ne fais pas ce que je n’aime pas, donc la musique en tant que job ça n’a pas de sens pour moi. De plus je ne pense pas que ma musique puisse suffire. Peut-être qu’elle changera mais jusqu’à maintenant ma musique ne semble pas tendre vers un style de vie professionnel. En plus, il faudrait que je puisse composer des albums beaucoup plus rapidement que ce que je fais jusqu’à présent, je suis trop vieux (rires).

That’s a good question. I think I don’t really want that. I would like to be paid really well from my music and then do something else. Also I don’t like to depend on music for living. I just want to do it when I feel like it and it would be great to be paid well for it, sure, but I like to do another things too. I like music as a… I just like it to be, you know, something that’s separate from normal concerns. I suppose if the music economy was different maybe I would like… Like if it was something different where you have like a – when you’re like a house…  I don’t know what the word is, like you’re the court composer or something and you have a person who’s your benefactor or something, and you don’t have to worry about your day-to-day material needs, and sure I would love to do music all the time. But thinking of it like “oh! I have to do this”, it’s like, you know. I mean, work is work. I mean, music is work but I always do what I enjoy, and I don’t do anything I don’t enjoy, so it doesn’t make sense as a job for me. And I don’t think I have the kind of music that is like, landing itself…  Maybe my music will change but, so far It doesn’t seem like my music will land itself to a professional lifestyle. And also you really have to make albums much more quickly than I do, I’m too old (laugh).

J’ai l’impression que tu devrais changer ta musique pour passer à un autre palier et pouvoir vivre de ta musique et du coup faire quelque chose que tu n’aimes pas…
I feel like you’d have to change your music to get to the next stage and that would be something you wouldn’t like doing in the end.

L’industrie musicale est un milieu vraiment exécrable. On y croise toujours des personnes sympathiques mais c’est plutôt calamiteux. Déjà, c’est une industrie qui manque d’argent, et puis il y a une certaine moralité, une certaine mentalité de consommation de la musique dans notre monde… je dois dire que c’est une des pires, en tout cas artistiquement parlant – c’est vraiment plutôt brutal, de ce que j’en vois. Quand je vivais de la musique, c’était une période différente, les gens achetaient encore des CD, on recevait son chèque de royalties, on gagnait de l’argent, on pouvait en vivre correctement et je n’avais pas l’impression de faire des choses contre ma volonté. Mais me concernant maintenant, je pense que je devrais vraiment changer ma manière d’être et que je devrais tourner beaucoup plus que ce que je fais maintenant. J’aime partir en tournée mais pas à la fréquence qu’il faudrait.

The music business is such as a terrible business. I’m sorry I mean there’s a lot of great people in it but as far a jobs go or businesses go, it’s a horrible one. There’s very little money in it in the first place and there’s a kind of morality, a mindset of music consumption in our world… I have to say I think it’s one of the worst… at least in art, I think it’s a pretty rough one as far as I can tell. It’s super brutal. When I was making a living from music, it was a different time, when people were still buying CDs, we got actually royalty checks, we made good money doing that, and I didn’t feeling that I was doing something I didn’t want to do. I think for me now, I would have to really change my ways and I’d have to tour a lot more than I do. I enjoy touring but I don’t enjoy it to the level you would need to do it.

C’est intéressant parce qu’il y a une certaine idée glamour derrière l’industrie de la musique avec tout ces groupes et artistes sur la route, etc. mais ce n’est pas comme ça et personne n’en parle…
It’s interesting because there is this glamorous idea behind the music industry, with great bands and singers, touring and so on… But it’s not like that and nobody talks about it.

Oui, je pense que c’est bien d’en parler aussi parce que je pense qu’on cultive le mystère pour pouvoir exploiter les gens. C’est une industrie de l’exploitation. Et cette façade « glamour » est simplement une protection inventée par les exploitants. Ces personnes qui sont sensées vivre cette vie super glamour sont des gens qui restent dans l’industrie pendant un certain nombre d’années et qui la plupart du temps finissent par disparaître. Et ils n’ont pas vraiment une très belle vie. Ça n’a jamais été quelque chose que j’ai voulu faire. Mon père bossait dans la musique et pendant mon enfance j’ai toujours pensé que c’était un monde qui n’était pas fait pour moi. D’ailleurs, je continue à le penser bien que la musique soit finalement mon boulot, mais c’est une passion, c’est comme mon loisir. Un loisir que je fais de manière sérieuse sans le voir comme un travail.

Yes, I think it’s good to talk about it too because I think it’s made mysterious so that people can be exploited. It’s an exploitation industry. The glamour front of it is just protection for people who are doing the exploiting. The people who supposedly live this glamorous lives live them for a couple of years and then most of the time they disappear. And they don’t have very good lives. That’s never been something I wanted to do. My father was in the music industry so growing up I was always had this idea that music was not my thing at all. I still kind of feel that way, although music itself is my ultimate job, but it’s a passion, it’s like my hobby.  And I do it in a serious way but I don’t think of it as a job.

C’est un sujet qui m’intéresse.. Il y a quelques semaines je lisais un article dans le NME don’t le sujet était “Que sont devenus les groupes du boom indie rock anglais du milieu des années 2000”. Un des rare groupes de cette époque que j’aimais bien était The Rakes. Ils se sont séparés et maintenant le chanteur est un mec qui bosse dans l’IT, il crée des apps à Brighton, il a même un profil sur Linkedin. Je me suis toujours dit que quand les groupes splitent, soit ils créent derrière un nouveau projet, soit ils continuent à bosser dans la musique mais à d’autres niveaux…
It’s a kind of topic I’m interested in. A couple of weeks ago I was reading an article in the NME about what became these bands from the British indie explosion back in 2005. One band I liked from that era were The Rakes. They split and now the singer is an IT guy, he’s doing apps and he even has a Linkedin page. I mean, when a band splits you always think that they’re gonna start a new music project or they’re gonna keep working in music at a different level…

Je ne pense pas que je pourrai faire ça. Je veux pouvoir continuer à faire de la musique et je ne veux pas arrêter de faire ce que je fais. Si je peux continuer comme ça, j’aime ce que je fais et j’espère pouvoir le faire pour toujours. L’idée d’avoir un job à plein temps ne m’attire pas du tout. Mon idéal serait un mi-temps dans un bureau, quelque chose don’t je me fous complètement, un truc sans prise de tête avant de rentrer chez moi bosser sur ma musique, sans m’inquiéter pour l’argent.

I don’t think I could do that. I want to keep making music, I actually don’t want to stop what I’m doing. I’m not in that kind of world. If I could keep doing what I’m doing… I like what I’m doing, I wish I can keep doing it, I hope I can keep doing it forever. The idea of having a full time job also doesn’t sound that great to me. My ideal world, like I was saying, is a part-time office job, something I don’t care about at all, just show up do like light work and then go home, work on my music and not have to worry about  money, you know.

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Ausmuteants http://www.hartzine.com/ausmuteants/ http://www.hartzine.com/ausmuteants/#respond Tue, 11 Oct 2016 09:44:52 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48880

Photo: © Carolyn & Dom Traduction: Marie-Éva   Ausmuteants, c’est la grosse révélation du festival Villette Sonique de l’année dernière. […]

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Photo: © Carolyn & Dom
Traduction: Marie-Éva

 

Ausmuteants, c’est la grosse révélation du festival Villette Sonique de l’année dernière. On avait pris une grosse claque devant le groupe australien et leur synth punk exalté et on avait bien déliré grâce à leur énergie et leur franche déconnade. Du coup on a voulu les soumettre à notre petite interview, là aussi on a bien rigolé…

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Victoria en Australie.

Victoria, Australia.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Ici. Je ne quitterai plus jamais la maison.

Staying put. Never ever leaving home again.

Pourquoi la musique ?
Why music?

La musique est juste notre passe-temps. Nous sommes tous très concentrés sur nos carrières. Shaun est officier de police, Billy est professeur d’histoire, Marc est chef pâtissier et je suis pompier volontaire.

Music is just our hobby. We are all very focussed on our careers. Shaun is a Police Officer, Billy is a history teacher, Marc is a pastry chef and I volunteer as a fire fighter.

Et si la musique n’avait pas été un passe-temps ?
And if music wasn’t your hobby?

J’apprécie un bon verre de vin rouge et faire des mots-croisés entre amis.

I enjoy a fine glass of red and a cryptic crossword amongst friends.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Que la raison de notre présence sur Terre est de stopper tous les méfaits et d’améliorer le mode de vie général.

That we were put on Earth to stop wrong doings and improve the general publics way of life.

Ta percée artistique ?
Your artistic breakthrough?

J’ai peint une copie de La Ronde de Nuit de Rembrandt, mais dans le style de John K.

I painted a copy of Rembrandts’ “The Night Watch” but in the style of John K.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

J’ai réalisé une version de Ren et Stimpy dans le style de Rembrandt.

I animated Ren and Stimpy in the style of Rembrandt

Y-a-t’il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Ça prend du temps, mais ça s’améliore. J’écrivais des pièces de théâtre en 2004 sous un pseudonyme. J’ai mis en scène ma propre version de Cats d’Andrew Lloyd Weber, mais à la place des chats, les personnages étaient tous des voitures, sans émotion et sans aucune personnification. C’était littéralement trois voitures immobiles sur scène devant un fond vert sur lequel était projeté une allée. La représentation a eu lieu au Laycock Street Theatre à Gosford en Nouvelle-Galles du Sud le 21 avril 2004. Les critiques ont été horribles, je n’ai plus jamais écrit de pièces de théâtre par la suite et j’ai mis des années à me remontrer au NIDA (l’Institut national d’art dramatique en Australie, ndlt).

It takes time, but it gets better. I used to write plays in 2004 under a pseudonym. I directed my own take of Andrew Lloyd Weber’s Cats where instead of cats, the characters were all cars, with no emotion and absolutely no personification what so ever. It was literally three stationary cars on a stage in front of a green screen with an alley projected on it. The performance showed it at Laycock Street Theatre in Gosford, NSW on April 21st 2004. It received horrible reviews, I never wrote a play again and It was years before I showed my face again at NIDA.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

On prend tous une boisson différente et on les mélange, on saupoudre le tout avec nos pellicules, on y verse une goutte de sang puis on boit le mélange en récitant “Wohs Doog a Evah” en boucle.

We all get a different type of drink and mix it together, shake our dandruff into it, put a drop of blood in it, then drink it while reciting “Wohs Doog a Evah” over and over again.

Avec qui aimerais-tu travailler (musicalement ou non) ?
Who would you work with (musically or not)?

Avec Tim Allen pour faire du stand up. John Birkner jouerait les roulements de tambour après chaque chute.

Tim Allen doing stand up comedy together. John Birkner doing drumrolls after punch lines.

Que serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Ce serait formidable que Bruce Willis fasse une reprise de l’un de nos morceaux avec son groupe de blues.

It would be amazing to have Bruce Willis cover one of our songs in his blues band.

Retour à votre enfance – quel conseil te donnes-tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Tu peux écouter d’autres groupes que FEAR et Black Flag. Essaie d’écouter Young Marble Giants, Brian Eno et The Cannanes. Vois si tu aimes déjà. C’est pas grave si tu n’aimes pas, mais quand tu auras vingt ans, tu penseras que c’est génial. Ah et souviens toi que les punks ne sont pas obligés d’être des connards. Les punks ne sont pas obligés de jouer de la guitare. Les punks peuvent avoir un iphone et ne pas porter de veste en cuir si ça leur chante. Ne perds pas de temps à tenter d’impressionner des idiots. C’est cool si tu veux jouer au frisbee, ou à Pokémon, ou à Call of Duty ou si tu veux étudier les maths. C’est cool si tu détestes les jeux vidéos et que tu veux te concentrer sur tes études. Tu devrais aller sur Soulseek à la seconde ou maman et papa ont internet. Télécharge Killed by Death, Can’t Stop It et Back From The Grave et copie tous ces morceaux. Ne te fatigue pas à essayer d’être original.

You are allowed to listen to bands other than FEAR and Black Flag. Try listening to Young Marble Giants, Brian Eno and The Cannanes. See if you like it yet.  It’s cool if you don’t, but when you’re in your twenties, you’ll think it is amazing. Oh yeah, remember punks don’t have to be dicks. Punks don’t have to play guitar. Punks can have an iphone and not wear a leather jacket if they want to. Don’t waste time trying to impress idiots. It’s cool if you want to play frisbee or Pokemon or Call of Duty or practice mathematics. It’s cool if you hate video games and you want to concentrate on your academic career. You should get Soulseek the second Mum and Dad get the internet. Download Killed By Death, Can’t Stop It and Back From The Grave and then rip off all those songs. Don’t bother about trying to be original.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Je retournerais probablement à l’école. Après avoir rencontré les Plastiques (en référence au film Mean Girls, ndt) à l’école, je concevrais un plan afin de devenir l’une d’elles et détruire leur club de l’intérieur.

I will probably go to school again. After meeting the Plastics at the school, I will devise a plan to become one of them and ruin their popular club from the inside.

Comment voyez-vous votre musique évoluer ?
How do you see your music evolve?

On rajoutera un quatrième accord dans les morceaux à l’avenir.
We’ll add a 4th chord in songs in the future.

Un plaisir coupable ou un trésor caché (musique ou hors musique) ?
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

J’ai beaucoup écouté Nine Inch Nails et PJ Harvey dernièrement. Ce n’est pas un plaisir coupable mais j’imagine que certains idiots du garage ou certains plaisantins du punk trouveront ça bizarre.

I have been listening to a lot of Nine Inch Nails and PJ Harvey lately. Not a guilty pleasure, but I guess some garage turkeys / punk hams will think it’s odd?

Ausmuteants a sorti son dernier album Band of The Future sur le label de Melbourne Arght! Records, dont voici un extrait.

Audio

Ausmuteants – Coastal Living

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Jenny Hval – Blood Bitch http://www.hartzine.com/jenny-hval-blood-bitch/ http://www.hartzine.com/jenny-hval-blood-bitch/#respond Thu, 06 Oct 2016 07:53:58 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48833

Blood Bitch est un album de l’expiation, de la purification. Comme une saignée pour la porphyrie, l’écoulement extraveineux est à […]

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Blood Bitch est un album de l’expiation, de la purification. Comme une saignée pour la porphyrie, l’écoulement extraveineux est à la fois le mal et le remède. Le sang, symbole de vie comme de mort, vecteur religieux, garant de la virginité, composante biomécanique et vitale, est ici omniprésent : c’est le suc du mystère dans Untamed Region, l’œuvre de la malédiction dans Female Vampire et de la contamination dans The Plague, le sang écarlate dans In The Red, des menstruations dans Period Piece et celui de la purgation dans Conceptual Romance. L’humeur vermeille s’écoule dans tout Blood Bitch en un filet pourpre continu, indice d’une transformation / sanctification à venir mais aussi — et peut-être l’est-il justement pour cette raison — emblème de la féminité, de sa singularité physiologique. Parcourant ce filet rédempteur, les « blood bitches » sont les archanges purificatrices, personnages vampires à la vertu désacralisée et au discours ironique mais tendre pour le sexe qu’elles protègent.

Le vampire est une allégorie audacieuse pour revisiter la féminité, ses combats et paradoxes contemporains, mais il véhicule l’image romantisée, aseptisée du suceur de sang moderne qui, libéré de la conscience de sa propre fin par l’immortalité, se détache de la frénésie consommatrice et hyperconnectée (Conceptual Romance, The Great Undressing). Seule la métamorphose, associée à l’hémoglobine, est redoutée mais Hval sait mettre de l’eau dans son sang (« Don’t be afraid, it’s only blood ») et accompagner cette romantisation d’une electro-pop habile aux épisodes très expérimentaux, dont l’apogée est à chercher du côté de The Plague. Contemporaine de Glasser et Grouper, la Norvégienne explore ses propres jalons musicaux, développant jusqu’au minimalisme (In The Red) ou s’enrobant d’une approche drone (Ritual Awakening), et ne renâclant pas à compléter un héritage ambient assumé jusqu’aux modulations et nappes schulzéennes de The Great Undressing, et fondu tantôt dans une ligne de basse pulsatile et étouffée, tantôt dans une prose poétique (Untamed Region). Allégorique sans moralisation, à l’occasion érotique et avant tout féminin, Blood Bitch dilue quelques gouttes de sang frais dans une scène electro-pop sclérosée par le manque d’imagination.

Vidéo

Jenny Hval – Conceptual Romance

Audio

Jenny Hval – Period Piece

Tracklist

Jenny Hval – Blood Bitch (30 septembre 2016, Sacred Bones)
01. Ritual Awakening
02. Female Vampire
03. In The Red
04. Conceptual Romance
05. Untamed Region
06. The Great Undressing
07. Period Piece
08. The Plague
09. Secret Touch
10. Lorna

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Fresh Snow http://www.hartzine.com/fresh-snow/ http://www.hartzine.com/fresh-snow/#respond Wed, 05 Oct 2016 08:51:39 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48822

Photo: © Yosh Cooper Traduction: Marie-Éva Si vous suivez hartzine, vous savez toute l’affection que l’on porte pour le label […]

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Photo: © Yosh Cooper
Traduction: Marie-Éva

Si vous suivez hartzine, vous savez toute l’affection que l’on porte pour le label de James Mejia Hand Drawn Dracula. Activiste de la scène musicale de Toronto, HDD dévoile depuis quelques années la scène vibrante de la ville d’Ontario. L’ultime sortie est le second album du groupe instrumental kraut-noise-psych rock Fresh Snow.

On a donc profité de cette actualité pour soumettre Bradley Davis (guitariste du groupe) à notre petite interview Out Of The Blue – il nous a en plus concocté une petite playlist à découvrir ci-dessous.

D’où venez-vous ?
Where do you come from?

Fresh Snow est basé à Toronto au Canada, mais moi (Brad) je suis originaire du Midwest des États-Unis.

Fresh Snow is based in Toronto, Canada but I (Brad) am originally from the Midwestern United States.

Où allez-vous ?
Where are you heading to?

En tant que groupe, on se préoccupe moins de savoir où on va que de ne pas revisiter les mêmes endroits. Je pense que notre but ultime est de nous surprendre nous-mêmes.

As a band, we are less concerned about where we are going than we are about not going to the same place twice. I think the ultimate goal is to surprise ourselves.

Pourquoi la musique ?
Why music?

Je suis amoureux de la musique depuis que j’ai 5 ans. J’adore aussi les sessions d’enregistrement. Je trouve qu’il y a de la magie à capturer des sons. Tim et moi partageons la passion de la manipulation du son, et c’est ce qui est a permis de construire le groupe.
I have been in love with music since I was 5 years old. I love the act of recording as well. I find that there is magic in capturing sounds. The love of manipulating sound is something that Tim and I share and have built the band around.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Je tire un plaisir équivalent à faire mes propres tortillas et cultiver des tomates. J’adorerais apprendre à fabriquer des étagères.

I get equal enjoyment out of making my own corn tortillas and growing tomatoes. I would love to learn how to build shelves.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Les erreurs sont souvent ce qu’il y a de mieux.

The mistakes are often the best part.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Je crois que ma révélation artistique personnelle a été d’apprendre à ne pas tout contrôler. J’ai toujours été obsédé par le contrôle en ce qui concerne la musique, mais c’est très libérateur d’admettre qu’il existe parfois quelqu’un de plus compétent pour une tâche.

I think my personal artistic breakthrough has been giving up control. I have always been a bit of a control freak when it comes to music but admitting that sometimes there is a better person for the job is very liberating.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

On peut toujours voir le mauvais côté des choses si c’est ce qu’on cherche.
You can always find a downside if you look hard enough.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

C’est un art en soi d’être en vie. Je crois que parfois certains artistes peuvent dépasser leur public mais ça peut aussi marcher dans l’autre sens. Certains artistes disent ce qu’ils ont à dire et par la suite, on n’entend plus jamais parler d’eux mais ça ne signifie pas qu’ils ne vivent pas une vie d’artiste. Un poète qui fait ses courses, c’est de la poésie.

There is art in staying alive. I think some artists outgrow their audiences and sometimes it works in the other direction. Some artists say what they need to say and then we never hear from them again but it doesn’t mean that they aren’t living the life of an artist. A poet buying groceries is poetry.

© Yosh Cooper
© Yosh Cooper

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Je n’ai pas de rituel établi. Je crois que ce que je préfère, c’est prendre 2 verres avant le concert, et si toutes les lumières s’allument sur mon matos je suis content.

I don’t have any set in stone rituals. I think that 2 drinks before the show is my sweet-spot, and if all the lights are flashing on my equipment I am happy.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

On a eu la chance de collaborer avec de nombreux artistes talentueux qu’on respecte énormément. Laura Bates, Karen Ng, des membres de  METZ, Fucked Up, Doomsquad, DIANA, Holy Fuck, etc. Ce serait génial de bosser avec David Sylvian un jour mais c’est un peu hors de notre portée. On adore le processus de collaboration donc je serai ouvert à à peu près presque tout.

We have been lucky to have had the opportunity to collaborate with a lot of talented people who we really respect. Laura Bates, Karen Ng, Members of  METZ, Fucked Up, Doomsquad, DIANA, Holy Fuck, etc… It would be a dream to work with David Sylvian someday but he is a bit out of our league. We really enjoy the process of collaboration so I would be open to just about anything.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

On essaie d’enregistrer un album pour chaque couleur de l’arc-en-ciel. On a déjà fait le rouge, l’orange et maintenant le jaune. Si on achève cette mission, le trésor au bout de l’arc-en-ciel sera le climax de notre carrière. On pourra se séparer satisfaits.

We are trying to record a record for every colour of the rainbow. We have done Red, orange, and now yellow. If we complete the entire task, the pot of gold at the end will be the climax of our career. We can break up the band satisfied.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes-tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Je m’encouragerais à faire quelques économies et passer le permis de conduire.

I would encourage my younger self to save some money and learn to drive.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Si je suis toujours vivant, ce sera déjà une victoire. Dans 30 ans, j’espère être entouré de citronniers.

If I am still alive I will consider it a victory. In 30 years I hope to be surrounded by lemon trees.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Il y a tellement de choses que j’aimerais faire avec notre musique. J’ai un immense respect pour les artistes qui adhèrent au minimalisme et à la retenue. Fresh Snow a toujours été un groupe très maximaliste mais je serais très intéressé à l’idée d’explorer ces concepts un peu plus sur notre prochain disque. Si ça n’évolue pas, je crois que ce sera la fin du groupe.

There are so many things I would love to do with our music. I have great respect for artists who embrace minimalism and restraint. Fresh Snow has always been a very maximalist band but I would be very keen to explore that further on our next record. If it stops evolving, I think that will be the end of the band.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Une chose qui ne se voit pas beaucoup dans notre musique, c’est que j’adore la pop bubblegum des années 60 et 70. Je préfère Donovan à Bob Dylan et je choisirais The Archies au lieu des Doors à tous les coups.

Something that doesn’t surface in our music very often is the fact that I adore 60s and 70s bubblegum pop. I prefer Donovan to Bob Dylan and I would take The Archies over The Doors any day.

Le second album de Fresh Snow intitulé One est sorti le 9 septembre dernier en digital et vinyl limité, il se commande ici ou vous pouvez l’écouter en intégralité sur le Bandcamp de Hand Drawn Dracula.

En attendant voici un premier extrait « Three Way Mirror ».

Mixtape Toronto

01. Neck – Ladybug
02.The Deadly Snakes – I Don’t Wanna Have to Hate This City
03. Nadja – Now I Am Become Death, the Destroyer of Worlds
04. Picastro – Split Head
05. SlowPitch – Moooon
06. Carl Didur – I Dream I Saw Your Face
07. Casper Skulls – Devotion
08. Nhapitapi – Ndotamba Ndega (I Am Dancing Alone)
09. Bile Sister Haagen Baadz (Official Music Video)
10. Tasseomancy – Do Easy
11. The Magic – Call Me Up
12. Doctor Ew – Let’s Make It Legitimate
13. Gates – This Door Is Forbidden
14. Constantines – On To You
15. Dusted – Property Lines
16. Our Founders – White Beetle
17. Blue Cougars – Can’t You Hear Me Calling

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House Of Wolves – House Of Wolves http://www.hartzine.com/house-of-wolves-house-of-wolves/ http://www.hartzine.com/house-of-wolves-house-of-wolves/#respond Tue, 04 Oct 2016 07:47:50 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48814

On se lasse facilement de la constance. Et pourtant, nous passons notre vie à courir après ce sentiment de sécurité […]

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On se lasse facilement de la constance. Et pourtant, nous passons notre vie à courir après ce sentiment de sécurité sans pour autant pouvoir nous empêcher de le remettre régulièrement en question chaque fois que nous le touchons du bout des doigts. Ainsi semble être faite la nature humaine. Dans le pire des cas, on parlera d’insatisfaction chronique, dans le meilleur, de volonté d’évolution perpétuelle. Choisissez votre camp, chers lecteurs, et décidez de regarder la vie, ses surprises et ses vicissitudes du mauvais ou du bon côté. Quoiqu’il en soit, il sera toujours questions de mouvement. Ce phénomène est particulièrement prégnant dans le cadre de la création musicale. Nombreux sont ces artistes qui, avec plus ou moins de bonheur, ressentent au cours de leur carrière le besoin, parfois la nécessité, de faire évoluer leur style, voire d’opérer un changement radical de cap afin de mieux se réinventer. Rey Villalobos, déjà auteur sous le patronyme d’House of Wolves de deux albums délicatement folk aussi indispensables qu’atypiques dans le paysage musical actuel, le clair-obscur Fold In The Wind (lire ici) et le crépusculaire Daughter Of The Sea (lire ici), semble être à son tour à la croisée des chemins. Et c’est indéniablement vers la lumière et la clarté qu’il se dirige à l’écoute des huit nouveaux morceaux composant ce troisième essai éponyme sorti le 30 septembre sur le label rémois Discolexique. Point de révolution, non, mais une évolution certaine, assumée, qui l’amène à bousculer quelque peu les codes intimistes qu’il avait savamment mis en place jusqu’à présent afin de densifier son propos.

how-portrait

L’utilisation plus discrète du piano, jusqu’alors centrale dans l’œuvre du Californien, apparaît comme le changement le plus important opéré par le compositeur. Non pas que Rey Villalobos ait renié son instrument de prédilection mais ce désir de le fondre dans un collectif instrumental plus ample (particulièrement palpable tout au long d’Alabama, morceau fleurant bon les racines de l’Amérique sous couvert du regard paternaliste de Neil Young) était certainement le prix à payer afin de changer de dimension. Car le but évident de cette évolution est d’offrir un écrin encore plus luxuriant mais toujours aussi soyeux aux pépites jalonnant ce disque. D’emblée, l’introductif I’m Here You’re There plante le décor : si le songwriter n’a strictement rien perdu de son sens mélodique, l’apport du quatuor à cordes ainsi que l’affirmation plus marquée d’une section rythmique élargissent notre champ de vision afin de nous emmener vers des contrées bien plus vastes… Mais ce, sans que notre hôte n’oublie encore et toujours de nous tenir la main. Cette (r)évolution de velours se poursuit alors tout au long de ce « Figure 8 » (huit morceaux, n’est-ce pas au final la meilleure structure possible pour un album?), appellation collant si bien aux aspirations d’House of Wolves, tant pour la référence au microphone que pour le regretté Elliott Smith dont Rey Villalobos s’affirme essai après essai comme le successeur idéal et légitime, en témoignent Firefly, douce ritournelle d’un classicisme renversant et Keep All Your Lovers, morceau tout en tension maîtrisée, qui ressuscitent l’âme du natif du Nebraska sous toute ses formes. Alors que Oh Little One soutenu par un chant aérien et des cordes aussi vertigineuses que bouleversantes déverse en nous, âmes consentantes, son pouvoir lacrymal en jouant la simple (mais si honorable) carte de l’honnêteté, apesanteur et pesanteur viennent s’entremêler sur Darkness, conférant à l’ensemble une ambiance aussi enivrante qu’addictive que n’aurait pas renié Low en pleine session d’enregistrement de I Could Live In Hope ou The Curtain Hits The Cast. Témoignage de cette mutation assumée, c’est sur les deux morceaux les plus lyriques et orchestrés que se clôt cette escapade de moins de trente minutes ; Time et sa structure en trois temps jouant sur les nuances du désespoir et Holy Roller Coaster, valse délicate toute en retenue, douce comme un Your Sweet Love de Lee Hazlewood contre laquelle il serait vain de tenter de ne pas succomber. Love And Other Crimes, définitivement.

Loin de se reposer sur un credo où il régnait déjà en maître, House of Wolves, au détour d’un album enregistré en trois jours, est parvenu à ajouter quelques cordes à son arc tout en conservant la quintessence même de ce qui le rend si original et originel. Les influences du passé ne sont nullement oubliées (l’amour de Rey Villalobos pour Chopin confère une certaine dramaturgie à son œuvre ou encore la réverbération, signe distinctif des Everly Brothers particulièrement appréciés par le Californien) mais elles alimentent désormais judicieusement un univers musical qui se veut plus riche en matière d’orchestration et d’arrangements. Cette évolution ne semblait pas si évidente à réaliser, surtout après Daughter Of The Sea qui se voulait volontairement dépouillé de (presque) tout artifice. Elle s’impose cependant à nous avec une déconcertante aisance nous confortant dans notre incommensurable amour pour ce songwriter hors-pair. Après le crépuscule, l’aube pointe le bout de son nez au pays d’House of Wolves, présageons une journée des plus radieuses.

Audio

House Of Wolves – House Of Wolves

Tracklist

House Of Wolves – House Of Wolves (30 septembre 2016, Discolexique)

01. I’m Here, You’re There
02. Oh Little One
03. Darkness
04. Alabama
05. Firefly
06. Keep All Your Lovers
07. Time
08. Holy Roller Coaster

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Tim Hecker – Love Streams http://www.hartzine.com/tim-hecker-love-streams/ http://www.hartzine.com/tim-hecker-love-streams/#respond Fri, 30 Sep 2016 08:14:36 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48807

Le Canadien Tim Hecker s’est discrètement imposé comme une institution respectée de l’ambient, façonnant sa réputation par une poignée d’albums […]

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Le Canadien Tim Hecker s’est discrètement imposé comme une institution respectée de l’ambient, façonnant sa réputation par une poignée d’albums denses et difficilement pénétrables sur l’excellent label Kranky. Love Streams signifie peut-être plus qu’un nouvel LP pour le natif de Vancouver puisqu’il s’associe à la structure des anglais de 4AD sans toutefois trahir sa ligne esthétique en proposant cet inaltérable magma sonore, bouillant de toute part d’un mystère très compact.

Tim Hecker a cette façon assez fantastique d’absorber les couleurs. Il les regroupe, les mêle et les déverse comme une immense cascade de lumière, à l’infinie palette de tonalités, de variations, de microscopiques évènements qui, tous liés les uns aux autres, apportent un gigantesque univers. Il n’est pas chose aisée de plonger dans la musique du Canadien tant l’hallucinante collection de sonorités peut sembler insurmontable, n’arrive pas facilement à se fixer, à s’accrocher sur une solide émotion, à définir une présence stable. Love Streams semble s’étendre sur l’inconscient, développe et tisse ce que je m’imaginerais s’harmoniser dans les profondeurs de la conscience lors d’un évènement fort, d’une fantastique réalisation, d’un phénoménal changement. Tim Hecker vient allumer la caverne de l’âme, les fortes vagues qui viennent faire progressivement chavirer une personnalité, car l’ensemble de cet album ne se repose presque jamais sur une lisse réponse mais toujours perturbe cette sensation de quiétude qui semble s’installer à la base. Le Canadien laisse comme une évidence une série de questions en suspens, en construisant ses morceaux comme un arbre à mille feuilles dont les branches s’agiteraient en toutes directions mais prenant comme base et racine le robuste corps du végétal.

Cette musique est assez fascinante car elle représente un autre langage, elle ne s’évertue jamais à s’aligner sur un propos déjà établi mais au contraire s’incarne et se pare avec majesté d’une absolue singularité. Les séquences sont assez courtes pour le genre, rarement plus de cinq minutes pour évoquer à chaque reprise la composition d’un tableau. Tim Hecker me fait souvent penser à la conception d’une peinture, d’une fiction, d’un rêve au sens strict du terme, là où le beau est éphémère, insaisissable et peut d’une minute à l’autre se transformer en un parcours profondément abstrait, intenable et flou. La pochette de l’album est à ce sujet très parlante, où l’on devine ce qui pourrait ressembler à une chorale, amenant la lumière à la façon du somptueux Voice Crack, morceau clair et liquide mais parsemé de tâches de couleurs rendant presque illisible la réalité du titre, troublant du même coup son image par l’étalage d’une poignée de chaudes nuances donnant à l’atmosphère une ambiance parfaitement surréaliste.

Tim Hecker livre là une nouvelle pièce d’un puzzle immense et partiellement plongé dans la brume : un disque à la fois difficile à saisir mais qui révèle par à-coups sa pure identité. L’expérience prend une toute autre dimension en live où le ressenti devient véritablement physique : Hecker fera trembler les fondations de la Gaîté Lyrique le 27 octobre prochain afin de justement supporter la sortie de ce nouvel album. La soirée est organisée par la structure Latency et s’ouvrira sur Yves de Mey: on vous recommande chaudement d’en être.

Sunblind / Soundcloud

Audio

Tim Hecker – Voice Crack

Vidéo

Tim Hecker — Castrati Stack

Tim Hecker – Black Phase

Playlist

Tim Hecker – Love Streams (2016, 4AD)
01. Obsidian Counterpoint
02. Music Of The Air
03. Bijie Dream
04. Live Leak Instrumental
05. Violet Monumental I
06. Violet Monumental II
07. Up Red Bull Creek
08. Castrati Stack
09. Voice Crack
10. Collapse Sonata
11. Black Phase

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Monsieur Crâne – Monsieur Crâne LP http://www.hartzine.com/monsieur-crane-monsieur-crane-lp/ http://www.hartzine.com/monsieur-crane-monsieur-crane-lp/#respond Thu, 29 Sep 2016 08:16:47 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48794

par Nastasia Hadjadji Année électorale. Absurdités politiques quotidiennes. Fronde sociale, débuts d’insurrections puis retour au statu quo. La “merde générale” […]

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par Nastasia Hadjadji

Année électorale. Absurdités politiques quotidiennes. Fronde sociale, débuts d’insurrections puis retour au statu quo. La “merde générale” en somme. Certainement le moment opportun pour sortir un album infusé dans la tise et la résignation, mais également nourri par les éruptions politiques et sociales de ces derniers mois.

Cet album c’est le dernier de Monsieur Crâne (et dixième pour ce projet), à sortir chez le Parisien sémillant Le Turc Mécanique, les Bordelais d’Iceberg et les mystiques de chez Ascèse Records. Quand on sait que l’animal turbine également aux côtés de Lonely Walk, Strasbourg et – fut un temps – la chorale des Crâne Angels, on se dit que son projet solo cherche certainement à creuser du côté de la subjectivité en se penchant sur ce qui construit l’intime et l’affect. Bien moins candide et bien plus hanté, Monsieur Crâne parle du temps, de l’estime de soi, des regrets; de violence et de résignation – le quotidien et le privé, au prisme du politique et de l’actuel. De ce climat général anxiogène, bien que rigolard, il tire des fulgurances : “Les années donnent des cris d’enfants / J’ai pas d’hormones / J’ai pas dormi” (Eva Joly), “Je fais du porte à porte, avec mes idées mortes” (Carnassier).

Monsieur Crâne louvoie entre résignation et prise de parti; parfois, la psalmodie des angoisses existentielles laisse place à l’expression du dépit et des convictions. Impossible de passer à côté du titre le plus sobrement insurrectionnel de l’album : GDF (dans lequel il est plus question de gaz lacrymogène que de gaz naturel). Au son d’une boîte à rythme implacable, Monsieur Crâne exhorte les goths de France à sortir de leur atonie et à y foutre la tronche. “Goth de France, lève toi et marche / Dis-moi, qu’est-ce qu’on a fait pour en arriver là ? / C’est la merde générale, j’ai les boules pour ça / On dirait que tout est perdu d’avance et ça passe, en urgence” (GDF).

L’insurrection ne vient pas assez vite, ça fout les boules de voir le torchon brûler puis s’éteindre. Le dernier titre de l’album, sombre et éthylique, sonne le glas des aspirations à la révolte (l’optimiste n’ayant jamais été une valeur cardinale dans la discographie du Crâne). Pour autant, s’il on en croit sa dernière prestation scénique (lors du festival du Turc Mécanique en septembre dernier à la Station), il semble que celui-ci conserve un certain sens de l’ironie – voire un sens certain du contre-pied stylistique : chanter le désespoir nihiliste en chemise hawaïenne c’est plus gold que cold.

Vidéo

Monsieur Crâne – Le Temps

Audio

Monsieur Crâne – Monsieur Crâne

Tracklist

Monsieur Crâne – Monsieur Crâne (29 septembre 2016, Le Turc Mécanique / Iceberg / Ascèse Records)
01. Le Temps
02. Buffet campagnard
03. GDF
04. La Horde
05. Cockpit
06. Je rêve de toi
07. Le Bus
08. Eva Joly
09. MDMA
10. SDV
11. Carnassier

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Milton Bradley (The End of all Existence), l’interview http://www.hartzine.com/milton-bradley-interview/ http://www.hartzine.com/milton-bradley-interview/#respond Wed, 28 Sep 2016 21:01:06 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48788

Se frotter à Milton Bradley, c’est s’attendre à semer la division. En effet, l’artiste ne jouit pas de la même […]

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Se frotter à Milton Bradley, c’est s’attendre à semer la division. En effet, l’artiste ne jouit pas de la même aura de célébrité que certain de ses contemporains. Et pourtant, Patrick Radomski de son vrai nom est une source d’inspiration inépuisable parmi ses pairs. Générateur d’une musique complexe, profondément lugubre, alternant chaos statique et bourrasques analogiques, Milton Bradley doit autant aux crispations électriques de Sleeparchive qu’aux rêves apocalyptiques de Klaus Schulze. Et ce n’est pas anodin si le premier vrai vinyle techno que j’ai acheté (si j’occulte ma période minimale, hardcore et consorts…) fut Last flight to Cologne. Époque bénie s’il en est d’un revival à une techno pure et brute ! Berlin trouvait alors son second souffle, le Berghain était the place to be, le Tresor venait de rouvrir ses portes, l’Arena organisait certaines des soirées les plus undergrounds de la ville… Pendant ce temps là plusieurs artistes sortaient des salves de tueries qui allaient devenir mythiques, des vinyles ornés de petits macarons simplement tamponnés à la chaine avec le nom du label et le numéro du disque… A l’époque tout le monde jouait le morceau Untitled de l’artiste Unknown. C’est ici que commence l’épopée de cet anti-héros du clubbing, qui après avoir affirmé sa suprématie avec son impeccable album Tragedy of Truth, revient avec un troisième EP de son projet The End of All Existence. Plus accessible pour certains, plus âpre et brutal pour d’autres, le concept a au moins le mérite d’être clair, écrire une symphonie électronique en ode à la destruction de la vie.  Alors à l’occasion de cette nouvelle sortie, on a tenu à s’entretenir avec cet artiste iconoclaste et incontestablement majeur, et pourtant tellement discret.

Interview

Qu’est-ce qui t’as poussé à te lancer dans la musique ?
What led you to launch you into music?

La musique a toujours été un élément central dans ma vie, en particulier ces musiques où je pouvais me perdre dans la dérive de mondes fantasmatiques. Quand j’étais enfant, je suis entré en contact avec la musique en écoutant des cassettes de mix que mes parents s’étaient faits pour eux-mêmes. Sans savoir particulièrement que c’était des sons électronique de Giorgio Moroder, Jean-Michel Jarre ou Kraftwerk qui allaient déclencher mes fantasmes. Tous ces sons venus de la science-fiction m’ont excité pendant un temps.

Music has always been a central part of my life, especially those music that I could loose myself into and drift into phantasy worlds. When I was a kid I got in contact to music by listening to mix tapes my parents made for themselves. Without knowing what exactly it was particularly electronic sound by Giorgio Moroder, Jean Michel Jarre or Kraftwerk unleashed my fantasy. All those science fiction like sounds got me excited by this time.

Le milieu des années 2000 a été très prolifique pour la Techno… Comment t’es-tu venu l’idée de lancer ton label Do Not Resist The Beat ?
The mid-2000s was very prolific for Techno music … How did the idea to start your label Do Not Resist The Beat come ?

Je voulais déjà produire des disques dans les années 90, juste pour le plaisir. Mais je n’étais jamais vraiment satisfait du résultat en raison du matériel limité que je possédais à ce moment là. À la fin de 2007, un de mes amis m’a fait découvrir certains logiciels qu’il produisait et je découvrais des possibilités étonnantes en combinant ce logiciel avec le matériel que j’avais déjà. Les premières pistes utilisables sont nées assez rapidement et nous avons alors décidé de les sortir.

Je n’ai jamais trop été dans les trucs d’envoi promo donc mon ami et moi-même avons décidé de mettre un peu d’argent et de réaliser mon premier enregistrement. Voilà comment Do not resist The Beat a commencé – comme une future plateforme pour sortir mes propres productions et interprétations de la musique électronique.

I already wanted to produce records back in the 90s, just for fun. But I was never really satisfied with the result because of the limited hardware I owned by this time. By the end of 2007 a friend of mine showed me some software he was producing and I saw amazing possibilities combining this software with the hardware I still had. The first usable tracks were done pretty quickly then and I decided to release them.

I was never much into sending out promo stuff so a friend and I decided to put some money in a pot and release the first own record. That’s how „Do Not Resist The Beat“ started – as a future platform for releasing my own productions and interpretations of electronic music.

the-end-of-all-existence-label-logoAvec d’autres labels comme Horizontal Ground, Frozen Border, etc., vous avez choisi d’adopter une esthétique minimaliste, un son aux grooves froids et tranchants… Cette musique a fini devenir peu à peu le son référence de techno berlinoise. Avec le recul quels souvenirs gardes-tu de cette période ?
With other labels like Horizontal Ground, Frozen Border, etc … you choosed to adopt a minimalist aesthetic, a sound with cold and sharp grooves … This music became gradually the benchmark of Berlin Techno. Looking back , which memories do you have of that period ?

Après avoir pris une petite pause, j’ai commencé à m’engager à nouveau avec une musique électronique plus contemporaine en 2006. Après cette période d’abstinence il y avait beaucoup à redécouvrir, ce fut une période très excitante. Je regardais les catalogues des magasins et internet et j’ai découvert les productions de Marcel Dettmann, Sleeparchive et beaucoup d’autres. Ce fut la musique que j’ai aimée à cette époque, Cela semblait nouveau, frais et intéressant. Des clubs comme le Berghain et Tresor, qui a rouvert en 2007, étaient les endroits où je passais beaucoup de temps, et je me suis senti inspiré à nouveau.

After taking a small break I started to get engaged with contemporary electronic music again in 2006. After this time of abstinence there was a lot to rediscover, it was a quite exciting time. I was browsing records shops and the internet and found productions by Marcel Dettmann, Sleeparchive and many more. This was the music I liked by that time, it sounded new, fresh and interesting. And as well clubs like Berghain and Tresor which has been reopened in 2007 were the places I spent a lot of time and got inspired again.

Il y a dans ta musique quelque chose de sombre, froid, mécanique… Ta musique semble très inspirée par les sonorités dub et ambient, plus mentale que physique, non ? Quelle est ta vision de la musique électronique ?
There are in your music something dark, cold, mechanical … Your music seems very inspired by dub and ambient sounds, more mental than physical, isn’t it ? What is your vision of electronic music?

Je tiens à exprimer certaines humeurs, cela fonctionne mieux sur la couche mentale. Mais je ne dirais pas que je suis inspiré par le dub. Le son « dubby » vient par lui-même quand je produis et il s’inscrit dans le processus de production qui vise à trouver des sons qui reflètent mes émotions, mes sentiments, mes humeurs. De plus, j’aime les morceaux trippy, mais dans le contexte de club, je préfère, la plupart du temps, les tracks qui ont du corps dans un sens plus large.

I want to express certain moods, this is working best on the mental layer. But I wouldn’t say that I’m inspired by dub. The « dubby“ sound just came by itself while producing and I’d call it a follow up of the whole production process which aims to find sounds that reflect or mirror my emotions, my feelings, my moods. Furthermore I like trippy tracks, but in the club context I mostly like physical tracks in a wider sense.

Dans The End Of All Existence tu imagines une sorte de soundtrack à l’apocalypse, d’où t’es venu cette idée ?
In The End Of All Existence you imagine a kind of soundtrack to the Apocalypse, from where comes that idea ?

L’idée de ce projet m’est venue dans un moment assez sombre. En étant inspiré par certains films « Worlds End« , le slogan de The End Of All Existence m’est venu à l’esprit. Certaines de mes humeurs donnent souvent naissance à des concepts de rejet, et ce slogan convient de ce scénario de fin du monde dans lequel j’étais à cette époque. J’ai donc développé l’idée de faire une sorte de bande-son pour une fin du monde fictive.

The idea for that project came up in a quite dark moment. Being inspired by some Worlds End movies the slogan of The End Of All Existence came to my mind. Certain moods are often give birth to concepts of releases, and this slogan suited this end of the world scenario I was into by that time. So I developed the idea to make some kind of soundtrack to a fictional worlds end.

Il y a une certaine progression tout le long de ce nouveau EP qui commence par Choir of Devastation plutôt contemplatif et se termine par un Echoes of the Nameless très dur et rugueux. Était-ce ce que tu cherchais dès le début ?
There is a kind of increase during this new EP that begins by Choir of Devastation more contemplative and ends with an Echoes of the Nameless much hard and rough. Was it what you were looking for from the beginning ?

Oui bien sûr. Comme ce projet consiste à créer une sorte de bande-son, les morceaux (même si ce n’est seulement quatre d’entre eux) eux-mêmes devaient être en cascade, une suite logique de sorte que vous êtes en mesure de voyager à travers ma fiction.

Yes, for sure. As this project is about being some kind of soundtrack, also the tracks (even if it’s only four of them) should be in a cascading, logical order so you’re able to have a kind of a travel through my fiction.

Avec ton projet AlienRain, tu démontres une facette totalement différente de ta musique, totalement axée acid techno. Pourquoi avoir segmenté ces différents univers ?
With your Alien Rain project, you demonstrate a completely different side of your music, totally focused on acid techno. Why did you chose to segmente those different worlds ?

Tout en produisant des sons acids, j’ai toujours eu ce thème alien dans ma tête, ainsi que l’image de la tête d’alien bien connu d’ailleurs. Le son de la 303 (Roland TB-303) est tout à fait spécial et unique,  C’était donc une conséquence logique qu’un projet différent en soit sorti. En outre, j’aime l’idée de créer des projets qui sont cohérents et qui développent leur propre univers.

While producing the acid sounds I always had that alien theme in my head, as well as the picture of the well-known alien head. The 303 sound is quite special and unique, so it was a logic consequence to make another project out of it. Furthermore I like the idea of creating projects that are coherent and which develop their own enclosed world.

miltonbradley

Tu sors très peu de disques en dehors de tes propres labels. Pourquoi ce choix ?
You edit only few discs outside your own labels. Why ?

En raison de mon désir d’exprimer, j’ai toujours certaines idées au sujet de prochaines versions. Thématiquement certaines pistes doivent s’inscrire dans un certain contexte. C’est quasiment impossible quand vous êtes sur le label des autres parce qu’il y a toujours des intervenants qui décident des tracks, de la créa, et de l’ensemble du processus. Avoir son propre label vous donne une sorte de flexibilité, je peux décider par moi-même comment, quand et dans quel cas produire un morceau. Cela ne signifie pas que je sois opposé à travailler avec d’autres labels, mais je ne veux pas créer l’ensemble du process aléatoire et hors controle.

Due to my wish to express I always have certain imaginations about upcoming releases. Thematically certain tracks should be inside some context. You hardly get that possibility if you release on other people’s label because there’s other people who decide about the tracks, the artwork, the whole process. Having your own label gives you some kind of flexibility, I can decide by myself what, how, when and in what case I release a track. This doesn’t mean I’m opposed to release on other labels, but I don’t want to create the whole process to random and inflationary.

Ta musique est finalement très attachée à Berlin et on se rend rapidement compte qu’elle en est une fidèle bande son.  Quel impact cette ville a eu et  a toujours sur toi ? Te vois-tu un jour vivre ailleurs?
Your music is ultimately very attached to Berlin and we quickly realize that it’s his truthful soundtrack. Which impact this city has had and still has on you ? Do you see yourself one day live somewhere else ?

L’environnement où tu grandis et où tu vis durant une longue période a toujours une influence sur toi. J’ai toujours aimé l’ambiance brute et sombre qu’avait Berlin jusqu’au milieu des années 90. Cela convenait assez bien à mon humeur à ce moment-là. Ma plus grande influence ce sont les souvenirs de ma jeunesse. Les changements de ces dernières années (maisons peintes, appartements de luxe, des centres commerciaux sans fin) je ne les trouve pas du tout inspirants. Pour ce qui est de vivre ailleurs, je pourrais imaginer partir m’installer au Japon un jour.

The environment you grow up at or you live in for a longer period of time always has an influence on you. I always liked the rough, raw and dark feel Berlin had until the mid 90s. This suited my mood pretty well by this time. The biggest influence were memories from my younger days. The changes of the last years (painted houses, luxury apartments, endless shopping centers) I don’t find them inspiring at all. If it comes to other places, I could imagine to live in Japan one day.

Audio

The End Of All Existence – 6 Minutes Before Dawn

Vidéo

The End Of All Existence – The Final Hours

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MIXTAPE : Home made 06 by Aki http://www.hartzine.com/home-made-06-by-aki/ http://www.hartzine.com/home-made-06-by-aki/#respond Wed, 28 Sep 2016 08:21:43 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48785

Aki remplit sa vie de beaucoup de choses, mais surtout d’indus. La preuve. 01 – Front Line Assembly – Total […]

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Aki remplit sa vie de beaucoup de choses, mais surtout d’indus. La preuve.

01 – Front Line Assembly – Total Terror
02 – Cyberaktif – Brain Dead Decision
03 – Nitzer Ebb – Blood Money
04 – Das Ding – Kindheitsmuster
05 – Cabaret Voltaire – I want you (12″ version)
06 – Die Krupps – Tod Und Teufel
07 – Test Dept. – Fist
08– The Klinik – Moving Hands
09 – A Split Second – Ballistic Statues
10 – À;Grumh… – M.D.A
11 – SPK – Metal Field
12 – Clock DVA – Resistance (12 » Mix)
13 – Chris and Cosey – Morning
14 – Ministry – We Believe
15 – Psyche – The Crawler
16 – Skinny Puppy – Last Call
17 – Front 242 – Neutobashing
18 – Download – Seven Plagues

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Bernardino Femminielli – Café Petite Chatte / Goodbye Blueboy http://www.hartzine.com/bernardino-femminielli-cafe-petite-chatte-goodbye-blueboy/ http://www.hartzine.com/bernardino-femminielli-cafe-petite-chatte-goodbye-blueboy/#respond Wed, 28 Sep 2016 07:59:33 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48781

Photo: Malo Lacroix En attendant de nous livrer le LP tant attendu de Femminielli Noir prévu pour la fin d’année, […]

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Photo: Malo Lacroix

En attendant de nous livrer le LP tant attendu de Femminielli Noir prévu pour la fin d’année, Bernadino continue d’explorer ses Plaisirs Américains, avec le single Café Petite Chatte / Goodbye Blueboy paru chez Mind Records, électrisantes mélodies qui collent aux tympans comme une tache de sperme au caleçon. On retrouve une fois de plus chez le crooner montréalais ce goût immodéré pour la poésie scabreuse teintée de sensualité moite, alliée à un sens de la rythmique trouvant ses racines dans  le meilleur de l’italo-disco, la synthpop grecque voire l’euro dance nippone. Plus dancefloor que la plupart des titres de son précédent album, les deux morceaux portent néanmoins indéniablement l’empreinte de leur géniteur. Fables baudelairiennes pour gamin(e)s arpentant le trottoir magnifiées par un Joe Dassin angélique sous acide. Deux hits aux accents phalliques qui prolongent l’été indien et impose encore un peu plus le mystère Femminielli comme l’un des artistes incontournables de cette décennie. À savourer sous toutes les coutures et sans aucune modération.

Audio

Bernardino Femminielli – Café Petite Chatte

Bernardino Femminielli – Goodbye Blueboy

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On y était: Celestial Trax et Nunu à Bye Bye Ocean http://www.hartzine.com/on-y-etait-celestial-trax-et-nunu-a-bye-bye-ocean/ http://www.hartzine.com/on-y-etait-celestial-trax-et-nunu-a-bye-bye-ocean/#respond Tue, 27 Sep 2016 07:26:11 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48778

On aime vraiment toujours autant retrouver le parquet de la Java pour certaines soirées. Son plafond bas, la sueur partout, […]

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On aime vraiment toujours autant retrouver le parquet de la Java pour certaines soirées. Son plafond bas, la sueur partout, l’étouffante humidité ambiante, et la Stella en pinte. Le 17 se tenait la traditionnelle Bye Bye Ocean. Après un été de repos, on a pu y voir notre nouvelle mascotte strasbourgeoise d’Astral Planes, Nunu, et un des protagonistes de Purple Tape Pedigree, Celestial Trax .

Promis on ne parlera pas de l’alarme incendie, mais plutôt d’une sorte de remix mi-nightcore mi-UK de Get Busy dans le set de Celestial Trax, et de la technicité sans faille de Nunu dans une Java qui a peu à peu désempli. On pourrait aussi parler, de comment les interjections de Rihanna ont permis de révolutionner le dancefloor de la musique bizarre, comment à trois ou quatre reprises on retrouve des remixes aussi variés qu’étranges, dans les différents sets d’Aprile, Celestial Trax ou Nunu, de ces mêmes interjections. L’interjection en linguistique a trois fonctions bien particulières, elle permet à la fois d’exprimer spontanément une émotion, un étonnement, un ravissement, d’adresser un message, approbation/dénégation et  de créer une image sonore plus ou moins approximative. On se gardera bien de dire à quelle fonction se réfère Rihanna mais tout de même, ça provoque des choses bien étranges sur le dancefloor ces « blah blah blah », et « work work work ». Interjection/répétition, ça produit un rythme, un signal, une reconnaissance. Peut-être qu’au fond ça permet un phénomène de reconnaissance sonore qui invite aux expérimentations les plus audacieuses tout en obtenant, une sorte d’approbation général des corps qui tentent de danser.

Mais il ne suffit pas de se perdre dans la linguistique et dans les hagiographies de Rihanna pour dire à quel point cette soirée, comme très souvent, était chouette. Quand on est à une Bye Bye Ocean, comme assez rarement à dire vrai, on a l’impression d’être dans la musique en devenir, dans la musique de maintenant, celle qui expérimente, qui tente des formes et du fond. Dans la musique qui, singulièrement, essaie de travailler à sa propre invention. Et entre le set UK, hip-hop, électronique de Celestial Trax et le set expé, pop, étrange de Nunu on a été servi.

Il y a toujours ce joli sentiment d’être en adéquation avec les tentatives de réaliser le futur musical dans les Bye Bye Ocean, et rien que pour ça, on saluera toujours les programmations ambitieuses de ce définitivement très chouette collectif. Après Angel Ho et Air Max 97, c’était Celestial Trax et Nunu, plus tôt dans l’année on avait eu l’occasion d’y voir Rabit et Lotic, bref, un beau panel de ces scènes monstrueusement productives auxquelles nous sommes si attachés. Mention spéciale au set vraiment très très remuant et impressionnant de Nunu, qui on le rappelle a sorti un des plus jolis EP de l’année du Astral Plane, Mind Body Dialogue.

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The Pilotwings l’interview http://www.hartzine.com/the-pilotwings-interview/ http://www.hartzine.com/the-pilotwings-interview/#respond Sun, 25 Sep 2016 21:25:43 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48771

À mi-chemin entre le secret le mieux gardé d’une micro scène house/techno indée et la fierté nationale, les Pilotwings viennent […]

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À mi-chemin entre le secret le mieux gardé d’une micro scène house/techno indée et la fierté nationale, les Pilotwings viennent de sortir un double album sur le label lyonnais BFDM. Une pochette quatre étoiles, onze morceaux kaléidoscopiques et une formule musicale sans équivalent sur le territoire national.
Guillaume et Louis ont répondu à nos questions et mis en perspective leur (courte) discographie, l’essor rhodanien du moment et les encouragements de Teki Latex.

Comment se passe la promo de l’album ? Vu de loin ça me paraît hyper encourageant et positif.

La promo est assurée par Judaah, le boss de BFDM, et surtout Chez Emile qui distribue le label. Ce qui nous prenait beaucoup de temps est donc maintenant une formalité. Parler de « promo » n’est pas vraiment juste dans le sens où on envoie essentiellement notre musique à nos connaissances. Les gens se sont emballés à l’annonce du disque et on reçoit beaucoup de retours positifs, ce qui nous rassure quand même vu que musicalement, on s’est mis à poil sur les onze titres du disque.

Revenons un peu sur la genèse du projet. Vous faisiez de la musique chacun de votre côté avant les Pilotwings ? Judaah parle souvent de cette phase tech-house dans la maturation de votre duo. Vous êtes vraiment passés par là ?

On a geeké ensemble les logiciels de production et fait des morceaux sous des pseudonymes aussi affreux les uns que les autres, avant de se réunir sous Pilotwings il y a cinq ans environ. S’ensuit une grande période de désert musical dont le pic de nullité a été la tech-house, qui n’a même pas le mérite d’être drôle.  Le premier morceau qu’on a mis sur Soundcloud était un mélange de synthpop, de Pharell et de Justice, avec des paroles pédophiles au vocoder. Teki Latex nous avait envoyé un message de félicitation sur Twitter, j’ai encore la capture d’écran.

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En parlant de progression, j’ai l’impression que depuis vos premiers disques, tout est allé à vitesse grand V. Comme si Agorespace et Molitor 71 étaient des échauffements à balles réelles, et qu’une nuit au Boxboys et les Portes du Brionnais amenaient enfin le « truc » Pilotwings. Est-ce que vous partagez ce sentiment ?

On a à la fois plus de temps en studio, et plus de confiance dans ce qu’on enregistre.  Il y a aussi une donnée technique : les morceaux des premiers EP étaient produits piste par piste, en galérant pour chaque manip’ à cause du manque de matériel. On aime toujours les enregistrements à l’arrache qui sonnent comme un pet, la saturation à outrance, etc. Mais en s’équipant un peu mieux, on a pu réaliser des morceaux plus ambitieux, dans la production et l’écriture. La palette s’est élargie et on a pu oser plus de choses, tant que ça nous faisait marrer en studio.

Les quelques trucs que j’ai lu sur votre LP essayent de vous lier à une esthétique 90’s qui reste surement le truc le moins bien délimité et bordé dans le continuum dance music. Il me semble que vous êtes assez détendus avec le fait de concevoir la dance music contemporaine comme la répétition de gimmicks tirés du passé. Est-ce que vous pourriez me parler d’une référence commune qui ferait l’unanimité entre vous deux ? Et a contrario d’ une référence qui fait dissensus ?

On n’a en fait ni l’intention de « concevoir la musique contemporaine », ni celle de rentrer dans une répétition du passé. Les pionniers, les défricheurs nous touchent parce qu’il ont souvent une approche naïve et hésitante mais en même temps des idées fortes. On joue avec cet héritage, ces instruments, avec la même envie de foutre le bordel dans les normes. Sans avoir de véritable héros commun, on cite souvent Yellow Magic Orchestra ou Yello comme groupes qui font de la musique ridicule de la plus belle façon qu’il soit. Pour ce qui est des désaccords, mis à part sur la trap et quelques trucs de library impossibles, il y en a peu.

Je suis toujours assez prudent avec ces notions de scène qui apparaissent au gré des saisons et qui relèvent plus d’un effet journalistique que d’une réalité concrète. Votre ville, Lyon, et votre label, BFDM, sont régulièrement spottés comme le truc du moment.
J’ai l’impression que, pour une fois, tout cela n’est pas fantasmé : les différents artistes/labels de la ville semblent liés à un terreau commun en terme d’état d’esprit, de points de chute (disquaire, radio)… Comment vous résumeriez ça ?

Dès lors que Lyon s’est débarrassé de sa haine des Parisiens, et que les vieux gars de la minimale ont arrêté de gangréner les clubs,  on a commencé à être optimistes et enthousiastes. Il y a eu l’arrivée des disquaires qui sont les parfaits lieux de rencontre, BFDM, Macadam Mambo, LYL radio et l’atelier SUMO, les aventures du Boxboys ou les sauteries délirantes de Groovedge… Beaucoup de projets « débrouille » se côtoient, et de beaux disques arrivent. On pense aux futurs Franck Gérard chez Groovedge, à Lastrack et OKO sur BFDM, Raymonde ou encore le label Silo qui vont tout niquer.

Audio

Tracklist

The Pilotwings – Les Portes Du Brionnais (Brothers From Different Mothers, 2016)

A1. Les Portes Du Brionnais
A2. Aladdinde
A3. Le RSA
B1. Pousse Un Peu Plus Chaque Jour
B2. Christrance
B3. Yomogi
C1. Debeurdinoir
C2. Brigade Des Moeurs
C3. Le Rock Des Plages
D1. John Deere, Tcheu!
D2. Balearic Nordine

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Xarah Dion – Fugitive http://www.hartzine.com/xarah-dion-fugitive/ http://www.hartzine.com/xarah-dion-fugitive/#respond Fri, 23 Sep 2016 07:58:46 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48762

par Stéphanie-Lucie Mathern Xarah Dion vient de Montréal et fait de la minimale sur le label Visage Musique. Fugitive, son […]

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par Stéphanie-Lucie Mathern

Xarah Dion vient de Montréal et fait de la minimale sur le label Visage Musique. Fugitive, son deuxième album, sort le 30 septembre et sonne un peu comme le Désenchantée de Mylène Farmer : un peu troisième sexe, un peu la voix des anges, un peu je-souffre-dans-ma-chambre-mais-danse-quand-même. Les titres sont joliment maniérés : Dysphorie, altération du support sonore, commence par « Je n’ai pas demandé à être ici ». Dans Anhédonie, qui symbolise un désintérêt diffus, il est question de l’odeur de sexe froid. Le naufrage n’est pas loin, mais sur une belle rive : Cap Tourmente, son tube, porte le nom de la ville du Québec qui subit la première attaque contre l’aviation civile. On pense aussi à Trust – autre groupe canadien de synthpop, mais de Toronto – où l’on se retrouve un peu trop habillé dans une boîte de province à regarder des poses et des cocktails colorés.

Xarah finira par se laisser pousser la frange après son premier LP, Le Mal nécessaire, où elle chante la douleur des amitiés perdues, les os et l’amour qui déraille. Sa poésie est celle du serpent ; on le constate dans Sottises : « Mon angoisse fond le doute / Et j’accueille cure et poison ». Les arrangements sont intelligents, les mélodies tristes et dansantes ; la puissance du synthé analogique est là. On sent les années d’étude de piano classique, puis de l’orgue à travers le répertoire baroque. De riches influences qui lui feront dire que « la musique est le meilleur moyen de communiquer à travers l’espace ». Propos mystiques qui signifient que la musique reste un langage de référence, résolument hors d’âge. Il s’agira de toutes les façons d’entrer en contact.

Connue pour ses performances, elle en parle comme de communions où le plaisir est partagé, d’un lien entre le corps et l’esprit. Dans sa quête de sagesse et de vérité, elle s’intéresse aussi à Naomi Klein, Noam Chomsky et le mouvement Black Bloc, ce collectif anarchisant anonyme vêtu de noir qui lutte contre le Grand Capital ainsi qu’à des choses plus confidentielles comme la convergence des luttes anti-capitalistes, une organisation canadienne. Dans ce sens, elle crée La brique, un loft communauté culturelle à l’esprit DIY prônant l’ouverture aux différents styles et folklores.

La pensée de Xarah peut être qualifiée de pensée underground ; on pense au girl power hybride d’Anne Clark – qui chanterait en français. Xarah dit d’ailleurs entretenir un rapport privilégié à sa langue maternelle, le français, langue de l’intime. Plus jeune, Xarah admirait le travail du label Constellation ; aujourd’hui, avec Le Mal nécessaire, elle a fait la première partie de la tournée européenne de Godspeed You ! Black Emperor. Xarah Dion est un ravissement pour tous ceux qui écoutent Xeno and Oaklander ou Peine perdue mais aussi pour les nostalgiques de Manureva.

Audio

Xarah Dion – Cap tourmente

Tracklist

Xarah Dion – Fugitive (30 septembre 2016, Visage Musique)
01. MTL KO
02. Fugitive
03. Dysphorie
04. Dérive
05. Le Dédale
06. Anhédonie
07. Station
08. Cap Tourmente
09. La Voie Intérieure

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Bráulio Amado l’interview http://www.hartzine.com/braulio-amado-linterview/ http://www.hartzine.com/braulio-amado-linterview/#respond Thu, 22 Sep 2016 08:49:23 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48727

Quand on vient de la culture punk, on apprécie forcément de bosser pour la salle indé en bas de chez […]

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Quand on vient de la culture punk, on apprécie forcément de bosser pour la salle indé en bas de chez soi, et c’est d’autant plus appréciable si en parallèle on est directeur artistique pour l’hebdomadaire économique de Bloomberg. Le grand écart est fascinant, et cette dichotomie est un élément fondateur du travail de  Bráulio Amado, designer graphique portugais expatrié à New York et dont les illustrations ont habillé les pages du New York Times ou de Wired, mais servent, pour les plus personnelles d’entre elles, d’identité au club voisin Good Room.

Derrière la structure cartésienne qui préserve la lisibilité de ses affiches et rares pochettes d’album, il y a bien quelque chose qui subsiste de la la culture punk. Le trait vif, presque rageur de l’écriture manuscrite, le pointillisme dégradé et les contrastes accentués d’un risographe fatigué, le collage d’éléments épars, l’utilisation de l’aérographe, ces éléments sont ceux de la communication de rue, où un flyer découpé et photocopié mille fois se passe de la main à la main, où l’affiche réalisée au marqueur se placarde en deux minutes sur un mur gluant de colle, et où pour s’extraire de l’anarchie visuelle qui va de pair avec cette pratique sauvage, ce qui compte c’est que le message frappe fort.

Il y a dans le travail de  Bráulio l’énergie d’une sous-culture distillée par les conventions graphiques. Et l’ancien Lisboète revient sur ce mélange d’influences, ce qu’il a conservé de sa jeunesse hardcore et comment ce qu’il a emporté avec lui en quittant le Portugal lui a permis de garder une partie de cette identité à travers ses affiches d’une part, mais aussi ses groupes, Papaya, Crime Department et Adorno, des formations dominées par le punk et le noise, à apprécier en fin d’interview.

ardalan

Interview

J’ai lu que ton implication dans la scène punk hardcore lisboète t’a conduit à créer des affiches. Tu travailles en ce moment pour Good Room, une salle de Brooklyn où tu vis désormais. La facette communautaire est-elle importante pour toi?
I’ve read that your involvement in the Lisbon punk-hardcore scene led you to poster design. You’re currently working for Good Room, a venue in Brooklyn where you live now. Is the community level important to you?

Oui la communauté est importante pour moi. J’ai grandi dans la scène punk-hardcore et quand j’ai commencé à concevoir des affiches au Portugal, j’étais plus ou moins en train d’apprendre ce qu’est le design. Aujourd’hui, le design graphique est mon métier, et je fais désormais des affiches (entre autres) pour vivre. Une partie de la programmation de Good Room n’est pas vraiment ma tasse de thé, mais j’aime travailler pour eux. Je n’irais pas jusqu’à dire que Good Room est ma communauté, mais j’aime être une sorte d’outsider et proposer un angle créatif qu’on ne s’attendrait pas à voir pour une boîte de nuit.

Community is indeed important to me. I grew up with the punk-hardcore scene, and when I started making posters in Portugal I was still pretty much learning about what design was. Currently, graphic design is my job, and I now do posters for a living (among other design work). Some of the music Good Room books on the venue is not really my cup of tea, but I do love designing for them. I wouldn’t say Good Room is exactly my community, but I do enjoy being a bit of an outsider to it and bring a design style that normally might not be what you expect on a night club.

Comment ton déménagement de Lisbonne à New York a-t-il influencé ta culture musicale et graphique?
How did your move from Lisbon to New York influence your musical and graphical culture?

J’ai obtenu une bourse pour terminer mon dernier semestre d’études ici, et ça m’a mené à un stage — j’ai fini par me faire offrir un emploi et depuis je suis ici. J’ai du mal à croire que ça fait déjà six ans! Je suis toujours dans la vingtaine, et donc le déménagement m’a beaucoup influencé. J’aime toujours la culture de mon pays, mais le temps aidant, je sens que je deviens de plus en plus américain. Parfois pas de la bonne façon, haha. Mes travaux et goûts ont beaucoup évolué. Je suis sûr que j’aurais aussi changé en restant au Portugal, mais je n’aurais pas pu vivre l’expérience de toute cette culture qu’offre NYC.

I got a scholarship to finish my last semester of studies here, and that led to an internship — I ended up getting offered a job and I have been here since there. Can’t believe it has been 6 years already! I’m still in my twenties, so definitely the move influenced me a lot. I still love all the culture back home, but as time goes by I feel like I’m becoming more and more American. Not in a good way sometimes, haha. My work and taste changed a lot. I’m sure it would have changed as well if I was in Portugal still, but back home I wouldnt be able to experience all the culture NYC gives to you.

shitrobot

Gradations, distorsions, collages, abstractions, couleur, noir et blanc… Ta méthodologie est différente d’une affiche à l’autre. Les expérimentations prévalent-elles sur le style personnel? As-tu un style personnel d’ailleurs?
Gradations, distorsions, collages, abstractions, color, black and white… Your process is different from a poster to another. Do your experiments prevail over your personal style? Do you have a personal style by the way?

Je pense qu’aujourd’hui mon style est de ne pas en avoir du tout. Je dois créer tellement d’affiches et d’illustrations au quotidien que je veux continuer à expérimenter et déboucher sur du neuf à chaque fois. Avoir un style finit parfois par être lassant — du moins pour moi! Et les gens commencent à venir te trouver pour un truc spécifique que tu as fait et refait, et c’est vraiment plombant.

I think my style nowadays is to not have a style at all. I have to do so many posters and illustrations on a daily basis that I really want to keep experimenting and come up with something new every time. Having a style ends up being a bit boring at times — at least for me! And people start coming to you for a specific thing that you did over and over again, and that’s really annoying. 

Dans un projet, où commencent tes réflexions et à quel moment sais-tu dans quelle direction aller? Quelle connexion fais-tu entre le concept d’un évènement ou l’artiste, et l’illustration finale?
In a project, where does your thoughts start and at what point do you know where to go? What connection do you make between the concept of an event or the artist and the final illustration?

Tout dépend. Parfois, j’ai une idée en tête et je m’assure que le concept/message est bien clair. D’autres fois, j’écoute simplement les morceaux, trouve un titre/un vers amusant et je m’en sers pour l’illustration. À l’occasion, je bidouille juste les photos du groupe. Sinon, je me contente d’écouter la musique et de produire quelque chose de plus abstrait en m’appuyant sur mon ressenti de la chanson.

All depends. Sometimes I have an idea in my head and I make sure the concept/message is very clear. Sometimes I just listen to their songs, find a funny title/lyric and do an illustration based on that. Sometimes I just fuck around with the band’s photos. Other times I just play the music and do something more abstract based on what the song makes me feel.

bambounou

Est-ce facile de passer de Bloomberg BusinessWeek à la conception d’affiches pour une salle indé? Et d’un poster pour Suuns à un autre pour Hot Chip?
Is it easy to move from Bloomberg BusinessWeek to designing posters for an indie venue? And from a poster for Suuns to one for Hot Chip?

Honnêtement, à la fin, c’est très proche. À BusinessWeek, on dispose de beaucoup de liberté et on s’appuie énormément sur l’humour pour faire des choses folles. C’est aussi un magazine d’actualités hebdomadaire, il faut donc lire les articles et réagir rapidement avec une illustration ou un concept. Ce processus m’aide beaucoup à concevoir des affiches et à être plus rapide dans mes réflexions et mon exécution. Je pense que cela le rend plus vivant/énergique et moins « précieux ». Le processus est donc plus ou moins le même pour BusinessWeek, Good Room, ou pour une affiche pour Suuns ou Hot Chip.

They end up being very similar honestly. We have a lot of freedom at BusinessWeek and rely a lot on humor to do crazy stuff. It’s also a weekly news magazine, so you have to read the stories and react fast with an illustration/design. That whole process helps me a lot in designing posters and be more fast with my thinking and execution. I think that makes it feel more lively/energetic and less « precious ». So, the process is kind of the same, either at BusinessWeek, Good Room, or on a poster for Suuns or Hot Chip.

redaxes

On dirait que tu donnes de l’importance aux informations manuscrites. Pourquoi?
Handwritten information look important to you. Why?

Cela véhicule une touche un peu plus personnelle et réaliste, au lieu de donner l’impression qu’on a passé 5 heures à concevoir un truc sur son ordinateur. En outre, il m’arrive d’être vraiment mauvais pour choisir des polices, donc j’écris à la main, c’est plus facile et moins stressant.

It just brings a bit more of personal touch and real-ness to it instead of looking like you spent 5 hours looking at a computer designing something. Also I’m kind of bad with picking type sometimes, so if I just hand write it, it’s easier and less stressful.

Tu réalises plus d’affiches que de pochettes d’albums. Préfères-tu les premières? Quelles sont les différences entre ces deux supports?
You design more posters than album covers. Do you prefer the first ones? What are the differences between the two media?

J’aime les deux! Malheureusement, je ne suis pas assez sollicité pour réaliser des pochettes. Dans un projet de pochette, j’apprécie de produire plusieurs illustrations, polices, designs, etc. pour les insérer dans le livret, sur le CD, la quatrième, etc. Ça revient à publier un petit book de ses travaux, au lieu d’une seule affiche avec une seule image.

I like both! Unfortunately I dont get asked to design many record covers. With an album cover I do enjoy making a bunch of illustrations, type, designs, etc to put it on the booklet, CD, back covers, etc. It’s almost like you are publishing a small book with your work, instead of just one poster with one image.

jacquesrenault

Où puises-tu tes influences en design graphique?
What or who inspire your graphic design?

C’est dur comme question! J’aime Barney Bulbes, Saul Bass, Cowboy Henk, Chris Ware, Manuel Donada, Steak MTN, Zach Hobbs, M/M, Mirko Borsche… Beaucoup trop, nouveaux comme anciens.

Oh man, that’s such a hard question. I love Barney Bubbles, Saul Bass, Cowboy Henk, Chris Ware, Manuel Donada, Steak MTN, Zach Hobbs, M/M, Mirko Borsche… Too many. Old and new. 

Et en musique?
What about music?

Ex Modela est mon groupe préféré. J’aime tous les trucs Dischord période Revolution Summer, le punk hardcore des années 80, une partie de ce nouveau garage rock comme Ty Segall et The Oh Sees et je continue à aimer Devo et les Beach Boys. En ce moment, mon obsession se porte sur Coneheads et le Minneapolis Uranium Club. J’écoute beaucoup d’autres choses parce que j’aime la musique en général, mais ce sont mes préférences.

My favorite band is Ex Models. I love all the Dischord stuff from the Revolution Summer era, 80’s punk-hardcore, some of that new garage rock stuff like Ty Segall and Thee Oh Sees, and always love Devo and Beach Boys. Currently obsessed with the Coneheads and The Minneapolis Uranium Club. I do listen to a bunch of other things because I love music in general, but yeah, this is the main stuff.

Chez le disquaire

No Age — Loosing Feeling

NoAge_LP_FRONT

Toute l’œuvre de Brian Roettinger est fascinante. Celle-ci est tellement simple et belle que je suis super jaloux de ne pas l’avoir faite en premier.
All the stuff Brian Roettinger designs is amazing. This one is so simple and beautiful that I feel super jealous for not doing it first.

The Germs — What We Do Is Secret

the-germs-what-we-do-is-secret

Franchement, que dire de plus?
I mean, what else can I say?

Black Dice — Repo

black-dice-repo

Difficile de battre les frères Copeland au collage. Tous leurs albums (et toute leur musique) sont fantastiques, mais c’est le premier que je me souviens avoir acheté.
Can’t really beat the Copeland brothers with the collage stuff. All their records (and music) are amazing, but this one was the first I remember picking up.

Le Shok — We Are Electrocution

le-shok-we-are-electrocution

Le style est incroyable et l’idée est géniale. En plus, la quatrième conclut parfaitement le tout. Je n’arrive pas à trouver d’autres trucs réalisés par la personne derrière celle-ci.
The style is amazing and the idea is the best. Also, the back cover ties everything up perfectly. I still can’t find more stuff by the person who designed this.

Devo — Freedom Of Choice

devo-freedom-of-choice

Toutes leurs pochettes sont géniales, mais celle-ci est terriblement iconique. J’adore les costumes et les trucs débiles. Non pas que Devo fût « débile », mais plutôt génial.
All their covers are awesome, but this is iconic as hell. I love costumes and silly stuff. Not that Devo was « silly », more like genious.

Projets musicaux

Papaya

Du post-punk étrange et bruyant avec un nom débile, mais on s’amuse beaucoup.
Weird Post-Punk noisy, with a silly name, but lots of fun.

Crime Department

Du punk harcdcore avec un brin de folie. On revient d’un mini-tour en Europe et on travaille sur un LP.
Punk-Hardcore with some crazy juice to it. We just got back from our first euro-tour and we are working on an LP.

Adorno

Emo/Post-hardcore. On a monté le groupe il y a 10 ans et pas mal tourné en Europe! On n’a jamais sorti de LP correct mais pas mal de splits et EP, pour finir par sortir deux 12” avec tous nos morceaux.
Emo/Post-hardcore. We started the band 10 years ago and we toured Europe a bunch! We never released a proper LP but we did many splits and EP’s and ended up releasing two 12″s with all the songs.

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MIXTAPE : Home made 05 by Alex http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-05-by-alex/ http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-05-by-alex/#respond Wed, 21 Sep 2016 08:55:38 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48720

Pour sa rentrée, Alex nous balance une mixtape au minimalisme éclectique et international. 01 – Giorgios Batis – Yiftopoula (No […]

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Pour sa rentrée, Alex nous balance une mixtape au minimalisme éclectique et international.

01 – Giorgios Batis – Yiftopoula (No Label, Grèce, 1934)
02 – Alive She Died – Radio Hero (No Label, Grèce, 1985)
03 – Chiemi Manabe – Untotooku (CBS, Japon, 1982)
04 – Lena Platonos – Hesperia Iris Greca (Lyra, Grèce, 1986)
05 – Sandii – Zoot Kook (Alfa, Japon, 1980)
06 – Muslimgauze – Milena Jesenska / Enfilade (Product Kinematograph, UK, 1983)
07 – Perception & Mad Mike – Windchime (Underground Resistance, USA, 2004)
08 – Haruomi Hosono – Navigations (Mercury, Japon, 1995)
09 – Finis Africae – Suite Amazonica (Music Sin Fin, Espagne, 1990)
10 – UR – Base Camp Alpha 808 (Underground Resistance, USA, 1991)
11 – Model 500 – Night Drive (Thru Babylon) (Metroplex, USA, 1985)
12 – Essendon Airport – I Feel A Song Coming On (Innocent, Australie, 1981)

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Tomaga – The Shape of the Dance http://www.hartzine.com/tomaga-the-shape-of-the-dance/ http://www.hartzine.com/tomaga-the-shape-of-the-dance/#respond Fri, 16 Sep 2016 10:15:43 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48703

The Shape of the Dance, la forme de la danse. Comme si l’on pouvait en esquisser les contours. Comme si […]

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The Shape of the Dance, la forme de la danse. Comme si l’on pouvait en esquisser les contours. Comme si Tomaga parvenait, et comme s’y sont essayés avant eux tant de sculpteurs, peintres, poètes et musiciens, à donner à cet art de l’expression corporelle — un art mobile, spatial et pluriel — une constance géométrique ou une représentation universelle. Valentina Magaletti et Tom Relleen ne recherchent pas l’allégorie, ils recherchent la forme, et dans leur approche expérimentale ils en admettent la malléabilité et l’évolutivité. Les huit pistes versatiles de cet album, qui ne s’écoute cependant pas comme un album concept, apportent la démonstration que la danse est avant tout une question de mouvement et de rythme, et même de rythmes au pluriel — avec autant de formes à croquer — entre tensions mécaniques et tempos biologiques.

Tuscan Metalwork s’ouvre comme une étude de signaux électroniques — une approche très expérimentale telles qu’on en a connues chez Edward Zadja ou Éliane Radigue — avant de vriller abruptement vers un répertoire industriel, sur le modèle du Persepolis de Xenakis mais revisité par une instrumentation contemporaine, où le grincement métallique assoit une ambiance dramatique durable qui impose sa respiration au morceau: une série redondante d’aspirations et d’expirations aussi harassantes que mille soupirs exhalés par des métallurgistes frappant leur acier en cadence. C’est une danse militante et ouvrière qui assèche la gorge et étourdit jusqu’à l’épuisement, et dont l’essence resurgira dans Scacco Matto. Derrière la respiration naturelle du track menée par un ressac régulier et soufflant s’est glissé le rythme taylorien d’une locomotive fatiguée, peut-être trop ancienne pour donner sa pleine puissance, ou bien contrariée par le grésil qui assourdit l’arrière-plan et finira par craqueler en cédant sous d’intenses projections de vapeur. De l’usine à la voie ferrée, le souffle a la même vitalité, le mouvement la même régularité.

L’album façonne d’autres formes de mouvement et de danse, revenant dans le titre éponyme à son expression tribale, fervente, mystique autour d’une ligne de basse ronde et bouillonnante allant et venant pour rythmer le déhanché d’une farandole minimaliste encerclée par une jungle de sons 8 bits. Une jungle dense, humide et lourde qui ne sera pas défrichée, quatre morceaux plus tard, dans la luxuriante et conclusive Gonda’s Dream et ses cliquetis sur fond de modulations giratoires et extatiques. L’exploration se fait, à la différence de la forme esquissée par le duo, universelle. Et l’ensemble revêt une certaine harmonie à puiser dans ces va-et-vient, ces tourbillons, ces exhalaisons, ces ressacs, ces grincements. Entre biologie et mécanique la respiration a la même régularité d’un bout à l’autre d’un morceau, allant jusqu’à métamorphoser une cadence notoire, comme ces castagnettes transformées en crécelles infatigables et irritantes (serpentines?) dans Stone Comb et qui, rejointes par des roucoulements électroniques pour toute ligne de basse, appuient de concert une sorte de phasing propulsé par des cuivres numériques lancés en un élan épique mais atonal. Le bref morceau prend des airs de duel interrompu par une conclusion mutilante, peut-être par une mise à mort?

Extraits du groupe de krautrock londonien The Oscillation (lire sur hartzine), Valentina et Tom n’ont conservé de cette approche que l’esprit d’expérimentation qui le caractérise et un morceau, A Perspective With No End en écoute ci-dessous, entamé par une ligne de basse qui rappellera les parangons autoroutiers des groupes d’outre-Rhin des années 70, mais qui échafaudera rapidement une structure indépendante à coups de percussions carillonnantes et membranophoniques. Il assoit à lui seul le propos du disque: l’expression du corps insufflée par le mouvement et la respiration, et renvoie à cette capacité naturelle et universellement partagée du mouvement libératoire, fût-ce de la danse ou le simple désir d’occuper l’espace entre deux pulsations.

Audio

Tomaga – A Perspective With No End

Tracklist

Tomaga – The Shape of the Dance (19 septembre 2016, Hands In The Dark)
01. Tuscan Metalwork
02. Stone Comb
03. The Shape Of The Dance
04. Scacco Matto
05. A Perspective With No End
06. Questionable Art In Public Spaces
07. Four Ducks Dead
08. Gonda’s Dream

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THESE HIDDEN HANDS Interview & Chronique http://www.hartzine.com/these-hidden-hands-interview-chronique/ http://www.hartzine.com/these-hidden-hands-interview-chronique/#respond Thu, 08 Sep 2016 22:00:31 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48686

La techno est-elle morte ? C’est une question que l’on doit manifestement se poser. Car si la techno n’a jamais été […]

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La techno est-elle morte ? C’est une question que l’on doit manifestement se poser. Car si la techno n’a jamais été autant d’actualité, elle n’a jamais été aussi caricaturale. Un genre d’ailleurs au centre des préoccupations de ses propres géniteurs, qui n’ont de cesse d’en transgresser les règles pour la rendre un tant soit peu attractive. Mais soyons honnêtes, même emballée dans du papier doré, avec un joli petit nœud, de la merde restera toujours de la merde. A ce titre, pour beaucoup, Feed-forward de Sandwell District perdurera comme l’œuvre posthume (pour moultes raisons) d’une génération qui aura grandit avec ce mouvement alors en déclin. Un joyau noir amorçant un deuil  qu’on ne veut résolument pas accepter. Et pourtant, rapidement une horde de musiciens se détournent des grooves moites et des dancefloors pour épouser des genres plus obscurs (harsh-noise, drone, musique industrielle ou expérimentale, ambient…) et souvent relativement moins accessibles. Bien entendu même si la sauce à encore du mal à prendre,  les profanes commencent à s’habituer à des rythmiques plus mentales que physiques ainsi qu’aux attaques bruitistes vrillant les oreilles. Au-delà de la norme, la confusion. Ce qui nous amène à Vicarious Memories, formidable second LP du combo These Hidden Hands, qui construit à travers ce mirifique album un pont entre passé et futur. Il y dévoile une musique électronique dépouillée de toute étiquette qui entend bien briller de son halo noir pendant très longtemps.

D’une complémentarité absolue, le semi-boy’s band (ils sont bogoss les gars) s’aventurent dans des contrées jusqu’à là peu inexploitées. Peu importe le beat, ici le sound design prédomine et c’est peut-être ce qui fait toute la force de These Hidden Hands. Loin des standards des hits habituels, le duo s’accroche à un concept hors de toute normalisation. Souvent comparé à Nine Inch Nails (Époque Ghost I-IV peut-être), nous on pense plutôt  aux canadiens de Front Line Assembly, à l’époque allemande de KMFDM, mais aussi Kangding Ray, Shinichi Atobe et même la poésie lunaire de Buck-Tick. Entre mantras tribaux et secousses telluriques, Tommy Four Seven et Shards réinventent la musique électronique tout en ouvrant à l’auditeur de nouvelles perceptions. Alors que beaucoup se tourne vers l’analogique, ici les voyages synthétiques n’ont jamais été aussi fantastiques. Mais ne nous leurrons pas, le tandem n’a en rien perdu de son capital anxiogène, LIMA 3AM et ses vocaux souffreteux sont là pour nous le rappeler. D’autres titres comme Hoh Xil ou SZ31X71 continuent à contribuer à cette atmosphère suffocante, étouffante et  paranoïaque qui finalement prédomine tout au long de l’album.  Car si Vicarious Memories est un disque grandiose, il n’en est pas moins jusq’au-boutiste et fatalement nihiliste.  Un chef d’œuvre en devenir qui se savoure au gré des écoutes…

On avoue qu’on a été nous même surpris par cette baffe qui nous est tombé sur la gueule. Loin des disques mémorables qu’on écoute un temps et qu’on laissera prendre la poussière dans un bac un disque, Vicarious Memories fait immédiatement partie de ces albums qui marque comme une cicatrice dont on arriverait à se défaire.  Avec opiniâtreté, on a réussi à s’entretenir avec le duo pas si facile d’accès sur la genèse de ce petit chef d’œuvre et sur leur vision de l’avenir.

Interview

these-hidden-hands-press-pic-4-fredrik-altinellSalut, vous étiez il y a peu au Berlin Atonal, pouvez-vous nous donnez vos impressions sur ce Festival ?
Hi, you were at the Berlin Atonal few days ago, can you give us your impressions on the festival ?

Clairement un des événements les plus cool de la musique électronique dans un lieu fantastique. C’est plus que quelques performances lives, les installations artistiques et les projections l’élèvent à un autre niveau. C’était un plaisir de jouer avec d’autres artistes qu’on respecte énormément, comme Roly Porter.

Definitely one of the coolest events in electronic music at a fantastic location. It’s more than just a bunch of live performances, the art installations and projections take it to the next level. It was a pleasure to playing with other artists we highly respect, such as Roly Porter.


Pouvez-vous nous parler d’Aphelion ? Quelle en a été la genèse ? Est-ce un projet éphémère ou quelque chose que vous souhaitez développer par la suite ?

Can you tell us more about Aphelion? What was its genesis ? Is this a temporary project or something you want to develop in the future ?

Aphelion est le titre de notre live qui comprend de la musique extraite de nos deux premiers albums et une collaboration visuelle entre nous et Pfadfinderei. Atonal était la première mondiale de ce spectacle cependant nous souhaitons faire plus de concerts suivant ce modèle.

Aphelion is the title of our live show which incorporates music from our first and second albums and a visual collaboration between us and Pfadfinderei. Atonal was the world premier of this show however we aim to play more concerts with this setup.

En quoi était-il important pour vous de présenter un projet inédit plutôt qu’un live autour de Vicarious Memories par exemple ?
Why was it important for you to present a new project rather than live around Vicarious Memories for example ?

On a d’abord songé à faire une tournée dédiée à l’album mais nous avons décidé qu’il était préférable d’incorporer la musique de nos deux albums, de retravailler les anciens morceaux pour les jouer d’une nouvelle manière. Avec l’ajout de l’aspect visuel, nous avons pensé que cette association méritait son propre titre. Mais on ne veut pas trop philosopher là-dessus, au final c’est juste un live de These Hidden Hands.

We originally considered doing an “album tour” but decided we preferred to incorporate music from both of our albums, re-working the older material to perform it in a new way. Also with the new visual aspect, we felt the combination deserved it’s own title. But we don’t want to be too philosophical about it – at the end of the day, it’s simply These Hidden Hands playing live.

Avant de parler de Vicarious Memories justement, parlons un peu de la genèse de These Hidden Hands. Comment vous êtes vous rencontrés ? Qu’est-ce-qui vous a réunis ? Et plus important quels sont les éléments qui vous apportent cette complémentarité musicale si unique ?
Before talking about Vicarious Memories precisely, let’s talk about the genesis of These Hidden Hands. How did you meet ? What attracted you ? And more important what are the elements that give you this musical complementarity so unique?

On s’est rencontré à l’université où on a commencé à écrire de la techno ensemble vers 2007. On a tous les deux grandis en écoutant de la drum’n’bass, donc ça nous faisait déjà ce point en commun, que peu d’autres de nos camarades partageaient. Même si nos goûts en matière de musique sont très similaires, ce qui nous permet de rester sur la même longueur d’onde, nos approches dans la composition peuvent être très différentes. Donc quand on associe deux façons de composer différentes, on peut obtenir un effet complémentaire.

We first met at university and started writing techno together there in around 2007. We both grew up listening to drum and bass, so this was something we had in common, which few of our other peers related to. Although we have a lot in common in terms of what we enjoy listening to, which keeps us on the same page, our actual approaches to composition can be quite different. So when you combine two different compositional approaches, you can get a complementary effect.

On compare souvent votre musique à des groupes comme Nine Inch Nails en plus électronique, ne trouvez-vous pas ça trop réducteur ? Bien qu’ayant des racines industrielles votre musique par son orchestration tire plus son origine de de l’indus allemande ou japonaise non ?
Your music is often compared to bands like Nine Inch Nails but in a more electronic way, don’t you find it too simplified ? Although industrial roots, your music, through his orchestration, seems to take his roots from the German or Japanese’s indus, isn’t it ?

Nous avons souvent entendu la comparaison avec NIN, on peut la comprendre, mais à titre personnel, nous ne considérons pas Trent Reznor comme une influence importante sur notre son, ou tout du moins, nous avons des influences beaucoup plus importantes, qui nous ont aidé à façonner notre son de façon beaucoup plus considérable. Nous avons tous les deux des goûts plutôt éclectiques en musique donc nos influences dans l’écriture sont assez larges. C’est probablement la raison pour laquelle, bien que nous écrivons tous les deux de la techno individuellement et que nous sommes souvent étiqueté comme un ensemble techno industriel, dans notre musique, on peut tout aussi bien entendre des influences issues du métal alternatif, de la musique classique indienne, de la synthpop, de la drum’n’bass, du trip hop, du rock psychédélique ou de la musique minimale par exemple.

We’ve heard the NIN comparison quite a few times and can appreciate that but we personally don’t consider Trent Reznor a substantial influence on our sound, or at least there are way more important influences to us which have help shape our sound to a considerably larger degree. We both have a fairly eclectic taste in music and so our influences whilst writing music are equally broad. This is probably the reason why, despite both writing techno individually and often being labeled as an industrial techno outfit, in our music you can also hear just as much influence from alternative metal, indian classical music, synthpop, drum and bass, trip hop, psychedelic rock or minimalism for example.

Vicarious Memories est un album d’un registre totalement inédit, à la fois addictif et oppressant. Dans quel conditions l’avez-vous enregistrez ?
Vicarious Memories is an album with a completely new mood, both addictive and oppressive. In which circumstances did you record it?

L’album a été enregistré sur une période assez longue donc il n’y a pas eu l’influence continue d’une humeur ou d’une circonstance particulière. Certains morceaux sont même antérieurs au premier album. Par exemple, nous avions commencé “The Telepath” en 2009 puis le morceau avait été laissé de côté jusqu’à ce que nous décidions de le reprendre et de le terminer en ajoutant des voix au début de cette année. La moitié des morceaux existaient sous forme d’ébauches depuis plusieurs années (Glasir, Dendera Light, Liima 3AM) et d’autres ont été commencés plus récemment (Angkor, Sokotra, Hoh Xil).

The album was recorded over quite a large time span so there was no continuous influence from a particular mood or circumstance. Some songs existed even before the first album. For example “The Telepath” was started in 2009 and then shelved until we decided to rework it and finished it with vocals at the start of this year. Half of the songs started as sketches a few years ago (Glasir, Dendera Light, Liima 3AM) and some we started more recently (Angkor, Sokotra, Hoh Xil).

Vous apportez un grand soin aux textures, aux nappes, les beats étant parfois subsidiaires. Pour vous la musique c’est avant tout une question d’ambiance ?
Textures and layers are keys in your music, the beats are sometimes subsidiary. Music is, above all, question of atmosphere for you, isn’t it?

Ça dépend de comment vous le regardez. Comme nous avons tous les deux une éducation drum’n’bass, les fondations structurelles de nos morceaux sont généralement la batterie suivie par les lignes de basse, du moins d’un point de vue technique pour le mixage, et bien sûr, qui ne s’applique que pour les morceaux comprenant de la batterie. Mais l’écrasante majorité du temps que nous passons en studio est passée sur les détails mélodiques et les textures posées sur ces fondations. L’aspect drum’n’bass vient généralement très tôt dans le processus de composition et sert de cadre au sein duquel nous pouvons construire les composants mélodiques qui définissent réellement le morceau.

It depends from which perspective you look at it from. Both having drum and bass upbringings, the structural foundations of our Songs are actually normally the drums followed by the basslines, at least from a technical mix of view, obviously applying only to those songs which feature drums. But the overwhelmingly large majority of our time in the studio is spent on the melodic details and textures above those foundations. The drums and bass usually come very early on in the compositional process and act as a frame in which can built the melodic components which really define the song.

Les vocals ont une grande importance sur The telepath et Lima 3AM, pouvez-vous nous parlez du choix de vos collaborateurs ?
The vocals are very important on The telepath and Lima 3AM, can you tell us more about the choice of your collaborators ?

Ce sont tous les deux des artistes qui vivent à Berlin. On connaît Julia depuis un bon moment, c’est une superbe multi-instrumentaliste, une sorte de chanteuse folk expérimentale sous le nom de son projet Entertainment For The Braindead et produit une musique géniale avec ses “postcard series” sur sa page Bancamp et dont le prix minimal est fixé à 0, id est en téléchargement libre.

Ale Hop est une amie d’ami, on était spécifiquement à la recherche d’une voix féminine sud-américaine pour un idée que nous avions et l’interprétation qu’elle a trouvée était exactement ce dont nous avions besoin pour le morceau. C’est aussi une artiste solo et l’année dernière, elle a sorti un album solo dont le titre est Pangea.

They are both artists who live in Berlin. We’ve known Julia for quite some time – she is a superb multi instrumentalist, a sort of experimental folk singer under her project name Entertainment For The Braindead and has a lot of fantastic music in the form of her “postcard series” on her Bandcamp page which she has set to zero minimum price IE free download.

Ale Hop is a friend of a friend – we were searching specifically for a south american woman’s voice for the idea we had in mind and the performance she came up with was absolutely exactly what we needed for the track. She is also a solo artist and has an experimental album called Pangea which she released last year.

Hidden Hundred vous sert actuellement à sortir vos propres disques, pensez-vous un jour promouvoir d’autres artistes via votre label ?
With Hidden Hundred you currently edit your own releases, will you ever promote other artists through your label ?

Bien qu’il y ait beaucoup d’artistes avec lesquels nous aimerions travailler ou dont nous voudrions sortir la musique, nous avons conçu Hidden Hundred exclusivement comme un moyen de sortir notre propre musique. Étant tous les deux occupés avec These Hidden Hands, nos projets solos et nos autres obligations, s’occuper de Hidden Hundred est déjà un défi et une charge de travail suffisante sans ajouter d’autres artistes à notre catalogue. Donc, au moins pour le moment, c’est impossible.

Although there are lots of artists we would like to work with or release music from, we set up Hidden Hundred purely as a means to release our own music. Both being busy with These Hidden Hands, our solo projects and other obligations, running Hidden Hundred is already a large enough challenge and workload without adding more artists to the roster. So at least for now, it is not possible.

Tracklist

These Hidden Hands – Vicarious Memories (Hidden Hundred / 2016)

01. Glasir
02. Dendera Light
03. The Telepath feat. Julia Kotowski
04. SZ31X71
05. Grelles Licht
06. Angkor
07. Socotra
08. Lima 3AM feat. Ale Hop
09. Litla Dimun
10. Hoh Xil

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Hz Monthly Mixtape – september 16 http://www.hartzine.com/hz-monthly-mixtape-september-16/ http://www.hartzine.com/hz-monthly-mixtape-september-16/#respond Thu, 08 Sep 2016 21:01:47 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48677

L’Hz Monthly Mixtape de rentrée, la rédaction a rendu ses devoirs de vacances. à télécharger ici ou écouter plus bas. […]

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L’Hz Monthly Mixtape de rentrée, la rédaction a rendu ses devoirs de vacances. à télécharger ici ou écouter plus bas.

Tracklist

01 – Clipping – Long Way Away (intro)
02 – Pye Corner Audio – Lost Ways
03 – Ela Orleans – You Go Through Me
04 – Slava – I’ve Got Feelings Too
05 – Dono Detti – Machanic Control
06 – Rae Sremmurd – Black Beatles (feat. Gucci Mane)
07 – Giraffage – Hello
08 – Anna Homler and Steve Moshier – Ee Chê
09 – Edmony Krater, Zepiss – Sonjé pa pléré
10 – Martin Dupont – Inside Out
11 – Las Kellis – Sugar beat
12 – His Clancyness – Isolation Culture
13 – Serpentwithfeet – Redemption
14 – Poets of the Machine – Arabs
15 – Claude Rodap – Tempete
16 – Crazy Gang – Every Sunday
17 – Experimental Products – Glowing In The Dark
18 – Dreamtrak – Odyssey, Pt. 2 (A. G. Cook Remix)
19 – Susumu Hirasawa – Archetype Engine
20 – My Disco – Our decade (Regis Mix)
21 – Nick Klein – Christian Rock Concert
22 – VIOLENCE – Psycud
23 – Soda Plains – Destroyment
24 – These Hidden Hands – SZ31X71
25 – Coàgul – Un Barri Sec

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Chris Cohen – As If Apart http://www.hartzine.com/chris-cohen-as-if-apart/ http://www.hartzine.com/chris-cohen-as-if-apart/#respond Thu, 08 Sep 2016 10:00:57 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48671

Chris Cohen est un talentueux garçon qui s’est à chaque fois faufilé à travers des groupes à la carrure expérimentale […]

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Chris Cohen est un talentueux garçon qui s’est à chaque fois faufilé à travers des groupes à la carrure expérimentale – les Curtains et Cryptacize – tout en gardant en mire la lumineuse exposition des généreux Deerhoof ou de l’excité Ariel Pink, entre autres. Ses camarades déposés sur le bas-côté, Cohen décida d’en découdre seul : un premier album sorti sur Captured Tracks, le label de – faut-il le rappeler – le facétieux Mike Sniper de l’excellent groupe Blank Dogs, puis un second, en mai dernier, façonnant sans détours une sélection de chansons à la valeur profondément reposée.

Car Chris Cohen est un fieffé coquin : il glisse sans prévenir d’énormes épreuves de décontraction, d’une voix qui semble provenir de l’âme de ceux qu’une sèche bourrasque ne saurait pas même bousculer. L’artiste apprécie cette posture tranquille, à sensiblement prononcer chaque mesure comme l’on lancerait un défi d’une manière purement gratuite, pour le plaisir du sublime : il s’assoit donc sur cette voix d’une douceur presque absente – les yeux loin dans le vague, l’esprit mis en veille vers l’infini – pour soutenir avec la plus artisanale des langueurs une instrumentation possédant sans en douter l’évidence de l’absolu détachement.

Comment assurer une relâche aussi mollement efficace que Needle & Thread ? C’est assurément compliqué. Et même lorsque le gredin s’agite un brin au milieu du morceau, on aurait l’impression qu’il s’extrait difficilement de son lit entre deux larges sessions de douce léthargie. Chris Cohen passe donc pour une personne apaisant la vigilance sans mauvaise pensée : c’est une espèce de bulle de lumière qui de manière assez subtile contient une masse de bons conseils signifiant bien plus qu’une simple suite de ritournelles sans vie. Le père Cohen passera enchanter ses suiveurs sur son surf d’argent dans les conditions du direct le 22 septembre prochain, avec une date au Point Éphémère en compagnie des merveilleux Evening Hymns. On y sera !

Audio

Chris Cohen – Needle and Thread

Video

Chris Cohen – As if Apart

Tracklist

Chris Cohen – As if Apart (Captured Tracks, 06 mai 2016)

01. Torrey Pine
02. As If Apart
03. Drink From A Silver Cup
04. Memory
05. In A Fable
06. Needle And Thread
07. The Lender
08. Sun Has Gone Away
09. No Plan
10. Yesterdays On My Mind

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Potions – Throbbing Youth (PREMIERE) http://www.hartzine.com/potions-throbbing-youth-premiere/ http://www.hartzine.com/potions-throbbing-youth-premiere/#respond Thu, 08 Sep 2016 08:12:55 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48667

Rechercher l’espace à travers les machines, c’est la formule toute trouvée de Potions qui, sans crier gare, a sorti chez […]

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Rechercher l’espace à travers les machines, c’est la formule toute trouvée de Potions qui, sans crier gare, a sorti chez 100% Silk une sacrée bonne rasade de cyber dance. Sorte d’Alice In Wonderland au pleine Manufacturing Belt, Tom Owens n’était ni en retard ni à l’heure quand il a décidé de partir à l’aventure armé de son Roland mais une chose est sûre, les fioles englouties comprenaient une sale dose d’acide. On ne sait toujours pas ce qu’il a bu pour en arriver là mais les mixtures de Potions configurent des structures carrées, cuboïdes si l’on s’en réfère à l’album Pushing The Cuboid d’où est tirée cette vidéo de Throbbing Youth, qui ont l’art et la manière d’instiguer un petit cataclysme disco syncopé et impactant. Pulsations et saccades bien senties sont administrées sur ses nappes ambiant et chaudes, d’où point également le synthé funky de Rob Frye qui s’invite (et fait bien) sur Goof Forward, titre au groove acéré et extatique. Les textures intergalactiques de Tom Owens, enregistrées sur un simple Tascam DR-40, réalisent un sans-faute à l’éclat scintillant, qui fera trouver sans aucun doute l’espace de danser sur ces machines.

Directed and edited by Jillian Musielak with animations by Sarah Mosk

Vidéo (PREMIERE)

Tracklist

Potions – Pushing The Cuboid (100% Silk, 18 mars 2016)

01. Cool Ride
02. Heel Lift
03. Rope Burn
04. Throbbing Youth
05. Goof Forward
06. Fog Clearing
07. Detroit Heart Strings
08. Space Mountain

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Virginia Wing – Forward Constant Motion http://www.hartzine.com/virginia-wing-forward-constant-motion/ http://www.hartzine.com/virginia-wing-forward-constant-motion/#comments Tue, 06 Sep 2016 13:42:39 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48656

Auteur d’un premier essai remarqué il y a deux ans, le plus que convaincant Mesures Of Joy, Virginia Wing, trio […]

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Auteur d’un premier essai remarqué il y a deux ans, le plus que convaincant Mesures Of Joy, Virginia Wing, trio (devenu duo) de Birmingham, revient aux affaires en cette rentrée musicale avec l’annonce de la sortie d’un second album, Forward Constant Motion à paraître chez Fire Records le 11 novembre prochain. Succédant à Rhonda,  étonnant EP dévoilé à l’occasion du Record Store Day qui avait poussé un peu plus loin les aspirations expérimentales de ces jeunes musiciens avec cependant le souci constant de ne jamais perdre de vue leur essence mélodique, base indispensable à tout créateur d’orfèvrerie pop, la livraison à venir démontre le souhait du groupe de sortir encore un peu plus des sentiers battus.

Si l’influence de Broadcast est toujours présente, les élans dream pop d’Alice Merida Richards et Sam Pillay, qui pourraient presque par moment leur donner le statut de Fear Of Men à mouvance électronique, sont alimentés par une volonté constante de repousser les limites de la simplicité afin de donner plus de profondeur au propos. Le fantôme de Laurie Anderson vient d’ailleurs bien souvent brouiller les cartes, comme sur cet entrainant ESP Offline, morceau dévoilé en exclusivité sur hartzine.

Voici qui démontre une fois de plus l’éclectisme et le bon goût caractérisant Fire Records, label décidément phare en matière de (re)découvertes.

Audio

Virginia Wing – ESP Offline

Tracklist

Virginia Wing- Forward Constant Motion (11 novembre 2016, Fire Records)
01 Lily of Youth
02 ESP Offline
03 Mecca Cola
04 Grapefruit
05 Miserable World
06 Andalucia
07 Sonia & Claudette
08 Local Loop
09 Be Contained
10 Permaboss
11 Hammer A Nail
12 Move On
13 Baton
14 Future Body

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On y était: Plutominium au festival Visions 2016 http://www.hartzine.com/plutominium-a-visions/ http://www.hartzine.com/plutominium-a-visions/#respond Tue, 06 Sep 2016 09:55:53 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48654

On y était : Plutominium au festival Visions 2016 Il se passe de bien belles choses sur Plutominium, cette étrange […]

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On y était : Plutominium au festival Visions 2016

Il se passe de bien belles choses sur Plutominium, cette étrange planète microscopique dans laquelle évoluent deux amibes esseulées : une grande gigasse désarticulée et facétieuse face à un mastodonte musculeux et incommode. Les deux protozoaires se rencontrent et se tournent autour, s’engagent dans une lutte assassine pour finir progressivement par se rapprocher et fusionner. Le fruit de cette hybridation donne naissance à un nouvel être unicellulaire baignant dans une totale plénitude…

Touché par la grâce divine (que Dieu les assiste), ce spectacle déborde d’inventivité. Là ou certains projets artistiques DIY ont souvent trait au trivial, au sordide et à l’humour grinçant, cette œuvre lumineuse montre un tout autre penchant. La désespérance de nos artistes lo-fi suinte par tous les pores faisant la part belle au cynisme ou à l’humeur de potence mais cette œuvre s’en distingue par son esthétique renouvelée. Ce spectacle s’adresse à tous les publics en dépit de son apparente naïveté et nous émeut avec la même immédiateté. Qu’importe la destination, nous retrouvons aussi aisément la cosmogonie fantaisiste de Gregaldur et d’Olivier Gonnet (Mimi Kawouin).

La musique de Plutominium est composée par Gregaldur qui, pour info « flash de dernière minute », a décidé de s’éclipser pour laisser place à un tout nouveau projet. Gregaldur s’efface au profit de « Héron Cendré » mais ces pseudos ne font qu’un car, tout un chacun peut pertinemment savoir qui se cache derrière ces différents avatars. La musique de Grhéronldur est reconnaissable entre mille projets « lo-fi-foutraques-jt’enfoutrais-moi-pouet-pouet-t’as-vu-ma-quéquette ». Elle a cet incroyable pouvoir qui est de nous faire passer par diverses strates d’émotions: de la totale régression à la profonde mélancolie pour finir dans la surexcitation la plus totale à l’écoute des morceaux hystériques cyber techno qu’il balance l’instant d’après. La mélancolie triomphe cependant car, quoi que nous fassions, elle nous saisit à la gorge sans nous puissions en contrôler ses effets. Ses petites comptines purement instrumentales aux cliquetis et tintements sonores subtils ont la particularité de nous y mener bien bien profondément.

Pendant le spectacle, qui se crée sous nos yeux ébahis et devant nos faces d’abrutis, Gregaldur s’engage physiquement dans des moments de pure folie qui viennent accompagner la narration. Il s’agite de toutes parts en faisant osciller un thérémine au moyen de ses faux bras géants incorporés à son costume de mutant. Olivier, quant à lui, projette ses ombres chinoises captées au moyen de différentes webcams sur un grand écran. En bon magicien occulte, il manipule ses différentes silhouettes confectionnées, qu’il dispose sur un support plane et les articule dans tous les sens afin de leur donner vie sur la toile projetée. Les images qui en découlent sont d’une troublante beauté, tantôt en noir et blanc tantôt floutées et quelques fois colorisées. Il est tout aussi admirable de regarder les images qu’il nous donne à voir que de l’observer en train de les créer.

C’est une création in situ qui se doit d’être synchronisée et bien articulée et nous sommes tout à la fois fascinés par le spectacle que par le dispositif déployé. L’économie de moyens favorise le déploiement de l’inventivité et de tous les concerts spectacles et performances auxquels il m’ait été donné d’assister, je placerais Plutominium au firmament des œuvres poétiques contemporaines bien gaulées.

Trailer

plutomi

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MIXTAPE : Home made 04 by Aki http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-04-by-aki/ http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-04-by-aki/#respond Fri, 26 Aug 2016 13:44:57 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48640

Quatrième mixtape de notre série Home made spéciale sélections de tracks hip-hop. 01 – Shyheim – Here Come The Hits […]

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Quatrième mixtape de notre série Home made spéciale sélections de tracks hip-hop.

01 – Shyheim – Here Come The Hits
02 – Mobb Deep – Get Away
03 – Black Sheep – Grew up
04 – Das EFX – Set it OFF
05 – kidz in the hall -Black out(feat.. DJ G.I Joe)
06 – C-Rayz Walz – Walk Through (Feat. Rob Sonic)
07 – Boosie Badazz – Window Of My Eyes
08 – Blue Sky Black Death & Jean Grae – Strikes
09 – Anti Pop Consortium – 9.99
10 – Jedi Mind Tricks – Omnicron (feat. Apathy The Alien Tongue & The Sun Pharaoh)
11 – Ill Bill – Overkill
12 – Leak Bros. – Waterworld
13 – DJ Muggs VS GZA – Unprotected Pieces
14 – Necro – Beautiful Music For You To Die For
15 – Bleubird – Drunk on movement
16 – Dabrye – The stand
17 – K-The-I ??? – Marathon man (feat. Thavius Beck)
18 – ONYX – Raze it up

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Rhyton – Redshift http://www.hartzine.com/rhyton-redshift/ http://www.hartzine.com/rhyton-redshift/#respond Fri, 26 Aug 2016 09:01:49 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48631

Producteur des Doors à leurs débuts, Paul Rothchild interdit en 1967 à Robbie Krueger d’utiliser sa pédale wah-wah, réussissant par […]

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Producteur des Doors à leurs débuts, Paul Rothchild interdit en 1967 à Robbie Krueger d’utiliser sa pédale wah-wah, réussissant par là à extraire le groupe de ses influences comme Hendrix et le rendant aussi identifiable qu’intemporel. À l’identique, et faisant défaut à la tendance contemporaine au psychédélisme noise, Rhyton a pris le parti de mesurer ses effets pour revenir à un rock psychédélique détaché des excès de saturation et de réverb. Il s’éloigne ainsi de ses quatre efforts précédents perdus entre Ty Segall et Beak>, et lorgne même du côté de tropes comme la country et la folk, américaine ou européenne.

S’enfermant dans un quasi mutisme qui fait la part belle à l’instrumentation, le trio de Brooklyn se présente avec The Nine et sa cascade de cymbales, ses breaks coulés à même la matière sonore, son jeu de cordes inspiré de la musique traditionnelle grecque et soutenu par quelques effets discrets et éphémères avant d’être dilué dans un blues méditerranéen fluide et exalté par des percus à peau de chèvre. Cette esthétique entre l’expérimentation et la folk se poursuivra sur le morceau suivant, Redshift, lancé sur une musique country, des vocales nasillardes aux cordes hillbilly avant d’évoluer vers la moitié du titre — qui dure près de neuf minutes — et de se laisser aspirer dans une éruption expérimentale inattendue partagée entre psychédélisme saturé et recherches électroniques.

S’inscrivant dans une relecture contemporaine et expérimentale des arcanes du rock à l’aune d’un psychédélisme mondialisé, la formation new-yorkaise ne se satisfait pas des seuls parangons folks cités plus haut mais aligne aussi les références au jazz — D.D. Damage finira presque par prendre des airs de chorus pour guitare et orgue improvisés — et au blues sans y rester cloisonné. Concentric Village est à cet égard un beau blues au contraste opportun, entre mélodie liquide sur fond d’accords réverbérés et ligne de basse aride, composant un paysage sans géologie ni géographie identifiables puis cédant à End of Ambivalence le terrain d’un blues moins rural, rythmé comme une virée en caisse nocturne dans une métropole striée d’éclairages urbains. C’est les États-Unis du Melting Pot, du multiculturalisme et des traditions assimilées, traduisant une richesse presque politique à l’aube d’élections où le rejet et le repli font campagne pour le pire.

Audio

Rhyton – End of Ambivalence

Vidéo

Rhyton – D.D. Damage

Tracklist

Rhyton – Redshift (22 juillet 2016, Thrill Jockey)
01. The_Nine
02. Redshift
03. Concentric Village
04. End of Ambivalence
05. D.D. Damage
06. Turn to Stone
07. The Variety Playhouse

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Focus Berlin Atonal: Interview Silent Servant http://www.hartzine.com/focus-berlin-atonal-interview-silent-servant/ http://www.hartzine.com/focus-berlin-atonal-interview-silent-servant/#respond Fri, 26 Aug 2016 08:20:34 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48627

De tous les artistes que l’on aura tenté d’interviewer, Silent Servant nous paraissait certainement le plus inaccessible. L’artiste angeleno ayant […]

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De tous les artistes que l’on aura tenté d’interviewer, Silent Servant nous paraissait certainement le plus inaccessible. L’artiste angeleno ayant la réputation de se montrer discret et rare en interview, on ne voyait pas bien comment approcher le musicien célèbre pour son univers âpre et sa culture indus et post-punk. A notre grand étonnement la demande sera inverse, l’homme présent au festival Berlin Atonal pour un ultime showcase dédié au feu label Jealous God en profite pour se confier. Une page qui se tourne ! Et Juan Mendez est bien décidé de nous expliquer le pourquoi du comment… Enfin tout en gardant une part de mystère !

Salut, Juan ! À la base, Jealous God est un projet que tu as monté avec Karl O’Connor et James Ruskin, mais finalement tu sembles être le seul aux commandes, pourquoi ?
Hi, Juan! Initially, Jealous God is a project that you have created with Karl O’Connor and James Ruskin, but in fact you seem to be the only one in control, why ?

Les choses se sont montées de cette façon. James et Karl étaient tout deux occupés avec leurs labels respectifs ( James / Blueprint ) et ( Karl / Downwards ) donc j’ai pris en main les opérations et adapté au fur et à mesure.

Things just worked out way. Both James and Karl are busy with Their respective labels (James / Blueprint) and (Karl / Downwards) so I just took over operations and update things as they happen.

Quelle était l’idée derrière ce label ? Il y avait un concept musical, mais aussi esthétique n’est-ce pas ?
What was the idea behind this label ? It was a musical concept, and also aesthetics, is’nt it?

À la base, l’idée c’était la couleur. Progresser du noir vers le blanc. Puis le concept a commencé à tourner autour d’une expérience relative. Laisser les gens raconter leur expérience créative à travers leur support préféré.

Basically the idea was color. Move forward from black and white. Conceptually it has become about relative experience. Letting people narrate their creative experience in their desired medium.

D’où vient ce nom ? Jealous God !
Where does this name come from ? Jealous God !

Demande à Karl O’Connor ;)

Ask Karl O’Connor ;)

Comment choisis-tu les artistes avec qui tu souhaites travailler ?
How do you choose the artists you want to work with ?

À la base, tous les intervenants m’ont inspiré de différentes façons : film, vidéo, musique et photographie. Pour l’essentiel, je veux juste transmettre ce genre d’expérience visuelle ou auditive à un large public ou à un public différent. Je me sens très honoré que les artistes impliqués m’aient permis de présenter leur travail.

Basically everyone involved has inspired me in different ways: film, video, music and photography. I basically just want to pass the visual or auditory experience to a larger audience or different audience. I feel very honored that the artists involved have all allowed me to showcase their work.

Pourquoi chaque sortie est accompagnée d’un CD mixé par un autre artiste, n’aurait-il pas été plus intéressant que chaque producteur continue de présenter son univers par un mix qui lui est propre ? En quoi était-ce plus important d’apporter une vision extérieure ?
Why a CD mixed by another artist is joined to each output, don’t you think that it would have been more interesting that each producer continues to present his world by a mix of its own ? Why was it important to provide an external view ?

Au départ, je voulais juste montrer que ces choses peuvent provenir d’endroits très divers. Je m’inspire constamment de personnes et de choses différentes donc, dans mon esprit, ces mixes donnaient un point de vue plus large. Je voulais que les choses paraissent variées et un peu aléatoires, pas destinées à un regard singulier.

Initially I just wanted to show that these things can come from a very diverse place. I am constantly inspired by different people and different things so these mixes just gave a wider point of view in my mind. I wanted things to feel diverse and a bit random they were not always intended to have singular view.

C’est maintenant officiel, Jealous God c’est fini. Pourquoi ce choix ?
It is now official, Jealous God is over. Why ?

Personnellement, il est temps d’avancer. Je me suis senti super chanceux d’avoir été en mesure de faire ce qu’on a accompli. C’est une petite empreinte dans l’univers mais heureusement on laisse quand même une marque bien visible. La musique peut faire beaucoup de choses, mais ce sont ces choses qui ont compté pour moi. Lorsque les derniers enregistrements sortiront, le label aura terminé sont travail je pense.

Personally it is time move on. I felt super fortunate that we have been able to do what we are doing. It is very small in grand scheme of things but hopefully we leave a visual point of view. Music can do many things but these are the things that have mattered to me. When the remaining records come out the label will have done it’s job in my opinion.

Tu es assez rare en interview, pourtant, on dirait qu’il était important pour toi d’expliquer pourquoi tu mettais fin à Jealous God. Pourquoi?
You are quite rare on interview, yet it seems that it was important for you to explain why you put an end to Jealous God. Why?

Ce n’était pas vraiment mon intention, c’est ce que les gens choisissent de raconter.

That was not really the intention it’s just what people chose to talk about.

Tu seras dans quelques jours au Festival Berlin Atonal pour un dernier showcase qui marquera définitivement la fin de Jealous God. Comment s’est mis en place cet évènement ? Que représente pour toi le Berlin Atonal ?
You will be in Berlin Atonal Festival in a few days for a final showcase that will definitively mark the end of Jealous God. How will this event  be set up ? What means the Berlin Atonal for you ?

Le showcase était quelque chose que je voulais faire d’une certaine façon et Atonal nous a permis de le faire. L’installation dans son ensemble sert pour l’essentiel à faire l’expérience du label en temps réel, des visuels aux artistes, pour le meilleur ou pour le pire. Pour moi, Atonal est une manière de montrer une sorte de progrès. Ces choses sont toutes relatives, mais nous espérons que les gens les aimeront et de là nous pourrons passer à l’étape suivante.

The showcase was something I wanted to do a certain way and Atonal allowed us to do it. The whole set up is basically to experience the label in real time from the visuals to the artists, for better or worse. Atonal for me is about showing some kind of progress. These things are all relative but hopefully people can enjoy them and we can move on to the next step from here.

La fin de Jealous God, c’est un peu la fin d’une époque j’imagine, un peu comme ça le fut avec Sandwell District, non ? Quels rapports entretiens-tu avec tes anciens camarades Peter Sutton et David Sumner ? Vous reverra-t-on un jour collaborer de nouveau ?
The end of Jealous God, it’s a bit the end of an era I guess, a bit like with Sandwell District, right ? What connections do you still have with your old friends Peter Sutton and David Sumner ? Will we ever see you work together again ?

Le temps passe et je garde avec moi le meilleur de ces expériences. On travaille tous sur quelque chose de mieux pour nous-mêmes, et peut-être que dans quelques temps nous retravaillerons ensemble, mais pour le moment nous laissons simplement les choses en l’état.

Things pass and I have taken the best of these experiences with everyone to heart. Everyone is working towards something better for themselves and maybe in time we will come back together but for the time being we just leave laying dogs as they are.

On te sait grand fan de coldwave, de post-punk, de musique industrielle… Musique que tu as remise au goût du jour au sein de Tropic of Cancer ou aux côtés de Karl O’Connor dans le reboot de Sandra Electronics… En dehors de tes activités de producteur et DJ techno, n’as-tu jamais eu envie de revenir aux origines de ces musiques, en créant ton propre groupe par exemple ?
We know you’re a big fan of coldwave, post-punk, industrial music… Music that you put back on trends in Tropic of Cancer or alongside Karl O’Connor in the reboot of Electronics Sandra… Apart of your activities of producers and techno DJ, have you ever wanted to return to the origins of this music by creating your own group, for example.

Tous ces genres ont façonné ce que je fais, mais vous devez aller de l’avant et laisser les choses se développer naturellement. Je suis un DJ, à la fin de la journée, je me rends compte que c’est là où je me sens le plus à l’aise.

All of those things have shaped what I do but you have to move on and let things develop as they may. I am a DJ at the end of the day I am realizing that is where I feel most comfortable.

Quels sont tes projets futurs, pour les mois à venir ?
What are your future projects for the upcoming months?

C’est ce que j’essaie de savoir à l’heure actuelle.

That’s what I’m trying to figure out at the moment.

Vidéo

Silent Servant 60 min Boiler Room Berlin DJ Set

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Pardans – Moonlit Bags Of Meat http://www.hartzine.com/pardans-moonlit-bags-of-meat/ http://www.hartzine.com/pardans-moonlit-bags-of-meat/#respond Mon, 22 Aug 2016 14:56:07 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48617

La no wave est née du dénis des influences, celle de la new wave d’abord dont elle tire son nom, […]

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La no wave est née du dénis des influences, celle de la new wave d’abord dont elle tire son nom, celle du punk ensuite et sa récupération des carcans rock. De la non-musique dans son sens traditionnel, voilà ce que, à la fin des années 70, faisait découvrir la no wave avec ses dissonances, ses expérimentations cacophoniques et bruitistes. Expression de l’intellect vers et pour le corps, parcourant la trame d’une musicalité atonale, la no wave agit comme un réflexe extenseur chez le toubib, guettant la réaction physique provoquée par des combinaisons allant de l’orchestration dissonante à l’improvisation aléatoire, sans chorus pour soutenir.

Apparentés au punk autant qu’à la no wave, les Danois de Pardans ont hérité de cette esthétique protéiforme, cherchant la structure sans jamais la définir, affleurant d’autres styles — jazz, blues, ska, drone — sans jamais les percuter. L’exercice est puissant et physique, en témoigne le clip Moonlit Bags Of Meat en avant-première ci-dessous où guitare, batterie, basse, violon, sax et voix s’entrechoquent entre douleur, extase et projections de sueur dans une frénésie complice et précoce, de celles qui ont contribué à faire la réputation scénique de groupes comme XTC avant leur virage commercial.

Heaven, Treason, Women est le premier album du jeune groupe originaire de Copenhague, ville déjà riche en formations punks, mais on sent derrière la juvénilité du projet une assurance totalement libérée et portée par un désir d’expérimentation. Le premier des huit morceaux ouvre sur une basse épisodique et dramatique prête à lancer son gimmick, rapidement rejointe par une bousculade de breaks aux cymbales explosives et les trémolos d’un violon triste, avant de laisser le sax accompagner de ses plaintes une voix grave et théâtrale qui résonnera jusqu’à la brutale cacophonie unissant tous les instruments pour quelques secondes d’éruption sonore. La tempête s’apaisera deux minutes avant de réveiller le volcan, à nouveau, pour conclure sur une session de punk hardcore.

Le ton est donné d’un album à l’expressivité sublime qui ne cessera de slalomer entre les approches et les ambiances, offrant de belles séquences inattendues comme cette mélancolique harmonie violon/sax à la fin d’Over The Alps, Into Milan ou cette interminable intro progressive et dissonante à Under The Sun, Under Your Dress, comme si Glenn Branca et Stephen O’Malley se battaient pour la même pédale overdrive. Entre urgence et apathie, la voix chante à peine, s’exclame, déclame, traîne ses glissements et sa douleur sifflante de baryton, accroche par son timbre et des lyrics brefs, collés bout à bout comme une prose hachée de points virgules. Expérience à vivre en live, les intéressés pourront prendre l’occasion de parfaire leur opinion le 30 octobre prochain au Klub à Paris.

Avant-première

Pardans – Moonlit Bags Of Meat

Tracklist

Pardans – Heaven, Treason, Women (17 septembre 2016, Third Coming Records)
1. Let Darkness Descend
2. Moonlit Bags Of Meat
3. Over The Alps, Into Milan
4. Blow Me (Some More Wind In My Sails)
5. Under The Sun, Under Your Dress
6. Eurostar
7. Her, The Money, The Heels
8. Roared With Delight (Digital Bonus Track)

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On y était :Festival Visions 2016 http://www.hartzine.com/festival-visions-2016/ http://www.hartzine.com/festival-visions-2016/#respond Fri, 19 Aug 2016 10:50:00 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48559

On y était :Festival Visions 2016, Fort de Bertheaume, 5-6-7 aout 2016 Au départ, une bande de malfaiteurs basé à […]

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On y était :Festival Visions 2016, Fort de Bertheaume, 5-6-7 aout 2016

Au départ, une bande de malfaiteurs basé à Rennes qui opérent sous le nom de « Disques anonymes » et défendent la scène Indé dans le Grand Ouest (ils ne sont pas les seuls, est-il besoin de préciser que c’est une spécialité locale), à l’arrivée, un Festival entre rock, noise, Techno, ambient-electronica voire Italo disco pour les meilleurs pioches dancefloor, le tout dans une ambiance de camp de vacances en bord de Mer du côté de Brest.
Gros Flash visuel sur le site le premier soir, le Fort de Bertheaume surplombant la mer tandis qu’un paysage tout juste grandiose s’affiche derrière la scène principale. Démarrage slow motion avec les Yéti Lane (lire) et leur pop lysergique tandis que la pelouse en gradin se remplit petit à petit une fois que les festivaliers ont pu planter leur tente dans le camping gratuit avoisinant. La bonne surprise de la soirée viendra de The Oscillation (lire), le band anglais signé sur DC Recordings est un pur moment de plaisir auditif – tribalisme krautrock, drone et guitares envoutantes, c’est un bon début de voyage dans le pyché rock. Petit tour sur la scène 2 et là, autre bonne surprise le live d’Inc Cloud Inc. tout en montées subtiles en un mot convaincant, le reste de la scène 2 sera plus énervée au fur et à mesure de la soirée et c’est un peu l’écueil principal de cette première nuit où l’on attend toujours un son un peu plus festif qui hélas ne viendra jamais, même si la performance de Dopplerefekt reste d’excellente facture-on ne peut pas dire que la funkyness soit réellement au rendez-vous, peu importe l’ambiance semble réjouir les festivaliers qui ne lâchent pas l’affaire, nous, on part faire un tour au stand de vinyles avant de regagner nos tentes pour un after en petit comité.

Feminielli
Day 2, le soleil est au rendez-vous et l’ambiance bat son plein sur la plage et les criques avoisinantes–on se croirait sous les Tropiques, c’est la cool vibration de cette édition de Visions. Retour sur le site en fin de journée après un après-midi de baignade et de chill ou l’on prêt à danser sur l’excellent live de Black Devil Disco Club, Bernard Fèvre (lire) n’a rien perdu de sa splendeur discoïde et nous régale. A sa suite, Bernardino Feminielli (lire) se cherche un peu malgré une scénographie aussi décalée que son look de dirty angel-hélas son set est trop court (45mn) et on reste sur notre faim. Rien Virgule porte bien son nom, on bouge de là comme dirait MC Solar pour aller faire un tour sur l’autre scène et rejoindre les copains. Shift Wife et le reste de la prog sont du genre super énervé, pas vraiment du genre à faire onduler son corps, on décide donc de passer notre tour.
Le dimanche démarre sous des auspices plutôt nuageux, c’est le propre du temps océanique, qu’importe, le Duo nantais The Brain est là pour mettre l’ambiance avec une sélection débridée sur la grande scène suivi de l’excellent Live de La Honte, qui n’a rien d’honteux et met tout le monde d’accord avec sa version française de Purple rain. Comme toujours le 3é jour d’un Festival, l’ensemble du public est dans un état second entre montées et redescente, joli moment de grâce avec le Comte pour un pur moment d’apesanteur face à la Mer-volutes synthétiques, nappes oniriques, on décolle ou on atterrit c’est selon mais en tout cas, on est totalement conquis.

BlackDevil
Idem pour Itola Disco, dans un tout autre registre le niçois fait danser les festivaliers dominicaux et redonne un coup de pêche. Détour au stand Food pour déguster les spécialités locales avec de bons produits bios arrosé de Coreff la bière finistérienne qui va bien. On repart danser sur le set de December, nettement plus électro-wave et qui a lui aussi un petit goût de trop court, qu’à cela ne tienne, on reste scotché sur le dancefloor ce soir là car c’est le dernier soir et qu’on a envie de tout donner de bons lives techno suivront derrière des visuels assez perchés. Au final, un Festival foncièrement alternatif qui commence apprendre du galon avec cette 4é édition, on regrettera seulement le manque de parti pris festif –les Djs n’ayant peut-être pas eu une place suffisante en dépit du capital sympathie évident du public Breton pour le dancefloor.

par Tara King

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Regis Turner – Compte sur moi http://www.hartzine.com/regis-turner-compte-sur-moi/ http://www.hartzine.com/regis-turner-compte-sur-moi/#respond Fri, 19 Aug 2016 07:29:52 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48602

Par Nastasia Hadjadji L’air du temps est à la chanson en français. Qu’elle soit dégénérée ou souterraine, c’est de plus […]

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Par Nastasia Hadjadji

L’air du temps est à la chanson en français. Qu’elle soit dégénérée ou souterraine, c’est de plus en plus dans la langue de Molière que se chantent les romances, le désœuvrement, les pulsions destructrices, chimiques ou éthanolées. Nettement moins estampillé Lexomil qu’un Noir Boy Georges ou qu’un Colombey, Regis Turner fait plutôt partie de ces garçons que l’on dirait doux et nonchalant, voire franchement sympathique.

On l’imagine bien nous raconter ses romances lycéennes, lorsque du fond de la classe il laissait ses yeux s’abîmer dans la nuque de sa voisine de devant. On serait assis dans sa Fiat Panda, sur l’autoroute entre Clermont-Ferrand, Lyon et Metz – les ports d’attache respectifs des labels Indian Redhead, AB Records et Le Syndicat des Scorpions. C’est sur ces dernier que sortira en septembre son premier LP Compte sur Moi.

Musique d’autoradio, musique d’Autobahn, musique autoproduite, Regis Turner c’est le sensible sans trop de sale. La tendresse chantée sur des bandes son bricolées. Le résultat de cet assemblage donne parfois (on pourrait même dire accidentellement) des tubes. Ainsi, le premier extrait de son LP à venir Quand tu es loin de moi est une parfaite balade lo-fi pour mélancolie estivale. Minimalisme sonore (un synthé, une boîte-à-rythme et une pédale de loop tout au plus) et paroles « Coeur Grenadine » (mais avec cette sincérité touchante que l’on retrouve tout au long de l’album), on se prend à garder en tête le refrain somme toute simplissime mais pourtant efficace « Est-ce que tu penses à moi ? Quand tu es loin de moi – Moi je pense à toi – Quand tu es loin de moi. »

Régis Turner chante des comptines, entre son craspouille et romance, et dans cette même veine du « trop mignon » on retient également la chansonnette Les Cours de maths : sorte de poème en quatrain d’un émoi collégien. Super joli et en même temps stimulant : on peut à la fois s’attendrir et danser, peut-être est-ce dans cela que réside la valeur ajoutée de ce chanteur en français.

Audio

Regis Turner – Quand tu es loin de moi

Tracklist

Regis Turner – Compte sur Moi (septembre 2016, Le Syndicat Des Scorpions)
A1 – Fete Nat
A2 – Les cours de maths
A3 – GSM
A4 – Je ne t’oublierai jamais
A5 – Quand tu es loin de moi
B1 – Trop Fort Intérieur
B2 – When I See You
B3 – Compte Sur Moi
B4 – Trop Pas
B5 – Dans La Fiat Panda

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mixtape : homemade03 by Madame Claude http://www.hartzine.com/mixtape-homemade03-by-madame-claude/ http://www.hartzine.com/mixtape-homemade03-by-madame-claude/#respond Thu, 18 Aug 2016 14:51:56 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48600

l’été est propice aux retrouvailles. Troisième mixtape maison pour prendre l’apéro sans le bas. 1. Eedie & Eddie And The […]

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l’été est propice aux retrouvailles. Troisième mixtape maison pour prendre l’apéro sans le bas.

1. Eedie & Eddie And The Reggaebots (Peter S. Langston) – Some Velvet Morning (1986 – Computing Systems Quarterly Vol. 3  )
2. Mark Murphy – Come Gate Me – (1961 – Riverside Records)
3. Jeri Rossi – It’s  A Man’s Man’s World (1981 – Local Anesthetic Records)
4. The Legend Lady J – I Need A Real Man! (1996 – O.B. Records)
5. Voices – Marble (1985 – Contempo Records)
6. T.J. Hustler, Metaphysical Synthesized Orchestra ‎- The Individual You (1979 – SMOA Productions)
7. Max ‘N Specs ‎– Don’t Come Stoned And Don’t Tell Trude (1981 – CNR)
8. Philippe Chany ‎–  Cairo Connection (1983 – Polydor)
9. R.D.Burman – Dil Lena Khel Hai Dildar Ka (1981 – Music India)
10. Patrick Cowley –  Sea Hunt (1981- Magatone Records)
11. Decadance ‎– On And On (Fears Keep On) (Proto Records – 1983)
12. Orange Juice ‎– Rip It Up (Polydor – 1983)
13. Tommy Mandel – Allow Me (To Destroy You) (Songshop Records – 1981)

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FOCUS BERLIN ATONAL : PRÉSENTATION FESTIVAL + CONCOURS http://www.hartzine.com/focus-berlin-atonal-presentation-festival/ http://www.hartzine.com/focus-berlin-atonal-presentation-festival/#respond Thu, 18 Aug 2016 09:40:47 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48567

On vous en parle depuis un petit moment et c’est peu de le dire qu’on est impatient. Dans quelques jours […]

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On vous en parle depuis un petit moment et c’est peu de le dire qu’on est impatient. Dans quelques jours s’ouvrira la nouvelle édition du cultisme Berlin Atonal. Pour revenir aux origines de ce festival mythique, il faut faire un petit voyage dans le temps et revenir en 1982. A l’époque  un certain Dimitri Hegemann eu l’idée de faire côtoyer musique avant-gardiste et performances visuels en investissant  le SO36, petit club implanté en plein Kreuzberg, Berlin Atonal était né. Avec un certain succès le festival vit délier des pointures tel que Die Haut, Einstürzende Neubauten ou encore Test Dept. Mais après la chute du mur, Dimitri plus tourné vers l’émergence de la culture techno poursuivi ses nouvelles ambitions en investissant l’imposant bloc industriel ancré dans le quartier de Mitte, le Kraftwerk, et d’y installer son propre club : le Tresor. Il faudra attendre 2013 pour que Berlin Atonal renaisse de ses cendres à l’initiative de trois aventuriers (Laurens von Oswald, Harry Glass et Paulo Reachi) en manque de sensations et bien décidé à faire les choses en grand. Le temps leur aura donné raison car en à peine trois ans, cette nouvelle mouture du Festival est devenu un incontournable d’une certaine forme de contre-culture. Et cette année ne sera pas en reste puisque s’y produiront dans des configurations totalement inédites des artistes imparables tel que Death In Vegas, Russell Haswell, JK Flesh + ORPHX, Silent Servant + Phase Fatale, Roly Porter, Raime, Mika Vainio, Steve Reich… et d’autres artistes plus confidentiels mais néanmoins tout aussi talentueux tels que PITA, 51717, Nuel, Second Woman, Dot Product… On pourrait vous parler de line-up magique pendant des heures mais, on préfère laisser la main aux programmateurs, après c’est encore les plus à même de présenter leur événement.

Hello, votre festival fait carton plein ! Comment cous êtes-vous rencontrés et avez eu l’idée de relancer le festival Atonal ?
Hello! Your festival is absolutely nailing it. How did you guys meet and how did the idea of relaunching the festival come about ?

Nos routes se sont croisées autour de Dimitri Hegemann qui a organisé les premières éditions de Berlin Atonal entre 1982 et 1990. Dimitri nous a montré l’espace Kraftwerk en 2012, dont la rénovation vient d’être achevée, et nous avons eu l’idée de réintroduire Berlin Atonal.

Our paths crossed around Dimitri Hegemann, who organized the early editions of Berlin Atonal between 1982 and 1990. Dimitri showed us the Kraftwerk space in 2012 which he had recently finished to renovate and we came up with the idea to reintroduce Berlin Atonal.

Que représente pour vous cette nouvelle mouture d’Atonal? Comment expliquez-vous son succès face à ses concurrents européens ?
What does this relived Atonal represent for you and how can you explain its success against its European competitors ?

Nous prenons au sérieux notre rôle de facilitateur de nouvelles expériences et de nouveaux projets, à commencer par ceux en lien avec les espaces caractéristiques où évolue le festival. On s’efforce de briser les “cycles de booking” conventionnels généralement guidés par les dernières modes et ont tendance à recycler les mêmes concepts musicaux dans des villes différentes.

We take seriously our role as facilitators of new experiments and projects, particularly ones connected with the specific spaces in which the festival takes place. We try hard to break the normal ‘booking cycles’ that are usually dictated by the latest fashions and tend to recycle the same musical ideas in different cities.


Vous n’êtes pas tous de Berlin je crois, qu’est-ce qui vous plaît tant dans cette ville ? Berlin est devenu l’un des berceaux culturels de l’Europe au début des années 90 avec un nouveau pic d’engouement pour la culture techno depuis la fin des années 2000, mais avec le tourisme de masse ne trouvez-vous pas que le clubbing berlinois ait perdu un peu de son charme ?

I take it that you are not all from Berlin. What do you enjoy so much in this city that it keeps you there ? Berlin became one of Europe’s cultural cradles in the early ’90s, with a surge for techno music since the end of the ’00s – doesn’t mass tourism affect the charm of the Berlin scene ?

Berlin tire parti de la richesse culturelle offerte par n’importe quelle grande métropole, et reste fidèle à ses valeurs premières – donc sans perdre sa saveur. On peut faire une observation similaire à l’échelle de la scène musicale. Les oreilles plus curieuses se rassemblent autour de la scène, ce qui impacte la qualité de la recherche musicale présentée de manière exponentielle. La qualité de la vie et de la création reste la force et l’intention.

Berlin benefits from the cultural richness offered by any large metropolitan city, and still stays true to its essential values – that is, without losing its flavour. A similar observation is valid at the level of the music scene. More curious ears gather around the stage, which drives the quality of the musical research presented in an exponential manner. The quality of living and of the creation remain the force and intention.

En quoi le choix de vous implanter au Kraftwerk était-il important ?
How important was your choice to set your seed in the Kraftwerk ?

L’espace et le concept sont apparus ensemble dès le départ, chacun pointant vers l’autre et le justifiant. Le festival lui-même est plus qu’un simple espace, mais son lien avec une version plus abstraite du concept d’un « espace » est un facteur absolument déterminant.

The space and the concept came together originally, each one pointing to and justifying the other. Now the festival itself is more than just the space, but its connection to the concept of ‘space’ in a more abstract manner, is an absolutely defining factor.

berlin-atonal-2015-©-camille-blake-51-1000x768

Vous accordez une grande place aux visuels, ce qui est de plus en plus rare en club depuis quelques années, en quoi était-ce important ? La configuration particulière du bâtiment ne vous pose pas trop de contraintes ou est-ce pour vous au contraire un vrai terrain de jeu ?
You allow great importance to the visual world in your festival. How did this decision come about. Is the unusual configuration of the building something to work around, or rather an entire pleasure to play with?

Nous sommes convaincus que l’une des directions à suivre avec intérêt dans la musique se trouve à l’intersection entre la musique, la vision et l’espace – surtout pour la musique censée se vivre en live, dans un espace partagé avec d’autres personnes. Certaines de nos meilleures expériences ont fait intervenir le visuel ou d’autres aspects spatiaux.

We think strongly that one of the interesting directions in music to follow is the intersection between music and vision and space – particularly for music that is meant to be experienced live, in a shared space with other people. Some of our best musical experiences have also involved visual or other spatial aspects.

Vous offrez chaque année avec Atonal des projets musicaux complètement fou et totalement inédits. Comment s’organisent ces collaborations, à votre initiative où à celle des artistes ?

With Atonal, you offer each and every year crazy musical projects, that are in most part entirely exclusive or premiered during the festival. How do these projects come about ? Are they under your initiative, or that of the artists ?

Généralement, les projets sont le résultat d’une conversation ou d’un échange entre nous et les artistes. Parfois, on a une idée et on essaie de trouver quelqu’un pour la réaliser, parfois des artistes viennent à nous pour des idées et on collabore à trouver une façon de les développer ou les réaliser. Développer de nouvelles créations sur une période de temps plus importante est d’ordinaire plus gratifiant et a souvent pour conséquence finale des travaux mieux réussis.

Usually the projects come as a result of a conversation, or a back-and-forth between us and the artists. Sometimes we have an idea and try to find someone to realise it, sometimes artists come to us for ideas and we collaboratively come up with a way to develop or realise them. Developing new works over a longer period of time is usually so much more rewarding and tends to result in more successful works in the end.

Chaque année la programmation prend une tournure un peu plus élitiste, avec un goût prononcé pour l’expé, le post-indus et une Techno rêche avec la mise en avant de très gros artistes au côtés d’autres plus confidentiels. Comment se pose pour vous le choix des artistes de part vos influences musicales ?
Year after year, the program takes an ever more elitist turn, with a pronounced taste for experimental, post-industrial and raw forms of techno, putting forward famous talents next to more confidential ones. How do you lay down the choice of artists ?

On constate une certaine continuité dans les actions qu’on programme, de Steve Reich à JK Flesh en passant, d’Alessandro Cortini à Imaginary Softwoods. La ressemblance familiale tient à ce que tous ces artistes prennent au sérieux l’idée que la musique a une forme qu’on peut expérimenter et améliorer d’une certaine façon. Je pense qu’ils partagent aussi la croyance qu’il ne suffit pas pour la musique d’être choquant ou sujet à controverses, ou pour l’artiste de privilégier la compréhension de la musique sur la musique elle-même, c’est plutôt la musique qui a la responsabilité de se confronter à ses propres traditions et d’y répondre d’une façon à chaque fois plus novatrice et intéressante.

We see a certain continuity in the acts we programme, from Steve Reich to JK Flesh to Alessandro Cortini to Imaginary Softwoods. The familial resemblance in that all these artists take seriously the idea that music has a form that can be experimented with and advanced in a certain way. I think they also share a belief that it’s not enough for music to just be shocking or controversial, or for the artist to be more important to understanding the music than the music itself, rather that music has a responsibility to confront its own tradition and respond to it in an interesting, new way each time.

pro atonalEncore une fois cette année le planning est des plus alléchants, mais si vous ne deviez voir qu’un seul et unique show, lequel ne rateriez-vous sous aucun prétexte, et pourquoi ?
This year again, the program is more appetizing than ever, but if you had to choose only one show, which one wouldn’t you miss under any circumstance, and why ?

Nous sommes très fiers de pouvoir développer et accueillir l’avant-première du nouveau spectacle de Death in Vegas, spécialement monté. Il combine une nouvelle matière expérimentale qui résonne à travers les paysages sonores de la techno viscérale et des drones dissonants et perturbants. Le concept visuel a été développé en lien avec notre propre directeur visuel.

We are very proud to be able to develop and host the premiere of the specially conceived new Death in Vegas show. It combines new experimental material, resonating across the soundscapes of visceral techno and unsettling, discordant drones, and the visual concept has been developed in connection with our own lighting and visual director.

Concours

Et comme on est sympa et qu’on pense à nos lecteurs trainant du côté du Berlin où à ceux qui souhaiteraient finir leurs vacances en beauté, on vous offre 2 pass pour le festival à gagner. Pour remporter le précieux sésame, il vous suffit de nous écrire une jolie lettre d’amour à hartzine.concours@gmail.com sans oublier d’y noter votre nom, prénom et adresse e-mail ou de remplir le formulaire ci-dessous. Les gagnants seront tirés au sort dimanche 21 et informés le lendemain.

[contact-form-7 id= »21274″ title= »Concours post »]

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Qween Beat Presents: QWEENDOM http://www.hartzine.com/qween-beat-presents-qweendom/ http://www.hartzine.com/qween-beat-presents-qweendom/#respond Wed, 17 Aug 2016 14:38:59 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48554

Dans la vie, comme en musique, il faut toujours remercier les rares rencontres qui vous font découvrir tel ou tel […]

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Dans la vie, comme en musique, il faut toujours remercier les rares rencontres qui vous font découvrir tel ou tel pan d’un univers inexploré. C’est avec ce genre de rencontre que j’ai plongé les deux pieds liés dans la Vogue Music dont je n’avais qu’une vague idée de la vivacité.
Ce qu’il y a de fascinant dans ce courant musical, ça n’est pas tant  qu’il a produit tout un mode de vie et d’organisation particulière (les « ballroom » et les « familles », des fêtes codées avec des danses codées où l’idée de performer son genre, son identité est maitre mot, qu’il a survécu à un presque-assassinat en règle de la part de Madonna, ou encore qu’il est un des rares lieux où les questions de racisations se sont posées dès les années 80 et ne l’ont jamais quitté. Mais c’est sans doute parce qu’il tient peu ou proue en trois morceaux qui se sont disséminés et multipliés quasiment à l’infini. A savoir : Le Ha Dance de Master at Works, le Witch Doctor d’Armand Van Helden, et le Cunty de Kevin Aviance.
On pourrait enfin  citer pour la Vogue d’aujourd’hui la sainte trinité Beyoncé, Rihanna, Nicki Minaj et une relecture convaincante de chanteuses R’n’B qu’on affectionne beaucoup, Sade ou Ciara en passant par Kelela.
On pourrait aussi citer un autre morceau qui a marqué la scène (Work This) pussy.
On s’étonne toujours de la vitalité d’une sorte d’héritage en droite ligne d’un disco engagé dans les questions politiques, d’une house décomplexée, et aujourd’hui d’une relecture audacieuse du r’n’b et des tubes de la variété internationale par la sainte trinité Beyoncé, Rihanna, Nicki Minaj. Il existe aussi des versions latino des ballroom, et on vous a parlé d’ailleurs d’un collectif de cette scène très récemment N.A.A.F.I. (lire)
Mais venons en aux faits. Qweendom est la dernière compilation de Qween Beat un des plus anciens labels/crew de la Vogue américaine. On y retrouve Mike Q, Byrell the great, Beek, LSDXOXO dont nous vous avions dit le plus grand bien (lire)  ou bien encore le plus jeune Ash B qui a sorti cette année un album assez massif…
Voilà donc 11 morceaux qui sonnent comme le manifeste de la vogue d’aujourd’hui et ce, autant dans la droite ligne de la house, ou de la disco des belles années que dans les détournements du R’n’B et du Hip Hop. On y  retrouve des samples à foison des trois morceaux cités plus haut, soit utilisés comme rythmiques, comme mélodie soit comme boucle vocale, où  même samplés ensemble sur le manifeste  I Chant, You Vogue de  Leggoh. On vous conseillera  le classique house de Mike Q,la tuerie « hip hop » de Ash B (qu’il faut définitivement suivre d’urgence) et le tube incroyablement fou de Byrell the Great avec quelques instrus trap ou simili. Autrement dit, le panorama impeccable d’une scène musicale plus que vivace qui passe son temps à se réinventer et à renaitre de ses cendres.
Au final, faîtes l’insurrection ballroom, pas la guerre pourrait-on dire, mais on suppose que les ballroom se débrouille déjà très bien sans nous, alors souhaitons juste encore de nombreuses compilations de Qween Beat, et inspirons nous de ces tentatives politiques et musicales pour donner un peu de folie et de sens à nos ennuyeux dancefloor habituels.Il parait que ça vient, ça finit toujours par venir.

Audio

Tracklist

Qween Beat Presents: QWEENDOM (2016, Qween Beat)

01. Byrell The Great – Legendary Children
02. Beek & Commentator Buddah – Qween Bitch
03. Gregg Evisu XL & Jay R Neutron – Some Type Of Way
04. Leggoh – I Chant, You Vogue
05. Skyshaker – Walk feat. Dashaun Wesley
06. LSDXOXO – Dope Dick Dealer
07. MikeQ & Romanthony – Get Sum
08. Ash B – Realness
09. Koppi Mizrahi & Princess Precious – Manko Backpack
10. Byrell The Great – Bubble Drip feat. Kassandra Ebony, WARREN B. & Princess Precious
11. Qweendom – Qween Beat

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Bernard Fevre – Orbit Ceremony 77 http://www.hartzine.com/bernard-fevre-orbit-ceremony-77/ http://www.hartzine.com/bernard-fevre-orbit-ceremony-77/#comments Wed, 17 Aug 2016 08:19:41 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48550

Par Stéphanie-Lucie Mathern Est-on en avance ou en retard sur notre temps ? C’est à cette question que Bernard Fevre […]

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Par Stéphanie-Lucie Mathern

Est-on en avance ou en retard sur notre temps ? C’est à cette question que Bernard Fevre – et les pionniers de façon générale – a tenté de répondre. En effet, Bernard débute sa carrière à 16 ans dans un groupe appelé Les Vicomtes, puis Les Flâneurs, avec lequel il décrochera des contrats avec Regine et Barclay en faisant du music-hall « pour bouffer ». En 73 les choses sérieuses commencent avec la découverte de Vangelis et l’obsession pour certaines boucles entendues à la radio. Il décidera donc de se créer un « Mister Hyde », double diabolique, ce sera Black Devil Disco Club. Il sortira 4 albums expérimentaux : Suspense, Strange World of B. Fevre, Disco Club, ainsi que Cosmos 2043, qui évoque déjà un lointain proche avec son tube Earth Message.

Influencé par Jean-Michel Jarre, Moroder, mais aussi par une variété transgenre comme celle d’Amanda Lear, ses morceaux sont des pépites de library-music qui ne dépasseront pas les rayons des collectionneurs, alors que c’est aussi puissant que Pierre Henry qui reprendrait le générique d’Intervilles ou Neu ! qui déciderait d’illustrer Tetris. C’est seulement en 98 qu’on s’intéresse à lui grâce aux samples des Chemical Brothers et la réédition d’Aphex Twin. En 2010, il revient avec Circus où il invitera quelques légendes comme Afrika Bambaataa, John Spencer et Nancy Sinatra. Le succès est là. Enfin. Il est adulé par Daft Punk, Justice, Metronomy et continue d’être dragué par une jeunesse en manque de psychédélique avec une compile de remixes de ses hits disco-underground baptisée H. Autant de bandes originales de films qui ne se réaliseront jamais.

Aujourd’hui – le 2 septembre – on célèbre la sortie de sa nouveauté antique : Orbit Ceremony. À l’origine produit en 76/77, Bernard exhume et dépoussière son album perdu. Ça sent le cuir patiné et le futur proche. L’équilibre des sentiments par la boîte à rythmes et le synthé libre-penseur sont toujours là. La Sheila de Spacer et des reprises des Talking Heads aussi. On entend le jazz de Moondog et Zappa, les japonaiseries de Yellow Magic Orchestra, l’Allemagne des autoroutes et des ascenseurs de Krafwerk, l’Afrique d’Éthiopiques et même le Sud de Jean Ferrat.

Bernard Fevre se résume dans les titres de son album de 1 – That is to be à 11 – Testmaker. Musique intemporelle qui dessine une personnalité, celle de la dynamis – chère à Aristote – la puissance enfantine qui n’oublie pas de voir la poésie d’une sonnerie de téléphone, surtout si elle est aussi belle que le neuvième morceau, Out of Dark. En France, aller contre les habitudes peut prendre un peu plus de temps, mais le talent finit par se faire entendre. Orfèvre – sans jeu de mots – du cool, il prouve que le temps n’a pas d’importance.

Tracklist

Bernard Fevre – Orbit Ceremony 77 (2 septembre 2016, Private Records)
01. That Is To Be
02. Foxy Spleen
03. Max Stroke
04. Mestophiles
05. Nebulous Melody
06. Not Be Wary
07. Out Of Dark
08. Paste Merge
09. Raw Beat
10. Space Angle
11. Testmaker

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Focus Berlin Atonal: interview JK FLesh http://www.hartzine.com/focus-berlin-atonal-interview-jk-flesh/ http://www.hartzine.com/focus-berlin-atonal-interview-jk-flesh/#respond Wed, 17 Aug 2016 07:31:52 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48546

On conclut avec ce dernier entretien nos rencontres artistiques avec les artisans musicaux qui illumineront cette édition 2016 du Festival […]

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On conclut avec ce dernier entretien nos rencontres artistiques avec les artisans musicaux qui illumineront cette édition 2016 du Festival Berlin Atonal avant de rentrer dans le dur de la programmation. Et franchement pour cette dernière on ne s’est pas foutu de vous. C’est au tour de JK Flesh de répondre à nos questions. Et pour ceux qui ne connaîtraient pas le bonhomme, il suffit de savoir que derrière cet obscur pseudonyme se dissimule en fait l’immense (autant par la taille que le talent) Justin K. Broadrick, tête pensante de Godflesh, Jesu, Techno Animal, The Blood of Heroes et j’en passe. L’occasion de faire un bilan de carrière et de s’épancher sur son passé, son présent et son futur.

Tes débuts musicaux remontent au milieu des années 80, pas trop dur de se dire qu’à tout juste 46 ans tu es déjà un vétéran de la musique ?
Your musical beginnings date back to the mid-80s, at 46 years old do you feel like a veteran of the music ? 

Je pense en réalité que je débute toujours, que je suis toujours en apprentissage, comme si ces années n’avaient été que des mois!

I actually feel like i am still beginning, and still learning, these years feel like months!

Tu as joué à peu près tous les styles de musique et tu fais parti des précurseurs des mouvements metal-indus, grindcore ou encore abstract hip-hop… D’où te vient ce besoin de constamment te renouveler ?
You played almost all styles of music and you are part of the precursors of metal-indus movements, grindcore or abstract hip-hop … Why do you constantly need to reinvent yourself ? 

Je ne prévois jamais l’invention, je ne la force pas. Je pense que je me lasse rapidement, souvent alors que je me suis totalement immergé dans un son singulier / un concept / un projet particulier, j’ai ensuite envie de créer le total opposé. C’est un processus entièrement naturel, rempli d’accidents créatifs. Mon unique réel besoin est de d’exprimer ma créativité de façon permanente.

I never pre-conceive invention, it’s never forced. If anything I get bored of things quickly, and once I submerge myself in a singular sound / concept / project, and the task at hand has been achieved, I often feel like then creating the opposite. This is a entirely natural process, full of creative accidents. If I need anything then it’s to express myself creatively, consistently.

Depuis peu JK Flesh est devenu ton projet principal, et bien que son acte de naissance officiel date de 2012 avec la sortie de Posthuman, on retrouve ses racines dans certains de tes projets beaucoup plus anciens comme Final par exemple… Penses-tu être arrivé à un certain aboutissement avec JK Flesh ou bien est-ce le début d’un renouveau?
Recently JK Flesh became your main project, and meanwhile his official birth date of 2012 with the release of Posthuman some of his roots can be find in some of your older projects such as Final for example … Do you see JK Flesh as a sort of outcome or is it the beginning of a revival? 

C’est un projet qui a toujours été présent, depuis le tout début des années quatre-vingt dix, si ce n’est depuis les années quatre-vingt ! A vrai dire il l’est depuis que j’ai posé les mains sur des machines et que j’ai su construire du son.
Comme je l’ai récemment écrit dans une autre interview, j’ai essentiellement commencé à produire de l’electronica en solo y intégrant différentes influences de la musique électronique basée sur le beat (techno, hip-hop, drum’n’bass, etc.) à partir du début des 90’s. Voire des 80’s.
Presque tout a été intégré à des projets collectifs, mais certains sons sont restés en attentes dans un coin tandis que j’ai mettais mon énergie dans ces productions collectives.
J’ai estimé à la fin des années 2000 que je souhaitais poursuivre en solo et le pseudonyme de JK Flesh s’est affirmé tout naturellement car c’était mon pseudonyme dans les projets que j’ai partagés avec Kevin Martin – Techno Animal, The Sidewinder, etc. C’est simple pour moi, d’explorer le côté plus heavy de ce que j’aime de la techno, grime/garage, drum’n’bass, etc.

It’s in constant motion, and has been since the very early nineties, if not even the eighties! Once I got my hands on electronic equipment and could build beats.
I recently wrote this in another interview: I essentially began producing solo electronica that embodied all corner of beat oriented electronic music (be it techno, hip-hop, drum’n’bass, etc.) in the early 90’s. If not even the 80’s.
But nearly everything usually got absorbed into collaborative projects, but some didn’t, and often this material just sat gathering dust whilst I constantly put my energies into collaborative projects.
I felt in the late 2000’s that I finally wished to pursue this solo, and the JK Flesh pseudonym seemed most fitting since this was my pseudonym in the projects Kevin Martin and I shared – Techno Animal, The Sidewinder, etc. It feels free, basically for me to explore the heavier side of what I love about techno, grime/garage, drum’n’bass, etc.

Avec JK Flesh, tu dévoiles une musique industrielle sous influence techno plutôt que l’inverse, ce qui donne à ta musique une direction très différente de ce que l’on a pu entendre jusqu’à maintenant. Est-ce une manière détournée de revenir à tes origines musicales ou cherches-tu à pousser la musique industrielle à un autre niveau ?
With JK Flesh you unveiled the industrial music with a techno influence rather than the reverse, that gives your music a very different touch than what we heard so far.
Is this a roundabout way back to your musical background or are you trying to push industrial music to another level? 

Depuis que j’ai découvert les débuts d’une techno la plus primitive, j’ai constaté qu’il y avait une relation directe avec la musique industrielle, spécifiquement le côté rythmique de l’industriel, qui une fois découverte était toujours quelque chose que je ressentais le besoin d’explorer, ceci se manifesta aussi quelque peu dans Godflesh, mais était aussi présent dans Techno Animal, et maintenant JK Flesh. La musique industrielle et le punk étaient les premières musiques qui m’ont touché comme un enfant, elles m’ont frappé d’une façon très pure, donc toutes mes créations musicales sont en fin de compte éclairées par ces genres, tant esthétiquement que musicalement. Ces styles ont aussi reflété l’environnement  dans lequel j’ai été élevé – les quartiers de logements sociaux très peuplés de Birmingham au Royaume-Uni.

Ever since I discovered the most primitive early techno, I found it had a direct relationship with industrial music, specifically the rhythmic  side of industrial, which upon discovery was always something I’d felt the need to explore, this also somewhat manifests itself in Godflesh, but was also prominent in techno-animal and now JK Flesh. Industrial music and punk were the first musics that touched me as a kid, they hit me in a very pure fashion, so all my musical creations are ultimately informed by these areas, both aesthetically and musically. these areas also reflected the environment I was raised in – the densely populated council estates of Birmingham, UK. 

En 2013 tu as enregistré Worship is the Cleansing of Imagination, split EP avec Dominick Fernow aka Prurient. Comment c’est organisée cette collaboration ? Vous cultivez des univers très proches, n’est-ce-pas ?
In 2013 you recorded Worship is the Cleansing of Imagination, split EP with Dominick Fernow aka Prurient. How this collaboration is born ? You grow very close universe, right ? 

Nous avons beaucoup dans commun et avons unprofond respect pour nos travaux respectifs. C’est un artiste extrêmement intelligent et talentueux et en tant qu’être humain, une inspiration constante et un ami très proche.

We have a lot in common, and have a deep respect for each others work. He is an extremely intelligent and gifted artist, and human being, a constant inspiration and a very close friend.

Cette année, tu as eu une double activité avec la réédition de Nothing is Free sur Downwards et la sortie de ton album Rise Above sur Electric Deluxe. Si l’on est pas surpris de te retrouver sur le label de Karl O’Connor, on l’est plus de te retrouver sur celui de Speedy J. Comment se sont réalisés ces deux projets ?
This year, you had a dual activity with the re-edition of Nothing is Free on Downwards and output of your album Rise Above on Electric Deluxe. If we are not surprised to find you on Karl O’Connor’s label, it is more unexpected to see you on the one of Speedy J. How do you manage those different projects ?

Speedy J a entendu du projet JK Flesh via un remix que j’ai fait pour AnD sur Electric Deluxe, il a aimé le remix et a demandé si j’avais des matériaux semblables pour la sortie possible sur label, je lui ai envoyé 8 morceaux et il a voulu les compiler tous comme un LP (2 x 12″) d’où la sortie de Rise Above. J’enregistre constamment sous JK FLESH donc je suis toujours heureux de sortir autant de disques que possible! En parlant de Dominick Fernow, il a sorti  une double cassette  extrêmement limitée, Suicide Estate by JK Flesh l’année dernière sur son label Hospital Productions, que je sortirai sous forme digitale très bientôt.

Speedy J heard the JK Flesh project via a remix i did for AnD on Electric Deluxe, he loved the remix and asked if I had any similar material for possible release on his label, i sent him 8 tracks and he wished to release them all as an LP (2 x 12″)hence the Rise Above release. I’m constantly recording as JK Flesh so I’m always happy to release as much as possible! Speaking of Dominick Fernow, he  released on his Hospital Productions label an extremely limited 2 x cassette Suicide Estate by JK Flesh last year, which I will release digitally very soon.

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On te verra bientôt sur la scène du Festival Atonal à Berlin aux côtés d’ORPHX. Comment s’est organisée cette rencontre avec le duo canadien ? A quoi ressemblera ce projet ?
We’ll soon see you on the stage of the Atonal Festival in Berlin with Orphx. How do you meet he Canadian duo ? What will this project look like?

Nous devons remercier Harry d’Atonal pour cette suggestion étonnante de collaboration et en tant qu’admirateurs de nos travaux respectifs, tant ORPHX que moi ne pouvions être plus ravi de cette occasion! Quelque part, j’avais manqué ORPHX, mais toujours entendu parler d’eux avec estime, puis je les ai entendu par coïncidence pour la première fois cette année et j’avais aimé immédiatement leur travail Outre l’inattendu ;) Attendez-vous à une véritable rencontre de nos concepts sonores. Nous serons également accompagnés par un artiste visuel, Thorsten Fleisch, qui fournira des visuels en live.

We must thank Harry @ Atonal for this amazing suggestion that we collaborate, and as admirers of each others works, both ORPHX and I could not be more thrilled for this opportunity! Somehow I had missed out on ORPHX, but always heard them referenced in reverence, then coincidentally heard them for the first time this year, and loved their work immediately! Besides the unexpected ;). We will also be joined by an visual artist, Thorten Fleisch, who will supply live visuals.

Changeons de sujet. Ta musique est depuis toujours un condensé de hargne et de violence, on t’a d’ailleurs souvent vu martyriser tes instruments sur scène jusqu’à la rupture et pourtant j’ai découvert que tu écoutais pas mal d’ambient et de musique expé plutôt calme voir onirique. Qu’est-ce qui t’intéresse dans ce type de musique ?
Let’s talk about something else. Your music has always been a mix of spite and violence, you have often been torturing your instruments onstage to rupture and yet I discovered that you were rather listening to a lot of ambient music and expe, quiet dreamlike and peacefull. What do you find intesrtering in that kind of music? 

Je suis une personne très énergique mais calme- mais, comme beaucoup je ressens beaucoup de frustrations – la musique intense est un moyen de canalisation, mais jamais exorciser, l’intensité physique et mentale, soulager la tension. Ma façon de gérer cette variété d’émotions négatives est de les canaliser de façon créative et je me sens chanceux d’avoir cette échappatoire.
MAIS, j’adore toutes les couleurs de la musique, et peut-être que la musique ambient est le reflet le plus immédiat l ma personnalité, un son pur.

I am an extremely energised yet peaceful person – but, like many feel many frustrations – intense music is a way of channeling, but never exorcising, physical and mental intensity, relieving the tension. My way of dealing with a variety of negative emotions is to channel them creatively and i feel fortunate to have this outlet.
BUT, i adore all colours of music, and maybe more immediately reflective of my personality is ambient music, pure sound.

Pour beaucoup tu resteras l’homme derrière Streetcleaner avec Godflesh et Brotherhood of the Bomb avec Techno Animal. Est-ce définitivement derrière toi ou verra-t-on peut-être un jour ces projets renaître de leurs cendres ?
For many you will stay the man behind Streetcleaner Godflesh and Brotherhood of the Bomb with Techno Animal. Is this definitely behind you or those projetcts will one day be reborn from ashes?

Eh bien Godflesh continue encore pour quelques années avec un nouvel album et EP, Techno Animal n’existera plus jamais bien que Kevin Martin et moi-même collaborions toujours – je suis à présent sur certains enregistrements de The Bug, et je dois faire les voix sur deux chansons du nouvel album de Earth vs The Bug. L’avenir devrait apporter un nouveau projet de collaboration.

Well Godflesh has existed again for a few years now with a new album and EP, Techno Animal will never exist again althogh Kevin Martin and I still collaborate – I’m to be found on some records by The Bug, and I have vocals on two songs on the new album from Earth vs The Bug. The future should bring a new collaborative project.

Audio

JK Flesh – Nothing Is Free

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John Chantler – Which Way to Leave http://www.hartzine.com/john-chantler-which-way-to-leave/ http://www.hartzine.com/john-chantler-which-way-to-leave/#respond Tue, 16 Aug 2016 09:04:03 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48533

Falling Forward arrive comme la première chute à vélo, sèche et râpeuse comme le bitume sous les genoux nus; irrégulière, […]

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Falling Forward arrive comme la première chute à vélo, sèche et râpeuse comme le bitume sous les genoux nus; irrégulière, hérissée de minuscules caillasses qui écrasent et taillent les chairs piégées entre rotule et goudron. L’ouverture frappe de plein fouet et déséquilibre comme un coup de pédale asynchrone quand c’est la cadence qui devrait stabiliser l’élan. Paradoxalement, c’est par son arythmie que Which Way to Leave crée sa propre cadence: un pouls irrégulier, une agogique très humanisée constellée d’accentuations, de relâchements, de pulsations qui questionnent davantage l’espace et le mouvement que le temps, dans un dénis sensible des structures linéaires classiques.

Malgré un renvoi trompeur à la mesure, Two and Four prolonge l’imprévisibilité déstabilisante de la première piste en crachotant une noise industrielle hantée par Throbbing Gristle. Le morceau se construit seul, entrelacs de sinusoïdes tentaculaires et libres qui donnent le sentiment étrange d’un déphasage; pas seulement d’un jeu d’ondes modulées se tournant les unes autour des autres, mais aussi d’un déphasage quantique, comme un écho pulsatile perdu entre deux branes d’un multivers. L’espace d’expression de Chantler est inorganique, automorphique et surtout multiple, faisant coexister sur un même plan à quatre dimensions des strates bouleversées, enchevêtrées dans un chaos ou perce un signal récurrent, isolé dans Clearing et All Visible Signs mais noyé ailleurs: dans Fixation Pulse par exemple, qui rappelle, comme d’autres, ces paysages sonores composés par Christian Zanési pour les Maîtres du Temps de René Laloux. La pulsation reste maîtresse, entre emballement et placidité, cherchant sa poésie personnelle comme on cherche son souffle, se frayant un chemin entre interstices et béances, évoluant dans Lesser Demands en une série de borborygmes d’une aventure intérieure dans un corps sans forme définie, à la résonance assourdie.

En quelques escamotages sonores, Chantler bascule de l’analogique à l’anatomique et inversement, déjoue les échelles et transmue les matières par le seul pouvoir de l’onde. C’est cette même onde qui, évoluant d’une vrille électrique aiguë et libre dans First December, paraît engendrer ses propres réverbérations, condamnée à rebondir pour l’éternité sur son écho dans un tumulte étourdissant et interminable de plus de dix minutes. C’est une cacophonie à la volumétrie changeante qui vient frapper de ses milliers de cuivres l’enclume d’esgourdes anesthésiées par une épiphanie de bonzes dans leur dernier mantra précédant le nirvana, avant de se conclure dans Second December sur un long accord déphasé de 2 minutes 35 ponctué de fréquences diverses se fanant, avec grâce, en un bouquet irisé jusqu’au blanc harmonique et absolu, réduisant à néant l’idée jusqu’alors concevable de donner à cet album une géométrie accessible au cerveau humain.

Le fait est que morceau après morceau, Chantler parvient à ce que chaque fréquence crée sa propre aventure, produise son rythme, son cycle. En bout de course, ce cycle ne se termine ni sur une piste, ni même sur l’album mais se reconduit lui-même, à l’image d’un ouroboros se dévorant à l’infini dans un impitoyable recommencement enthousiaste célébré par l’ultime track, Beginning Again, une pluie de dissonances salvatrice et cristalline conduite jusqu’au grésil final. Et on redonne un coup de pédale.

Vidéo

John Chantler – Falling Forward

Tracklist

John Chantler (26 août 2016, Room40)
01. Falling Forward
02. Two and Four
03. Clearing
04. Fixation Pulse
05. Lesser Demands
06. All Visible Signs
07. First December
08. Second December
09. Beginning Again

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Focus Berlin Atonal: interview Russell Haswell http://www.hartzine.com/focus-berlin-atonal-interview-russell-haswell/ http://www.hartzine.com/focus-berlin-atonal-interview-russell-haswell/#respond Tue, 16 Aug 2016 08:31:53 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48527

On continue notre présentation du Berlin Atonal avec cet entretien phare de l’un de pilier de la scène noise actuelle, […]

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On continue notre présentation du Berlin Atonal avec cet entretien phare de l’un de pilier de la scène noise actuelle, l’artiste anglais Russell Haswell. Parler de musique serait réducteur face à l’œuvre de ce génie touche-à-tout, à la fois multi-instrumentiste, concepteur visuel, sculpteur sonore… Pilier du label Mego et contributeur régulier chez Diagonal, étrange boîte à tubes techno-expé fondé par le jeune Powell. Il nous tardait de d’en savoir plus sur ce qui motivait cet écorché vif des arts extrêmes.

Aussi loin que tu te souviennes, d’où te vient ton appétence pour les arts visuels et la musique ?
As far as you remember, where did you get your appetite for visual arts and music?

Principalement grâce à la télé, aux films des années 70 et à la bibliothèque municipale où je pouvais emprunter des trucs. C’est ce qui m’a fait découvrir pas mal de livres, de vinyles et m’a fait comprendre la différence entre des compositeurs, des artistes, différents genres musicaux… Au milieu des années 80, j’ai visité la Coventry School of Art Library, avec son incroyable collection, surtout la partie qui concerne les Arts Conceptuels et les Nouveaux Médias.

Television and films in the 70s, and also the public lending library. That’s where I became fascinated with books and vinyl records and gained an understanding of the difference between composers and artists and different musical genres. In the mid 80s I would visit the Coventry School of Art Library, which had an amazing collection, and there it obviously leaned towards Conceptual Art and New Media.

Tu es très proche des principaux acteurs du label Mego, comment vous êtes vous retrouvés à travailler ensemble ?
You are very close to the main actors of the Mego label, how did you ended up working together?

J’ai rencontré Peter Rehberg au début des années 90 à Vienne, juste avant ou au tout début du label avec Ramon Bauer et Andi Pieper. En quelques visites successives à Vienne, j’ai par la suite rencontré les premiers artistes qui collaboraient avec Mego : Farmers Manual, General Magic, Fuck Head, Elin, PURE… Dès le début, Peter m’a proposé d’enregistrer quelque chose, de faire un disque avec eux ! J’ai vite participé à quelques évènements et tournées avec Mego. Mon premier album solo m’a pris quelques années à faire, c’était en fait une compilation de prestations live captées lors de concerts organisés par Mego, ou carrément ailleurs, comme dans des squats, des vernissages de musée…

I met Peter Rehberg in the early 90s, in Vienna, just before or during its beginnings with Ramon Bauer and Andi Pieper! So across a few return visits to Vienna I met all the early Mego artists; farmersmanual, General Magic, Fuck Head, Elin, PURE … from the start Peter suggested I record something, make a record! In the early days there we quite a few Mego events and tours which I participated in. It took a few years, but my first solo release was a compilation of recordings of LIVE presentations I gave at Mego events, or completely different things, like squat parties or museum exhibition openings!

Ton style musical est unique et assez inclassable, penses-tu que ton multiculturalisme dans les domaines de l’art t’a aidé à définir ton propre style ?
Your musical style is quite unique and unclassifiable, do you think your multiculturalism in the fields of art helped you define your own style ?

Mon style est inclassable, oui. Je ne veux pas être étiqueté, je n’aime pas certains genres musicaux, certains artistes… Je ne veux pas qu’on m’identifie à eux. J’ai utilisé toute la douleur, la colère et la frustration que génèrent, chez moi, des dessins, des films ou des disques sur lesquels je tombe et que je trouve abominables ou qui m’irritent profondément. Parfois mes disques sont qualifiés de “difficiles” ou d’ “extrêmes”, je préfère plutôt dire qu’ils sont “vitaux”.

My style is unclassifiable. I don’t want be categorised. I dislike certain genres, as well as certain artists… I use the pain and anger and frustration that’s generated when I see, read, and hear, Artworks, Films or Records that I loath, or they might just simply irritate. Sometimes my records are filed under “difficult” or “extreme”, I’d suggest “critical”.

Il y a dans ta musique un rapport très structurel et architectural, quelle place laisses-tu au chaos ?
There are in your music a structural and architectural construct, which space allows you to chaos ?

Une question difficile… Si l’on qualifie mes travaux audio de “musique”, alors je dirais qu’il s’agit d’une musique structurelle ou matérialiste, en terme de théorie et de définition pure. Dans les années 90, je la voyais plutôt comme de la sculpture publique temporaire, un son qui occupait un espace ouvert, comme une gigantesque création publique de Richard Serra.

I’m confused by this question! If my Audio works are classified as ‘music’ , then mine is probably a structural or materialist music, in terms of theory and definition. In the 90s I was thinking of a temporary public sculpture, an audio that occupied open space, like a massive Richard Serra public sculpture.

Tu es généralement cité comme un musicien noise avant tout, pourtant on ressent beaucoup d’influences dans ta musique. Quels sont les genres ou les artistes qui t’ont influencés ?
You are generally cited as a noise musician, yet you music sounds full of various influences. What types of music or which artists have influenced you ?

Curtis Roads disait de mon premier album qu’il s’agissait d’une version XXIe siècle de Bohor (ndr : l’oeuvre de Iannis Xenakis créée en 1962). Parmi les genres que j’apprécie, je suis très influencé par tout ce qui est générateurs de sons, computer music, le grindcore, la techno ou l’improvisation au sens large, tout autant que par le cinéma ou l’art sous forme musicale. L’art conceptuel, les films matérialistes. Si je devais citer quelques noms, je dirais Iannis Xenakis, Alvin Lucier, David Tudor, Michael Heizer, Richard Serra, Incapacitants, Pain Jerk, Masonna, Merzbow, Art & Language, Yasunao Tone, Holger Hiller, Boredoms, Peter Gidal, Michael Snow, Carcass…

Curtis Roads said of my first CD, that it was “a 21st Century Bohor!” I like audio test signals, computer music, grind core, techno, improv, but I’m as equally influenced by cinema and art as music. Conceptual art or materialist film. To name only a few = Iannis Xenakis, Alvin Lucier, David Tudor, Michael Heizer, Richard Serra, Incapacitants, Pain Jerk, Masonna, Merzbow, Art & Language, Yasunao Tone, Holger Hiller, Boredoms, Peter Gidal, Michael Snow, Carcass…

Tu as également collaboré avec de nombreux artistes de tous horizons. Comment choisis-tu les artistes avec qui tu souhaites travailler ? Est-il facile d’imposer ta vision où dois-tu souvent faire des compromis ?
You have also worked with many artists with different backgrounds. How do you choose the artists you want to work with ? Is it easy to impose your vision or do you often have to compromise?

La plupart du temps, les choses se font après une vraie rencontre, en face à face. Ça n’est pas quelque chose que tu planifies à l’avance, ça arrive et ça demande parfois de se revoir plusieurs fois, pour vraiment créer une relation qui sera le socle d’une collaboration fructueuse. Je ne ferais jamais d’échanges de fichiers sur le web sans jamais avoir rencontré la personne. Je ne peux pas travailler avec des artistes associés à des genres musicaux que je déteste, comme ce que j’appelle le “turd jazz” (un jazz européen blanc sans aucune profondeur culturelle) ou des artistes épouvantables que je ne nommerai pas ici. Je ne peux pas travailler avec des artistes ayant mauvais goût !

Je ne peux pas imposer ma vision ou faire de compromis, je veux faire et créer, ou me documenter et travailler, sur une matière première qu’aucun de nous deux n’aurait pu faire séparément.

Usually it’s something that happens face-to-face. It’s not something you choose in advance, it happens over time, and maybe many meetings to forge a relationship that enables a fruitful collaboration. I wouldn’t do a file-exchange project with someone I’ve never met. I dont wanna work with musicians associated with terrible genres e.g. TURD JAZZ (culturally insignificant white european Jazz) or appalling Artists I dont have to name here. Its not good to work with a musician with poor taste!

I don’t want to impose a vision or compromise, I want to do and make, or document and work, on something that neither one of us could make individually.

Comme beaucoup de producteurs tu te prêtes à l’exercice de DJ set. Que t’apporte cette discipline ? Est-ce pour toi le moyen de te frotter à un public différent et de jouer une musique plus décomplexée ?
As many producers you are also playing DJ sets. What brings you this discipline ? Is it for you the way to you rub to a different audience and to play a more uninhibited music?

Hard Disco Jokey (HDJ) est un projet que j’ai lancé il y a quelques années. Je mixe avec des vinyles (des 80s surtout) et des CD (des 90s). En 2001, Sean Booth et moi-même avons imaginé une table de mix DJ 4 canaux pour une tournée aux États-Unis et en Europe où je devais faire la première partie d’Autechre. Je ne voulais pas utiliser Traktor ou les logiciels que tout le monde utilise ! Et nous, toute la bande Mego, on utilisait déjà principalement nos ordinateurs comme instrument, la plupart du temps. Cet ordinateur que j’utilise pour HDJ a aujourd’hui une collection assez importante de musique que je peux emmener de concert en concert, des tonnes de genres musicaux différents que je peux éclater les uns contre les autres avec des transition et des crossfaders automatiques, sans beat matching ! C’était super drôle à utiliser… En tant que HDJ je me vois plus comme un selector, influencé par des gens comme Claude Young, John Peel, JeffMills, Christian Marclay et DJ Carhouse.

Hard Disc Jockey (HDJ) is what Ive been doing occasionally in recent year… I did DJ with vinyl (80s) and CDs (90s). In 2001 Sean Booth and myself designed a max/nato mp3 four channel DJ player/mixer for a 60 date USA and Euro tour I supported Autechre on… I didn’t wanna use Traktor, or what everyone else was using! And we, the Mego lot, had already been exclusively working with laptops as the only instrument for a good few years by then! This laptop HDJ set up enabled a massive collection of music files to be carried around from gig to gig, tons of genres to be mashed together with automated faders and cross faders, no beat matching! It was such fun to use… as a HDJ I feel more like a selector, but kinda influenced by the styles of Claude Young, John Peel, Jeff Mills, Christian Marclay and DJ Carhouse.

Tu seras bientôt sur la scène du festival Atonal à Berlin avec deux projets très différents. Peux-tu nous en dire plus ?
You will soon be on the stage of Atonal festival in Berlin with two very different projects. Can you tell us more about them ?

Oui je serai de retour à l’Atonal pour la troisième fois. Cette année, on m’a proposé de jouer un live solo et de curater un événement, par ailleurs. C’est un “flashback and comeback show”, avec Peter Rehberg qui fera un set de musique modulaire, symbolisant la nouvelle direction prise par Pita, son projet solo. Et le soir, ce sera le climax avec 3 heures de set de Farmers Manual, reformés à l’occasion de ce “mini-festival” que j’ai curaté au Café Oto l’année dernière, une espèce d’échauffement pour cet événement un peu particulier.

Yes, I’m back at ATONAL… Third time… This year I was asked to perform live solo and to additionally curate a program. Its a Flashback and Comeback show at the same time, featuring Peter Rehberg performing a modular set, marking a new phase in the direction of Pita, and the night will climax with a 3 hour set from farmersmanual, who reformed for a “mini-fest” I curated at Cafe Oto last year, which acted as a warm up for this special long form event.

russell-haswell-mini-fest

Tu es un artiste très prolifique, peux-tu nous parler de tes prochains projets en préparation ?
You’re a very prolific artist, can you tell us about your upcoming projects under process ?

Mon prochain album sortira sur Bocian Records : Constitutional. Je travaille aussi sur un maxi et un albumc concept pour Diagonal. En octobre et novembre, je ferai de nouveau la première partie d’Autechre en Europe.

My next release is a LP for Bocian, Constitutional. I’m making a Single and developing a concept LP for Diagonal. In October and November I’m touring Europe, supporting Autechre.

Vidéo

Russell Haswell Boiler Room LIVE Show

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Mixtape: HomeMade02 by Aki http://www.hartzine.com/mixtape-homemade02-by-aki/ http://www.hartzine.com/mixtape-homemade02-by-aki/#respond Mon, 15 Aug 2016 08:06:44 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48523

Deuxième mixtape personnelle de l’été pour faire suer le 15 août. 01 – Cio D’or – Now is ever (Milton […]

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Deuxième mixtape personnelle de l’été pour faire suer le 15 août.

01 – Cio D’or – Now is ever (Milton Bradley Remix)
02 – Monica hits the ground – Reduced life expectency (Regis RMX)
03 – OVR – Metal Slipper
04 – Cosime – Hilary
05 – Shifted – Control
06 – Randomer – Sheen
07 – Svreca – Hagagatan (Rødhåd Remix)
08 – EQD – Equalized #001 (B1)
09 – SNTS – Untitled
10 – Iori – Spaciotemporal (Vril Mix)
11 – Oscar Mulero – Reduction And Synthesis
12 – Answer Code Request – Neume
13 – Developer – Trade Beliefs
14 – Frozen Border – Frozen Border 1 (A1)
15 – Peter Van Hoesen – P2ME
16 – Regis & Ian J. Richardson – Untergang 2
17 – Shards – Untitled

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Lonely Life Lovers Club – Boys Do Cry http://www.hartzine.com/lonely-life-lovers-club-boys-do-cry-ep/ http://www.hartzine.com/lonely-life-lovers-club-boys-do-cry-ep/#respond Mon, 15 Aug 2016 07:51:27 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48520

En école d’art comme ailleurs, parfois, il y a des petits miracles, un groupe affinitaire, des singularités, des étudiant-e-s qui […]

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En école d’art comme ailleurs, parfois, il y a des petits miracles, un groupe affinitaire, des singularités, des étudiant-e-s qui utilisent brillamment des concepts pour faire des petites sculptures, des peintures ou des vidéos monstrueuses sensées et sensibles, un groupe ou un mouvement qui se crée autour d’un médium, d’une pratique,  et qui font des films ou des performances géniales, un-e étudiant-e qui fait des installations dingos sorties tout droit d’on ne sait où, des objets étranges, des costumes, etc. Bref, une émulation qui tend à faire dépasser la médiocrité du réel vécu et à s’engager dans des pratiques plastiques et théoriques.

Des fois, souvent, donc au milieu du grand creux, de la «subversion », ou de la « vie intense » qu’on devrait mener comme dans les plus belles injonctions /nominations du capitale, émergent des labels ou des œuvres bouleversantes de sincérité, le fond et la forme.

LLLClub commence comme une blague d’adolescent torturé au milieu d’une ville triste et désastreuse de bêtise. Une ville cathartique qui serait, disons le, une sorte de ville du pire. Un type décide de composer 100 morceaux pour apprendre à jouer de la musique, un autre ose enfin faire écouter les pistes qu’il faisait dans une autre chambre mansardée non-loin de là. De la rencontre des deux, naît l’envie de monter un label. Et de cette idée qui germe finit par sortir une K7.

Deux musiciens, Knut Vandekerkhove et D.A.S (Dead Acid Society), neuf titres et une grosse quarantaine de minutes plus tard, on est dans ce qui serait peut-être une tentative de techno bizarre. Une techno qu’on verrait bien entre quatre murs de béton, ou une friche ouverte pour l’occasion. Entre synthés modulaires, kick agressif, percussions étranges, voix sorties d’on ne sait où, des mélodies bien noise et parfois des rythmiques à contre-temps, la tentative est belle et vraiment réussie. Dans Boys Do Cry, c’est un peu comme si chaque morceau était la tentative d’explorer quelque chose. Un synthé particulier, une manière de concevoir la rythmique, une manière de créer la tension. Parfois très percussif, parfois très mélodique, il y a presque quelque chose d’un manifeste de gestes et de tentatives dans cet EP. Comme si au fond, Boys Do Cry n’était que la première tentative réussie d’une longue série d’expérimentation autour de la techno et disons-le grossièrement, de ce que véhicule son « genre ».

Il y a quelque chose d’une énergie particulière dans cette première sortie de Lonely Life Lovers Club et quelques morceaux qui marquent plus spécifiquement l’oreille. AT 152 ou AT 162 dans deux registres vraiment différents, l’un plutôt assez brut avec une percu dont on ne sait pas trop d’où elle vient, et l’autre extrêmement étendue et mélodique, avec une sorte de joyeuse base de synthés qui pourrait ressembler à une invitation à multiplier nos puissances d’agir. Et puis sur l’autre face B1, intro noise assez sourde et inquiétante, et B4 qui a quasi un côté ethno-techno dans le choix des percussions et dans la manière de tenir la tension de la rythmique.

Bref, Lonely Life Lovers Club semble offrir une belle perspective et ça semble être une bien jolie aventure qui s’ouvre. Gageons que la prochaine sortie arrive très vite, on en serait ravis!

Audio

Tracklist

Lonely Life Lovers Club – Boys Do Cry (1er août 2016)

01. Knut Vandekerkhove – AT 151
02. Knut Vandekerkhove – AT 156
03. Knut Vandekerkhove – AT 152
04. Knut Vandekerkhove – AT 162
05. D.A.S – B1
06. D.A.S – B2
07. D.A.S – B3
08. D.A.S – B4
09. D.A.S – B5

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Focus Berlin Atonal: interview Death In Vegas http://www.hartzine.com/focus-berlin-atonal-interview-death-in-vegas/ http://www.hartzine.com/focus-berlin-atonal-interview-death-in-vegas/#respond Mon, 15 Aug 2016 07:17:29 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48516

Cette année hartzine s’acoquine à l’un des événements musical les plus pointus d’Europe, le légendaire Berlin Atonal. Mais avant de […]

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Cette année hartzine s’acoquine à l’un des événements musical les plus pointus d’Europe, le légendaire Berlin Atonal. Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, on a tenu à s’entretenir avec les différents acteurs de l’incontournable festival allemand, et on commence ici par Richard Fearless, tête pensante de Death In Vegas qui présentera le 27 août prochain son dernier album Transmission, accompagné en live par la sublime Sasha Grey. L’occasion de revenir sur la genèse de cette collaboration insolite et de l’élaboration de ce disque très éloigné des inspirations rock des débuts de Death in Vegas.

 

Depuis Trans-Love Energies tu es seul à la tête de Death in Vegas, pourquoi avoir continué à garder ton nom de groupe ? Comment t’es-tu habitué à travailler seul ?
Since Trans-Love Energies  you are alone at the head of Death in Vegas, why have continued to keep your band name? How did you get used you to work by yourself ?

Death in Vegas a toujours été mon propre groupe donc ça ne change rien d’essentiel. Aussi longtemps que cette entité restera créativement excitante pour moi, il n’y aucune raison d’y mettre un terme.

Death in Vegas has always been my band so it doesn’t feel any different. As long as I can make it creatively exciting for myself  I see no point in stopping it.

Transmission est un album plus sombre et plus complexe que tes précédents disques, n’as-tu pas eu peur de t’aliéner une partie de ton public ?
Transmission is a darker album and more complex than your previous records, were you afraid or not to exclude some of your audience?

Les meilleurs albums que je pense avoir réalisé avec Death in Vegas – Satans Circus et Transmission – ont été conçus lorsque je ne pensais pas aux ventes ou à ma fan base. J’ai l’impression sur cet album d’être de plus en plus appliqué, meilleur à ce que je sais faire. Plus que la pleine obscurité je ressens cela comme une beauté brisée.

The best albums I feel like I’ve made as Death in Vegas, Satans Circus and Transmission, are when I’ve not thought about sales, fan base. As far as being more complex I just think I’m getting more studied and better at my craft. As far as the darkness it feels to me more like a broken beauty.

Comment s’est réalisée la conception de Transmission ? Tu l’as enregistré dans une configuration très différente de tes conditions habituelles, est-ce cet environnement qui est à l’origine de ce son si particulier, froid et métallique ?
How was made the conception of Transmission ? You have recorded in a very different configuration as usually, is this environment that is the source of this so special sound, cold and metallic ?

Je voulais que le studio vive, que les synthés soient menés par des séquenceurs et des boîtes à rythmes, le tout déchiré par une multitude d’effets. C’est différent par rapport aux structures superposées que j’avais l’habitude d’utiliser dans le passé. L’album a été enregistré live en une série de prises. Le son métallique et froid était délibéré, je suppose que j’essayais de capter l’atmosphère ballardienne du paysage entourant le studio.

 I knew I wanted the studio to run live, synths being driven by sequencers and drum machines, everything split out running through all the delays and outboard gear. It’s different to the more layered way I’d worked in the past. The album was recorded live in a series of passes. The Metallic cold sound was deliberate I guess I was channelling the ballardian landscape surrounding my studio.

Sur ce disque tu collabores avec l’artiste Sasha Grey. Connaissais-tu son travail au sein d’Atelecine ? Comment s’est déroulée votre rencontre ?
On this album you collaborated with the artist Sasha Grey. Did you know her work within Atelecine ? How did you meet ?

En effet, je connaissais Atelecine qui était signé sur le même label que Von Haze, le groupe de mon beau-frère. Mais je ne l’avais jamais rencontrée avant d’échanger avec elle pour cet album.

I did know her work as Atelecine, they were singed to the same label as sister and brother-in-laws’ band Von Haze. But no, I’d never met her before I approached her.

Il semble que Throbbing Gristle ait une grande influence pour toi, tout comme pour Sasha. Cela a-t-il orienté votre collaboration ? As-tu d’une certaine manière tenté avec Transmissions de réaliser un disque plus expérimental, plus industriel ?
It seems that Throbbing Gristle has a big influence on you, as for Sasha. Does it guided your collaboration ? Did you somehow try to realise Transmissions in a more experimental way, most industrial ?

Lorsque l’on a commencé à travailler sur le morceau d’ouverture, Metal Box, je ne cessais de penser à Hamburger Lady, à quel point ce morceau pouvait être incroyablement perturbant, je voulais justement retrouver cette sensation sur l’introduction de cet album. Avec Consequences of Love je voulais me rapprocher de cette sensation un peu pop que l’on peut retrouver sur certains disques de Chris & Cosey.

When we working on the opening song, Metal Box, I keep thinking about Hamburger Lady, how incredibly unsettling it is, and I wanted that feeling for the opening of the album.  With Consequences of Love I was channelling that pop feel that certain Chris & Cosey records have. 

Tu as un large background rock, qu’est ce qui te pousse à te plonger de plus en plus dans l’électronique pure ?
You have a wide rock background, what pushes you to immerse more in pure electronics?

La rock actuel ne m’intéresse pas. La scène électronique est beaucoup plus inspirante pour moi.

I just don’t have any interest in modern rock music right now. The electronic music scene is so much more inspiring to me.

On te verra bientôt en tête d’affiche du festival Atonal à Berlin, que représente cette ville pour toi ?
We’ll see you soon headlining the Atonal festival in Berlin what represents this city for you?

C’est étrange car je ne connais pas très bien cette ville. J’y ai seulement été une paire de fois. J’ai joué au Panorama Bar et honnêtement le club m’a retourné le cerveau et résume à peu de choses près ce que je perçois de cette ville, une certaine idée de la liberté créatrice.
It’s weird I don’t really know the city at all. I’ve only been there twice. One of those times was when I played Panorama Bar. I can honestly say the club blew my mind and to me it sums up so much what I perceive of Berlin,  a certain creative freedom .

Sais-tu déjà comment ton show va s’orienter où t’adapteras-tu au public ?
Do you already know how your show will move or will your set will depend of the audience ?

On va jouer l’album dans son intégralité, je veux voir jusqu’où on peut pousser son interprétation. Et j’espère comme toujours voir le public se lier à nous sur le trajet.

We will be playing the album in its entirety, I would like to see how far we can push this interpretation of the album and as always hope the crowd comes along with us for the ride.

Quels sont tes projets en tant que Richard Fearless et Death in Vegas ? Penses-tu qu’une entité finira par dévorer l’autre ?
What are your plans as Richard Fearless and as Death in Vegas ? Do you think that an entity will eventually devour the other ?

Jamais je l’espère, je ne vois quoi qu’il en soit aucune des deux entités s’arrêter pour l’instant

Hopefully not, I can’t see either one stopping right now.

Audio

Death In Vegas – Consequences Of Love

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Ritual Howls – Spirit Murder (PREMIERE) http://www.hartzine.com/ritual-howls-spirit-murder-premiere/ http://www.hartzine.com/ritual-howls-spirit-murder-premiere/#respond Thu, 04 Aug 2016 15:35:07 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48511

Un travelling avant, lent, effectué à la faible lueur des réverbères survivants qui bordent les rues désertes et décharnées de […]

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Un travelling avant, lent, effectué à la faible lueur des réverbères survivants qui bordent les rues désertes et décharnées de Détroit, Motor City plus magnétique que jamais. Enfin, ce qu’il en reste. La nature y a repris ses droits et étoffe de ses excroissances parasites humides et obscures les décombres de l’envers de ce décor cruel qu’on appelle toujours rêve américain. Maisons abandonnées et friches se succèdent, laissent place au vide, amplifient le silence et offrent la résonance la plus troublante et intense à qui veut bien l’entendre. Au milieu de ce fatras métallique qui s’exhibe entre nature et culture, et redéfinit les lignes d’un nouvel urbanisme, se tiennent les trois silhouettes floues de Ritual Howls. Imperturbables, plus conducteurs d’électricité que voleurs de cuivre, ils reconstituent à chaque album les pièces délabrées de la traversée d’un désert de ruines industrielles sur un mode conquérant. Into The Water sort le 19 août via Felte et cet extrait, Spirit Murder, se boit comme du petit sang et s’écoute comme un assaut belliqueux vécu en sourdine, combiné à un état d’angoisse fataliste sinon d’oppression qui creuse le sillon habité de la voix profonde et fantomatique de Paul Bancell. Bref, c’est-à-dire qu’on est toujours aussi fans.

Audio (PREMIERE)

Tracklist

Ritual Howls – Into The Water (Felte, 19 août 2016)

01. Scatter The Scars
02. Nervous Hands
03. Bound By Light
04. Coils And Magnets
05. God Swamp
06. Park Around The Corner
07. A Thoughtful Beast
08. Spirit Murder
09. Going Upstate

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Mixtape : HomeMade01 by SPT http://www.hartzine.com/mixtape-homemade01-by-spt/ http://www.hartzine.com/mixtape-homemade01-by-spt/#respond Thu, 04 Aug 2016 12:00:08 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48508

Une mixtape vaut mieux qu’un long discours. Notamment l’été. Alors on va parsemer ce mois d’août de quelques décoctions maisons. […]

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Une mixtape vaut mieux qu’un long discours. Notamment l’été. Alors on va parsemer ce mois d’août de quelques décoctions maisons. HomeMade01 by SPT.

01. Lumerians – Murder Dubbs
02. Michael James Tapscott – The Polo Grounds
03. Sterling Roswell – The Girl from Orbit in Dub
04. Carla dal Forno – Fast Moving Cars
05. Deux – Fam Fam
06. Micro Cheval – Face It
07. Fad Gadget – King Of The Flies
08. Das Kabinette – Passionkiller
09. Dark Day – Arp’s Carpet
10. Jeff & Jane Hudson – PCP
11. Lives Of Angels – The Rock Drill
12. A Certain Ratio – The Fox

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Jesse Osborne-Lanthier – A.T.L.H.F.V.A.M.L.T.H.A.T.U. http://www.hartzine.com/jesse-osborne-lanthier-a-t-l-h-f-v-a-m-l-t-h-a-t-u/ http://www.hartzine.com/jesse-osborne-lanthier-a-t-l-h-f-v-a-m-l-t-h-a-t-u/#respond Fri, 29 Jul 2016 18:14:55 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48502

Ça n’en finira donc jamais sur le label du Texan Rabit, une sortie, une calotte. C’est déjà la sixième. Et […]

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Ça n’en finira donc jamais sur le label du Texan Rabit, une sortie, une calotte. C’est déjà la sixième. Et cette fois encore, elle est absolument monstrueuse. Toujours le même format, une trentaine de minutes, entre mixtape et EP, et toujours la même efficacité des sorties d’Halcyon Veil…

Jesse Osborne-Lanthier, est intéressant à plus d’un titre. D’abord, il sort beaucoup de choses, dans des labels aussi différents que Raster-Noton, MIND Records, Where To Now? ou bien pour celle qui nous intéresse Halcyon Veil. Il vit également entre deux continents, à Berlin et à Montréal principalement. On pourrait dire qu’il est un croisement entre la techno, l’électro-acoustique et l’expérimentation large de l’électronique. Cette esthétique, hybride et chimérique, c’est ce qu’on trouve dans A.T.L.H.F.V.A.M.L.T.H.A.T.U. Mi mouvement mécanique, mi grime, mi expérimentation, mi électronique noire.

L’EP se découpe en huit petits mouvements qui vont du bruit mécanique à une sorte d’électroacoustique proche d’une esthétique GRM drone, en passant par quelques re-visitations des ossatures grime, ou encore un travail sur des fréquences sonores qui font penser à la voix humaine. On retrouve bien sûr aussi quelques traits des expérimentations néo-vogue, quelques signaux, quelques sonorités qui nous font nous figurer cela en tout cas. C’est comme si parfois Jesse Osborne-Lanthier réduisait à des figures minimales de reconnaissance possible les sons qu’il utilise. Tel mouvement évoquant telle esthétique. Il y a comme une sorte de dé-construction en tout cas, quelque chose de l’ordre du décortiqué pour n’en garder qu’une chair passée à la moulinette de la vitesse ou de la lenteur. Ce travail de la vitesse et du rythme est essentiel dans cet EP. Les accélérations et les décélérations sont permanentes, jusqu’à en faire une figure, un des tropes de l’EP. Ce travail du rythme est ici une manière de produire le sonore. Décélération et accélération, changeant parfois imperceptiblement les fréquences utilisées par Jesse Osborne-Lanthier.

Le tour de force est toujours de rendre une matière monstrueuse, narrative, à savoir donc une matière hybride ou chimérique, qui mélange les genres. Ici le pari est d’en faire une matière narrative non hiérarchique, une matière narrative sensible, où l’on peut broder à travers les différents mouvements de l’EP, ses propres histoires, ses propres fils d’imagination. Et dans ce cas précis, on peut dire que c’est un coup de maitre réussi par Jesse Osborne-Lanthier. Il y a presque quelque chose dans cet EP de la sorcellerie, ou d’une potion qu’on mélange à différentes vitesses pour en faire varier les effets ou les goûts. Quelque chose de l’ordre, en tout cas, d’un paganisme sonore. Presque une partition mystique, ou bien au contraire une partition solaire. Sans doute cette impression vient du dernier mouvement en featuring avec Bataille Solaire. On y retrouve des voix d’église bizarres, comme celles d’un rituel inconnu. Voilà, cet EP a quelque chose du rituel inconnu.

En tout cas, il y a cette idée d’une matière tendue, et d’une matière troublante. Les matières sonores sont tantôt très rugueuses, tantôt très bizarres, tantôt tourbillonnantes, tantôt linéaires, d’ici ou là surgissent des fréquences improbables, des court-circuits à la linéarité éventuelle de l’EP. On est toujours débordés par les pistes, toujours à côté de ce que l’on attend, toujours ailleurs de ce que l’on peut imaginer. Cette force-là est assez rare. Il n’est pas question, ici, d’expérimentation abstraite, mais bel et bien d’expérimentation sensible, de celles qui vous font pour un temps changer un rapport au quotidien, à la durée, au temps, à l’espace parcouru, à la médiocrité du réel. Ces sorties-là ne sont pas si nombreuses, et il nous paraissait nécessaire de le souligner. L’insurrection sensible par la musique a de beaux jours devant elle. Tentons d’imaginer nos fictions et nos récits pour l’accompagner.

C’est en tous les cas, encore une bien belle sortie chez Halcyon Veil, et on en est très heureux. On pense presque à aller s’installer au Texas, au moins sur Soundcloud.

Audio

Jesse Osborne-Lanthier — A.T.L.H.F.V.A.M.L.T.H.A.T.U.

Tracklist

Jesse Osborne-Lanthier – A.T.L.H.F.V.A.M.L.T.H.A.T.U. (27 juillet 2016, Halcyon Veil)

01. North Face Killah
02. Microchipped
03. Submitting To A Pile
04. Weed Kit
05. Web MD
06. That Captagon Sting
07. CRS
08. Velocity, Bilocation, Pyrokinesis (feat. Bataille Solaire)

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N.A.A.F.I – Pirata 3 http://www.hartzine.com/n-a-a-f-i-pirata-3/ http://www.hartzine.com/n-a-a-f-i-pirata-3/#respond Thu, 21 Jul 2016 09:57:41 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48493

Voilà, c’est maintenant un marronnier depuis trois ans, le collectif mexicano-andin N.A.A.F.I sort sa compilation pirate. Pirate parce qu’elle est […]

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Voilà, c’est maintenant un marronnier depuis trois ans, le collectif mexicano-andin N.A.A.F.I sort sa compilation pirate. Pirate parce qu’elle est composée entièrement de mash-ups et autres bootlegs. On y retrouve aussi bien des tubes de la pop music, que les productions du collectif. Rihanna feat. Paul Marmota remixé par LAO, LAO remixant Justin Timberlake, Rafa Maya feat. M.E.S.H, ou bien encore Alejandro Paz de Cómeme remixé par Imaabs. Au milieu de tout ça, beaucoup de DJ ou de beatmakers brésiliens et plein d’edits de Zutzut ou de Moro (dont on a déjà parlé pour un album signé chez NON). D’ailleurs, on retrouve un remix du premier projet réalisé entre NON et N.A.A.F.I, Embaci, sous la houlette d’OMAAR, autre DJ bien cool qu’on a pu voir dans les soirées Ressources du Nouveau Casino.

N.A.A.F.I est un collectif vraiment bizarre, vraiment monstrueux, l’hybridation des genres est inscrite dans son identité comme la techno pourrait être inscrite dans les gènes de Laurent Garnier. Depuis quelques années maintenant, ils remettent à la fois au goût du jour le ballroom en Amérique latine, et notamment au Mexique, mais organisent aussi des soirées, diffusent sur des radios, et inventent une nouvelle forme du club. Une forme non ethno-centrée. Une forme qu’il est parfois un peu compliqué d’apprécier pour certains puristes de l’électronique. N.A.A.F.I organise aussi des expositions et divers événements qui ne sont pas proprement musicaux et ils participent de la bien grande vitalité de Mexico en ce moment. Parfois aussi, on les voit mixer sous le nom Mexican Djihad. On dira que N.A.A.F.I est sans doute un parent ou un pendant du collectif NON qu’on a beaucoup chroniqué. À une différence près, N.A.A.F.I ne travaille pas exclusivement avec la diaspora, ils sont quasiment tous basés en Amérique latine.

Musicalement, on est dans la définition même du monstre baroque et de la musique monstrueuse. Électronique au sens très large, on vole de la jungle au reggaeton, en passant par le dancehall, le calypso, les percussions andines, la pop la plus dégoulinante, le grime, la trap, le hip-hop brésilien, ou la techno andine. Et c’est un bref aperçu de toute l’hybridité des compilations Pirata. Il y a même une sorte de morceau hard trance de Zakmatic qui ne manque pas d’intrigue… Bien sûr, on ne commentera pas chacun des 28 morceaux de la compilation. Mais ce qui est intéressant avec N.A.A.F.I, comme avec NON, c’est peut-être qu’on est en train d’assister à un assaut sur la musique électronique, et un assaut qui pour une fois n’est pas issu de notre universalisme occidental. Et cela, c’est peut-être déjà une forme de mini-insurrection. En tout cas, c’est une démarche politique certaine, et une démarche assez radicale. On ne va pas parler de déconstruction, il ne s’agit pas de ça, mais néanmoins il y a quelque chose d’une tentative de faire de la musique autrement, en utilisant d’autres matériaux, et d’autres manières d’imaginer la musique.

Autre fait notable, on trouve pas mal de Sud-Africains dans les mash-ups, ce qui confirme que N.A.A.F.I et NON ont sans doute encore de beaux jours et de belles collaborations devant eux. En tout cas, c’est un intéressant renversement d’hémisphère qu’il va nous falloir suivre avec beaucoup d’attention. Une sorte de connexion du monstrueux, du queer pour produire le club de demain, c’est assez joli à imaginer. D’ailleurs, ça n’est peut-être pas un hasard si on retrouve un mash up avec Venus X. Quelque chose est en train de se jouer entre un développement des scènes électroniques mexicano-andines, africaines et les diasporas minoritaires afro ou latino. Une insurrection via les minorités racisées ou sexuelles, d’habitude dominées, ça ne manque pas d’intérêt, et en tout cas ça nous rend bien curieux de l’insurrection queer de la musique électronique qui est à nouveau en train de se produire.

Le devenir-monstre en musique, ça parait quand même un peu classe. Mettre fin à une reproduction permanente des comportements et à la mollesse générale via l’hybridation, l’indésirable a priori, et l’ingouvernable… Du fauve, du sauvage et de l’intempestif dans tous les clubs, ça n’est pas pour demain, mais en tout cas il est en train de se jouer quelque chose d’important , quelque chose de l’ordre d’un renversement des circulations et des flux connus. Comme chacun sait, pour voir venir l’insurrection il ne suffit pas de bloquer les flux, il faut aussi les détourner, les renouveler et en créer d’autres. Court-circuiter la vie quotidienne par la musique bizarre, voilà déjà une étape qu’il va nous falloir suivre dans d’autres trajets.

Alors peut-être, qu’il est temps, avec N.A.A.F.I ou avec NON, de devenir nous aussi, monstrueux, pirates, ou bien simplement de s’émanciper de la mollesse générale et des injonctions à la moralité ou à la normalité dont nous ne sommes pas dispensés dans la fête ou dans l’intime. La normalité d’aujourd’hui n’est pas forcément autre chose qu’une posture transgressive. Peut-être qu’il est temps de tracer des voies diverses, des voies multiples, des voies sensibles et de se repencher enfin sur la question du sens et du sens politique dans la reproduction permanente du même qu’est souvent notre quotidien à tous. Et si on peut le faire avec une compilation, c’est bien avec celle-ci.

Ah oui, et en plus vous pouvez la télécharger gratuitement avec un simple clic droit. Court-circuiter les flux donc. Décolonisons tout, jusque dans la musique, jusque dans notre plus intime, ça ira sans doute mieux. Peut-être.

Audio

N.A.A.F.I – Pirata 3

Tracklist

N.A.A.F.I – Pirata 3 (19 juillet 2016)

1. LA GOZADERA (LECHUGA ZAFIRO CUMBRELATINX TOOL) – GENTE DE ZONA FT. MARC ANTHONY
2. MOET (IMAABS REWORK) – D ENYEL FT. MIKY WOODZ
3. AIRE SUENAN LAS ALARMAS (PIRATA MIX) – PAULMARMOTA X JKING & MAXIMAN FT YAVIAH
4. SPEND THE NIGHT EDIT – PNB ROCK FT. FETTY WAP X ZUTZUT
5. DASCE DANADINHA X ACID – MCS ZAAC E JERRY X IMAABS
6. RECUERDOS DE MY LOVE BOOTLEG – LAO X JUSTIN TIMBERLAKE
7. SAPOS Y DEMONIOS X DALE PA CA BOOTLEG – LECHUGA ZAFIRO X KENDO KAPONI
8. BUST X FOLLOW MUTE (SANTA MUERTE BOOTLEG) – RAFA MAYA X MESH
9. PHONE DOWN ZZ EDIT – ERIKAH BADU
10. BAD GIRL SPANISH REFIX – TRAXMATIK FT. EEVEE
11. DÉJÀ VU SINIESTRO X EL CADERAZO (ZAKMATIC TRA DEMONIO EDIT) – HOCICO X DEEJAAY QIICKEE
12. SI TE DEJAS LLEVAR 2016 EDIT – OZUNA FT. JUANKA X DJ BEKMAN & DJ AZA
13. DEJA TU ESTRES (ZUTZUT EDIT) – LOS TEKE TEKE
14. CLOAK ENGANGED X TU CUERPO ME ARREBATA (WASTED FATES BOOTLEG) – YAN KEEN X TRÉBOL CLAN X J ALVAREZ
15. TRAIANA X SAOCO (TAYHANA BOOTLEG) – SODA PLAINS X WISIN FT DADDY YANKEE
16. DAME MI BANDA (SINFUL REACTIONS EDIT) – EL MEGA X ZAKMATIC
17. GOLOZA X DJ BEKMAN EDIT – IMPACTO MC
18. LOUCO X HOL (SANTA MUERTE EDIT) – B. HYZZ X MC BRISOLA
19. WE FOUND COLAPSO (LAO BOOTLEG) – PAUL MARMOTA X RIHANNA
20. METELE (OMAAR RMX 2) – ZUTZUT
21. CAVE THONG (LAO BOOTLEG) – OLY X SISQO
22. MASSIVE BANG (PININGA EDIT) – MC MENOR DA VG X RUDEBOYZ
23. SAD SNIPER EDIT – DEADBOY X SANTA MUERTE
24. ERIKA KANE X DENSIDAD CERO (LAO REMIX) D33J EDIT – SPEAKER KNOCKERZ X IMAABS
25. BEAUTIFUL GORGEOUS X GOLDEN GIRL (PININGA EDIT) – MC MENOR DA VG X VENUS X
26. EL HOUSE (IMAABS TRASH EDIT) – ALEJANDRO PAZ
27. MENEITO BOOM BOOM ANGELELA PRAYER MIX – MORO X MISTA JAMS X KELELA
28. FREQUENCY (OMAAR RMX) – LAO FT. EMBACI

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SKY H1 – Motion http://www.hartzine.com/sky-h1-motion/ http://www.hartzine.com/sky-h1-motion/#respond Thu, 21 Jul 2016 09:38:18 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48489

Il manquait encore un album de l’été, tradition quasi millénaire des barbecues , c’est toujours un immanquable mélange entre mignon, […]

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Il manquait encore un album de l’été, tradition quasi millénaire des barbecues , c’est toujours un immanquable mélange entre mignon, fleuri et parfois neu-neu sucré. Bien, pour une fois, et on ne s’attendait pas trop à le trouver là, c’est Code, sublabel de PAN qui gagne la palme de la sortie « summer », et c’est très loin d’être neu-neu sucré.

Les lauriers reviennent à une très chouette productrice belge, SKY H1, dont on a déjà parlé puisqu’elle a collaboré entre autre avec le Bala Club et le plus confidentiel collectif berlinois Creamcake. La trame est un peu celle-ci : de l’ambient le plus mignon à une sorte de structure grime toute aérienne. Beaucoup de mélodies au synthé, de percussions clairsemées ici ou là, et beaucoup de cette émotion qu’on aime retrouver dans les sorties de PAN, un travail sensible quoi. SKY H1 explique que Motion est pour elle le moment d’un état émotionnel, une manière d’entrer dans un autre mouvement. Et effectivement ça se ressent à l’écoute, des morceaux sont plus tumultueux, presque plus sombres, à l’image de Night/Fall/Dream, Land ou I Think I Am. D’autres, au contraire, comme Air ou Hybrid qui ouvrent sont tout ce qu’il y a de plus vaporeux-jouissif à l’heure de l’été. Vaporeux mais pas neu-neu donc…

Il y a, en tout cas, une assez grande distinction et une assez grande précision dans les compositions proposées par SKY H1. Quelque chose de léché, de soigné, de très travaillé, notamment sur l’usage des percussions et autres petites basses, jamais elles ne viennent étouffer les nappes de l’Elysian qu’elle utilise, au contraire, il y a quelque chose d’un travail de ponctuation, quelque chose d’un travail de soulignement, de rythme. Vraiment, oui, il y a quelque chose de très distingué (au très bon sens du terme) dans ces mélodies, quelque chose qu’on retient pour sa qualité en tout cas.

Ce qui est certain en tout cas avec Motion, c’est qu’il a ce petit plus de sensible, d’émotion qu’on aime énormément et qu’on ne pensait pas retrouver dans ce qui s’apparentait parfois à une désespérante scène post-vaporwave, néo-R’n’B. Là, on est bel et bien dans une petite pièce de bravoure, dans une orfèvrerie vraiment très impressionnante, en d’autres termes une petite pépite. Le genre d’album qui vous fait changer d’humeur pour la journée, le genre d’album qui vous fait vivre un peu plus intensément le temps du quotidien. Parfois mélancolique, parfois euphorisant, et puis quand même avec un tube incroyable : Air

Finalement, Motion, c’est un peu comme découvrir un jardin abandonné au bord de l’eau, ou une petite jungle à côté de la grande route. Ça donne un peu envie de s’y réfugier et d’y rester pour observer, mais d’un peu loin, ou d’y dormir, ou d’y batifoler, ou d’y donner des rendez-vous secrets, ou de retrouver un amour perdu, ou des âmes qui errent, ou d’y fonder des partis ou des patries imaginaires, c’est au choix, mais c’est vraiment ce genre de sensible-là qu’on y trouve, une multiplication des fictions possibles et c’est vraiment très beau. Juste grande classe et jolie petite claque.

Audio

SKY H1 – Motion

Tracklist

SKY H1 – Motion (PAN, 15 juillet 2016)

01. Air
02. Hybrid
03. Night/Fall/Dream
04. Tell Me
05. Land
06. I Think I Am

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Alexandre Bazin – Full Moon http://www.hartzine.com/alexandre-bazin-full-moon/ http://www.hartzine.com/alexandre-bazin-full-moon/#comments Tue, 19 Jul 2016 09:02:10 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48478

L’ouverture est immédiate, abrupte, immergeante. L’introductif One Plus One semble avoir été composé comme une suite mathématique, une séquence de […]

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L’ouverture est immédiate, abrupte, immergeante. L’introductif One Plus One semble avoir été composé comme une suite mathématique, une séquence de Fibonacci qui ne se prolonge que parce qu’elle est le résultat des deux unités précédentes. C’est un code ronflant et tintinnabulant traité par une ligne de basse monosyllabique et austère qui ne se révélera pas beaucoup plus volubile dans le morceau suivant Outsiders, dont la discrète expressivité sert d’abord les modulations de claviers numériques rappelant l’orgue et le clavecin. Harmonisées dans une structure redondante, elles servent de soutien à des soli de flûte, seul instrument totalement libre de la plage, jouant à cache-cache avec les autres stems avant de faner, comme le reste, dans un crépuscule chaud étiré à l’infini. Tombe la nuit, décide soudain Bazin qui prolonge son approche néo-classique amorcée à la flûte par une brève berceuse au piano, The Glass Key, dont Arvo Pärt n’aurait pas boudé le minimalisme et la délicatesse. Son œuvre, c’est celle-ci, cette dimension cartésienne de l’émotion, l’empathie à travers la structure, maîtrisée, contrôlée. En trois scènes, le Parisien membre du Groupe de Recherches Musicales, à l’occasion partenaire de Jonathan Fitoussi, laisse entrevoir un univers personnel entre traduction cinématographique et métonymie cosmique.

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Comme un prologue, ces trois premiers morceaux ouvrent un album entièrement acquis à la nuit, peut-être bien un album concept. L’orchestration, sans se départir de son ambient minimaliste, gagne en générosité, en trames de fond aux bourdonnements électrisants, suspendus dans l’espace sans révéler leur origine. Youth, par exemple, murmure un blues à l’immortalité robotisée, où subsiste la conscience de l’éternité placide d’un humanoïde au vieillissement inutile. Plus véloce, Runaway esquisse une indolence hispanisante avant de se défiler en une échappée dont les kilomètres s’égrenent à travers une rythmique progressive et répétitive, avant de laisser fuir les premières notes post new-age d’un Silence Of The Sea dont les nappes façonnent un ressac clairsemé de rivage sans tourment. Plus loin, Full Moon, qui donne son nom à l’album et en justifie l’approche concept, joue avec l’espace et le temps dans un phasing craquetant qui perturbe l’équilibre et la concentration: la fuite prend une dimension flottante qui ne trouvera son issue que dans l’envolée ultime de Nova Express et son esthétique kosmische appliquée à une série de sons 8 bits. L’album se referme sur une ascension qui ne rejoindra plus la terre ferme.

Si la brièveté des morceaux empêche le côté extatique des compositions de s’installer bien longtemps, la faute — en est-ce une? — en incombe au penchant de Bazin pour l’ossature mélodique et le métissage des influences qui n’ont pas besoin, chez lui, de plus de cinq minutes pour libérer leur sensibilité. De la même façon qu’un poème peut parfois souffrir de sa longueur et émousser sa stylistique trainante sur d’interminables vers, la musique cherche d’abord sa structure avant de relâcher son émotion.

Audio

Alexandre Bazin – Night Riders

Tracklist

Alexandre Bazin – Full Moon (Umor Rex, 22 juillet 2016)
01. One Plus One
02. Outsiders
03. The Glass Key
04. Night Riders
05. Youth
06. Runaway
07. Silence of the Sea
08. Followers
09. Full Moon
10. Space is the Place
11. Nova Express

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Mistress – Hollygrove http://www.hartzine.com/mistress-hollygrove/ http://www.hartzine.com/mistress-hollygrove/#respond Fri, 15 Jul 2016 09:30:35 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48463

Mistress, producteur basé à la Nouvelle-Orléans, sort un album sur le décidément toujours excellent Halcyon Veil, label de Rabit. On […]

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Mistress, producteur basé à la Nouvelle-Orléans, sort un album sur le décidément toujours excellent Halcyon Veil, label de Rabit. On pourrait dire qu’il s’agit d’un album de grime expérimental qui va du sample le plus classique du hip-hop au glitch le plus bizarre de l’expérimentation. Enfin, du grime on ne retrouve qu’une structure, disons, osseuse. Les codes et les tropes minimaux du genre. On est parfois face à un morceau électronique, parfois face à ce qui pourrait être une instrumentation hip-hop. On retrouve aussi quelques sonorités « vogue », ghetto house, UK, et bass music.

Six morceaux dans cette sortie, et une tension assez palpable, quelque chose de l’ordre d’un équilibre menaçant, d’une structure tendue qui ne tient que par des raccords, des accroches invisibles. Le tout s’articulant autour d’une géographie sonore imaginaire qui ferait des trajets permanents entre US et UK. C’est un album hybride et hétérogène, « monstrueux » donc, où l’on retrouve tout aussi bien les figures d’un genre aussi précis que le grime, que des nappes de synthés d’église, et des mélodies, disons, baroques. Kanagawa Homicide et Behemoth font penser quant à eux à une expérimentation US/Latino Club, un peu un croisement entre Bala Club et Kunq. Il y a une vraie émotivité dans Hollygrove, et c’est une chose assez rare pour la souligner. Quelque chose de l’ordre de la production de sensations et peut-être plus largement de sentiments. Un espace sonore sensible.

En tout cas, il s’agit d’une exploration et d’une expérimentation réussies, et Mistress signe avec Hollygrove la cinquième (déjà) brillante sortie du le label du Texan Rabit, voilà qui semble prometteur pour l’avenir proche et lointain. Par ailleurs, il est quand même assez incroyable de constater le retour des problématiques du baroque, cinq siècles après ses dernières explorations. En musique, comme en esthétique ou en philosophie… Hybridité, hétérogénéité, mélange et multiplication des genres, figure du monstre, de l’anormal, identité multiple, voire désidentification, etc… Mais peut-être que produire le baroque du XXIe siècle est, qui sait, un des objectifs d’Halcyon Veil.

Audio

Mistress – Hollygrove

Tracklist

Mistress – Hollygrove (2 juillet 2016, Halcyon Veil)
01. Lie Dormant
02. Hollygrove
03. MJOLNIR
04. Kanagawa Homicide
05. Behemoth
06. Gatekeeper

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