http://www.hartzine.com HARTZINE : THE INDIE MUSIC WEBZINE Sat, 21 Jan 2017 13:49:25 +0000 fr-FR hourly 1 NV – Binasu http://www.hartzine.com/nv-binasu/ http://www.hartzine.com/nv-binasu/#respond Sat, 21 Jan 2017 11:28:08 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54149

Quand on vous disait qu’on vous reparlerait très vite de Mind Records ! C’est par le biais de l’album Binasu […]

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Quand on vous disait qu’on vous reparlerait très vite de Mind Records ! C’est par le biais de l’album Binasu de la jeune NV que le label fait un retour fracassant. Mais d’abord NV, c’est quoi, c’est qui ? Derrière ces deux lettres se cache Kate Shilonosova, productrice et chanteuse moscovite qui prêta un temps ses talents de vocaliste, maniant aussi la gratte au sein du grunge-band russe aux accents pop, Glintshake. Malgré le support de MTV et des antennes radio, le succès n’est pas au rendez-vous et le groupe rapidement oublié… Ou du moins en pause. En parallèle, la jeune femme voyage pas mal, notamment au Japon, et commence à sortir une poignée de EPs sous le pseudo de Kate NV ou tout simplement NV, elle prêtera également sa voix à la sublime ballade pop de Larry Gus, Belong To Love, et s’ouvre la carte vers une carrière internationale. Binasu a d’abord été édité en catimini chez Orange Milk à une poignée de cassettes avant que Mind Records récupère les droits de ce génial ovni discographique, faisant la part belle, grâce à une superbe galette, à ce petit bijou de synthpop passé trop injustement inaperçu.

On pourra être désarçonné par prime abord par la prise de risque du label, puisqu’on est assez loin des fulgurances lugubres et pleines de testostérones auxquelles nous avait habitués des artistes comme Bataille Solaire, Femminielli ou encore Night Musik. Ici NV habille habilement, de sa voix gracile et vaporeuse, des mélodies synthétiques envoûtantes et très largement minimalistes. Impossible dès les premiers titres de ne pas penser à des artistes comme The Human League époque Travelogue, Yellow Magic Orchestra (faut-il choisir un album ?) mais le plus souvent à Kate Bush, comme notamment sur les titres Inn et Binasu. La jeune russe connaît ses classique sur le bout des doigts et offre des mélodies rafraichissantes, un brin rêveuses, sans jamais céder au copier/coller. Il y a ce sens de l’harmonie qui fait fondre notre petit cœur mais qui ne tombe jamais dans la niaiserie, bien au contraire. On retrouve derrière Binasu le même génie qui fut derrière The Kick Inside, ce mariage indécent entre simplicité, innocence pure et travail d’orfèvre, expérimentations cristallines… Plus qu’un joyau, un œuf de Fabergé ! Certainement la perle rare de ce début d’année et assurément une artiste à suivre.

Vidéo

Tracklist

NV – Binasu (Mind Records, 15 février 2017)

01. Bells Burp
02. Inn
03. Grass In The Woods
04. Binasu
05. 3Arms
06. Kata
07. kku
08. Dance
09. Nobinobi
10. YYG

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MIXTAPE : Home made 09 by Aki http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-09-by-aki/ http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-09-by-aki/#respond Thu, 19 Jan 2017 11:00:09 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54118

Oui, c’est l’hiver et il caille sévère. Fous ta chapka, sors la vodka et écoute la sélection d’Aki, tu le […]

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Oui, c’est l’hiver et il caille sévère. Fous ta chapka, sors la vodka et écoute la sélection d’Aki, tu le regretteras pas.

01 – Caroline K – Chearth
02 – In Aeternam Vale feat. Anneq – Je Ai Dissous (Page R version)
03 – Kaitlyn Aurelia Smith & Suzanne Ciani – Retrograde
04 – K-Lone & Ill Chill – Rare Jewels
05 – John T. Gast – Jah Guidance
06 – Peder Mannerfelt – Building Of The Mountain
07 – Alessandro Cortini – Ovest
08 – Deathprod – Treetop Drive 3
09 – Hex – Exotica
10 – Kyoka – Smash/Hush
11 – Marie Davidson – La Femme Écarlate
12 – Fatima Yamaha – Love Invaders
13 – Pan Daijing – Exile
14 – Not Waving – Redacted 2
15 – Manie Sans Délire – Pyre
16 – Bourbonese Qualk – Something In The Air
17 – Rezzett – Rupez
18 – Ekman – سبعة عشر
19 – Mitchell Goor – The Self Destructive
20 – Unknown – A1
21 – Years Of Denial – Metal Wave (Broken English Club remix)
22 – James Ruskin – Take Control (Surgeon remake)
23 – Alessandro Adriani – Crow (Mick Wills cut)
24 – Restive Plaggona – Muse Of Tragedy
25 – People Skills – Gunshots At Crestridge II
26 – Skinny Puppy – Politikil
27 – Youth Code – Commitment To Complications

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Myrrias http://www.hartzine.com/myrrias/ http://www.hartzine.com/myrrias/#respond Wed, 18 Jan 2017 11:02:07 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54121

Il y a quelque semaines nous vous parlions de Jeff Zeigler, producteur prolifique basé à Philadelphie. Cette fois-ci nous retournons […]

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Il y a quelque semaines nous vous parlions de Jeff Zeigler, producteur prolifique basé à Philadelphie. Cette fois-ci nous retournons dans « la ville de l’amour fraternel » pour donner un coup de projecteur sur Myrrias, super-groupe de filles menée par Mikele Edwards (Arc In Round), April Harkansan (Downtown Club), Emily Robb (Louie Louie, Lantern) et Casey Bell (Break It Up). Il y a tout juste un mois, elles sortaient leur second LP, Spectra, sur le tout jeune label de Zeigler, Soft Dystopia. Huit titres dream pop où s’étendent des nappes shoegaze et des motifs psychédéliques. Sophistiquées à souhait, ardentes et sombres à la fois, les chansons menées par la voix hypnotique de Mikele invitent à une séduisante dérive enivrante. Découvrez Spectra en streaming et une mixtape exclusive concoctée par le groupe. Enjoy !

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Des montagnes de Pennsylvanie, actuellement je suis à Philadelphie.

The mountains of Pennsylvania, currently in Philadelphia, PA.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Quelque part au Nord et où il fait froid, probablement dans le Maine, mais je déménagerais en Suède si je le pouvais.

Somewhere North and cold, probably Maine but I’d move to Sweden if I could.

Pourquoi la musique ?
Why music?

C’est la seule chose que je puisse faire pour rester saine d’esprit.

It’s the one thing I can do to restore sanity in my life.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Je peux simplement espérer que quelque chose d’autre ferait du bien à ma santé mentale. Peut-être la physique, c’était presque ma spécialité à la fac.

I could only hope that something else would keep me sane! Maybe something like physics – I almost majored in that in college.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Une fois que je me suis rendue compte que tout cela n’avait pas réellement d’importance, j’ai pu profiter de la vie.

Once I realized none of it really matters, I could actually enjoy life.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Croire en moi et ne pas rendre ma musique trop compliquée.

Trusting myself and not overcomplicating my music.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Je ne pense pas que mes groupes précédents auraient existé si je n’avais pas compliqué les choses plus que nécessaire. Par conséquent, je n’en serais pas là aujourd’hui.

I don’t think any of my previous bands would have existed without making things more complicated than they needed to be. And therefore, I wouldn’t be where I am today.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Je ne crois pas en la mort artistique, à moins que la personne ne décide d’arrêter de créer. On peut toujours trouver un moyen d’être artistique, à n’importe quel âge ou moment de sa vie.

I don’t believe there’s artistic death unless the individual chooses to stop creating. You can always find a way to be artistic at any age or time in your life.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Un moment de silence, en général dans des toilettes.

A moment of silence, usually in a bathroom stall.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Je ferais un groupe avec Nico, Trish Keenan de Broadcast et Laetitia Sadier de Stereolab.

I’d form a group with Nico, Trish Keenan from Broadcast and Laetitia Sadier from Stereolab.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Gagner ma vie avec ma musique est toujours un rêve. Si je pouvais atteindre ce but sans sacrifier mon intégrité, je serais extrêmement satisfaite.

Making a living with music is still a dream for me. If I could ever get to that point without sacrificing my integrity, I’d be extremely content.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Continuer à aller de l’avant.

Keep moving forward.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

J’ai hâte d’avoir les cheveux blancs et une coupe en carré plongeant. Je vivrais probablement dans le Maine avec mon mari et ferais de la musique ambiante à base de field recordings et de synthés faits maison.

I can’t wait to go fully grey and have a bob haircut. And I’ll probably live in Maine with my husband and make ambient music with field recordings and home made synths.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Étant donné que je m’apprête à faire venir au monde un bébé, je vais probablement me concentrer sur l’écriture et l’enregistrement et moins sur le live. Peut-être que je vais finir par faire de la musique gothique pour enfants.

As I’m about to bring a little babe into the world, I’ll probably focus more on writing and recording and less on performing live. Maybe I’ll get into writing gothic children’s music.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

J’aime le vin et le camping et j’ai hâte de ne plus être enceinte pour apprécier ces choses à nouveau !

I love wine and camping and can’t wait to not be pregnant and enjoy these things again!

Photo : Kyle Costill

Écoute exclusive

Audio

Tracklist

Myrrias – Spectra (Soft Dystopia, 02 décembre 2016)

01. Unlock My Eyes
02. All Alone
03. PEAK
04. Pattern
05. Marias
06. Focus
07. Hues
08. 60/40
09. Introspectrum

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VvvV – VvvV http://www.hartzine.com/vvvv-vvvv/ http://www.hartzine.com/vvvv-vvvv/#respond Mon, 16 Jan 2017 22:00:17 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54101

Besoin impérieux de tout quitter, courir comme un dératé à travers champs et s’arrêter à la première friche croisée pour […]

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Besoin impérieux de tout quitter, courir comme un dératé à travers champs et s’arrêter à la première friche croisée pour prendre la pose, vêtu de noir, une cagoule sur la tête et un fusil porté à l’épaule. Le Korg en second plan. Portrait de la nouvelle garde de défense du clavier, organisation obscure pour l’indépendance des notes noires et blanches. Sentiment d’imminence quand les gyrophares sonores du duo bordelais VvvV prophétisent l’émeute dès Like, premier morceau de l’album du même nom qui, sorti à l’automne dernier, a réussi à invoquer et faire rugir les sirènes de l’enfer. Un moment de grandiloquence qui n’effraie que ceux qui ne seront jamais préparés à recevoir telle envolée symphonique, concerto maléfique pour synthpunk.

VvvV, c’est l’apocalypse fait synthé, baroque et faste, le sceau du diable dessiné à travers les quatre consommes onomatopéiques d’un faux palindrome baveu qui semble dire : vite, violent, vénère et vif. Les sens en ébullition, la furie d’une réunion des genres pop, punk, kraut et cold déferle, sur fond de chant cabalistique et de sonorités qui flirtent parfois avec l’indus à la Soft Moon. Démonstration ci-après avec la doublette Clean et Nation.

Esprit malin, le duo capture ses victimes sous les feux d’un style téméraire et joue avec l’instinctivité de la réaction qui s’en suit. On devient adepte, discipline. Les barrières tombent, c’est prêt à être sacrifiés qu’on fonce vers le brasier VvvV, pris sous les coups de boutoir de The Beast. L’étau des nappes opaques se resserre mais les respirations Alive et Your Life maintiennent hors de l’eau, geste salutaire et manifestation du diable, rengaine entêtante n’apaisant que pour mieux assaillir. V Le Virulent. Sur les terres du Graves, le rouleau compresseur de neuf titres de cet album prend de court, la procession laisse suffoquant mais prouve que Bordeaux rocke toujours, merci beaucoup pour elle.

Audio

Tracklist

VvvV – s/t (Detonic Recordings / À Tant Rêver Du Roi, 18 novembre 2016)

01. Like
02. Slugs
03. Getaway
04. Your Life
05. Clean
06. Nation
07. The Beast
08. Alive
09. Light

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X.I – Last Waves http://www.hartzine.com/x-i-last-waves/ http://www.hartzine.com/x-i-last-waves/#respond Thu, 12 Jan 2017 14:03:22 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54088

Bon, autant y aller cash, en ce début d’année, vous allez bouffer du Mind Records (lire) par plâtrée, le label […]

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Bon, autant y aller cash, en ce début d’année, vous allez bouffer du Mind Records (lire) par plâtrée, le label franco-nippon ayant décidé de soigner notre gueule de bois post réveillons à renfort de synthwave bien péchue comme le prouve ce 7 pouces de X.I, artiste australien qui a débuté sous l’ère Reagan… pour les plus curieux, Google is your best friend ! Last Waves, titre phare de mini EP, puise son inspiration dans le meilleur de Carpenter (lire) et Vangelis, dévoilant une électro discoïde aux accents frénétiques, reflétée par un clip totalement eighties tranché au stroboscope et cuté à grand renfort de taglight. La deuxième piste, Prince William Sound, même si moins galopante, n’en reste pas moins excitante, rappelant les BO emblématiques de Big John. Une galette essentielle, hélas limitée à 199 exemplaires, mais qui n’a pas fini de faire remuer sur les dancefloors.

Pour commander le disque, c’est par ici que ça se passe !

Vidéo

Tracklist

X.I – Last Waves (Mind Records, 06 décembre 2016)

01. Last Waves
02. Prince William Sound

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Noyades http://www.hartzine.com/noyades/ http://www.hartzine.com/noyades/#respond Wed, 11 Jan 2017 11:00:10 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54068

Noyades est un trio de Lyon qui, avec le prompt sens du naturel de ceux qui s’amènent, ouvrent une bière, […]

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Noyades est un trio de Lyon qui, avec le prompt sens du naturel de ceux qui s’amènent, ouvrent une bière, rigolent un bon coup puis repartent, a déposé ses gros souliers sur la longiligne autoroute du hard et ne cesse depuis cet état de fait d’aligner les concerts façon boule d’hydrogène. Le groupe possède ce solide mental qui leur donne pour objectif de jouer partout, dans toutes les circonstances et – surtout – dans toutes les positions possibles, vous les avez peut-être vus par chez vous : en live, Noyades – avec d’autres groupes de la même bouteille comme Cosmic Dead ou Hey Colossus – dispense cette efficace parole qui redonne un peu de fulgurance et de passion à un genre qui s’éteignait quelque peu dans les molles affres de l’indifférence. On a soumis les trois garçons à une Out Of The Blue, en attendant leur concert le samedi 04 février prochain au Petit Bain pour leur sortie de résidence.

D’où viens-tu ?

Jessy (batterie) : On va dire qu’on vient de Lyon, c’est en tout cas notre point de ralliement principal, le siège de notre club, le FC Noyades…

Où vas-tu ?

Pour l’instant, dans des salles en Suisse où il fait -19°C, mais on va essayer de jouer un peu plus au soleil dans les mois à venir. Notre but réel est bien sûr de conquérir le monde et d’instaurer l’Acid Hard au programme scolaire de toutes les écoles… C’est là qu’on va vraiment.

Pourquoi la musique ?

Je crois qu’on est tous trop fainéants pour faire dix heures dans une mine et qu’on a trop d’éthique pour être contrôleurs TCL (Transports en Commun Lyonnais), puis franchement, être avec ses potes pour créer un truc cool, rencontrer plein de gens, voir plein d’endroits trop bien, faire la fête en buvant de la gnôle… Il faut le dire, c’est une occupation super cool !

Et si tu n’avais pas fait de musique ?

Mon dieu… Je pense qu’on vendrait du cuivre, ou bien qu’on serait en permanence au PMU City de la place des Terreaux (fameuse et grande place centrale à Lyon) pour essayer de devenir riches… C’est une question qui nous angoisse, on ne peut pas trop en parler.

Une épiphanie personnelle ?

Cyril (guitare) : Pour ma part, il y en a eu plusieurs. Récupérer une cassette de Rohff à 8 ans, la discographie complète d’AC/DC en 64kb/s à 11 ans, et tomber la même semaine sur un live de Sunn O))), un autre de Fushitsusha et Merzbow sur YouTube à 14 ans. Peut-être que ça peut expliquer certaines choses.

Une révélation artistique ?

Dernièrement, la discographie complète de Ringo Shiina et Tokyo Jihen. Ça me rend complètement fou, et sourd aussi. La production des albums est souvent plus radicale qu’un disque de grindcore, niveau aigus qui arrachent la tête. J’ai récupéré tout ce qui avait été enregistré depuis le début de sa carrière, même les démos qu’elle a envoyé à EMI avant d’être signée.

Le revers de la médaille ?

Je me mets à bosser du jazz.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?

Pour le moment j’ai l’impression que les Steel Panther se portent plutôt bien, mais il faudrait leur poser la question…

Un rituel de scène ?

Vince (basse) : Je m’y colle parce que je crois que je suis celui qui est le plus chargé à ce niveau, ah ah ! Je pourrais te dire que j’écoute Hatebreed en faisant des pompes avant de boire une bonne grosse rasade de brûleur de graisse comme Mamadou Sakho. Mais la vérité c’est qu’avant de monter sur scène, je m’enferme dans les toilettes et je fais le truc le moins punk rock du monde : des échauffements du corps entier, de la tête au pied, muscle par muscle, que j’ai appris quand je prenais des cours de direction de chœur en licence de musicologie. C’est le truc le moins crust du monde mais ma mutuelle couvre que deux consultations d’ostéo par an. Pendant les premières années, Cyril convulsait régulièrement sur scène mais il a un peu faibli ces dernières semaines, je vais lui casser les couilles pour qu’il recommence. J’aimais bien, ça faisait peur aux gens. Quant à moi, je poursuis ma quête du grand écart facial 100% à la Jean-Claude Van Damme dans Blood Sport (version VHS, la meilleure).

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?

Hors musique, je crois que je vais accomplir ce que je rêvais de faire depuis des années : je vais bosser pour Villette Sonique en 2017. Et en musique : un producteur impitoyable, qui te casse les couilles à l’extrême tant que ton disque est pas genre parfait au putain de millimètre. Apparemment, Bob Rock se traîne cette réputation, et en plus il a délocalisé son studio à Hawaï.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?

UNE TOURNÉE EN PREMIÈRE PARTIE DE MÖTLEY CRÜE AU JAPON EN 1987.

Et la vraie réponse : jouer avec Noyades au Japon, à Taïwan, au Brésil, à Montevideo en Uruguay, au Chili, en Argentine, en Nouvelle-Zélande, faire une tournée infinie en Australie et, inch’Allah, un jour aller jouer en Égypte chez nos potes de PanSTARRS, un super groupe de cold wave du Caire. Ah et une tournée de stades US avec Guns N Roses au complet en 2018.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?

Jessy : Question difficile… En fait, on fait partie de la dynastie des Kurganes (les méchants dans Highlander). C’était donc en -1000 av. J.C., une époque compliquée pour nous. On vivait dans ce qui s’appelle aujourd’hui la Russie, où la vie était très dure. Quand on avait 12 ans on traînait avec un groupe de bandits qui dévalisaient les caravanes sur les routes qui mènent de la mer Méditerranée à l’Inde, c’était pas cool. Si on avait su, on ne le referait pas. Plus sérieusement, c’est difficile à dire, je pensais à peut-être m’intéresser à la musique plus tôt, mais franchement on a tous commencé l’instrument tard et je crois que c’est très bien comme ça.

Comment te vois-tu dans trente ans ?

Vince : J’suis le mec le plus vieux du groupe, dans trente ans on sera en 2047, j’aurais 61 ans. Personnellement, j’espère palper un max d’alloc’ pour passer ma vie en thalasso avec minimum hammam, douche suédoise, sauna, bains chauds, le truc avec les concombres sur la tronche et massages aux huiles essentielles remboursés à l’infini par la Sécu qui aura été restaurée par le président José Bové en 2043, élu en 2042 après les cinq mandats de François Fillon.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?

En tant que Noyades, nous espérons surtout ne jamais tomber dans le jazz rock, ou le prog, du moins au niveau du style : avoir un catogan avec basse 7 cordes fretless sans tête, une batterie à 360 degrés avec double grosse caisse et gong et guitare double neck. Si on arrive à échapper à ça, on sera heureux. Pour le reste, difficile à dire… Certainement déménager dans les montagnes en Azerbaïdjan pour tout apprendre du shred et des configurations de boîtes à rythme. On va s’en payer une bonne tranche dans la playlist, tiens.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)

Pas vraiment… Plaisirs coupables, à part la Maximator, les gaufres au miel et le Hard FM, rien de spécial à signaler!

Quelle est votre actualité ?

Nous bossons sur un projet incroyable de split pour célébrer la fin du studio Davout où nous avons enregistré Go Fast. C’est un endroit mythique depuis les années 1960. Il y a eu Stockhausen, Boulez, Prince, France Gall, Zazie, les Talking Heads, Ozzy Osborne, Fela Kuti, Compay Segundo qui ont enregistré des disques de diamant là-bas, et des milliard d’autres. Le studio A est tellement grand que tu peux enregistrer les plus gros orchestres de l’histoire, genre Mahler et Wagner et leurs symphonies à 120 musiciens. On va faire un 4 way split là-bas, dix à douze minutes max de zik par groupe et après on le sort en LP via les labels qui seront intéressés. Les dernières heures d’un studio mythique laissé aux mains de groupes DIY/indé qui vont venir faire leurs conneries de musique cheloue là où les Rolling Stones ont enregistré. Et à coté de ça, continuer à tourner à mort, avec des groupes comme Satan, Korto, Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs, Autisti, etc. Ah et aussi la sortie de Go Fast sur le label suisse Hummus Records. On ira célébrer ça en Suisse pour deux super dates à Lausanne et La Chaux de Fond avec Autisti et Closet Disco Queen.

Écoute exclusive

Vince :

Limp Wrist – Cheap Art

Souvenir de mes années crust.

NOFX – It’s My Job To Keep Punk Rock Elite

Souvenir de mes années skate où je faisais pas de skate.

Pneu – Oiseau-Aigle

Souvenir de mes années Pneu avec, au début du morceau, un break de batterie volé sciemment à Raised Fist selon JB (batteur de Pneu).

Jessy :

Ramones – Pet Sematary

Grégory – LSD et Système D

TRUST – Antisocial

Cyril :

Cammelia ft. Nanahira – ニワカ三年オタ八年、インターネッツはforever (長文スマソLong ver.)

Tokyo Jihen – サービス

Rəhman Məmmədli – Cütcü

Audio

Tracklist

Noyades – Go Fast (22 octobre 2016)
01. Réplique
02. Machhapuchhare
03. Bear Rider
04. No Other Grave Than The Sea
05. Sidi Abderrahman
06. Mevlana
07. Reflects

A noter également que Noyades sera au Petit Bain le samedi 4 février prochain en compagnie de Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs, Cocaïne Piss et Villejuif Underground, pour leur sortie de résidence. On vous recommande très fortement cette date : plus d’informations par ici et les préventes peuvent s’acquérir .

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Jefferson Aircrash – Large Hadron Collider http://www.hartzine.com/jefferson-aircrash-large-hadron-collider/ http://www.hartzine.com/jefferson-aircrash-large-hadron-collider/#respond Mon, 02 Jan 2017 11:00:00 +0000 http://www.hartzine.com/?p=54016

par Nastasia Hadjadji De Jefferson Aircrash on ne connait que peu de choses : side-project de l’artiste italien pluridisciplinaire Rodolfo […]

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par Nastasia Hadjadji

De Jefferson Aircrash on ne connait que peu de choses : side-project de l’artiste italien pluridisciplinaire Rodolfo Valenti – qui officie également sous l’alias V/Plasm lors de performances visuelles et VJing -, adepte de techno rugueuse et agressive. Alchimie instable entre sonorités doom, industrielles et samples synthétiques, Large Hadron Collider est une tape dense, concentré de six tracks de techno expérimentale ombrageuse.

À quelques variations de gris près, c’est la noirceur qui domine dès le premier track (Set Particles), et qui se prolonge dans des textures abrasives et rugueuses de Hangar. Influences industrielles donc, auxquelles s’ajoutent parfois des expérimentations noise (Proton Decay). Plus loin, Jefferson Aircrash nous emmène dans un tunnel long et brumeux de dix minutes (Large Hadron Collider), pour ensuite nous plonger dans une atmosphère kaléidoscopique, sombre, répétitive (Totem).

Musique de danse, musique de transe, musique d’aube : la techno de Jefferson Aircrash est expérimentale et moléculaire. Riche de sonorités originales, la tape offre une synthèse de dark techno aux influences diverses sans y imposer de lourdeur trop évidente.

Techno expérimentale ombrageuse, intransigeante ; elle conviendra aux adeptes de dancefloors introspectifs (voire autistiques) plus qu’à celles et ceux en recherche de partages extatiques. Une sortie judicieuse de plus pour l’exigeant label de musiques électroniques expérimentales Hylé Tapes.

Audio

Vidéo

Tracklist

Jefferson Aircrash – Large Hadron Collider (Hylé Tapes, 16 décembre 2016)

01. Set Particles
02. Hangar
03. Proton Decay
04. Large Hadron Collider
05. Totem
06. Rêverie

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Wave Temples http://www.hartzine.com/wave-temples/ http://www.hartzine.com/wave-temples/#respond Wed, 21 Dec 2016 13:14:53 +0000 http://www.hartzine.com/?p=50114

Not Not Fun Records et Hartzine, ça matche plutôt bien (lire). C’est donc naturellement qu’on s’est tournés vers l’une de […]

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Not Not Fun Records et Hartzine, ça matche plutôt bien (lire). C’est donc naturellement qu’on s’est tournés vers l’une de leurs dernières sorties pour refermer la saison 2016 d’Out Of The Blue, Wave Temples, qui dessine les contours de drôles de cartes sonores imaginaires à sonder les yeux fermés, allongé dans un hamac. Les field recordings architecturés avec transparence et les expérimentations sous plantes exotiques qui composent cette cassette intitulée Isle Enchanted sortie il y a quelques jours à peine nagent dans les eaux pas si limpides et bien hallucinées de sa Floride natale. À moins qu’il ne s’agisse d’une île mystérieuse, perdue dans les limbes d’un océan Pacifique source des fantasmes inassouvis de cet explorateur enregistreur des fonds marins… plongée dans les profonds méandres de son processus créatif.

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Je suis originaire de Floride mais je suis assez persuadé de venir d’ailleurs, je passe pas mal de temps dans ma tête.

I hail from Florida but Im pretty sure I come from somewhere else. I spend a good deal of time in my head.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

À ce stade de ma vie, je me sens être une sorte de star vivant des moments de parfaite coïncidence dans une mer d’incohérence autrement chaotique.

At this point in my life I feel like I am kinda star charting moments of perfect coincidence in a sea of otherwise chaotic randomness.

Pourquoi la musique ?
Why music?

Bonne question. Il fut un temps où je connaissais la réponse, ah ah ! La musique peut être un moyen d’expression très unique. Parler d’un « langage universel » fait plutôt cliché de nos jours mais ça me semble vraiment être une sorte de langage vestigial, ou peut-être une combinaison de genres venue de la quatrième dimension qui réussirait à exprimer des choses qui ne pourraient être communiquées d’aucune autre façon.

Thats a good question. I used to know the answer to that haha… music can be a very unique form of expression. To say a “universal language” is probably a little cliche today but it does seem to me like some vestigial language or maybe a 4th dimensional connection of sorts… that can express things that can’t really be communicated in any other way.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Je doute qu’une telle réalité puisse exister ; j’ai eu des périodes où j’ai essayé de ne pas écouter de musique mais cela a souvent été des moments de tristesse et de frustration. Je m’intéresse aussi à la photographie, aux techniques de cinéma, à la narration et à la réalisation mais j’estime que ce sont d’autres formes de musique.

I’m not sure such a reality exists… I’ve gone through periods where I tried not to listen to music but it was often sad and frustrating times. I also like photography, cinematography, storytelling, and filmmaking … but it’s all kind of music to me.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Un jour, j’ai dû me demander pourquoi je faisais tout cela. Parce que booster mon ego ne m’intéressait plus et que je n’ai jamais trouvé gratifiant de placer un personnage ou une célébrité au-dessus de tout ce qui peut être réel ou vrai. Les êtres humains sont fondamentalement imparfaits, à un certain niveau ça en devient même de la connerie, mais il reste des endroits sacrés, au moins dans un état d’esprit si ce n’est plus dans un état matériel. Loin de moi l’idée de ne pas percevoir toutes ces réalités comme un besoin du monde d’aujourd’hui, je pense juste qu’il n’est pas bon pour moi de concentrer mon énergie dans ces directions. Si tu crois que la musique est sacrée, qu’elle peut transcender le monde dans lequel nous vivons, où est-ce que tu peux bien aller à partir de là ?

At some point I had to question why I do any of this… because I’ve lost interest in ego aggrandizing and it never felt rewarding to me to put persona or celebrity over all the possibilities of what can still be real or true. Humans are inherently flawed and at some level it’s all bullshit, but there are still sacred places left. If not in material form than at least a state of mind. Not that I don’t accept all theses realities as a necessity of our world today…. it just didn’t seem right that I focus my energies in those directions. If you believe music is sacred and can transcend the normal world we live in… where do you possibly go from there…

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Bien sûr, plein. Le plus brutal étant ce flirt total avec la folie. L’isolation aussi.

Sure, lots. At it’s rawest, a total flirtation with madness; isolation.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Dernièrement, je suis tombé sur une citation que j’ai beaucoup aimée : « accepte les dons de l’heure avec joie et renonces-y avec stoïcisme ».

A quote I came across recently that I like a lot is “Accept the gifts of the hour joyfully and relinquish them stoically”.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

J’improvise presque tout ce que je fais, j’ai tendance à écrire et expérimenter à travers le live. Une fois que les sets sont prêts pour l’enregistrement, j’efface souvent tout et je recommence, ça m’empêche de faire les choses de manière mécanique ou ennuyeuse et m’aide à réfléchir aux endroits (réels ou imaginés) qui m’inspirent. Cela me rappelle pourquoi je fais ça. Cela dit, cette année, m’envoyer des shots de vodka tropicale avant de monter sur scène et durant les lives a été un rituel très efficace, ah ah !

Almost everything I do is improvisational and I tend to write and experiment through live shows. Once the set gets laid down to tape I often scrap everything and start over. It helps keep it from getting mechanical or boring. It helps to think of places (real or imagined) that inspire me; Just to remember why I’m doing this… but with that said… pounding tropical vodka shots has also been an effective pre- and during-show ritual this year haha

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

C’est difficile à dire, je respecte le travail de beaucoup d’artistes et je m’inspire de nombreuses choses mais je suis de plutôt de nature solitaire.

Not sure… I respect the work of lots of people and many things have inspired me but I am kind of a loner by nature.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

À ce stade, je dirais que sortir un vinyle serait le climax de Wave Temples. C’est une question difficile… ce pourrait être un live enregistré à Malte, aux îles Bimini ou au sommet d’un pyramide maya, qui sait ? Des sentiers parfois étranges et mystérieux me rattrapent.

At this point I think a 12” inch record would be the climax of wave temples… but it’s hard to say… it could be a live recording in Malta… Bimini… or atop a Mayan pyramid maybe… who knows?! I find myself caught up in a sometimes strange and mysterious path.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Sûrement de toujours écouter son intuition et de faire confiance en la voie naturelle des choses, de ne pas céder à la destruction. Là je me remets justement d’un de ces moments, j’avais l’impression que la vie n’aurait pas pu se passer autrement, donc c’est difficile à dire avec certitude.

I guess… always listen to your intuition and have more faith in the ways of things… not to be so easily seduced by the destroyer… but I am also recovering from one of those moments where it seems like life couldn’t have gone any other way so it’s hard to say for sure.

Comment te vois tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Mort, probablement.

Probably dead.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

En fait, j’ai vraiment atteint un moment décisif là, je suis comme un enfant face à une toute nouvelle phase de la vie. Je me débats constamment avec mon envie de me retirer… je pouvais voir la musique devenir encore plus une échappatoire.

I’m really at a crossroads right now actually. Infantile to a whole new phase of life… but I do constantly wrestle with the urge to withdraw… I could see music becoming even more of a personal escape.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Hum, je suis devenu pas mal hédoniste ces sept dernières années, ah ah ! Je préfère m’abandonner au plaisir plutôt que penser à la culpabilité.
Comme trésor caché à proprement parler, ma femme et moi venons d’acheter une propriété à l’abandon. Un bungalow au design post-Memphis et à l’atmosphère Key West que nous avons surnommé Hawaiki – « maison » pour nous. C’est un trésor caché et plutôt modeste, tout compte fait. À part devenir de plus en plus fan de plantes exotiques et d’architecture, cet endroit m’a offert l’occasion de me fixer pas mal d’objectifs à un moment où je flottais paresseusement sur les rives d’une prochaine aventure.

Hmmm…. I’ve become kind of a hedonist these past 7 years haha… not a big fan of guilt, but I’m all for pleasure.
As far as hidden treasure, my wife and I recently purchased a rundown bungalow estate designed in a post-memphis style key west vibe that we have dubbed Hawaiki – to us meaning “home”… It’s fairly hidden and quite a modest treasure considering. Aside from getting more and more into exotic plants and architecture, this place has provided a great deal of purpose while floating idle on the shores of the next adventure.

Écoute exclusive

Audio

Tracklist

Wave Temples – Isle Enchanted (Not Not Fun Records, 16 décembre 2016)

01. Isle Enchanted – Part I
02. Isle Enchanted – Part II

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Nouvelles Académiques : Ilya de Phonoteka & Architecture Vigilante Orchestra http://www.hartzine.com/nouvelles-academiques/ http://www.hartzine.com/nouvelles-academiques/#respond Thu, 15 Dec 2016 20:14:20 +0000 http://www.hartzine.com/?p=50097

Cela fait plus d’une vingtaine d’années que je rêvais de visiter la Russie sans que l’occasion se présente vraiment. Une […]

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Cela fait plus d’une vingtaine d’années que je rêvais de visiter la Russie sans que l’occasion se présente vraiment. Une fascination qui comme beaucoup, je le présume, provient de la littérature et plus particulièrement pour ma part, de la découverte des Nouvelles de Saint-Pétersbourg de Gogol à un jeune âge. Au retour de ce beau voyage, qui a répondu à toutes mes attentes et plus, l’idée d’écrire un article sur la scène « indie » de Saint-Pétersbourg est venue naturellement, après de belles rencontres. Mais appeler son article : Nouvelles de Saint-Pétersbourg me paraissait un brin odieux. Or à la lecture du grand Fedor et de son livre « Une Sale Histoire » celui-ci écrit : «…tous les Russes de Pétersbourg, tous sans exception, ne disent jamais : Les nouvelles de Pétersbourg mais toujours Les nouvelles académiques. » De nouvelles académiques il sera donc question.

Trouver le pendant musical d’une Littérature à la richesse inépuisable semblait cavalier pour un touriste hebdomadaire. Et pour être très franc ce n’était qu’au travers de : Motorama , de la merveilleuse compilation parût chez Not Not Fun : She Knows More Than She Thinks  (qui regroupe une dizaine d’artistes féminins de Russie et d’Ukraine) , ou encore et toujours chez le fabuleux label de Britt Brown Not Not Fun l’excellent duo Pétersbourgeois de Delicate Feature  et le virtuose XYR que mes connaissances musicales Russes se limitaient. Pour un pays qui s’étend des Carpates à l’Oural c’est un peu restreint. Il me fallait donc du renfort. C’est lors de l’une de mes déambulations dans des quartiers dit : « hype » que je fis connaissance avec Ilya et son disquaire Phonoteka. L’ambiance hipsters se retrouve un peu partout à Saint-Pétersbourg à tel point qu’un label pousse le cliché jusqu’au patronyme douteux de Saint-Brooklynsburg et sort des artistes (genre Bross)  dont le son se rapproche pas mal de Captured Tracks.

« Dude that shit is dope » sont les premiers mots que mon pote Aaron a prononcé à l’écoute d’un morceau qui passait chez Phonoteka. Le groupe en question c’était celui d’Ilya employé chez ce même disquaire avec lequel je me suis entretenu.

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Concernant « Phonoteka » depuis combien de temps ce lieu existe ?
When was it created ?

Phonoteka a été créé le 28 octobre 2005

Phonoteka was created 28 oct 2005

Tu y travailles depuis combien de temps, qui en est responsable et combien de personnes y bosse ?
How long have you been working there ? who’s in charge and how many people are working there ?

Ça fait 4 ans que j’y bosse. La responsable est une fille dont le rêve était d’ouvrir un lieu pour les passionnés de musique et de promouvoir des disques rares de différents horizons.

Notre staff comporte quatre vendeurs ( dont moi ), deux filles à l’administration ( pour le site web et les ventes locales ), deux photographes pour le site et un type pour l’évaluation des prix des vinyles.

I’m working there for 4 years. Our director is a girl, and that was her dream to make a store for real music lovers, and promote rare records from all over the world. Our staff is 4 sales managers (including me), 2 girl administrators (for our vinyl website and for local sales), 2 photographers (to make pictures of vinyl on a website), one guy for evaluation of vinyl prices.

Quel type de musique « Phonoteka » met en avant ?
What kind of music genre « Phonoteka » focuses on ?

On n’est pas concentré sur un type de musique en particulier, mais la plupart de nos clients préfèrent le Hard-Rock, le Classic Rock, le Jazz, la musique Classique, le prog, le psyché et le Kraut des années 60-70.

We’re not focused on any particular genre, but most of our customers prefer Hard `rock, Classic Rock, Jazz, Classic music and rare Progressive, Psychedelic and Krautrock from 60-70’s.

Existe-t-il une connexion, une amitié entre les différents disquaires à Saint-Pet ? Trouves-tu ça difficile de s’occuper d’un disquaire en terme de vente de vinyle de l’import et du prix ?
Is there a connection, friendship between different record shop in Peter ? Do you find it hard to run a record shop in Saint-Peter in terms of vinyl import and prices ?

On se trouve à quelques pas de trois ou quatre autres disquaires mais on est très différent il n’y a donc pas de compétitions. Il y a à peu près vingt disquaires à Saint-Pétersbourg mais nous sommes les seuls à bosser avec l’Europe.

We’re located near 3-4 record stores, but all of our specific is different, so the competition is not that hard. There are about 20 record stores in SPb, but only our service is at European level, and prices are cheaper than in most other places (even in Europe) We have a friendship with nearest record stores and one another, which specializes in Russian Music. Due to the recent currency fluctuations it is very hard to keep the prices competitive, but we do our best to make our customers stay with us.

J’imagine que comme dans tous les pays c’est « illégale » de télécharger de la musique et que la vente de disque est difficile, peux-tu nous en dire plus à ce sujet, quels sont les formats que vos clients préfèrent ? Est-ce que vous vendez beaucoup de cassettes ? Concernant la musique indé, quel genre est le plus populaire à Saint-Pétersbourg en ce moment ?
I’m curious about your sells,what format your customers love the most ? do you sell tape a lot ? Concerning indie music what specific genre is the most popular in Saint-Petersbourg these days to you ?

Ce n’est pas légal de télécharger, mais le respect des lois n’est pas soutenu à ce niveau, donc beaucoup de personne préfère télécharger. Les vrais fans achètent tout : LP, CD , Blu-Ray, SACD, DVD, Fan boxes et tout le reste ! Les cassettes ne sont pas très populaires mais la scène locale sort des trucs en édition limitée.

Le truc du moment c’est de ; sonner comme dans les années 80 que ce soit en faisant du garage , du punk , du post-punk , du shoegaze ou de la synth-pop ; et tous les trucs underground du passé. La Techno est très populaire mais plus auprès des DJs. Bref tout est comme en Europe, on ne chevauche pas des ours et on n’écoute plus de chanson carcérale : )

It’s not legal to download, but law enforcement is not that effective, so many people prefer to download torrents for free. Real fans of music prefer buy everything: LP, CD, Blu-Ray, SACD, DVD, fan boxes and everything else! Tapes are not so popular, but local scene releases and sells in limited editions. For nowadays it’s become very popular to make a band sounds like in 80’s: garage punk, post punk, shoegaze, synth pop and all of any underground sounds from the past. Also techno sound is very popular among DJ’s. All is like in Europe. We do not ride bears and listen to jail chansone anymore ;)

Concernant ton groupe Architecture Vigilante Orchestra, peux-tu nous en parler un peu ?Avez-vous beaucoup tourné et était-ce en dehors de Saint-pétersbourg voire de la Russie ?
Can you tell us a bit about your band : Bio, Discography etc…
Have you been touring a lot and was it outside of Saint-Petersbourg or even Russia ?

On est assez nombreux dans le groupe, tout déplacement pour des concerts devient assez vite onéreux, on ne joue donc pas très souvent à Saint-Pétersbourg. En ce moment on essaie de, dépasser l’aspect couteux, et de se convaincre qu’il y a un intérêt à tourner en Russie, on laisse les possibilités ouvertes.

Quelle est votre influence majeure ?
Who is your major influence ?

Nous sommes influencés par des sentiments simples et humains et nos intérêts communs sont basés sur des choses basiques qui nous entourent.
C’est dur de nommer des influences parce que nous sommes inspirés par différents artistes de tout horizon et époque confondus.

We are inspired by simple human feelings and our common interests are based on the common environment. It’s hard to name specific artists because we admire all sorts of music of different waves and periods.

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Est-ce important pour vous de chanter en russe y a t-il une symbolique ou c’est juste plus simple qu’en anglais ?
Is it important for you to sing in russian, does it mean something for you or is it just because it’s easier for you than in english ?

Écrire des paroles en russe est la plus grande des tortures et la majorité des musiciens russes (excepté les abrutis) te diront que c’est bien plus difficile d’écrire en russe. La langue est mélodique et rythmique mais d’une façon assez complexe, il y a une grande variété et profondeur, ce qui est agréable mais ça relève de l’exploit d’écrire de bons textes en russe. C’est un beau défi en tout cas , écrire en anglais semble un peu facile et malhonnête, on devrait nourrir notre société plutôt que de prétendre en intégrer une étrangère qui est déjà rassasiée.

Composing lyrics in Russian is the biggest torture, and every Russian musician (apart from complete idiots) will say that it is more difficult to write texts in Russian. The language is melodious and rhythmical in a complicated way, and allows greater variety and fullness at that, so it is a great achievement to have written good lyrics in Russian. These is the challenge Russian musicians should meet because it is unjustifiable easy, as well as dishonest to write in English for Russians. The path of least resistance chosen by some particularly bright minds is not worth it. After all, we should nourish our own society, and not simulate anything to squeeze into a foreign and already satiated one.

Quel matos utilisez-vous ?
What gear do you use ?

On est essaye de tirer un maximum du minimum qu’on a. Le matos est beaucoup plus accessible qu’auparavant mais comme on est fauché on fait de notre mieux. Pas de quoi se vanter donc je rentrerai pas dans les détails.

We try to get the maximum out of the minimum we have. Equipment is much more accessible today than before, but we, being poor, use simple tools but get the most out of them. We don’t have anything to brag about here, so I won’t go into detail.

Quand sort le nouvel album et sur quel label est-il ?
when is the new album coming and on what label it is ?

Le nouvel album est sorti le 27 aout à 8h16 (le coup de l’heure c’est la première fois qu’on me le fait) chez Dogma Rgaza https://vk.com/dogmargaza , notre label digital. On cherche désormais des distributeurs pour des sorties physiques en Russie et ailleurs. La sortie est donc passée un peu inaperçue.

New album was released on 27th August 2016 at 8.16 PM on Dogma Rgaza, our digital label. We are looking for distributors of physical copies now, both in Russia and abroad. So the release of the new album was pretty blurred.

Y a t-il à Moscou comme à Saint-Pétersbourg une grosse scène indie parce que je ne l’ai absolument pas trouvée ?
Is there an indie scene in Moscow like in Saint-Petersbourg cos I couldn’t find it ?

Une émergence des mouvements indie se répand et il y a d’importantes scènes non seulement à Moscou et Saint-Pétersbourg mais dans d’autres régions. Les choses se développent bien grâce à internet et ne se limitent donc pas à des villes spécifiquement.
Il y a un puissant réseau social en Russie qui n’a pas d’équivalence à l’Est comme à l’Ouest, un véritable bastion de la liberté d’expression. Tout ce qu’il y a d’important concernant la musique se trouve sur ces réseaux. C’est un univers caché dans lequel quelque chose de ridiculeusement magnifique prend vie. Plonges-y !

A powerful rise of indie movement is coming here, and there are important scenes not only in Moscow and St Petersburg, but in other regions too. Things are moving on a great deal thanks to the Internet, so connections in a specific city are not essential. There is a powerful social network in Russia which does not have an equal in East or West, a true stronghold of the freedom of expression. Anything important that’s happening in music, you’ll find it here. It is a hidden world of its own where something ridiculously beautiful is happening. Dive in!

Mixtape

1 Сердцедер – Образа (Moscow) 2 Спасибо – Хорошее отношение (Moscow)
3 Въеби ему, Донателло (Moscow)
4 Materic – Под простыней (Petrozavodsk – Saint-Petersburg) 5 Электроребята – Лампочки (Saint-Petersburg)
6 Starpowers – Бензопила (Vladivostok/Saint-Petersburg)
7 Вторые Брюки – В гости (Moscow)
8 Shokalsky Revenge – Lu4she (Saint-Petersburg)
9 Продавцы-консультанты – Танцевали (Omsk/Moscow)
10 Рука Дочери – Мама, я полюбила веб-панка (Saint-Petersburg)
11 Slackers – Электронная сигарета (Omsk/Moscow)
12 Бумажные Тигры – Ардженто (Tomsk)
13 Prince Champagne – Синий бархат подземелья (Petrozavodsk)
14 Вальс – Пляжные головы (Rostov On Don)
15 Velvet Breasts – Поле боли (Saint-Petersburg)
16 Не твое дело – Я буду рядом (Moscow)
17 Лемондэй – Сережа, ты становишься ракетой (Krasnoyarsk/Saint-Petersburg) 18 ARM Author – Расписание (Omsk/Moscow)
19 ВИА Волна – Вельветовая волна (Saratov)
20 Владимирский Сентиментальный Салон – Котя (Vladimir)

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LLLClub – Été d’urgence, volume 1 & 2 http://www.hartzine.com/lllclub-ete-durgence/ http://www.hartzine.com/lllclub-ete-durgence/#respond Thu, 15 Dec 2016 11:40:34 +0000 http://www.hartzine.com/?p=50084

« L’opposition de deux attitudes qui toutes les deux peuvent recourir à l’intro-spection ou à l’extro-spection, mais dans des mentalités différentes » […]

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« L’opposition de deux attitudes qui toutes les deux peuvent recourir à l’intro-spection ou à l’extro-spection, mais dans des mentalités différentes » Paul Ricœur, Philosophie de la volonté

Et si on disait une fois pour toute, qu’en France, beaucoup, pour ne pas dire tout, se passe en province. Dans des coins mystérieux, énigmatiques, reculés ou en plein cœur de villes atroces, mystiques ou enchanteresses. La première sortie des niçois de LLLClub était une petite baffe, la deuxième est une plus grosse baffe et, qui plus est, une baffe en aller-retour. Volume 1. Volume 2. Ça vient de sortir sur leur bandcamp, en format  CD-R, on ne se moque pas, artwork mignon et pack anti-sécheresse mentale assuré.

Quelque chose de l’ordre d’une prise de position émerge de cette sortie, et les prises de position réelles et sensées, on le sait, sont rares aujourd’hui. Bref, Nice, Été d’urgence, déjà le titre est un énoncé-manifeste, à défaut d’être performatif étant donné l’assagissement général du mouvement social dans notre été 2016. On y retrouve les deux comparses de la très bonne première sortie, D.A.S. et Knut Vandekerkhove.

Été d’urgence, c’est une techno bizarre. Indus bizarre pour D.A.S., assez chimérique pour Knut Vandekerkhove. Intro-spection/Extro-spection. Ça marque aussi, un souci d’une techno non-autocentrée, brassée, diverse, multiple et émergente. Une techno qui croise, qui s’hybride pour produire une forme plus étrange, plus intense, plus bizarre, plus plastique aussi, peut-être. Il n’y a pas dans les deux volumes d’Été d’urgence seulement du 4×4 radicalisé d’une manière ou d’une autre. Mais une prise de position concernant le rythme et l’hybridation des choses. Des morceaux comme des petits monstres, comme des chimères d’une techno électronique large et ouverte.

Volume 1, D.A.S. alias Dead Acid Society

Brutales ruptures de rythme, proto-techno, une atmosphère presque Pulp suant un dimanche matin et une sorte de techno modulaire imaginée en trois mouvements coupés d’interludes. A, B et C. Triangle rectangle d’une techno noire et sombre où l’on se retrouve aux prises avec une sorte d’intro-spection surplombante… Parfois très radical, brutal, parfois plus enlevé, presque world sur certaines pistes, l’excellente B1 notamment, c’est le croisement d’un moment techno plus tourné peut-être vers l’indus que le R’n’b mais qui fait place à une étonnante jouissance. Une techno technique au sens Simondonien du terme, peut-être.

Volume 2, Knut Vandekerkhove

Expérimentation hybride extro-spective. Des voix, un background presque Koudlam et des incursions dans les mouvements monstrueux de l’électronique actuelle. Quelque chose d’assez Grenoblois paradoxalement… Knut Vandekerkhove, ça pourrait être un blaze taggué entre deux murs d’une friche au milieu des montagnes. Techno plus extro-spective donc que son comparse D.A.S. On y sent l’influence de la scène bizarre d’aujourd’hui, un peu moins en dedans peut-être, plus au-dehors mais tout aussi sombre et bizarre. Ça n’est pas complètement sans rappeler les productions de N Prolenta ou de Jesse Osborne Lanthier. AT178, par exemple, pourrait être un tube des dancefloors comme on aime, bizarre, raide, assez reich, mais tout chatoyant dedans.

Bref, volume 1 et volume 2 comme les deux faces d’un même souci d’imaginer la techno, d’un même souci de prendre position face à une urgence plus large qu’une urgence exclusivement musicale. Été d’urgence est sans doute l’une des tentatives les plus réussies de faire sens au milieu de notre désastre, qui soit sortie en France cette année. Il n’y est pas question d’apocalypse mais de faire monstruosité vers un sens, vers une politique physique, vers une politique sensible.

Ce qu’on comprend avec LLLClub, c’est que, même au milieu du pire, pour éviter que ça soit « mou partout », il suffit parfois juste de radicaliser ses pratiques de la situation, du quotidien, pour tracer des lignes de sens… Pour savoir reconnaitre aussi que le temps est nécessaire dans l’urgence et que l’auto-enfermement ne peut durer trop longtemps. Les carapaces de répétition du quotidien réglé/réifié, les injonctions à faire, les castrations mentales, ne peuvent durer une vie. Ou alors c’est renoncer à tout sous prétexte du plus petit possible, du plus attendu possible, du plus facile quoi.

Le présent est un matériau suffisant aux constructions intenses. VNR n’est pas qu’une énième attitude, une énième posture, ce sont des actes, mentaux, sonores, politiques, etc. Tout, est une insurrection possible et nécessaire. LLLClub est une insurrection possible et nécessaire.

Audio

Tracklist

LLLClub – Été d’urgence, vol. 1, D.A.S. (11 novembre 2016)

01. A1
02. A2
03. A3
04. A4
05. Interlude
06. B1
07. B2
08. B3
09. Interlude
10. C1
11. C2
12. C3
13. C4
14. End

LLLClub – Été d’urgence, vol. 2, Knut Vandekerkhove (11 novembre 2016)

01. AT174
02. AT160
03. AT176
04. AT192 x Désir d’enfant
05. AT178
06. AT183
07. AT190
08. AT164
09. AT188
10. AT191

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Hoan http://www.hartzine.com/hoan/ http://www.hartzine.com/hoan/#respond Tue, 13 Dec 2016 16:18:25 +0000 http://www.hartzine.com/?p=50066

Il y a des emails promo qu’on reçoit et qui vont direct dans la corbeille, et il y en a […]

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Il y a des emails promo qu’on reçoit et qui vont direct dans la corbeille, et il y en a d’autres qui nous procurent du bonheur à coup sûr – c’est le cas notamment des newsletters d’Atelier Ciseaux, label DIY dont on vous a parlé plein de fois ici (lire) et qui a sorti une pelleté de bons disques ces dernières années : Tops, Vesuvio Solo, Francis Lung, Police des Mœurs et on en passe… Cette fois-ci, Rémi le grand manitou du label et fan inconditionnel de la poutine au chorizo, nous a envoyé une lettre d’info concernant Hoan, groupe montréalais anciennement connu sous le nom de Kurvi Tasch, qui a sorti il y a quelques mois un EP auto-produit : Modern Phase. On ne sait pas grand-chose de ce groupe, la légende urbaine dit qu’ils ont accouché de cet excellent EP en passant leurs journées au Poisson Noir, célèbre lieu collectif de création DIY montréalaise ; ce qui est sûr, c’est que les sept titres de Modern Phase s’écoutent en boucle. Oscillant entre tonalités post-punk obscures, riffs accrocheurs et textures sonores pop lumineuses, le quatuor nous offre un album d’une langueur douce et tenace à la fois. En attendant qu’ils donnent suite à Modern Phase, nous avons soumis Hoan à notre petite interview, et ils nous ont fait cadeau d’une mixtape exclusive, enjoy !

D’où venez-vous ?
Where do you come from?

On vient principalement des quartiers Mile End et Mile Ex de Montréal et de leurs alentours, avec quelques liens à Ottawa et Rabat.

We are mostly from in and around the Mile End and Mile Ex neighbourhoods of Montreal, with some fleeting ties to Ottawa & Rabat.

Où allez-vous ?
Where are you headed?

On cherche à passer le plus de temps sur la route, en particulier en Europe de l’Ouest et Centrale, et aux États-Unis, on espère tourner dans des endroits moins fréquentés par les groupes canadiens comme l’Amérique du Sud et l’Europe de l’Est.

We’re looking to spend as much time on the road as possible, especially in Western/Central Europe and the US, plus hopefully some places toured less by Canadian bands like South America and Eastern Europe.

Pourquoi la musique ?
Why music?

Nous trouvons le plus grand épanouissement dans la vie en créant de nouveaux sons et des arrangements de sons qui peuvent évoquer chez nous et ceux qui nous écoutent quelque chose de viscéral.

We find the most fulfillment in life through creating new sounds and arrangements of sounds that can evoke something visceral in us and those who we share our music with.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Ouss serait en Californie, Mike serait en train de créer des groupes communautaires, Alex serait un brillant entrepreneur dans une entreprise sociale, et Thibault inventerait une technologie qui serait le parent le plus proche de la musique, sans être de la musique.

Ouss would be in California, Mike would be creating community groups, Alex would be a successful entrepreneur in some social enterprise, and Thibault would be inventing technology that would be the closest cousin to music while not being music.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Une épiphanie serait d’avoir compris que faire de la bonne musique demande en réalité une tonne de boulot dont de l’entraînement, apprendre tous les secrets de son instrument et étudier comment les autres groupes fabriquent leurs sons et assemblent leurs morceaux. On ne peut pas être un énième groupe de rock indé, nous devons être au premier plan de la création musicale et de la compétence.

An epiphany of ours is that making good music actually takes a ton of hard work including practice, learning every aspect of your instrument, and studying how other bands make sounds and put songs together. We can’t just be another indie rock band, we have to be at the forefront of musical creation and skill.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Elle se prépare depuis un moment mais on se rapproche sans aucun doute de quelque chose de grand, de bizarre et de nouveau.

Has been brewing for a bit, but we’re definitely approaching something great, weird and new.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Avoir des boulots médiocres afin d’économiser assez d’argent pour payer le loyer de nos salles de répétitions nous laisse peu d’argent pour améliorer notre matériel et pas énormément de temps pour créer de la musique, mais on commence à s’échapper de ça avec un nouveau manager et un bon tourneur (Ouss !).

Working mediocre jobs to get enough money to pay jamspace rent leaves us with little money for improving our gear and not tons of time for creating music, but we’re starting to escape that with a new manager and a good booking agent (Ouss!).

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Ça ne semble pas probable. Je ne pense pas que la musique nous quitte un jour.

Doesn’t seem probable. I don’t think the music will ever leave us.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Ouss : Me concernant, j’aime fumer une cigarette, peut-être deux ou trois, et traîner aux alentours de la salle seul ou avec les autres. J’aime mettre de côté le contexte du “je joue un concert” pendant un moment juste pour me le prendre en pleine figure aussitôt que je monte sur scène.
Mike : Pour moi, j’aime faire des exercices de voix légèrement irritants dans un coin ou dans les toilettes avant d’y aller. L’eau est indispensable aussi (dans des mugs, pas dans des bouteilles).

Ouss : For myself, I like to have a cigarette, maybe two or three, and wander around outside of the venue by myself or with the guys. I like putting aside the « I’m playing a show » context for a bit just to find it as a slap on the face as soon as I hit the stage.
Mike : For me, I like to do slightly obnoxious vocal warm-ups in a corner or while in the washroom before going on. Water is a must too (in mugs not in bottles).

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Il y a beaucoup de personnes avec qui j’aimerais travailler et ça ne cesse de changer. Bien que je dirais que depuis que j’ai vu le concert de Holy Fuck au festival Pop Montreal je me suis mis à beaucoup réfléchir à leur manière de travailler les tonalités et comment ils créent leur musique. J’imagine que j’adorerais traîner avec eux et faire de la musique au bout d’un moment.

There are lots of people I would love to work with and it keeps changing every now and then. Although I would say since I’ve seen the Holy Fuck show at Pop Montreal I have started wondering a lot about how they work their tones and how they make their music happen. I guess I would love to hang out with them and make some music at some point.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Ne pas devoir m’inquiéter de comment payer mon loyer, mes courses, etc. Et simplement faire la musique que j’ai envie de faire sans que quelqu’un me dise “hey, on voudrait que tu fasses un album qui ressemble à celui que tu as sorti il y a quelques mois, les ventes étaient bonnes”.

Not having to worry about paying my rent, groceries, etc. And just be making the music I feel like I should be making with no one around to tell me: « Hey we want you to make an album that’s similar to the one you put out few months ago, the sales were good ».

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Travaille ton chant et fais la musique que tu aimes en plus de jouer dans des groupes ou en cours.

Practice your singing and do the music that you love on top of music in band and in lessons.

Comment te vois tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Mike : J’espère vivant, à créer de la bonne musique avec nos musiciens préférés, que tous nos bénéfices servent à créer un monde meilleur et ne pas passer ma vie bourré.
Ouss : J’ai promis à un ami que je l’embaucherai comme cuisinier si jamais j’ai une maison en Espagne. Donc j’espère avoir une maison en Espagne.

Mike : Hopefully alive, creating great music with our favourite musicians, having all our profits go towards bettering the world, and not living a life too lush.
Ouss : I promised a friend I’d hire him as a cook if I ever get to have a house in Spain. So hopefully I’ll have a house in Spain.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

En expérimentant, j’ai l’impression que nous incorporerons toutes les sortes d’instrumentations et de formes de composition, j’espère qu’on déploiera les frontières de la musique tout en faisant quelque chose de proche des gens et d’irrésistible.

Through experimentation, I feel that we’ll incorporate all kinds of instrumentation and compositional forms and hopefully extend the boundaries of music while making something relatable and irresistible.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Mike : Justin Bieber
Ouss : Anime

Photo : Nada Temerinski
Traduction : Marie-Eva

Écoute exclusive

Gang Of Four – Not Great Men

Un groupe révolutionnaire de la fin des années 1970, on n’entend plus de groupes punk avec autant de groove.

Revolutionary band from teh late 70’s, you don’t get to hear punk bands groove this much.

Parquet Courts – Stoned And Starving

J’ai eu l’occasion de passer quelques jours à Ridgewood Queens chez un ami il y a deux mois, un endroit formidable pour écouter ce morceau.

Got to spend few days in Ridgewood Queens at a friend’s place a couple of months ago, great place to listen to this song.

Eddie Current Suppression Ring – We’ll Be Turned On

J’ai eu une copine australienne une fois, elle m’a fait écouter ça.

Had an Australian girlfiend once, she made me listen to this.

New Order – Thieves Like Us

On a été dans un groupe de reprise pour Halloween une fois qui s’appelait Noodle Order et on a joué ce morceau.

We were in a Halloween cover band once called Noodle Order and did this song.

The Beatles – Don’t let Me Down

J’essaie de comprendre comment il est possible de créer cette chanson depuis des années.

I’ve been trying to understand how you can come up with this song for years.

Berimbau – Astrud Gilberto

Mon père l’écoutait tout le temps. C’est resté. C’est aussi incroyablement bon.

My dad used to listen to her all the time, it stucks. Also it’s insanely good.

Air – Playground Love

Le sonorité de saxophone la plus incroyable.

Most amazing sax tone.

Broadcast – Corporeal

Je n’ai pas pu résister, même si tout le monde nous compare à eux. RIP. Trish Keenan

I couldn’t resist, even tho everyone say we have something of them. RIP. Trish Keenan.

The Luyas – Buck’s (2 hours) Late

Superbe musique de notre quartier, je les ai vus jouer il y a un mois et ils m’ont impressionné.

Great music from the Neighborhood, saw them play a month ago and they blew my mind.

Holy Fuck – Red Lights

HOLY FUCK (BORDEL DE MERDE)

Deerhunter – Helicopter

Je voulais finir avec un classique, le voici !

I wanted to finish with a classic, here you go!

Tracklist

Hoan – Modern Phase (09 septembre 2016)
01. Échange Numéro 2
02. Technocrats
03. Ways To Love
04. Modern Phase
05. Inside Touch
06. Turbotime
07. Poise

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On y était : Transient 2016 http://www.hartzine.com/on-y-etait-transient-2016/ http://www.hartzine.com/on-y-etait-transient-2016/#respond Fri, 09 Dec 2016 16:30:37 +0000 http://www.hartzine.com/?p=50057

Brosser un portrait général et pluriel de la scène électronique actuelle, sous ses coutures les plus variées et dérivés les […]

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Brosser un portrait général et pluriel de la scène électronique actuelle, sous ses coutures les plus variées et dérivés les plus infléchis, est l’ambition du festival Transient qui, depuis trois ans maintenant, gratifie le mois gris et triste de novembre d’une salve d’événements digital friendly. Une jolie percée pour ce paysage culturel trop souvent réduit aux seuls intérêts geek et club, petit tour d’un festival branché à 360°, électronique jusqu’à la moelle.

Vendredi 05/11. Débarqués frais comme des gardons dans l’enceinte du circulaire et enivrant Cabaret Sauvage, le principe s’édicte vite : circule. Dehors, la nuit est tombée, il pleut à verse et les plus motivés sont là – ils auront ô combien raison. L’idée, c’est justement de naviguer entre les installations, intérieures et extérieures, quand chaque heure permet de mettre en avant le live d’un artiste. En première partie, la part belle était faite à l’audiovisuel, trop grand oublié des clubs. On regrettera juste que ces doubles shows n’aient pas été redistribués sur toute la nuit, l’expérience aurait été plus équilibrée, et le preste horaire du labyrinthe sonore de James Whipple, l’impénétrable projet M.E.S.H., où l’apport visuel de Michael Guidetti promettait d’heureuses combinaisons. Mais la scène, loin d’être accessoire, ne concentre pas toutes les attentions. La vidéo on repeat de Yannick Vallet nous aura fait le week-end, hypnotisante expérience immersive dans le vide blanc des routes américaines, succession Street View motivée par une quête dont la source est la série chef d’œuvre de David Lynch : Twin Peaks All Over The States.

Côté scène, on attaque la meilleure partie de la nuit avec cet enchainement de madre de Dios. Voiron, producteur parisien assez génial de l’écurie Cracki, n’aurait pas pu mieux réussir à rendre les corps mobiles et entremêlés avec sa grande baston électronique marquées de coups de poings acides et kicks synthétisés. Meilleure entrée en la matière avant l’arrivée du grand, de l’immense Legowelt, aka le seul homme qui se prend en photo en chaussettes entouré de synthétiseurs et de plantes vertes qu’on peut trouver cool. La faute à Crystal Cult 2080, petite bombe sortie chez Crème Organization en 2014. Entre nappes démoniaques, sonorités deep et acid-house, notre homme-machine assure au public du Cabaret Sauvage une connexion Chicago-La Haye vénère juste ce qu’il faut, hybride et riche à souhait. Le début du bonheur, si l’on veut. Subjex est l’autre bonne surprise, représentant de la scène glitch dont on cause assez régulièrement ici, dont les breaks ont salement contribué à secouer les derniers conquérants de la fosse du Cabaret Sauvage.

Samedi 06/11. La jauge est déjà plus remplie, cela fait plaisir à voir. La venue du vétéran Luke Slater en a fait déplacer plus d’un. Pourtant, le festival a ce soir-là dû essuyer quelques revers, à commencer par l’annulation triste, triste et triste de Mika Vainio, moitié de Pan Sonic, duo finlandais expérimental à l’approche minimaliste glaciale. Motif : raison de santé. C’est donc seul que Franck Vigroux assure leur show, qui devait pourtant présenter les derniers résultats de leur prolifique collaboration. Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, Coldgeist devra aussi oublier le live audiovisuel qu’il avait préparé, les raisons techniques sont toujours les plus fortes. On se console côté jardin, avec des installations artistiques, les mêmes que la veille, qui n’en finissent pas de détourner écrans et objets numériques au service d’un questionnement plus culturel, citons Hugues Clément et Dorian Ohx. De retour sur scène, c’est Abdullah Rashim, esthète suédois des lignes pures et obscures d’une techno deep racée, qui le remplace au pied levé. Avec un son millimétré et intransigeant, il chauffe à blanc la salle du Cabaret Sauvage, prête à cueillir la race de son week-end. Paillettes et mâchoires serrées. Xhin, d’entrée, déboulonne ce qu’il restait de temps de cerveau. Armé de tracks aux structures étudiées, bâties avec perspective, il annihile toute vie synaptique, au cas où il demeurait chez les plus résistants d’entre nous quelques velléités de neurotransmission. Une véritable vision de l’électronique, qu’on retrouve ensuite chez Luke Slater, dans un genre autre, et dont les deux heures de live font vivre un acharnement vivace au circuit imprimé chaotique qu’est devenu notre esprit. Blndr reprend les manettes mais la tempête est passée.

Vendredi 25/11. Finalement, c’est la soirée off qui ouvrira les chakras à mort, avec une affiche au goût d’inconnu – si ce n’est les bons soldats Rubbish T.C. et UVB 76 qui officiaient déjà lors du in. La venue un peu exclusive d’Impulse Controls a littéralement tout broyé, réunion sans sourire mais bien bien bien productive de Blush_Response et de Darko Kolar, représentant ici du duo serbe Ontal. Un live brutal, ultra fat où les kicks alourdissent à chaque impact la cale du Batofar, compacts et intenses, laissant à la limite de l’épuisement. Notez aussi qu’en ouverture, c’est le label ukrainien Kvitnu qui était mis à l’honneur, accueillant d’abord un set de Kotra avant de laisser place à un live de Zavoloka, les deux producteurs qui le dirigent. Une programmation qui avait le mérite, outre de pulser encore et toujours, de délocaliser les scènes, de les faire se croiser et de rendre l’événement plus global, l’affiche moins attendue. Pari réussi pour qui parlait de mettre en lumière la diversité des musiques électroniques et des pratiques numériques.

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Valley Exit http://www.hartzine.com/valley-exit-interview/ http://www.hartzine.com/valley-exit-interview/#respond Wed, 07 Dec 2016 10:37:31 +0000 http://www.hartzine.com/?p=50042

Derrière Valley Exit, se cache Jeff Zeigler. Homme de l’ombre qui au sein de son studio Uniform Recording a produit […]

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Derrière Valley Exit, se cache Jeff Zeigler. Homme de l’ombre qui au sein de son studio Uniform Recording a produit et réalisé un bon nombre d’albums de la scène rock indé de ces dix dernières années – au hasard, on peut citer entre autres Steve Gunn, Purling Hiss, The War on Drugs, Kurt Vile, Nothing, Sunny Day in Glasgow. Associé à Mary Lattimore, il était passé sur le devant de la scène avec un excellent premier album sorti en 2014 chez Thrill Jockey et plus récemment une soundtrack originale qu’ils ont composé pour le film Le Révélateur de Philippe Garrel – on vous en parlé d’ailleurs ici. Cette fois-ci Jeff Zeigler revient sur le devant de la scène tout seul avec son nouveau projet Valley Exit : guitares cristallines, nappes synthétiques, boucles enivrantes ; le philadelphien nous donne rendez-vous avec des expérimentations soniques aux teintes pop. Pour célébrer la sortie imminente d’un premier album (dont on vous reparlera très prochainement) on a décidé de soumettre Zeigler à notre interview, en cadeau une track exclue manière de vous mettre l’eau à la bouche. Enjoy !

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Philadelphie en Pennsylvanie, aussi connu sous le nom de « New York en mieux ».

Philadelphia, Pennsylvania, USA aka “the better New York”

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Au studio pour composer d’autres morceaux pour les marginaux ou, de manière plus réaliste, travailler sur le disque de quelqu’un d’autre, ou promener mon chien.

Back into the studio to make more songs for the maladjusted or, more realistically, working on someone else’s record or walking my dog.

Pourquoi la musique ?
Why music?

La musique tient une place essentielle dans ma vie depuis que je suis enfant, et même si je n’imaginais pas que ça deviendrait mon principal centre d’intérêt, j’y suis devenu accroc pour de bon lorsque j’ai commencé à enregistrer et à jouer.

Music has been a defining part of my life since I was a child, and while I never expected it to become the primary focus in a lot of ways, once I started recording and playing music I was hooked for good.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Difficile à dire. Vivre dans un endroit isolé avec des chiens ? Etre chef cuisinier ? Ou peut-être une combinaison des deux : passer mon temps à chercher la meilleure recette de bouffe pour chien.

Hard to say. Live in some remote area with a bunch of dogs? a chef? Or maybe combine the two and spend my time dialing in the perfect dog food recipe?

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

La musique est probablement à son meilleur lorsqu’elle n’est pas entravée par des préoccupations liées au succès commercial.

Music’s probably at its best when it’s not hampered by concerns about commercial success. 

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

J’ai réalisé que je préférais savoir me débrouiller avec plusieurs instruments plutôt que d’avoir une très bonne technique sur un seul.

I realized I prefer being okay at a bunch of instruments to being highly technically proficient at any specific one.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Ça fait un peu de moi un dilettante musical.

It sort of makes me a musical dilettante.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Je ne suis pas certain de savoir à quoi ressemblerait une mort artistique. C’est un peu une sorte de travail de longue haleine, un chemin vallonné avec des pics, des creux et beaucoup de plat. L’échec est donc plutôt relatif et c’est une partie naturelle du processus : les disparitions et les renaissances ponctuent le chemin vers une véritable mort clinique (c’est gai).

I’m not sure I know what artistic death would be? It’s kind of just one long slog with peaks and valleys and a lot of flat terrain, so failure is pretty much relative and a natural part of the process, with a bunch of deaths and rebirths along the way to your actual physical demise. (cheery)

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Un shot ! De préférence du whiskey ou de tequila.

A shot! preferably whiskey or tequila.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

J’adorerais remonter le temps et faire la musique des films de Cronenberg dans les années 80, genre Scanners.

I’d love to go back in time and score some 80’s Cronenberg movies, maybe Scanners or something.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

De remplacer Jeff Healey en tant que groupe résident au Double Deuce dans le film Road House.

To replace Jeff Healey as the house band at the Double Deuce in the movie Road House.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

De moins se soucier de ce que les gens pensent et de ce que je ferai de mon avenir, et de ne pas tout sur-analyser.

Worry less about what people think and about where you’ll be in the future and not analyze the shit out of everything.

Comment te vois tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Je me vois vivre dans un grand espace industriel ou dans les bois, faire quelque chose d’artistique, passer le temps avec des chiens et continuer à faire de la musique d’une manière ou d’une autre. Je serai très vieux à ce moment là !

Living in a large warehouse space or in the woods, making art of some sort, hanging with a few dogs and probably still working on music in some capacity. I will be pretty old at that point!

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Je ne sais pas vraiment, et c’est plutôt stimulant. Je me suis vraiment lassé d’écrire des chansons pendant un moment et je me suis concentré sur l’improvisation, seul ou avec Mary Lattimore. J’ai toujours essayé d’incorporer les deux d’une manière qui ne soit pas nécessairement « jammy » et/ou contenant une multitude de notes ou d’idées musicales, mais plutôt qui évolue lentement et organiquement.

I don’t really know, which is kind of exciting. I got really tired of trying to write songs for awhile and concentrated on mostly improvised music, either by myself or with Mary Lattimore. I’ve always been trying to incorporate the two in a way that’s not necessarily “jammy” and/or containing a multitude of notes or musical ideas, but instead evolving slowly and organically.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Faire le DJ avec un iPhone, peut-être ? Et aussi, de manger du popcorn dans le noir en écoutant du Miami Sound Machine.

DJing with an iPhone? Also, sometimes I eat popcorn in the dark while listening to Miami Sound Machine.

Écoute exclusive

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Femminielli – O’Sodoma http://www.hartzine.com/femminielli-osodoma/ http://www.hartzine.com/femminielli-osodoma/#respond Mon, 05 Dec 2016 20:11:45 +0000 http://www.hartzine.com/?p=50027

Fait rare, assez inédit, voire quasi unique, c’est la deuxième fois que nous parlons du même disque (lire) dans nos […]

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Fait rare, assez inédit, voire quasi unique, c’est la deuxième fois que nous parlons du même disque (lire) dans nos colonnes. Mais l’occasion était trop belle. En attendant de vous confiez tout le bien que l’on pense de l’album de Femminielli Noir, chose que nous ferons très bientôt, revenons sur O’Sodoma, EP ô combien emblématique de Bernardino, repressé à raison à une poignée d’exemplaires. Cette sortie, toujours distribuée par la structure franco-nipponne Mind Records et supervisée par Abraham Toledano (qui nous livrera bientôt, autour d’une interview et d’une mixtape, les enjeux de son projet Moyo), offre un léger dépoussiérage à ce deux titres sur lequel figure l’inoubliable Fleur De Garçon, préfigurant déjà les sonorités qui allaient marquer le succès de l’indispensable Plaisirs Américains. Avec 99 exemplaires seulement, qui s’arrachent comme des petits pains à l’approche des fêtes, on ne saurait que trop vous conseiller de vous offrir ce petit plaisir et on prévient, Mère Noël a sorti le gode-ceinture !

Pour obtenir le précieux sésame c’est ici !

Audio

Tracklist

Femminielli – O’Sodoma, repress (Mind Records, 01 décembre 2016)

01. O’Sodoma
02. Fleur De Garçon

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Die Wilde Jagd http://www.hartzine.com/die-wilde-jagd/ http://www.hartzine.com/die-wilde-jagd/#respond Wed, 30 Nov 2016 08:00:53 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49910

On a découvert Die Wilde Jagd grâce à leur remix de La visite d’Etienne Jaumet sorti chez Versatile l’année dernière. […]

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On a découvert Die Wilde Jagd grâce à leur remix de La visite d’Etienne Jaumet sorti chez Versatile l’année dernière. Inconnu au bataillon, ce duo de Düsseldorf est composé de Ralf Beck, producteur qui a travaillé notamment avec Karl Bartos, Propaganda, Kreidler ou encore Black Devil Disco et Sebastian Lee Philipp, compositeur et membre du groupe electro pop Noblesse Oblige. Après une rencontre au Salon des Amateurs – lieu connu outre-Rhin sous le nom de Hacienda postpunk – les deux Allemands n’ont cessé de triturer claviers analogiques dans le studio de Ralf pour finalement mettre un nom sur leurs expérimentations musicales néo krautrock : Die Wilde Jagd ou la chasse fantastique en français. Après avoir sorti un premier excellent album l’année passée sur le label Bureau B, Jennifer Cardini a choisi d’ouvrir une des compilations annuelles de son label Correspondant avec un titre des Allemands.  Sebastian a répondu à notre petite interview et nous a préparé une mixtape exclusive, enjoy !

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Je reviens juste du supermarché où j’ai rapporté des bouteilles vides. En Allemagne, on a un système de consigne sur les bouteilles, ce qui signifie que l’on paie un dépôt sur les bouteilles en verre et en plastique quand on les achète. Ce versement vous est restitué quand on rapporte les bouteilles vides. Ça peut aller jusqu’à 25 centimes par bouteille donc ça vaut vraiment le coup.

I just came back from returning some empty bottles to the local supermarket. In Germany we have a bottle deposit system, which means you pay a deposit on glass and plastic bottles when buying them. This deposit is returned to you when you bring back the empty bottles. It can be up to 25 cents per bottle, so it’s definitely worth it.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Toujours en train d’essayer de me créer une âme (A. Jodorowsky)

Always trying to create myself a soul. (A. Jodorowsky)

Pourquoi la musique ?
Why music?

Le hasard / le destin.

Chance / fate.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Alors j’aurais fait quelque chose d’autre. Je fais beaucoup d’autres choses en plus de la musique.

Then something else would be. Many things are my things beside music.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Ne jamais être un connard, autant que possible.

Never be an arsehole, whenever possible.


Une révélation artistique ?

Your artistic breakthrough?

Révélation est un grand mot. Je suis fier de quelques trucs que j’ai créés et auxquels j’ai participé, c’est déjà pas mal pour moi.

Breakthrough is a big word. I’m proud of a few things I’ve created and been involved in, that’s already a lot for me.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Pas vraiment, je me sens très privilégié.

Not really, I feel very privileged.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Je le pense, oui.

I think so, yes.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Très peu remarquable, je crains. D’ordinaire, mon batteur et moi-même buvons de la bière et de la vodka. Parfois je me masse le poignet avec un baume relaxant parce que j’ai tendance à avoir des crampes pendant les concerts à force de répéter la même note à la guitare pendant plusieurs minutes.

Very unspectacular, I’m afraid. My drummer and I usually drink beer and vodka. Sometimes I massage a pain relief balm into my wrist because I tend to get cramps during concerts when playing the same note on the guitar repeatedly for several minutes.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

À peu près n’importe qui de sympa et qui m’inspire.

Pretty much anyone who is nice and inspires me.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Avoir des animaux comme membres de mon groupe en concert. Des singes et des éléphants.

Having animals as part of my Live band. Monkeys and elephants.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Ça m’angoisse un peu.

This freaks me out a bit.

Comment te vois tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Ça m’angoisse vraiment. Question suivante.

That really freaked me out. Next question.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Je ne peux pas dire. Chaque morceau est un nouveau défi. J’adorerais passer plus de temps à jouer plutôt que sur la technique, la production et le mixage de la musique… mais d’une manière ou d’une autre ça finit toujours par être l’inverse.

I can’t say. Every song is a new challenge. I would love to spend more time on playing rather than engineering, producing and mixing the music…but somehow it always ends up being the other way around.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

L’euro-dance des années 1990. Je ne peux pas m’en empêcher.

Euro dance music from the 90s. I can’t help it.

Photo : Chrisa Ralli
Traduction : Marie-Eva

Écoute exclusive

Audio

Vidéo

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Spécial Transmusicales : No Zu http://www.hartzine.com/no-zu-interview/ http://www.hartzine.com/no-zu-interview/#respond Sat, 26 Nov 2016 10:00:51 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49956

Les Rencontres Trans Musicales de Rennes fêteront leur 38ème édition du 30 Novembre au 4 décembre prochains. On vous en […]

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Les Rencontres Trans Musicales de Rennes fêteront leur 38ème édition du 30 Novembre au 4 décembre prochains. On vous en a parlé précisément ici, et parmi l’armée de groupes qui mettront la capitale bretonne à feu et à sang d’ici peu, nous en avons choisis trois qui pourraient bien marquer le festival de leur empreinte, et qui ont accepté non seulement de se prêter à l’exercice d e notre interview Out Of The Blue, mais aussi de nous gratifier de mixtapes exclusives, histoire de se mettre dans l’ambiance.

NO ZU, Vendredi 2 décembre Parc Expo Hall 9, 2h00

NO ZU c’est la révélation de Ocean’s Apart, la compilation de Dan Whitford (Cut Copy) sorti il y a déjà deux ans qui nous présentait le meilleur de la scène dance de Melbourne. Avec le titre Raw Vis Vision  NO ZU nous envoyait en pleine gueule leur musique singulière et bien dance floor, un genre de post punk plein de groove blindée de percus et autre sax. Décrivant eux-même leur style de « heat beat », les australiens ont déjà sorti une poignée d’EP, signée des collabs avec notamment Salvatore Principato (Liquid Liquid) et ont donnée naissance cette année à leur excellent deuxième album Afterlife. On a demandé à Nicolaas OOgjes, leader du groupe, de se soumettre à notre petite interview Out Of The Blue.

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Australie/Gondwana, ou plus particulièrement, le Heat Beat Hades (la chaleur infernale) qui opère en dessous. Je suppose que tu pourrais dire que nous avons été formé par la lave il y a des millions d’années. Nous sommes assez anciens et vraiment… chauds. 

Australia/Gondwanaland, or more specifically, the Heat Beat Hades that operates underneath it. I suppose you could say that we were formed by lava millions of years ago. We’re quite ancient and we’re definitely… hot.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Vers une éternité immuable. Avant cela, cependant, nous allons traverser les océans pour danser avec les excentriquessordides et les trublions de ce monde et poursuivre le mirage rythmique qui est NO ZU.

Into an eternity of forever-ness. Before that though, we are headed across the seas to dance with the sordid weirdos and larrikins of the world and to chase a rhythmic mirage that is NO ZU.

Pourquoi la musique ?
Why music?

Exactement. Je vais prendre ça comme une déclaration. Tout art est le même et c’est pourquoi il nous est tout aussi important d’exprimer ZU au travers de l’art et d’esthétiques visuelles. C’est du pareil au même. Nous le considérons comme un tout, un ‘ZU-nivers’ qui incorpore de nombreuses obsessions et une vision déformée. Il s’avère que nous sommes accros à la connexion physique avec les gens métaphysiquement dans un terre de limbes et un monde physique ténébreux. Je peux vous le dire sérieusement, j’en suis accro.

Exactly. I’ll take that as a statement. Any art is the same and that’s why expressing ZU through art and visual aesthetics is just as important to us. It’s all the same. We view it as a whole ‘ZU-niverse’ that incorporates many obsessions and a warped outlook. It turns out that we’re addicted to physically connecting with people metaphysically in a limbo land and wonky physical world. I can tell you earnestly, I am addicted to it.

Et si tu n’avais pas fait de la musique ?
And if music wasn’t your thing?

Espérons quelque chose qui aide le monde. Ma mère est directrice d’Animals Australia, la plus grande et meilleure organisation des droits des animaux ici – donc fondamentalement ça a déterminé que mon but dans la vie  ne serait juste le rêve australien avec un « bon boulot », une grande maison avec jardin et une belle voiture. Un jour j’espère faire quelque chose de vraiment valable comme ma mère. D’un point de vue créatif, si la musique n’était pas mon truc, j’aurais plus de temps pour faire de l’art visuel,mon premier vrai amour, autre que ma femme bien sur.

Hopefully, something that directly helps the world. My mother is the director of Animals Australia, the biggest and best animal rights organisation here – so that basically determined that my main aim would never be just for the Australian dream of a ‘good job’, big house with a big backyard, reality TV watching and a nice car. One day I hope to do something of real worth like her. Creatively, if music wasn’t my thing, I would have more time to do visual art which was my first real love, other than my wife of course.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Quand j’ai réalisé que la seule façon de faire de la musique était d’embrasser chaque impulsion idiosyncratique et bizarre que vous avez en vous et qui vous ressemble complètement. Ne jamais regarder dehors et essayer d’imiter – ou si tu le fais, crois en toi mange le, digère le et vomit le en quelque chose de nouveau. Laisse le éclater hors de ton corps comme cette espèce d’alien dans The Thing. N’intellectualise pas, ressens le.

When I realised the only way to make music was to embrace every idiosyncratic and weird impulse that you have that completely feels like yourself. Don’t ever look outside and try to emulate – or if you do, trust yourself to eat it up, digest it and vomit it back into something new. Let it burst out of your body like that alien species from The Thing. Don’t intellectualise and just feel.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Comme ci-dessus AKA le commencement de NO ZU. D’un point de vu sonore, la rupture a été de trouver ma longue fascination pour les mutations de groove et de rythmes avec des hallucinations qui flottant librement par dessus. Aussi embrasser mes énormes limitations et restrictions pour mieux les sonder. Je ne suis pas vraiment musicien.

As above AKA the beginning of NO ZU. Sonically speaking, the break-through was finding my life long fascination with mutating groove and rhythm with completely free hallucinations floating over the top. Also embracing my huge limitations and restrictions and delving deep and swimming amongst them. I’m really no musician.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Écoute, je viens d’écrire quelques notes et j’ai ensuite décidé de les effacer. Nous sommes privilégiés de pouvoir faire ça. Je n’ai rien à redire. Je suis heureux que les ZU et moi avons cette qualité délirante en nous pour poursuivre nos rêves de Heat Beat malgré qu’il y ait des chemins de vie beaucoup plus surs que celui là.

Look, I just wrote down a few things and then decided to delete them. We’re privileged to be able to do this. I have no complaints. I’m happy that the ZU’s and I have this delusional quality within us to persue our dreams of Heat Beat despite there being many more safe lifestyle paths out there.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Je ne crois pas en la mort artistique. C’est peut être naïf, mais je pense qu’il y a plus de décès de carrières par des gens ambitieux peu sincères qu’il y a de mort artistique. Si j’arrête NO ZU un jour, je vais être certain de transférer cette énergie dans la construction d’un « environnement artistique » dans le bush fait de bubblegum, de couvercles de bières et de sculptures bizarres pour y vivre jusqu’à ma mort.

I don’t believe in an artistic death. That may be naïve, but I think that there’s more career deaths and fatigue by ambitious disingenuous people than there are artistic deaths. If I stop NO ZU one day, I’ll be sure to transfer that energy into building an ‘art environment’ in the bush made of bubblegum, beer lids and bizarro sculptures to live in until my death.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Une vrai excitation se construit quand vous avez sept à (très occasionnellement) douze personnes toutes habillées comme dans un rêve humide d’une discothèque de l’époque de la OZ-ploitation avec espérons-le quelques mecs assez sauvage qui nous attendent. Nous nous assurons de boire plein de milk shakes protéinés, de bander nos muscles et d’appliquer de l’auto-bronzant.

A real excitement does build when you have seven to (very occasionally) twelve people all dressed like an OZ-ploitation dated-nightclub wet-dream with, hopefully, some wild people waiting for you. We ensure that we all drink planty of ‘protein shakes’, pump our biceps and apply fake tan to eachother.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique)?
Who would you work with (musically or not)?

En musique, on a eu la chance de travailler avec des gens de notre période préférée de l’histoire musicale comme Sal Principato de Liquid Liquid, A Certain ratio et Jonny Sender de Konk et en plus de jouer avec ESG et James Chance… c’est juste fou. J’imagine que ça me laisse les gens de l’art visuel… J’adorerais travailler avec un designer pour nous faire des tenues spécifiques Heat Beat qui nous aideraient à nous exprimer ainsi que le côté obscur et sordide de notre pays.

Musically, we’ve been so lucky to work with some people from our favourite period of musical history including Sal Principato of Liquid Liquid, A Certain Ratio and Jonny Sender from Konk and to play with ESG and James Chance on top of this… it’s just crazy. I guess that leaves visual people… I would love to work with a designer that could make us Heat Beat specific outfits that help us express our’s and our country’s dark underbelly.

Quel serait le climax de votre carrière ?
What would be the climax of your career?

Je ne pense pas aux choses de cette façon. Il n’y a pas de festival ou de lieux où je rêve de jouer et qui serait le summum de toutes choses. Il n’y a pas d’objectif final. A bien des égards nous avons apprécié des expériences bien au delà de nos attentes. Je veux juste me sentir artistiquement accompli et sentir que chaque spectacle et chaque enregistrement est meilleur que le dernier et que ça nous envoie encore plus loin vers des territoires inattendus. Je rêve d’être capable de pouvoir faire ça pour encore très longtemps. Comme je l’ai dis plus tôt, je suis complètement accro au NO ZU.

I don’t think of things in this way. There’s no festival or place I dream of playing as the pinnacle of all things. There’s no end goal. In many ways we have enjoyed experiences far, far beyond my expectations. I just want to feel artistically fulfilled and feel that each show and record is better than the last and mutates us further into more unexpected territories.  I dream of being able to do this for a long to time to come. As I said earlier… I’m thoroughly addicted to NO ZU.

Retour à l’enfance – quel conseil te donnerais-tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Hey champion, ne t’en fait pas autant. Cesse de t’inquiéter de ce que les autres pensent. Passe plus de temps à avancer avec ce que tu as dans les tripes plutôt que de douter de tes intérêts et de tes pulsions créatrices.

Hey champ, don’t sweat it so much. Hey muscles, stop worrying about what other people think. Hey cobba, spend more time going with your gut feeling than doubting your interests and creative impulses.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Espérons comme un homme âgé conscient, construisant un environnement artistique AKA un danger d’incendie pour les habitants et toujours passionné par la vie. Espérons-le en étant utile et aidant pour les autres, essayant d’être une influence positive pour le monde.

Hopefully as a mindful older man, building his art environment AKA a fire hazard to the locals, and still being passionate about life. Hopefully trying earnestly to be helpful to others if not trying to be a positive influence on the world.

Comment vois-tu ta musique évoluer ?
How do you see your music evolve?

Je pense que NO ZU a toujours eu pour trajectoire de devenir de plus en plus audacieux. Dès notre première sortie et dès nos premiers shows, le modèle semble être de continuer à réagir à la musique austère présente autour de nous et de nous pousser nous-même vers des territoires inexploités. Explorer nos obsessions les plus obscures et sordides au sein de rythmes qui ne feront que s’élargir  et continuer à culminer comme une drogue. En même temps nous avons ce besoin insatiable, cette dépendance, de briser la barrière entre l’artiste et le public qui nous maintient en forme… donc attendez vous à ce que les lives deviennent de plus en plus sauvage. Ceci étant dit, je pense que vous serez témoin plus d’une dé-évolution.

I think NO ZU has always been on a trajectory to get bolder and bolder. From the first recorded output and shows to this day the pattern seems to be to continue being reactionary to stale and safe music around us and to push our weird selves into uncharted territory. Exploring our darkest and most sordid obsessions within the rhythms will only heighten and continue to peak like a drug. At the same time, we have that unsatiable need (addiction) to breaking down the performer/audience barrier that keeps us healthy and in-check… so expect the parties to just get wilder. All that said, I think what you’ll witness will be more of a de-evolution.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Regarder des émissions de faits divers ou des documentaires déprimants. C’est si addictif pour moi. Maintenant je ne pense pas être une personne malade ou que j’héberge des pensées sombres, mais j’ai une obsession pour la mort (nos albums s’appellent Life et Afterlife). Dernièrement j’ai beaucoup écouté The Cramps et leurs inspirations, et les nombreuses références des thèmes d’horreur absurde m’ont mené à regarder beaucoup de films d’horreur. Est ce que l’horreur et l’absurdité de voir Trump élu a quelque chose à voir avec ça ? Il y a beaucoup de politiques obscures, anciennes et nouvelles, depuis la colonisation qui me compose aussi peut-être ? Heureusement, je peux canaliser tout cela dans le free-for-all de NO ZU et les rennais pourront se joindre à nous dans une fête impie où nous pourrons nous exorciser avec la sueur et l’amour.

Watching true crime shows or depressing documentaries. Mate, it’s so addictive for me. Now, I really don’t think I’m a sick person or that I harbour any dark thoughts for my fellow humans, but I do have an obsession with death (yep… records called Life and Afterlife may have given that away). Lately, I’ve been listening to a lot of The Cramps and their inspirations, and the absurdist horror themes within has lead me to watching a lot of horror movies. Has the horror and absurdity of Trump being elected got anything to do with this? There’s plenty of dark politics new and old, since colonialisation that compounds it for me too maybe? Lucky I can channel it all into the free-for-all of NO ZU and the people of Rennes can join us in an unholy party where we can exorcise ourselves with sweat and love.

Photo : Nadeemy Betros

Mixtape exclusive

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Electric Electric – III http://www.hartzine.com/electric-electric-iii/ http://www.hartzine.com/electric-electric-iii/#respond Fri, 25 Nov 2016 16:10:15 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49990

Troisième album du trio strasbourgeois, le bien nommé III s’affirme pareil à un travail manuel sur la roche, le minéral, […]

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Troisième album du trio strasbourgeois, le bien nommé III s’affirme pareil à un travail manuel sur la roche, le minéral, à le polir puis l’affiner jusqu’à ce que celui-ci reflète un véritable caractère, complexe et profond. Le chemin parcouru depuis le premier album dessine une trajectoire réfléchie, une volonté d’éviter la redite et de toujours chercher à donner une manière d’individualité à sa musique plus que de la laisser trainer comme un simple gueuleton. Quelques mots sur cette nouvelle sortie de Murailles Music et Kythibong, dans le cadre du BB Mix, excellent festival où se produira le groupe ce samedi.

Electric Electric a cette façon très dense d’officier, puissamment rigide, comme une âme immobile en pleine bourrasque. Leur album précédent se nomme Discipline, et ce titre résonne comme une ultime promesse, comme un suprême désir de tendre vers l’absolu, vers l’infini, vers cet état d’extrême pureté laissant le corps et la conscience s’entrechoquer dans une définitive parade, de celles où l’on capte avec une surnaturelle acuité le sens des choses qui nous entourent. Cette discipline, ce sérieux, cette folle concentration, c’est ce qui fait le sel des strasbourgeois, qui les emmène au-delà de la catégorie où l’on voudrait les conscrire – de la musique brute, syncopée, sans véritable intention et calculée pour les corps – et les amène à proposer plus qu’une musique qui ne s’adresse qu’aux jambes, qui conquit uniquement par le rythme, mais qui conçoit plutôt tout un caractère mélodique autour d’un robuste squelette, d’ailleurs souvent dirigé par la voix d’Eric Bentz, noyée sous un brouillard de guitare, lancinante et incertaine. Cette attention portée à l’ambiance, la pleine volonté d’instaurer une atmosphère rugueuse, tranchante, presque froide, confère une profonde identité à la musique du trio, les pose maîtres de leur art.

Un ambassadeur de cette gouvernance de soi sans cesse plus rude et plus prompt à la souffrance est Vincent Redel, métronome de la bande absolument impressionnant en live où celui-ci martèle sa batterie comme un mécanisme implacable et complexe, comme une machinerie fumante et transpirante. C’est sur les morceaux d’ouverture et de fermeture de III qu’il se révèle le plus sévère, imprimant une infernale dynamique aux morceaux les plus intenses de l’album, notamment les dix minutes d’Obs7 qui propulsent le mental si loin que le gamelan du second morceau, Pointe Noire, parait comme un rêve qui carillonne dans un certain chaos. Electric Electric maintient cette pression tout le long de l’album avec l’art des sages, de ceux qui savent où ils vont et qui ne s’éparpillent pas : le groupe de Strasbourg semble se diriger vers une posture plus radicale, suivant un chemin qui les amène à délaisser les légèretés du premier et la puissance du second pour fouiller du côté d’une certaine noirceur – de cette émotion précisément nichée entre les gris nuages de l’inquiétude et la sèche lumière de la révolte. Le troisième album du groupe s’inscrit dans tout les cas dans une évolution naturelle, dans une noble démarche de raffinement de leur son.

On retrouvera le trio lors de l’édition 2017 du fantastique BB Mix, ce samedi, avec les pointures de The Pop Group, les incroyables japonais de Goat et les paresseux sensibles de Fantastic Mister Zguy. On fait d’ailleurs gagner des places pour l’occasion !

Audio

Tracklist

Electric Electric – III (Murailles Music/Kythibong, 23 septembre 2016)

01. Obs7
02. Pointe Noire
03. Black Corée
04. Klimov
05. The River
06. Dassault
07. Les Bêtes
08. 17°00

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Spécial Transmusicales : Tsushimamire http://www.hartzine.com/tsushimamire-interview/ http://www.hartzine.com/tsushimamire-interview/#respond Fri, 25 Nov 2016 09:16:00 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49953

Les Rencontres Trans Musicales de Rennes fêteront leur 38ème édition du 30 Novembre au 4 décembre prochains. On vous en […]

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Les Rencontres Trans Musicales de Rennes fêteront leur 38ème édition du 30 Novembre au 4 décembre prochains. On vous en a parlé précisément ici, et parmi l’armée de groupes qui mettront la capitale bretonne à feu et à sang d’ici peu, nous en avons choisis trois qui pourraient bien marquer le festival de leur empreinte, et qui ont accepté non seulement de se prêter à l’exercice d e notre interview Out Of The Blue, mais aussi de nous gratifier de mixtapes exclusives, histoire de se mettre dans l’ambiance.

TSUSHIMAMIRE, Mercredi 30 Novembre Ubu 00h00
 
Le trio féminin Tsushimamire  est ultra connu au Japon, son pays d’origine. Avec leurs chansons qui bouffent à pas mal de râteliers, du punk au jazz en passant par le surf ou le ska, et des textes, pour ce qu’on en sait, assez délirants, nos nouvelles amies du soleil levant arrivent souvent à nous réjouir, et c’est déjà beaucoup. Et sur scène, pas question de s’ennuyer: en participant au « Burlesque Tour » des Suicide Girls aux États-Unis, Tsushimamire a été à bonne école. Au tour de Mari, chanteuse et guitariste du groupe, de répondre à nos questions.

D’ou viens-tu ?
Where do you come from?

De Tokyo, au Japon !

Tokyo, Japan!

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Partout. Je veux être impressionnée et je veux faire en sorte que n’importe qui se sente impressionné par moi.

Everywhere. I want to be impressed and I want to make someone feel impressed.

Pourquoi la musique ?
Why music?

J’adore chanter. Nous avons créé TsuShiMaMiRe en 1999, notre musique et notre groove m’a toujours impressionné. Je sentais que c’était notre destin de le faire. Donc j’ai choisi la musique.

I love sing. TsuShiMaMiRe formed in 1999. I really impressed our music and our groove. And I felt destiny. So, I choose music.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Mmm…Aucune idée. Peut-être serais-je devenue comédienne ?

Mmm…No idea. Maybe I’ll be a comedian?!

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Tomber amoureuse et rencontrer l’amour. Sinon, faire de la bicyclette me donne beaucoup d’idées.

Fall in Love and Cross in Love. And riding a bicycle gave me a lot of ideas.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

J’ai crowdsurfé pendant la chanson « My Brain Is A Shortcake » et je me suis sentie libre, comme si je pouvais voler.

I did crowd surf during the song “My brain is shortcake » And I feel more free. And I feel I can fly.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Je suis vraiment une fille désordonnée.

I’m really messy girl…

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Non, aucune vie après ça, mais je suis vraiment douée pour travailler à mort en studio

No,No life… But I’m good at soul-destroying labor in the factory…

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Aller aux toilettes !

Go to Restroom!


Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Oh, je passe vraiment ma vie avec Tsushimamire… Cinq jours par semaine : trois jours de studio et deux jours de concerts. C’est bien suffisant !

Oh, my life is almost with TsuShiMaMiRe… Five days a week…Three days studio, two days shows…It’s enough!!!!

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

C’est maintenant, mon climax. Sinon la tournée la plus intéressante de notre carrière fut sûrement le « Suicide Girls Burlesque Tour » en 2005 et 2006 aux États-Unis. Des concerts déments. Chaque jour, on assistait à des shows vraiment « Burlesque » dans les salles où nous allions.

Now is the climax. And I think it’s the most interesting tour in our career, That was “Suicide Girls Burlesque Tour” 2005 and 2006 in U.S. It was really crazy shows. Everyday, we saw Burlesque show in the venue.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Apprendre l’Anglais est la meilleure chose pour ton futur !

Learning English is the most important thing for your future!!!


Comment te vois tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Garder une vie saine, c’est la chose la plus importante pour TsuShiMaMiRe. On veut continuer jusqu’à 80 ans. Le morceau Speedy Wonder parle d’ailleurs de ça.

Healthy life is the most important thing for TsuShiMaMiRe. We have to keep on rockin’ until 80 years. I sing about that in Speedy Wonder.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

On veut la simplifier tout en la rendant plus puissante.

It will be more simple. And it will have more power.


Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)

Your guilty pleasure or hidden treasure ? (musically or not)

Je suis une fan d’animaux en peluche ! J’ai le pingouin en peluche le plus mignon qui soit, ramené de notre tournée aux États-Unis en octobre dernier. Du coup je viens avec lui aux Trans Musicales cette année ! 

I am a mania of Stuffed Animals. I got a cutest Stuffed Penguin from our U.S. tour in Oct. And now, I always think about Trans Musicales with my Penguin!!!!

Mixtape exclusive

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Bad News From Cosmos – Dear Sarah / Vacuum Times (PREMIERE) http://www.hartzine.com/bad-news-from-cosmos-dear-sarah-vacuum-times-premiere/ http://www.hartzine.com/bad-news-from-cosmos-dear-sarah-vacuum-times-premiere/#respond Thu, 24 Nov 2016 11:10:32 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49965

L’underground odessite a un nouvel allié en cet ambassadeur de marque que constitue le duo Bad News From Cosmos qui, […]

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L’underground odessite a un nouvel allié en cet ambassadeur de marque que constitue le duo Bad News From Cosmos qui, contrairement à l’adage, apporte plutôt la bonne nouvelle venue d’un studio à l’air confiné qu’on imagine implanté six pieds sous terre, les connexions électriques un peu aléatoires : la sortie très prochaine de Minn Sjó, troisième album à paraître le 29 novembre sous la houlette d’Anywave, label à l’oreille affutée et visionnaire. Enregistré en quelques jours seulement, il se veut plus du côté de l’improvisation que de l’expérimentation, prenant le contre-pied de leurs précédents disques, armé d’une instinctivité qui fait ici montre d’un sensibilité exacerbée, ça calme son monde et fait un bien fou. Les lignes sont subtiles, aériennes pour ne pas écrire cosmiques, la voix éthérée d’Iryna Bodnar se prête au jeu d’une narration émotive et délicate quand les ambiances musicales d’Andrii Hrachov décodent une hétérogénéité féconde, toujours empreintes d’une matière gracieuse mais surtout vibrante. Démonstration avec ce premier extrait, Dear Sarah / Vacuum Times, titre d’ouverture avec plus d’un atout charme dans ses filets mélodiques.

Audio (PREMIERE)

Tracklist

Bad News From Cosmos – Minn Sjó (Anywave, 29 novembre 2016)

01. Dear Sarah / Vacuum Times
02. Losers
03. Kosmadomamama
04. One Hundred Twenty Stars
05. Tsunami
06. Someday
07. Awesome
08. Hollow Twilight
09. Human Ways
10. Dark Wing
11. Remember / Not To Wake Up

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Spécial Transmusicales : Kondi Band http://www.hartzine.com/kondi-band-interview/ http://www.hartzine.com/kondi-band-interview/#respond Thu, 24 Nov 2016 06:57:35 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49949

Les Rencontres Trans Musicales de Rennes fêteront leur 38ème édition du 30 Novembre au 4 décembre prochains. On vous en […]

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Les Rencontres Trans Musicales de Rennes fêteront leur 38ème édition du 30 Novembre au 4 décembre prochains. On vous en a parlé précisément ici, et parmi l’armée de groupes qui mettront la capitale bretonne à feu et à sang d’ici peu, nous en avons choisis trois qui pourraient bien marquer le festival de leur empreinte, et qui ont accepté non seulement de se prêter à l’exercice d e notre interview Out Of The Blue, mais aussi de nous gratifier de mixtapes exclusives, histoire de se mettre dans l’ambiance.

KONDI BAND, Mercredi 30 Novembre Ubu 22h40

Loin de la simple curiosité exotique qui fait tant vibrer des hordes de blanchots en mal de caution tiers-mondiste, le duo formé par Chief Boima et Sorie Kondi, maître du kondi (piano à pouces) balance une sauce afro-electro inédite et pleine de sueur, qui replace avec brio la Sierra Leone sur la carte des musiques actuelles. Sorie répond à nos questions.

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

De Sierra Leone et des États-Unis. Certains membres du groupe sont originaires de Londres, aussi.
We are from Sierra Leone and USA (with Sierra Leonean roots). Band members are coming from London as well.

Ou vas-tu ?
Where are you headed?

Partout, on l’espère.

Hopefully everywhere

Pourquoi la musique ?
Why music?

Elle fait partie du tissu culturel en Sierra Leone, et on ressent que l’on a une manière très personnelle de contribuer à ça, alors pourquoi pas ?

It’s part of our cultural fabric as Sierra Leoneans, and we feel like we have a unique perspective to contribute to the world, so why not?

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

En ce qui concerne Sorie, c’est un artisan, il sait comment fabriquer du savon ou tisser. Boima, il est écrivain et professeur, mais l’agriculture l’intéresse aussi.

For Sorie… he’s a craftsman… he knows how to make soap and he does weaving. For Boima, he is a writer and teacher, but maybe also farming?
Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Le monde est injuste.

The world is unfair.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Quand on s’est rencontré à New-York, où on a pu jouer quelques concerts et enregistrer notre premier album.

When we were able to meet in New York, play some shows, and record the first album.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Le manque de temps et d’argent.

Lack of time and money.

Y a-t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Non ça n’existe pas.

There’s no such thing.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Une bière

One beer


Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Robert Glasper

Robert Glasper

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Créer une école Kondi à Freetown, et encourager les Sierra-Leoniens à mieux s’approprier leur propre culture.

Creating a Kondi school in Freetown, and helping to encourage Sierra Leoneans to embrace their own culture.


Retour à l’enfance, quel conseil te donnes-tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Ne jamais s’arrêter.
Don’t stop

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Détendu.
Relaxed

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Travailler avec plus de musiciens, créer un plus gros son avec un groupe élargi.

Hopefully being able to work with more musicians, creating a bigger sound and band.

Un plaisir coupable ou un trésor caché (musique ou hors musique) ?
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Une bière.
One beer.

Photo : Alexis Maryon

Mixtape Exclusive

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Kamixlo – Angélico http://www.hartzine.com/kamixlo-angelico/ http://www.hartzine.com/kamixlo-angelico/#respond Tue, 22 Nov 2016 12:25:48 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49933

Encore un EP de Kamixlo qui fera date, et c’est seulement le deuxième ! Après une première sortie sur Codes, […]

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Encore un EP de Kamixlo qui fera date, et c’est seulement le deuxième ! Après une première sortie sur Codes, le sublabel de PAN, où on pouvait entendre l’immanquable tube de tous les dancefloors qui se respectent, Paleta, le deuxième EP sort chez Bala Club, sa maison-mère. Bala Club, on en a déjà parlé, pas mal parlé, c’est Uli K, Blaze Kidd, Endgame, etc. Bref, toute la scène qui remue drastiquement Londres.

Kamixlo dit d’Angélico qu’il s’inspire autant de la lutte japonaise que du métal et de l’industrie du dancehall, et rien que pour ça on avait très envie d’y jeter une oreille. Qui plus est, l’EP est en téléchargement libre sur son SoundCloud. Pour mémoire, Kamixlo est l’un des piliers et des fondateurs du Bala Club, c’est en quelque sorte la face sombre de ce crew londonien qu’on aime absolument et inconditionnellement beaucoup. Un EP qui fera date donc, et qui tient sur deux choses : radicalisation de la rythmique dem bow/dancehall et voix sourdes, essoufflées, vocodées. Angélico est un EP percussif et radical qui provoque une sorte de physicalité immédiate et politique du son. Un talk, spoken word vocodé, un tube, trois signes évidant de radicalisation, et un bonus. Un remix gabber/ambient/vnr (ouais ouais) d’Evian Christ (sic!), Bloodless Y, le single de l’EP, qui est accessoirement un morceau de l’année, et sans doute aussi un des morceaux les plus représentatifs de l’ambiance approximative de 2016. VNR Ambient, émeutes, insurrections et meutes assagies.

Il y a un usage bien particulier de la basse dans Angélico, un usage qui la marque tout en la dépouillant. Elle est quasiment en avant des voix, ou en tout cas elle s’invite comme matière assez massive et dense des différents morceaux. Qu’il soit du dem bow accéléré, ou plutôt du dancehall énervé, le travail sur la basse d’Angélico en fait une sorte d’arme du son qui se fait entendre dans un dénuement bien particulier. Dans certains morceaux, il n’y a quasiment aucun médium (quasi tous), la basse, la voix et la rythmique qui s’accélère/décélère. Un dépouillement qu’on reçoit d’ailleurs à peine si on ne tend pas l’oreille. Il y a comme un travail pour faire entendre la basse et surtout son impact. La basse dans une durée en somme, une basse étendue et intensifiée en même temps. Kamixlo opère une radicalisation par simplification, dépouillement mélodique, et clairement ça donne une forme et une force assez singulière à des morceaux comme Ayuda ou Ice2CU. Il joue presque sur une trace mélodique qui est entièrement tenue dans les basses, qui font office de signes de reconnaissance. Ce jeu de trace, et de mélodies fantômes à travers les basses donne une puissance flagrante à son EP. Puissance flagrante, le mot est faible. Radicaliser les basses en les simplifiant au maximum pour en faire un phénomène musical singulier d’apparition et/ou de disparition de mélodie fantôme du prisme musical du Bala Club, pour en faire un médium qui fait impact dans sa durée. Une rythmique qui fonctionne comme une sculpture en négatif, un travail rythmique qui fait œuvre d’un renversement non symbolique où la basse et la voix deviennent au même titre un travail du rythme. Un travail du rythme qui repose sur l’évocation et l’imagination toujours renouvelées de mélodies fantômes. Tropes et dépouillements, radicalisation et intensification par la rythmique, la grande classe. Une sorte encore de musique figurale…

Si les basses font office d’un travail général d’intensification et de figuration, les voix ne sont pas en reste. Concrètement, tous les morceaux reposent sur ces deux composantes, voix et basse. Voix vocodées qui sont bouclées, décélérées, accélérées à la guise de Kamixlo. Non hiérarchie donc entre voix et basse, elles ne sont ni en avant, ni en arrière, mais font quasiment partie de la rythmique générale radicalisée. Il y a presque quelque chose de l’ordre d’une sérialité des voix. Sample et bande magnétique en rarement plus de dix mots vocodés. Peut-être d’ailleurs que ce travail des voix participe du dépouillement radical d’Angélico. Peut-être aussi que par ce phénomène de simplification extrême, Kamixlo fait surgir une puissance inédite, une durée sensible ou une puissance possible, qui marche donc sur ce phénomène de reconnaissance des fantômes.

Un morceau, un filtre de voix, une rythmique radicalisée. Encore une fois, il y a quelque chose d’un événement qui se matérialise singulièrement dans une sorte de critique du rythmique, de radicalisation de phénomènes et de sonorités connus. Quelque chose que Kamixlo tend et tord, pour en faire une forme intense et dense. Sans doute qu’il y a quelque chose de commun, une tension dense entre dancehall industrielle, sumo et métal. Intensification par explosion en un laps de temps très court, puissance dans une durée donnée à voir, à sentir ou à entendre.

Pour clôturer le tout, le remix d’Evian Christ est clairement le morceau qui pourrait faire la bande-son de l’année. Vnr et ambient, ambiant et vnr, avec quelque chose de l’ordre du gabber et quelque chose de l’ordre du mélodique presque new age. Comme on a pu le remarquer en fin d’année avec quelques sorties, notamment la dernière K7 de Dedekind Cut, on s’achemine sûrement vers un retour de l’ambient, mais de l’ambient comme on aime. Ambient et gabber – même si là, ça fait déjà un petit moment. En tous les cas, ce remix est vraiment cette bande-son potentielle de l’année, autant sonore que politique : émeutes, tentatives insurrectionnelles et relâchement général. Peut-être aussi, au fond, qu’il répond à une question, cette fameuse question : pourquoi ça ne tient pas ? On serait tenter de répondre « parce que le cortège de tête préfère écouter du rap semi-conscient ou de la trap digest à de la musique insurrectionnelle queer, sorcière ou racisée », alors qui sait!

Bref, Kamixlo est la figure vnr sombre du Bala Club et ça n’est pas vraiment pour nous déplaire, il nous file encore une bonne pichenette et fait entrevoir des possibles délicieux autour du vocodeur et de l’auto-tune, on attend donc avec patience, mais pas trop, l’insurrection autotunée… 2017 n’aura peut-être vraiment pas lieu les étranges espaces musicaux du Bala Club.

Audio

Tracklist

Kamixlo – Angélico (Bala Club, 11 novembre 2016)

01. Angélico
02. Bloodless Y
03. Ayuda
04. Ice2CU
05. Xtremetonterias
06. Bloodless Y (Evian Christ Remix)

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On y était : Heart of Glass, Heart of Gold 2016 http://www.hartzine.com/on-y-etait-heart-of-glass-heart-of-gold-2016/ http://www.hartzine.com/on-y-etait-heart-of-glass-heart-of-gold-2016/#respond Sun, 20 Nov 2016 21:33:15 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49900

C’est après avoir traversé la discographie de Teenage Fanclub, tutoyés les cimes du vulcania, longé deux verges que nous sommes […]

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C’est après avoir traversé la discographie de Teenage Fanclub, tutoyés les cimes du vulcania, longé deux verges que nous sommes finalement arrivés sur les versants ondulés de la Viadéne; lieu sacré où se tient le Hog Hog 2016. Après deux éditions ardéchoises il est désormais temps de découvrir les joies du Cantal. Arrivée vendredi fin d’après midi, à temps pour entendre un titre ou deux  du tandem parisien  Apes & Horses, mais surtout à temps pour voir nos chers écossais sur la scène 1.

Une centaine de personnes pas plus sont massés devant la grande scène pour le concert de Teenage fanclub, une affluence de concert de kermesse en somme ,pour un groupe culte approchant les trente ans de carrière c’est une belle aubaine. La qualité sonore parfaite, la franche communion et un setlist “best of ” agrémenté de deux singles de l’excellent nouvel album : Here  finiront par ravir nos cœurs d’aficionados.

teenageTransition sonore radicale, mais ultra dépaysante, puisqu’enchaîne sur la même scène le trio sororal Israélien A-wa avec leur étonnante “folk’n’beat yéménite”. Robes traditionnelles baskets, chants ancestraux teintés d’électro sont au rendez-vous, souffle dès lors au Hog hog un vent frais désertique au bonheur contagieux.

Un petit tour au “platine” pour chauffer la scène 2 avant le set de Bergen Kremer que nous louperons malheureusement, dû à un petit moment “fan de” avec Norman Blake ( leader des Teenage Fanclub ).

Il est minuit et demi et on retourne sur la grande scène pour retrouver Ninos du brasil et leur ambiance carnaval tribal brésilien. Le duo italien martèle, télescope leurs toms devant une foule dont l’hypnose révèle l’extase.

Pour conclure notre vendredi de la plus belle des manières on se dirige vers le chalêt (le club), au poutre massive et à la charpente triangulaire, pour se déhancher sur les pépites africaines qu’exhument Brian Shimkovitz depuis près de douze ans avec son désormais culte label Awesome tapes from Africa. Soirée digger oblige on achève le dancefloor sur le set d’Hugo mendez du label Sofrito et ses trouvailles tropicales venant de toutes horizons.

Ce n’est que le samedi vers midi que je me rend compte, que vallonnées, les courbes felliniennes du camping offre une activité sportive naturelle, qui sera la caution health du weekend, avec le savoureux Burger de l’Aubrac.

Au delà du festival et sa belle programmation, les entre deux et le champ des possibles sont tels que tout semble être une invitation a l’oisiveté : du kayak au disquaire, au pop up shop, j’en passe et des meilleurs, on aimerait que ça dure une semaine alors qu’on est que le lendemain matin. Cette sensation va d’autant plus se préciser que nous nous dirigeons vers la piscine.

pizzaLa diversité gonflable qui y règne est indécente, de la tranche de pizza à celle de pastèque en passant par le bretzel, là tout n’est que palmes et flotté, flux d’âmes apaisés. Aux abords de l’eau les guitares légèrement saturés de Frankie Cosmos bercent gentiment les festivaliers. On alterne entre plongeon, déferlante dans le toboggan et danse enivrée sur le dj set d’apéro soviet, moment coup de coeur mongol !

Un gros apéro plus tard, on retourne aux choses sérieuses. 22h et des poussières, la piscine est paisible, l’Aligot sommeille et la scène 2 est chauffée à blanc. Les sœurs Larson : Taraka et Nimai accompagnées de Ryan montent sur scène et là comme souvent avec les groupes américains le show est ultra rôdé, rien ne dépasse, le son est au rendez-vous et la trans de Prince Rama s’opère.

Les deux sœurs entretiennent leurs looks , poses gourous MadMax paillettes avec un audacieux cameltoe pour la chanteuse.

Le public est ultra réactif, tant que Taraka les rejoins malgré elle suite à ce qui semble être un slam raté, mais ultra pro le chant reste précis malgré la chute. Les titres s’enchainent, particulièrement ceux de Top Ten Hits Of  The End Of The World pour mon plus grand plaisir, préférant l’énergie glam  à la pop trop sucrée du dernier album X-Treme Now.

princeramaLa frontwoman se dandine façon Madonna dans son legging Mona Lisa qui orne la couverture du nouvel album , sa sœur hypnotise ses fûts avec ses boucles tribales et Ryan fait office de Tony Micelli  alternant guitare, clavier et autres bidouillages.

Le public semble conquis et réclame un rappel mais l’heure c’est l’heure et les darons de Frustration sont attendus sur la scène 1.

Je retrouve au bar extérieur Ryan et Taraka autour d’une clope que la chanteuse me jalouse, mais responsabilité vocale oblige elle décline l’offre des volutes.

On parle de Trump, de la tournée et du festival vegan parisien le smmmile qu’ils retrouveront le weekend suivant. Ryan tente de baragouiner des bribes de phrases en français et même en italien avec la même agilité que Paganelli interviewant Balotelli,on reviendra donc à la langue de Gascoigne. Très souriant, très sympa, très Williamsburgh, bref une soirée américaine.

Je zappe Frustration, en sachant que ça jouera bien qu’ils donneront tout etc… mais ce n’est pas mon truc, un peu trop réchauffé pour moi donc répit au bungalove, avant de nous diriger vers le chalet jusqu’à l’aube.

On entend depuis notre cosy logis les premières notes de “hebrew house”de l’écossais Mr. T.C en sachant qu’on rate un énorme concert, mais la détente, la bonne compagnie et le get 27 -ce breuvage sournois- auront raison des premiers titres. Sacha Mambo prendra le relais, nous entraînant jusqu’à l’aurore.

Le réveil est compliqué, l’heure du départ approchant à notre plus grand regret. Une longue route nous attendant, nous ne verrons pas Black Devil Disco Club et partons le cœur serré. C’était mon premier Hog Hog et c’était plus qu’une prolongation de vacances. De l’accueil à la sécu en passant par les gens de la technique, on reconnaît la qualité d’un lieu aux gens qui l’anime. Loin de l’attroupement, de l’urgence de changement de plateau de certains festivals, où l’on peut passer plus de temps à courir qu’à se poser devant une scène, ici tout est mis en œuvre pour que rythme et confort cohabitent.

Ajoutez à ça une météo idyllique, Heart of Glass Heart of Gold, Haut les coeurs 2017 !

Texte par David Boring

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Alppine http://www.hartzine.com/alppine/ http://www.hartzine.com/alppine/#respond Wed, 16 Nov 2016 08:00:14 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49870

Alppine, mené par Diego Delgado et Alberto Bermejo est un projet expérimental musical et visuel où s’entrecroisent electronica, noise et […]

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Alppine, mené par Diego Delgado et Alberto Bermejo est un projet expérimental musical et visuel où s’entrecroisent electronica, noise et rock. Ils ont déjà plusieurs EPs à leur actif, dont Arde El Mar aux sonorités shoegaze et où vient s’ajouter la voix de Marta Capdevila au chant. À l’occasion d’un live puissant et envoûtant qu’ils ont donné au Freedonia, lieu underground de Barcelone, nous avons décidé de les soumettre à notre interview Out Of The Blue. Leur dernier EP, Tizanis, est sorti un peu avant l’été.

D’où venez-vous ?
De donde venís?

Barcelone et Madrid.

Barcelona y Madrid.

Où allez-vous ?
A donde vais ?

Barcelone.

La ciudad condal.

Pourquoi la musique ?
Porque la musica?

Nous nous sommes rencontrés et, en moins d’une minute, nous parlions des disques que nous aimions jouer dans les nineties. Au bout de quelques mois, nous improvisions sur des machines chez Diego. Le premier titre que nous avons composé s’appelait Sunny Tunnel, ça nous a plu, c’était en 2012.

Nos conocimos y en un minuto estábamos hablando de los temas que nos gustaba pinchar en los 90, al cabo de pocos meses estábamos improvisando con maquinitas en la casa de Diego. Lo primero que hicimos solo empezar a tocar se llama Sunny Tunnel. Nos quedamos entusiamados, eso fue en el 2012.

Et si vous n’aviez pas fait de musique ?
Y si no hubiera hecho de la música?

Nous venons tous les deux du monde de l’image donc au final notre projet n’est pas que musical, il est ouvert à d’autres disciplines artistiques, et l’image tient beaucoup de place et de poids dans nos lives.

Los dos venimos del mundo de la imagen por lo que al final no es solo musica. El proyecto esta abierto a otras disciplinas artística, la imagen puede tener mucho peso en nuestro directo.

Une épiphanie personnelle ?
Una epifanía personal?

Ah ! Ah ! Tu ne nous croiras pas mais nous avions une track que nous n’avons jamais enregistré qui s’appellait A Quart Of Epiphany. On rigolait de l’idée que quelqu’un puisse avoir ne serait-ce qu’une petite épiphanie…

Jaja no te lo creeras pero teníamos un tema que nunca grabamos y que se llamaba A Quart Of Epiphany nos reiamos con la idea de alguien podiese tener una poquito de epifania, o sea – lo veo pero solo un poco… una stupidez vamos.

Une révélation artistique ?
Una revelacion artistica?

Au début, nous étions esclave du MIDI. Plus maintenant et c’est beaucoup plus fun.

Al principio eramos esclavos de MIDI, ahora ya no, es mucha mas divertido.

Le revers de la médaille ?
Cualquier inconveniente?

Pas trop de live, mais je suppose que ça a à voir avec la loi de l’offre et de la demande. Ou alors nous sommes un mauvais groupe, à toi de voir.

Pocos directos, supongo que tiene que ver con la ley de la oferta y la demanda o que somos un mal rollo de banda, lo cual nos pone.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Hay vida después de la muerte artística?

Nous ne comprenons pas le concept de mort artistique.

No entendemos el concepto, muerte artistica.

Un rituel de scène ?
Un ritual antes de monatr en el escenario?

Une bière et des étirements.

Una cerveza y estiramos la espalda, en vano.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Con quién le gustaría trabajar (música y no musical)?

Thurston Moore, Brian Eno. Y a-t-il quelque chose de plus original ?

Thurston Moore, Brian Eno. ¿Hay algo mas original?

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
Cuál sería el punto culminante de su carrera artística?

Apparaitre dans un épisode des Simpson.

Salir en los Simpson.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Vuelta a la infancia, ¿qué consejo le das a ti mismo?

Joue, joue, joue. Crée, crée.

Toca toca toca. Crea crea.

Comment te vois tu dans trente ans ?
Cómo se ve usted dentro de treinta años?

Avoir encore plus de plaisir. (la magie de la musique)

Pasándolo mejor todavia. (la magia de la música)

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Un placer culpable o un tesoro escondido? (Música y no musical)

Nous décidons de la setlist des concert dans un restaurant japonais où nous avons l’habitude d’aller, c’est pas très rock’n’roll, ça va nous coûter quelques fans…

Hacemos el set list de los conciertos en un Japones, si lo se, es muy poco Rock´n Roll y esto nos va a costar algún fan… es lo que hay.

Écoute exclusive

Audio

Tracklist

Alppine – Tizanis (20 mai 2016)
01. 60 Lies
02. Tizanis
03. Places

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Hysteric http://www.hartzine.com/hysteric/ http://www.hartzine.com/hysteric/#respond Fri, 11 Nov 2016 19:35:40 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49160

On avait découvert Hysteric en 2011 via sa première production d’edits  sortie sur le label d’Otto Kraanen Bordello A Parigi. Dans le […]

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On avait découvert Hysteric en 2011 via sa première production d’edits  sortie sur le label d’Otto Kraanen Bordello A Parigi. Dans le même temps l’australien construisait tranquillement son projet Mothball Record – label spécialisé dans la rééditions d’obscures projets sortis des tréfonds des années 80 – permettant à cet insatiable collectionneur de perles oubliées de rentrer en connexion avec d’autres pourfendeurs de délires passéistes tels les influents Ostra Discos ou Public Possession.

Ces dernières semaines, l’homme de Melbourne est venu poser ses vieilles galettes délicieusement tunées sur les platines de quelques clubs européens, on en a profité pour lui soumettre notre salves de questions OOTB  et ainsi mieux cerner le personnage. Il nous offre au passage en écoute exclusive son set joué lors de son récent passage au club Kaiku d’Helsinki.

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Je suis originaire de Melbourne, en Australie. Plus précisément de Ripponlea, une petite ville près de la mer.

I’m from Melbourne, Australia. Specifically ‘Ripponlea’, a tiny suburb not too far from the beach.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Pouvoir, je l’espère, passer plus de temps en Europe, où j’ai l’impression que ma musique passe mieux. :)

hopefully to spend more of my time in Europe, where I think my music works better :)

Pourquoi la musique ?
Why music?

Depuis mon enfance, j’ai toujours été dingue de musique et de disques, c’était une évolution naturelle pour moi que d’aller vers ça.

Since I was a child I was always crazy about music and records, so it was a natural progression.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Avant d’être DJ, j’ai toujours voulu être stakeborder professionnel, mais je n’étais pas assez bon (de loin). Sinon, qui sait ce que j’aurais fait… J’ai un vrai déficit d’attention et je m’ennuie rapidement, la plupart des boulots traditionnels sont vraiment frustrants pour moi.

Before DJing, I always wanted to be a skateboarder professionally, but I wasn’t good enough (by a long way). Otherwise who knows, I have a short attention span and get bored quickly so most “traditional” jobs are frustrating for me.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

La première fois que j’ai entendu de l’italo-disco était assez intense, pour moi. Je n’avais pas encore Internet à cette époque et je devais attendre de rendre visite  à des amis qui possédaient, eux, une connexion pour récupérer mon « fix » de nouveaux mixs et de découvertes.

Hmm the first time I heard italo is a big one. I had no internet at that time and was reliant on visiting friends with internet to get my “fix” of new mixes and discoveries.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

C’est arrivé de manière un peu accidentelle, mais la compilation sortie chez Public Possession l’année dernière, sur laquelle je me suis retrouvé avec Tamas Jones de Carpentaria, m’a ouvert à de nombreuses nouvelles opportunités.

It was a bit accidental how it happened, but the record I shared with Tamas Jones/Carpentaria on Public Possession last year created a lot of new opportunities for me.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Pas vraiment, je suis vraiment reconnaissant de la chance que j’ai eue jusque là, même si le parcours pour arriver à mes fins à parfois été assez difficile ou pas à l’image de ce que je m’étais imaginé.

No- I’m grateful for every chance I’ve been given so far, even if the realization was sometimes difficult or not how I imagined.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Une mort artistique… Hum je crois que l’on peut regarder n’importe quelle carrière d’un artiste comme une série de changements en terme de popularité ou d’activité. J’ai été DJ, éditant et collectionnant des disques, à une époque où personne n’y prêtait vraiment attention, et je pense qu’il est possible (bien que je ne le souhaite pas) que ce genre de moment revienne de nouveau à l’avenir. Pour l’heure, je prends juste plaisir à vivre tout ça.

Artistic death hmm you can look at any artist’s career as a series of fluctuations in popularity or activity. I have been DJing, editing and collecting when honestly no-one was listening, and I’m sure it’s possible (though not desirable) that can be the case again in the future. For the moment, I am just enjoying the ride.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Un bon espresso est crucial ! Et parfois arriver en soirée un peu en avance, pour écouter le DJ avant moi, sentir l’atmosphère…

A good espresso is essential! And to be at the party some time in advance to hear the DJ before me, take in the atmosphere, etc.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Pour moi c’est plutôt la question de savoir qui voudrait travailler avec moi… J’ai eu quelques demandes de remixs ces derniers temps, j’en suis plutôt content.

it’s more a question who would work with me.. I have a few remix requests at the moment which I am happy to be asked for.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Je n’aime pas trop me dire qu’il y aura un climax dans ma carrière parce que tout ce qui arrive ensuite n’est qu’une chute, j’espère juste continuer ce que je fais actuellement. Les moments les plus importants pour moi restent les disques que j’ai sortis et beaucoup des soirées dans lesquelles j’ai joué en Europe ces 2 dernières années, tout autant que les gens que j’ai rencontrés à cette occasion. 

I don’t like to think of there as a climax because everything after that is downhill, I just hope to continue as I am. Highlights so far have been the records I released and many of the parties I played in Europe during the past 2 years, and the people I met in the process.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Le même conseil que celui que je me donne aujourd’hui : si tu as une idée, c’est mieux de commencer et de finir quelque chose (n’importe quoi) plutôt que sans cesse réfléchir à le faire sans jamais se lancer.

The same advice I would give myself now: if you have an idea, it is better just to start and finish something (anything) rather than constantly thinking about it and doing nothing.

Comment te vois tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

J’espère être toujours DJ, dans le milieu de la musique.

Hopefully to still be DJing and involved with music.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Je voudrais davantage travailler à l’aide de sample et de collages mais aussi sur edits un peu moins directs, un peu plus complexes.

I would like to work more on sample-based production/assemblages and possibly less “straight” edits.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Dormir !

Sleeping!  

Exlue

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Flotation Toy Warning, la playlist http://www.hartzine.com/flotation-toy-warning-la-playlist/ http://www.hartzine.com/flotation-toy-warning-la-playlist/#respond Wed, 02 Nov 2016 10:19:58 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49139

Après avoir posé une sereine tartine sur la réedition du premier album des fantastiques Anglais de Flotation Toy Warning par […]

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Après avoir posé une sereine tartine sur la réedition du premier album des fantastiques Anglais de Flotation Toy Warning par le non moins respectable label bordelais Talitres, il nous semblait tout de même fort raisonné de laisser également la parole au groupe. On leur a donc demandé en toute honnêteté de nous sortir une playlist à la thématique assez simple : quels sont les morceaux qui vous ont fait pleurer le cœur, gonfler le cerveau et relever les poils ? Sélection commentée ou non ci-dessous.

Paul Carter

Giu’ La Testa par Ennio Morricone
J’ai souvent noté que les premières heures du jour constituaient la meilleure période pour écrire des morceaux. Certaines sensations inaccessibles et enfouies durant la journée peuvent alors se dévoiler. De la même manière, j’adore regarder des films la nuit car je considère que c’est là qu’ils sont le plus émotionnellement frappants. C’est à ce moment-là que j’ai regardé « A Fistful of Dynamite ». J’adore la musique d’Ennio Morricone, et particulièrement cette pièce car elle mêle avec brio la plupart de ses meilleures idées.

The Messerschmitt Twins par Orchestral Manoeuvres in the Dark
Je possède plus de disques de ce groupe que n’importe quel autre. Le message qu’ils m’ont transmis s’est révélé crucial pour moi, me donnant la confiance nécessaire pour démarrer la musique à l’âge de 25 ans. Ces deux personnes balancent ouvertement le fait qu’ils n’ont pas un grand talent musical mais mettent simplement en action de bonnes idées. Cela m’a fait prendre conscience que n’importe qui pouvait créer de la musique si il en ressentait le besoin : si cela devient ton obsession tu en sortiras forcément quelque chose de valeur à tes yeux. Il n’y a pas de modèle pré-établi pour y arriver, mais si tu essaies dur et assez longtemps, quelque chose d’intéressant finira par apparaitre.

The Stranger Song par Leonard Cohen
J’ai vu un vieil enregistrement de lui jouant cette chanson à la télé. C’était tard dans la nuit, lorsque les choses prennent réellement sens. Juste lui et une guitare, porté par des mots extraordinaires. Cette personne pouvait conjuguer tant de détails liés à la condition humaine en une somme de mots si essentielle que cela me toucha comme une révélation. Je pense toujours aujourd’hui qu’il n’y a pas de meilleur parolier que lui.

1812 Overture Choral Version par Tchaikovsky
Quand je n’étais pas encore tout à fait adolescent, mes parents me laissaient jouer à la maison, ma sœur, notre amie Helen et moi pendant qu’ils sortaient boire un verre avec des amis. Nous avions l’habitude de boire du cidre tout en jouant une version sans chorale de cette pièce de Tchaïkovsky. On paradait dans la pièce puis s’écroulait à chaque coup de canon. A l’époque, c’était une des choses les plus intenses et excitantes que je pouvais vivre. Je n’ai entendu qu’adulte la version avec chorale, qui est d’ailleurs supposée sonner comme cela à l’origine. Lorsque je l’ai écouté, l’intérieur de mon corps s’est petit à petit mis à fondre.

Unicorns Were Horses par New Kingdom
La pure joie que diffuse le refrain me passe de l’électricité dans les veines. J’adore le ton neutre qu’use le chanteur et plus particulièrement les paroles « Guess it just be’s like that sometimes’ ». Comme la plupart des gens, lorsque le vent souffle en sens contraire, c’est comme ça que je me sens.

6am Jullandar Shere par Cornershop
Possiblement la pièce de musique la plus réjouissante qu’il m’ait été donné d’écouter. Il y a à peu près deux riffs, la majorité du morceau ne tourne qu’autour d’un accord et ça balance pourtant sur plus de six minutes. Mais le mouvement, l’énergie, la vitalité du titre me donne toujours l’impression que cela se termine trop vite. Intelligent comme rarement, j’espère simplement qu’un jour nous serons aptes à écrire quelque chose se rapprochant de cet effet.

Ben Clay

Nightclubbing par Iggy Pop
Écrite en 1977 sur son premier album solo post-Stooges, ça sonne toujours aussi contemporain et frais à présent – l’intégralité du morceau montre une confiance et un engagement qui force le respect.

The Weaker Soldier par Palace

Will Oldham a réalisé des œuvres bien plus complètes, comme Master and Everyone, mais cet album – et surtout cette chanson – a cette intimiste fragilité qui la rend absolument magnifique. Les paroles sont également excellentes.

Gods in Heat par Tobacco

Un morceau qui m’a été recommandé par Paul. De la musique que tu ne peux pas vraiment décrire – sa sonorité ou ses influences – et qui la rend justement si bonne. Le travail d’un seul homme et d’un quatre pistes. Écoutez la déconstruction du morceau sur le podcast Song Exploder. Unique.

Steve Swindon

Choisir seulement trois morceaux s’avère bien chaud, j’ai donc fait des choix relatifs par rapport à l’histoire Flotation pour moi.

Saturday par Sparklehorse.
Ça aurait pu être n’importe quel morceau de Vivadixiesubmarinetransmissionplot mais ce morceau a cette façon si douce d’insister un peu similaire à mes chansons préférées de Flotation Toy Warning.

Zoom par Fat Larry Band.

Il y a eu une paire de session lors de l’enregistrement de Bluffer’s Guide… où cette chanson résonnait dans le studio, régulièrement appréciée et sujet de débat à l’occasion d’une éventuelle reprise. Je serais toujours motivé pour faire ça.

Down With The Animals par Arm of Roger.

Un vrai classique de l’ère Bluffer’s… d’un album autrement inécoutable. Les paroles sont particulièrement inspirées.

Vicky West

The Big Ship par Brian Eno

Such Great Heights by The Postal Service

Ave Lucifer by Os Mutantes

On rappelle que les Anglais nous gratifieront d’une paire de concerts français – Bordeaux et Paris – et verront Talitres sortir un inédit du groupe sur la compilation anniversaire du label, pour les 15 ans, sur un 10’’ comprenant de nouveaux morceaux d’autres artistes du label comme Motorama, Emily Jane White, Will Samson, etc… Le disque sera disponible aux concerts de Flotation Toy Warning mais aussi aux autres dates de l’anniversaire, avec notamment Motorama jouant deux fois de suite à la Maroquinerie. Retrouvez ci-dessous le programme en détail.

PARIS / La Maroquinerie
09.11 : MOTORAMA – EMILY JANE WHITE (billetterie)
10.11 : MOTORAMA – FLOTATION TOY WARNING – WILL SAMSON (billetterie)

BORDEAUX / Le Rocher de Palmer
11.11 : FRÀNCOIS AND THE ATLAS MOUNTAINS (joue « Plaine Inondable ») – STRANDED HORSE – WILL SAMSON (billetterie)
12.11 : MOTORAMA – EMILY JANE WHITE – FLOTATION TOY WARNING (billetterie)

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Sutja Gutierrez http://www.hartzine.com/sutja-gutierrez/ http://www.hartzine.com/sutja-gutierrez/#respond Tue, 01 Nov 2016 22:53:05 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49128

On se souvient de Sutja Gutiérrez notamment avec son groupe The Fruhstucks et ses tracks electro-pop lo-fi mignonettes (ici et là) […]

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On se souvient de Sutja Gutiérrez notamment avec son groupe The Fruhstucks et ses tracks electro-pop lo-fi mignonettes (ici et ) – puis on l’a un peu perdu de vue. Pourtant le bonhomme n’est pas resté inactif. Bien au contraire, il a multiplié les collaborations comme producteur ou vocaliste pour AFFKTRob Garza (Thievery Corporation) ou Edu Imbernon, et a même sorti un album solo Cult & Truth sur le label californien Bleeding Gold Records. Toujours expérimentant sur des sonorités pop lo-fi, prennant parfois des envolées psychédéliques, le producteur hispanique a sortit un excellent nouveau titre hypnotique dénommé Ubi Sunt il y a quelques semaines sur le label Rotten City Records du producteur madrilène Alvaro Cabana. On a décidé de prendre de ces nouvelles via notre OOTB interview, il nous a fait cadeau d’un edit bien perché du titre Eight Whiskus de John Cage et Joan La Barbara. Enjoy !

 

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Je viens d’une petite ville de la côte méditerranéenne espagnole qui s’appelle Vinaròs.

I come from a small town called Vinaròs located in the Mediterranean coast of Spain.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

J’imagine que la créativité, tant dans la vie que dans l’art est ma destination la plus précise, mais je ne connais pas encore tous les détails…

I guess creativity in life and art is my most clear destination, but I’m still figuring out all the details…

Pourquoi la musique ?
Why music?

Parce que la musique était ce qui me convenait le mieux. Quand j’étais plus jeune, je ne me suis jamais senti bon élève mais un jour, la musique est venue frapper à ma porte et une fois que j’avais commencé je ne pouvais plus m’arrêter. Je me suis vu plonger dans un tourbillon de créativité, de passion et de stimulation. Maintenant je suis heureux de dire que je me sens beaucoup mieux et à l’aise avec moi-même et je serais un imbécile si j’arrêtais un jour de créer de la musique.

Because music was what worked better for me. When I was younger I never felt that I was a good student, but one day the music process knocked at my door and once I started I couldn’t stop at all. I saw myself immersed in a work-spiral of creativity, passion and stimulation. Now I’m glad to say that I feel much better and comfortable with myself and I would be such a fool if I ever stop creating music.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

C’est beaucoup trop difficile de savoir. La musique m’a aidé à me connaître de tant de façons différentes que maintenant, j’ai l’impression que je pourrais être bons dans tellement de trucs (la poésie, la philosophie, l’art, etc). Donc si la musique n’était pas mon truc, je ne sais pas vraiment, choisis une vie au hasard et ce serait celle-ci.

That’s way too difficult to know. I mean, music helped me know myself better in so many different ways that now I feel like I could be good at so many different things (poetry, philosophy, art, etc.) so, if music wasn’t my thing I don’t really know, just pick a random life and then you got it there.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

La seule chose que j’ai ressenti comme une épiphanie s’est déroulée il y a plusieurs années. J’étais chez un ami, allongé sur le lit et on a décidé de prendre “un truc très bizarre”. On a mis de la musique et on a laissé le truc faire effet, puis je me suis senti plonger toujours plus profond et si vite que j’ai compris que j’avais perdu le contrôle. Ça ne faisait pas comme se faire enterrer, c’était plus comme plonger au plus profond de mon âme et m’allonger au centre de la Terre comme La Maja Nue (un tableau de Goya, ndlt). J’ai vu une putain de lumière au loin, quelque chose comme regarder la TV avec 600 mètres entre toi et la télévision. Quand je me suis réveillé, j’étais complètement scié, je suis rentré sans rien dire chez moi en pensant “Qu’est ce que c’était que ce bordel ?” – et c’est quelque chose que je n’oublierai jamais.

The only thing I ever felt similar to an epiphany was many years ago, I was at a friend’s house lying in bed and we decided to take “something very weird”. We put the music on and let the thing take effect on us, then I started feel myself going down and down so fast that I realized I was out of control. It wasn’t like being buried underground, it was more like falling down deep into my soul and lying in the centre of the earth like The Nude Maja. I saw a damn light far away, something like watching TV with 600 meters of distance between you and the television. When I woke up I was totally blown away and went in total silence to my house thinking “what the hell was that?” – and that was something that I will never forget.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Je crois que j’ai eu plein de révélatons différentes et intéressantes au cours de ma carrière musicale et c’est parce que je suis dans le changement permanent et chaque changement a sa place et sa valeur. C’est difficile d’en choisir une seule. J’ai commencé il y a des années avec un ordinateur portable et quelques matériels studio bon marché (que j’utilise toujours) et regarde moi maintenant, j’ai l’impression d’être une bête curieuse. Mais une chose est certaine, depuis ce temps et jusqu’à aujourd’hui, je continue d’éplucher les couches sans trop y réfléchir, je reste calme et patient, c’est tout.

I think I had many different and interesting breakthroughs during my musical career and that’s because I’m in constant change and each change has his own place and value. It’s hard to pick just one. I started years ago with a laptop and some cheap studio elements (which I’m still using) and look at me now, I feel like I’m such a freak character. But one thing is clear, since then and up to today I keep peeling the onion without thinking too much about it, I stay calm and patient, that’s all.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Ils font parti du processus mais je crains de ne pas être le genre de personne qui aime parler des revers. Mes problèmes sont si insignifiants en comparaison des vrais problèmes auxquels on est réellement confrontés que j’essaie juste de rester attentif et positif, de partager le meilleur de moi-même. Ceci étant dit, continue de t’élever en tant qu’être humain et ne regarde pas en arrière (pas trop).

They are part of the process, but I’m afraid I’m not the kind of person who likes to talk about downsides. My problems are so insignificant in comparison to the real problems we’re actually facing that I just try to stay awake and positive, sharing all the best from me. Having said that, keep on rising as a human being and don’t look back (too much).

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

La mort artistique doit être quelque chose inventé par quelqu’un qui ne s’intéresse pas ou ne connais rien à l’art. Là où il y a de la vie, il y a de l’espoir pour tout le monde et la seule chose que l’on doit faire c’est de s’intéresser, d’aimer et de partager. Ça dépend de toi et de comment tu vois les choses autour de toi, tout ce dont tu as besoin c’est de ton cerveau alors, s’il te plaît, fais le faire fonctionner.

Artistic death might be something invented by someone who doesn’t care or know about art at all. If there’s life, there’s hope for everybody and the only thing you have to do is to care, love and share. It depends on you and the way you see the things around you, all that you need is in your brain so, please keep that part always running.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

J’ai presque tout essayé mais rien ne semble fonctionner avec moi et je finis toujours par me sentir stupide à faire tout ça.

I’ve tried almost everything but nothing seems to work with me and I always end feeling very stupid by doing all of that.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Dans la vraie vie, je dirais Simeon Cox de Silver Apples. En rêve, sans aucune hésitation je choisirais le seul et unique Viking de la 6ème avenue, Louis Thomas Hardin, aussi connu sous le nom de Moondog.

In real life I would say, Simeon Cox from Silver Apples. In dreams, without any doubt I would choose the one and only Viking of the 6th avenue, Louis Thomas Hardin also known as Moondog.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Je serais aussi heureux que maintenant si je pouvais continuer à grandir en tant qu’être humain qui aime l’art. Ce serait un super climax pour moi. J’aimerais aussi avoir moins de déboires et de problèmes à l’avenir mais comme je l’ai dit plus haut, ils font partie du processus donc, je ne sais pas du tout ce que le future me réserve.

I’ll be happy as much as I am now if I could just continue growing as a human being who loves art. That would be a great climax to me. I would also like to have less setbacks and problems in the future but as I said before they’re part of the process so, I don’t really know what the future holds for me.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Ne crains rien ni personne et prépare toi à la vraie jungle.

Do not fear anything or anybody and prepare yourself for the real jungle.

Comment te vois tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Pareil qu’aujourd’hui mais beaucoup plus calme et sage.

Same as now but much quieter and wiser.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Tous les chemins mènent nul part ce qui rend le futur encore plus confus et perturbant. On verra, je suis plein de surprises.

All paths lead to nowhere and that makes an even more confusing and disturbing future. We’ll see, I’m full of surprises.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Je crois que le vin est devenu mon plaisir coupable le plus évident.

I guess wine has become the clearest guilty pleasure of mine.

Photo: © Andrea FG
Traduction: Marie-Éva

Ecoute Exclusive

Audio

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Coucou Chloé – Halo http://www.hartzine.com/coucou-chloe-halo/ http://www.hartzine.com/coucou-chloe-halo/#respond Tue, 01 Nov 2016 16:50:56 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49118

Faire ou ne pas faire une chronique sur l’EP de Coucou Chloé, telle a été la question, et puis force […]

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Faire ou ne pas faire une chronique sur l’EP de Coucou Chloé, telle a été la question, et puis force est de constater qu’entre son très bon track sur la compilation de JEROME avec plein de petites cloches, une voix chelou, quelque chose d’une attraction irrésistible et son inédit avec WWWINGs, il fallait parler et chroniquer l’EP de Coucou Chloé. D’abord parce qu’il est sorti chez l’excellent label berlinois Creamcake, où on retrouve notamment Sky H, Keiska ou 333 Boyz et ensuite parce que c’est un très très bon EP. Trois pistes et un méga tube : Skin Like Sin.

Coucou Chloé, c’est l’évolution parfaite de la vaporwave à la scène hybride/monstrueuse, des premiers titres moins enthousiasmants et puis, d’un coup, un EP au milieu de toute la scène qu’on adore entendre, et un super premier EP. Mi-r’n’b, mi-électronique, un peu techno, en fait juste un EP classe, un EP qui met des calottes où il faut. Je ne sais pas si on peut faire du parcours de Coucou Chloé une sorte de cartographie de la scène néo-r’n’b électronique française super chouette mais, en tout cas, Halo nous a filé une belle claque et il faut l’en remercier. Entre Ok Lou qui sort des dingues morceaux chez Staycore, qui fait des lives tout fifou à la RBMA, et Coucou Chloé qui sort des EPs impeccables, on se dit que, peut-être, il se passe quelque chose dans nos contrées. Et quelque chose de bien cool. On vous engage d’ailleurs à écouter son set sur NTS Radio qui est assez parfait.

Bref trois pistes et un tube. Halo et Touched qui ouvrent et ferment respectivement, plutôt dans un genre expé contemplatif, avec voix travaillée sur ordinateur, basse toutes folles ou nappe sous vocodeur, et Skin Like Sin, sorte de tube r’n’b électronique qu’on a envie d’entendre sur tous les plus beaux parquets. Des chants de cathédrale, des beats angoissants, un travail sur une certaine frustration et des moments épiques de libération parfaits pour le dancefloor, ça donne un EP sensible, émotif et plutôt très sensuel, à l’image sans doute de ce qu’on aime aller voir dans nos clubs aujourd’hui, à l’image aussi d’une scène de plus en plus biscornue, diverse, bizarre et étrange.

Comme il n’y a que les imbéciles et les têtus qui ne changent pas d’avis, chapeau bas et respect pour Halo, Coucou Chloé ! Et on espère à très vite pour un deuxième EP.

Audio

Tracklist

Coucou Chloé – Halo (Creamcake, 05 octobre 2016)
01. Halo
02. Skin Like Sin
03. Touched

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MIXTAPE : Home made 08 by Aki http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-08-by-aki/ http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-08-by-aki/#respond Thu, 27 Oct 2016 07:54:37 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49098

Back 2 basics, Aki nous replonge dans le rap à la française de la seconde moitié des années 90. 01 […]

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Back 2 basics, Aki nous replonge dans le rap à la française de la seconde moitié des années 90.

01 – Lone – Les skyzos feat. Busta Flex
02 – Timide et sans complexes – ennemi
03 – Kabal – Le cercle
04 – ATK – Mangeur de pierres
05 – Ideal J – Le combat combat continue
06 – Lunatic – Le crime paie
07 – La Squadra – Là d’où l’on vient
08 – 2 Bal – 3X plus efficace feat. Niro
09 – X-Men – Pendez-les, bandez-les, descendez-les…
10 – La brigade – La vie est une…
11 – La Cliqua – Rap contact
12 – Arsenik – Quelques gouttes suffisent…
13 –Assassin – L’Etat assassine

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Norwell http://www.hartzine.com/norwell/ http://www.hartzine.com/norwell/#respond Wed, 26 Oct 2016 09:09:21 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49089

On a découvert Balázs Semsei aka Norwell grâce à la sortie du EP Her sur le label de Fairmont, Beachcoma, […]

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On a découvert Balázs Semsei aka Norwell grâce à la sortie du EP Her sur le label de Fairmont, Beachcoma, il y a déjà deux ans de cela. Deux titres techno dreamy à l’influence Border Community qui nous avait fait passer de bons moments. La même année avec son ami et compatriote S Olbricht une tape, Untitled, parue chez le label Londonien Cleaning Tapes aux titres techno un peu plus abstract avait fini de nous convaincre que Norwell était un producteur à suivre de très près. Alors que cet été sortait son deuxième excellent album Grasslands sous forme de tape auto-produite, on a décidé qu’il fallait soumettre le producteur hongrois à notre interview Out Of The Blue.

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Budapest

Budapest

Où vas-tu ?
Where are you headed?

En Europe (en espérant qu’il n’y aura pas de Huxit après le Brexit).

To Europe (hopefully the Huxit won’t happen after the Brexit).

Pourquoi la musique ?
Why music?

La musique a toujours été essentielle dans ma vie. Elle m’emmène là où rien d’autre ne peut.

Music has always been essential in my life. It brings me places where nothing else could.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Je ne peux pas vraiment imaginer ma vie sans au moins écouter de la musique. Si je ne faisais pas de la musique, je me concentrerais probablement encore plus sur mon boulot et j’aurais une vie moins amusante. Donc je suis très heureux d’avoir trouvé la musique comme moyen d’expression. Je crois que tout le monde a besoin d’au moins un passe-temps qui permette ça, surtout de nos jours, quand la chose la plus commune est d’acheter son bonheur. Mais c’est juste provisoire.

I can’t really imagine my life without at least listening to music. Although without making music I’d probably focus even more on my day job and I’d have a less amusing life. So I’m really glad I found writing music as a self expression. I think everyone needs at least 1 hobby where they can do that especially nowadays when buying happiness is one of the most common things to do. But that’s just a temporary thing.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

“Une de ses qualités est la sobriété” (je ne sais pas si ce sont les bons mots en anglais mais les gars, apprenez à boire avec modération ! :)).

“One of his virtue is austerity” (Don’t know if these are the right words in English, but kids, know when to stop drinking alcohol! :))

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

J’ai l’impression que chaque sortie sera mon prochain succès. Non pas du point de vue de la popularité mais j’essaie toujours de composer une musique meilleure que la précédente et de trouver de bons labels. Quand ça se produit, je suis satisfait, je ne veux pas être célèbre ou gagner ma vie avec la musique. D’ailleurs aujourd’hui, avec autant d’artistes et de sorties (même dans la scène musicale underground), que peut-on qualifier de réel succès ?

I felt at all of my releases that it’s my next breakthrough. Not popularity-wise but I always tried to make better music than previously and find good labels for them. When that happens I’m satisfied, I don’t want to be famous or make a living from music.
By the way nowadays when there are so many artists and releases out there (even in the underground music scene) what is a real breakthrough?

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Tu veux dire de la révélation ? Si oui, alors je ne le crois pas. Comme je ne veux pas vivre de la musique, je suis libre de faire ce que je veux. Je vois/entends beaucoup d’artiste qui, après leur premier succès, essaient de se répéter, de faire la musique que leur public attend. Ils perdent une partie de leur liberté créatrice qui à la base de la musique de qualité selon moi.

You mean of the breakthrough? If yes then I don’t think so. Since I don’t want to make a living from music I’m free to do whatever I want. I see/hear on many artists that after their breakthrough they try to repeat themselves, make music what their audience expects. They partly loose their freedom of making music which is the core of good music in my opinion.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Je l’espère vraiment. Mais je crois que l’artiste en soi ne meurt jamais réellement.

I really hope so. But I think that the artist will never die in you.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Boire un verre de Unicum (un spiritueux traditionnel hongrois) en me souhaitant de jouer un bon concert devant un bon public.

Having a ‘play a good set and have a good audience’ Unicum (it’s a traditional Hungarian spirit)

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Thom Yorke et James Holden. J’adorerais aussi passer quelques semaines dans un studio avec Gerald Donald.

Thom Yorke and James Holden. I also would love to spend a few weeks with Gerald Donald in a studio.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Avoir un groupe qui joue des morceaux électros inspirés de la “kosmische music”.

Having a band which plays kosmische inspired electro songs.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

N’arrête pas le piano. Sois moins anxieux.

Don’t stop playing the piano. Be less anxious about everything.

Comment te vois tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Toujours en train de faire de la musique quelque part à la campagne. Au-delà de ça, je souhaite simplement être un homme de 59 ans heureux et satisfait de sa vie.

Still making music somewhere in the countryside. Besides that I just want to be a happy 59 years old man who’s satisfied with his life.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Difficile à dire. Il y a un an et demi, je n’imaginais pas travailler sur des morceaux électros. J’étais fan de “kosmische music” (je le suis toujours). Donc pour le moment, je pense que je mettrais plus l’accent sur l’électro au cours de l’année qui vient. Ce serait génial de faire un album électro avec moins de titres de club. Je suis de plus en plus intéressé par l’électro non orientée vers les clubs. Ce sera probablement ma prochaine voie.

Hard to say. I didn’t think 1,5 years ago that I’ll work on electro songs anytime. I was really into kosmische music (I still am). So for now I think I’ll put a bit bigger emphasis on electro in the next year. It would be great to make an electro album with less club tracks. I’m more and more interested in non club focused electronic music. Probably that’s the way to go ahead for me.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Cuisiner. Je me suis apperçu il y a deux ans que j’aimais cuisiner, ça me détend. Pourquoi est-ce un plaisir coupable ? Depuis j’ai pris 20 kgs. :)

Cooking. I realised 2 years ago that I like to cook, it relaxes me. Why is it guilty? Since then I gained 20 kgs. :)

Écoute exclusive

Écoutez ci-dessous en exclusivité l’edit que nous a concocté Norwell pour le titre Buntil du duo Knobkreek. Knobkreek est un projet basé aussi à Budapest composé du chateur-guitariste Ákos Déri aka Berriloom et du claviériste Bálint Zalkai aka Alpár. Leur musique explore les territoires leftfield ou des synthé psyché se mêlent à des thèmes de guitare shoegaze. Projet à suivre aussi…

Audio


Ecouter et acheter Grasslands ici

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Sikuri – Zafiro http://www.hartzine.com/sikuri-zafiro/ http://www.hartzine.com/sikuri-zafiro/#respond Wed, 26 Oct 2016 08:13:52 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49077

Il y a des albums classiques, qui font date dans l’histoire de la musique, et puis il y a aussi, […]

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Il y a des albums classiques, qui font date dans l’histoire de la musique, et puis il y a aussi, sans qu’il s’agisse moins d’un événement, des EPs qui collent aux oreilles dès la première écoute. C’est le cas de Zafiro, l’EP de Sikuri qui vient de sortir sur l’excellent Trax Couture, label historique de Rushmore…

Outre le blaze qui fait référence à la fois à la chicorée sauvage et à un style de musique andin, plus précisément péruvo-bolivien, Sikuri est l’un des dignes représentants de la folle épopée des musiques électroniques en Amérique du Sud. Il est plus précisément Bolivien et on avait déjà eu l’occasion de l’écouter sur le très cool label de La Paz, Omb Record Label. Bien sûr, on retrouve dans les quatre titres de l’EP de la flûte de pan et des percussions empruntées au sikuri. Quoi de plus logique quand on tire son nom de scène d’une musique vernaculaire ?

En dehors de cela, Sikuri (le producteur) signe quatre pistes subtiles, monstrueuses, hybrides et belles, très belles. Mi-house, mi-électronique, mi-percussions traditionnelles, mi-UK, mi-garage, c’est un EP, pour une fois dans la scène, assez aérien, jovial, lumineux… En tout cas un EP qui colle aux oreilles, avec cette douce sensation apaisante d’observer un panorama tout doux, tout étendu, tout infini. Quatre pistes donc, toutes aussi fabuleuses : Aamado, Zafiro, Noche et Llegada. En même temps, avec un EP qui porte le nom d’une pierre précieuse, on ne pouvait pas s’attendre à autre chose…

Sikuri, en tout cas, propose disons une sorte de croisement, d’hybridation entre musique club, Ballroom, Dem Bow, Footwork et Grime, Kalamarka, danses vernaculaires, mythologie andine, Chacarera, Sikuri (la musique andine) et Boleros… j’espère qu’on ne vous perd pas. L’EP s’articule entre musique traditionnelle, vernaculaire et électronique brillant. C’est tout en retenu, et assez sensuel, il faut l’avouer. On y retrouve des basses électroniques, des petites mélodies à la flûte, des percussions andines, et quelques mini samples de voix et de sirènes de la police. Encore une fois, une belle sortie chez Trax Couture, après le très bon LP de Rushmore sorti cet été…

Ce phénomène commence quand à même à devenir fascinant, l’été mondial queer de la musique ne semble pas finir de surgir d’absolument n’importe où ; au milieu de la Suède avec Staycore, en Afrique du Sud avec NON, dans toute l’Amérique latine avec NAAFI, dans les ghettos « camp » américains avec Fade To Mind, Night Slugs, Kunq et GHE20GOTH1K, avec les latinos de Londres de Bala Club, du fond de la Pologne avec Intruder Alert, de Montréal avec Infinite Machine, d’Angola et du Portugal avec Principè, et on pourrait continuer encore longtemps à citer ce panorama des changements d’hémisphères. Franchement, on ne sait presque plus où donner de la tête avec toutes ces insurrection musicales minoritaires.

En tout cas, quand la politique des identités n’est plus un repli communautaire mais une insurrection mondiale dans la musique, on peut dire que ça fait événement, et que ça nous donne quelques leçons… ça déplace notre champ auditif et sémantique. La monstruosité et l’hybridation ont apparemment de beaux jours devant eux, et ça n’est pas définitivement pas pour nous déplaire.

Audio

Tracklist

Sikuri – Zafiro (Trax Couture, 21 octobre 2016)

01. Aamado
02. Zafiro
03. Noce
04. Llegada

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Pola Tog – Rrose Sélavy http://www.hartzine.com/pola-tog-rrose-selavy/ http://www.hartzine.com/pola-tog-rrose-selavy/#respond Mon, 24 Oct 2016 08:51:35 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49046

Par Stéphanie-Lucie Mathern. Écouter Rrose Sélavy de Pola Tog, alias Joaquin Urbina. Musique cold-dansante — on danse bien sur les […]

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Par Stéphanie-Lucie Mathern.

Écouter Rrose Sélavy de Pola Tog, alias Joaquin Urbina. Musique cold-dansante — on danse bien sur les ruines et les tombes, non ? — hommage au dadaïsme et plus particulièrement au dandy Duchamp ; elle commence par une interview où il est question du pouvoir de choquer.

Duchamp a toujours plaidé pour le point d’indifférence. Dandy coldwave, joueur d’échecs précis et implacable. En filigrane ici, l’origine du ready-made, conséquence radicale de la transformation de l’art engendrée par le développement technique du XXe siècle (relire Heidegger) et un amour certain pour l’écriture automatique. La révision est radicale et ressemble à tout ce qu’on aime : un D.A.F moins gay, un New Order plus new, un Crystal Castles qui jouerait moins à la Game Boy, et les grandes heures de Polyrock. Le nom de Man Ray est également mentionné, fameux photographe, qui fit le portrait de Rrose Sélavy en 1921. L’alter ego féminin de Duchamp redéfinit son image d’artiste dans le déplacement identitaire, loin des codes virils.

Marcel Duchamp est un esthète, Pola Tog aussi. L’idée de la création est celle du dandy : il s’agit de faire de sa vie une œuvre d’art. On développe ici sa mise en scène dans un culte du moi résolument moderne. Sauf qu’ici, il y a le détachement et la sobriété, le synthé qui pleure dans son coin. Le clip, suite de séquences filmées à la Super 8 par Joaquin et sa collaboratrice Ana Gale, montre d’ailleurs cette ambiguïté des genres et fut interprétée spécialement par un groupe barcelonais, NES. Le regard est désorienté. L’euphorie est là, mais non-ostentatoire.

Pola Tog est un groupe de synth-dark-pop wave formé à Barcelone par Joaquin Urbina. Il débuta en publiant son premier EP cassette « Rayogramme » en avril 2016 sur le label espagnol Domestica Records. Un son cru crée par hardwave sans usage de l’ordinateur le définit. Rrose Sélavy se présente donc comme une jolie suite ; la version définitive de la sortie vidéo est en ligne depuis le 20 octobre.

Marcel Duchamp disait dans ses entretiens avec Pierre Cabanne : « L’individu, en tant que cerveau, m’intéresse plus que ce qu’il fait, parce que j’ai remarqué que la plupart des artistes ne font que se répéter. »

Tout s’exprime dans l’attitude et une certaine façon d’apparaître, Joaquin Urbina a compris qu’il ne fallait pas trop en faire pour trouver la note juste et ses collages avec la voix du maître restent un bel hommage. La sobriété devrait d’ailleurs être la nouvelle condition du spectacle. Supérieure et raffinée, la posture de l’intellectuel détaché et un peu anesthésié, reste le meilleur remède dans une société qui bascule dans la déshumanisation. Populaire et élitiste à la fois, ce titre emporte par sa puissance et l’on a tranquillement envie de mourir dans son lit. Avec Rrose Sélavy, on transforme l’artiste en star avec une énergie sombre qui sonne comme une apologie de la vie.

Avant-première

Pola Tog – Rrose Sélavy

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FAKA – Bottoms Revenge http://www.hartzine.com/faka-bottoms-revenge/ http://www.hartzine.com/faka-bottoms-revenge/#respond Sun, 23 Oct 2016 13:06:11 +0000 http://www.hartzine.com/?p=49029

NON a réduit un peu la voilure de ses productions, se concentrant davantage sur la diffusion de son fanzine super […]

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NON a réduit un peu la voilure de ses productions, se concentrant davantage sur la diffusion de son fanzine super cool sorti au printemps. Pourtant, ils ne sont quand même pas restés inaudibles cet été avec un incroyable album de VIOLENCE, A Ruse Of Power, qui se proposait de passer le « rock » à la moulinette de la diaspora électronique. C’était une chouette réussite, encore, et on n’avait pas pris vraiment le temps de vous en parler.

Et là, cette semaine, patatras, sort de manière impromptue le nouvel EP de FAKA. FAKA, c’est un duo sud-africain nourri au Gqom, mais un Gqom loin de son esthétique la plus tradi. Le Gqom, c’est quoi, c’est un son sud-africain qui vient entre autre de Durban et qui mêle house, kuduro et, disons-le pour être large, techno. Un genre électronique quoi. Ça donne pudiquement une sorte de d’afro-électronique bizarre, pour parler avec un langage clairement ethnocentré. Une très belle compilation est d’ailleurs sorti cet été sur Gqom Oh!, le label de Durban qui fait entendre depuis maintenant trois années ce son typiquement sud-africain. Compilation par ailleurs plutôt très sombre et loin de l’idée ensoleillée qu’on se fait de l’électronique sud-africaine en Europe. Eux aussi ont sorti un petit fanzine, WOZA, très bien d’ailleurs.

FAKA est un duo qu’on avait déjà eu l’occasion d’entendre sur la compilation NON Worldwide du label susnommé. Avec Bottoms Revenge, outre le titre clairement politique, queer, et en dehors des codes hiérarchiques et sociaux (pour ceux qui connaissent un peu les différentes significations de « bottom »), FAKA propose une expérimentation étrange et brillante, un peu glaçante aussi, du Gqom canonique. FAKA dégrade en tout cas pas mal d’idées reçues. On retrouve beaucoup de clochettes qui tintent, de machines qui font des bruits bizarres, de basses techno et de chants qui ont l’air tantôt incantatoires, tantôt gospel, tantôt juste flippants. Quant au mastering, c’est le Texan filou Rabit qui s’en est chargé… Un EP sorcier, à n’en pas douter !

Trois pistes sur cet EP dont, au milieu, une piste généreuse de dix-huit minutes qui ressemble à un collage ou à une collection de son mixée. On y retrouve des instrus avec des percussions sud-africaines, des bruits d’animaux, des expérimentations sur machine inconnue, du chant sombre et des moments techno.
Sur les deux autres morceaux, Isifundo Sokuqala et Kgotso, on est plutôt dans un spoken word électronique assez radical.

Bref, NON, comme d’habitude, nous file une belle baffe, et, comme d’habitude, on se laisse renverser allègrement par FAKA, qui clairement s’impose de plus en plus comme un incontournable de l’expérimentation électronique monstrueuse qu’on aime tant. Hybridation, non-hiérarchie, mandale.

NON a quand même un caractère tout à fait insurrectionnel,en tout cas clairement politique et il semble important de le souligner, le choix des titres des dernières sorties est une prise de position politique sur l’actualité locale et internationale, entre IZLAMIC EUROPE, A Ruse Of Power, et Bottoms Revenge, on peut dire que le message est assez clair. NON s’amuse et travaille les peurs, et les manières de gouverner des pouvoirs qui nous traversent, c’est sans doute, aussi, pour ça qu’on aime autant ce collectif queer de diaspora. Sans doute pour ça aussi, qu’on se prend à rêver d’en prendre de la graine dans nos contrées un peu mornes politiquement… Un collectif qui n’a pas peur de souligner les situations d’aliénation, de soulever des questions de racisation, de domination, de gouvernance et de hiérarchisation jusque dans les milieux queer, c’est quand même d’un intérêt plutôt très notable. Tout ça en sortant EP brillant sur EP brillant… Et c’est sans doute aussi pour ça que chaque sortie ne se contente pas de nous laisser simplement ébahi. Des mandales on vous dit…

Audio

Tracklist

01. Isifundo Sokuqala
02. Bottoms Revenge : Ibutho Lamakhosazana
03. Kgotso

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Alessandro Parisi http://www.hartzine.com/alessandro-parisi/ http://www.hartzine.com/alessandro-parisi/#respond Wed, 19 Oct 2016 10:42:34 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48967

En 2013, l’Italien Alessandro Parisi sortait Hic Sunt Leones sur le label romain Minimal Rome, album retro-futuriste aux sonorités analogiques […]

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En 2013, l’Italien Alessandro Parisi sortait Hic Sunt Leones sur le label romain Minimal Rome, album retro-futuriste aux sonorités analogiques obscures épiques et sacrées. On est depuis devenu fans et on le suit au fil de ses sorties toujours aussi cinématiques et froides (La Porta Ermetica, Naonian City Nights). En attendant son prochain album, on peut le retrouver sous l’alias Hesperius Draco aux côtés de Hyboid, Kid Machine et In Aeternam Vale sur l’EP Femur sorti sur le très bon label catalan Clásicos Del Ruido.

D’où tu viens?
Where do you come from?

Du domaine Zora.

Zora’s domain.

Où tu vas?
Where are you headed?

Je retourne dans le futur.

Back to the future.

Pourquoi la musique?
Why music?

Ça donne des couleurs à mon existence.

Because makes my existence colorful.

Et si tu n’avais pas fait de musique?
And if music wasn’t your thing?

Ce serait pas moi. Je peux pas répondre.

It wouldn’t be me, I can’t answer.

Une épiphanie personnelle?
An epiphany of yours?

Quand je me suis rendu compte que j’existais
First time being present.

Une révélation artistique?
Your artistic breakthrough?

Déclencher une 707 avec un JX3P.

Triggering 707 with JX3P.

Le revers de la médaille?
Any downside?

La musique demande du temps.

Music takes time.

Y a-t-il une vie après la mort artistique?
Is there life after artistic death?

La mort artistique est un non-sens. Quand un artiste meurt, il meurt. L’art continuera à flotter alentour, attendant le prochain récepteur pour être canalisé.

Artistic death it’s a nonsense concept. When artists die, they die. Art will be still floating around waiting for the next receptor to be canalized.

Un rituel de scène?
Your pre-stage ritual?

Je prie la sainte Triforce.

I pray the holy Triforce.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique?)
Who would you work with (musically or not)?

Thomas Bangalter.

Quel serait le zénith de ta carrière?
What would be the climax of your career?

Être satisfait de ma musique.

Being satisfied of my music.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnerais-tu?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Mange moins, étudie plus.

Eat less, study more.

Comment te vois-tu dans trente ans?
How do you see yourself thirty years from now?

Je ne peux pas au-delà de choix que je n’ai pas encore faits.

I can’t see beyond choices I haven’t done yet.

Comment vois-tu ta musique évoluer?
How do you see your music evolve?

Vers quelque chose d’utile aux gens, à un niveau pratique, issu de la recherche et d’études à l’approche scientifique.

To something practically useful for the people, based on research and studies with a scientific approach.

Un plaisir coupable ou un trésor caché? (musique ou hors musique?)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Plaisir coupable : reprendre de vieilles guimauves catholiques italiennes.
Trésor caché : un CD de vieilles guimauves catholiques italiennes.

Guilty pleasure: covering old italian catholic cheesy songs.
Hidden treasure: old italian catholic cheesy songs CD.

Traduction: Ted Supercar

Écoute exclusive

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Giannis Papaioannou l’interview http://www.hartzine.com/giannis-papaioannou-l-interview/ http://www.hartzine.com/giannis-papaioannou-l-interview/#respond Wed, 19 Oct 2016 09:51:07 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48977

Mon goût prononcé pour les sonorités des années 80 a certainement été éveillé quand vers mes douze-treize ans, un cousin […]

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Mon goût prononcé pour les sonorités des années 80 a certainement été éveillé quand vers mes douze-treize ans, un cousin m’a fait écouter l’album Closer de Joy Division ainsi que du Depeche Mode. Cet événement a été un petit tournant dans la mesure où ça m’a sensibilisé à de nouvelles sonorités, celles des synthés en particulier, à une époque où je considérais encore la guitare comme instrument central de tout bon groupe qui se respecte.
Parallèlement à ça, origines familiales obligent, je baignais dans la culture grecque et sa musique entre fêtes autour d’un agneau à la broche dans un jardin, des disques de rebetiko et des concerts de Vangelis qu’un oncle possédait en laserdiscs.

Ce n’est que des années plus tard que j’ai ressenti l’envie de me pencher à nouveau sur cet héritage culturel et de me replonger dans ces sons. Grâce aux internets il ne m’a pas été difficile de renouer avec différents artistes qui m’avaient marqué plus jeune et d’en découvrir beaucoup d’autres par la même occasion. Le contexte actuel de folie autour de la réédition ou de l’exhumation d’artistes oubliés avec l’apparition de pléthore de labels spécialement dédiés à cette activité a également aidé, les gens semblent maintenant plus enclins à partager leurs petites découvertes, quelque chose de relativement obscur et intime est maintenant exposé aux yeux de tous, facilitant énormément les recherches et les découvertes qui vont avec. Si bien qu’au fil de mes déambulations sur la toile en recherche d’artistes grecs post punk/wave/électroniques, je me suis aperçu qu’un nom revenait régulièrement, celui de Giannis Papaioannou, musicien basé à Athènes et actif depuis le début des années 80 au travers de différents projets et actuellement derrière les entités ION et Mechanimal. J’ai pris contact avec Giannis qui a eu la gentillesse d’accorder pas mal de son temps à mes bavardages, pour évoquer son parcours, parler de la scène grecque de l’époque et de ses projets actuels

Interview

Kalimera Giannis comment vas-tu ? la dernière fois que nous avons discuté tu me racontais que tu étais occupé avec le mixage du prochain disque de ION, peux-tu nous en dire davantage ?

Kalimera Giannis, how is it going ? Last time we spoke you were telling me you were busy mixing your next ION record, can you tell us more about it ?

Hey Alex, tout va bien merci. Alors en fait le nouvel album de ION vient juste de sortir. Il complète une trilogie basée sur la notion d’imaginaire sur laquelle j’ai commencé à travailler en 2010.
Les Elfish Tapes, distribuées en téléchargement libre, étaient l’étape initiale de ce projet au long cours. La seconde partie était appelée ΜΑΥΡΗ ΣΥΧΝΟΤΗΤΑ — librement traduit en Fréquence Noire ou Bruit Noir — et est sorti uniquement sur Bandcamp. Cet album-ci s’appelle Unsound et marque la fin du cycle, défini par trois incidents ou marqueurs majeurs survenus dans ma vie.

Hey Alex, all is good, thank you. Actually, the new ΙΟΝ album is ready and just released. It completes an imaginary concept trilogy that I started working on back in 2010. The Elfish Tapes — which was distributed as a free download — was the initial step into this long term project. The second part was called ΜΑΥΡΗ ΣΥΧΝΟΤΗΤΑ — freely translated as Black Frequency or Black Noise — and released through Bandcamp only. Now the new album is called Unsound and marks the end of a circle, defined by three significant incidents or marks in my life.

Le ION précédent était sorti en auto-production, qu’est-ce qui a été prévu pour celui-ci ?

Your last ION record was self-released if I’m not mistaking, what’s planned for this one ?

L’année dernière, j’ai décidé de créer une sorte de label privé nommé Ionmusik pour gérer et sortir les albums de ION. Ceci ne veut pas dire que certains de mes projets futurs ne sortiront pas sur d’autres labels comme ceux avec qui j’ai travaillé par le passé, mais pour le moment Unsound sort sur Ionmusik en une édition limitée de 100 CD et 50 cassettes, toutes numérotées, tamponnées et signées et disponibles sur Bandcamp. Le reste de la distribution digitale sur toutes les plateformes en ligne sera gérée également au travers de Ionmusik.

Last year I decided to form some kind of private label that I named Ionmusik for managing and releasing my ION albums.That doesn’t mean that parts of my future works will not be released on other labels, like the ones I’ve been working with in the past. But for now, Unsound, my new album will be released through Ionmusik in a limited edition of 100 CD’s and 50 cassettes, all numbered, stamped and signed. These can be obtained via my Bandcamp site. Additional distribution in all digital stores will be managed through Ionmusik, too.

ion-cover
Maintenant, si ça ne t’ennuie pas, remontons un peu le temps. Ton premier projet était le groupe dark post punk/cold wave Rehearsed Dreams. Quel âge avais-tu à l’époque et qu’est-ce qui t’a donné envie de faire de la musique et de participer à des groupes ?

Now if you don’t mind, let’s go back in time a bit. Your first project was the dark post punk/cold wave band Rehearsed Dreams, how old were you at the time and what made you want to play music and be involved in bands ?
J’avais treize ans quand un ami a ramené de Londres l’album des Sex Pistols, je l’ai tout de suite enregistré sur cassette et celle-ci a changé ma vie pour toujours.
Plus tard, à dix-sept ans avec Spiros Faros et Bill Soritos, on a fondé The Apparently Dead, un groupe qui au bout d’un moment a fini par devenir Rehearsed Dreams. A mes vingt ans nous avions déjà sorti notre premier — et unique — album, Repulsion.

Quand je regarde en arrière je peux clairement constater que mon envie de jouer dans des groupes a été initiée par l’esprit punk et l’éthique DIY des premiers labels indépendants.

I was thirteen years old when a friend brought the Sex Pistols album from London, I put it on tape at once, and that tape changed my life forever. Then at the age of seventeen together with Spiros Faros and Bill Sorilos we formed The Apparently Dead, a band that turned to be Rehearsed Dreams after a while. By the time I was twenty we already had released our first — and only — album Repulsion. So, when I look back in time, I can clearly see that the only motive to get involved in bands was given by the punk spirit and the DIY ethics of the first independent labels.

Il y avait une vraie scène en Grèce à l’époque avec des groupes comme Alive She Died, Film Noir, Forward Music Quintet, Yell-O-Yell, Xoris Perideraio et bien plus encore, y avait-il un sentiment d’unité entre tous ces groupes ou un circuit particulier dans lequel ils évoluaient ?

There was quite a scene in Greece at the time with bands such as Alive She Died, Film Noir, Forward Music Quintet, Lost Bodies, Yell ‘O’ Yell, Xoris Perideraio and many many more, was there a feeling of unity in the scene or some kind of circuit for all these bands to revolve around ?

Rehearsed Dreams partageait un local de répétition avec Headleaders, Yell-O-Yell et Villa 21. Tous ces groupes étaient signés sur Creep Records, le premier véritable label indépendant grec. Ce studio — situé dans une vieille maison presque abandonnée de Vironas — accueillait souvent d’autres groupes du label comme Metro Decay. On se connaissait tous et on jouait les uns avec les autres à la moindre occasion, donc oui, il y avait un sentiment d’unité, tout comme il y avait cette envie de partager des idées et des expérimentations soniques les uns avec les autres.
Pour ce qui est du paysage new wave grec dans sa globalité, on doit prendre en considération le fait qu’il y a eu un enrichissement musical dans la scène rock locale des années 80 avec l’apparition de plus en plus de groupes étranges sur le terrain de jeu établi du rock.
Malgré les différentes factions de la sous-culture punk / new wave qui suivaient différentes modes, malgré de fortes restrictions sociales quotidiennes et une forte censure sur toutes les formes d’art — quelque chose qui a peu à peu cessé dans la décennie suivante — la scène punk / new wave grecque était petite mais puissante.

Rehearsed Dreams were sharing the same rehearsal studio with Headleaders, Yell-O- Yell and Villa 21. All of them bands recording for Creep Records, the first real independent Greek label. That studio – located in an old, almost abandoned, house in Vironas – often hosted more labelmates such as Metro Decay. We all knew each other and we often jammed together in every given opportunity. So, yes, there was a feeling of unity, as there was a feeling of sharing ideas and sonic experimentation with each other. As for the whole picture of the Greek new wave, one has to consider that during the 80’s there was a musical enrichment in the local rock scene as more and more strange bands flourished in the established rock playground. Despite the various factions of the punk / new wave subculture who used different fashion styles, despite stronger restrictions on everyday social life, despite even an extensive censorship on all forms of art — something that gradually stopped in the following decade – the Greek punk / new wave movement was small but powerful.

J’ai l’impression que cette scène grecque est passée un peu inaperçue en dehors de ses frontières contrairement à ce qui se passait non loin en Italie par exemple. On dirait que le son venant d’Italie plaisait plus au public étranger, peut-être que le son grec était plus sombre, moins dansant ? Ce n’est que récemment avec les rééditions du Gallop de Lena Platonos sur Dark Entries ou la superbe compilation Into The Light par exemple que ces artistes jouissent d’une plus grande visibilité en dehors du pays, tu vois ça comment ?

For some weird reason I have the feeling that the Greek scene from the 80’s was largely over-looked by other European countries as opposed to what was happening at the same time in nearby Italy for exemple. It seems as if the Italian sound had more appeal to foreign audiences, maybe the Greek sound was darker, less dance material ? It’s only recently with the reissues of Lena Platonos’ Gallop on Dark Entries or the superb Into The Light compilation for exemple that these Greek artists benefit of a larger visibility outside of the country, what’s your take on that ?

D’un point de vue de passioné de musique et de collectionneur de disques, je ne pense pas que la scène italienne avait plus d’attrait au niveau européen au sens large. Mais il faut admettre que l’Italie a ouvert ses portes aux nouvelles musiques plus tôt que la Grèce. Un petit exemple qui me vient à l’esprit est qu’il a fallu dix ans pour faire venir Tuxedomoon en Grèce alors qu’ils avaient déjà fait d’innombrables concerts en Italie avant de se produirent à Athènes. Peut-être que ça a à voir avec la langue, je ne sais pas vraiment , mais ce que nous savons tous c’est que la langue italienne trouve mieux sa place dans les structures pop que le grec, même si à l’époque la plupart des groupes locaux utilisaient l’anglais et seuls les punks demeuraient attachés aux paroles en grec.

Seeing it from the view point of a music fan or a record collector, I don’t think the Italian movement had more appeal than the Greek one. On a larger European level, that is. But we all have to admit that Italy opened its doors to new sounds sooner than Greece. A small example that comes to mind is that it took ten years to bring Tuxedomoon for gigs in Greece, when they had already played countless shows in Italy before they first came to Athens. So maybe it has to do with the language, I don’t know really. But, what we all know is that the Italian language finds better comfort to pop structures than the Greek one, although most of the local new wave bands used the English language and only the punk ones remained loyal to Greek lyrics.

A l’inverse les compositeurs classiques/expérimentaux/électroniques grecs étaient reconnus mondialement avec des énormes concerts et des bandes originales légendaires pour le cinéma. Tu as d’ailleurs suivi le cours de Xenakis au Centre de Recherche de Musique Contemporaine (KSYME) à Athènes, que gardes-tu de plus marquant de cette expérience ?

Greek electronic/classical/experimental composers on the other hand were globally recognised through huge concerts and legendary film scores. You actually attended Xenakis’ class at the Centre of Contemporary Music Research in Athens, what stuck with you the most from that experience ?

En gros que j’ai réussi à composer, enregistrer et tout éditer sur bandes magnétiques pour finalement livrer ma pièce d’examen final, une composition algorithmique suivant les lignes directrices du professeur Dimitri Kamarotos. Je l’ai appellée Creation et la pièce finale devait être construite et articulée autour de sept algorithmes de composition. Je me souviens encore de M. Stefanos Vassiliades, le directeur du KSYME, faisant irruption dans la pièce pendant que ma composition passait et demandant qui avait écrit la musique que je jouais!

Basically, that I managed to compose, record and edit everything on magnetic tape and finally deliver my final exam piece, an algorithmic composition, according to prof. Dimitri Kamarotos’ guidelines. The title given was
Creation and the final piece should be constructed and sorted through seven compositional algorithms. I still remember Mr. Stefanos Vassiliades, the Headmaster of CMRC, invading the room when my piece was on, asking who wrote the music that was playing!

Tu as fait de la musique pour le cinéma et tu utilises souvent beaucoup de matériel visuel pendant tes performances live, quelle est ta relation au cinéma et aux arts visuels en général ?

You’ve done sound design for film and you often use a lot of visual material during your live performances, what’s your relationship to cinema or to visual arts in general ?

J’ai composé deux bandes son originales pour deux classiques du cinéma muet : The Great White Silence (1924) et Nosferatu (1922). Deux commandes du festival International du Film d’Athènes qui ont été jouées live durant des projections en plein air. Je pense que le cinéma a joué un rôle significatif dans beaucoup de mes explorations musicales, c’est surtout une source d’inspiration. J’aime, admire et respecte le pouvoir des images et la création de mythes modernes dans le cinéma.

I have composed new original scores for two classic silent films : The Great White Silence (1924) and Nosferatu (1922). Both commissioned by Athens International Film Festival, they were performed live on open air screenings. In many parts of my musical explorations I believe that cinema has played a significant role. Mostly an inspirational one. That alone means I love, admire and respect the power of image and the creation of modern myths in cinema arts.

De tous tes projets, Raw est probablement mon préféré, peux-tu nous en parler un peu plus ? J’ai aussi lu quelque part que tu avais des enregistrements inédits, tu penses que ça sortira un jour ?

Of all your projects Raw is probably my favorite, can you tell us a bit more about it ? I also read somewhere that you had some unreleased material, do you think it might come out someday ?

Raw s’est formé dès que je suis rentré de Suède où je faisais mes études. Avec Makis Faros nous avons commencé à faire de la musique pour des salles d’attente imaginaires. On a beaucoup expérimenté avec des boucles sur bande, on y a mélangé les timbres industriels de la musique concrète et enfin on a filtré le tout au travers d’échantillonages numériques et de programmation sur ordinateur. Raw en tant que système coopératif est l’une des raisons pour lesquelles nous avons fondé Elfish Records avec Makis. Nous avons réussi à sortir deux albums de Raw, beaucoup de titres éparpillés sur diverses compilations – locales et internationales – et au moment où nous étions en train de finir le mixage de notre troisième album, nous avons décidé d’arrêter car nos ambitions créatives et artistiques n’étaient plus les mêmes. Puis Elfish Records a cessé ses activités également. Depuis la fin de Raw en 1996, j’enregistre sous le nom de ION. Sur Mind, le troisième album qui n’est jamais sorti, il y a également différents invités, des membres d’autres groupes locaux, mais pour le moment je ne suis ni curieux ni intéressé de fouiller dans mes archives. Je pense qu’il y a eu tant de nostalgie musicale ces dernières années, étant donné que l’on essaye tous de sublimer et d’idéaliser ce qui est loin de nous. Peut-être que ça plaît aux jeunes générations, mais j’ai beau aimer le passé, je n’y suis pas attaché, je préfère m’investir dans ce que le futur a à offrir.

Raw formed as soon as I returned from Sweden where I was studying. Together with Makis Faros we started making music for imaginary waiting rooms. We heavily experimented with tape-loops, we blended in the industrial timbres of musique concrete and, finally, we filtered everything through digital sampling and computer programming. Raw as a co-operative system was one of the reasons why Elfish Records was created by me and Makis. We managed to release two Raw albums, lots of scattered tracks on various compilations (both local and international) and then by the time we were finishing the mixing of the third album, we decided to end this, since our creative or artistic paths could not meet. Then Elfish Records stopped its activities, too. Since 1996, when Raw split up, I am recording under the ION moniker. “Mind”, the third unreleased album of Raw, hosted various guests from other local bands, too, but at the moment I don’t feel curious or interested in digging in my archives. I believe there has been so much music nostalgia over those last years, as we all try to beautify and idealize what is distant from us. Maybe it works for the kids or the younger generations. But my opinion is that I love the past although I’m not fixed to it. I prefer investing in what the future has to offer.

Selon toi comment la musique grecque indépendante fait face à la situation économique et sociale actuelle du pays? Les gens continuent d’acheter des disques et d’aller aux concerts ?

How do you feel Greek independant music is coping with the current social and economical situation in the country? Do people buy records and go to shows like they used to ?

Le futur de l’industrie musicale est testé comme il ne l’a jamais été, le paysage a changé. Même dans un aussi petit pays que la Grèce, il y a des milliers de groupes et d’artistes donc les gens, et les jeunes en particulier, ont trouvé de nouveaux moyens d’écouter toute la musique qu’ils aiment depuis l’époque où sortir un vinyle était ce qui se faisait de mieux. Selon moi, la musique, et l’art en général, doivent s’approprier même les côtés sombres ou fous de l’époque qu’elle représente. C’est pourquoi j’essaye de maintenir une attitude DIY dans chaque étape de la production, même pour le projet Mechanimal, si bien que je me fous royalement de savoir ce qui marche ou non dans les scènes indépendantes ou mainstream grecques. Je suis convaincu que les gens achèterons ton disque s’ils ont passé un bon moment à ton concert. Peut-être que d’autres commanderont ton disque sur ton site ou celui de ton label. Mais les artistes doivent comprendre que nous vivons dans une époque où n’importe quelle information sur la musique et la musqiue elle-même peut être achetée ou volée. Je crois fermement que je serai heureux tant que la musique peut atteindre une ou dix personnes qui veulent communiquer entre elles ou avec moi ou avec nous.

The future of music business today is tested as never before in the past. The landscape has changed. Even in Greece, such a small country with thousands of bands and artists. So, the world and especially young people have found other ways to listen to all music they like, since that time when the release of a vinyl record was a must. For me, music, and art in general, must claim even the dark or the wild side of the times it represents. That’s why, I try to maintain a steady DIY attitude at all stages of production, even for the Mechanimal project. For this reason, I don’t give a damn about any kind of prime barometer on independent or mainstream Greek discography and scenes. I am convinced that people will buy your record when they come to your show and have a good time. Maybe others will order your record from your site, or your label’s site. But artists have to understand that we live in an era where any kind of information about music, even music itself is available to buy or steal. I strongly believe that I’ll be happy as long as music reaches one or ten people who want to communicate with each other, or with me, or with us.

Tu suis la nouvelle génération de musciens électroniques grecs ? Tu penses qu’il y a une réaction à l’actualité ? Tu vois des similitudes avec ce qui se passait dans les années 80 ?

Do you follow the younger generation of Greek electronic artists ? Do you think there’s a reaction to the current events ? Do you see similarities with what was going on in the 80’s ?

Non je ne les suis pas. Je tombe sur des projets intéressants qui aboutissent puis sortent avant de tomber dans l’oubli. Pour ce qui est de l’actualité je remarque un peu plus de bruit de surface actuellement. Concernant les similitudes avec les années 80, je n’en vois aucune.

No, I don’t follow them. I find interesting works getting finished and released and then get lost in oblivion. About current events, I notice some more surface noise now. About similarities with the 80’s era, I see none.

Plus tôt, tu évoquais le fait d’avoir enregistré sur bandes magnétiques et je suis certain que tu as eu l’occasion de manipuler pas mal de matériel analogique au fil des ans, mais à la fois tu es l’un des premiers artistes électroniques grecs a avoir utilisé un laptop sur scène. Quel regard portes-tu sur le débat analo vs numérique qui semble avoir refait surface de nos jours ?

Earlier you mentionned that you recorded material using magnetic tape, and I’m sure you’ve laid your hands on a lot of analog equipment throughout the years, but at the same time you were one of the first electronic greek artists to use a laptop on stage. What’s your take on the whole analog vs digital debate that seems to have resurfaced nowadays ?

J’utilise toujours un laptop sur scène — parfois deux — synchronisé avec deux ou trois synthés analogiques ou d’autres synthés numériques bizarres comme le Tenori-On de Yamaha ou le Kaossilator de Korg. Beaucoup de mes disques on été mixés et produits sur mon laptop donc j’ai appris à être à l’aise avec sa portabilité. j’utilise l’ordinateur portable surtout comme une machine d’enregistrement légère, comme un gros studio qui peut être transporté n’importe où. Et oui, j’ai utilisé beaucoup de matériel analogique et c’est toujours le cas mais j’ai aussi utilisé beaucoup de synthés logiciels qui tiennent un rôle vital dans ma musique, comme le Reaktor de chez NI. Je ne prends pas partie dans le débat analo vs numérique car j’utilise et manipule simplement les instruments comme des sources de sons et si ces sons fonctionnent pour moi, je me fiche de savoir s’ils proviennent d’une source analogique ou numérique. C’est marrant car je suis également un utilisateur de longue date des Oblique Strategies Cards de Brian Eno et Peter Schmidt et je suis souvent tombé sur la carte « Abandonne les instruments normaux ». Donc je pense surtout que ce genre de débats bloquent la créativité quand au final tout ce qui compte c’est de susciter de l’émotion à ton auditoire. Si ta musique ou ton art est efficace, le type de matériel utilisé n’est pas important.

The truth is I still use one laptop — sometimes two — on stage, synched with two or three analog synthesizers or other weird digital synths like Yamaha’s Tenori-On and Korg’s Kaossilator. Many of my albums have been mixed and produced with my laptop so I have learned to feel comfortable with the portability of it. You see I use a portable computer mostly as a light recording machine. Like a strong studio that can be carried anywhere. Yes, I have been using lots of analog gear, too. I still do. And yes, I have been using lots of soft synths that play a vital role in my music, like NI’s Reaktor. I’m not taking any side in the analog vs digital debate because I simply use and manipulate instruments as sound sources and if these sound good to me, it doesn’t really matter if they come from a digital or an analog source. It’s funny, but I’ve also been a long-term user of Brian Eno and Peter Schmidt’s Oblique Strategies cards, and I have often stumbled in the “Abandon normal instruments” one. So, I believe that such debates often block creativity when, in the end, the only thing that counts is to move the audience. If your music or your art is effective, it doesn’t matter what kind of equipment you’re using.

Ça me fait un peu penser à une conversation que j’ai eu cette année avec un pionnier de la techno française, penses-tu que la musique électronique est par définition tournée vers une certaine idée du futur et que s’adapter aux nouvelles technologies fait partie de son essence ?

It reminds me a bit of a conversation I had this year with a French Techno pioneer, do you think electronic music is turned by definition towards a certain idea of the futur and that adapting to new technologies is part of its essence ?

Je trouve fascinant qu’un ordinateur portable puisse communiquer sans fil avec un iPad par exemple, simplement en utilisant le même réseau. Ce type de technologie n’est pas simplement intéressant mais aussi nécessaire à la communication entre musiciens, ça n’empêche pas la créativité. Ça ouvre de nouvelles manières de communiquer en composition électronique. Après tu peux combiner ces deux sources à des instruments acoustiques branchés dans un autre système électronique qui transmet le signal en synchro à un tempo donné par exemple. Et le tout peut être enregistré en temps réel te laissant libre d’éditer tout ce que tu veux pendant le processus de pré-production final.

La révolution MIDI de 83 est née d’un désir de connectivité et de collaboration. Au fil des années on a atteint un stade où des controlleurs MIDI avec des potentiomètres, des boutons et des faders – tous assignés à des sons sur un ordinateur – peuvent être utilisés pour performer ou enregistrer des pistes et ça a certainement influencé la manière dont on appréhende la composition.

I find fascinating the idea that a portable computer can wirelessly communicate with an iPad for example, sharing just the same network. So this kind of technology is something I find not just interesting, but also necessary in the communication between musicians. It doesn’t hinder creativity. It opens paths to new ways of communicating in electronic composition. Then you can combine these two sources with acoustic instruments, plugged in another electronic system that transmits the signal in synch with the given tempo for example. And all these can be recorded in real time letting you do any kind of editing you want in the final pre-production process. The MIDI revolution that spawned back in ’83 was something that flourished by a desire for connection and collaboration. Through the years we have reached an era where MIDI controllers with knobs, buttons and faders – all mapped to sounds on a computer – can be used to perform or record tracks and this has certainly revolutionized the way that we approach composition.

Tu as eu beaucoup de projets différents et ça ne semble pas près de s’arrêter, c’est une sacrée longévité. Ton travail peut être sombre, abrasif par moments et à la fois atmosphérique et délicat dans le sens où l’on sent parfois une certaine fragilité derrière les couches de son. Qu’est-ce qui te pousse à chercher plus loin ? À quel point ton bagage culturel grec influence cela ?

You had a lot different projects and it doesn’t look as if it’s going to stop anytime soon, i must say that’s some serious longevity. You work can be dark, harsh at times yet atmospheric and beautiful in a sense that we can sometimes feel a certain fragility behind the different layers of sound. What keeps you pushing your art further ? To what extent your Greek cultural background has an influence on it ?

Sur un vieux compte MySpace j’avais utilisé la devise « explorer les limites extérieures de l’isolationisme sonore ». Je suis encore là-dessus. La musique, le son et les images sont les mediums qui me permettent d’exprimer tout ce que je vois se produire autour de moi. Je n’ai jamais eu peur d’expérimenter et d’essayer de nouvelles choses. La créativité c’est regarder les choses sous une nouvelle perspective. Évidemment, j’essaye toujours de garder à l’esprit que tout à déjà été dit et fait et que l’important ne réside pas dans l’histoire mais dans la voix de ton imagination. J’ai donc un besoin constant de trouver un moyen de voir les choses sous un autre angle, de me nourrir de sons et d’images avec lesquels je peux jouer par la suite et reconstruire dans mon imagination. Je fais au moins une chose par jour qui va faire travailler mes muscles créatifs, c’est pourquoi j’adore la photographie, ça me maintient les yeux ouverts. Par dessus tout, j’ai appris l’importante leçon d’être plus indulgent envers moi-même, d’arriver à me pardonner de ne pas toujours être à la hauteur de mes propres exigences.

En tant qu’artiste vivant à Athènes j’ai profondément sondé cet inévitable sentiment ambivalent entre enthousiasme et aversion par rapport à ma culture grecque. Lorsque je me balade sur mon plateau créatif, je trouve souvent amusant de considérer le paysage de la campagne grecque comme une forte influence sur ma musique ambiante.

In an old MySpace site I used the motto “exploring the outer limits of sound isolationism”. I’m still on it. Music, sound and imagery are the mediums that allow me to express everything that I see happening around me. I have never been afraid to experiment and try something new. Creativity is all about seeing things from a new perspective. Of course, I try always to remember that it’s all been said before and the importance lies not in the story but in the voice of your imagination. So, I’m in constant need to find a way to see things from a new perspective, feed myself with sounds or images that I later can play with and reconstruct inside my own imagination. I do at least one thing everyday that will exercise my creative muscles. That’s why I love photography. It keeps my eyes open. Above all, I have learned the ultimate lesson to be kind and forgive myself for not always being able to live up to my own high expectations. Since I’m a Greek artist living in Athens, I’ve travelled deep in those inevitable swings of excitement and loathing of my Greek cultural background. I often find it amusing, when I aimlessly wander on my creative plateau, to see the Greek landscape of the countryside as a strong influence on my ambient music.

Tu es aussi DJ, quelle importance ça a pour toi et qu’en retires-tu d’un point de vue personnel par rapport au travail de studio ? Tu gardes un oeil sur la scène club grecque ?

You also DJ, how important is it to you and what do you get from it on a personal level as opposed to studio work ? Do you keep an eye on the Greek club scene ?

Tout ce qui m’intéresse dans un mix c’est la passion et le flow, des bons titres qui vont me faire bouger avec le public. Tu ne peux pas passer de la musique pendant deux ou trois heures simplement pour toi ou simplement pour eux. J’essaye donc d’entraîner les gens dans mon mix, de les toucher d’une certaine manière et de laisser leur groove m’entraîner à mon tour dans des sélections plus surprenantes, c’est une question d’interaction. J’ai entendu certains des meilleurs DJ mondiaux jouer des sets hyper ennuyeux, simplement pour prendre le fric, la drogue ou la fame mais j’ai aussi entendu plein de gamins qui passaient de la techno ou de lajungle et j’ai réalisé qu’ils avaient un vrai talent pour faire bouger leur public. Je ne suis pas fan de la musique de danse d’aujourd’hui, j’écoute encore de la hard techno ou du dub techno voire un peu de deep house, mais je ne peux pas supporter la surenchère de breaks, de sirènes et de montées dans l’EDM d’aujourd’hui, du coup je ne suis plus vraiment ce genre de clubber social aujourd’hui. En revanche j’apprécie toujours beaucoup de mixs que m’envoient de plus jeunes DJ fidèles à la techno, l’electro, le dub et à des trucs plus underground.

I care only for passion and flow in any kind of music mix, about good tracks that move me in synch with the crowd. You simply can’t play music for 2 or 3 hours just for you or just for them. So what I try most is to drag people into my mix of music, move them in any possible way and let their groove lead me in more surprising selections. It’s all about interaction. I’ve heard some of the world’s best DJ’s playing totally boring sets, just to grab the money, the drugs or the fame. But I’ve also heard lots of young kids spinning techno or jungle and realized they have a pure talent in moving the crowds. I’m not so fond of today’s dance music, I still listen to hard techno or dub techno or even some deep house, but I can’t stand the ever rising volume of breaks and sirens and risers in today’s EDM, so that’s why I’m not that kind of social clubber lately. I still enjoy lots of DJ-mixes, though, sent to me by younger DJ’s loyal to techno, electro, dub or more underground stuff.

C’est quoi le plan avec le titre The Beginning de Mechanimal ? Il ne figure nulle part dans votre discographie et je le trouve super bien, vous comptez en faire quelque chose ?

What’s up with that Mechanimal track The Beginning ? it’s nowhere in your discography and I find it fantastic, any plans for it ?

Merci mais nous n’avons pas prévu d’en faire quoi que ce soit pour le moment. Ce morceau et la vidéo qui va avec marquent le point de départ du projet Mechanimal et notre tout premier concert. C’est un de ces morceaux qui restera bien caché quelque part dans le cyber espace. Peut-être qu’un jour je ferai quelque chose de tous ces travaux obscures.

Thanks, but there are no plans for it not at the moment. Track and video mark the start of the Mechanimal project and our first gig ever. It’s one of those tracks that will remain well hidden somewhere in cyberspace. Maybe someday, I’ll do something for all these obscure works

Qu’as-tu prévu dans un futur proche ?

What have you got planned for the near future ?

Des concert de ION et Mechanimal en Grèce et après on va partir enregistrer le prochain album de Mechanimal dans un studio loin d’Athènes.

Some ION and Mechanimal gigs around Greece. Then, we will start new recordings in a studio away from Athens for the new Mechanimal album.

Audio

Ion – Unsound

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Exploded View – Exploded View http://www.hartzine.com/exploded-view-exploded-view/ http://www.hartzine.com/exploded-view-exploded-view/#respond Tue, 18 Oct 2016 20:08:40 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48937

Ah, la belle affaire de la reconversion professionnelle ! On savait la culture perméable à ce genre de pratique avec ces […]

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Ah, la belle affaire de la reconversion professionnelle ! On savait la culture perméable à ce genre de pratique avec ces acteurs, souvent des actrices d’ailleurs, qui s’aiment à pousser la chansonnette à un moment donné de leur carrière, la plupart du temps pour le pire, mais dans ce cas, si le grand écart part du journalisme politique et débouche aussi sur la musique, l’opération a atterri directement dans les tuyaux de Sacred Bones. C’est déjà plus classe. Comme quoi, il n’y a parfois qu’un riff à trouver et des carnets de textes à dérouler pour accoucher d’un beau projet. Et cette histoire, celle d’Exploded View, commence à Mexico en 2014. En pleine tournée pour son projet précédent, Annika Henderson y rencontre Hector Melgarejo, Hugo Quezada et Martin Thulin, producteur de Crocodiles, qui l’accompagnent sur ses dates locales. Deux bidouilles de répétition plus tard, ils se rendent tous compte qu’un truc hybride, entre Can (Disco Glove), post-punk léthargique et alchimie ténébreuse on the rocks, est en train d’émerger, suffisamment stimulant pour qu’il donne naissance à Exploded View, association musicale à but incandescent.

Voulu enregistré en une seule prise, en condition de live, l’album fixe les obsessions expérimentales du bien inspiré groupe et livre une matière distordue, résonnante, où les notes sont exhumées de « six feet under » (One Too Many), déterrées depuis les profondes inspirations de la blonde tête pensante d’Exploded View qui offre une écriture engagée et délicate, relevée d’un chant cristallin éparpillé, comme surimprimé, sur lequel la batterie solide mais pas viking du suédois Martin Thulin enfonce le clou et s’emploie à consolider la charpente des improvisations musicales du quatuor : le bel interlude Beige, par exemple, qui fait suite à Gimme Something, exceptionnel de ses modulations sensuelles. Un son à l’équilibre précaire et aux errements expérientiels, le frisson de l’instant, c’est pile ce qu’Exploded View, nouvelle mouture des projets musicaux d’Annika Henderson, a réussi à sculpter à travers ses sessions de travaux pratiques mexicaines. Il est fini, le temps des reprises.

Vidéo

Tracklist

Exploded View – s/t (Sacred Bones, 19 août 2016)

01. Lost Illusions
02. One Too Many
03. Orlando
04. Call On The Gods
05. Disco Glove
06. Stand Your Ground
07. No More Parties In The Attic
08. Lark Descending
09. Gimme Something
10. Beige
11. Killjoy

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Flotation Toy Warning – Bluffer’s Guide To The Flight Deck http://www.hartzine.com/flotation-toy-warning-bluffers-guide-to-the-flight-deck/ http://www.hartzine.com/flotation-toy-warning-bluffers-guide-to-the-flight-deck/#respond Mon, 17 Oct 2016 09:27:21 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48957

Talitres est un label fort respectable : une structure discrète qui a tracé son chemin comme d’autres poursuivent dans le […]

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Talitres est un label fort respectable : une structure discrète qui a tracé son chemin comme d’autres poursuivent dans le plus artistique des silences une espèce de noble pureté, de ce genre de cheminement qui ne s’arrête que rarement pour jeter des coups d’œil dérobés à d’infinies façons de faire. La musique proposée par le label m’a toujours donné cette impression d’attitude racée, spirituelle sans être moribonde, d’une connaissance profonde de l’agencement des choses, de ces petites sautes de l’âme qui montent l’intégralité d’une vie. Les valeurs sûres et reconnues – The Walkmen, Motorama ou The National – se mêlent à des références plus obscures ou à des albums parfois en retrait de la discographie de certains groupes – Take Fountain des Wedding Present, notamment, vraiment superbe, ou encore The Lone Gunman d’Idaho.

Talitres – label bordelais crée à l’orée du 21ème siècle – fête de plus ces quinze ans. La célébration est de taille et sera multi-localisée : des soirées à Bordeaux comme à Paris seront organisées pour leur rendre justice, et une date a particulièrement retenu notre attention, celle du 10 novembre à la Maroquinerie. Pourquoi ? C’est bien simple : entre les évanescents Motorama et le bonhomme Will Samson se trouve un groupuscule d’anglais qu’on pourrait qualifier de – selon la formule connue – criminellement ignoré, alors même qu’ils ont sorti un album en 2004 honnêtement capable d’enterrer les plus grands : Bluffer’s Guide To The Flight Deck.

Cet album a été récemment réédité par le label en double LP – jusqu’alors indisponible – greffant une paire d’inédits à l’ensemble. À l’occasion de leur concert à Paris, on a décidé de revenir sur ce chef d’œuvre, en espérant les poings serrés l’hypothétique arrivée d’une prochaine livraison : un nouvel album dont les contours s’annoncent de plus en plus clairs pour 2017.

Il y a quelque chose qui tient du sublime, chez eux, d’une imperceptible aura propre aux évidences que l’on arrive jamais à saisir, que l’on admire d’une certaine distance, les yeux arrondis, l’esprit lancé vers cette intarissable source qui ne semble jamais se dévoiler. Flotation Toy Warning porte la marque de l’excellence en cela que leur musique s’incarne d’une profondeur absolue, de celle qui permet de construire un personnage de toute pièce, d’inventer une personnalité aux mille facettes, de lui donner cette allure singulière, subtile et complexe que l’on loue toujours aux héros les plus justes. Ces extraordinaires caractères, forts d’une assurance vaste comme le ciel et d’une interprétation du monde sans cesse plus sûre, plus avouée, plus certaine, sachant manier la sagesse comme un enfant provoquerait l’instinct et ne levant que partiellement l’obscure pièce de tissu recouvrant leur vérité, l’épaisse brume enveloppant le fond de leur conscience.

Car, en toute honnêteté, c’est cela qu’est arrivé à créer Flotation Toy Warning. Une musique qui s’évade et vit par elle-même, pour elle-même, qui pourfend d’une pleine aisance le rythme apaisé de la médiocrité : il est ici question d’une collection de chansons qui perce le temps, qui fait blêmir les années, d’une nature imperturbable, éternelle et universelle, d’une âme en propre, aux uniques spécificités. Les anglais m’ont toujours semblé renvoyer l’image de l’infini, d’une mélancolie infinie, discrète, de celle par laquelle on observe d’un trou de serrure l’existence que l’on mène, par une aiguille à tricoter, par l’entrebâillement d’une porte : c’est une vie qui se déroule sous nos yeux, une vie traversant une multitude d’humeurs touchant pour chacune d’elles au plus éclatant. Cet état d’ultime extase qui ne semble ni s’associer à la tristesse, ni sombrer dans l’abandon, mais qui souligne le destin sermonnant sans succès : Donald Pleasance pourrait en être l’éminent exemple, mais l’on retrouve ces sensations de manière encore plus profondes sur certains passages, plus furtifs, moins mis en avant, des espèces de vignettes qui paraissent sans valeur au premier abord mais révèlent un monde entier lorsqu’on y prête attention : le final de Fire Engine On Fire Pt. I – avec ses hallucinantes ascensions de cordes – l’exemplaire seconde partie de Losing Carolina: For Drusky – abattant son incroyable soleil psychédélique sur les dernières mesures… C’est une étape, une énorme aventure, car cet album laisse le goût délicat de l’initiation, mène par la main à travers les années comme un ami que l’on admirerait : il y a quelque chose qui résiste définitivement au temps, dans Bluffer’s Guide To The Flight Deck, quelque chose qui ne renouvelle rien, qui ne surprend pas, qui n’avoue rien, mais qui s’impose comme une vérité, comme quelque chose qui parait précisément pensé pour atteindre un objectif clair, concis, sans débat possible. Laisser glisser un goût d’impalpable, de gigantesque, d’infini.

Bluffer’s Guide To The Flight Deck date de 2004. Les Anglais, depuis, n’ont daigné libérer qu’un 45 tours à Talitres, on attend toujours de leurs nouvelles pour un long format. Fort heureusement, le label bordelais, à l’occasion de leur quinze ans, ramènera le groupe sur la scène de la Maroquinerie le 10 novembre prochain, en compagnie de Motorama et de Will Samson. Il serait inutile de dire à quel point cette date est immanquable, d’autant plus que les anglais ne sont pas passés à Paris depuis ce qu’on pourrait appeler des lustres, et qu’il serait sage d’aller célébrer l’un des plus forts labels de l’Hexagone.

Les soirées de l’anniversaire se trouvent ci-après :

PARIS / La Maroquinerie
09.11 : MOTORAMA – EMILY JANE WHITE (billetterie)
10.11 : MOTORAMA – FLOTATION TOY WARNING – WILL SAMSON (billetterie)

BORDEAUX / Le Rocher de Palmer
11.11 : FRÀNCOIS AND THE ATLAS MOUNTAINS (joue « Plaine Inondable ») – STRANDED HORSE – WILL SAMSON (billetterie)
12.11 : MOTORAMA – EMILY JANE WHITE – FLOTATION TOY WARNING (billetterie)

Tracklist

Flotation Toy Warning – Bluffer’s Guide To The Flight Deck (Talitres, 15 juin 2016)

01. Happy 13
02. Popstar Researching Oblivion
03. Losing Carolina: For Drusky
04. Made From Tiny Boxes
05. Donald Pleasance
06. Fire Engine On Fire Pt. I
07. Fire Engine On Fire Pt. II
08. Even Fantastica
09. Happiness Is On The Outside
10. How The Plains Left Me Flat
11. This Is Not A Lifesaver
12. Even Fantastica (Goodbye To The Flight Deck Mix)

http://www.flotationtoywarning.co.uk
https://www.facebook.com/Flotation-Toy-Warning-16066408099

Video

Audio

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MIXTAPE : Home made 07 by Aki http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-07-by-aki/ http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-07-by-aki/#respond Fri, 14 Oct 2016 08:29:17 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48948

Pour préparer l’hiver sous le plaid, une mixtape spéciale cinéphiles par Aki. 01 – Fred Myro and Malcom seagraves – […]

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Pour préparer l’hiver sous le plaid, une mixtape spéciale cinéphiles par Aki.

01 – Fred Myro and Malcom seagraves – Phantasm Theme (Phantasm)
02 – Chuck Cirino – Chopping Mall Theme (Chopping Mall)
03 – Nico Fidenco – Etrenal anguish (Black Emmanuelle)
04 – Fabio Frizzi – Verso l’ignito (The Beyond)
05 – Pino Donaggio – Telescope (Body Double)
06 – Michael Kamen – The Dead Zone theme (The Dead Zone)
07 – Howard Shore – Crash (Crash)
08 – Richard Band – Main title (Re-animator)
09 – The The – The Invisible city (Hyena)
10 – John Carpenter & Alan Howarth – Hell breaks loose (Prince of Darkness)
11 – Dickon Hinchliffe – Ripper in the belly (Red Riding: In The Year Of Our Lord 1980)
12 – Angelo Badalamenti – Into the night feat. Julee Cruise (Twin Peaks)
13 – Ben Lovett – Absence of paradox (Synchronicity)
14 – Justin Greaves – A lesson in Dilemma (The Devil’s Business)

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Johnny Mafia – Kim Deal (PREMIERE) http://www.hartzine.com/johnny-mafia-kim-deal-premiere/ http://www.hartzine.com/johnny-mafia-kim-deal-premiere/#comments Thu, 13 Oct 2016 13:43:14 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48908

Fuzz qui peut, les riffs agités et impatients des guitares tricolores de Johnny Mafia débarquent et vont faire tressauter plus […]

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Fuzz qui peut, les riffs agités et impatients des guitares tricolores de Johnny Mafia débarquent et vont faire tressauter plus d’un adepte des sacro-saints Ty Segall et Thee Oh Sees. Comme nombre de groupes version française qui n’ont pas choisi la voie glacée et synthétisée des eighties comme expression à leurs aspirations artistiques, c’est plutôt du côté du garage et du rock enragé nineties que les quatre mafieux de Sens ont décidé de prendre la pose avec ce titre qui répond à la structure élémentaire du vite et fort et à l’énergie déridante. Zéro embrouille avec Johnny, ils sortent le 21 octobre Michel-Michel Michel, clin d’oeil à l’ami François Damiens, avec cet extrait intitulé Kim Deal, qu’ils expliquent avoir composé après avoir écouté les Pixies et maté des lives des Breeders. Logique et efficacité redoutables.

Audio (PREMIERE)

Tracklist

Johnny Mafia – Michel-Michel Michel (21 octobre 2016)

01. Sleeping
02. Bad Michel
03. Scarycrow VI
04. Black Shoes
05. Sometimes 666
06. Smell
07. Kim Deal
08. One Two One Two

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Chris Cohen, l’interview http://www.hartzine.com/chris-cohen-linterview/ http://www.hartzine.com/chris-cohen-linterview/#respond Thu, 13 Oct 2016 10:20:26 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48907

Chris Cohen nous avait surpris il y a a quatre ans avec la sortie de son premier album solo Overgrown […]

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Chris Cohen nous avait surpris il y a a quatre ans avec la sortie de son premier album solo Overgrown Path. Disque parfait de bout en bout aux morceaux pop oscillant entre candeur et vague à l’âme. Depuis plus un mot et on attendait une suite à ce petit bijou. C’est chose faite avec As If Apart sorti il y a quelque mois, toujours sur l’excellent label Captured Tracks. On a donc profité de sa venue à Barcelone au festival BAM pour échanger quelques mots. Une belle rencontre.

As-tu eu une approche semblable ou différente au premier dans la composition de ton deuxième album ?
Let’s talk about the second record. I wanted to know if you had a different approach making it or in what way it was similar to the first one?

Mon approche a été la même, le processus a été le même. J’ai joué tous les instruments et les chansons ont été écrites, comme d’habitude, à partir du clavier. Mais j’ai essayé d’écrire de nouvelles chansons que j’ai voulues plus simples dans la structure. Donc les nouvelles chansons sont un petit peu différentes, et puis je les ai écrites ailleurs donc forcément, ça change un peu, mais ça a été le même procédé de composition. Finalement, les deux albums sont les pièces d’un même puzzle et ils se complètent plutôt bien.

My approach was similar, the process was similar. I played all the instruments, the songs were usually written with the keyboard. I was trying to write different kind of songs. I wanted to write songs more simple in structure so the new ones are a little bit more different. And I was in a different place so music is different but it’s the same kind of process. Also I should say the two albums are certainly like companions pieces, they go together.

Tu n’explores donc pas de nouvelles manières de composer, tu es resté dans la même dynamique ?
So you don’t explore new ways of composing, you are sticking to the same dynamic?

Je dirais que c’est une nouvelle manière de composer. J’ai écrit ce deuxième album il y a deux ans donc difficile de m’en rappeler mais si je me souviens de ma pensée à ce moment-là, je voulais écrire des chansons qui correspondaient entre elles. Tu sais, le genre de chanson que tu peux jouer juste à la guitare ou au clavier sans qu’elle soit dépendante d’un arrangement ou d’autres instruments. Mes chansons devaient être ficelées entre elles et aucune partie ne pouvait être remplacée par une autre. Mais j’ai essayé de me fixer des limites. Donc oui, la composition a été différente. Mais ma manière d’enregistrer ce disque et ma façon de travailler est semblable à ce que j’ai fait sur le premier album et j’ai utilisé les mêmes instruments.

There’s different ways of composing. The second album, I mean it’s hard for me to remember because it’s been a couple of years I was writing these songs, it’s like two years ago. But if I can remember my thinking at the time, I wanted to write songs that were few parts in them and the parts were repeated more. The kind of songs, you know, you could like play on just the guitar or just the keyboard. That sort of song that weren’t dependent on the arrangement with other instruments. Songs that would be like, you could just sit down play and by yourself and they didn’t have a million parts that have crazy key changes and stuff. But I tried to set myself sort of a limit for not to be so prog. The composition part was different, yeah. But the recording process in the way that I work was sort of the same, and a lot of the sounds are similar. And I used the same instruments.

J’ai lu que tu avais mis trois ans à faire cet album, j’ai l’impression que c’est beaucoup de temps. Mais quelle est la limite quand tu composes ? Quand sais-tu que tu y es arrivé et que tu dois t’arrêter ?
I read that you spent about three years making this record. I feel like it’s a lot of time. But when do you think you’ve reached the limit? When do you know you got there and it’s time to stop?

Disons que j’arrive à un stade où, simplement, je sais que le terme est proche, ce stade où je ne veux plus tenter grand chose alors que ça pourrait se prolonger pour l’éternité, et ça me rend triste tant je voudrais donner vie à tout cela. Dès que je sais ce que je veux garder, ça va tout de suite plus vite. J’essaye plusieurs séquences possibles dans une chanson, jusqu’à ce que ça me plaise à l’oreille : je juge ma réaction quand j’écoute la chanson. Je crois d’ailleurs que l’écriture des chansons, c’est la phase qui me prend le plus de temps, et ça c’est le cas depuis que j’ai démarré une carrière en solo. Je pense qu’un bon groupe en studio peut enregistrer plus vite. Moi, je peux changer une partie, puis une autre, et me dire : « Oh, je peux changer celle-ci aussi », et après ça devient un cercle vicieux. Mais c’est ce qu’est ma musique. Quand les gens savent comment je compose, ils me disent : « Mais tu es fou ! » mais je le suis et je l’ai toujours été. Après l’étape du cercle vicieux, le cercle devient de plus en plus petit et les choses se mettent en place.

I sort of get to a point where I just know that the closing is near, at that point there are not many more things I want to try but at a certain point it seems like it could go on forever and I’m really sad like I want all of them to exist. But at the time it goes by, actually it feels really quickly to me. In each song, I try different sequences of which part goes where and things like that, I just keep trying different ways until I find it starts moving towards a thing that I can listen to; I listen to it back and I feel like, ok, this is, yeah, I just judge my reaction when I listen to it back. In the recording process I think that’s the part which I think takes too long. This is it since I’m doing it by my own. I think a good band who goes to the studio can record much quicker. I can change a part and then another and then go like: “oh, I can change this one” and it goes around in circle. And that’s what my music is like. But while I’m doing it someone can say : “this guy is insane” but actually I do, I always do. As I’m going around in circles, they keep getting like smaller and smaller and things do stick actually.

Tu n’as jamais été perdu au point d’avoir besoin de l’aide de quelqu’un ?
You never got lost to the point you need help from other people?

En fait je montre ma musique à mes amis et surtout à Kate, ma copine. Son avis m’est très important. Des opinions de tout le monde, la sienne est la plus importante, sa contribution m’a beaucoup aidé. Si ma musique lui plaît, je sais que c’est bon. Donc je reçois de l’aide si je suis perdu, sinon ce que je fais, c’est que j’écoute beaucoup de musique pour retrouver l’inspiration. Je suis souvent bloqué mais je sais qu’après toutes ces années passées de composition, il y a toujours une porte de sortie à ce problème. Je laisse les choses se faire, après tout on ne peut pas forcer les choses… Il m’est arrivé de bosser des chansons et de ne plus pouvoir rien en tirer et là tu dois vraiment les laisser de côté pour un moment. Mais tu sais quand j’y reviens, si c’est un bon moreau je continue à l’apprécier et si ce n’est pas bon, je ne l’utilise pas et personne ne l’entendra jamais. J’ai une tonne d’idées que personne n’a jamais entendues et qui sont terribles, la plupart de mes idées sont comme ça. Les morceaux que je finis par sortir sont ceux que j’ai écoutés des tonnes de fois : je sais que je les aime et qu’ils sont terminés.

Actually I show my music to my friends. I show my music most to Kate, my girlfriend. And I really value her opinion. Of all people’s opinions, I find that hers is the most important, her input really has helped me a lot. If I make sound she likes, I know it’s good. So I do get help if I’m lost, and when I’m stuck at something, what I do is listening to other people’s music. I get stuck all the time but I know after all these years that there’s always a way out or a way to something new. I just have to let things happen, you can’t force it. I have had times where I have worked on a song and just driven it into the ground and then you really have to take a long break from it. But you know when I go back to things, usually, if it’s good I still like it, and if it’s not good then I just don’t use it and no one would ever hear it. So I have lots of ideas that no one even knows about that are terrible, most of my ideas are like that. But the ones that end up going on there are the ones that I’ve listened to over and over again and like, I now I like it, so it’s done.

Tu m’as dit que tu avais utilisé les mêmes instruments dans ce deuxième album. As-tu pensé à en utiliser de nouveaux ou à te tourner vers les nouvelles technologies ?
You told me that you have used the same instruments in this second album. Don’t you want to use new ones and new technology?

Je n’ai pas souhaité utiliser de nouveaux instruments sur ce deuxième opus, mais je pense que je le ferai tôt ou tard. Souvent je m’imagine jouer le morceau avec un groupe, en situation réelle, et je réfléchis au nombre de musiciens que je pourrais prendre en tournée…

For this second record, I didn’t wanted to use new things. But I’m sure I will. A lot of times I’m thinking about playing the song with a band. Like a real situation and I think how many musicians can afford to take on tour…

Pragmatique…
Pragmatic…

Oui, c’est triste quand tu as une bonne idée et que tu sais qu’elle ne pourra pas être dans la chanson. Disons que je conçois ma musique comme une sorte de « groupe de bar » avec batterie, basse, guitare et clavier. C’est habituellement une formation qui ne dépasse pas quatre membres et j’essaie de penser à la façon d’y parvenir sur un plan financier – par exemple qui dans mes contacts pourrait jouer ces parties quand je vais partir en tournée… C’est comme ça que j’ai travaillé sur ces deux albums mais pour le prochain album, je pense que cette façon de penser m’intéressera moins. J’imagine qu’il y a d’autres instruments dans un groupe. Je veux rester pragmatique mais je devrais pouvoir imaginer de nouvelles sonorités. Rien n’est certain, mais je réfléchis à de nouveaux trucs pour l’été prochain.

Yeah, I think it’s sad when you have a great idea that can’t be done. I mean I think my music is sort of like a bar band or something like drum bass guitar keyboard. It’s usually not more than four people and I try to think how can I get this done economically – like who do I know that would actually play these parts and stuff when I’m gonna do shows… On this two records I was thinking of that and next time around I think I’m getting less interested in that as a way of working. I can imagine there’s maybe some different instruments in a band. I still want to be pragmatic but I think I can imagine some different sounds. I’m not sure yet but I’m thinking about different stuff next summer.

J’ai lu quelque part dans une interview que pour toi le plus important était la musique et après les paroles, que la voix est plus un instrument…
I read that for you, music comes first and lyrics second. Vocals are more of an instrument…

En fait, je ne pense pas tant que ça que la voix soit un instrument. Je voulais dire qu’elle l’était en quelque sorte mais qu’elle est aussi plus que ça, parce qu’elle exprime des mots. Ca n’a rien à voir avec la musique parce que c’est un autre type de langage. Dans mes paroles quand je chante, je dis toujours ce que j’ai à dire. Je veux dire par là que les mots ont un sens mais je pense que dans l’interview je voulais plus dire que pour moi ce qui vient en premier dans une chanson, c’est le son. C’est toujours le son. Pour les mots, c’est comme s’ils devaient être adaptés à ma façon de chanter. Je m’imagine en train de les chanter en concert. J’ai écrit et chanté par le passé des chansons dont je ne suis pas fier. C’est triste, tu sais, d’avoir écrit des textes qu’on n’apprécie pas de chanter. Je veux vraiment que mes paroles aient un sens, du moins pour moi. Ça se rapproche d’un instrument, mais qui dépend beaucoup de la mélodie, c’est pourquoi j’écris toujours la mélodie en premier. Donc d’une certaine façon, les mots sont secondaires.

Well, I don’t so much think of the voice is an instrument. I mean it’s an instrument but it’s more than any other instrument because it’s saying words. There’s a whole other layer to it that’s not even music. In my lyrics when I’m singing, I’m always saying things I want to say. I mean the words mean something but I guess I was trying to say that for me music is primary and it’s about the sound. It’s always about sound. The words are like they have to be just right so I can sing them. I think myself singing them like in a show. I’ve sang, I’ve written lyrics before that I was not proud of in another bands in the past. It’s sad when you have written something and you don’t enjoy singing the song, you know. I really want to put right words and what I’m singing means something to me. So it’s more of an instrument but it’s very dependent on what the melody is doing, and I always write the melodies first. So words are secondary in a way.

Et ça t’intéresserait de ne composer que des musiques instrumentales ?
And would you be interested in only composing instrumental music?

Je l’ai fait, à vrai dire. J’ai composé mes premiers morceaux il y a 10 ou 11 ans. J’écrivais déjà des chansons adolescent mais sans jamais les montrer à quiconque, puis j’ai arrêté d’écrire des chansons à texte à l’université. Avec mon ancien groupe, The Curtains, on faisait surtout de la musique instrumentale. J’adorerais revenir un jour à la musique instrumentale mais pour le moment le défi que cela représente ne me dit rien – je ne suis pas encore prêt à y revenir, mais je veux m’améliorer.

Well, I did. I used to do, I was writing songs like 10 or 11 years ago, probably the first time I wrote song. I used to write songs when I was a teenager but I’ve never showed them to anybody and I stopped writing vocal music when I was in college. My old band, The Curtains, was mostly instrumental music. I would love to go back to writing instrumental music but I have to say right now it doesn’t excite me, the challenge… But I want to get better. I’m not ready to go back to instrumental music.

Musique à l’image, ou musique de films ?
What about music for movies?

Oui j’adorerais faire ça, ce serait fantastique ! Personne ne m’a encore jamais demandé mais si jamais il y a des réalisateurs dans les parages, vous pouvez me contacter (rires).

Sure ! I would love to do that ! Yeah that would be great. No ones ever asked me but if there is any film maker out there, you can reach to me (laugh).

Quand je t’ai vu jouer à Paris il y a quatre ans, tu étais à la batterie. Vas-tu jouer de la batterie ce soir ? Ton set-up a-t-il changé ?
When I saw you in Paris 4 years ago you were like playing drums – are you going to play drums tonight, did the set up change?

Je serai à la guitare ce soir parce que j’ai quelques problèmes de justesse au niveau du chant quand je joue en même temps à la batterie. Sur les anciennes chansons je m’en sortais encore bien, ou peut-être que mes standards étaient moins élevés, mais maintenant j’ai envie que la batterie sonne vraiment fort et j’ai besoin qu’on m’aide. Je trouve ça super d’être à la guitare dans le groupe. La musique s’appuie surtout sur le clavier, en tout cas dans mon esprit, et la guitare c’est un peu la cerise sur le gâteau, donc je peux mieux me concentrer sur le chant.

I’m playing guitar tonight because I was having trouble playing the drums part and singing well. My newer songs are harder. The older songs I could kind of do, or maybe my standards were lower but now I was thinking that I really want the drum sound to be really strong and somebody else needs to help now. It’s great for me to play guitar in this band, the music is mostly keyboard based I mean in my mind, the guitar is just a little extra thing on top. So I can focus more on the singing.

Quand je t’ai vu à Paris je me suis demandé : « oh mon dieu, comment peut-il s’entendre chanter pendant qu’il fait de la batterie ? »
When I saw you that night I wondered : “oh my god, how can he sing and hear himself while playing?”

C’est difficile, mais pas autant qu’il y paraît. Dans certaines salles ça peut être compliqué.

Well, It’s difficult but it’s not hard as it seems. In some clubs it can be hard.

La musique n’est pas ton activité principale. C’est une volonté personnelle ?
Music is not your full time job. Is that something you wanted?

C’est une bonne question. Je pense que ce n’est pas mon intention. J’aimerais gagner beaucoup en faisant de la musique et ensuite faire autre chose. Et je n’aime pas non plus l’idée de devoir dépendre de la musique pour vivre. J’ai juste envie de faire de la musique quand ça me plaît, et ce serait fantastique d’en retirer beaucoup d’argent évidemment, mais j’aime aussi faire des choses différentes. J’aime que la musique soit à part de mes activités habituelles. Je suppose que si l’industrie de la musique avait été différente peut-être que j’aurais une vision différente de la chose. Par exemple si je pouvais vivre de ma musique sans avoir à m’inquiéter des besoins matériels quotidiens, évidemment je jouerais de la musique tout le temps. Mais penser à la musique en terme de « je dois faire ci ou ça », ne me convient pas. Le travail c’est le travail, enfin la musique c’est du travail aussi mais je fais toujours ce que j’aime et je ne fais pas ce que je n’aime pas, donc la musique en tant que job ça n’a pas de sens pour moi. De plus je ne pense pas que ma musique puisse suffire. Peut-être qu’elle changera mais jusqu’à maintenant ma musique ne semble pas tendre vers un style de vie professionnel. En plus, il faudrait que je puisse composer des albums beaucoup plus rapidement que ce que je fais jusqu’à présent, je suis trop vieux (rires).

That’s a good question. I think I don’t really want that. I would like to be paid really well from my music and then do something else. Also I don’t like to depend on music for living. I just want to do it when I feel like it and it would be great to be paid well for it, sure, but I like to do another things too. I like music as a… I just like it to be, you know, something that’s separate from normal concerns. I suppose if the music economy was different maybe I would like… Like if it was something different where you have like a – when you’re like a house…  I don’t know what the word is, like you’re the court composer or something and you have a person who’s your benefactor or something, and you don’t have to worry about your day-to-day material needs, and sure I would love to do music all the time. But thinking of it like “oh! I have to do this”, it’s like, you know. I mean, work is work. I mean, music is work but I always do what I enjoy, and I don’t do anything I don’t enjoy, so it doesn’t make sense as a job for me. And I don’t think I have the kind of music that is like, landing itself…  Maybe my music will change but, so far It doesn’t seem like my music will land itself to a professional lifestyle. And also you really have to make albums much more quickly than I do, I’m too old (laugh).

J’ai l’impression que tu devrais changer ta musique pour passer à un autre palier et pouvoir vivre de ta musique et du coup faire quelque chose que tu n’aimes pas…
I feel like you’d have to change your music to get to the next stage and that would be something you wouldn’t like doing in the end.

L’industrie musicale est un milieu vraiment exécrable. On y croise toujours des personnes sympathiques mais c’est plutôt calamiteux. Déjà, c’est une industrie qui manque d’argent, et puis il y a une certaine moralité, une certaine mentalité de consommation de la musique dans notre monde… je dois dire que c’est une des pires, en tout cas artistiquement parlant – c’est vraiment plutôt brutal, de ce que j’en vois. Quand je vivais de la musique, c’était une période différente, les gens achetaient encore des CD, on recevait son chèque de royalties, on gagnait de l’argent, on pouvait en vivre correctement et je n’avais pas l’impression de faire des choses contre ma volonté. Mais me concernant maintenant, je pense que je devrais vraiment changer ma manière d’être et que je devrais tourner beaucoup plus que ce que je fais maintenant. J’aime partir en tournée mais pas à la fréquence qu’il faudrait.

The music business is such as a terrible business. I’m sorry I mean there’s a lot of great people in it but as far a jobs go or businesses go, it’s a horrible one. There’s very little money in it in the first place and there’s a kind of morality, a mindset of music consumption in our world… I have to say I think it’s one of the worst… at least in art, I think it’s a pretty rough one as far as I can tell. It’s super brutal. When I was making a living from music, it was a different time, when people were still buying CDs, we got actually royalty checks, we made good money doing that, and I didn’t feeling that I was doing something I didn’t want to do. I think for me now, I would have to really change my ways and I’d have to tour a lot more than I do. I enjoy touring but I don’t enjoy it to the level you would need to do it.

C’est intéressant parce qu’il y a une certaine idée glamour derrière l’industrie de la musique avec tout ces groupes et artistes sur la route, etc. mais ce n’est pas comme ça et personne n’en parle…
It’s interesting because there is this glamorous idea behind the music industry, with great bands and singers, touring and so on… But it’s not like that and nobody talks about it.

Oui, je pense que c’est bien d’en parler aussi parce que je pense qu’on cultive le mystère pour pouvoir exploiter les gens. C’est une industrie de l’exploitation. Et cette façade « glamour » est simplement une protection inventée par les exploitants. Ces personnes qui sont sensées vivre cette vie super glamour sont des gens qui restent dans l’industrie pendant un certain nombre d’années et qui la plupart du temps finissent par disparaître. Et ils n’ont pas vraiment une très belle vie. Ça n’a jamais été quelque chose que j’ai voulu faire. Mon père bossait dans la musique et pendant mon enfance j’ai toujours pensé que c’était un monde qui n’était pas fait pour moi. D’ailleurs, je continue à le penser bien que la musique soit finalement mon boulot, mais c’est une passion, c’est comme mon loisir. Un loisir que je fais de manière sérieuse sans le voir comme un travail.

Yes, I think it’s good to talk about it too because I think it’s made mysterious so that people can be exploited. It’s an exploitation industry. The glamour front of it is just protection for people who are doing the exploiting. The people who supposedly live this glamorous lives live them for a couple of years and then most of the time they disappear. And they don’t have very good lives. That’s never been something I wanted to do. My father was in the music industry so growing up I was always had this idea that music was not my thing at all. I still kind of feel that way, although music itself is my ultimate job, but it’s a passion, it’s like my hobby.  And I do it in a serious way but I don’t think of it as a job.

C’est un sujet qui m’intéresse.. Il y a quelques semaines je lisais un article dans le NME don’t le sujet était “Que sont devenus les groupes du boom indie rock anglais du milieu des années 2000”. Un des rare groupes de cette époque que j’aimais bien était The Rakes. Ils se sont séparés et maintenant le chanteur est un mec qui bosse dans l’IT, il crée des apps à Brighton, il a même un profil sur Linkedin. Je me suis toujours dit que quand les groupes splitent, soit ils créent derrière un nouveau projet, soit ils continuent à bosser dans la musique mais à d’autres niveaux…
It’s a kind of topic I’m interested in. A couple of weeks ago I was reading an article in the NME about what became these bands from the British indie explosion back in 2005. One band I liked from that era were The Rakes. They split and now the singer is an IT guy, he’s doing apps and he even has a Linkedin page. I mean, when a band splits you always think that they’re gonna start a new music project or they’re gonna keep working in music at a different level…

Je ne pense pas que je pourrai faire ça. Je veux pouvoir continuer à faire de la musique et je ne veux pas arrêter de faire ce que je fais. Si je peux continuer comme ça, j’aime ce que je fais et j’espère pouvoir le faire pour toujours. L’idée d’avoir un job à plein temps ne m’attire pas du tout. Mon idéal serait un mi-temps dans un bureau, quelque chose don’t je me fous complètement, un truc sans prise de tête avant de rentrer chez moi bosser sur ma musique, sans m’inquiéter pour l’argent.

I don’t think I could do that. I want to keep making music, I actually don’t want to stop what I’m doing. I’m not in that kind of world. If I could keep doing what I’m doing… I like what I’m doing, I wish I can keep doing it, I hope I can keep doing it forever. The idea of having a full time job also doesn’t sound that great to me. My ideal world, like I was saying, is a part-time office job, something I don’t care about at all, just show up do like light work and then go home, work on my music and not have to worry about  money, you know.

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Ausmuteants http://www.hartzine.com/ausmuteants/ http://www.hartzine.com/ausmuteants/#respond Tue, 11 Oct 2016 09:44:52 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48880

Photo: © Carolyn & Dom Traduction: Marie-Éva   Ausmuteants, c’est la grosse révélation du festival Villette Sonique de l’année dernière. […]

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Photo: © Carolyn & Dom
Traduction: Marie-Éva

 

Ausmuteants, c’est la grosse révélation du festival Villette Sonique de l’année dernière. On avait pris une grosse claque devant le groupe australien et leur synth punk exalté et on avait bien déliré grâce à leur énergie et leur franche déconnade. Du coup on a voulu les soumettre à notre petite interview, là aussi on a bien rigolé…

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Victoria en Australie.

Victoria, Australia.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Ici. Je ne quitterai plus jamais la maison.

Staying put. Never ever leaving home again.

Pourquoi la musique ?
Why music?

La musique est juste notre passe-temps. Nous sommes tous très concentrés sur nos carrières. Shaun est officier de police, Billy est professeur d’histoire, Marc est chef pâtissier et je suis pompier volontaire.

Music is just our hobby. We are all very focussed on our careers. Shaun is a Police Officer, Billy is a history teacher, Marc is a pastry chef and I volunteer as a fire fighter.

Et si la musique n’avait pas été un passe-temps ?
And if music wasn’t your hobby?

J’apprécie un bon verre de vin rouge et faire des mots-croisés entre amis.

I enjoy a fine glass of red and a cryptic crossword amongst friends.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Que la raison de notre présence sur Terre est de stopper tous les méfaits et d’améliorer le mode de vie général.

That we were put on Earth to stop wrong doings and improve the general publics way of life.

Ta percée artistique ?
Your artistic breakthrough?

J’ai peint une copie de La Ronde de Nuit de Rembrandt, mais dans le style de John K.

I painted a copy of Rembrandts’ “The Night Watch” but in the style of John K.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

J’ai réalisé une version de Ren et Stimpy dans le style de Rembrandt.

I animated Ren and Stimpy in the style of Rembrandt

Y-a-t’il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Ça prend du temps, mais ça s’améliore. J’écrivais des pièces de théâtre en 2004 sous un pseudonyme. J’ai mis en scène ma propre version de Cats d’Andrew Lloyd Weber, mais à la place des chats, les personnages étaient tous des voitures, sans émotion et sans aucune personnification. C’était littéralement trois voitures immobiles sur scène devant un fond vert sur lequel était projeté une allée. La représentation a eu lieu au Laycock Street Theatre à Gosford en Nouvelle-Galles du Sud le 21 avril 2004. Les critiques ont été horribles, je n’ai plus jamais écrit de pièces de théâtre par la suite et j’ai mis des années à me remontrer au NIDA (l’Institut national d’art dramatique en Australie, ndlt).

It takes time, but it gets better. I used to write plays in 2004 under a pseudonym. I directed my own take of Andrew Lloyd Weber’s Cats where instead of cats, the characters were all cars, with no emotion and absolutely no personification what so ever. It was literally three stationary cars on a stage in front of a green screen with an alley projected on it. The performance showed it at Laycock Street Theatre in Gosford, NSW on April 21st 2004. It received horrible reviews, I never wrote a play again and It was years before I showed my face again at NIDA.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

On prend tous une boisson différente et on les mélange, on saupoudre le tout avec nos pellicules, on y verse une goutte de sang puis on boit le mélange en récitant “Wohs Doog a Evah” en boucle.

We all get a different type of drink and mix it together, shake our dandruff into it, put a drop of blood in it, then drink it while reciting “Wohs Doog a Evah” over and over again.

Avec qui aimerais-tu travailler (musicalement ou non) ?
Who would you work with (musically or not)?

Avec Tim Allen pour faire du stand up. John Birkner jouerait les roulements de tambour après chaque chute.

Tim Allen doing stand up comedy together. John Birkner doing drumrolls after punch lines.

Que serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Ce serait formidable que Bruce Willis fasse une reprise de l’un de nos morceaux avec son groupe de blues.

It would be amazing to have Bruce Willis cover one of our songs in his blues band.

Retour à votre enfance – quel conseil te donnes-tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Tu peux écouter d’autres groupes que FEAR et Black Flag. Essaie d’écouter Young Marble Giants, Brian Eno et The Cannanes. Vois si tu aimes déjà. C’est pas grave si tu n’aimes pas, mais quand tu auras vingt ans, tu penseras que c’est génial. Ah et souviens toi que les punks ne sont pas obligés d’être des connards. Les punks ne sont pas obligés de jouer de la guitare. Les punks peuvent avoir un iphone et ne pas porter de veste en cuir si ça leur chante. Ne perds pas de temps à tenter d’impressionner des idiots. C’est cool si tu veux jouer au frisbee, ou à Pokémon, ou à Call of Duty ou si tu veux étudier les maths. C’est cool si tu détestes les jeux vidéos et que tu veux te concentrer sur tes études. Tu devrais aller sur Soulseek à la seconde ou maman et papa ont internet. Télécharge Killed by Death, Can’t Stop It et Back From The Grave et copie tous ces morceaux. Ne te fatigue pas à essayer d’être original.

You are allowed to listen to bands other than FEAR and Black Flag. Try listening to Young Marble Giants, Brian Eno and The Cannanes. See if you like it yet.  It’s cool if you don’t, but when you’re in your twenties, you’ll think it is amazing. Oh yeah, remember punks don’t have to be dicks. Punks don’t have to play guitar. Punks can have an iphone and not wear a leather jacket if they want to. Don’t waste time trying to impress idiots. It’s cool if you want to play frisbee or Pokemon or Call of Duty or practice mathematics. It’s cool if you hate video games and you want to concentrate on your academic career. You should get Soulseek the second Mum and Dad get the internet. Download Killed By Death, Can’t Stop It and Back From The Grave and then rip off all those songs. Don’t bother about trying to be original.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Je retournerais probablement à l’école. Après avoir rencontré les Plastiques (en référence au film Mean Girls, ndt) à l’école, je concevrais un plan afin de devenir l’une d’elles et détruire leur club de l’intérieur.

I will probably go to school again. After meeting the Plastics at the school, I will devise a plan to become one of them and ruin their popular club from the inside.

Comment voyez-vous votre musique évoluer ?
How do you see your music evolve?

On rajoutera un quatrième accord dans les morceaux à l’avenir.
We’ll add a 4th chord in songs in the future.

Un plaisir coupable ou un trésor caché (musique ou hors musique) ?
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

J’ai beaucoup écouté Nine Inch Nails et PJ Harvey dernièrement. Ce n’est pas un plaisir coupable mais j’imagine que certains idiots du garage ou certains plaisantins du punk trouveront ça bizarre.

I have been listening to a lot of Nine Inch Nails and PJ Harvey lately. Not a guilty pleasure, but I guess some garage turkeys / punk hams will think it’s odd?

Ausmuteants a sorti son dernier album Band of The Future sur le label de Melbourne Arght! Records, dont voici un extrait.

Audio

Ausmuteants – Coastal Living

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Jenny Hval – Blood Bitch http://www.hartzine.com/jenny-hval-blood-bitch/ http://www.hartzine.com/jenny-hval-blood-bitch/#respond Thu, 06 Oct 2016 07:53:58 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48833

Blood Bitch est un album de l’expiation, de la purification. Comme une saignée pour la porphyrie, l’écoulement extraveineux est à […]

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Blood Bitch est un album de l’expiation, de la purification. Comme une saignée pour la porphyrie, l’écoulement extraveineux est à la fois le mal et le remède. Le sang, symbole de vie comme de mort, vecteur religieux, garant de la virginité, composante biomécanique et vitale, est ici omniprésent : c’est le suc du mystère dans Untamed Region, l’œuvre de la malédiction dans Female Vampire et de la contamination dans The Plague, le sang écarlate dans In The Red, des menstruations dans Period Piece et celui de la purgation dans Conceptual Romance. L’humeur vermeille s’écoule dans tout Blood Bitch en un filet pourpre continu, indice d’une transformation / sanctification à venir mais aussi — et peut-être l’est-il justement pour cette raison — emblème de la féminité, de sa singularité physiologique. Parcourant ce filet rédempteur, les « blood bitches » sont les archanges purificatrices, personnages vampires à la vertu désacralisée et au discours ironique mais tendre pour le sexe qu’elles protègent.

Le vampire est une allégorie audacieuse pour revisiter la féminité, ses combats et paradoxes contemporains, mais il véhicule l’image romantisée, aseptisée du suceur de sang moderne qui, libéré de la conscience de sa propre fin par l’immortalité, se détache de la frénésie consommatrice et hyperconnectée (Conceptual Romance, The Great Undressing). Seule la métamorphose, associée à l’hémoglobine, est redoutée mais Hval sait mettre de l’eau dans son sang (« Don’t be afraid, it’s only blood ») et accompagner cette romantisation d’une electro-pop habile aux épisodes très expérimentaux, dont l’apogée est à chercher du côté de The Plague. Contemporaine de Glasser et Grouper, la Norvégienne explore ses propres jalons musicaux, développant jusqu’au minimalisme (In The Red) ou s’enrobant d’une approche drone (Ritual Awakening), et ne renâclant pas à compléter un héritage ambient assumé jusqu’aux modulations et nappes schulzéennes de The Great Undressing, et fondu tantôt dans une ligne de basse pulsatile et étouffée, tantôt dans une prose poétique (Untamed Region). Allégorique sans moralisation, à l’occasion érotique et avant tout féminin, Blood Bitch dilue quelques gouttes de sang frais dans une scène electro-pop sclérosée par le manque d’imagination.

Vidéo

Jenny Hval – Conceptual Romance

Audio

Jenny Hval – Period Piece

Tracklist

Jenny Hval – Blood Bitch (30 septembre 2016, Sacred Bones)
01. Ritual Awakening
02. Female Vampire
03. In The Red
04. Conceptual Romance
05. Untamed Region
06. The Great Undressing
07. Period Piece
08. The Plague
09. Secret Touch
10. Lorna

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Fresh Snow http://www.hartzine.com/fresh-snow/ http://www.hartzine.com/fresh-snow/#respond Wed, 05 Oct 2016 08:51:39 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48822

Photo: © Yosh Cooper Traduction: Marie-Éva Si vous suivez hartzine, vous savez toute l’affection que l’on porte pour le label […]

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Photo: © Yosh Cooper
Traduction: Marie-Éva

Si vous suivez hartzine, vous savez toute l’affection que l’on porte pour le label de James Mejia Hand Drawn Dracula. Activiste de la scène musicale de Toronto, HDD dévoile depuis quelques années la scène vibrante de la ville d’Ontario. L’ultime sortie est le second album du groupe instrumental kraut-noise-psych rock Fresh Snow.

On a donc profité de cette actualité pour soumettre Bradley Davis (guitariste du groupe) à notre petite interview Out Of The Blue – il nous a en plus concocté une petite playlist à découvrir ci-dessous.

D’où venez-vous ?
Where do you come from?

Fresh Snow est basé à Toronto au Canada, mais moi (Brad) je suis originaire du Midwest des États-Unis.

Fresh Snow is based in Toronto, Canada but I (Brad) am originally from the Midwestern United States.

Où allez-vous ?
Where are you heading to?

En tant que groupe, on se préoccupe moins de savoir où on va que de ne pas revisiter les mêmes endroits. Je pense que notre but ultime est de nous surprendre nous-mêmes.

As a band, we are less concerned about where we are going than we are about not going to the same place twice. I think the ultimate goal is to surprise ourselves.

Pourquoi la musique ?
Why music?

Je suis amoureux de la musique depuis que j’ai 5 ans. J’adore aussi les sessions d’enregistrement. Je trouve qu’il y a de la magie à capturer des sons. Tim et moi partageons la passion de la manipulation du son, et c’est ce qui est a permis de construire le groupe.
I have been in love with music since I was 5 years old. I love the act of recording as well. I find that there is magic in capturing sounds. The love of manipulating sound is something that Tim and I share and have built the band around.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Je tire un plaisir équivalent à faire mes propres tortillas et cultiver des tomates. J’adorerais apprendre à fabriquer des étagères.

I get equal enjoyment out of making my own corn tortillas and growing tomatoes. I would love to learn how to build shelves.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Les erreurs sont souvent ce qu’il y a de mieux.

The mistakes are often the best part.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Je crois que ma révélation artistique personnelle a été d’apprendre à ne pas tout contrôler. J’ai toujours été obsédé par le contrôle en ce qui concerne la musique, mais c’est très libérateur d’admettre qu’il existe parfois quelqu’un de plus compétent pour une tâche.

I think my personal artistic breakthrough has been giving up control. I have always been a bit of a control freak when it comes to music but admitting that sometimes there is a better person for the job is very liberating.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

On peut toujours voir le mauvais côté des choses si c’est ce qu’on cherche.
You can always find a downside if you look hard enough.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

C’est un art en soi d’être en vie. Je crois que parfois certains artistes peuvent dépasser leur public mais ça peut aussi marcher dans l’autre sens. Certains artistes disent ce qu’ils ont à dire et par la suite, on n’entend plus jamais parler d’eux mais ça ne signifie pas qu’ils ne vivent pas une vie d’artiste. Un poète qui fait ses courses, c’est de la poésie.

There is art in staying alive. I think some artists outgrow their audiences and sometimes it works in the other direction. Some artists say what they need to say and then we never hear from them again but it doesn’t mean that they aren’t living the life of an artist. A poet buying groceries is poetry.

© Yosh Cooper
© Yosh Cooper

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Je n’ai pas de rituel établi. Je crois que ce que je préfère, c’est prendre 2 verres avant le concert, et si toutes les lumières s’allument sur mon matos je suis content.

I don’t have any set in stone rituals. I think that 2 drinks before the show is my sweet-spot, and if all the lights are flashing on my equipment I am happy.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

On a eu la chance de collaborer avec de nombreux artistes talentueux qu’on respecte énormément. Laura Bates, Karen Ng, des membres de  METZ, Fucked Up, Doomsquad, DIANA, Holy Fuck, etc. Ce serait génial de bosser avec David Sylvian un jour mais c’est un peu hors de notre portée. On adore le processus de collaboration donc je serai ouvert à à peu près presque tout.

We have been lucky to have had the opportunity to collaborate with a lot of talented people who we really respect. Laura Bates, Karen Ng, Members of  METZ, Fucked Up, Doomsquad, DIANA, Holy Fuck, etc… It would be a dream to work with David Sylvian someday but he is a bit out of our league. We really enjoy the process of collaboration so I would be open to just about anything.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

On essaie d’enregistrer un album pour chaque couleur de l’arc-en-ciel. On a déjà fait le rouge, l’orange et maintenant le jaune. Si on achève cette mission, le trésor au bout de l’arc-en-ciel sera le climax de notre carrière. On pourra se séparer satisfaits.

We are trying to record a record for every colour of the rainbow. We have done Red, orange, and now yellow. If we complete the entire task, the pot of gold at the end will be the climax of our career. We can break up the band satisfied.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes-tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Je m’encouragerais à faire quelques économies et passer le permis de conduire.

I would encourage my younger self to save some money and learn to drive.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Si je suis toujours vivant, ce sera déjà une victoire. Dans 30 ans, j’espère être entouré de citronniers.

If I am still alive I will consider it a victory. In 30 years I hope to be surrounded by lemon trees.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Il y a tellement de choses que j’aimerais faire avec notre musique. J’ai un immense respect pour les artistes qui adhèrent au minimalisme et à la retenue. Fresh Snow a toujours été un groupe très maximaliste mais je serais très intéressé à l’idée d’explorer ces concepts un peu plus sur notre prochain disque. Si ça n’évolue pas, je crois que ce sera la fin du groupe.

There are so many things I would love to do with our music. I have great respect for artists who embrace minimalism and restraint. Fresh Snow has always been a very maximalist band but I would be very keen to explore that further on our next record. If it stops evolving, I think that will be the end of the band.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Une chose qui ne se voit pas beaucoup dans notre musique, c’est que j’adore la pop bubblegum des années 60 et 70. Je préfère Donovan à Bob Dylan et je choisirais The Archies au lieu des Doors à tous les coups.

Something that doesn’t surface in our music very often is the fact that I adore 60s and 70s bubblegum pop. I prefer Donovan to Bob Dylan and I would take The Archies over The Doors any day.

Le second album de Fresh Snow intitulé One est sorti le 9 septembre dernier en digital et vinyl limité, il se commande ici ou vous pouvez l’écouter en intégralité sur le Bandcamp de Hand Drawn Dracula.

En attendant voici un premier extrait « Three Way Mirror ».

Mixtape Toronto

01. Neck – Ladybug
02.The Deadly Snakes – I Don’t Wanna Have to Hate This City
03. Nadja – Now I Am Become Death, the Destroyer of Worlds
04. Picastro – Split Head
05. SlowPitch – Moooon
06. Carl Didur – I Dream I Saw Your Face
07. Casper Skulls – Devotion
08. Nhapitapi – Ndotamba Ndega (I Am Dancing Alone)
09. Bile Sister Haagen Baadz (Official Music Video)
10. Tasseomancy – Do Easy
11. The Magic – Call Me Up
12. Doctor Ew – Let’s Make It Legitimate
13. Gates – This Door Is Forbidden
14. Constantines – On To You
15. Dusted – Property Lines
16. Our Founders – White Beetle
17. Blue Cougars – Can’t You Hear Me Calling

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House Of Wolves – House Of Wolves http://www.hartzine.com/house-of-wolves-house-of-wolves/ http://www.hartzine.com/house-of-wolves-house-of-wolves/#respond Tue, 04 Oct 2016 07:47:50 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48814

On se lasse facilement de la constance. Et pourtant, nous passons notre vie à courir après ce sentiment de sécurité […]

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On se lasse facilement de la constance. Et pourtant, nous passons notre vie à courir après ce sentiment de sécurité sans pour autant pouvoir nous empêcher de le remettre régulièrement en question chaque fois que nous le touchons du bout des doigts. Ainsi semble être faite la nature humaine. Dans le pire des cas, on parlera d’insatisfaction chronique, dans le meilleur, de volonté d’évolution perpétuelle. Choisissez votre camp, chers lecteurs, et décidez de regarder la vie, ses surprises et ses vicissitudes du mauvais ou du bon côté. Quoiqu’il en soit, il sera toujours questions de mouvement. Ce phénomène est particulièrement prégnant dans le cadre de la création musicale. Nombreux sont ces artistes qui, avec plus ou moins de bonheur, ressentent au cours de leur carrière le besoin, parfois la nécessité, de faire évoluer leur style, voire d’opérer un changement radical de cap afin de mieux se réinventer. Rey Villalobos, déjà auteur sous le patronyme d’House of Wolves de deux albums délicatement folk aussi indispensables qu’atypiques dans le paysage musical actuel, le clair-obscur Fold In The Wind (lire ici) et le crépusculaire Daughter Of The Sea (lire ici), semble être à son tour à la croisée des chemins. Et c’est indéniablement vers la lumière et la clarté qu’il se dirige à l’écoute des huit nouveaux morceaux composant ce troisième essai éponyme sorti le 30 septembre sur le label rémois Discolexique. Point de révolution, non, mais une évolution certaine, assumée, qui l’amène à bousculer quelque peu les codes intimistes qu’il avait savamment mis en place jusqu’à présent afin de densifier son propos.

how-portrait

L’utilisation plus discrète du piano, jusqu’alors centrale dans l’œuvre du Californien, apparaît comme le changement le plus important opéré par le compositeur. Non pas que Rey Villalobos ait renié son instrument de prédilection mais ce désir de le fondre dans un collectif instrumental plus ample (particulièrement palpable tout au long d’Alabama, morceau fleurant bon les racines de l’Amérique sous couvert du regard paternaliste de Neil Young) était certainement le prix à payer afin de changer de dimension. Car le but évident de cette évolution est d’offrir un écrin encore plus luxuriant mais toujours aussi soyeux aux pépites jalonnant ce disque. D’emblée, l’introductif I’m Here You’re There plante le décor : si le songwriter n’a strictement rien perdu de son sens mélodique, l’apport du quatuor à cordes ainsi que l’affirmation plus marquée d’une section rythmique élargissent notre champ de vision afin de nous emmener vers des contrées bien plus vastes… Mais ce, sans que notre hôte n’oublie encore et toujours de nous tenir la main. Cette (r)évolution de velours se poursuit alors tout au long de ce « Figure 8 » (huit morceaux, n’est-ce pas au final la meilleure structure possible pour un album?), appellation collant si bien aux aspirations d’House of Wolves, tant pour la référence au microphone que pour le regretté Elliott Smith dont Rey Villalobos s’affirme essai après essai comme le successeur idéal et légitime, en témoignent Firefly, douce ritournelle d’un classicisme renversant et Keep All Your Lovers, morceau tout en tension maîtrisée, qui ressuscitent l’âme du natif du Nebraska sous toute ses formes. Alors que Oh Little One soutenu par un chant aérien et des cordes aussi vertigineuses que bouleversantes déverse en nous, âmes consentantes, son pouvoir lacrymal en jouant la simple (mais si honorable) carte de l’honnêteté, apesanteur et pesanteur viennent s’entremêler sur Darkness, conférant à l’ensemble une ambiance aussi enivrante qu’addictive que n’aurait pas renié Low en pleine session d’enregistrement de I Could Live In Hope ou The Curtain Hits The Cast. Témoignage de cette mutation assumée, c’est sur les deux morceaux les plus lyriques et orchestrés que se clôt cette escapade de moins de trente minutes ; Time et sa structure en trois temps jouant sur les nuances du désespoir et Holy Roller Coaster, valse délicate toute en retenue, douce comme un Your Sweet Love de Lee Hazlewood contre laquelle il serait vain de tenter de ne pas succomber. Love And Other Crimes, définitivement.

Loin de se reposer sur un credo où il régnait déjà en maître, House of Wolves, au détour d’un album enregistré en trois jours, est parvenu à ajouter quelques cordes à son arc tout en conservant la quintessence même de ce qui le rend si original et originel. Les influences du passé ne sont nullement oubliées (l’amour de Rey Villalobos pour Chopin confère une certaine dramaturgie à son œuvre ou encore la réverbération, signe distinctif des Everly Brothers particulièrement appréciés par le Californien) mais elles alimentent désormais judicieusement un univers musical qui se veut plus riche en matière d’orchestration et d’arrangements. Cette évolution ne semblait pas si évidente à réaliser, surtout après Daughter Of The Sea qui se voulait volontairement dépouillé de (presque) tout artifice. Elle s’impose cependant à nous avec une déconcertante aisance nous confortant dans notre incommensurable amour pour ce songwriter hors-pair. Après le crépuscule, l’aube pointe le bout de son nez au pays d’House of Wolves, présageons une journée des plus radieuses.

Audio

House Of Wolves – House Of Wolves

Tracklist

House Of Wolves – House Of Wolves (30 septembre 2016, Discolexique)

01. I’m Here, You’re There
02. Oh Little One
03. Darkness
04. Alabama
05. Firefly
06. Keep All Your Lovers
07. Time
08. Holy Roller Coaster

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Tim Hecker – Love Streams http://www.hartzine.com/tim-hecker-love-streams/ http://www.hartzine.com/tim-hecker-love-streams/#respond Fri, 30 Sep 2016 08:14:36 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48807

Le Canadien Tim Hecker s’est discrètement imposé comme une institution respectée de l’ambient, façonnant sa réputation par une poignée d’albums […]

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Le Canadien Tim Hecker s’est discrètement imposé comme une institution respectée de l’ambient, façonnant sa réputation par une poignée d’albums denses et difficilement pénétrables sur l’excellent label Kranky. Love Streams signifie peut-être plus qu’un nouvel LP pour le natif de Vancouver puisqu’il s’associe à la structure des anglais de 4AD sans toutefois trahir sa ligne esthétique en proposant cet inaltérable magma sonore, bouillant de toute part d’un mystère très compact.

Tim Hecker a cette façon assez fantastique d’absorber les couleurs. Il les regroupe, les mêle et les déverse comme une immense cascade de lumière, à l’infinie palette de tonalités, de variations, de microscopiques évènements qui, tous liés les uns aux autres, apportent un gigantesque univers. Il n’est pas chose aisée de plonger dans la musique du Canadien tant l’hallucinante collection de sonorités peut sembler insurmontable, n’arrive pas facilement à se fixer, à s’accrocher sur une solide émotion, à définir une présence stable. Love Streams semble s’étendre sur l’inconscient, développe et tisse ce que je m’imaginerais s’harmoniser dans les profondeurs de la conscience lors d’un évènement fort, d’une fantastique réalisation, d’un phénoménal changement. Tim Hecker vient allumer la caverne de l’âme, les fortes vagues qui viennent faire progressivement chavirer une personnalité, car l’ensemble de cet album ne se repose presque jamais sur une lisse réponse mais toujours perturbe cette sensation de quiétude qui semble s’installer à la base. Le Canadien laisse comme une évidence une série de questions en suspens, en construisant ses morceaux comme un arbre à mille feuilles dont les branches s’agiteraient en toutes directions mais prenant comme base et racine le robuste corps du végétal.

Cette musique est assez fascinante car elle représente un autre langage, elle ne s’évertue jamais à s’aligner sur un propos déjà établi mais au contraire s’incarne et se pare avec majesté d’une absolue singularité. Les séquences sont assez courtes pour le genre, rarement plus de cinq minutes pour évoquer à chaque reprise la composition d’un tableau. Tim Hecker me fait souvent penser à la conception d’une peinture, d’une fiction, d’un rêve au sens strict du terme, là où le beau est éphémère, insaisissable et peut d’une minute à l’autre se transformer en un parcours profondément abstrait, intenable et flou. La pochette de l’album est à ce sujet très parlante, où l’on devine ce qui pourrait ressembler à une chorale, amenant la lumière à la façon du somptueux Voice Crack, morceau clair et liquide mais parsemé de tâches de couleurs rendant presque illisible la réalité du titre, troublant du même coup son image par l’étalage d’une poignée de chaudes nuances donnant à l’atmosphère une ambiance parfaitement surréaliste.

Tim Hecker livre là une nouvelle pièce d’un puzzle immense et partiellement plongé dans la brume : un disque à la fois difficile à saisir mais qui révèle par à-coups sa pure identité. L’expérience prend une toute autre dimension en live où le ressenti devient véritablement physique : Hecker fera trembler les fondations de la Gaîté Lyrique le 27 octobre prochain afin de justement supporter la sortie de ce nouvel album. La soirée est organisée par la structure Latency et s’ouvrira sur Yves de Mey: on vous recommande chaudement d’en être.

Sunblind / Soundcloud

Audio

Tim Hecker – Voice Crack

Vidéo

Tim Hecker — Castrati Stack

Tim Hecker – Black Phase

Playlist

Tim Hecker – Love Streams (2016, 4AD)
01. Obsidian Counterpoint
02. Music Of The Air
03. Bijie Dream
04. Live Leak Instrumental
05. Violet Monumental I
06. Violet Monumental II
07. Up Red Bull Creek
08. Castrati Stack
09. Voice Crack
10. Collapse Sonata
11. Black Phase

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Monsieur Crâne – Monsieur Crâne LP http://www.hartzine.com/monsieur-crane-monsieur-crane-lp/ http://www.hartzine.com/monsieur-crane-monsieur-crane-lp/#respond Thu, 29 Sep 2016 08:16:47 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48794

par Nastasia Hadjadji Année électorale. Absurdités politiques quotidiennes. Fronde sociale, débuts d’insurrections puis retour au statu quo. La “merde générale” […]

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par Nastasia Hadjadji

Année électorale. Absurdités politiques quotidiennes. Fronde sociale, débuts d’insurrections puis retour au statu quo. La “merde générale” en somme. Certainement le moment opportun pour sortir un album infusé dans la tise et la résignation, mais également nourri par les éruptions politiques et sociales de ces derniers mois.

Cet album c’est le dernier de Monsieur Crâne (et dixième pour ce projet), à sortir chez le Parisien sémillant Le Turc Mécanique, les Bordelais d’Iceberg et les mystiques de chez Ascèse Records. Quand on sait que l’animal turbine également aux côtés de Lonely Walk, Strasbourg et – fut un temps – la chorale des Crâne Angels, on se dit que son projet solo cherche certainement à creuser du côté de la subjectivité en se penchant sur ce qui construit l’intime et l’affect. Bien moins candide et bien plus hanté, Monsieur Crâne parle du temps, de l’estime de soi, des regrets; de violence et de résignation – le quotidien et le privé, au prisme du politique et de l’actuel. De ce climat général anxiogène, bien que rigolard, il tire des fulgurances : “Les années donnent des cris d’enfants / J’ai pas d’hormones / J’ai pas dormi” (Eva Joly), “Je fais du porte à porte, avec mes idées mortes” (Carnassier).

Monsieur Crâne louvoie entre résignation et prise de parti; parfois, la psalmodie des angoisses existentielles laisse place à l’expression du dépit et des convictions. Impossible de passer à côté du titre le plus sobrement insurrectionnel de l’album : GDF (dans lequel il est plus question de gaz lacrymogène que de gaz naturel). Au son d’une boîte à rythme implacable, Monsieur Crâne exhorte les goths de France à sortir de leur atonie et à y foutre la tronche. “Goth de France, lève toi et marche / Dis-moi, qu’est-ce qu’on a fait pour en arriver là ? / C’est la merde générale, j’ai les boules pour ça / On dirait que tout est perdu d’avance et ça passe, en urgence” (GDF).

L’insurrection ne vient pas assez vite, ça fout les boules de voir le torchon brûler puis s’éteindre. Le dernier titre de l’album, sombre et éthylique, sonne le glas des aspirations à la révolte (l’optimiste n’ayant jamais été une valeur cardinale dans la discographie du Crâne). Pour autant, s’il on en croit sa dernière prestation scénique (lors du festival du Turc Mécanique en septembre dernier à la Station), il semble que celui-ci conserve un certain sens de l’ironie – voire un sens certain du contre-pied stylistique : chanter le désespoir nihiliste en chemise hawaïenne c’est plus gold que cold.

Vidéo

Monsieur Crâne – Le Temps

Audio

Monsieur Crâne – Monsieur Crâne

Tracklist

Monsieur Crâne – Monsieur Crâne (29 septembre 2016, Le Turc Mécanique / Iceberg / Ascèse Records)
01. Le Temps
02. Buffet campagnard
03. GDF
04. La Horde
05. Cockpit
06. Je rêve de toi
07. Le Bus
08. Eva Joly
09. MDMA
10. SDV
11. Carnassier

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Milton Bradley (The End of all Existence), l’interview http://www.hartzine.com/milton-bradley-interview/ http://www.hartzine.com/milton-bradley-interview/#respond Wed, 28 Sep 2016 21:01:06 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48788

Se frotter à Milton Bradley, c’est s’attendre à semer la division. En effet, l’artiste ne jouit pas de la même […]

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Se frotter à Milton Bradley, c’est s’attendre à semer la division. En effet, l’artiste ne jouit pas de la même aura de célébrité que certain de ses contemporains. Et pourtant, Patrick Radomski de son vrai nom est une source d’inspiration inépuisable parmi ses pairs. Générateur d’une musique complexe, profondément lugubre, alternant chaos statique et bourrasques analogiques, Milton Bradley doit autant aux crispations électriques de Sleeparchive qu’aux rêves apocalyptiques de Klaus Schulze. Et ce n’est pas anodin si le premier vrai vinyle techno que j’ai acheté (si j’occulte ma période minimale, hardcore et consorts…) fut Last flight to Cologne. Époque bénie s’il en est d’un revival à une techno pure et brute ! Berlin trouvait alors son second souffle, le Berghain était the place to be, le Tresor venait de rouvrir ses portes, l’Arena organisait certaines des soirées les plus undergrounds de la ville… Pendant ce temps là plusieurs artistes sortaient des salves de tueries qui allaient devenir mythiques, des vinyles ornés de petits macarons simplement tamponnés à la chaine avec le nom du label et le numéro du disque… A l’époque tout le monde jouait le morceau Untitled de l’artiste Unknown. C’est ici que commence l’épopée de cet anti-héros du clubbing, qui après avoir affirmé sa suprématie avec son impeccable album Tragedy of Truth, revient avec un troisième EP de son projet The End of All Existence. Plus accessible pour certains, plus âpre et brutal pour d’autres, le concept a au moins le mérite d’être clair, écrire une symphonie électronique en ode à la destruction de la vie.  Alors à l’occasion de cette nouvelle sortie, on a tenu à s’entretenir avec cet artiste iconoclaste et incontestablement majeur, et pourtant tellement discret.

Interview

Qu’est-ce qui t’as poussé à te lancer dans la musique ?
What led you to launch you into music?

La musique a toujours été un élément central dans ma vie, en particulier ces musiques où je pouvais me perdre dans la dérive de mondes fantasmatiques. Quand j’étais enfant, je suis entré en contact avec la musique en écoutant des cassettes de mix que mes parents s’étaient faits pour eux-mêmes. Sans savoir particulièrement que c’était des sons électronique de Giorgio Moroder, Jean-Michel Jarre ou Kraftwerk qui allaient déclencher mes fantasmes. Tous ces sons venus de la science-fiction m’ont excité pendant un temps.

Music has always been a central part of my life, especially those music that I could loose myself into and drift into phantasy worlds. When I was a kid I got in contact to music by listening to mix tapes my parents made for themselves. Without knowing what exactly it was particularly electronic sound by Giorgio Moroder, Jean Michel Jarre or Kraftwerk unleashed my fantasy. All those science fiction like sounds got me excited by this time.

Le milieu des années 2000 a été très prolifique pour la Techno… Comment t’es-tu venu l’idée de lancer ton label Do Not Resist The Beat ?
The mid-2000s was very prolific for Techno music … How did the idea to start your label Do Not Resist The Beat come ?

Je voulais déjà produire des disques dans les années 90, juste pour le plaisir. Mais je n’étais jamais vraiment satisfait du résultat en raison du matériel limité que je possédais à ce moment là. À la fin de 2007, un de mes amis m’a fait découvrir certains logiciels qu’il produisait et je découvrais des possibilités étonnantes en combinant ce logiciel avec le matériel que j’avais déjà. Les premières pistes utilisables sont nées assez rapidement et nous avons alors décidé de les sortir.

Je n’ai jamais trop été dans les trucs d’envoi promo donc mon ami et moi-même avons décidé de mettre un peu d’argent et de réaliser mon premier enregistrement. Voilà comment Do not resist The Beat a commencé – comme une future plateforme pour sortir mes propres productions et interprétations de la musique électronique.

I already wanted to produce records back in the 90s, just for fun. But I was never really satisfied with the result because of the limited hardware I owned by this time. By the end of 2007 a friend of mine showed me some software he was producing and I saw amazing possibilities combining this software with the hardware I still had. The first usable tracks were done pretty quickly then and I decided to release them.

I was never much into sending out promo stuff so a friend and I decided to put some money in a pot and release the first own record. That’s how „Do Not Resist The Beat“ started – as a future platform for releasing my own productions and interpretations of electronic music.

the-end-of-all-existence-label-logoAvec d’autres labels comme Horizontal Ground, Frozen Border, etc., vous avez choisi d’adopter une esthétique minimaliste, un son aux grooves froids et tranchants… Cette musique a fini devenir peu à peu le son référence de techno berlinoise. Avec le recul quels souvenirs gardes-tu de cette période ?
With other labels like Horizontal Ground, Frozen Border, etc … you choosed to adopt a minimalist aesthetic, a sound with cold and sharp grooves … This music became gradually the benchmark of Berlin Techno. Looking back , which memories do you have of that period ?

Après avoir pris une petite pause, j’ai commencé à m’engager à nouveau avec une musique électronique plus contemporaine en 2006. Après cette période d’abstinence il y avait beaucoup à redécouvrir, ce fut une période très excitante. Je regardais les catalogues des magasins et internet et j’ai découvert les productions de Marcel Dettmann, Sleeparchive et beaucoup d’autres. Ce fut la musique que j’ai aimée à cette époque, Cela semblait nouveau, frais et intéressant. Des clubs comme le Berghain et Tresor, qui a rouvert en 2007, étaient les endroits où je passais beaucoup de temps, et je me suis senti inspiré à nouveau.

After taking a small break I started to get engaged with contemporary electronic music again in 2006. After this time of abstinence there was a lot to rediscover, it was a quite exciting time. I was browsing records shops and the internet and found productions by Marcel Dettmann, Sleeparchive and many more. This was the music I liked by that time, it sounded new, fresh and interesting. And as well clubs like Berghain and Tresor which has been reopened in 2007 were the places I spent a lot of time and got inspired again.

Il y a dans ta musique quelque chose de sombre, froid, mécanique… Ta musique semble très inspirée par les sonorités dub et ambient, plus mentale que physique, non ? Quelle est ta vision de la musique électronique ?
There are in your music something dark, cold, mechanical … Your music seems very inspired by dub and ambient sounds, more mental than physical, isn’t it ? What is your vision of electronic music?

Je tiens à exprimer certaines humeurs, cela fonctionne mieux sur la couche mentale. Mais je ne dirais pas que je suis inspiré par le dub. Le son « dubby » vient par lui-même quand je produis et il s’inscrit dans le processus de production qui vise à trouver des sons qui reflètent mes émotions, mes sentiments, mes humeurs. De plus, j’aime les morceaux trippy, mais dans le contexte de club, je préfère, la plupart du temps, les tracks qui ont du corps dans un sens plus large.

I want to express certain moods, this is working best on the mental layer. But I wouldn’t say that I’m inspired by dub. The « dubby“ sound just came by itself while producing and I’d call it a follow up of the whole production process which aims to find sounds that reflect or mirror my emotions, my feelings, my moods. Furthermore I like trippy tracks, but in the club context I mostly like physical tracks in a wider sense.

Dans The End Of All Existence tu imagines une sorte de soundtrack à l’apocalypse, d’où t’es venu cette idée ?
In The End Of All Existence you imagine a kind of soundtrack to the Apocalypse, from where comes that idea ?

L’idée de ce projet m’est venue dans un moment assez sombre. En étant inspiré par certains films « Worlds End« , le slogan de The End Of All Existence m’est venu à l’esprit. Certaines de mes humeurs donnent souvent naissance à des concepts de rejet, et ce slogan convient de ce scénario de fin du monde dans lequel j’étais à cette époque. J’ai donc développé l’idée de faire une sorte de bande-son pour une fin du monde fictive.

The idea for that project came up in a quite dark moment. Being inspired by some Worlds End movies the slogan of The End Of All Existence came to my mind. Certain moods are often give birth to concepts of releases, and this slogan suited this end of the world scenario I was into by that time. So I developed the idea to make some kind of soundtrack to a fictional worlds end.

Il y a une certaine progression tout le long de ce nouveau EP qui commence par Choir of Devastation plutôt contemplatif et se termine par un Echoes of the Nameless très dur et rugueux. Était-ce ce que tu cherchais dès le début ?
There is a kind of increase during this new EP that begins by Choir of Devastation more contemplative and ends with an Echoes of the Nameless much hard and rough. Was it what you were looking for from the beginning ?

Oui bien sûr. Comme ce projet consiste à créer une sorte de bande-son, les morceaux (même si ce n’est seulement quatre d’entre eux) eux-mêmes devaient être en cascade, une suite logique de sorte que vous êtes en mesure de voyager à travers ma fiction.

Yes, for sure. As this project is about being some kind of soundtrack, also the tracks (even if it’s only four of them) should be in a cascading, logical order so you’re able to have a kind of a travel through my fiction.

Avec ton projet AlienRain, tu démontres une facette totalement différente de ta musique, totalement axée acid techno. Pourquoi avoir segmenté ces différents univers ?
With your Alien Rain project, you demonstrate a completely different side of your music, totally focused on acid techno. Why did you chose to segmente those different worlds ?

Tout en produisant des sons acids, j’ai toujours eu ce thème alien dans ma tête, ainsi que l’image de la tête d’alien bien connu d’ailleurs. Le son de la 303 (Roland TB-303) est tout à fait spécial et unique,  C’était donc une conséquence logique qu’un projet différent en soit sorti. En outre, j’aime l’idée de créer des projets qui sont cohérents et qui développent leur propre univers.

While producing the acid sounds I always had that alien theme in my head, as well as the picture of the well-known alien head. The 303 sound is quite special and unique, so it was a logic consequence to make another project out of it. Furthermore I like the idea of creating projects that are coherent and which develop their own enclosed world.

miltonbradley

Tu sors très peu de disques en dehors de tes propres labels. Pourquoi ce choix ?
You edit only few discs outside your own labels. Why ?

En raison de mon désir d’exprimer, j’ai toujours certaines idées au sujet de prochaines versions. Thématiquement certaines pistes doivent s’inscrire dans un certain contexte. C’est quasiment impossible quand vous êtes sur le label des autres parce qu’il y a toujours des intervenants qui décident des tracks, de la créa, et de l’ensemble du processus. Avoir son propre label vous donne une sorte de flexibilité, je peux décider par moi-même comment, quand et dans quel cas produire un morceau. Cela ne signifie pas que je sois opposé à travailler avec d’autres labels, mais je ne veux pas créer l’ensemble du process aléatoire et hors controle.

Due to my wish to express I always have certain imaginations about upcoming releases. Thematically certain tracks should be inside some context. You hardly get that possibility if you release on other people’s label because there’s other people who decide about the tracks, the artwork, the whole process. Having your own label gives you some kind of flexibility, I can decide by myself what, how, when and in what case I release a track. This doesn’t mean I’m opposed to release on other labels, but I don’t want to create the whole process to random and inflationary.

Ta musique est finalement très attachée à Berlin et on se rend rapidement compte qu’elle en est une fidèle bande son.  Quel impact cette ville a eu et  a toujours sur toi ? Te vois-tu un jour vivre ailleurs?
Your music is ultimately very attached to Berlin and we quickly realize that it’s his truthful soundtrack. Which impact this city has had and still has on you ? Do you see yourself one day live somewhere else ?

L’environnement où tu grandis et où tu vis durant une longue période a toujours une influence sur toi. J’ai toujours aimé l’ambiance brute et sombre qu’avait Berlin jusqu’au milieu des années 90. Cela convenait assez bien à mon humeur à ce moment-là. Ma plus grande influence ce sont les souvenirs de ma jeunesse. Les changements de ces dernières années (maisons peintes, appartements de luxe, des centres commerciaux sans fin) je ne les trouve pas du tout inspirants. Pour ce qui est de vivre ailleurs, je pourrais imaginer partir m’installer au Japon un jour.

The environment you grow up at or you live in for a longer period of time always has an influence on you. I always liked the rough, raw and dark feel Berlin had until the mid 90s. This suited my mood pretty well by this time. The biggest influence were memories from my younger days. The changes of the last years (painted houses, luxury apartments, endless shopping centers) I don’t find them inspiring at all. If it comes to other places, I could imagine to live in Japan one day.

Audio

The End Of All Existence – 6 Minutes Before Dawn

Vidéo

The End Of All Existence – The Final Hours

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MIXTAPE : Home made 06 by Aki http://www.hartzine.com/home-made-06-by-aki/ http://www.hartzine.com/home-made-06-by-aki/#respond Wed, 28 Sep 2016 08:21:43 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48785

Aki remplit sa vie de beaucoup de choses, mais surtout d’indus. La preuve. 01 – Front Line Assembly – Total […]

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Aki remplit sa vie de beaucoup de choses, mais surtout d’indus. La preuve.

01 – Front Line Assembly – Total Terror
02 – Cyberaktif – Brain Dead Decision
03 – Nitzer Ebb – Blood Money
04 – Das Ding – Kindheitsmuster
05 – Cabaret Voltaire – I want you (12″ version)
06 – Die Krupps – Tod Und Teufel
07 – Test Dept. – Fist
08– The Klinik – Moving Hands
09 – A Split Second – Ballistic Statues
10 – À;Grumh… – M.D.A
11 – SPK – Metal Field
12 – Clock DVA – Resistance (12 » Mix)
13 – Chris and Cosey – Morning
14 – Ministry – We Believe
15 – Psyche – The Crawler
16 – Skinny Puppy – Last Call
17 – Front 242 – Neutobashing
18 – Download – Seven Plagues

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Bernardino Femminielli – Café Petite Chatte / Goodbye Blueboy http://www.hartzine.com/bernardino-femminielli-cafe-petite-chatte-goodbye-blueboy/ http://www.hartzine.com/bernardino-femminielli-cafe-petite-chatte-goodbye-blueboy/#respond Wed, 28 Sep 2016 07:59:33 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48781

Photo: Malo Lacroix En attendant de nous livrer le LP tant attendu de Femminielli Noir prévu pour la fin d’année, […]

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Photo: Malo Lacroix

En attendant de nous livrer le LP tant attendu de Femminielli Noir prévu pour la fin d’année, Bernadino continue d’explorer ses Plaisirs Américains, avec le single Café Petite Chatte / Goodbye Blueboy paru chez Mind Records, électrisantes mélodies qui collent aux tympans comme une tache de sperme au caleçon. On retrouve une fois de plus chez le crooner montréalais ce goût immodéré pour la poésie scabreuse teintée de sensualité moite, alliée à un sens de la rythmique trouvant ses racines dans  le meilleur de l’italo-disco, la synthpop grecque voire l’euro dance nippone. Plus dancefloor que la plupart des titres de son précédent album, les deux morceaux portent néanmoins indéniablement l’empreinte de leur géniteur. Fables baudelairiennes pour gamin(e)s arpentant le trottoir magnifiées par un Joe Dassin angélique sous acide. Deux hits aux accents phalliques qui prolongent l’été indien et impose encore un peu plus le mystère Femminielli comme l’un des artistes incontournables de cette décennie. À savourer sous toutes les coutures et sans aucune modération.

Audio

Bernardino Femminielli – Café Petite Chatte

Bernardino Femminielli – Goodbye Blueboy

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On y était: Celestial Trax et Nunu à Bye Bye Ocean http://www.hartzine.com/on-y-etait-celestial-trax-et-nunu-a-bye-bye-ocean/ http://www.hartzine.com/on-y-etait-celestial-trax-et-nunu-a-bye-bye-ocean/#respond Tue, 27 Sep 2016 07:26:11 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48778

On aime vraiment toujours autant retrouver le parquet de la Java pour certaines soirées. Son plafond bas, la sueur partout, […]

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On aime vraiment toujours autant retrouver le parquet de la Java pour certaines soirées. Son plafond bas, la sueur partout, l’étouffante humidité ambiante, et la Stella en pinte. Le 17 se tenait la traditionnelle Bye Bye Ocean. Après un été de repos, on a pu y voir notre nouvelle mascotte strasbourgeoise d’Astral Planes, Nunu, et un des protagonistes de Purple Tape Pedigree, Celestial Trax .

Promis on ne parlera pas de l’alarme incendie, mais plutôt d’une sorte de remix mi-nightcore mi-UK de Get Busy dans le set de Celestial Trax, et de la technicité sans faille de Nunu dans une Java qui a peu à peu désempli. On pourrait aussi parler, de comment les interjections de Rihanna ont permis de révolutionner le dancefloor de la musique bizarre, comment à trois ou quatre reprises on retrouve des remixes aussi variés qu’étranges, dans les différents sets d’Aprile, Celestial Trax ou Nunu, de ces mêmes interjections. L’interjection en linguistique a trois fonctions bien particulières, elle permet à la fois d’exprimer spontanément une émotion, un étonnement, un ravissement, d’adresser un message, approbation/dénégation et  de créer une image sonore plus ou moins approximative. On se gardera bien de dire à quelle fonction se réfère Rihanna mais tout de même, ça provoque des choses bien étranges sur le dancefloor ces « blah blah blah », et « work work work ». Interjection/répétition, ça produit un rythme, un signal, une reconnaissance. Peut-être qu’au fond ça permet un phénomène de reconnaissance sonore qui invite aux expérimentations les plus audacieuses tout en obtenant, une sorte d’approbation général des corps qui tentent de danser.

Mais il ne suffit pas de se perdre dans la linguistique et dans les hagiographies de Rihanna pour dire à quel point cette soirée, comme très souvent, était chouette. Quand on est à une Bye Bye Ocean, comme assez rarement à dire vrai, on a l’impression d’être dans la musique en devenir, dans la musique de maintenant, celle qui expérimente, qui tente des formes et du fond. Dans la musique qui, singulièrement, essaie de travailler à sa propre invention. Et entre le set UK, hip-hop, électronique de Celestial Trax et le set expé, pop, étrange de Nunu on a été servi.

Il y a toujours ce joli sentiment d’être en adéquation avec les tentatives de réaliser le futur musical dans les Bye Bye Ocean, et rien que pour ça, on saluera toujours les programmations ambitieuses de ce définitivement très chouette collectif. Après Angel Ho et Air Max 97, c’était Celestial Trax et Nunu, plus tôt dans l’année on avait eu l’occasion d’y voir Rabit et Lotic, bref, un beau panel de ces scènes monstrueusement productives auxquelles nous sommes si attachés. Mention spéciale au set vraiment très très remuant et impressionnant de Nunu, qui on le rappelle a sorti un des plus jolis EP de l’année du Astral Plane, Mind Body Dialogue.

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The Pilotwings l’interview http://www.hartzine.com/the-pilotwings-interview/ http://www.hartzine.com/the-pilotwings-interview/#respond Sun, 25 Sep 2016 21:25:43 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48771

À mi-chemin entre le secret le mieux gardé d’une micro scène house/techno indée et la fierté nationale, les Pilotwings viennent […]

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À mi-chemin entre le secret le mieux gardé d’une micro scène house/techno indée et la fierté nationale, les Pilotwings viennent de sortir un double album sur le label lyonnais BFDM. Une pochette quatre étoiles, onze morceaux kaléidoscopiques et une formule musicale sans équivalent sur le territoire national.
Guillaume et Louis ont répondu à nos questions et mis en perspective leur (courte) discographie, l’essor rhodanien du moment et les encouragements de Teki Latex.

Comment se passe la promo de l’album ? Vu de loin ça me paraît hyper encourageant et positif.

La promo est assurée par Judaah, le boss de BFDM, et surtout Chez Emile qui distribue le label. Ce qui nous prenait beaucoup de temps est donc maintenant une formalité. Parler de « promo » n’est pas vraiment juste dans le sens où on envoie essentiellement notre musique à nos connaissances. Les gens se sont emballés à l’annonce du disque et on reçoit beaucoup de retours positifs, ce qui nous rassure quand même vu que musicalement, on s’est mis à poil sur les onze titres du disque.

Revenons un peu sur la genèse du projet. Vous faisiez de la musique chacun de votre côté avant les Pilotwings ? Judaah parle souvent de cette phase tech-house dans la maturation de votre duo. Vous êtes vraiment passés par là ?

On a geeké ensemble les logiciels de production et fait des morceaux sous des pseudonymes aussi affreux les uns que les autres, avant de se réunir sous Pilotwings il y a cinq ans environ. S’ensuit une grande période de désert musical dont le pic de nullité a été la tech-house, qui n’a même pas le mérite d’être drôle.  Le premier morceau qu’on a mis sur Soundcloud était un mélange de synthpop, de Pharell et de Justice, avec des paroles pédophiles au vocoder. Teki Latex nous avait envoyé un message de félicitation sur Twitter, j’ai encore la capture d’écran.

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En parlant de progression, j’ai l’impression que depuis vos premiers disques, tout est allé à vitesse grand V. Comme si Agorespace et Molitor 71 étaient des échauffements à balles réelles, et qu’une nuit au Boxboys et les Portes du Brionnais amenaient enfin le « truc » Pilotwings. Est-ce que vous partagez ce sentiment ?

On a à la fois plus de temps en studio, et plus de confiance dans ce qu’on enregistre.  Il y a aussi une donnée technique : les morceaux des premiers EP étaient produits piste par piste, en galérant pour chaque manip’ à cause du manque de matériel. On aime toujours les enregistrements à l’arrache qui sonnent comme un pet, la saturation à outrance, etc. Mais en s’équipant un peu mieux, on a pu réaliser des morceaux plus ambitieux, dans la production et l’écriture. La palette s’est élargie et on a pu oser plus de choses, tant que ça nous faisait marrer en studio.

Les quelques trucs que j’ai lu sur votre LP essayent de vous lier à une esthétique 90’s qui reste surement le truc le moins bien délimité et bordé dans le continuum dance music. Il me semble que vous êtes assez détendus avec le fait de concevoir la dance music contemporaine comme la répétition de gimmicks tirés du passé. Est-ce que vous pourriez me parler d’une référence commune qui ferait l’unanimité entre vous deux ? Et a contrario d’ une référence qui fait dissensus ?

On n’a en fait ni l’intention de « concevoir la musique contemporaine », ni celle de rentrer dans une répétition du passé. Les pionniers, les défricheurs nous touchent parce qu’il ont souvent une approche naïve et hésitante mais en même temps des idées fortes. On joue avec cet héritage, ces instruments, avec la même envie de foutre le bordel dans les normes. Sans avoir de véritable héros commun, on cite souvent Yellow Magic Orchestra ou Yello comme groupes qui font de la musique ridicule de la plus belle façon qu’il soit. Pour ce qui est des désaccords, mis à part sur la trap et quelques trucs de library impossibles, il y en a peu.

Je suis toujours assez prudent avec ces notions de scène qui apparaissent au gré des saisons et qui relèvent plus d’un effet journalistique que d’une réalité concrète. Votre ville, Lyon, et votre label, BFDM, sont régulièrement spottés comme le truc du moment.
J’ai l’impression que, pour une fois, tout cela n’est pas fantasmé : les différents artistes/labels de la ville semblent liés à un terreau commun en terme d’état d’esprit, de points de chute (disquaire, radio)… Comment vous résumeriez ça ?

Dès lors que Lyon s’est débarrassé de sa haine des Parisiens, et que les vieux gars de la minimale ont arrêté de gangréner les clubs,  on a commencé à être optimistes et enthousiastes. Il y a eu l’arrivée des disquaires qui sont les parfaits lieux de rencontre, BFDM, Macadam Mambo, LYL radio et l’atelier SUMO, les aventures du Boxboys ou les sauteries délirantes de Groovedge… Beaucoup de projets « débrouille » se côtoient, et de beaux disques arrivent. On pense aux futurs Franck Gérard chez Groovedge, à Lastrack et OKO sur BFDM, Raymonde ou encore le label Silo qui vont tout niquer.

Audio

Tracklist

The Pilotwings – Les Portes Du Brionnais (Brothers From Different Mothers, 2016)

A1. Les Portes Du Brionnais
A2. Aladdinde
A3. Le RSA
B1. Pousse Un Peu Plus Chaque Jour
B2. Christrance
B3. Yomogi
C1. Debeurdinoir
C2. Brigade Des Moeurs
C3. Le Rock Des Plages
D1. John Deere, Tcheu!
D2. Balearic Nordine

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Xarah Dion – Fugitive http://www.hartzine.com/xarah-dion-fugitive/ http://www.hartzine.com/xarah-dion-fugitive/#respond Fri, 23 Sep 2016 07:58:46 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48762

par Stéphanie-Lucie Mathern Xarah Dion vient de Montréal et fait de la minimale sur le label Visage Musique. Fugitive, son […]

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par Stéphanie-Lucie Mathern

Xarah Dion vient de Montréal et fait de la minimale sur le label Visage Musique. Fugitive, son deuxième album, sort le 30 septembre et sonne un peu comme le Désenchantée de Mylène Farmer : un peu troisième sexe, un peu la voix des anges, un peu je-souffre-dans-ma-chambre-mais-danse-quand-même. Les titres sont joliment maniérés : Dysphorie, altération du support sonore, commence par « Je n’ai pas demandé à être ici ». Dans Anhédonie, qui symbolise un désintérêt diffus, il est question de l’odeur de sexe froid. Le naufrage n’est pas loin, mais sur une belle rive : Cap Tourmente, son tube, porte le nom de la ville du Québec qui subit la première attaque contre l’aviation civile. On pense aussi à Trust – autre groupe canadien de synthpop, mais de Toronto – où l’on se retrouve un peu trop habillé dans une boîte de province à regarder des poses et des cocktails colorés.

Xarah finira par se laisser pousser la frange après son premier LP, Le Mal nécessaire, où elle chante la douleur des amitiés perdues, les os et l’amour qui déraille. Sa poésie est celle du serpent ; on le constate dans Sottises : « Mon angoisse fond le doute / Et j’accueille cure et poison ». Les arrangements sont intelligents, les mélodies tristes et dansantes ; la puissance du synthé analogique est là. On sent les années d’étude de piano classique, puis de l’orgue à travers le répertoire baroque. De riches influences qui lui feront dire que « la musique est le meilleur moyen de communiquer à travers l’espace ». Propos mystiques qui signifient que la musique reste un langage de référence, résolument hors d’âge. Il s’agira de toutes les façons d’entrer en contact.

Connue pour ses performances, elle en parle comme de communions où le plaisir est partagé, d’un lien entre le corps et l’esprit. Dans sa quête de sagesse et de vérité, elle s’intéresse aussi à Naomi Klein, Noam Chomsky et le mouvement Black Bloc, ce collectif anarchisant anonyme vêtu de noir qui lutte contre le Grand Capital ainsi qu’à des choses plus confidentielles comme la convergence des luttes anti-capitalistes, une organisation canadienne. Dans ce sens, elle crée La brique, un loft communauté culturelle à l’esprit DIY prônant l’ouverture aux différents styles et folklores.

La pensée de Xarah peut être qualifiée de pensée underground ; on pense au girl power hybride d’Anne Clark – qui chanterait en français. Xarah dit d’ailleurs entretenir un rapport privilégié à sa langue maternelle, le français, langue de l’intime. Plus jeune, Xarah admirait le travail du label Constellation ; aujourd’hui, avec Le Mal nécessaire, elle a fait la première partie de la tournée européenne de Godspeed You ! Black Emperor. Xarah Dion est un ravissement pour tous ceux qui écoutent Xeno and Oaklander ou Peine perdue mais aussi pour les nostalgiques de Manureva.

Audio

Xarah Dion – Cap tourmente

Tracklist

Xarah Dion – Fugitive (30 septembre 2016, Visage Musique)
01. MTL KO
02. Fugitive
03. Dysphorie
04. Dérive
05. Le Dédale
06. Anhédonie
07. Station
08. Cap Tourmente
09. La Voie Intérieure

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Bráulio Amado l’interview http://www.hartzine.com/braulio-amado-linterview/ http://www.hartzine.com/braulio-amado-linterview/#respond Thu, 22 Sep 2016 08:49:23 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48727

Quand on vient de la culture punk, on apprécie forcément de bosser pour la salle indé en bas de chez […]

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Quand on vient de la culture punk, on apprécie forcément de bosser pour la salle indé en bas de chez soi, et c’est d’autant plus appréciable si en parallèle on est directeur artistique pour l’hebdomadaire économique de Bloomberg. Le grand écart est fascinant, et cette dichotomie est un élément fondateur du travail de  Bráulio Amado, designer graphique portugais expatrié à New York et dont les illustrations ont habillé les pages du New York Times ou de Wired, mais servent, pour les plus personnelles d’entre elles, d’identité au club voisin Good Room.

Derrière la structure cartésienne qui préserve la lisibilité de ses affiches et rares pochettes d’album, il y a bien quelque chose qui subsiste de la la culture punk. Le trait vif, presque rageur de l’écriture manuscrite, le pointillisme dégradé et les contrastes accentués d’un risographe fatigué, le collage d’éléments épars, l’utilisation de l’aérographe, ces éléments sont ceux de la communication de rue, où un flyer découpé et photocopié mille fois se passe de la main à la main, où l’affiche réalisée au marqueur se placarde en deux minutes sur un mur gluant de colle, et où pour s’extraire de l’anarchie visuelle qui va de pair avec cette pratique sauvage, ce qui compte c’est que le message frappe fort.

Il y a dans le travail de  Bráulio l’énergie d’une sous-culture distillée par les conventions graphiques. Et l’ancien Lisboète revient sur ce mélange d’influences, ce qu’il a conservé de sa jeunesse hardcore et comment ce qu’il a emporté avec lui en quittant le Portugal lui a permis de garder une partie de cette identité à travers ses affiches d’une part, mais aussi ses groupes, Papaya, Crime Department et Adorno, des formations dominées par le punk et le noise, à apprécier en fin d’interview.

ardalan

Interview

J’ai lu que ton implication dans la scène punk hardcore lisboète t’a conduit à créer des affiches. Tu travailles en ce moment pour Good Room, une salle de Brooklyn où tu vis désormais. La facette communautaire est-elle importante pour toi?
I’ve read that your involvement in the Lisbon punk-hardcore scene led you to poster design. You’re currently working for Good Room, a venue in Brooklyn where you live now. Is the community level important to you?

Oui la communauté est importante pour moi. J’ai grandi dans la scène punk-hardcore et quand j’ai commencé à concevoir des affiches au Portugal, j’étais plus ou moins en train d’apprendre ce qu’est le design. Aujourd’hui, le design graphique est mon métier, et je fais désormais des affiches (entre autres) pour vivre. Une partie de la programmation de Good Room n’est pas vraiment ma tasse de thé, mais j’aime travailler pour eux. Je n’irais pas jusqu’à dire que Good Room est ma communauté, mais j’aime être une sorte d’outsider et proposer un angle créatif qu’on ne s’attendrait pas à voir pour une boîte de nuit.

Community is indeed important to me. I grew up with the punk-hardcore scene, and when I started making posters in Portugal I was still pretty much learning about what design was. Currently, graphic design is my job, and I now do posters for a living (among other design work). Some of the music Good Room books on the venue is not really my cup of tea, but I do love designing for them. I wouldn’t say Good Room is exactly my community, but I do enjoy being a bit of an outsider to it and bring a design style that normally might not be what you expect on a night club.

Comment ton déménagement de Lisbonne à New York a-t-il influencé ta culture musicale et graphique?
How did your move from Lisbon to New York influence your musical and graphical culture?

J’ai obtenu une bourse pour terminer mon dernier semestre d’études ici, et ça m’a mené à un stage — j’ai fini par me faire offrir un emploi et depuis je suis ici. J’ai du mal à croire que ça fait déjà six ans! Je suis toujours dans la vingtaine, et donc le déménagement m’a beaucoup influencé. J’aime toujours la culture de mon pays, mais le temps aidant, je sens que je deviens de plus en plus américain. Parfois pas de la bonne façon, haha. Mes travaux et goûts ont beaucoup évolué. Je suis sûr que j’aurais aussi changé en restant au Portugal, mais je n’aurais pas pu vivre l’expérience de toute cette culture qu’offre NYC.

I got a scholarship to finish my last semester of studies here, and that led to an internship — I ended up getting offered a job and I have been here since there. Can’t believe it has been 6 years already! I’m still in my twenties, so definitely the move influenced me a lot. I still love all the culture back home, but as time goes by I feel like I’m becoming more and more American. Not in a good way sometimes, haha. My work and taste changed a lot. I’m sure it would have changed as well if I was in Portugal still, but back home I wouldnt be able to experience all the culture NYC gives to you.

shitrobot

Gradations, distorsions, collages, abstractions, couleur, noir et blanc… Ta méthodologie est différente d’une affiche à l’autre. Les expérimentations prévalent-elles sur le style personnel? As-tu un style personnel d’ailleurs?
Gradations, distorsions, collages, abstractions, color, black and white… Your process is different from a poster to another. Do your experiments prevail over your personal style? Do you have a personal style by the way?

Je pense qu’aujourd’hui mon style est de ne pas en avoir du tout. Je dois créer tellement d’affiches et d’illustrations au quotidien que je veux continuer à expérimenter et déboucher sur du neuf à chaque fois. Avoir un style finit parfois par être lassant — du moins pour moi! Et les gens commencent à venir te trouver pour un truc spécifique que tu as fait et refait, et c’est vraiment plombant.

I think my style nowadays is to not have a style at all. I have to do so many posters and illustrations on a daily basis that I really want to keep experimenting and come up with something new every time. Having a style ends up being a bit boring at times — at least for me! And people start coming to you for a specific thing that you did over and over again, and that’s really annoying. 

Dans un projet, où commencent tes réflexions et à quel moment sais-tu dans quelle direction aller? Quelle connexion fais-tu entre le concept d’un évènement ou l’artiste, et l’illustration finale?
In a project, where does your thoughts start and at what point do you know where to go? What connection do you make between the concept of an event or the artist and the final illustration?

Tout dépend. Parfois, j’ai une idée en tête et je m’assure que le concept/message est bien clair. D’autres fois, j’écoute simplement les morceaux, trouve un titre/un vers amusant et je m’en sers pour l’illustration. À l’occasion, je bidouille juste les photos du groupe. Sinon, je me contente d’écouter la musique et de produire quelque chose de plus abstrait en m’appuyant sur mon ressenti de la chanson.

All depends. Sometimes I have an idea in my head and I make sure the concept/message is very clear. Sometimes I just listen to their songs, find a funny title/lyric and do an illustration based on that. Sometimes I just fuck around with the band’s photos. Other times I just play the music and do something more abstract based on what the song makes me feel.

bambounou

Est-ce facile de passer de Bloomberg BusinessWeek à la conception d’affiches pour une salle indé? Et d’un poster pour Suuns à un autre pour Hot Chip?
Is it easy to move from Bloomberg BusinessWeek to designing posters for an indie venue? And from a poster for Suuns to one for Hot Chip?

Honnêtement, à la fin, c’est très proche. À BusinessWeek, on dispose de beaucoup de liberté et on s’appuie énormément sur l’humour pour faire des choses folles. C’est aussi un magazine d’actualités hebdomadaire, il faut donc lire les articles et réagir rapidement avec une illustration ou un concept. Ce processus m’aide beaucoup à concevoir des affiches et à être plus rapide dans mes réflexions et mon exécution. Je pense que cela le rend plus vivant/énergique et moins « précieux ». Le processus est donc plus ou moins le même pour BusinessWeek, Good Room, ou pour une affiche pour Suuns ou Hot Chip.

They end up being very similar honestly. We have a lot of freedom at BusinessWeek and rely a lot on humor to do crazy stuff. It’s also a weekly news magazine, so you have to read the stories and react fast with an illustration/design. That whole process helps me a lot in designing posters and be more fast with my thinking and execution. I think that makes it feel more lively/energetic and less « precious ». So, the process is kind of the same, either at BusinessWeek, Good Room, or on a poster for Suuns or Hot Chip.

redaxes

On dirait que tu donnes de l’importance aux informations manuscrites. Pourquoi?
Handwritten information look important to you. Why?

Cela véhicule une touche un peu plus personnelle et réaliste, au lieu de donner l’impression qu’on a passé 5 heures à concevoir un truc sur son ordinateur. En outre, il m’arrive d’être vraiment mauvais pour choisir des polices, donc j’écris à la main, c’est plus facile et moins stressant.

It just brings a bit more of personal touch and real-ness to it instead of looking like you spent 5 hours looking at a computer designing something. Also I’m kind of bad with picking type sometimes, so if I just hand write it, it’s easier and less stressful.

Tu réalises plus d’affiches que de pochettes d’albums. Préfères-tu les premières? Quelles sont les différences entre ces deux supports?
You design more posters than album covers. Do you prefer the first ones? What are the differences between the two media?

J’aime les deux! Malheureusement, je ne suis pas assez sollicité pour réaliser des pochettes. Dans un projet de pochette, j’apprécie de produire plusieurs illustrations, polices, designs, etc. pour les insérer dans le livret, sur le CD, la quatrième, etc. Ça revient à publier un petit book de ses travaux, au lieu d’une seule affiche avec une seule image.

I like both! Unfortunately I dont get asked to design many record covers. With an album cover I do enjoy making a bunch of illustrations, type, designs, etc to put it on the booklet, CD, back covers, etc. It’s almost like you are publishing a small book with your work, instead of just one poster with one image.

jacquesrenault

Où puises-tu tes influences en design graphique?
What or who inspire your graphic design?

C’est dur comme question! J’aime Barney Bulbes, Saul Bass, Cowboy Henk, Chris Ware, Manuel Donada, Steak MTN, Zach Hobbs, M/M, Mirko Borsche… Beaucoup trop, nouveaux comme anciens.

Oh man, that’s such a hard question. I love Barney Bubbles, Saul Bass, Cowboy Henk, Chris Ware, Manuel Donada, Steak MTN, Zach Hobbs, M/M, Mirko Borsche… Too many. Old and new. 

Et en musique?
What about music?

Ex Modela est mon groupe préféré. J’aime tous les trucs Dischord période Revolution Summer, le punk hardcore des années 80, une partie de ce nouveau garage rock comme Ty Segall et The Oh Sees et je continue à aimer Devo et les Beach Boys. En ce moment, mon obsession se porte sur Coneheads et le Minneapolis Uranium Club. J’écoute beaucoup d’autres choses parce que j’aime la musique en général, mais ce sont mes préférences.

My favorite band is Ex Models. I love all the Dischord stuff from the Revolution Summer era, 80’s punk-hardcore, some of that new garage rock stuff like Ty Segall and Thee Oh Sees, and always love Devo and Beach Boys. Currently obsessed with the Coneheads and The Minneapolis Uranium Club. I do listen to a bunch of other things because I love music in general, but yeah, this is the main stuff.

Chez le disquaire

No Age — Loosing Feeling

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Toute l’œuvre de Brian Roettinger est fascinante. Celle-ci est tellement simple et belle que je suis super jaloux de ne pas l’avoir faite en premier.
All the stuff Brian Roettinger designs is amazing. This one is so simple and beautiful that I feel super jealous for not doing it first.

The Germs — What We Do Is Secret

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Franchement, que dire de plus?
I mean, what else can I say?

Black Dice — Repo

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Difficile de battre les frères Copeland au collage. Tous leurs albums (et toute leur musique) sont fantastiques, mais c’est le premier que je me souviens avoir acheté.
Can’t really beat the Copeland brothers with the collage stuff. All their records (and music) are amazing, but this one was the first I remember picking up.

Le Shok — We Are Electrocution

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Le style est incroyable et l’idée est géniale. En plus, la quatrième conclut parfaitement le tout. Je n’arrive pas à trouver d’autres trucs réalisés par la personne derrière celle-ci.
The style is amazing and the idea is the best. Also, the back cover ties everything up perfectly. I still can’t find more stuff by the person who designed this.

Devo — Freedom Of Choice

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Toutes leurs pochettes sont géniales, mais celle-ci est terriblement iconique. J’adore les costumes et les trucs débiles. Non pas que Devo fût « débile », mais plutôt génial.
All their covers are awesome, but this is iconic as hell. I love costumes and silly stuff. Not that Devo was « silly », more like genious.

Projets musicaux

Papaya

Du post-punk étrange et bruyant avec un nom débile, mais on s’amuse beaucoup.
Weird Post-Punk noisy, with a silly name, but lots of fun.

Crime Department

Du punk harcdcore avec un brin de folie. On revient d’un mini-tour en Europe et on travaille sur un LP.
Punk-Hardcore with some crazy juice to it. We just got back from our first euro-tour and we are working on an LP.

Adorno

Emo/Post-hardcore. On a monté le groupe il y a 10 ans et pas mal tourné en Europe! On n’a jamais sorti de LP correct mais pas mal de splits et EP, pour finir par sortir deux 12” avec tous nos morceaux.
Emo/Post-hardcore. We started the band 10 years ago and we toured Europe a bunch! We never released a proper LP but we did many splits and EP’s and ended up releasing two 12″s with all the songs.

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MIXTAPE : Home made 05 by Alex http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-05-by-alex/ http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-05-by-alex/#respond Wed, 21 Sep 2016 08:55:38 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48720

Pour sa rentrée, Alex nous balance une mixtape au minimalisme éclectique et international. 01 – Giorgios Batis – Yiftopoula (No […]

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Pour sa rentrée, Alex nous balance une mixtape au minimalisme éclectique et international.

01 – Giorgios Batis – Yiftopoula (No Label, Grèce, 1934)
02 – Alive She Died – Radio Hero (No Label, Grèce, 1985)
03 – Chiemi Manabe – Untotooku (CBS, Japon, 1982)
04 – Lena Platonos – Hesperia Iris Greca (Lyra, Grèce, 1986)
05 – Sandii – Zoot Kook (Alfa, Japon, 1980)
06 – Muslimgauze – Milena Jesenska / Enfilade (Product Kinematograph, UK, 1983)
07 – Perception & Mad Mike – Windchime (Underground Resistance, USA, 2004)
08 – Haruomi Hosono – Navigations (Mercury, Japon, 1995)
09 – Finis Africae – Suite Amazonica (Music Sin Fin, Espagne, 1990)
10 – UR – Base Camp Alpha 808 (Underground Resistance, USA, 1991)
11 – Model 500 – Night Drive (Thru Babylon) (Metroplex, USA, 1985)
12 – Essendon Airport – I Feel A Song Coming On (Innocent, Australie, 1981)

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Tomaga – The Shape of the Dance http://www.hartzine.com/tomaga-the-shape-of-the-dance/ http://www.hartzine.com/tomaga-the-shape-of-the-dance/#respond Fri, 16 Sep 2016 10:15:43 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48703

The Shape of the Dance, la forme de la danse. Comme si l’on pouvait en esquisser les contours. Comme si […]

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The Shape of the Dance, la forme de la danse. Comme si l’on pouvait en esquisser les contours. Comme si Tomaga parvenait, et comme s’y sont essayés avant eux tant de sculpteurs, peintres, poètes et musiciens, à donner à cet art de l’expression corporelle — un art mobile, spatial et pluriel — une constance géométrique ou une représentation universelle. Valentina Magaletti et Tom Relleen ne recherchent pas l’allégorie, ils recherchent la forme, et dans leur approche expérimentale ils en admettent la malléabilité et l’évolutivité. Les huit pistes versatiles de cet album, qui ne s’écoute cependant pas comme un album concept, apportent la démonstration que la danse est avant tout une question de mouvement et de rythme, et même de rythmes au pluriel — avec autant de formes à croquer — entre tensions mécaniques et tempos biologiques.

Tuscan Metalwork s’ouvre comme une étude de signaux électroniques — une approche très expérimentale telles qu’on en a connues chez Edward Zadja ou Éliane Radigue — avant de vriller abruptement vers un répertoire industriel, sur le modèle du Persepolis de Xenakis mais revisité par une instrumentation contemporaine, où le grincement métallique assoit une ambiance dramatique durable qui impose sa respiration au morceau: une série redondante d’aspirations et d’expirations aussi harassantes que mille soupirs exhalés par des métallurgistes frappant leur acier en cadence. C’est une danse militante et ouvrière qui assèche la gorge et étourdit jusqu’à l’épuisement, et dont l’essence resurgira dans Scacco Matto. Derrière la respiration naturelle du track menée par un ressac régulier et soufflant s’est glissé le rythme taylorien d’une locomotive fatiguée, peut-être trop ancienne pour donner sa pleine puissance, ou bien contrariée par le grésil qui assourdit l’arrière-plan et finira par craqueler en cédant sous d’intenses projections de vapeur. De l’usine à la voie ferrée, le souffle a la même vitalité, le mouvement la même régularité.

L’album façonne d’autres formes de mouvement et de danse, revenant dans le titre éponyme à son expression tribale, fervente, mystique autour d’une ligne de basse ronde et bouillonnante allant et venant pour rythmer le déhanché d’une farandole minimaliste encerclée par une jungle de sons 8 bits. Une jungle dense, humide et lourde qui ne sera pas défrichée, quatre morceaux plus tard, dans la luxuriante et conclusive Gonda’s Dream et ses cliquetis sur fond de modulations giratoires et extatiques. L’exploration se fait, à la différence de la forme esquissée par le duo, universelle. Et l’ensemble revêt une certaine harmonie à puiser dans ces va-et-vient, ces tourbillons, ces exhalaisons, ces ressacs, ces grincements. Entre biologie et mécanique la respiration a la même régularité d’un bout à l’autre d’un morceau, allant jusqu’à métamorphoser une cadence notoire, comme ces castagnettes transformées en crécelles infatigables et irritantes (serpentines?) dans Stone Comb et qui, rejointes par des roucoulements électroniques pour toute ligne de basse, appuient de concert une sorte de phasing propulsé par des cuivres numériques lancés en un élan épique mais atonal. Le bref morceau prend des airs de duel interrompu par une conclusion mutilante, peut-être par une mise à mort?

Extraits du groupe de krautrock londonien The Oscillation (lire sur hartzine), Valentina et Tom n’ont conservé de cette approche que l’esprit d’expérimentation qui le caractérise et un morceau, A Perspective With No End en écoute ci-dessous, entamé par une ligne de basse qui rappellera les parangons autoroutiers des groupes d’outre-Rhin des années 70, mais qui échafaudera rapidement une structure indépendante à coups de percussions carillonnantes et membranophoniques. Il assoit à lui seul le propos du disque: l’expression du corps insufflée par le mouvement et la respiration, et renvoie à cette capacité naturelle et universellement partagée du mouvement libératoire, fût-ce de la danse ou le simple désir d’occuper l’espace entre deux pulsations.

Audio

Tomaga – A Perspective With No End

Tracklist

Tomaga – The Shape of the Dance (19 septembre 2016, Hands In The Dark)
01. Tuscan Metalwork
02. Stone Comb
03. The Shape Of The Dance
04. Scacco Matto
05. A Perspective With No End
06. Questionable Art In Public Spaces
07. Four Ducks Dead
08. Gonda’s Dream

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THESE HIDDEN HANDS Interview & Chronique http://www.hartzine.com/these-hidden-hands-interview-chronique/ http://www.hartzine.com/these-hidden-hands-interview-chronique/#respond Thu, 08 Sep 2016 22:00:31 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48686

La techno est-elle morte ? C’est une question que l’on doit manifestement se poser. Car si la techno n’a jamais été […]

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La techno est-elle morte ? C’est une question que l’on doit manifestement se poser. Car si la techno n’a jamais été autant d’actualité, elle n’a jamais été aussi caricaturale. Un genre d’ailleurs au centre des préoccupations de ses propres géniteurs, qui n’ont de cesse d’en transgresser les règles pour la rendre un tant soit peu attractive. Mais soyons honnêtes, même emballée dans du papier doré, avec un joli petit nœud, de la merde restera toujours de la merde. A ce titre, pour beaucoup, Feed-forward de Sandwell District perdurera comme l’œuvre posthume (pour moultes raisons) d’une génération qui aura grandit avec ce mouvement alors en déclin. Un joyau noir amorçant un deuil  qu’on ne veut résolument pas accepter. Et pourtant, rapidement une horde de musiciens se détournent des grooves moites et des dancefloors pour épouser des genres plus obscurs (harsh-noise, drone, musique industrielle ou expérimentale, ambient…) et souvent relativement moins accessibles. Bien entendu même si la sauce à encore du mal à prendre,  les profanes commencent à s’habituer à des rythmiques plus mentales que physiques ainsi qu’aux attaques bruitistes vrillant les oreilles. Au-delà de la norme, la confusion. Ce qui nous amène à Vicarious Memories, formidable second LP du combo These Hidden Hands, qui construit à travers ce mirifique album un pont entre passé et futur. Il y dévoile une musique électronique dépouillée de toute étiquette qui entend bien briller de son halo noir pendant très longtemps.

D’une complémentarité absolue, le semi-boy’s band (ils sont bogoss les gars) s’aventurent dans des contrées jusqu’à là peu inexploitées. Peu importe le beat, ici le sound design prédomine et c’est peut-être ce qui fait toute la force de These Hidden Hands. Loin des standards des hits habituels, le duo s’accroche à un concept hors de toute normalisation. Souvent comparé à Nine Inch Nails (Époque Ghost I-IV peut-être), nous on pense plutôt  aux canadiens de Front Line Assembly, à l’époque allemande de KMFDM, mais aussi Kangding Ray, Shinichi Atobe et même la poésie lunaire de Buck-Tick. Entre mantras tribaux et secousses telluriques, Tommy Four Seven et Shards réinventent la musique électronique tout en ouvrant à l’auditeur de nouvelles perceptions. Alors que beaucoup se tourne vers l’analogique, ici les voyages synthétiques n’ont jamais été aussi fantastiques. Mais ne nous leurrons pas, le tandem n’a en rien perdu de son capital anxiogène, LIMA 3AM et ses vocaux souffreteux sont là pour nous le rappeler. D’autres titres comme Hoh Xil ou SZ31X71 continuent à contribuer à cette atmosphère suffocante, étouffante et  paranoïaque qui finalement prédomine tout au long de l’album.  Car si Vicarious Memories est un disque grandiose, il n’en est pas moins jusq’au-boutiste et fatalement nihiliste.  Un chef d’œuvre en devenir qui se savoure au gré des écoutes…

On avoue qu’on a été nous même surpris par cette baffe qui nous est tombé sur la gueule. Loin des disques mémorables qu’on écoute un temps et qu’on laissera prendre la poussière dans un bac un disque, Vicarious Memories fait immédiatement partie de ces albums qui marque comme une cicatrice dont on arriverait à se défaire.  Avec opiniâtreté, on a réussi à s’entretenir avec le duo pas si facile d’accès sur la genèse de ce petit chef d’œuvre et sur leur vision de l’avenir.

Interview

these-hidden-hands-press-pic-4-fredrik-altinellSalut, vous étiez il y a peu au Berlin Atonal, pouvez-vous nous donnez vos impressions sur ce Festival ?
Hi, you were at the Berlin Atonal few days ago, can you give us your impressions on the festival ?

Clairement un des événements les plus cool de la musique électronique dans un lieu fantastique. C’est plus que quelques performances lives, les installations artistiques et les projections l’élèvent à un autre niveau. C’était un plaisir de jouer avec d’autres artistes qu’on respecte énormément, comme Roly Porter.

Definitely one of the coolest events in electronic music at a fantastic location. It’s more than just a bunch of live performances, the art installations and projections take it to the next level. It was a pleasure to playing with other artists we highly respect, such as Roly Porter.


Pouvez-vous nous parler d’Aphelion ? Quelle en a été la genèse ? Est-ce un projet éphémère ou quelque chose que vous souhaitez développer par la suite ?

Can you tell us more about Aphelion? What was its genesis ? Is this a temporary project or something you want to develop in the future ?

Aphelion est le titre de notre live qui comprend de la musique extraite de nos deux premiers albums et une collaboration visuelle entre nous et Pfadfinderei. Atonal était la première mondiale de ce spectacle cependant nous souhaitons faire plus de concerts suivant ce modèle.

Aphelion is the title of our live show which incorporates music from our first and second albums and a visual collaboration between us and Pfadfinderei. Atonal was the world premier of this show however we aim to play more concerts with this setup.

En quoi était-il important pour vous de présenter un projet inédit plutôt qu’un live autour de Vicarious Memories par exemple ?
Why was it important for you to present a new project rather than live around Vicarious Memories for example ?

On a d’abord songé à faire une tournée dédiée à l’album mais nous avons décidé qu’il était préférable d’incorporer la musique de nos deux albums, de retravailler les anciens morceaux pour les jouer d’une nouvelle manière. Avec l’ajout de l’aspect visuel, nous avons pensé que cette association méritait son propre titre. Mais on ne veut pas trop philosopher là-dessus, au final c’est juste un live de These Hidden Hands.

We originally considered doing an “album tour” but decided we preferred to incorporate music from both of our albums, re-working the older material to perform it in a new way. Also with the new visual aspect, we felt the combination deserved it’s own title. But we don’t want to be too philosophical about it – at the end of the day, it’s simply These Hidden Hands playing live.

Avant de parler de Vicarious Memories justement, parlons un peu de la genèse de These Hidden Hands. Comment vous êtes vous rencontrés ? Qu’est-ce-qui vous a réunis ? Et plus important quels sont les éléments qui vous apportent cette complémentarité musicale si unique ?
Before talking about Vicarious Memories precisely, let’s talk about the genesis of These Hidden Hands. How did you meet ? What attracted you ? And more important what are the elements that give you this musical complementarity so unique?

On s’est rencontré à l’université où on a commencé à écrire de la techno ensemble vers 2007. On a tous les deux grandis en écoutant de la drum’n’bass, donc ça nous faisait déjà ce point en commun, que peu d’autres de nos camarades partageaient. Même si nos goûts en matière de musique sont très similaires, ce qui nous permet de rester sur la même longueur d’onde, nos approches dans la composition peuvent être très différentes. Donc quand on associe deux façons de composer différentes, on peut obtenir un effet complémentaire.

We first met at university and started writing techno together there in around 2007. We both grew up listening to drum and bass, so this was something we had in common, which few of our other peers related to. Although we have a lot in common in terms of what we enjoy listening to, which keeps us on the same page, our actual approaches to composition can be quite different. So when you combine two different compositional approaches, you can get a complementary effect.

On compare souvent votre musique à des groupes comme Nine Inch Nails en plus électronique, ne trouvez-vous pas ça trop réducteur ? Bien qu’ayant des racines industrielles votre musique par son orchestration tire plus son origine de de l’indus allemande ou japonaise non ?
Your music is often compared to bands like Nine Inch Nails but in a more electronic way, don’t you find it too simplified ? Although industrial roots, your music, through his orchestration, seems to take his roots from the German or Japanese’s indus, isn’t it ?

Nous avons souvent entendu la comparaison avec NIN, on peut la comprendre, mais à titre personnel, nous ne considérons pas Trent Reznor comme une influence importante sur notre son, ou tout du moins, nous avons des influences beaucoup plus importantes, qui nous ont aidé à façonner notre son de façon beaucoup plus considérable. Nous avons tous les deux des goûts plutôt éclectiques en musique donc nos influences dans l’écriture sont assez larges. C’est probablement la raison pour laquelle, bien que nous écrivons tous les deux de la techno individuellement et que nous sommes souvent étiqueté comme un ensemble techno industriel, dans notre musique, on peut tout aussi bien entendre des influences issues du métal alternatif, de la musique classique indienne, de la synthpop, de la drum’n’bass, du trip hop, du rock psychédélique ou de la musique minimale par exemple.

We’ve heard the NIN comparison quite a few times and can appreciate that but we personally don’t consider Trent Reznor a substantial influence on our sound, or at least there are way more important influences to us which have help shape our sound to a considerably larger degree. We both have a fairly eclectic taste in music and so our influences whilst writing music are equally broad. This is probably the reason why, despite both writing techno individually and often being labeled as an industrial techno outfit, in our music you can also hear just as much influence from alternative metal, indian classical music, synthpop, drum and bass, trip hop, psychedelic rock or minimalism for example.

Vicarious Memories est un album d’un registre totalement inédit, à la fois addictif et oppressant. Dans quel conditions l’avez-vous enregistrez ?
Vicarious Memories is an album with a completely new mood, both addictive and oppressive. In which circumstances did you record it?

L’album a été enregistré sur une période assez longue donc il n’y a pas eu l’influence continue d’une humeur ou d’une circonstance particulière. Certains morceaux sont même antérieurs au premier album. Par exemple, nous avions commencé “The Telepath” en 2009 puis le morceau avait été laissé de côté jusqu’à ce que nous décidions de le reprendre et de le terminer en ajoutant des voix au début de cette année. La moitié des morceaux existaient sous forme d’ébauches depuis plusieurs années (Glasir, Dendera Light, Liima 3AM) et d’autres ont été commencés plus récemment (Angkor, Sokotra, Hoh Xil).

The album was recorded over quite a large time span so there was no continuous influence from a particular mood or circumstance. Some songs existed even before the first album. For example “The Telepath” was started in 2009 and then shelved until we decided to rework it and finished it with vocals at the start of this year. Half of the songs started as sketches a few years ago (Glasir, Dendera Light, Liima 3AM) and some we started more recently (Angkor, Sokotra, Hoh Xil).

Vous apportez un grand soin aux textures, aux nappes, les beats étant parfois subsidiaires. Pour vous la musique c’est avant tout une question d’ambiance ?
Textures and layers are keys in your music, the beats are sometimes subsidiary. Music is, above all, question of atmosphere for you, isn’t it?

Ça dépend de comment vous le regardez. Comme nous avons tous les deux une éducation drum’n’bass, les fondations structurelles de nos morceaux sont généralement la batterie suivie par les lignes de basse, du moins d’un point de vue technique pour le mixage, et bien sûr, qui ne s’applique que pour les morceaux comprenant de la batterie. Mais l’écrasante majorité du temps que nous passons en studio est passée sur les détails mélodiques et les textures posées sur ces fondations. L’aspect drum’n’bass vient généralement très tôt dans le processus de composition et sert de cadre au sein duquel nous pouvons construire les composants mélodiques qui définissent réellement le morceau.

It depends from which perspective you look at it from. Both having drum and bass upbringings, the structural foundations of our Songs are actually normally the drums followed by the basslines, at least from a technical mix of view, obviously applying only to those songs which feature drums. But the overwhelmingly large majority of our time in the studio is spent on the melodic details and textures above those foundations. The drums and bass usually come very early on in the compositional process and act as a frame in which can built the melodic components which really define the song.

Les vocals ont une grande importance sur The telepath et Lima 3AM, pouvez-vous nous parlez du choix de vos collaborateurs ?
The vocals are very important on The telepath and Lima 3AM, can you tell us more about the choice of your collaborators ?

Ce sont tous les deux des artistes qui vivent à Berlin. On connaît Julia depuis un bon moment, c’est une superbe multi-instrumentaliste, une sorte de chanteuse folk expérimentale sous le nom de son projet Entertainment For The Braindead et produit une musique géniale avec ses “postcard series” sur sa page Bancamp et dont le prix minimal est fixé à 0, id est en téléchargement libre.

Ale Hop est une amie d’ami, on était spécifiquement à la recherche d’une voix féminine sud-américaine pour un idée que nous avions et l’interprétation qu’elle a trouvée était exactement ce dont nous avions besoin pour le morceau. C’est aussi une artiste solo et l’année dernière, elle a sorti un album solo dont le titre est Pangea.

They are both artists who live in Berlin. We’ve known Julia for quite some time – she is a superb multi instrumentalist, a sort of experimental folk singer under her project name Entertainment For The Braindead and has a lot of fantastic music in the form of her “postcard series” on her Bandcamp page which she has set to zero minimum price IE free download.

Ale Hop is a friend of a friend – we were searching specifically for a south american woman’s voice for the idea we had in mind and the performance she came up with was absolutely exactly what we needed for the track. She is also a solo artist and has an experimental album called Pangea which she released last year.

Hidden Hundred vous sert actuellement à sortir vos propres disques, pensez-vous un jour promouvoir d’autres artistes via votre label ?
With Hidden Hundred you currently edit your own releases, will you ever promote other artists through your label ?

Bien qu’il y ait beaucoup d’artistes avec lesquels nous aimerions travailler ou dont nous voudrions sortir la musique, nous avons conçu Hidden Hundred exclusivement comme un moyen de sortir notre propre musique. Étant tous les deux occupés avec These Hidden Hands, nos projets solos et nos autres obligations, s’occuper de Hidden Hundred est déjà un défi et une charge de travail suffisante sans ajouter d’autres artistes à notre catalogue. Donc, au moins pour le moment, c’est impossible.

Although there are lots of artists we would like to work with or release music from, we set up Hidden Hundred purely as a means to release our own music. Both being busy with These Hidden Hands, our solo projects and other obligations, running Hidden Hundred is already a large enough challenge and workload without adding more artists to the roster. So at least for now, it is not possible.

Tracklist

These Hidden Hands – Vicarious Memories (Hidden Hundred / 2016)

01. Glasir
02. Dendera Light
03. The Telepath feat. Julia Kotowski
04. SZ31X71
05. Grelles Licht
06. Angkor
07. Socotra
08. Lima 3AM feat. Ale Hop
09. Litla Dimun
10. Hoh Xil

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Hz Monthly Mixtape – september 16 http://www.hartzine.com/hz-monthly-mixtape-september-16/ http://www.hartzine.com/hz-monthly-mixtape-september-16/#respond Thu, 08 Sep 2016 21:01:47 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48677

L’Hz Monthly Mixtape de rentrée, la rédaction a rendu ses devoirs de vacances. à télécharger ici ou écouter plus bas. […]

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L’Hz Monthly Mixtape de rentrée, la rédaction a rendu ses devoirs de vacances. à télécharger ici ou écouter plus bas.

Tracklist

01 – Clipping – Long Way Away (intro)
02 – Pye Corner Audio – Lost Ways
03 – Ela Orleans – You Go Through Me
04 – Slava – I’ve Got Feelings Too
05 – Dono Detti – Machanic Control
06 – Rae Sremmurd – Black Beatles (feat. Gucci Mane)
07 – Giraffage – Hello
08 – Anna Homler and Steve Moshier – Ee Chê
09 – Edmony Krater, Zepiss – Sonjé pa pléré
10 – Martin Dupont – Inside Out
11 – Las Kellis – Sugar beat
12 – His Clancyness – Isolation Culture
13 – Serpentwithfeet – Redemption
14 – Poets of the Machine – Arabs
15 – Claude Rodap – Tempete
16 – Crazy Gang – Every Sunday
17 – Experimental Products – Glowing In The Dark
18 – Dreamtrak – Odyssey, Pt. 2 (A. G. Cook Remix)
19 – Susumu Hirasawa – Archetype Engine
20 – My Disco – Our decade (Regis Mix)
21 – Nick Klein – Christian Rock Concert
22 – VIOLENCE – Psycud
23 – Soda Plains – Destroyment
24 – These Hidden Hands – SZ31X71
25 – Coàgul – Un Barri Sec

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Chris Cohen – As If Apart http://www.hartzine.com/chris-cohen-as-if-apart/ http://www.hartzine.com/chris-cohen-as-if-apart/#respond Thu, 08 Sep 2016 10:00:57 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48671

Chris Cohen est un talentueux garçon qui s’est à chaque fois faufilé à travers des groupes à la carrure expérimentale […]

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Chris Cohen est un talentueux garçon qui s’est à chaque fois faufilé à travers des groupes à la carrure expérimentale – les Curtains et Cryptacize – tout en gardant en mire la lumineuse exposition des généreux Deerhoof ou de l’excité Ariel Pink, entre autres. Ses camarades déposés sur le bas-côté, Cohen décida d’en découdre seul : un premier album sorti sur Captured Tracks, le label de – faut-il le rappeler – le facétieux Mike Sniper de l’excellent groupe Blank Dogs, puis un second, en mai dernier, façonnant sans détours une sélection de chansons à la valeur profondément reposée.

Car Chris Cohen est un fieffé coquin : il glisse sans prévenir d’énormes épreuves de décontraction, d’une voix qui semble provenir de l’âme de ceux qu’une sèche bourrasque ne saurait pas même bousculer. L’artiste apprécie cette posture tranquille, à sensiblement prononcer chaque mesure comme l’on lancerait un défi d’une manière purement gratuite, pour le plaisir du sublime : il s’assoit donc sur cette voix d’une douceur presque absente – les yeux loin dans le vague, l’esprit mis en veille vers l’infini – pour soutenir avec la plus artisanale des langueurs une instrumentation possédant sans en douter l’évidence de l’absolu détachement.

Comment assurer une relâche aussi mollement efficace que Needle & Thread ? C’est assurément compliqué. Et même lorsque le gredin s’agite un brin au milieu du morceau, on aurait l’impression qu’il s’extrait difficilement de son lit entre deux larges sessions de douce léthargie. Chris Cohen passe donc pour une personne apaisant la vigilance sans mauvaise pensée : c’est une espèce de bulle de lumière qui de manière assez subtile contient une masse de bons conseils signifiant bien plus qu’une simple suite de ritournelles sans vie. Le père Cohen passera enchanter ses suiveurs sur son surf d’argent dans les conditions du direct le 22 septembre prochain, avec une date au Point Éphémère en compagnie des merveilleux Evening Hymns. On y sera !

Audio

Chris Cohen – Needle and Thread

Video

Chris Cohen – As if Apart

Tracklist

Chris Cohen – As if Apart (Captured Tracks, 06 mai 2016)

01. Torrey Pine
02. As If Apart
03. Drink From A Silver Cup
04. Memory
05. In A Fable
06. Needle And Thread
07. The Lender
08. Sun Has Gone Away
09. No Plan
10. Yesterdays On My Mind

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Potions – Throbbing Youth (PREMIERE) http://www.hartzine.com/potions-throbbing-youth-premiere/ http://www.hartzine.com/potions-throbbing-youth-premiere/#respond Thu, 08 Sep 2016 08:12:55 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48667

Rechercher l’espace à travers les machines, c’est la formule toute trouvée de Potions qui, sans crier gare, a sorti chez […]

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Rechercher l’espace à travers les machines, c’est la formule toute trouvée de Potions qui, sans crier gare, a sorti chez 100% Silk une sacrée bonne rasade de cyber dance. Sorte d’Alice In Wonderland au pleine Manufacturing Belt, Tom Owens n’était ni en retard ni à l’heure quand il a décidé de partir à l’aventure armé de son Roland mais une chose est sûre, les fioles englouties comprenaient une sale dose d’acide. On ne sait toujours pas ce qu’il a bu pour en arriver là mais les mixtures de Potions configurent des structures carrées, cuboïdes si l’on s’en réfère à l’album Pushing The Cuboid d’où est tirée cette vidéo de Throbbing Youth, qui ont l’art et la manière d’instiguer un petit cataclysme disco syncopé et impactant. Pulsations et saccades bien senties sont administrées sur ses nappes ambiant et chaudes, d’où point également le synthé funky de Rob Frye qui s’invite (et fait bien) sur Goof Forward, titre au groove acéré et extatique. Les textures intergalactiques de Tom Owens, enregistrées sur un simple Tascam DR-40, réalisent un sans-faute à l’éclat scintillant, qui fera trouver sans aucun doute l’espace de danser sur ces machines.

Directed and edited by Jillian Musielak with animations by Sarah Mosk

Vidéo (PREMIERE)

Tracklist

Potions – Pushing The Cuboid (100% Silk, 18 mars 2016)

01. Cool Ride
02. Heel Lift
03. Rope Burn
04. Throbbing Youth
05. Goof Forward
06. Fog Clearing
07. Detroit Heart Strings
08. Space Mountain

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Virginia Wing – Forward Constant Motion http://www.hartzine.com/virginia-wing-forward-constant-motion/ http://www.hartzine.com/virginia-wing-forward-constant-motion/#comments Tue, 06 Sep 2016 13:42:39 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48656

Auteur d’un premier essai remarqué il y a deux ans, le plus que convaincant Mesures Of Joy, Virginia Wing, trio […]

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Auteur d’un premier essai remarqué il y a deux ans, le plus que convaincant Mesures Of Joy, Virginia Wing, trio (devenu duo) de Birmingham, revient aux affaires en cette rentrée musicale avec l’annonce de la sortie d’un second album, Forward Constant Motion à paraître chez Fire Records le 11 novembre prochain. Succédant à Rhonda,  étonnant EP dévoilé à l’occasion du Record Store Day qui avait poussé un peu plus loin les aspirations expérimentales de ces jeunes musiciens avec cependant le souci constant de ne jamais perdre de vue leur essence mélodique, base indispensable à tout créateur d’orfèvrerie pop, la livraison à venir démontre le souhait du groupe de sortir encore un peu plus des sentiers battus.

Si l’influence de Broadcast est toujours présente, les élans dream pop d’Alice Merida Richards et Sam Pillay, qui pourraient presque par moment leur donner le statut de Fear Of Men à mouvance électronique, sont alimentés par une volonté constante de repousser les limites de la simplicité afin de donner plus de profondeur au propos. Le fantôme de Laurie Anderson vient d’ailleurs bien souvent brouiller les cartes, comme sur cet entrainant ESP Offline, morceau dévoilé en exclusivité sur hartzine.

Voici qui démontre une fois de plus l’éclectisme et le bon goût caractérisant Fire Records, label décidément phare en matière de (re)découvertes.

Audio

Virginia Wing – ESP Offline

Tracklist

Virginia Wing- Forward Constant Motion (11 novembre 2016, Fire Records)
01 Lily of Youth
02 ESP Offline
03 Mecca Cola
04 Grapefruit
05 Miserable World
06 Andalucia
07 Sonia & Claudette
08 Local Loop
09 Be Contained
10 Permaboss
11 Hammer A Nail
12 Move On
13 Baton
14 Future Body

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On y était: Plutominium au festival Visions 2016 http://www.hartzine.com/plutominium-a-visions/ http://www.hartzine.com/plutominium-a-visions/#respond Tue, 06 Sep 2016 09:55:53 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48654

On y était : Plutominium au festival Visions 2016 Il se passe de bien belles choses sur Plutominium, cette étrange […]

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On y était : Plutominium au festival Visions 2016

Il se passe de bien belles choses sur Plutominium, cette étrange planète microscopique dans laquelle évoluent deux amibes esseulées : une grande gigasse désarticulée et facétieuse face à un mastodonte musculeux et incommode. Les deux protozoaires se rencontrent et se tournent autour, s’engagent dans une lutte assassine pour finir progressivement par se rapprocher et fusionner. Le fruit de cette hybridation donne naissance à un nouvel être unicellulaire baignant dans une totale plénitude…

Touché par la grâce divine (que Dieu les assiste), ce spectacle déborde d’inventivité. Là ou certains projets artistiques DIY ont souvent trait au trivial, au sordide et à l’humour grinçant, cette œuvre lumineuse montre un tout autre penchant. La désespérance de nos artistes lo-fi suinte par tous les pores faisant la part belle au cynisme ou à l’humeur de potence mais cette œuvre s’en distingue par son esthétique renouvelée. Ce spectacle s’adresse à tous les publics en dépit de son apparente naïveté et nous émeut avec la même immédiateté. Qu’importe la destination, nous retrouvons aussi aisément la cosmogonie fantaisiste de Gregaldur et d’Olivier Gonnet (Mimi Kawouin).

La musique de Plutominium est composée par Gregaldur qui, pour info « flash de dernière minute », a décidé de s’éclipser pour laisser place à un tout nouveau projet. Gregaldur s’efface au profit de « Héron Cendré » mais ces pseudos ne font qu’un car, tout un chacun peut pertinemment savoir qui se cache derrière ces différents avatars. La musique de Grhéronldur est reconnaissable entre mille projets « lo-fi-foutraques-jt’enfoutrais-moi-pouet-pouet-t’as-vu-ma-quéquette ». Elle a cet incroyable pouvoir qui est de nous faire passer par diverses strates d’émotions: de la totale régression à la profonde mélancolie pour finir dans la surexcitation la plus totale à l’écoute des morceaux hystériques cyber techno qu’il balance l’instant d’après. La mélancolie triomphe cependant car, quoi que nous fassions, elle nous saisit à la gorge sans nous puissions en contrôler ses effets. Ses petites comptines purement instrumentales aux cliquetis et tintements sonores subtils ont la particularité de nous y mener bien bien profondément.

Pendant le spectacle, qui se crée sous nos yeux ébahis et devant nos faces d’abrutis, Gregaldur s’engage physiquement dans des moments de pure folie qui viennent accompagner la narration. Il s’agite de toutes parts en faisant osciller un thérémine au moyen de ses faux bras géants incorporés à son costume de mutant. Olivier, quant à lui, projette ses ombres chinoises captées au moyen de différentes webcams sur un grand écran. En bon magicien occulte, il manipule ses différentes silhouettes confectionnées, qu’il dispose sur un support plane et les articule dans tous les sens afin de leur donner vie sur la toile projetée. Les images qui en découlent sont d’une troublante beauté, tantôt en noir et blanc tantôt floutées et quelques fois colorisées. Il est tout aussi admirable de regarder les images qu’il nous donne à voir que de l’observer en train de les créer.

C’est une création in situ qui se doit d’être synchronisée et bien articulée et nous sommes tout à la fois fascinés par le spectacle que par le dispositif déployé. L’économie de moyens favorise le déploiement de l’inventivité et de tous les concerts spectacles et performances auxquels il m’ait été donné d’assister, je placerais Plutominium au firmament des œuvres poétiques contemporaines bien gaulées.

Trailer

plutomi

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MIXTAPE : Home made 04 by Aki http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-04-by-aki/ http://www.hartzine.com/mixtape-home-made-04-by-aki/#respond Fri, 26 Aug 2016 13:44:57 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48640

Quatrième mixtape de notre série Home made spéciale sélections de tracks hip-hop. 01 – Shyheim – Here Come The Hits […]

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Quatrième mixtape de notre série Home made spéciale sélections de tracks hip-hop.

01 – Shyheim – Here Come The Hits
02 – Mobb Deep – Get Away
03 – Black Sheep – Grew up
04 – Das EFX – Set it OFF
05 – kidz in the hall -Black out(feat.. DJ G.I Joe)
06 – C-Rayz Walz – Walk Through (Feat. Rob Sonic)
07 – Boosie Badazz – Window Of My Eyes
08 – Blue Sky Black Death & Jean Grae – Strikes
09 – Anti Pop Consortium – 9.99
10 – Jedi Mind Tricks – Omnicron (feat. Apathy The Alien Tongue & The Sun Pharaoh)
11 – Ill Bill – Overkill
12 – Leak Bros. – Waterworld
13 – DJ Muggs VS GZA – Unprotected Pieces
14 – Necro – Beautiful Music For You To Die For
15 – Bleubird – Drunk on movement
16 – Dabrye – The stand
17 – K-The-I ??? – Marathon man (feat. Thavius Beck)
18 – ONYX – Raze it up

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Rhyton – Redshift http://www.hartzine.com/rhyton-redshift/ http://www.hartzine.com/rhyton-redshift/#respond Fri, 26 Aug 2016 09:01:49 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48631

Producteur des Doors à leurs débuts, Paul Rothchild interdit en 1967 à Robbie Krueger d’utiliser sa pédale wah-wah, réussissant par […]

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Producteur des Doors à leurs débuts, Paul Rothchild interdit en 1967 à Robbie Krueger d’utiliser sa pédale wah-wah, réussissant par là à extraire le groupe de ses influences comme Hendrix et le rendant aussi identifiable qu’intemporel. À l’identique, et faisant défaut à la tendance contemporaine au psychédélisme noise, Rhyton a pris le parti de mesurer ses effets pour revenir à un rock psychédélique détaché des excès de saturation et de réverb. Il s’éloigne ainsi de ses quatre efforts précédents perdus entre Ty Segall et Beak>, et lorgne même du côté de tropes comme la country et la folk, américaine ou européenne.

S’enfermant dans un quasi mutisme qui fait la part belle à l’instrumentation, le trio de Brooklyn se présente avec The Nine et sa cascade de cymbales, ses breaks coulés à même la matière sonore, son jeu de cordes inspiré de la musique traditionnelle grecque et soutenu par quelques effets discrets et éphémères avant d’être dilué dans un blues méditerranéen fluide et exalté par des percus à peau de chèvre. Cette esthétique entre l’expérimentation et la folk se poursuivra sur le morceau suivant, Redshift, lancé sur une musique country, des vocales nasillardes aux cordes hillbilly avant d’évoluer vers la moitié du titre — qui dure près de neuf minutes — et de se laisser aspirer dans une éruption expérimentale inattendue partagée entre psychédélisme saturé et recherches électroniques.

S’inscrivant dans une relecture contemporaine et expérimentale des arcanes du rock à l’aune d’un psychédélisme mondialisé, la formation new-yorkaise ne se satisfait pas des seuls parangons folks cités plus haut mais aligne aussi les références au jazz — D.D. Damage finira presque par prendre des airs de chorus pour guitare et orgue improvisés — et au blues sans y rester cloisonné. Concentric Village est à cet égard un beau blues au contraste opportun, entre mélodie liquide sur fond d’accords réverbérés et ligne de basse aride, composant un paysage sans géologie ni géographie identifiables puis cédant à End of Ambivalence le terrain d’un blues moins rural, rythmé comme une virée en caisse nocturne dans une métropole striée d’éclairages urbains. C’est les États-Unis du Melting Pot, du multiculturalisme et des traditions assimilées, traduisant une richesse presque politique à l’aube d’élections où le rejet et le repli font campagne pour le pire.

Audio

Rhyton – End of Ambivalence

Vidéo

Rhyton – D.D. Damage

Tracklist

Rhyton – Redshift (22 juillet 2016, Thrill Jockey)
01. The_Nine
02. Redshift
03. Concentric Village
04. End of Ambivalence
05. D.D. Damage
06. Turn to Stone
07. The Variety Playhouse

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Focus Berlin Atonal: Interview Silent Servant http://www.hartzine.com/focus-berlin-atonal-interview-silent-servant/ http://www.hartzine.com/focus-berlin-atonal-interview-silent-servant/#respond Fri, 26 Aug 2016 08:20:34 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48627

De tous les artistes que l’on aura tenté d’interviewer, Silent Servant nous paraissait certainement le plus inaccessible. L’artiste angeleno ayant […]

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De tous les artistes que l’on aura tenté d’interviewer, Silent Servant nous paraissait certainement le plus inaccessible. L’artiste angeleno ayant la réputation de se montrer discret et rare en interview, on ne voyait pas bien comment approcher le musicien célèbre pour son univers âpre et sa culture indus et post-punk. A notre grand étonnement la demande sera inverse, l’homme présent au festival Berlin Atonal pour un ultime showcase dédié au feu label Jealous God en profite pour se confier. Une page qui se tourne ! Et Juan Mendez est bien décidé de nous expliquer le pourquoi du comment… Enfin tout en gardant une part de mystère !

Salut, Juan ! À la base, Jealous God est un projet que tu as monté avec Karl O’Connor et James Ruskin, mais finalement tu sembles être le seul aux commandes, pourquoi ?
Hi, Juan! Initially, Jealous God is a project that you have created with Karl O’Connor and James Ruskin, but in fact you seem to be the only one in control, why ?

Les choses se sont montées de cette façon. James et Karl étaient tout deux occupés avec leurs labels respectifs ( James / Blueprint ) et ( Karl / Downwards ) donc j’ai pris en main les opérations et adapté au fur et à mesure.

Things just worked out way. Both James and Karl are busy with Their respective labels (James / Blueprint) and (Karl / Downwards) so I just took over operations and update things as they happen.

Quelle était l’idée derrière ce label ? Il y avait un concept musical, mais aussi esthétique n’est-ce pas ?
What was the idea behind this label ? It was a musical concept, and also aesthetics, is’nt it?

À la base, l’idée c’était la couleur. Progresser du noir vers le blanc. Puis le concept a commencé à tourner autour d’une expérience relative. Laisser les gens raconter leur expérience créative à travers leur support préféré.

Basically the idea was color. Move forward from black and white. Conceptually it has become about relative experience. Letting people narrate their creative experience in their desired medium.

D’où vient ce nom ? Jealous God !
Where does this name come from ? Jealous God !

Demande à Karl O’Connor ;)

Ask Karl O’Connor ;)

Comment choisis-tu les artistes avec qui tu souhaites travailler ?
How do you choose the artists you want to work with ?

À la base, tous les intervenants m’ont inspiré de différentes façons : film, vidéo, musique et photographie. Pour l’essentiel, je veux juste transmettre ce genre d’expérience visuelle ou auditive à un large public ou à un public différent. Je me sens très honoré que les artistes impliqués m’aient permis de présenter leur travail.

Basically everyone involved has inspired me in different ways: film, video, music and photography. I basically just want to pass the visual or auditory experience to a larger audience or different audience. I feel very honored that the artists involved have all allowed me to showcase their work.

Pourquoi chaque sortie est accompagnée d’un CD mixé par un autre artiste, n’aurait-il pas été plus intéressant que chaque producteur continue de présenter son univers par un mix qui lui est propre ? En quoi était-ce plus important d’apporter une vision extérieure ?
Why a CD mixed by another artist is joined to each output, don’t you think that it would have been more interesting that each producer continues to present his world by a mix of its own ? Why was it important to provide an external view ?

Au départ, je voulais juste montrer que ces choses peuvent provenir d’endroits très divers. Je m’inspire constamment de personnes et de choses différentes donc, dans mon esprit, ces mixes donnaient un point de vue plus large. Je voulais que les choses paraissent variées et un peu aléatoires, pas destinées à un regard singulier.

Initially I just wanted to show that these things can come from a very diverse place. I am constantly inspired by different people and different things so these mixes just gave a wider point of view in my mind. I wanted things to feel diverse and a bit random they were not always intended to have singular view.

C’est maintenant officiel, Jealous God c’est fini. Pourquoi ce choix ?
It is now official, Jealous God is over. Why ?

Personnellement, il est temps d’avancer. Je me suis senti super chanceux d’avoir été en mesure de faire ce qu’on a accompli. C’est une petite empreinte dans l’univers mais heureusement on laisse quand même une marque bien visible. La musique peut faire beaucoup de choses, mais ce sont ces choses qui ont compté pour moi. Lorsque les derniers enregistrements sortiront, le label aura terminé sont travail je pense.

Personally it is time move on. I felt super fortunate that we have been able to do what we are doing. It is very small in grand scheme of things but hopefully we leave a visual point of view. Music can do many things but these are the things that have mattered to me. When the remaining records come out the label will have done it’s job in my opinion.

Tu es assez rare en interview, pourtant, on dirait qu’il était important pour toi d’expliquer pourquoi tu mettais fin à Jealous God. Pourquoi?
You are quite rare on interview, yet it seems that it was important for you to explain why you put an end to Jealous God. Why?

Ce n’était pas vraiment mon intention, c’est ce que les gens choisissent de raconter.

That was not really the intention it’s just what people chose to talk about.

Tu seras dans quelques jours au Festival Berlin Atonal pour un dernier showcase qui marquera définitivement la fin de Jealous God. Comment s’est mis en place cet évènement ? Que représente pour toi le Berlin Atonal ?
You will be in Berlin Atonal Festival in a few days for a final showcase that will definitively mark the end of Jealous God. How will this event  be set up ? What means the Berlin Atonal for you ?

Le showcase était quelque chose que je voulais faire d’une certaine façon et Atonal nous a permis de le faire. L’installation dans son ensemble sert pour l’essentiel à faire l’expérience du label en temps réel, des visuels aux artistes, pour le meilleur ou pour le pire. Pour moi, Atonal est une manière de montrer une sorte de progrès. Ces choses sont toutes relatives, mais nous espérons que les gens les aimeront et de là nous pourrons passer à l’étape suivante.

The showcase was something I wanted to do a certain way and Atonal allowed us to do it. The whole set up is basically to experience the label in real time from the visuals to the artists, for better or worse. Atonal for me is about showing some kind of progress. These things are all relative but hopefully people can enjoy them and we can move on to the next step from here.

La fin de Jealous God, c’est un peu la fin d’une époque j’imagine, un peu comme ça le fut avec Sandwell District, non ? Quels rapports entretiens-tu avec tes anciens camarades Peter Sutton et David Sumner ? Vous reverra-t-on un jour collaborer de nouveau ?
The end of Jealous God, it’s a bit the end of an era I guess, a bit like with Sandwell District, right ? What connections do you still have with your old friends Peter Sutton and David Sumner ? Will we ever see you work together again ?

Le temps passe et je garde avec moi le meilleur de ces expériences. On travaille tous sur quelque chose de mieux pour nous-mêmes, et peut-être que dans quelques temps nous retravaillerons ensemble, mais pour le moment nous laissons simplement les choses en l’état.

Things pass and I have taken the best of these experiences with everyone to heart. Everyone is working towards something better for themselves and maybe in time we will come back together but for the time being we just leave laying dogs as they are.

On te sait grand fan de coldwave, de post-punk, de musique industrielle… Musique que tu as remise au goût du jour au sein de Tropic of Cancer ou aux côtés de Karl O’Connor dans le reboot de Sandra Electronics… En dehors de tes activités de producteur et DJ techno, n’as-tu jamais eu envie de revenir aux origines de ces musiques, en créant ton propre groupe par exemple ?
We know you’re a big fan of coldwave, post-punk, industrial music… Music that you put back on trends in Tropic of Cancer or alongside Karl O’Connor in the reboot of Electronics Sandra… Apart of your activities of producers and techno DJ, have you ever wanted to return to the origins of this music by creating your own group, for example.

Tous ces genres ont façonné ce que je fais, mais vous devez aller de l’avant et laisser les choses se développer naturellement. Je suis un DJ, à la fin de la journée, je me rends compte que c’est là où je me sens le plus à l’aise.

All of those things have shaped what I do but you have to move on and let things develop as they may. I am a DJ at the end of the day I am realizing that is where I feel most comfortable.

Quels sont tes projets futurs, pour les mois à venir ?
What are your future projects for the upcoming months?

C’est ce que j’essaie de savoir à l’heure actuelle.

That’s what I’m trying to figure out at the moment.

Vidéo

Silent Servant 60 min Boiler Room Berlin DJ Set

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Pardans – Moonlit Bags Of Meat http://www.hartzine.com/pardans-moonlit-bags-of-meat/ http://www.hartzine.com/pardans-moonlit-bags-of-meat/#respond Mon, 22 Aug 2016 14:56:07 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48617

La no wave est née du dénis des influences, celle de la new wave d’abord dont elle tire son nom, […]

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La no wave est née du dénis des influences, celle de la new wave d’abord dont elle tire son nom, celle du punk ensuite et sa récupération des carcans rock. De la non-musique dans son sens traditionnel, voilà ce que, à la fin des années 70, faisait découvrir la no wave avec ses dissonances, ses expérimentations cacophoniques et bruitistes. Expression de l’intellect vers et pour le corps, parcourant la trame d’une musicalité atonale, la no wave agit comme un réflexe extenseur chez le toubib, guettant la réaction physique provoquée par des combinaisons allant de l’orchestration dissonante à l’improvisation aléatoire, sans chorus pour soutenir.

Apparentés au punk autant qu’à la no wave, les Danois de Pardans ont hérité de cette esthétique protéiforme, cherchant la structure sans jamais la définir, affleurant d’autres styles — jazz, blues, ska, drone — sans jamais les percuter. L’exercice est puissant et physique, en témoigne le clip Moonlit Bags Of Meat en avant-première ci-dessous où guitare, batterie, basse, violon, sax et voix s’entrechoquent entre douleur, extase et projections de sueur dans une frénésie complice et précoce, de celles qui ont contribué à faire la réputation scénique de groupes comme XTC avant leur virage commercial.

Heaven, Treason, Women est le premier album du jeune groupe originaire de Copenhague, ville déjà riche en formations punks, mais on sent derrière la juvénilité du projet une assurance totalement libérée et portée par un désir d’expérimentation. Le premier des huit morceaux ouvre sur une basse épisodique et dramatique prête à lancer son gimmick, rapidement rejointe par une bousculade de breaks aux cymbales explosives et les trémolos d’un violon triste, avant de laisser le sax accompagner de ses plaintes une voix grave et théâtrale qui résonnera jusqu’à la brutale cacophonie unissant tous les instruments pour quelques secondes d’éruption sonore. La tempête s’apaisera deux minutes avant de réveiller le volcan, à nouveau, pour conclure sur une session de punk hardcore.

Le ton est donné d’un album à l’expressivité sublime qui ne cessera de slalomer entre les approches et les ambiances, offrant de belles séquences inattendues comme cette mélancolique harmonie violon/sax à la fin d’Over The Alps, Into Milan ou cette interminable intro progressive et dissonante à Under The Sun, Under Your Dress, comme si Glenn Branca et Stephen O’Malley se battaient pour la même pédale overdrive. Entre urgence et apathie, la voix chante à peine, s’exclame, déclame, traîne ses glissements et sa douleur sifflante de baryton, accroche par son timbre et des lyrics brefs, collés bout à bout comme une prose hachée de points virgules. Expérience à vivre en live, les intéressés pourront prendre l’occasion de parfaire leur opinion le 30 octobre prochain au Klub à Paris.

Avant-première

Pardans – Moonlit Bags Of Meat

Tracklist

Pardans – Heaven, Treason, Women (17 septembre 2016, Third Coming Records)
1. Let Darkness Descend
2. Moonlit Bags Of Meat
3. Over The Alps, Into Milan
4. Blow Me (Some More Wind In My Sails)
5. Under The Sun, Under Your Dress
6. Eurostar
7. Her, The Money, The Heels
8. Roared With Delight (Digital Bonus Track)

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On y était :Festival Visions 2016 http://www.hartzine.com/festival-visions-2016/ http://www.hartzine.com/festival-visions-2016/#respond Fri, 19 Aug 2016 10:50:00 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48559

On y était :Festival Visions 2016, Fort de Bertheaume, 5-6-7 aout 2016 Au départ, une bande de malfaiteurs basé à […]

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On y était :Festival Visions 2016, Fort de Bertheaume, 5-6-7 aout 2016

Au départ, une bande de malfaiteurs basé à Rennes qui opérent sous le nom de « Disques anonymes » et défendent la scène Indé dans le Grand Ouest (ils ne sont pas les seuls, est-il besoin de préciser que c’est une spécialité locale), à l’arrivée, un Festival entre rock, noise, Techno, ambient-electronica voire Italo disco pour les meilleurs pioches dancefloor, le tout dans une ambiance de camp de vacances en bord de Mer du côté de Brest.
Gros Flash visuel sur le site le premier soir, le Fort de Bertheaume surplombant la mer tandis qu’un paysage tout juste grandiose s’affiche derrière la scène principale. Démarrage slow motion avec les Yéti Lane (lire) et leur pop lysergique tandis que la pelouse en gradin se remplit petit à petit une fois que les festivaliers ont pu planter leur tente dans le camping gratuit avoisinant. La bonne surprise de la soirée viendra de The Oscillation (lire), le band anglais signé sur DC Recordings est un pur moment de plaisir auditif – tribalisme krautrock, drone et guitares envoutantes, c’est un bon début de voyage dans le pyché rock. Petit tour sur la scène 2 et là, autre bonne surprise le live d’Inc Cloud Inc. tout en montées subtiles en un mot convaincant, le reste de la scène 2 sera plus énervée au fur et à mesure de la soirée et c’est un peu l’écueil principal de cette première nuit où l’on attend toujours un son un peu plus festif qui hélas ne viendra jamais, même si la performance de Dopplerefekt reste d’excellente facture-on ne peut pas dire que la funkyness soit réellement au rendez-vous, peu importe l’ambiance semble réjouir les festivaliers qui ne lâchent pas l’affaire, nous, on part faire un tour au stand de vinyles avant de regagner nos tentes pour un after en petit comité.

Feminielli
Day 2, le soleil est au rendez-vous et l’ambiance bat son plein sur la plage et les criques avoisinantes–on se croirait sous les Tropiques, c’est la cool vibration de cette édition de Visions. Retour sur le site en fin de journée après un après-midi de baignade et de chill ou l’on prêt à danser sur l’excellent live de Black Devil Disco Club, Bernard Fèvre (lire) n’a rien perdu de sa splendeur discoïde et nous régale. A sa suite, Bernardino Feminielli (lire) se cherche un peu malgré une scénographie aussi décalée que son look de dirty angel-hélas son set est trop court (45mn) et on reste sur notre faim. Rien Virgule porte bien son nom, on bouge de là comme dirait MC Solar pour aller faire un tour sur l’autre scène et rejoindre les copains. Shift Wife et le reste de la prog sont du genre super énervé, pas vraiment du genre à faire onduler son corps, on décide donc de passer notre tour.
Le dimanche démarre sous des auspices plutôt nuageux, c’est le propre du temps océanique, qu’importe, le Duo nantais The Brain est là pour mettre l’ambiance avec une sélection débridée sur la grande scène suivi de l’excellent Live de La Honte, qui n’a rien d’honteux et met tout le monde d’accord avec sa version française de Purple rain. Comme toujours le 3é jour d’un Festival, l’ensemble du public est dans un état second entre montées et redescente, joli moment de grâce avec le Comte pour un pur moment d’apesanteur face à la Mer-volutes synthétiques, nappes oniriques, on décolle ou on atterrit c’est selon mais en tout cas, on est totalement conquis.

BlackDevil
Idem pour Itola Disco, dans un tout autre registre le niçois fait danser les festivaliers dominicaux et redonne un coup de pêche. Détour au stand Food pour déguster les spécialités locales avec de bons produits bios arrosé de Coreff la bière finistérienne qui va bien. On repart danser sur le set de December, nettement plus électro-wave et qui a lui aussi un petit goût de trop court, qu’à cela ne tienne, on reste scotché sur le dancefloor ce soir là car c’est le dernier soir et qu’on a envie de tout donner de bons lives techno suivront derrière des visuels assez perchés. Au final, un Festival foncièrement alternatif qui commence apprendre du galon avec cette 4é édition, on regrettera seulement le manque de parti pris festif –les Djs n’ayant peut-être pas eu une place suffisante en dépit du capital sympathie évident du public Breton pour le dancefloor.

par Tara King

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Regis Turner – Compte sur moi http://www.hartzine.com/regis-turner-compte-sur-moi/ http://www.hartzine.com/regis-turner-compte-sur-moi/#respond Fri, 19 Aug 2016 07:29:52 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48602

Par Nastasia Hadjadji L’air du temps est à la chanson en français. Qu’elle soit dégénérée ou souterraine, c’est de plus […]

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Par Nastasia Hadjadji

L’air du temps est à la chanson en français. Qu’elle soit dégénérée ou souterraine, c’est de plus en plus dans la langue de Molière que se chantent les romances, le désœuvrement, les pulsions destructrices, chimiques ou éthanolées. Nettement moins estampillé Lexomil qu’un Noir Boy Georges ou qu’un Colombey, Regis Turner fait plutôt partie de ces garçons que l’on dirait doux et nonchalant, voire franchement sympathique.

On l’imagine bien nous raconter ses romances lycéennes, lorsque du fond de la classe il laissait ses yeux s’abîmer dans la nuque de sa voisine de devant. On serait assis dans sa Fiat Panda, sur l’autoroute entre Clermont-Ferrand, Lyon et Metz – les ports d’attache respectifs des labels Indian Redhead, AB Records et Le Syndicat des Scorpions. C’est sur ces dernier que sortira en septembre son premier LP Compte sur Moi.

Musique d’autoradio, musique d’Autobahn, musique autoproduite, Regis Turner c’est le sensible sans trop de sale. La tendresse chantée sur des bandes son bricolées. Le résultat de cet assemblage donne parfois (on pourrait même dire accidentellement) des tubes. Ainsi, le premier extrait de son LP à venir Quand tu es loin de moi est une parfaite balade lo-fi pour mélancolie estivale. Minimalisme sonore (un synthé, une boîte-à-rythme et une pédale de loop tout au plus) et paroles « Coeur Grenadine » (mais avec cette sincérité touchante que l’on retrouve tout au long de l’album), on se prend à garder en tête le refrain somme toute simplissime mais pourtant efficace « Est-ce que tu penses à moi ? Quand tu es loin de moi – Moi je pense à toi – Quand tu es loin de moi. »

Régis Turner chante des comptines, entre son craspouille et romance, et dans cette même veine du « trop mignon » on retient également la chansonnette Les Cours de maths : sorte de poème en quatrain d’un émoi collégien. Super joli et en même temps stimulant : on peut à la fois s’attendrir et danser, peut-être est-ce dans cela que réside la valeur ajoutée de ce chanteur en français.

Audio

Regis Turner – Quand tu es loin de moi

Tracklist

Regis Turner – Compte sur Moi (septembre 2016, Le Syndicat Des Scorpions)
A1 – Fete Nat
A2 – Les cours de maths
A3 – GSM
A4 – Je ne t’oublierai jamais
A5 – Quand tu es loin de moi
B1 – Trop Fort Intérieur
B2 – When I See You
B3 – Compte Sur Moi
B4 – Trop Pas
B5 – Dans La Fiat Panda

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mixtape : homemade03 by Madame Claude http://www.hartzine.com/mixtape-homemade03-by-madame-claude/ http://www.hartzine.com/mixtape-homemade03-by-madame-claude/#respond Thu, 18 Aug 2016 14:51:56 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48600

l’été est propice aux retrouvailles. Troisième mixtape maison pour prendre l’apéro sans le bas. 1. Eedie & Eddie And The […]

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l’été est propice aux retrouvailles. Troisième mixtape maison pour prendre l’apéro sans le bas.

1. Eedie & Eddie And The Reggaebots (Peter S. Langston) – Some Velvet Morning (1986 – Computing Systems Quarterly Vol. 3  )
2. Mark Murphy – Come Gate Me – (1961 – Riverside Records)
3. Jeri Rossi – It’s  A Man’s Man’s World (1981 – Local Anesthetic Records)
4. The Legend Lady J – I Need A Real Man! (1996 – O.B. Records)
5. Voices – Marble (1985 – Contempo Records)
6. T.J. Hustler, Metaphysical Synthesized Orchestra ‎- The Individual You (1979 – SMOA Productions)
7. Max ‘N Specs ‎– Don’t Come Stoned And Don’t Tell Trude (1981 – CNR)
8. Philippe Chany ‎–  Cairo Connection (1983 – Polydor)
9. R.D.Burman – Dil Lena Khel Hai Dildar Ka (1981 – Music India)
10. Patrick Cowley –  Sea Hunt (1981- Magatone Records)
11. Decadance ‎– On And On (Fears Keep On) (Proto Records – 1983)
12. Orange Juice ‎– Rip It Up (Polydor – 1983)
13. Tommy Mandel – Allow Me (To Destroy You) (Songshop Records – 1981)

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FOCUS BERLIN ATONAL : PRÉSENTATION FESTIVAL + CONCOURS http://www.hartzine.com/focus-berlin-atonal-presentation-festival/ http://www.hartzine.com/focus-berlin-atonal-presentation-festival/#respond Thu, 18 Aug 2016 09:40:47 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48567

On vous en parle depuis un petit moment et c’est peu de le dire qu’on est impatient. Dans quelques jours […]

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On vous en parle depuis un petit moment et c’est peu de le dire qu’on est impatient. Dans quelques jours s’ouvrira la nouvelle édition du cultisme Berlin Atonal. Pour revenir aux origines de ce festival mythique, il faut faire un petit voyage dans le temps et revenir en 1982. A l’époque  un certain Dimitri Hegemann eu l’idée de faire côtoyer musique avant-gardiste et performances visuels en investissant  le SO36, petit club implanté en plein Kreuzberg, Berlin Atonal était né. Avec un certain succès le festival vit délier des pointures tel que Die Haut, Einstürzende Neubauten ou encore Test Dept. Mais après la chute du mur, Dimitri plus tourné vers l’émergence de la culture techno poursuivi ses nouvelles ambitions en investissant l’imposant bloc industriel ancré dans le quartier de Mitte, le Kraftwerk, et d’y installer son propre club : le Tresor. Il faudra attendre 2013 pour que Berlin Atonal renaisse de ses cendres à l’initiative de trois aventuriers (Laurens von Oswald, Harry Glass et Paulo Reachi) en manque de sensations et bien décidé à faire les choses en grand. Le temps leur aura donné raison car en à peine trois ans, cette nouvelle mouture du Festival est devenu un incontournable d’une certaine forme de contre-culture. Et cette année ne sera pas en reste puisque s’y produiront dans des configurations totalement inédites des artistes imparables tel que Death In Vegas, Russell Haswell, JK Flesh + ORPHX, Silent Servant + Phase Fatale, Roly Porter, Raime, Mika Vainio, Steve Reich… et d’autres artistes plus confidentiels mais néanmoins tout aussi talentueux tels que PITA, 51717, Nuel, Second Woman, Dot Product… On pourrait vous parler de line-up magique pendant des heures mais, on préfère laisser la main aux programmateurs, après c’est encore les plus à même de présenter leur événement.

Hello, votre festival fait carton plein ! Comment cous êtes-vous rencontrés et avez eu l’idée de relancer le festival Atonal ?
Hello! Your festival is absolutely nailing it. How did you guys meet and how did the idea of relaunching the festival come about ?

Nos routes se sont croisées autour de Dimitri Hegemann qui a organisé les premières éditions de Berlin Atonal entre 1982 et 1990. Dimitri nous a montré l’espace Kraftwerk en 2012, dont la rénovation vient d’être achevée, et nous avons eu l’idée de réintroduire Berlin Atonal.

Our paths crossed around Dimitri Hegemann, who organized the early editions of Berlin Atonal between 1982 and 1990. Dimitri showed us the Kraftwerk space in 2012 which he had recently finished to renovate and we came up with the idea to reintroduce Berlin Atonal.

Que représente pour vous cette nouvelle mouture d’Atonal? Comment expliquez-vous son succès face à ses concurrents européens ?
What does this relived Atonal represent for you and how can you explain its success against its European competitors ?

Nous prenons au sérieux notre rôle de facilitateur de nouvelles expériences et de nouveaux projets, à commencer par ceux en lien avec les espaces caractéristiques où évolue le festival. On s’efforce de briser les “cycles de booking” conventionnels généralement guidés par les dernières modes et ont tendance à recycler les mêmes concepts musicaux dans des villes différentes.

We take seriously our role as facilitators of new experiments and projects, particularly ones connected with the specific spaces in which the festival takes place. We try hard to break the normal ‘booking cycles’ that are usually dictated by the latest fashions and tend to recycle the same musical ideas in different cities.


Vous n’êtes pas tous de Berlin je crois, qu’est-ce qui vous plaît tant dans cette ville ? Berlin est devenu l’un des berceaux culturels de l’Europe au début des années 90 avec un nouveau pic d’engouement pour la culture techno depuis la fin des années 2000, mais avec le tourisme de masse ne trouvez-vous pas que le clubbing berlinois ait perdu un peu de son charme ?

I take it that you are not all from Berlin. What do you enjoy so much in this city that it keeps you there ? Berlin became one of Europe’s cultural cradles in the early ’90s, with a surge for techno music since the end of the ’00s – doesn’t mass tourism affect the charm of the Berlin scene ?

Berlin tire parti de la richesse culturelle offerte par n’importe quelle grande métropole, et reste fidèle à ses valeurs premières – donc sans perdre sa saveur. On peut faire une observation similaire à l’échelle de la scène musicale. Les oreilles plus curieuses se rassemblent autour de la scène, ce qui impacte la qualité de la recherche musicale présentée de manière exponentielle. La qualité de la vie et de la création reste la force et l’intention.

Berlin benefits from the cultural richness offered by any large metropolitan city, and still stays true to its essential values – that is, without losing its flavour. A similar observation is valid at the level of the music scene. More curious ears gather around the stage, which drives the quality of the musical research presented in an exponential manner. The quality of living and of the creation remain the force and intention.

En quoi le choix de vous implanter au Kraftwerk était-il important ?
How important was your choice to set your seed in the Kraftwerk ?

L’espace et le concept sont apparus ensemble dès le départ, chacun pointant vers l’autre et le justifiant. Le festival lui-même est plus qu’un simple espace, mais son lien avec une version plus abstraite du concept d’un « espace » est un facteur absolument déterminant.

The space and the concept came together originally, each one pointing to and justifying the other. Now the festival itself is more than just the space, but its connection to the concept of ‘space’ in a more abstract manner, is an absolutely defining factor.

berlin-atonal-2015-©-camille-blake-51-1000x768

Vous accordez une grande place aux visuels, ce qui est de plus en plus rare en club depuis quelques années, en quoi était-ce important ? La configuration particulière du bâtiment ne vous pose pas trop de contraintes ou est-ce pour vous au contraire un vrai terrain de jeu ?
You allow great importance to the visual world in your festival. How did this decision come about. Is the unusual configuration of the building something to work around, or rather an entire pleasure to play with?

Nous sommes convaincus que l’une des directions à suivre avec intérêt dans la musique se trouve à l’intersection entre la musique, la vision et l’espace – surtout pour la musique censée se vivre en live, dans un espace partagé avec d’autres personnes. Certaines de nos meilleures expériences ont fait intervenir le visuel ou d’autres aspects spatiaux.

We think strongly that one of the interesting directions in music to follow is the intersection between music and vision and space – particularly for music that is meant to be experienced live, in a shared space with other people. Some of our best musical experiences have also involved visual or other spatial aspects.

Vous offrez chaque année avec Atonal des projets musicaux complètement fou et totalement inédits. Comment s’organisent ces collaborations, à votre initiative où à celle des artistes ?

With Atonal, you offer each and every year crazy musical projects, that are in most part entirely exclusive or premiered during the festival. How do these projects come about ? Are they under your initiative, or that of the artists ?

Généralement, les projets sont le résultat d’une conversation ou d’un échange entre nous et les artistes. Parfois, on a une idée et on essaie de trouver quelqu’un pour la réaliser, parfois des artistes viennent à nous pour des idées et on collabore à trouver une façon de les développer ou les réaliser. Développer de nouvelles créations sur une période de temps plus importante est d’ordinaire plus gratifiant et a souvent pour conséquence finale des travaux mieux réussis.

Usually the projects come as a result of a conversation, or a back-and-forth between us and the artists. Sometimes we have an idea and try to find someone to realise it, sometimes artists come to us for ideas and we collaboratively come up with a way to develop or realise them. Developing new works over a longer period of time is usually so much more rewarding and tends to result in more successful works in the end.

Chaque année la programmation prend une tournure un peu plus élitiste, avec un goût prononcé pour l’expé, le post-indus et une Techno rêche avec la mise en avant de très gros artistes au côtés d’autres plus confidentiels. Comment se pose pour vous le choix des artistes de part vos influences musicales ?
Year after year, the program takes an ever more elitist turn, with a pronounced taste for experimental, post-industrial and raw forms of techno, putting forward famous talents next to more confidential ones. How do you lay down the choice of artists ?

On constate une certaine continuité dans les actions qu’on programme, de Steve Reich à JK Flesh en passant, d’Alessandro Cortini à Imaginary Softwoods. La ressemblance familiale tient à ce que tous ces artistes prennent au sérieux l’idée que la musique a une forme qu’on peut expérimenter et améliorer d’une certaine façon. Je pense qu’ils partagent aussi la croyance qu’il ne suffit pas pour la musique d’être choquant ou sujet à controverses, ou pour l’artiste de privilégier la compréhension de la musique sur la musique elle-même, c’est plutôt la musique qui a la responsabilité de se confronter à ses propres traditions et d’y répondre d’une façon à chaque fois plus novatrice et intéressante.

We see a certain continuity in the acts we programme, from Steve Reich to JK Flesh to Alessandro Cortini to Imaginary Softwoods. The familial resemblance in that all these artists take seriously the idea that music has a form that can be experimented with and advanced in a certain way. I think they also share a belief that it’s not enough for music to just be shocking or controversial, or for the artist to be more important to understanding the music than the music itself, rather that music has a responsibility to confront its own tradition and respond to it in an interesting, new way each time.

pro atonalEncore une fois cette année le planning est des plus alléchants, mais si vous ne deviez voir qu’un seul et unique show, lequel ne rateriez-vous sous aucun prétexte, et pourquoi ?
This year again, the program is more appetizing than ever, but if you had to choose only one show, which one wouldn’t you miss under any circumstance, and why ?

Nous sommes très fiers de pouvoir développer et accueillir l’avant-première du nouveau spectacle de Death in Vegas, spécialement monté. Il combine une nouvelle matière expérimentale qui résonne à travers les paysages sonores de la techno viscérale et des drones dissonants et perturbants. Le concept visuel a été développé en lien avec notre propre directeur visuel.

We are very proud to be able to develop and host the premiere of the specially conceived new Death in Vegas show. It combines new experimental material, resonating across the soundscapes of visceral techno and unsettling, discordant drones, and the visual concept has been developed in connection with our own lighting and visual director.

Concours

Et comme on est sympa et qu’on pense à nos lecteurs trainant du côté du Berlin où à ceux qui souhaiteraient finir leurs vacances en beauté, on vous offre 2 pass pour le festival à gagner. Pour remporter le précieux sésame, il vous suffit de nous écrire une jolie lettre d’amour à hartzine.concours@gmail.com sans oublier d’y noter votre nom, prénom et adresse e-mail ou de remplir le formulaire ci-dessous. Les gagnants seront tirés au sort dimanche 21 et informés le lendemain.

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Qween Beat Presents: QWEENDOM http://www.hartzine.com/qween-beat-presents-qweendom/ http://www.hartzine.com/qween-beat-presents-qweendom/#respond Wed, 17 Aug 2016 14:38:59 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48554

Dans la vie, comme en musique, il faut toujours remercier les rares rencontres qui vous font découvrir tel ou tel […]

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Dans la vie, comme en musique, il faut toujours remercier les rares rencontres qui vous font découvrir tel ou tel pan d’un univers inexploré. C’est avec ce genre de rencontre que j’ai plongé les deux pieds liés dans la Vogue Music dont je n’avais qu’une vague idée de la vivacité.
Ce qu’il y a de fascinant dans ce courant musical, ça n’est pas tant  qu’il a produit tout un mode de vie et d’organisation particulière (les « ballroom » et les « familles », des fêtes codées avec des danses codées où l’idée de performer son genre, son identité est maitre mot, qu’il a survécu à un presque-assassinat en règle de la part de Madonna, ou encore qu’il est un des rares lieux où les questions de racisations se sont posées dès les années 80 et ne l’ont jamais quitté. Mais c’est sans doute parce qu’il tient peu ou proue en trois morceaux qui se sont disséminés et multipliés quasiment à l’infini. A savoir : Le Ha Dance de Master at Works, le Witch Doctor d’Armand Van Helden, et le Cunty de Kevin Aviance.
On pourrait enfin  citer pour la Vogue d’aujourd’hui la sainte trinité Beyoncé, Rihanna, Nicki Minaj et une relecture convaincante de chanteuses R’n’B qu’on affectionne beaucoup, Sade ou Ciara en passant par Kelela.
On pourrait aussi citer un autre morceau qui a marqué la scène (Work This) pussy.
On s’étonne toujours de la vitalité d’une sorte d’héritage en droite ligne d’un disco engagé dans les questions politiques, d’une house décomplexée, et aujourd’hui d’une relecture audacieuse du r’n’b et des tubes de la variété internationale par la sainte trinité Beyoncé, Rihanna, Nicki Minaj. Il existe aussi des versions latino des ballroom, et on vous a parlé d’ailleurs d’un collectif de cette scène très récemment N.A.A.F.I. (lire)
Mais venons en aux faits. Qweendom est la dernière compilation de Qween Beat un des plus anciens labels/crew de la Vogue américaine. On y retrouve Mike Q, Byrell the great, Beek, LSDXOXO dont nous vous avions dit le plus grand bien (lire)  ou bien encore le plus jeune Ash B qui a sorti cette année un album assez massif…
Voilà donc 11 morceaux qui sonnent comme le manifeste de la vogue d’aujourd’hui et ce, autant dans la droite ligne de la house, ou de la disco des belles années que dans les détournements du R’n’B et du Hip Hop. On y  retrouve des samples à foison des trois morceaux cités plus haut, soit utilisés comme rythmiques, comme mélodie soit comme boucle vocale, où  même samplés ensemble sur le manifeste  I Chant, You Vogue de  Leggoh. On vous conseillera  le classique house de Mike Q,la tuerie « hip hop » de Ash B (qu’il faut définitivement suivre d’urgence) et le tube incroyablement fou de Byrell the Great avec quelques instrus trap ou simili. Autrement dit, le panorama impeccable d’une scène musicale plus que vivace qui passe son temps à se réinventer et à renaitre de ses cendres.
Au final, faîtes l’insurrection ballroom, pas la guerre pourrait-on dire, mais on suppose que les ballroom se débrouille déjà très bien sans nous, alors souhaitons juste encore de nombreuses compilations de Qween Beat, et inspirons nous de ces tentatives politiques et musicales pour donner un peu de folie et de sens à nos ennuyeux dancefloor habituels.Il parait que ça vient, ça finit toujours par venir.

Audio

Tracklist

Qween Beat Presents: QWEENDOM (2016, Qween Beat)

01. Byrell The Great – Legendary Children
02. Beek & Commentator Buddah – Qween Bitch
03. Gregg Evisu XL & Jay R Neutron – Some Type Of Way
04. Leggoh – I Chant, You Vogue
05. Skyshaker – Walk feat. Dashaun Wesley
06. LSDXOXO – Dope Dick Dealer
07. MikeQ & Romanthony – Get Sum
08. Ash B – Realness
09. Koppi Mizrahi & Princess Precious – Manko Backpack
10. Byrell The Great – Bubble Drip feat. Kassandra Ebony, WARREN B. & Princess Precious
11. Qweendom – Qween Beat

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Bernard Fevre – Orbit Ceremony 77 http://www.hartzine.com/bernard-fevre-orbit-ceremony-77/ http://www.hartzine.com/bernard-fevre-orbit-ceremony-77/#comments Wed, 17 Aug 2016 08:19:41 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48550

Par Stéphanie-Lucie Mathern Est-on en avance ou en retard sur notre temps ? C’est à cette question que Bernard Fevre […]

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Par Stéphanie-Lucie Mathern

Est-on en avance ou en retard sur notre temps ? C’est à cette question que Bernard Fevre – et les pionniers de façon générale – a tenté de répondre. En effet, Bernard débute sa carrière à 16 ans dans un groupe appelé Les Vicomtes, puis Les Flâneurs, avec lequel il décrochera des contrats avec Regine et Barclay en faisant du music-hall « pour bouffer ». En 73 les choses sérieuses commencent avec la découverte de Vangelis et l’obsession pour certaines boucles entendues à la radio. Il décidera donc de se créer un « Mister Hyde », double diabolique, ce sera Black Devil Disco Club. Il sortira 4 albums expérimentaux : Suspense, Strange World of B. Fevre, Disco Club, ainsi que Cosmos 2043, qui évoque déjà un lointain proche avec son tube Earth Message.

Influencé par Jean-Michel Jarre, Moroder, mais aussi par une variété transgenre comme celle d’Amanda Lear, ses morceaux sont des pépites de library-music qui ne dépasseront pas les rayons des collectionneurs, alors que c’est aussi puissant que Pierre Henry qui reprendrait le générique d’Intervilles ou Neu ! qui déciderait d’illustrer Tetris. C’est seulement en 98 qu’on s’intéresse à lui grâce aux samples des Chemical Brothers et la réédition d’Aphex Twin. En 2010, il revient avec Circus où il invitera quelques légendes comme Afrika Bambaataa, John Spencer et Nancy Sinatra. Le succès est là. Enfin. Il est adulé par Daft Punk, Justice, Metronomy et continue d’être dragué par une jeunesse en manque de psychédélique avec une compile de remixes de ses hits disco-underground baptisée H. Autant de bandes originales de films qui ne se réaliseront jamais.

Aujourd’hui – le 2 septembre – on célèbre la sortie de sa nouveauté antique : Orbit Ceremony. À l’origine produit en 76/77, Bernard exhume et dépoussière son album perdu. Ça sent le cuir patiné et le futur proche. L’équilibre des sentiments par la boîte à rythmes et le synthé libre-penseur sont toujours là. La Sheila de Spacer et des reprises des Talking Heads aussi. On entend le jazz de Moondog et Zappa, les japonaiseries de Yellow Magic Orchestra, l’Allemagne des autoroutes et des ascenseurs de Krafwerk, l’Afrique d’Éthiopiques et même le Sud de Jean Ferrat.

Bernard Fevre se résume dans les titres de son album de 1 – That is to be à 11 – Testmaker. Musique intemporelle qui dessine une personnalité, celle de la dynamis – chère à Aristote – la puissance enfantine qui n’oublie pas de voir la poésie d’une sonnerie de téléphone, surtout si elle est aussi belle que le neuvième morceau, Out of Dark. En France, aller contre les habitudes peut prendre un peu plus de temps, mais le talent finit par se faire entendre. Orfèvre – sans jeu de mots – du cool, il prouve que le temps n’a pas d’importance.

Tracklist

Bernard Fevre – Orbit Ceremony 77 (2 septembre 2016, Private Records)
01. That Is To Be
02. Foxy Spleen
03. Max Stroke
04. Mestophiles
05. Nebulous Melody
06. Not Be Wary
07. Out Of Dark
08. Paste Merge
09. Raw Beat
10. Space Angle
11. Testmaker

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Focus Berlin Atonal: interview JK FLesh http://www.hartzine.com/focus-berlin-atonal-interview-jk-flesh/ http://www.hartzine.com/focus-berlin-atonal-interview-jk-flesh/#respond Wed, 17 Aug 2016 07:31:52 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48546

On conclut avec ce dernier entretien nos rencontres artistiques avec les artisans musicaux qui illumineront cette édition 2016 du Festival […]

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On conclut avec ce dernier entretien nos rencontres artistiques avec les artisans musicaux qui illumineront cette édition 2016 du Festival Berlin Atonal avant de rentrer dans le dur de la programmation. Et franchement pour cette dernière on ne s’est pas foutu de vous. C’est au tour de JK Flesh de répondre à nos questions. Et pour ceux qui ne connaîtraient pas le bonhomme, il suffit de savoir que derrière cet obscur pseudonyme se dissimule en fait l’immense (autant par la taille que le talent) Justin K. Broadrick, tête pensante de Godflesh, Jesu, Techno Animal, The Blood of Heroes et j’en passe. L’occasion de faire un bilan de carrière et de s’épancher sur son passé, son présent et son futur.

Tes débuts musicaux remontent au milieu des années 80, pas trop dur de se dire qu’à tout juste 46 ans tu es déjà un vétéran de la musique ?
Your musical beginnings date back to the mid-80s, at 46 years old do you feel like a veteran of the music ? 

Je pense en réalité que je débute toujours, que je suis toujours en apprentissage, comme si ces années n’avaient été que des mois!

I actually feel like i am still beginning, and still learning, these years feel like months!

Tu as joué à peu près tous les styles de musique et tu fais parti des précurseurs des mouvements metal-indus, grindcore ou encore abstract hip-hop… D’où te vient ce besoin de constamment te renouveler ?
You played almost all styles of music and you are part of the precursors of metal-indus movements, grindcore or abstract hip-hop … Why do you constantly need to reinvent yourself ? 

Je ne prévois jamais l’invention, je ne la force pas. Je pense que je me lasse rapidement, souvent alors que je me suis totalement immergé dans un son singulier / un concept / un projet particulier, j’ai ensuite envie de créer le total opposé. C’est un processus entièrement naturel, rempli d’accidents créatifs. Mon unique réel besoin est de d’exprimer ma créativité de façon permanente.

I never pre-conceive invention, it’s never forced. If anything I get bored of things quickly, and once I submerge myself in a singular sound / concept / project, and the task at hand has been achieved, I often feel like then creating the opposite. This is a entirely natural process, full of creative accidents. If I need anything then it’s to express myself creatively, consistently.

Depuis peu JK Flesh est devenu ton projet principal, et bien que son acte de naissance officiel date de 2012 avec la sortie de Posthuman, on retrouve ses racines dans certains de tes projets beaucoup plus anciens comme Final par exemple… Penses-tu être arrivé à un certain aboutissement avec JK Flesh ou bien est-ce le début d’un renouveau?
Recently JK Flesh became your main project, and meanwhile his official birth date of 2012 with the release of Posthuman some of his roots can be find in some of your older projects such as Final for example … Do you see JK Flesh as a sort of outcome or is it the beginning of a revival? 

C’est un projet qui a toujours été présent, depuis le tout début des années quatre-vingt dix, si ce n’est depuis les années quatre-vingt ! A vrai dire il l’est depuis que j’ai posé les mains sur des machines et que j’ai su construire du son.
Comme je l’ai récemment écrit dans une autre interview, j’ai essentiellement commencé à produire de l’electronica en solo y intégrant différentes influences de la musique électronique basée sur le beat (techno, hip-hop, drum’n’bass, etc.) à partir du début des 90’s. Voire des 80’s.
Presque tout a été intégré à des projets collectifs, mais certains sons sont restés en attentes dans un coin tandis que j’ai mettais mon énergie dans ces productions collectives.
J’ai estimé à la fin des années 2000 que je souhaitais poursuivre en solo et le pseudonyme de JK Flesh s’est affirmé tout naturellement car c’était mon pseudonyme dans les projets que j’ai partagés avec Kevin Martin – Techno Animal, The Sidewinder, etc. C’est simple pour moi, d’explorer le côté plus heavy de ce que j’aime de la techno, grime/garage, drum’n’bass, etc.

It’s in constant motion, and has been since the very early nineties, if not even the eighties! Once I got my hands on electronic equipment and could build beats.
I recently wrote this in another interview: I essentially began producing solo electronica that embodied all corner of beat oriented electronic music (be it techno, hip-hop, drum’n’bass, etc.) in the early 90’s. If not even the 80’s.
But nearly everything usually got absorbed into collaborative projects, but some didn’t, and often this material just sat gathering dust whilst I constantly put my energies into collaborative projects.
I felt in the late 2000’s that I finally wished to pursue this solo, and the JK Flesh pseudonym seemed most fitting since this was my pseudonym in the projects Kevin Martin and I shared – Techno Animal, The Sidewinder, etc. It feels free, basically for me to explore the heavier side of what I love about techno, grime/garage, drum’n’bass, etc.

Avec JK Flesh, tu dévoiles une musique industrielle sous influence techno plutôt que l’inverse, ce qui donne à ta musique une direction très différente de ce que l’on a pu entendre jusqu’à maintenant. Est-ce une manière détournée de revenir à tes origines musicales ou cherches-tu à pousser la musique industrielle à un autre niveau ?
With JK Flesh you unveiled the industrial music with a techno influence rather than the reverse, that gives your music a very different touch than what we heard so far.
Is this a roundabout way back to your musical background or are you trying to push industrial music to another level? 

Depuis que j’ai découvert les débuts d’une techno la plus primitive, j’ai constaté qu’il y avait une relation directe avec la musique industrielle, spécifiquement le côté rythmique de l’industriel, qui une fois découverte était toujours quelque chose que je ressentais le besoin d’explorer, ceci se manifesta aussi quelque peu dans Godflesh, mais était aussi présent dans Techno Animal, et maintenant JK Flesh. La musique industrielle et le punk étaient les premières musiques qui m’ont touché comme un enfant, elles m’ont frappé d’une façon très pure, donc toutes mes créations musicales sont en fin de compte éclairées par ces genres, tant esthétiquement que musicalement. Ces styles ont aussi reflété l’environnement  dans lequel j’ai été élevé – les quartiers de logements sociaux très peuplés de Birmingham au Royaume-Uni.

Ever since I discovered the most primitive early techno, I found it had a direct relationship with industrial music, specifically the rhythmic  side of industrial, which upon discovery was always something I’d felt the need to explore, this also somewhat manifests itself in Godflesh, but was also prominent in techno-animal and now JK Flesh. Industrial music and punk were the first musics that touched me as a kid, they hit me in a very pure fashion, so all my musical creations are ultimately informed by these areas, both aesthetically and musically. these areas also reflected the environment I was raised in – the densely populated council estates of Birmingham, UK. 

En 2013 tu as enregistré Worship is the Cleansing of Imagination, split EP avec Dominick Fernow aka Prurient. Comment c’est organisée cette collaboration ? Vous cultivez des univers très proches, n’est-ce-pas ?
In 2013 you recorded Worship is the Cleansing of Imagination, split EP with Dominick Fernow aka Prurient. How this collaboration is born ? You grow very close universe, right ? 

Nous avons beaucoup dans commun et avons unprofond respect pour nos travaux respectifs. C’est un artiste extrêmement intelligent et talentueux et en tant qu’être humain, une inspiration constante et un ami très proche.

We have a lot in common, and have a deep respect for each others work. He is an extremely intelligent and gifted artist, and human being, a constant inspiration and a very close friend.

Cette année, tu as eu une double activité avec la réédition de Nothing is Free sur Downwards et la sortie de ton album Rise Above sur Electric Deluxe. Si l’on est pas surpris de te retrouver sur le label de Karl O’Connor, on l’est plus de te retrouver sur celui de Speedy J. Comment se sont réalisés ces deux projets ?
This year, you had a dual activity with the re-edition of Nothing is Free on Downwards and output of your album Rise Above on Electric Deluxe. If we are not surprised to find you on Karl O’Connor’s label, it is more unexpected to see you on the one of Speedy J. How do you manage those different projects ?

Speedy J a entendu du projet JK Flesh via un remix que j’ai fait pour AnD sur Electric Deluxe, il a aimé le remix et a demandé si j’avais des matériaux semblables pour la sortie possible sur label, je lui ai envoyé 8 morceaux et il a voulu les compiler tous comme un LP (2 x 12″) d’où la sortie de Rise Above. J’enregistre constamment sous JK FLESH donc je suis toujours heureux de sortir autant de disques que possible! En parlant de Dominick Fernow, il a sorti  une double cassette  extrêmement limitée, Suicide Estate by JK Flesh l’année dernière sur son label Hospital Productions, que je sortirai sous forme digitale très bientôt.

Speedy J heard the JK Flesh project via a remix i did for AnD on Electric Deluxe, he loved the remix and asked if I had any similar material for possible release on his label, i sent him 8 tracks and he wished to release them all as an LP (2 x 12″)hence the Rise Above release. I’m constantly recording as JK Flesh so I’m always happy to release as much as possible! Speaking of Dominick Fernow, he  released on his Hospital Productions label an extremely limited 2 x cassette Suicide Estate by JK Flesh last year, which I will release digitally very soon.

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On te verra bientôt sur la scène du Festival Atonal à Berlin aux côtés d’ORPHX. Comment s’est organisée cette rencontre avec le duo canadien ? A quoi ressemblera ce projet ?
We’ll soon see you on the stage of the Atonal Festival in Berlin with Orphx. How do you meet he Canadian duo ? What will this project look like?

Nous devons remercier Harry d’Atonal pour cette suggestion étonnante de collaboration et en tant qu’admirateurs de nos travaux respectifs, tant ORPHX que moi ne pouvions être plus ravi de cette occasion! Quelque part, j’avais manqué ORPHX, mais toujours entendu parler d’eux avec estime, puis je les ai entendu par coïncidence pour la première fois cette année et j’avais aimé immédiatement leur travail Outre l’inattendu ;) Attendez-vous à une véritable rencontre de nos concepts sonores. Nous serons également accompagnés par un artiste visuel, Thorsten Fleisch, qui fournira des visuels en live.

We must thank Harry @ Atonal for this amazing suggestion that we collaborate, and as admirers of each others works, both ORPHX and I could not be more thrilled for this opportunity! Somehow I had missed out on ORPHX, but always heard them referenced in reverence, then coincidentally heard them for the first time this year, and loved their work immediately! Besides the unexpected ;). We will also be joined by an visual artist, Thorten Fleisch, who will supply live visuals.

Changeons de sujet. Ta musique est depuis toujours un condensé de hargne et de violence, on t’a d’ailleurs souvent vu martyriser tes instruments sur scène jusqu’à la rupture et pourtant j’ai découvert que tu écoutais pas mal d’ambient et de musique expé plutôt calme voir onirique. Qu’est-ce qui t’intéresse dans ce type de musique ?
Let’s talk about something else. Your music has always been a mix of spite and violence, you have often been torturing your instruments onstage to rupture and yet I discovered that you were rather listening to a lot of ambient music and expe, quiet dreamlike and peacefull. What do you find intesrtering in that kind of music? 

Je suis une personne très énergique mais calme- mais, comme beaucoup je ressens beaucoup de frustrations – la musique intense est un moyen de canalisation, mais jamais exorciser, l’intensité physique et mentale, soulager la tension. Ma façon de gérer cette variété d’émotions négatives est de les canaliser de façon créative et je me sens chanceux d’avoir cette échappatoire.
MAIS, j’adore toutes les couleurs de la musique, et peut-être que la musique ambient est le reflet le plus immédiat l ma personnalité, un son pur.

I am an extremely energised yet peaceful person – but, like many feel many frustrations – intense music is a way of channeling, but never exorcising, physical and mental intensity, relieving the tension. My way of dealing with a variety of negative emotions is to channel them creatively and i feel fortunate to have this outlet.
BUT, i adore all colours of music, and maybe more immediately reflective of my personality is ambient music, pure sound.

Pour beaucoup tu resteras l’homme derrière Streetcleaner avec Godflesh et Brotherhood of the Bomb avec Techno Animal. Est-ce définitivement derrière toi ou verra-t-on peut-être un jour ces projets renaître de leurs cendres ?
For many you will stay the man behind Streetcleaner Godflesh and Brotherhood of the Bomb with Techno Animal. Is this definitely behind you or those projetcts will one day be reborn from ashes?

Eh bien Godflesh continue encore pour quelques années avec un nouvel album et EP, Techno Animal n’existera plus jamais bien que Kevin Martin et moi-même collaborions toujours – je suis à présent sur certains enregistrements de The Bug, et je dois faire les voix sur deux chansons du nouvel album de Earth vs The Bug. L’avenir devrait apporter un nouveau projet de collaboration.

Well Godflesh has existed again for a few years now with a new album and EP, Techno Animal will never exist again althogh Kevin Martin and I still collaborate – I’m to be found on some records by The Bug, and I have vocals on two songs on the new album from Earth vs The Bug. The future should bring a new collaborative project.

Audio

JK Flesh – Nothing Is Free

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John Chantler – Which Way to Leave http://www.hartzine.com/john-chantler-which-way-to-leave/ http://www.hartzine.com/john-chantler-which-way-to-leave/#respond Tue, 16 Aug 2016 09:04:03 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48533

Falling Forward arrive comme la première chute à vélo, sèche et râpeuse comme le bitume sous les genoux nus; irrégulière, […]

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Falling Forward arrive comme la première chute à vélo, sèche et râpeuse comme le bitume sous les genoux nus; irrégulière, hérissée de minuscules caillasses qui écrasent et taillent les chairs piégées entre rotule et goudron. L’ouverture frappe de plein fouet et déséquilibre comme un coup de pédale asynchrone quand c’est la cadence qui devrait stabiliser l’élan. Paradoxalement, c’est par son arythmie que Which Way to Leave crée sa propre cadence: un pouls irrégulier, une agogique très humanisée constellée d’accentuations, de relâchements, de pulsations qui questionnent davantage l’espace et le mouvement que le temps, dans un dénis sensible des structures linéaires classiques.

Malgré un renvoi trompeur à la mesure, Two and Four prolonge l’imprévisibilité déstabilisante de la première piste en crachotant une noise industrielle hantée par Throbbing Gristle. Le morceau se construit seul, entrelacs de sinusoïdes tentaculaires et libres qui donnent le sentiment étrange d’un déphasage; pas seulement d’un jeu d’ondes modulées se tournant les unes autour des autres, mais aussi d’un déphasage quantique, comme un écho pulsatile perdu entre deux branes d’un multivers. L’espace d’expression de Chantler est inorganique, automorphique et surtout multiple, faisant coexister sur un même plan à quatre dimensions des strates bouleversées, enchevêtrées dans un chaos ou perce un signal récurrent, isolé dans Clearing et All Visible Signs mais noyé ailleurs: dans Fixation Pulse par exemple, qui rappelle, comme d’autres, ces paysages sonores composés par Christian Zanési pour les Maîtres du Temps de René Laloux. La pulsation reste maîtresse, entre emballement et placidité, cherchant sa poésie personnelle comme on cherche son souffle, se frayant un chemin entre interstices et béances, évoluant dans Lesser Demands en une série de borborygmes d’une aventure intérieure dans un corps sans forme définie, à la résonance assourdie.

En quelques escamotages sonores, Chantler bascule de l’analogique à l’anatomique et inversement, déjoue les échelles et transmue les matières par le seul pouvoir de l’onde. C’est cette même onde qui, évoluant d’une vrille électrique aiguë et libre dans First December, paraît engendrer ses propres réverbérations, condamnée à rebondir pour l’éternité sur son écho dans un tumulte étourdissant et interminable de plus de dix minutes. C’est une cacophonie à la volumétrie changeante qui vient frapper de ses milliers de cuivres l’enclume d’esgourdes anesthésiées par une épiphanie de bonzes dans leur dernier mantra précédant le nirvana, avant de se conclure dans Second December sur un long accord déphasé de 2 minutes 35 ponctué de fréquences diverses se fanant, avec grâce, en un bouquet irisé jusqu’au blanc harmonique et absolu, réduisant à néant l’idée jusqu’alors concevable de donner à cet album une géométrie accessible au cerveau humain.

Le fait est que morceau après morceau, Chantler parvient à ce que chaque fréquence crée sa propre aventure, produise son rythme, son cycle. En bout de course, ce cycle ne se termine ni sur une piste, ni même sur l’album mais se reconduit lui-même, à l’image d’un ouroboros se dévorant à l’infini dans un impitoyable recommencement enthousiaste célébré par l’ultime track, Beginning Again, une pluie de dissonances salvatrice et cristalline conduite jusqu’au grésil final. Et on redonne un coup de pédale.

Vidéo

John Chantler – Falling Forward

Tracklist

John Chantler (26 août 2016, Room40)
01. Falling Forward
02. Two and Four
03. Clearing
04. Fixation Pulse
05. Lesser Demands
06. All Visible Signs
07. First December
08. Second December
09. Beginning Again

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Focus Berlin Atonal: interview Russell Haswell http://www.hartzine.com/focus-berlin-atonal-interview-russell-haswell/ http://www.hartzine.com/focus-berlin-atonal-interview-russell-haswell/#respond Tue, 16 Aug 2016 08:31:53 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48527

On continue notre présentation du Berlin Atonal avec cet entretien phare de l’un de pilier de la scène noise actuelle, […]

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On continue notre présentation du Berlin Atonal avec cet entretien phare de l’un de pilier de la scène noise actuelle, l’artiste anglais Russell Haswell. Parler de musique serait réducteur face à l’œuvre de ce génie touche-à-tout, à la fois multi-instrumentiste, concepteur visuel, sculpteur sonore… Pilier du label Mego et contributeur régulier chez Diagonal, étrange boîte à tubes techno-expé fondé par le jeune Powell. Il nous tardait de d’en savoir plus sur ce qui motivait cet écorché vif des arts extrêmes.

Aussi loin que tu te souviennes, d’où te vient ton appétence pour les arts visuels et la musique ?
As far as you remember, where did you get your appetite for visual arts and music?

Principalement grâce à la télé, aux films des années 70 et à la bibliothèque municipale où je pouvais emprunter des trucs. C’est ce qui m’a fait découvrir pas mal de livres, de vinyles et m’a fait comprendre la différence entre des compositeurs, des artistes, différents genres musicaux… Au milieu des années 80, j’ai visité la Coventry School of Art Library, avec son incroyable collection, surtout la partie qui concerne les Arts Conceptuels et les Nouveaux Médias.

Television and films in the 70s, and also the public lending library. That’s where I became fascinated with books and vinyl records and gained an understanding of the difference between composers and artists and different musical genres. In the mid 80s I would visit the Coventry School of Art Library, which had an amazing collection, and there it obviously leaned towards Conceptual Art and New Media.

Tu es très proche des principaux acteurs du label Mego, comment vous êtes vous retrouvés à travailler ensemble ?
You are very close to the main actors of the Mego label, how did you ended up working together?

J’ai rencontré Peter Rehberg au début des années 90 à Vienne, juste avant ou au tout début du label avec Ramon Bauer et Andi Pieper. En quelques visites successives à Vienne, j’ai par la suite rencontré les premiers artistes qui collaboraient avec Mego : Farmers Manual, General Magic, Fuck Head, Elin, PURE… Dès le début, Peter m’a proposé d’enregistrer quelque chose, de faire un disque avec eux ! J’ai vite participé à quelques évènements et tournées avec Mego. Mon premier album solo m’a pris quelques années à faire, c’était en fait une compilation de prestations live captées lors de concerts organisés par Mego, ou carrément ailleurs, comme dans des squats, des vernissages de musée…

I met Peter Rehberg in the early 90s, in Vienna, just before or during its beginnings with Ramon Bauer and Andi Pieper! So across a few return visits to Vienna I met all the early Mego artists; farmersmanual, General Magic, Fuck Head, Elin, PURE … from the start Peter suggested I record something, make a record! In the early days there we quite a few Mego events and tours which I participated in. It took a few years, but my first solo release was a compilation of recordings of LIVE presentations I gave at Mego events, or completely different things, like squat parties or museum exhibition openings!

Ton style musical est unique et assez inclassable, penses-tu que ton multiculturalisme dans les domaines de l’art t’a aidé à définir ton propre style ?
Your musical style is quite unique and unclassifiable, do you think your multiculturalism in the fields of art helped you define your own style ?

Mon style est inclassable, oui. Je ne veux pas être étiqueté, je n’aime pas certains genres musicaux, certains artistes… Je ne veux pas qu’on m’identifie à eux. J’ai utilisé toute la douleur, la colère et la frustration que génèrent, chez moi, des dessins, des films ou des disques sur lesquels je tombe et que je trouve abominables ou qui m’irritent profondément. Parfois mes disques sont qualifiés de “difficiles” ou d’ “extrêmes”, je préfère plutôt dire qu’ils sont “vitaux”.

My style is unclassifiable. I don’t want be categorised. I dislike certain genres, as well as certain artists… I use the pain and anger and frustration that’s generated when I see, read, and hear, Artworks, Films or Records that I loath, or they might just simply irritate. Sometimes my records are filed under “difficult” or “extreme”, I’d suggest “critical”.

Il y a dans ta musique un rapport très structurel et architectural, quelle place laisses-tu au chaos ?
There are in your music a structural and architectural construct, which space allows you to chaos ?

Une question difficile… Si l’on qualifie mes travaux audio de “musique”, alors je dirais qu’il s’agit d’une musique structurelle ou matérialiste, en terme de théorie et de définition pure. Dans les années 90, je la voyais plutôt comme de la sculpture publique temporaire, un son qui occupait un espace ouvert, comme une gigantesque création publique de Richard Serra.

I’m confused by this question! If my Audio works are classified as ‘music’ , then mine is probably a structural or materialist music, in terms of theory and definition. In the 90s I was thinking of a temporary public sculpture, an audio that occupied open space, like a massive Richard Serra public sculpture.

Tu es généralement cité comme un musicien noise avant tout, pourtant on ressent beaucoup d’influences dans ta musique. Quels sont les genres ou les artistes qui t’ont influencés ?
You are generally cited as a noise musician, yet you music sounds full of various influences. What types of music or which artists have influenced you ?

Curtis Roads disait de mon premier album qu’il s’agissait d’une version XXIe siècle de Bohor (ndr : l’oeuvre de Iannis Xenakis créée en 1962). Parmi les genres que j’apprécie, je suis très influencé par tout ce qui est générateurs de sons, computer music, le grindcore, la techno ou l’improvisation au sens large, tout autant que par le cinéma ou l’art sous forme musicale. L’art conceptuel, les films matérialistes. Si je devais citer quelques noms, je dirais Iannis Xenakis, Alvin Lucier, David Tudor, Michael Heizer, Richard Serra, Incapacitants, Pain Jerk, Masonna, Merzbow, Art & Language, Yasunao Tone, Holger Hiller, Boredoms, Peter Gidal, Michael Snow, Carcass…

Curtis Roads said of my first CD, that it was “a 21st Century Bohor!” I like audio test signals, computer music, grind core, techno, improv, but I’m as equally influenced by cinema and art as music. Conceptual art or materialist film. To name only a few = Iannis Xenakis, Alvin Lucier, David Tudor, Michael Heizer, Richard Serra, Incapacitants, Pain Jerk, Masonna, Merzbow, Art & Language, Yasunao Tone, Holger Hiller, Boredoms, Peter Gidal, Michael Snow, Carcass…

Tu as également collaboré avec de nombreux artistes de tous horizons. Comment choisis-tu les artistes avec qui tu souhaites travailler ? Est-il facile d’imposer ta vision où dois-tu souvent faire des compromis ?
You have also worked with many artists with different backgrounds. How do you choose the artists you want to work with ? Is it easy to impose your vision or do you often have to compromise?

La plupart du temps, les choses se font après une vraie rencontre, en face à face. Ça n’est pas quelque chose que tu planifies à l’avance, ça arrive et ça demande parfois de se revoir plusieurs fois, pour vraiment créer une relation qui sera le socle d’une collaboration fructueuse. Je ne ferais jamais d’échanges de fichiers sur le web sans jamais avoir rencontré la personne. Je ne peux pas travailler avec des artistes associés à des genres musicaux que je déteste, comme ce que j’appelle le “turd jazz” (un jazz européen blanc sans aucune profondeur culturelle) ou des artistes épouvantables que je ne nommerai pas ici. Je ne peux pas travailler avec des artistes ayant mauvais goût !

Je ne peux pas imposer ma vision ou faire de compromis, je veux faire et créer, ou me documenter et travailler, sur une matière première qu’aucun de nous deux n’aurait pu faire séparément.

Usually it’s something that happens face-to-face. It’s not something you choose in advance, it happens over time, and maybe many meetings to forge a relationship that enables a fruitful collaboration. I wouldn’t do a file-exchange project with someone I’ve never met. I dont wanna work with musicians associated with terrible genres e.g. TURD JAZZ (culturally insignificant white european Jazz) or appalling Artists I dont have to name here. Its not good to work with a musician with poor taste!

I don’t want to impose a vision or compromise, I want to do and make, or document and work, on something that neither one of us could make individually.

Comme beaucoup de producteurs tu te prêtes à l’exercice de DJ set. Que t’apporte cette discipline ? Est-ce pour toi le moyen de te frotter à un public différent et de jouer une musique plus décomplexée ?
As many producers you are also playing DJ sets. What brings you this discipline ? Is it for you the way to you rub to a different audience and to play a more uninhibited music?

Hard Disco Jokey (HDJ) est un projet que j’ai lancé il y a quelques années. Je mixe avec des vinyles (des 80s surtout) et des CD (des 90s). En 2001, Sean Booth et moi-même avons imaginé une table de mix DJ 4 canaux pour une tournée aux États-Unis et en Europe où je devais faire la première partie d’Autechre. Je ne voulais pas utiliser Traktor ou les logiciels que tout le monde utilise ! Et nous, toute la bande Mego, on utilisait déjà principalement nos ordinateurs comme instrument, la plupart du temps. Cet ordinateur que j’utilise pour HDJ a aujourd’hui une collection assez importante de musique que je peux emmener de concert en concert, des tonnes de genres musicaux différents que je peux éclater les uns contre les autres avec des transition et des crossfaders automatiques, sans beat matching ! C’était super drôle à utiliser… En tant que HDJ je me vois plus comme un selector, influencé par des gens comme Claude Young, John Peel, JeffMills, Christian Marclay et DJ Carhouse.

Hard Disc Jockey (HDJ) is what Ive been doing occasionally in recent year… I did DJ with vinyl (80s) and CDs (90s). In 2001 Sean Booth and myself designed a max/nato mp3 four channel DJ player/mixer for a 60 date USA and Euro tour I supported Autechre on… I didn’t wanna use Traktor, or what everyone else was using! And we, the Mego lot, had already been exclusively working with laptops as the only instrument for a good few years by then! This laptop HDJ set up enabled a massive collection of music files to be carried around from gig to gig, tons of genres to be mashed together with automated faders and cross faders, no beat matching! It was such fun to use… as a HDJ I feel more like a selector, but kinda influenced by the styles of Claude Young, John Peel, Jeff Mills, Christian Marclay and DJ Carhouse.

Tu seras bientôt sur la scène du festival Atonal à Berlin avec deux projets très différents. Peux-tu nous en dire plus ?
You will soon be on the stage of Atonal festival in Berlin with two very different projects. Can you tell us more about them ?

Oui je serai de retour à l’Atonal pour la troisième fois. Cette année, on m’a proposé de jouer un live solo et de curater un événement, par ailleurs. C’est un “flashback and comeback show”, avec Peter Rehberg qui fera un set de musique modulaire, symbolisant la nouvelle direction prise par Pita, son projet solo. Et le soir, ce sera le climax avec 3 heures de set de Farmers Manual, reformés à l’occasion de ce “mini-festival” que j’ai curaté au Café Oto l’année dernière, une espèce d’échauffement pour cet événement un peu particulier.

Yes, I’m back at ATONAL… Third time… This year I was asked to perform live solo and to additionally curate a program. Its a Flashback and Comeback show at the same time, featuring Peter Rehberg performing a modular set, marking a new phase in the direction of Pita, and the night will climax with a 3 hour set from farmersmanual, who reformed for a “mini-fest” I curated at Cafe Oto last year, which acted as a warm up for this special long form event.

russell-haswell-mini-fest

Tu es un artiste très prolifique, peux-tu nous parler de tes prochains projets en préparation ?
You’re a very prolific artist, can you tell us about your upcoming projects under process ?

Mon prochain album sortira sur Bocian Records : Constitutional. Je travaille aussi sur un maxi et un albumc concept pour Diagonal. En octobre et novembre, je ferai de nouveau la première partie d’Autechre en Europe.

My next release is a LP for Bocian, Constitutional. I’m making a Single and developing a concept LP for Diagonal. In October and November I’m touring Europe, supporting Autechre.

Vidéo

Russell Haswell Boiler Room LIVE Show

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Mixtape: HomeMade02 by Aki http://www.hartzine.com/mixtape-homemade02-by-aki/ http://www.hartzine.com/mixtape-homemade02-by-aki/#respond Mon, 15 Aug 2016 08:06:44 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48523

Deuxième mixtape personnelle de l’été pour faire suer le 15 août. 01 – Cio D’or – Now is ever (Milton […]

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Deuxième mixtape personnelle de l’été pour faire suer le 15 août.

01 – Cio D’or – Now is ever (Milton Bradley Remix)
02 – Monica hits the ground – Reduced life expectency (Regis RMX)
03 – OVR – Metal Slipper
04 – Cosime – Hilary
05 – Shifted – Control
06 – Randomer – Sheen
07 – Svreca – Hagagatan (Rødhåd Remix)
08 – EQD – Equalized #001 (B1)
09 – SNTS – Untitled
10 – Iori – Spaciotemporal (Vril Mix)
11 – Oscar Mulero – Reduction And Synthesis
12 – Answer Code Request – Neume
13 – Developer – Trade Beliefs
14 – Frozen Border – Frozen Border 1 (A1)
15 – Peter Van Hoesen – P2ME
16 – Regis & Ian J. Richardson – Untergang 2
17 – Shards – Untitled

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Lonely Life Lovers Club – Boys Do Cry http://www.hartzine.com/lonely-life-lovers-club-boys-do-cry-ep/ http://www.hartzine.com/lonely-life-lovers-club-boys-do-cry-ep/#respond Mon, 15 Aug 2016 07:51:27 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48520

En école d’art comme ailleurs, parfois, il y a des petits miracles, un groupe affinitaire, des singularités, des étudiant-e-s qui […]

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En école d’art comme ailleurs, parfois, il y a des petits miracles, un groupe affinitaire, des singularités, des étudiant-e-s qui utilisent brillamment des concepts pour faire des petites sculptures, des peintures ou des vidéos monstrueuses sensées et sensibles, un groupe ou un mouvement qui se crée autour d’un médium, d’une pratique,  et qui font des films ou des performances géniales, un-e étudiant-e qui fait des installations dingos sorties tout droit d’on ne sait où, des objets étranges, des costumes, etc. Bref, une émulation qui tend à faire dépasser la médiocrité du réel vécu et à s’engager dans des pratiques plastiques et théoriques.

Des fois, souvent, donc au milieu du grand creux, de la «subversion », ou de la « vie intense » qu’on devrait mener comme dans les plus belles injonctions /nominations du capitale, émergent des labels ou des œuvres bouleversantes de sincérité, le fond et la forme.

LLLClub commence comme une blague d’adolescent torturé au milieu d’une ville triste et désastreuse de bêtise. Une ville cathartique qui serait, disons le, une sorte de ville du pire. Un type décide de composer 100 morceaux pour apprendre à jouer de la musique, un autre ose enfin faire écouter les pistes qu’il faisait dans une autre chambre mansardée non-loin de là. De la rencontre des deux, naît l’envie de monter un label. Et de cette idée qui germe finit par sortir une K7.

Deux musiciens, Knut Vandekerkhove et D.A.S (Dead Acid Society), neuf titres et une grosse quarantaine de minutes plus tard, on est dans ce qui serait peut-être une tentative de techno bizarre. Une techno qu’on verrait bien entre quatre murs de béton, ou une friche ouverte pour l’occasion. Entre synthés modulaires, kick agressif, percussions étranges, voix sorties d’on ne sait où, des mélodies bien noise et parfois des rythmiques à contre-temps, la tentative est belle et vraiment réussie. Dans Boys Do Cry, c’est un peu comme si chaque morceau était la tentative d’explorer quelque chose. Un synthé particulier, une manière de concevoir la rythmique, une manière de créer la tension. Parfois très percussif, parfois très mélodique, il y a presque quelque chose d’un manifeste de gestes et de tentatives dans cet EP. Comme si au fond, Boys Do Cry n’était que la première tentative réussie d’une longue série d’expérimentation autour de la techno et disons-le grossièrement, de ce que véhicule son « genre ».

Il y a quelque chose d’une énergie particulière dans cette première sortie de Lonely Life Lovers Club et quelques morceaux qui marquent plus spécifiquement l’oreille. AT 152 ou AT 162 dans deux registres vraiment différents, l’un plutôt assez brut avec une percu dont on ne sait pas trop d’où elle vient, et l’autre extrêmement étendue et mélodique, avec une sorte de joyeuse base de synthés qui pourrait ressembler à une invitation à multiplier nos puissances d’agir. Et puis sur l’autre face B1, intro noise assez sourde et inquiétante, et B4 qui a quasi un côté ethno-techno dans le choix des percussions et dans la manière de tenir la tension de la rythmique.

Bref, Lonely Life Lovers Club semble offrir une belle perspective et ça semble être une bien jolie aventure qui s’ouvre. Gageons que la prochaine sortie arrive très vite, on en serait ravis!

Audio

Tracklist

Lonely Life Lovers Club – Boys Do Cry (1er août 2016)

01. Knut Vandekerkhove – AT 151
02. Knut Vandekerkhove – AT 156
03. Knut Vandekerkhove – AT 152
04. Knut Vandekerkhove – AT 162
05. D.A.S – B1
06. D.A.S – B2
07. D.A.S – B3
08. D.A.S – B4
09. D.A.S – B5

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Focus Berlin Atonal: interview Death In Vegas http://www.hartzine.com/focus-berlin-atonal-interview-death-in-vegas/ http://www.hartzine.com/focus-berlin-atonal-interview-death-in-vegas/#respond Mon, 15 Aug 2016 07:17:29 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48516

Cette année hartzine s’acoquine à l’un des événements musical les plus pointus d’Europe, le légendaire Berlin Atonal. Mais avant de […]

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Cette année hartzine s’acoquine à l’un des événements musical les plus pointus d’Europe, le légendaire Berlin Atonal. Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, on a tenu à s’entretenir avec les différents acteurs de l’incontournable festival allemand, et on commence ici par Richard Fearless, tête pensante de Death In Vegas qui présentera le 27 août prochain son dernier album Transmission, accompagné en live par la sublime Sasha Grey. L’occasion de revenir sur la genèse de cette collaboration insolite et de l’élaboration de ce disque très éloigné des inspirations rock des débuts de Death in Vegas.

 

Depuis Trans-Love Energies tu es seul à la tête de Death in Vegas, pourquoi avoir continué à garder ton nom de groupe ? Comment t’es-tu habitué à travailler seul ?
Since Trans-Love Energies  you are alone at the head of Death in Vegas, why have continued to keep your band name? How did you get used you to work by yourself ?

Death in Vegas a toujours été mon propre groupe donc ça ne change rien d’essentiel. Aussi longtemps que cette entité restera créativement excitante pour moi, il n’y aucune raison d’y mettre un terme.

Death in Vegas has always been my band so it doesn’t feel any different. As long as I can make it creatively exciting for myself  I see no point in stopping it.

Transmission est un album plus sombre et plus complexe que tes précédents disques, n’as-tu pas eu peur de t’aliéner une partie de ton public ?
Transmission is a darker album and more complex than your previous records, were you afraid or not to exclude some of your audience?

Les meilleurs albums que je pense avoir réalisé avec Death in Vegas – Satans Circus et Transmission – ont été conçus lorsque je ne pensais pas aux ventes ou à ma fan base. J’ai l’impression sur cet album d’être de plus en plus appliqué, meilleur à ce que je sais faire. Plus que la pleine obscurité je ressens cela comme une beauté brisée.

The best albums I feel like I’ve made as Death in Vegas, Satans Circus and Transmission, are when I’ve not thought about sales, fan base. As far as being more complex I just think I’m getting more studied and better at my craft. As far as the darkness it feels to me more like a broken beauty.

Comment s’est réalisée la conception de Transmission ? Tu l’as enregistré dans une configuration très différente de tes conditions habituelles, est-ce cet environnement qui est à l’origine de ce son si particulier, froid et métallique ?
How was made the conception of Transmission ? You have recorded in a very different configuration as usually, is this environment that is the source of this so special sound, cold and metallic ?

Je voulais que le studio vive, que les synthés soient menés par des séquenceurs et des boîtes à rythmes, le tout déchiré par une multitude d’effets. C’est différent par rapport aux structures superposées que j’avais l’habitude d’utiliser dans le passé. L’album a été enregistré live en une série de prises. Le son métallique et froid était délibéré, je suppose que j’essayais de capter l’atmosphère ballardienne du paysage entourant le studio.

 I knew I wanted the studio to run live, synths being driven by sequencers and drum machines, everything split out running through all the delays and outboard gear. It’s different to the more layered way I’d worked in the past. The album was recorded live in a series of passes. The Metallic cold sound was deliberate I guess I was channelling the ballardian landscape surrounding my studio.

Sur ce disque tu collabores avec l’artiste Sasha Grey. Connaissais-tu son travail au sein d’Atelecine ? Comment s’est déroulée votre rencontre ?
On this album you collaborated with the artist Sasha Grey. Did you know her work within Atelecine ? How did you meet ?

En effet, je connaissais Atelecine qui était signé sur le même label que Von Haze, le groupe de mon beau-frère. Mais je ne l’avais jamais rencontrée avant d’échanger avec elle pour cet album.

I did know her work as Atelecine, they were singed to the same label as sister and brother-in-laws’ band Von Haze. But no, I’d never met her before I approached her.

Il semble que Throbbing Gristle ait une grande influence pour toi, tout comme pour Sasha. Cela a-t-il orienté votre collaboration ? As-tu d’une certaine manière tenté avec Transmissions de réaliser un disque plus expérimental, plus industriel ?
It seems that Throbbing Gristle has a big influence on you, as for Sasha. Does it guided your collaboration ? Did you somehow try to realise Transmissions in a more experimental way, most industrial ?

Lorsque l’on a commencé à travailler sur le morceau d’ouverture, Metal Box, je ne cessais de penser à Hamburger Lady, à quel point ce morceau pouvait être incroyablement perturbant, je voulais justement retrouver cette sensation sur l’introduction de cet album. Avec Consequences of Love je voulais me rapprocher de cette sensation un peu pop que l’on peut retrouver sur certains disques de Chris & Cosey.

When we working on the opening song, Metal Box, I keep thinking about Hamburger Lady, how incredibly unsettling it is, and I wanted that feeling for the opening of the album.  With Consequences of Love I was channelling that pop feel that certain Chris & Cosey records have. 

Tu as un large background rock, qu’est ce qui te pousse à te plonger de plus en plus dans l’électronique pure ?
You have a wide rock background, what pushes you to immerse more in pure electronics?

La rock actuel ne m’intéresse pas. La scène électronique est beaucoup plus inspirante pour moi.

I just don’t have any interest in modern rock music right now. The electronic music scene is so much more inspiring to me.

On te verra bientôt en tête d’affiche du festival Atonal à Berlin, que représente cette ville pour toi ?
We’ll see you soon headlining the Atonal festival in Berlin what represents this city for you?

C’est étrange car je ne connais pas très bien cette ville. J’y ai seulement été une paire de fois. J’ai joué au Panorama Bar et honnêtement le club m’a retourné le cerveau et résume à peu de choses près ce que je perçois de cette ville, une certaine idée de la liberté créatrice.
It’s weird I don’t really know the city at all. I’ve only been there twice. One of those times was when I played Panorama Bar. I can honestly say the club blew my mind and to me it sums up so much what I perceive of Berlin,  a certain creative freedom .

Sais-tu déjà comment ton show va s’orienter où t’adapteras-tu au public ?
Do you already know how your show will move or will your set will depend of the audience ?

On va jouer l’album dans son intégralité, je veux voir jusqu’où on peut pousser son interprétation. Et j’espère comme toujours voir le public se lier à nous sur le trajet.

We will be playing the album in its entirety, I would like to see how far we can push this interpretation of the album and as always hope the crowd comes along with us for the ride.

Quels sont tes projets en tant que Richard Fearless et Death in Vegas ? Penses-tu qu’une entité finira par dévorer l’autre ?
What are your plans as Richard Fearless and as Death in Vegas ? Do you think that an entity will eventually devour the other ?

Jamais je l’espère, je ne vois quoi qu’il en soit aucune des deux entités s’arrêter pour l’instant

Hopefully not, I can’t see either one stopping right now.

Audio

Death In Vegas – Consequences Of Love

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Ritual Howls – Spirit Murder (PREMIERE) http://www.hartzine.com/ritual-howls-spirit-murder-premiere/ http://www.hartzine.com/ritual-howls-spirit-murder-premiere/#respond Thu, 04 Aug 2016 15:35:07 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48511

Un travelling avant, lent, effectué à la faible lueur des réverbères survivants qui bordent les rues désertes et décharnées de […]

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Un travelling avant, lent, effectué à la faible lueur des réverbères survivants qui bordent les rues désertes et décharnées de Détroit, Motor City plus magnétique que jamais. Enfin, ce qu’il en reste. La nature y a repris ses droits et étoffe de ses excroissances parasites humides et obscures les décombres de l’envers de ce décor cruel qu’on appelle toujours rêve américain. Maisons abandonnées et friches se succèdent, laissent place au vide, amplifient le silence et offrent la résonance la plus troublante et intense à qui veut bien l’entendre. Au milieu de ce fatras métallique qui s’exhibe entre nature et culture, et redéfinit les lignes d’un nouvel urbanisme, se tiennent les trois silhouettes floues de Ritual Howls. Imperturbables, plus conducteurs d’électricité que voleurs de cuivre, ils reconstituent à chaque album les pièces délabrées de la traversée d’un désert de ruines industrielles sur un mode conquérant. Into The Water sort le 19 août via Felte et cet extrait, Spirit Murder, se boit comme du petit sang et s’écoute comme un assaut belliqueux vécu en sourdine, combiné à un état d’angoisse fataliste sinon d’oppression qui creuse le sillon habité de la voix profonde et fantomatique de Paul Bancell. Bref, c’est-à-dire qu’on est toujours aussi fans.

Audio (PREMIERE)

Tracklist

Ritual Howls – Into The Water (Felte, 19 août 2016)

01. Scatter The Scars
02. Nervous Hands
03. Bound By Light
04. Coils And Magnets
05. God Swamp
06. Park Around The Corner
07. A Thoughtful Beast
08. Spirit Murder
09. Going Upstate

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Mixtape : HomeMade01 by SPT http://www.hartzine.com/mixtape-homemade01-by-spt/ http://www.hartzine.com/mixtape-homemade01-by-spt/#respond Thu, 04 Aug 2016 12:00:08 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48508

Une mixtape vaut mieux qu’un long discours. Notamment l’été. Alors on va parsemer ce mois d’août de quelques décoctions maisons. […]

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Une mixtape vaut mieux qu’un long discours. Notamment l’été. Alors on va parsemer ce mois d’août de quelques décoctions maisons. HomeMade01 by SPT.

01. Lumerians – Murder Dubbs
02. Michael James Tapscott – The Polo Grounds
03. Sterling Roswell – The Girl from Orbit in Dub
04. Carla dal Forno – Fast Moving Cars
05. Deux – Fam Fam
06. Micro Cheval – Face It
07. Fad Gadget – King Of The Flies
08. Das Kabinette – Passionkiller
09. Dark Day – Arp’s Carpet
10. Jeff & Jane Hudson – PCP
11. Lives Of Angels – The Rock Drill
12. A Certain Ratio – The Fox

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Jesse Osborne-Lanthier – A.T.L.H.F.V.A.M.L.T.H.A.T.U. http://www.hartzine.com/jesse-osborne-lanthier-a-t-l-h-f-v-a-m-l-t-h-a-t-u/ http://www.hartzine.com/jesse-osborne-lanthier-a-t-l-h-f-v-a-m-l-t-h-a-t-u/#respond Fri, 29 Jul 2016 18:14:55 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48502

Ça n’en finira donc jamais sur le label du Texan Rabit, une sortie, une calotte. C’est déjà la sixième. Et […]

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Ça n’en finira donc jamais sur le label du Texan Rabit, une sortie, une calotte. C’est déjà la sixième. Et cette fois encore, elle est absolument monstrueuse. Toujours le même format, une trentaine de minutes, entre mixtape et EP, et toujours la même efficacité des sorties d’Halcyon Veil…

Jesse Osborne-Lanthier, est intéressant à plus d’un titre. D’abord, il sort beaucoup de choses, dans des labels aussi différents que Raster-Noton, MIND Records, Where To Now? ou bien pour celle qui nous intéresse Halcyon Veil. Il vit également entre deux continents, à Berlin et à Montréal principalement. On pourrait dire qu’il est un croisement entre la techno, l’électro-acoustique et l’expérimentation large de l’électronique. Cette esthétique, hybride et chimérique, c’est ce qu’on trouve dans A.T.L.H.F.V.A.M.L.T.H.A.T.U. Mi mouvement mécanique, mi grime, mi expérimentation, mi électronique noire.

L’EP se découpe en huit petits mouvements qui vont du bruit mécanique à une sorte d’électroacoustique proche d’une esthétique GRM drone, en passant par quelques re-visitations des ossatures grime, ou encore un travail sur des fréquences sonores qui font penser à la voix humaine. On retrouve bien sûr aussi quelques traits des expérimentations néo-vogue, quelques signaux, quelques sonorités qui nous font nous figurer cela en tout cas. C’est comme si parfois Jesse Osborne-Lanthier réduisait à des figures minimales de reconnaissance possible les sons qu’il utilise. Tel mouvement évoquant telle esthétique. Il y a comme une sorte de dé-construction en tout cas, quelque chose de l’ordre du décortiqué pour n’en garder qu’une chair passée à la moulinette de la vitesse ou de la lenteur. Ce travail de la vitesse et du rythme est essentiel dans cet EP. Les accélérations et les décélérations sont permanentes, jusqu’à en faire une figure, un des tropes de l’EP. Ce travail du rythme est ici une manière de produire le sonore. Décélération et accélération, changeant parfois imperceptiblement les fréquences utilisées par Jesse Osborne-Lanthier.

Le tour de force est toujours de rendre une matière monstrueuse, narrative, à savoir donc une matière hybride ou chimérique, qui mélange les genres. Ici le pari est d’en faire une matière narrative non hiérarchique, une matière narrative sensible, où l’on peut broder à travers les différents mouvements de l’EP, ses propres histoires, ses propres fils d’imagination. Et dans ce cas précis, on peut dire que c’est un coup de maitre réussi par Jesse Osborne-Lanthier. Il y a presque quelque chose dans cet EP de la sorcellerie, ou d’une potion qu’on mélange à différentes vitesses pour en faire varier les effets ou les goûts. Quelque chose de l’ordre, en tout cas, d’un paganisme sonore. Presque une partition mystique, ou bien au contraire une partition solaire. Sans doute cette impression vient du dernier mouvement en featuring avec Bataille Solaire. On y retrouve des voix d’église bizarres, comme celles d’un rituel inconnu. Voilà, cet EP a quelque chose du rituel inconnu.

En tout cas, il y a cette idée d’une matière tendue, et d’une matière troublante. Les matières sonores sont tantôt très rugueuses, tantôt très bizarres, tantôt tourbillonnantes, tantôt linéaires, d’ici ou là surgissent des fréquences improbables, des court-circuits à la linéarité éventuelle de l’EP. On est toujours débordés par les pistes, toujours à côté de ce que l’on attend, toujours ailleurs de ce que l’on peut imaginer. Cette force-là est assez rare. Il n’est pas question, ici, d’expérimentation abstraite, mais bel et bien d’expérimentation sensible, de celles qui vous font pour un temps changer un rapport au quotidien, à la durée, au temps, à l’espace parcouru, à la médiocrité du réel. Ces sorties-là ne sont pas si nombreuses, et il nous paraissait nécessaire de le souligner. L’insurrection sensible par la musique a de beaux jours devant elle. Tentons d’imaginer nos fictions et nos récits pour l’accompagner.

C’est en tous les cas, encore une bien belle sortie chez Halcyon Veil, et on en est très heureux. On pense presque à aller s’installer au Texas, au moins sur Soundcloud.

Audio

Jesse Osborne-Lanthier — A.T.L.H.F.V.A.M.L.T.H.A.T.U.

Tracklist

Jesse Osborne-Lanthier – A.T.L.H.F.V.A.M.L.T.H.A.T.U. (27 juillet 2016, Halcyon Veil)

01. North Face Killah
02. Microchipped
03. Submitting To A Pile
04. Weed Kit
05. Web MD
06. That Captagon Sting
07. CRS
08. Velocity, Bilocation, Pyrokinesis (feat. Bataille Solaire)

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N.A.A.F.I – Pirata 3 http://www.hartzine.com/n-a-a-f-i-pirata-3/ http://www.hartzine.com/n-a-a-f-i-pirata-3/#respond Thu, 21 Jul 2016 09:57:41 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48493

Voilà, c’est maintenant un marronnier depuis trois ans, le collectif mexicano-andin N.A.A.F.I sort sa compilation pirate. Pirate parce qu’elle est […]

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Voilà, c’est maintenant un marronnier depuis trois ans, le collectif mexicano-andin N.A.A.F.I sort sa compilation pirate. Pirate parce qu’elle est composée entièrement de mash-ups et autres bootlegs. On y retrouve aussi bien des tubes de la pop music, que les productions du collectif. Rihanna feat. Paul Marmota remixé par LAO, LAO remixant Justin Timberlake, Rafa Maya feat. M.E.S.H, ou bien encore Alejandro Paz de Cómeme remixé par Imaabs. Au milieu de tout ça, beaucoup de DJ ou de beatmakers brésiliens et plein d’edits de Zutzut ou de Moro (dont on a déjà parlé pour un album signé chez NON). D’ailleurs, on retrouve un remix du premier projet réalisé entre NON et N.A.A.F.I, Embaci, sous la houlette d’OMAAR, autre DJ bien cool qu’on a pu voir dans les soirées Ressources du Nouveau Casino.

N.A.A.F.I est un collectif vraiment bizarre, vraiment monstrueux, l’hybridation des genres est inscrite dans son identité comme la techno pourrait être inscrite dans les gènes de Laurent Garnier. Depuis quelques années maintenant, ils remettent à la fois au goût du jour le ballroom en Amérique latine, et notamment au Mexique, mais organisent aussi des soirées, diffusent sur des radios, et inventent une nouvelle forme du club. Une forme non ethno-centrée. Une forme qu’il est parfois un peu compliqué d’apprécier pour certains puristes de l’électronique. N.A.A.F.I organise aussi des expositions et divers événements qui ne sont pas proprement musicaux et ils participent de la bien grande vitalité de Mexico en ce moment. Parfois aussi, on les voit mixer sous le nom Mexican Djihad. On dira que N.A.A.F.I est sans doute un parent ou un pendant du collectif NON qu’on a beaucoup chroniqué. À une différence près, N.A.A.F.I ne travaille pas exclusivement avec la diaspora, ils sont quasiment tous basés en Amérique latine.

Musicalement, on est dans la définition même du monstre baroque et de la musique monstrueuse. Électronique au sens très large, on vole de la jungle au reggaeton, en passant par le dancehall, le calypso, les percussions andines, la pop la plus dégoulinante, le grime, la trap, le hip-hop brésilien, ou la techno andine. Et c’est un bref aperçu de toute l’hybridité des compilations Pirata. Il y a même une sorte de morceau hard trance de Zakmatic qui ne manque pas d’intrigue… Bien sûr, on ne commentera pas chacun des 28 morceaux de la compilation. Mais ce qui est intéressant avec N.A.A.F.I, comme avec NON, c’est peut-être qu’on est en train d’assister à un assaut sur la musique électronique, et un assaut qui pour une fois n’est pas issu de notre universalisme occidental. Et cela, c’est peut-être déjà une forme de mini-insurrection. En tout cas, c’est une démarche politique certaine, et une démarche assez radicale. On ne va pas parler de déconstruction, il ne s’agit pas de ça, mais néanmoins il y a quelque chose d’une tentative de faire de la musique autrement, en utilisant d’autres matériaux, et d’autres manières d’imaginer la musique.

Autre fait notable, on trouve pas mal de Sud-Africains dans les mash-ups, ce qui confirme que N.A.A.F.I et NON ont sans doute encore de beaux jours et de belles collaborations devant eux. En tout cas, c’est un intéressant renversement d’hémisphère qu’il va nous falloir suivre avec beaucoup d’attention. Une sorte de connexion du monstrueux, du queer pour produire le club de demain, c’est assez joli à imaginer. D’ailleurs, ça n’est peut-être pas un hasard si on retrouve un mash up avec Venus X. Quelque chose est en train de se jouer entre un développement des scènes électroniques mexicano-andines, africaines et les diasporas minoritaires afro ou latino. Une insurrection via les minorités racisées ou sexuelles, d’habitude dominées, ça ne manque pas d’intérêt, et en tout cas ça nous rend bien curieux de l’insurrection queer de la musique électronique qui est à nouveau en train de se produire.

Le devenir-monstre en musique, ça parait quand même un peu classe. Mettre fin à une reproduction permanente des comportements et à la mollesse générale via l’hybridation, l’indésirable a priori, et l’ingouvernable… Du fauve, du sauvage et de l’intempestif dans tous les clubs, ça n’est pas pour demain, mais en tout cas il est en train de se jouer quelque chose d’important , quelque chose de l’ordre d’un renversement des circulations et des flux connus. Comme chacun sait, pour voir venir l’insurrection il ne suffit pas de bloquer les flux, il faut aussi les détourner, les renouveler et en créer d’autres. Court-circuiter la vie quotidienne par la musique bizarre, voilà déjà une étape qu’il va nous falloir suivre dans d’autres trajets.

Alors peut-être, qu’il est temps, avec N.A.A.F.I ou avec NON, de devenir nous aussi, monstrueux, pirates, ou bien simplement de s’émanciper de la mollesse générale et des injonctions à la moralité ou à la normalité dont nous ne sommes pas dispensés dans la fête ou dans l’intime. La normalité d’aujourd’hui n’est pas forcément autre chose qu’une posture transgressive. Peut-être qu’il est temps de tracer des voies diverses, des voies multiples, des voies sensibles et de se repencher enfin sur la question du sens et du sens politique dans la reproduction permanente du même qu’est souvent notre quotidien à tous. Et si on peut le faire avec une compilation, c’est bien avec celle-ci.

Ah oui, et en plus vous pouvez la télécharger gratuitement avec un simple clic droit. Court-circuiter les flux donc. Décolonisons tout, jusque dans la musique, jusque dans notre plus intime, ça ira sans doute mieux. Peut-être.

Audio

N.A.A.F.I – Pirata 3

Tracklist

N.A.A.F.I – Pirata 3 (19 juillet 2016)

1. LA GOZADERA (LECHUGA ZAFIRO CUMBRELATINX TOOL) – GENTE DE ZONA FT. MARC ANTHONY
2. MOET (IMAABS REWORK) – D ENYEL FT. MIKY WOODZ
3. AIRE SUENAN LAS ALARMAS (PIRATA MIX) – PAULMARMOTA X JKING & MAXIMAN FT YAVIAH
4. SPEND THE NIGHT EDIT – PNB ROCK FT. FETTY WAP X ZUTZUT
5. DASCE DANADINHA X ACID – MCS ZAAC E JERRY X IMAABS
6. RECUERDOS DE MY LOVE BOOTLEG – LAO X JUSTIN TIMBERLAKE
7. SAPOS Y DEMONIOS X DALE PA CA BOOTLEG – LECHUGA ZAFIRO X KENDO KAPONI
8. BUST X FOLLOW MUTE (SANTA MUERTE BOOTLEG) – RAFA MAYA X MESH
9. PHONE DOWN ZZ EDIT – ERIKAH BADU
10. BAD GIRL SPANISH REFIX – TRAXMATIK FT. EEVEE
11. DÉJÀ VU SINIESTRO X EL CADERAZO (ZAKMATIC TRA DEMONIO EDIT) – HOCICO X DEEJAAY QIICKEE
12. SI TE DEJAS LLEVAR 2016 EDIT – OZUNA FT. JUANKA X DJ BEKMAN & DJ AZA
13. DEJA TU ESTRES (ZUTZUT EDIT) – LOS TEKE TEKE
14. CLOAK ENGANGED X TU CUERPO ME ARREBATA (WASTED FATES BOOTLEG) – YAN KEEN X TRÉBOL CLAN X J ALVAREZ
15. TRAIANA X SAOCO (TAYHANA BOOTLEG) – SODA PLAINS X WISIN FT DADDY YANKEE
16. DAME MI BANDA (SINFUL REACTIONS EDIT) – EL MEGA X ZAKMATIC
17. GOLOZA X DJ BEKMAN EDIT – IMPACTO MC
18. LOUCO X HOL (SANTA MUERTE EDIT) – B. HYZZ X MC BRISOLA
19. WE FOUND COLAPSO (LAO BOOTLEG) – PAUL MARMOTA X RIHANNA
20. METELE (OMAAR RMX 2) – ZUTZUT
21. CAVE THONG (LAO BOOTLEG) – OLY X SISQO
22. MASSIVE BANG (PININGA EDIT) – MC MENOR DA VG X RUDEBOYZ
23. SAD SNIPER EDIT – DEADBOY X SANTA MUERTE
24. ERIKA KANE X DENSIDAD CERO (LAO REMIX) D33J EDIT – SPEAKER KNOCKERZ X IMAABS
25. BEAUTIFUL GORGEOUS X GOLDEN GIRL (PININGA EDIT) – MC MENOR DA VG X VENUS X
26. EL HOUSE (IMAABS TRASH EDIT) – ALEJANDRO PAZ
27. MENEITO BOOM BOOM ANGELELA PRAYER MIX – MORO X MISTA JAMS X KELELA
28. FREQUENCY (OMAAR RMX) – LAO FT. EMBACI

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SKY H1 – Motion http://www.hartzine.com/sky-h1-motion/ http://www.hartzine.com/sky-h1-motion/#respond Thu, 21 Jul 2016 09:38:18 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48489

Il manquait encore un album de l’été, tradition quasi millénaire des barbecues , c’est toujours un immanquable mélange entre mignon, […]

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Il manquait encore un album de l’été, tradition quasi millénaire des barbecues , c’est toujours un immanquable mélange entre mignon, fleuri et parfois neu-neu sucré. Bien, pour une fois, et on ne s’attendait pas trop à le trouver là, c’est Code, sublabel de PAN qui gagne la palme de la sortie « summer », et c’est très loin d’être neu-neu sucré.

Les lauriers reviennent à une très chouette productrice belge, SKY H1, dont on a déjà parlé puisqu’elle a collaboré entre autre avec le Bala Club et le plus confidentiel collectif berlinois Creamcake. La trame est un peu celle-ci : de l’ambient le plus mignon à une sorte de structure grime toute aérienne. Beaucoup de mélodies au synthé, de percussions clairsemées ici ou là, et beaucoup de cette émotion qu’on aime retrouver dans les sorties de PAN, un travail sensible quoi. SKY H1 explique que Motion est pour elle le moment d’un état émotionnel, une manière d’entrer dans un autre mouvement. Et effectivement ça se ressent à l’écoute, des morceaux sont plus tumultueux, presque plus sombres, à l’image de Night/Fall/Dream, Land ou I Think I Am. D’autres, au contraire, comme Air ou Hybrid qui ouvrent sont tout ce qu’il y a de plus vaporeux-jouissif à l’heure de l’été. Vaporeux mais pas neu-neu donc…

Il y a, en tout cas, une assez grande distinction et une assez grande précision dans les compositions proposées par SKY H1. Quelque chose de léché, de soigné, de très travaillé, notamment sur l’usage des percussions et autres petites basses, jamais elles ne viennent étouffer les nappes de l’Elysian qu’elle utilise, au contraire, il y a quelque chose d’un travail de ponctuation, quelque chose d’un travail de soulignement, de rythme. Vraiment, oui, il y a quelque chose de très distingué (au très bon sens du terme) dans ces mélodies, quelque chose qu’on retient pour sa qualité en tout cas.

Ce qui est certain en tout cas avec Motion, c’est qu’il a ce petit plus de sensible, d’émotion qu’on aime énormément et qu’on ne pensait pas retrouver dans ce qui s’apparentait parfois à une désespérante scène post-vaporwave, néo-R’n’B. Là, on est bel et bien dans une petite pièce de bravoure, dans une orfèvrerie vraiment très impressionnante, en d’autres termes une petite pépite. Le genre d’album qui vous fait changer d’humeur pour la journée, le genre d’album qui vous fait vivre un peu plus intensément le temps du quotidien. Parfois mélancolique, parfois euphorisant, et puis quand même avec un tube incroyable : Air

Finalement, Motion, c’est un peu comme découvrir un jardin abandonné au bord de l’eau, ou une petite jungle à côté de la grande route. Ça donne un peu envie de s’y réfugier et d’y rester pour observer, mais d’un peu loin, ou d’y dormir, ou d’y batifoler, ou d’y donner des rendez-vous secrets, ou de retrouver un amour perdu, ou des âmes qui errent, ou d’y fonder des partis ou des patries imaginaires, c’est au choix, mais c’est vraiment ce genre de sensible-là qu’on y trouve, une multiplication des fictions possibles et c’est vraiment très beau. Juste grande classe et jolie petite claque.

Audio

SKY H1 – Motion

Tracklist

SKY H1 – Motion (PAN, 15 juillet 2016)

01. Air
02. Hybrid
03. Night/Fall/Dream
04. Tell Me
05. Land
06. I Think I Am

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Alexandre Bazin – Full Moon http://www.hartzine.com/alexandre-bazin-full-moon/ http://www.hartzine.com/alexandre-bazin-full-moon/#comments Tue, 19 Jul 2016 09:02:10 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48478

L’ouverture est immédiate, abrupte, immergeante. L’introductif One Plus One semble avoir été composé comme une suite mathématique, une séquence de […]

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L’ouverture est immédiate, abrupte, immergeante. L’introductif One Plus One semble avoir été composé comme une suite mathématique, une séquence de Fibonacci qui ne se prolonge que parce qu’elle est le résultat des deux unités précédentes. C’est un code ronflant et tintinnabulant traité par une ligne de basse monosyllabique et austère qui ne se révélera pas beaucoup plus volubile dans le morceau suivant Outsiders, dont la discrète expressivité sert d’abord les modulations de claviers numériques rappelant l’orgue et le clavecin. Harmonisées dans une structure redondante, elles servent de soutien à des soli de flûte, seul instrument totalement libre de la plage, jouant à cache-cache avec les autres stems avant de faner, comme le reste, dans un crépuscule chaud étiré à l’infini. Tombe la nuit, décide soudain Bazin qui prolonge son approche néo-classique amorcée à la flûte par une brève berceuse au piano, The Glass Key, dont Arvo Pärt n’aurait pas boudé le minimalisme et la délicatesse. Son œuvre, c’est celle-ci, cette dimension cartésienne de l’émotion, l’empathie à travers la structure, maîtrisée, contrôlée. En trois scènes, le Parisien membre du Groupe de Recherches Musicales, à l’occasion partenaire de Jonathan Fitoussi, laisse entrevoir un univers personnel entre traduction cinématographique et métonymie cosmique.

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Comme un prologue, ces trois premiers morceaux ouvrent un album entièrement acquis à la nuit, peut-être bien un album concept. L’orchestration, sans se départir de son ambient minimaliste, gagne en générosité, en trames de fond aux bourdonnements électrisants, suspendus dans l’espace sans révéler leur origine. Youth, par exemple, murmure un blues à l’immortalité robotisée, où subsiste la conscience de l’éternité placide d’un humanoïde au vieillissement inutile. Plus véloce, Runaway esquisse une indolence hispanisante avant de se défiler en une échappée dont les kilomètres s’égrenent à travers une rythmique progressive et répétitive, avant de laisser fuir les premières notes post new-age d’un Silence Of The Sea dont les nappes façonnent un ressac clairsemé de rivage sans tourment. Plus loin, Full Moon, qui donne son nom à l’album et en justifie l’approche concept, joue avec l’espace et le temps dans un phasing craquetant qui perturbe l’équilibre et la concentration: la fuite prend une dimension flottante qui ne trouvera son issue que dans l’envolée ultime de Nova Express et son esthétique kosmische appliquée à une série de sons 8 bits. L’album se referme sur une ascension qui ne rejoindra plus la terre ferme.

Si la brièveté des morceaux empêche le côté extatique des compositions de s’installer bien longtemps, la faute — en est-ce une? — en incombe au penchant de Bazin pour l’ossature mélodique et le métissage des influences qui n’ont pas besoin, chez lui, de plus de cinq minutes pour libérer leur sensibilité. De la même façon qu’un poème peut parfois souffrir de sa longueur et émousser sa stylistique trainante sur d’interminables vers, la musique cherche d’abord sa structure avant de relâcher son émotion.

Audio

Alexandre Bazin – Night Riders

Tracklist

Alexandre Bazin – Full Moon (Umor Rex, 22 juillet 2016)
01. One Plus One
02. Outsiders
03. The Glass Key
04. Night Riders
05. Youth
06. Runaway
07. Silence of the Sea
08. Followers
09. Full Moon
10. Space is the Place
11. Nova Express

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Mistress – Hollygrove http://www.hartzine.com/mistress-hollygrove/ http://www.hartzine.com/mistress-hollygrove/#respond Fri, 15 Jul 2016 09:30:35 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48463

Mistress, producteur basé à la Nouvelle-Orléans, sort un album sur le décidément toujours excellent Halcyon Veil, label de Rabit. On […]

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Mistress, producteur basé à la Nouvelle-Orléans, sort un album sur le décidément toujours excellent Halcyon Veil, label de Rabit. On pourrait dire qu’il s’agit d’un album de grime expérimental qui va du sample le plus classique du hip-hop au glitch le plus bizarre de l’expérimentation. Enfin, du grime on ne retrouve qu’une structure, disons, osseuse. Les codes et les tropes minimaux du genre. On est parfois face à un morceau électronique, parfois face à ce qui pourrait être une instrumentation hip-hop. On retrouve aussi quelques sonorités « vogue », ghetto house, UK, et bass music.

Six morceaux dans cette sortie, et une tension assez palpable, quelque chose de l’ordre d’un équilibre menaçant, d’une structure tendue qui ne tient que par des raccords, des accroches invisibles. Le tout s’articulant autour d’une géographie sonore imaginaire qui ferait des trajets permanents entre US et UK. C’est un album hybride et hétérogène, « monstrueux » donc, où l’on retrouve tout aussi bien les figures d’un genre aussi précis que le grime, que des nappes de synthés d’église, et des mélodies, disons, baroques. Kanagawa Homicide et Behemoth font penser quant à eux à une expérimentation US/Latino Club, un peu un croisement entre Bala Club et Kunq. Il y a une vraie émotivité dans Hollygrove, et c’est une chose assez rare pour la souligner. Quelque chose de l’ordre de la production de sensations et peut-être plus largement de sentiments. Un espace sonore sensible.

En tout cas, il s’agit d’une exploration et d’une expérimentation réussies, et Mistress signe avec Hollygrove la cinquième (déjà) brillante sortie du le label du Texan Rabit, voilà qui semble prometteur pour l’avenir proche et lointain. Par ailleurs, il est quand même assez incroyable de constater le retour des problématiques du baroque, cinq siècles après ses dernières explorations. En musique, comme en esthétique ou en philosophie… Hybridité, hétérogénéité, mélange et multiplication des genres, figure du monstre, de l’anormal, identité multiple, voire désidentification, etc… Mais peut-être que produire le baroque du XXIe siècle est, qui sait, un des objectifs d’Halcyon Veil.

Audio

Mistress – Hollygrove

Tracklist

Mistress – Hollygrove (2 juillet 2016, Halcyon Veil)
01. Lie Dormant
02. Hollygrove
03. MJOLNIR
04. Kanagawa Homicide
05. Behemoth
06. Gatekeeper

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Laurent Garnier l’interview http://www.hartzine.com/laurent-garnier-interview/ http://www.hartzine.com/laurent-garnier-interview/#respond Fri, 15 Jul 2016 09:11:36 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48458

Photo en une: © Richard Bellia Cette année le Sonar a invité Laurent Garnier pour effectuer un incroyable set de […]

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Photo en une: © Richard Bellia

Cette année le Sonar a invité Laurent Garnier pour effectuer un incroyable set de sept heures sur la fameuse scène Sonar Car du Sonar By Night. Rencontre avec un Laurent Garnier, motivé et d’une générosité sans faille qui nous accueille avec le sourire et un « Allez, dites-moi tout ! »

Laurent Garnier, l’interview

Réalisée par Hélène Peruzzaro et Alex au Sonar 2016 (lire le report)

On voulait dans un premier temps aborder avec toi le rapport que tu entretiens avec le Sonar vu que tu y as joué à la toute première édition et ensuite à de multiples reprises…

Je crois que le Sonar existe depuis 23 ans environ, j’ai du en faire plus de 18, 19… J’ai fait beaucoup de projets différents en fait. Ce qui est bien avec le Sonar c’est que tu peux leur proposer beaucoup de choses, ils sont toujours super friands de nouveaux projets. Donc j’ai fait un ciné mix, j’ai fait des lives, des mixes reggae, drum and bass, j’ai même fait un mix sous le nom de DJ Jambon – on a fait beaucoup de trucs un peu différents. Et là cette année encore… Quand l’année dernière j’ai terminé mon set, j’ai joué 1h15… Je leur ai dit : « J’ai envie de jouer plus longtemps, la prochaine fois je veux jouer 6 heures ! » Ils m’ont répondu : « T’es pas cap ! » Je leur ai dit : « Si, l’année prochaine on fait un club et je joue 6/7 heures ! »
J’ai envie de revenir aux racines du Djing, c’est à dire prendre la salle vide et la terminer, essayer de faire en sorte que les gens rentrent et ne bougent plus, restent avec moi, et on construit un truc ensemble.

Toi qui a joué partout, vu la multitude de festivals qu’il y a aux quatre coins du monde – qu’est ce qui différencie selon toi le sonar des autres, que ce soit au niveau du public, etc.

LG : Il y a quelques festivals avec lesquels je travaille depuis longtemps où tu me retrouves souvent. Il y a le Sonar, les Nuits Sonores, le Name à Lille où j’aime bien aller, Astropolis, Time Warp en Allemagne…

Je trouve qu’avec les gens qui organisent ces festivals là, on est très similaires dans notre façon de penser, notre façon d’agir et d’essayer de faire quelque chose où il y a un vrai désir de partage, de faire découvrir des choses. Ce ne sont pas des gens qui sont là pour s’en mettre plein les fouilles et se dire « Tiens, qui est l’artiste qui marche bien aujourd’hui ? On va le booker et ça va remplir la salle… » Le Sonar, ils ne font pas ça, il y a quand même ici quelques artistes super pointus, et puis moi en tant qu’artiste ce que j’aime au Sonar et dans ces autres festivals, c’est que tu y vas et tu ne connais pas tout le monde et tu découvres encore des gens. Je ne suis pas obligé d’aimer tout le monde mais en tout cas je découvre plein d’artistes. Le Sonar, c’est encore un festival qui même pour nous les pros, fait découvrir des choses – et ça c’est pas partout pareil. J’aime bien travailler pour des gens curieux et surtout des gens qui ont la même espèce de philosophie que moi, c’est à dire partager quelque chose.

Cette philosophie, tu penses que c’est quelque chose de générationnel où tu penses que c’est quelque chose plus transversal ? Par exemple tu vas rencontrer des jeunes avec qui tu vas partager cette philosophie, proposer de la nouveauté…

Je pense qu’il y aura toujours et il y a toujours eu des gens qui font les choses de la même façon que toi, comme tu as envie de les faire, et puis d’autres qui font pas du tout de la même façon, c’est pas un truc de génération, ce sera toujours là..

Il y a des nouveaux collectifs en France qui organisent des choses, qui savent très bien s’entourer, ils sont super curieux, ils ont envie de sortir des sentiers battus et donc ils vont faire des soirées dans des nouveaux lieux et il y a toujours plein de trucs qui se passent à leurs soirées et je les trouve super pertinents. Je me sens aussi très en phase avec ces gens là. Je pense qu’en fait c’est une réponse, c’est à dire que les 10/15 dernières années, les festivals sont devenus de plus en plus énormes. C’est vrai que le marché du disque s’est écroulé, donc en tant qu’artistes on ne faisait plus d’argent avec notre musique, donc notre façon de gagner nos vies c’était d’aller jouer sur scène. C’est là que les cachets ont commencé à augmenter, que les managers sont devenus de plus en plus agressifs, c’est là où les choses ont beaucoup changé. Tu as des festivals qui sont rentrés dans le jeu de la surenchère et c’est devenu des espèces de vaches à lait, et il y a plein de festivals qui sont devenus assez vulgaires dans leur façon de programmer ou de voir les choses. Donc forcément quand il y a des choses comme ça qui se passent il y a toujours l’antithèse du truc, des gens comme ici au Sonar, qui reste un énorme festival mais qui propose énormément de choses différentes. Mais aussi des gens beaucoup plus petits qui vont essayer de tenir la barre et se dire « On ne va pas aller dans la même direction que les autres, on va faire des choses beaucoup plus conviviales, qui grincent un peu plus. » Je pense que c’est une réaction à tout ça.

Alors justement, avec le festival Yeah! que tu organises, quel était ton désir ?

LG : On fait un festival dans un village où il y a 900 habitants toute l’année donc on ne va pas amener 15 000 personnes, c’est évident. On fait un festival dans un château du XVe siècle où on a une très belle cour, donc on a la chance d’avoir un lieu assez incroyable qui surplombe le village – quand tu danses devant un groupe tu vois tout le village qui est devant toi… Je pense que si on avait fait ça en se disant on va mettre 5 000 personnes là-dedans ça n’aurait pas été le même truc… On est trois personnes à organiser ce festival, on est tous pères de famille, on a des enfants, on n’a plus 20 ans, on n’a plus forcément envie de se retrouver dans un festival où on va dormir dans des tentes, où on ne va pas dormir pendant trois jours parce que c’est trop le bordel. On fait un festival qui nous ressemble. Donc moi je leur ai dit : « Si on a la chance d’avoir le château, on va essayer de garder ce truc un peu convivial, faire un truc familial… » J’avais très très envie d’avoir des enfants parce que ce sont les festivaliers de demain, parce que dans un village comme ça je pense qu’il faut partager avec tout le monde et donc on s’est dit que, vu que le château est une enceinte fermée, les parents vont être tranquillou, ils peuvent venir avec les mômes, les lâcher, les laisser courir, aller kiffer les groupes mais de leur coté, sans pour autant qu’il y ait papa ou maman qui les regarde. Tout en sachant que les enfants sont dans une enceinte très sécurisée. Donc il y a cette espèce de coolness qui s’est créée autour du festival où les gens viennent vraiment en famille, où le dimanche devient de plus en plus le jour des enfants, les mômes montent sur scène, on voit tous les gamins qui s’éclatent..

Du coup c’est plus un festival d’habitués ou tu vois de nouvelles têtes ?

LG : Bizarrement, oui on a un public d’habitués, on a les parisiens habitués qui tout les ans viennent, les gens qui louent leurs baraques – c’est vraiment un festival familial où on est arrivés à fidéliser un public de trentenaires et quarantenaires. Le truc c’est qu’on fait un festival qui nous ressemble. Nous on aime bien manger, bien boire, écouter de la bonne musique donc on s’est dit : « On va booker de bons groupes qu’on a envie de voir… » Puis après on a travaillé avec un mec qui fait du vin. Il fait de très bonnes choses. Alors la première année on n’avait qu’une seule gamme et l’année d’après on lui a dit : « Attends tu as du super châteauneuf-du-pape, on va vendre ça aussi”, puis on est allés voir les chefs étoilés du coin en leur demandant si ça les branchait de venir faire les repas pour les festivaliers… Donc on a eu un bon restaurant qui propose par exemple du riz aux truffes, c’est quand même pas mal dans un festival ! On a aussi un très bon food truck de burger qui fait de très bonnes choses, ils font aussi le catering. Cette année on avait aussi Pierre-Marie des Nuits Sonores et sa copine qui a une boîte qui s’appelle Notorious Pig, elle vend du jambon. Ils sont venus faire des espèces d’énormes plateaux de charcuterie. C’était vachement bien, tu bois une bonne bouteille tu vois un bon concert…

On imagine que vous voulez rester dans cette veine là, garder les mêmes partenaires, etc.

Oui, parce qu’on est bien puis ce sont des gens qui nous ont fait confiance dès le premier jour. Ce n’est pas parce qu’on grandit un petit peu qu’on va tout changer. Aujourd’hui là, on arrive à notre capacité maximale au château, on sait qu’on ne va pas grandir plus. Ce qui grandit par contre c’est toute la programmation gratuite dans le village. L’année dernière on devait être à 1 500 personnes la journée dans le village, cette année je pense qu’on était à 2 500…

La moitié du festival, c’est du gratos. On est très très sur la limite parce qu’on ne gagne pas un rond, on est plutôt très cools avec les gens qui viennent bosser chez nous, on travaille grâce aux bénévoles. Si on n’avait pas tous ces bénévoles, on serait morts. On a aussi des partenaires qui nous aident beaucoup. Voilà, on est vraiment sur la brèche mais on a envie de garder ce truc comme ça parce que c’est un vrai plaisir. Tous les gens qui viennent au Yeah nous disent : “C’est incroyable, vous avez produit un bon bébé là, c’est top!” Je pense qu’on vend du bonheur, donc c’est important.

Justement en terme de gros bébé, de gros projet que tu as sur le feu. Tu as l’adaptation au cinema d’Electrochoc

Pour être très clair avec toi, ce n’est absolument pas l’adaptation de mon bouquin. Ce n’est ni mon histoire, ni l’histoire d’un autre DJ connu, ni l’histoire du mouvement techno. Ce film est une pure fiction…. Ça fait dix ans que je travaille dessus mais le cinema c’est très long et très compliqué. J’ai toujours voulu faire une fiction. Beaucoup de personnes se sont greffées à cette histoire mais il y a eu un des réals avec qui ont devait bosser qui voulait absolument faire un docu. Mais comme moi j’avais écrit le bouquin, je me suis dit « Oui bien sûr, c’est logique de faire un docu, mais il y a déjà beaucoup de docus très intéressants, je ne sais pas ce qu’on peut faire de plus pour créer la différence… » Comme j’avais passé beaucoup de temps à écrire ce livre, j’avais envie de travailler sur une fiction, mais une fiction très incarnée par rapport à mes questionnements, mon entourage, mes observations. Je voulais parler de choses qui ne sont pas forcement dans le livre.

En fait voilà, je viens d’avoir 50 balais, on a mis du temps avant de vraiment démarrer, ça a mis 4/5 ans a trouver la trame de ce qu’on voulais faire, et depuis ça fait 4 ans que j’écris – j’ai pas l’habitude d’écrire, c’est pas mon truc donc les personnes avec qui j’ai bossé sur le scénario ont mis du temps avant de me décoincer sur l’écriture. Puis après, j’ai commencé à beaucoup beaucoup écrire parce que j’ai pris beaucoup de plaisir et en fait ça a été une espèce de thérapie où plus j’avançais, plus je « fictionnais » l’histoire et plus je rentrais dans le très très loin de moi, le qui, comment, pourquoi. C’est donc devenu de plus en plus perso mais en transposant sur quelqu’un d’autre. Ce ne sont pas les sujets que j’aborde dans le livre. J’ai voulu aller plus loin dans mes réflexions… Parler de choses positives comme l’amitié, la passion, le partage mais aussi traiter des sujets plus sombres comme la rançon du succès, la remise en question en tant qu’artiste ou bien réfléchir sur la solitude inhérente a la route. C’est bien beau quand t’as 20/30 ans, tu as toujours plein de potes pour venir avec toi, venir au Sonar se fendre la gueule. Mais quand t’as 50 balais et que tes potes ont le même âge, qu’ils ont des enfants et des familles et que toi tu vas jouer jusqu’à 7h du matin, les gens n’ont pas forcément envie de venir tout les week-ends avec toi. Ou je me retrouve avec des gens de 20 ans avec lesquels il y a un léger décalage donc c’est bizarre. C’est vrai que plus tu vieillis dans ce métier, plus tu deviens seul – sauf si tu tournes avec un groupe.

J’avais donc envie d’aller un peu plus loin là dedans ; sur ce que c’est de partager tout le temps, d’avoir l’énergie de donner, donner, donner. Mais si à un moment tu oublies toi de recevoir je pense que tu t’assèches – j’ai vachement travaillé à aborder ça dans le film.
C’est vrai que je me pose souvent la question « Est-ce que je reste toujours pertinent? ». Souvent on me dit : « Putain, tu as l’air toujours excité d’aller jouer, est-ce que c’est vrai, tu trouves toujours l’excitation d’aller jouer ou est-ce que des fois tu te lèves le matin et ça te fait chier? ». À un moment, j’ai décidé de faire moins de dates pour rester toujours avec de la sève. Parce que sinon je pense que si je m’emmerde moi-même à jouer des disques je ne vais pas arriver à donner quoi que ce soit aux gens.
Donc voilà, j’ai essayé de travailler entre autres sur ça, ce qui n’est pas forcement évident quand tu penses à la nuit, au DJing.

Donc le film est écrit, quelle est la suite ?

Pour le moment la balle n’est plus vraiment dans mon camp. Comme on a le scénario et quasiment tout le casting français, c’est le moment pour la prod de rentrer en contact avec les financiers/distributeurs/partenaires… C’est là que tout se complique… Fabriquer un film semble être un vrai Tetris fou, comme construire un énorme château de carte sur le fil d’un funambule… Tout peut se casser la gueule a tout moment.

D’ici 3/4 mois (au plus) je saurai enfin si j’ai (on a) bossé dix ans pour rien ! C’est la dernière grande ligne droite avant l’arrêt ou la faisabilité du projet…C’est chouette le cinéma non ? Toujours est-il que ce laps de temps est plutôt le bienvenu à ce stade de l’aventure, je vais pouvoir prendre un peu de recul par rapport à tout ça car ça n’a pas vraiment été un long fleuve tranquille.

© Richard Bellia
© Richard Bellia

En parlant de passion, comment tu vois ton set de ce soir ? C’est quelque chose auquel tu as réfléchi ou tu vas plus te laisser porter par l’énergie ?

Ce n’est pas une réfléxion. Déjà, j’y suis hier pour aller voir la salle, le son est sublime. C’est un lieu très difficile à faire. Une salle dans une salle qui est quand même un gros bordel, et j’ai trouvé le son vraiment bien. J’y étais au moment où il (Four Tet – NDR) jouait du disco. Ce ne sont pas forcement des disques faciles à jouer et ça sonnait, ça claquait, c’était bien. Après, la façon dont c’était éclairé hier, j’ai pas vraiment aimé. Donc je suis allé voir le mec des lumières on en a beaucoup parlé, on a éteint le tour et c’est ce qu’il fallait faire. Eteindre tout, créer un club. La salle me plaît et je pense que quand on va trouver la bonne lumière et créer la bonne ambiance, on va arriver à garder les gens et créer un club dans ce gros bordel. C’est bien pensé. En fait, je n’anticipe rien. Je vais plutôt vivre ça comme un set de club, un peu comme si j’étais au Rex. Je me suis dit que je vais peut-être arriver même une demi-heure avant quand la salle est vide pour jouer des trucs ambient juste pour moi, pour m’installer dans le truc. Dans le fait de ne pas changer de DJ, il y aura une espèce de cohérence toute la nuit, je crois que les gens auront envie de ça. C’était ce que je voulais faire donc j’ai écouté beaucoup, beaucoup de musique. J’ai amené beaucoup trop de musique par rapport à ce que je vais jouer c’est clair, mais je vais essayer d’être le plus fluide possible. Je ne prépare pas parce qu’on ne sait pas ce qui va se passer. On regarde ce qui a en face de toi et on compose avec. Hier quand je suis arrivé, tout était éclairé, j’avais l’impression d’être dans une salle des fêtes. Je leur ai dit : « C’est pas possible, on peut pas rester plus de 10 minutes, faut qu’on trouve une solution. » On a un peu couru pendant des heures on a trouvé le mec des lumières et la solution c’était d’éteindre le tour. Tout de suite, l’ambiance a changé. Les gens ont commencé à danser, c’est devenu bien sexy. Bref, on peut passer d’une salle des fêtes à un vrai club, il faut juste regarder le truc.

En tout cas moi je suis content d’inaugurer pour la première année ce truc-là, je suis content de le faire parce que c’est mon genre d’environnement, je vais bien me sentir, il y a vraiment une bonne vibe.

Tu as eu le temps de voir des groupes, DJ ?

Je n’ai pas vu grand chose, je suis allé voir vite fait Kode 9, puis Congo Natty – bon ça je savais ce que j’allais entendre mais j’aime bien Congo Natty donc c’était cool. Par contre, il y avait un espèce de gugusse qui a joué des trucs super horrible jute après Congo Natty – vous avez vu ?

Oui on a vu. On est passé devant en allant voir Underground Resistance…

Ah oui ? C’était tellement blindé que je n’ai pas pu rentrer… Mais c’était quoi ? Un DJ set ?

Non un live avec Mad Mike, Mark Flash, Jon Dixon, De’sean Jones…


Cool ! Impossible de renter dans la salle tellement il y avait de monde. On est arrivés en retard parce qu’on est allés manger avant – on a fait une connerie… Du coup je n’ai pas vu grand chose d’Underground Resistance et quand on est sortis c’était la fête a Neuneu, le mec jouait de l’EDM pourrave…
Hier soir, je suis resté deux heures sur le set de Four Tet, j’ai vraiment aimé ce qu’il a passé. Je suis parti quand il a commencé à jouer de la techno parce que je ne voulais pas me coucher trop tard… Et puis on a picolé un peu beaucoup de vin donc j’étais fatigué (rires).

Vu tout ce qui sort en ce moment – tous les micro labels – l’offre est tellement incroyable… Est ce que tu te sens proche de certains labels ou artistes émergeants ?

Il y a tellement de choses ! Là avec tout ce qui sort je ne sais pas quel journaliste, quel DJ ou quel mec placé dans la musique connaît tout. J’écoute quasiment entre six et huit heures de musique par jour, de nouveautés, parce que je cherche mais j’ai l’impression que je ne connais rien. J’ai l’impression de n’avoir rien écouté. Je reçois beaucoup, beaucoup de promos puis en plus de ça des fois je vais chercher sur les sites, blogs et putain j’ai l’impression d’en écouter 200 et puis tu fais un tour sur un blog et là BAM tu découvres encore 10 000 trucs ! C’est impossible de suivre.
Ce qui est intéressant quand tu vas écouter quelqu’un, souvent tu ne connais pas un seul disque de ce qu’il joue. Mais c’est vrai qu’on n’a plus les filtres des boutiques de disques. Avant tu allais chez TSF, tu savais que le mec il avait tel goût, il te mettait les sacs de côté. Tu allais voir les mecs de BPM à Paris, tu savais qu’ils avaient toutes les nouveautés de Chicago ou Detroit – les mecs étaient assez calés dans leur truc. Mais là maintenant, c’est un truc de fou. J’ai un petits gars qui m’a envoyé un disque, c’est la quatrième sortie de son label. Je connaissais pas son label – Banlieue Records, c’est un Français . Tu en as entendu parler ?

Non

LG : Moi non plus ! Et c’est la quatrième sortie ! J’écoute le disque c’est juste incroyable. Je reviens vers lui, je lui dit : « C’est de la balle, tu sors d’où mec ? » Il me répond : « Si tu as aimé, tiens je t’envoie la sortie d’avant. ». Il était terrible ! Et en fait c’est un parmi 1 000 que j’aurais dû découvrir. On est totalement largués et Dieu sait si j’écoute des trucs mais je ne connais plus rien.

C’est vrai que souvent on me pose cette question, et franchement je ne sais pas parce qu’il y a tellement de références. Je suis obligé maintenant, quand je travaille, d’être avec des clés. En fait je préfère dans la façon de mixer parce que ça va bien avec ma façon de jouer. J’aime faire des longs mixes et c’est vrai qu’avec les vinyles quand le disque s’arrête, ça s’arrête. Moi j’aime bien me dire à deux minutes de la fin tiens je vais faire une boucle là ou j’aime bien le break je fais une boucle là en live. J’aime bien jouer avec mes skeuds. Puis souvent les intros sont trop courtes donc ça me permet de retravailler en live comme j’en ai envie. Moi ça me va très bien les clés.

Il ne faut pas te parler de « strictly vinyl ».

Ah non moi j’en ai rien à branler, moi faut me parler de « strictly good music » ! Que ce soit du vinyle ou de la clé je m’en fous tant que la musique est intéressante. Il y a un moment le vinyle n’est pas mieux que la clé, c’est juste un support.

On s’est battu pendant 15 ou 20 ans, mais vraiment ça a été très très violent. Parce qu’aujourd’hui les jeunes ne connaissent pas la baston que ça a été il y a 20 ans pour essayer d’amener la techno où elle en est aujourd’hui. Aujourd’hui, ils arrivent et c’est cool, c’est installé. Mais il y a 20 ans on était des PD drogués et donc tu avais tout les flics qui nous crachaient dessus, on se faisait fermer toutes nos soirées. On n’avait pas accès à la TV, on n’avait rien, on était vraiment des espèces de parias. Ça a été vraiment super violent et en plus on faisait de la musique avec des ordinateurs – donc on n’était pas des musiciens, ce n’était pas de la musique. Ça j’en ai mangé pendant longtemps… On s’est battus pendant des années, l’ordinateur est un instrument comme les autres. Et donc ça, maintenant, ça a changé. Maintenant, n’importe quel groupe de rock ou de n’importe quoi utilise les ordinateurs. Et 20 ans après il y a des mecs qui te disent : « Ah non, on va revenir au vinyle ». Bien sûr c’est super de jouer au vinyle, j’aime l’objet, j’aime bien ce que ça veut dire, mais faut arrêter. On s’est battus pour que les choses avancent, les choses sont acceptées aujourd’hui et vous voulez faire les rétrogrades…
Mais tu sais c’est ce qui s’est passé avec le jazz. Le jazz a beaucoup évolué puis quand Miles Davis est mort, Coltran est mort, les mecs se sont dit « 
putain comment on avance dans le jazz? ». En fait ils ont enfermé le jazz dans un truc où le jazz n’a pas avancé pendant des années. Je pense que très souvent, pour chaque gros mouvement musical, il y a un moment où une nouvelle génération arrive en disant c’était mieux avant. Moi je sais que j’ai beaucoup souffert de ne pas avoir vécu les annés 60 parce que j’adore la musique des années 60, je trouve que ça a été une révolution pour plein de choses. J’aurais adoré me retrouver dans un club parisien dans les années 60. J’ai pas pu le vivre mais je suis pas là à me dire « Je joue des 45 tours » le jour où j’ai envie de jouer un peu de rock… Il y a une technologie qui fait que je peux chopper plein de disques aujourd’hui qui ne sont pas édités, qu’on ne retrouve pas, et je peux les jouer grâce à la technologie, c’est génial ! Bon j’ai pas vécu les années 60, c’est pas grave, ça m’intéresse, je lis sur le sujet, mais je vais pas faire le rabat-joie en disant « Oh, c’était mieux dans les années 60. »

C’est vrai que je trouve ça un peu drôle de la nouvelle génération – mais je comprends aussi, quand tu as un mec qui te dit « vinyl only ou tu rentres pas dans mon club »J’ai envie de lui dire : « Toi quand t’es sur la piste de danse, est-ce que vraiment tu entends la différence ? » Je te fais l’essai quand tu veux. En plus, j’achète des vinyles que je digitalise par la suite. Je vais jouer un vinyle puis un vinyle que j’ai digitalisé – tu vas fermer les yeux sur la piste de danse et tu vas me dire lequel est lequel. Est-ce que le morceau joué sur le vinyle est mieux que le morceau joué avec la clé ? Est-ce que le but du truc c’est juste pas de jouer de la bonne musique ?

Mais je comprends, il faut que les gens aient des batailles sinon t’as l’impression de t’emmerder donc ils se sont créé leur propre bataille.

Justement, vous avez un peu fait tout le taf. Maintenant, la techno, ça a été récupéré, ça devient même un argument touristique pour certaines villes, etc.

Oui comme à Berlin. Ou même le Sonar. Mais c’est bien aussi, ça prouve qu’aujourd’hui on a du poids. Ça veut dire que les mecs de Berlin, maintenant ils peuvent aller voir les gens qui dirigent la ville en disant “vous savez l’argent que ça génère, les clubs berlinois le week-end ?”. Je trouve que c’est intéressant qu’on ait des arguments comme ça aujourd’hui – tant que ça reste dans le qualitatif, c’est très bien. C’est bien qu’on ait des gens qui réfléchissent comme ça et qui se disent on n’est plus des petits mouvements de merde ou des gamins de notre coté, c’est super !

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Stefano De Ponti & Nina Haab – Calce http://www.hartzine.com/stefano-de-ponti-nina-haab-calce/ http://www.hartzine.com/stefano-de-ponti-nina-haab-calce/#respond Tue, 12 Jul 2016 07:48:13 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48445

Il est sans doute possible d’échelonner tout ce qui a trait à la minéralité dans la musique sur une droite […]

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Il est sans doute possible d’échelonner tout ce qui a trait à la minéralité dans la musique sur une droite qui partirait de la new age coulante utilisée dans les séances de lithothérapie du Marina Abramovic Institute pour rejoindre le jeu brut et rugueux des sculptures sonores du formidable mais défunt Pinuccio Sciola — un grand écart rempli de versatilité sur l’approche comme sur le fond. On peut en revanche y relever une certaine constante, c’est que cette minéralité est en prise directe avec l’expérience et la sensation. C’est le résultat de la progression de l’état brut de la matière à son expression humanisée: dégrossie, ciselée, sémantisée, elle transmet son contexte, son histoire, et pour certains ses bienfaits.

Le projet Calce (« chaux » en italien) interroge à sa façon le rapport au minéral dans une mise en abyme géologique où le langage des strates entre en résonance avec l’histoire de cette région du Jura suisse entourant la bourgade de Saint-Ursanne. Pensé puis travaillé à deux dans le cadre d’une résidence sur l’ancien site des fours à chaux, aujourd’hui transformé en espace culturel pluridisciplinaire, Calce revisite la mémoire du lieu à travers les performances sonores de Stefano De Ponti et l’édition de l’artiste visuelle Nina Haab, qui rassemble images et témoignages des habitants dans un design dominé par le crayeux du calcaire. De Ponti s’appuie sur l’architecture et le passé sidérurgique du site pour en extraire, à sa manière et dans un parallèle abstrait avec le travail de Haab, des témoignages grinçants, crissants, perlants rassemblés en une chimie acousmatique qui, sur les sens, se substitue au contact tactile de la roche et de sa transformation progressive. C’est le discours des fours à chaux centenaires et de la calcite millénaire, étiré à l’infini par des interlocuteurs pour qui le temps ne compte pas.

Le Premier Son, qui ouvre l’album, est en fait un premier souffle, un halètement humide dégorgé par les profondeurs glaciales et rendu à la vie dans Il Ronzio degli Insetti et son approche concrète aux enregistrements graduellement stratifiés, tantôt vociférant, tantôt soupirant, martelant le métal avec méthode comme pour dompter la sauvagerie retenue de ce morceau cyclothymique. L’album restera fidèle à cette confusion, partagé entre ses nombreuses émotions à l’exemple de K’AN qui psalmodie avec fureur et désespoir un extrait de l’édition de Haab, appuyé par une rythmique syncopée et urgente avant de s’apaiser, en chevauchant le titre emblématique du travail du tandem, Spoken Stones, qui laisse glisser l’auditeur au cœur de la minéralité. Soupirs cristallins, frottements sableux, résonances alcalines, sa longueur donne le temps de circuler entre les couches et matières sédimentaires, non pas en plongée mais en circonvolutions, à la manière d’un filet d’eau se frayant un chemin entre les densités rocailleuses avant de gagner la grotte dont il contribuera à créer les stalactites sans âge. Une éternité confortable, comme cette plage de 22 minutes. Plus acoustique (piano, cordes…) sur les deux dernières pistes HSU et Miniatures, l’approche de cet album étale sa diversité dans un final au minimalisme caractéristique mais dont la texture est, comme ce qui précède, dominée par le contexte sonore — celui de l’enregistrement puis celui du message. Le tout donne à entendre une lecture intéressante de la minéralité en musique, vécue ici aussi sous l’angle de l’expérience et de la sensation.

Audio

Stefano De Ponti & Nina Haab – Calce

Tracklist

Stefano De Ponti & Nina Haab – Calce (Kohlhaas, 2016)
01. Le Premier Son
02. Il Ronzio degli Insetti
03. K’AN / airy abysmal
04. Spoken Stones
05. HSÜ / haunt of waiting and nourishment
06. Miniatures (Bonus Track)

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Puberty – Puberty http://www.hartzine.com/puberty-puberty/ http://www.hartzine.com/puberty-puberty/#respond Mon, 11 Jul 2016 12:52:52 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48423

Si l’on demandait à chaque personne lisant ce papier de définir ce qu’est la puberté, il y a fort à […]

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Si l’on demandait à chaque personne lisant ce papier de définir ce qu’est la puberté, il y a fort à parier que la plupart des réponses qu’on obtiendrait débuterait par nichons et teubs et finirait par poils et règles. Un jargon bien débile, rapport à l’âge ou aux sacro-saintes hormones, qui fait toujours son petit effet. Venant de la part de la tête pensante de The Intelligence, ça va, on est large, ça aurait très bien pu être pire.

Ainsi donc va la vie pré-adulescente de Lars Finberg, full score sur l’échelle de Tanner, qui s’autorise sur ce coup une embardée enflammée du côté de Born Bad. Accompagné de la claviériste « intelligente » Susanna Welbourne, il réinjecte des stars et des stripes au catalogue plutôt tricolore de Jean-Baptiste Guillot. Sans pour autant que ça jure avec le reste. L’esprit Puberty fait montre d’un même côté puriste et décalé, l’identité burlesque à la vie à la mort chère à Lars Finberg en plus. L’introduction du disruptif Coke Machine, par exemple, est très fidèle au rythme de (They Found Me In The Back Of) The Galaxy, single imparable de The Intelligence s’il en est, laissant présager pour la suite une sorte de délire cour de récré, immaturité assumée et poilade garantie.

Ni sérieux ni dégénéré, Puberty se situe à la frontière des deux, les lignes mélodiques ont le rôle principal, faites de motifs instrumentaux nettement dessinés et faussement élémentaires, à l’air candides. Les chants rectilignes n’ont pas plus d’effet que celui d’être un peu retardés et c’est tout ce qu’on demande : un savant équilibre entre le frais, le délicat et le fantasque, orchestré par l’extravagant M. Finberg. Uptown lève le voile sur les intentions de deux loustics avec une courte dose de petites harmonies et, trente minutes dansées plus tard, Downtown, morceau de clôture, met un point final à la double personnalité de Puberty. Assez wild thing derrière leur nonchalance bienheureuse, Lars Finberg et Susanna Welbroune s’en donnent à cœur joie, brouillent les pistes et offrent deux niveaux de lecture à la chose. Le soin qui prévaut au début, le genre raie sur le côté et cheveux gominés, laisse vite transparaitre un épi, puis deux, et trois et c’est toute cette tignasse sonore qui s’affole ensuite. Haunt My Trash incarne parfaitement la progression biaisé de chaque morceau composant le disque, résumant dans le même temps l’histoire de leur nom et de leur musique.

Audio

Tracklist

Puberty – Puberty (Born Bad Records, 04 mai 2016)

01. Uptown
02. Invitations
03. Coke Machines
04. Parties
05. Hate
06. Haunt My Trash
07. Teenage Death
08. Moonlight
09. Skeletons
10. Nature Calls
11. Downtown

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Rabit – Excommunicate http://www.hartzine.com/rabit-excommunicate/ http://www.hartzine.com/rabit-excommunicate/#respond Sun, 10 Jul 2016 19:34:59 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48440

Baptism, Communion, Excommunicate. Rabit, dont on a déjà parlé ici, est un de ces producteurs étranges qui multiplie les casquettes. […]

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Baptism, Communion, Excommunicate. Rabit, dont on a déjà parlé ici, est un de ces producteurs étranges qui multiplie les casquettes. Il a son label, Halcyon Veil (excellent, on avait parlé du Why Be, du Angel Ho, et on avait oublié de parler du fou Imaginary Forces), il produit également des morceaux avec la scène grime ou le crew NON (un très bon mini EP avec Chino Amobi), il est aussi un des DJ que l’on suit attentivement malgré ses rares apparitions dans nos contrées. Mais quand même, quand on relie ces trois albums sortis pour les deux premiers chez le très bon Tri Angle, et pour le dernier auto-produit à 50 exemplaires, on se demande si Rabit n’est pas en fait un mystique d’un nouveau genre.

Jean de la Croix est une figure importante de la mystique chrétienne du XVIe siècle, il théorise, raconte la nuit comme moment d’abandon nécessaire à la connaissance et à l’union avec Dieu. « La foi est nuit », écrit-il dans La Montée du Carmel. Il y a pour Jean de la Croix une connaissance exclusivement obscure de Dieu. « La foi est une habitude de l’âme, certaine et obscure en même temps », dit-il dans le même ouvrage. Bien loin de faire une hagiographie de Jean de la Croix, ou de faire un coming out chrétien, force est de constater que cette idée de densité dans l’in-connaissance liée à la nuit et à l’obscur, correspond assez bien aux productions de Rabit. Qui plus est, les titres de ses trois albums étaient une invitation à une lecture un peu mystique de sa musique. Ce qui est assez amusant avec la musique de Rabit, c’est qu’elle a très rapidement été étiquetée grime. Pourtant, lui s’en est toujours défendu, préférant dire qu’il faisait de la « rap music ». Une sorte de croisement expérimental bizarre entre des codes d’un certain hip-hop et de la musique électronique. Dans Excommunicate, il pousse le vice jusqu’à  produire un album qu’on pourrait qualifier d’électro-acoustique tant les matières sont torturées. Peut-être, qu’on pourrait parler d’une sorte d’obscure musique mystique électronique. Peut-être aussi, que comme le déclarait Rizzla dans une interview, la répétition des néons des clubs et des mêmes rythmes techno l’a conduit à envisager une nouvelle approche de l’électronique.

Il y a en tout cas dans la musique de Rabit une obscurité bienvenue. Excommuniate compte dix morceaux. Et il se parcourt comme une aventure sonore, une narration, un récit. Un récit fait de matières sonores étranges. Parfois très métalliques, très industrielles, parfois au contraire très aériennes, mélodiques. Ça donne un récit abstrait. Quelque chose de l’ordre d’une abstraction sonore où l’on ne sait vraiment pas se loger. Il y a un caractère dérangeant dans son travail. Un caractère angoissant et cathartique. Une épaisse obscurité dont on essaie de sortir. Une étrange obscurité qu’on essaie d’appréhender. C’est une musique bizarre, une musique étrange, une production quasiment anti-club et pourtant, non sans faire émerger une tension nécessaire à la danse comme sur Scarz, Let Moss Be Moss ou Penance. Il y a quelque chose d’une grande sincérité, comme une exploration d’un intime cérébral qu’il convenait, qu’il y avait nécessité à produire en musique.

Définitivement, Rabit s’impose comme l’un des producteurs les plus inventifs du moment, un producteur qu’il convient de suivre autant pour son label, que pour ses sets, ses remixes (citons son remix de 4% de Jesse Osborne-Lanthier & Grischa Lichtenberger), ou ses productions. Il serait temps qu’on le voie invité en France dans un endroit ou un autre. Et j’avoue qu’il serait assez tentant de le voir au milieu d’un planétarium en système son 5.1. Il est quand même rare de pouvoir pénétrer dans une tête qui ne renonce pas, Excommunicate est de ce genre d’album là, et on voudrait en entendre plus souvent ! On attendra donc avec impatience les prochaines sorties de cet obscur Texan, en imaginant qu’un jour les clubs le feront jouer au milieu d’une grande foule ébahie et mal à l’aise, ou qu’une église l’invite à ré-activer la mystique de Jean de la Croix, qui sait !

Audio

Rabit – Let Moss Be Moss

Tracklist

Rabit – Excommunicate

01. Shroud
02. Intrepid
03. Splatter Cell
04. Scarz
05. Paisley
06. Searching
07. Let Moss Be Moss
08. Regret
09. Penance
10. The Light Of The World

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Arca – Entrañas http://www.hartzine.com/arca-entran%cc%83as/ http://www.hartzine.com/arca-entran%cc%83as/#respond Sun, 10 Jul 2016 19:12:11 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48437

« Ses impacts émotifs semblent résonner sourdement, presque feutrés, presque étouffés ; et c’est cet effet d’amortissement (…) qui prolonge […]

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« Ses impacts émotifs semblent résonner sourdement, presque feutrés, presque étouffés ; et c’est cet effet d’amortissement (…) qui prolonge les durées de ces impacts (…) » – Mehdi Belhaj Kacem, eXistenZ

Arca est un monstre mutant, il ne produit que des albums monstrueux (dans tous les sens du terme). Entrañas ne fait pas exception, bien au contraire. Peut-être d’ailleurs qu’on doit envisager Entrañas comme une pièce sonore, une sorte de performance tenue, ou une mixtape d’un nouveau genre. Des gémissements, des bruits étranges, des boîtes à rythme, de la musique concrète, des synthés d’un genre inconnu, du chant en espagnol, des vocaux R’n’B très vocodés perchés, une envolée très mystique de cathédrale et des feux d’artifice, voilà les ingrédients qu’on retrouve dans Entrañas. Après l’introspection et l’extraversion de Xen et de Mutant, nous voilà dans les entrailles, l’intime d’Arca. Dans le bide, tout au centre, dans son second système nerveux. Stridence, vitesse, densité, accélération et décélération, boucle et réitération, Entrañas est une matière très épaisse. Une sortie comme on aime, une sortie qui trouble l’écoute.

Bien sûr on retrouve chez Arca tous les codes habituels de la scène électronique d’aujourd’hui, il en est d’ailleurs sans doute une des grandes figures de proue. Néanmoins, on n’est pas sans se dire qu’Arca fait de la pop music, de la pop bizarre, de la pop qui rape, qui grince mais de la pop quand même. Björk ne s’était définitivement pas trompée en lui confiant les arrangements de son dernier album. Entrañas est ce genre de production sonore qui a ce caractère sensible si rare et si précieux, c’est une pièce bizarre, une écoute bizarre, mais clairement, c’est aussi une pièce qui produit des impacts puissants, des émotions, du sensible, des déplacements dans notre quotidien, pour ne pas dire quelques ruptures des évidences. Un intime mental, voilà donc ce dont il est question, et c’est un chemin qui a l’air tortueux. Un intime mental, c’est figurer par la narration sonore, un état qui se trouve au milieu de la tête. Un état progressif fait d’expériences, d’intensités et de perceptions. C’est aussi produire une durée particulière, une contre-durée. Faire une pièce de troubles, de sentiments différents et de perceptions particulières qui s’entrechoquent, c’est un peu ça, Entrañas, et c’est très réussi. Encore une fois…

À signaler aussi, le beau travail de Jesse Kanda (encore lui) pour l’artwork de l’album.

Audio

Arca – Entrañas

Tracklist

Arca – Entrañas (04 juillet 2016)

01. Pérdida
02. Torero
03. Culebra
04. Vicar
05. Cement Garden interlude
06. Baby Doll ft. Mica Levi
07. Lulled
08. Think of ft. Mica Levi & Massacooraman
09. Clocked
10. Pargo
11. Turnt ft. Total Freedom
12. Girasol
13. Fount
14. Sin Rumbo

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Nunu – Mind Body Dialogue http://www.hartzine.com/nunu-mind-body-dialogue/ http://www.hartzine.com/nunu-mind-body-dialogue/#respond Fri, 08 Jul 2016 09:10:47 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48431

On pensait la scène « monstre » française bloquée dans le néo-R’n’B Tumblr. Force est de constater pourtant qu’avec le […]

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On pensait la scène « monstre » française bloquée dans le néo-R’n’B Tumblr. Force est de constater pourtant qu’avec le French Work sorti en avril, qui explore une french touch du footwork, et surtout avec la dernière sortie du label de Los Angeles Astral Plane, Mind Body Dialogue, que la France n’est pas en reste dans l’expérimentation électronique. Si depuis maintenant quelques années, la scène techno hexagonale s’est bien renouvelée et épaissie, on attendait qu’il en soit de même pour la scène électronique au sens plus large. C’est maintenant chose faite semble-t-il. Mais loin de là l’idée de faire un constat, ou un bilan de l’inventivité nationale concernant les musiques d’aujourd’hui. Mind Body Dialogue de Nunu, un type de la France souterraine, est juste vraiment assez brillant. On retrouve une touche propre à la scène monstrueuse dont on parle beaucoup, NON Worldwide, Janus en particulier. Une sorte de musique électronique à contre-temps, et pleine de matières denses.

On connait Astral Plane pour des compilations sorties autour de 2014/2015 où l’on retrouvait aussi bien Air Max 97, que Rushmore, Mechatok, Soda Plains, Malibu ou Divoli S’vere. Croisement déjà intéressant entre le Bala Club, la scène néo-ballroom, Fade To Mind, Night Slugs et la vogue music plus traditionnelle. Et voilà qu’au milieu de tout ce brassage, on retrouve Nunu. Dans Mind Body Dialogue on retrouve des sonorités qui ne sont pas sans nous rappeler Why Be ou Chino Amobi, Lotic ou Kablam, une manière d’approcher la musique club avec un esprit différent. Encore une fois c’est une musique qui produit des contre-mouvements du corps face au dancefloor traditionnel. Saccade plutôt qu’autoroute du bras levé et de la tête remuant discrètement. Des samples qui ressemblent à des cris de bêtes sauvages ou humaines, et un effet stroboscopique des basses, des boucles bizarres et quelques mini-nappes mélodiques réitérées en boucle plus ou moins accélérées. Bref, une évidente tentative d’imaginer par la musique une critique du rythme.

Si l’on considère qui plus est le titre de l’EP Mind Body Dialogue comme un énoncé performatif, on se retrouve presque dans un manifeste philosophico-musical, qui n’est pas sans rappeler les tentatives de nos réalistes spéculatifs préférés de dépasser le cogito cartésien. Et puis ça pose une question intéressante dans la musique, et particulièrement dans la musique électronique et club. Quel serait ce dialogue corps-esprit dans cet espace si particulier de l’écoute, ou bien au contraire, cet autre espace si particulier du club ? Est-ce que pratiquer le club, change notre rapport au temps, à l’espace, à la durée, à l’esprit, à la perception, au phénomène. A priori, on serait tenter de répondre oui. Pour autant, il y a aussi bel et bien aujourd’hui une norme du club. Un club qui n’est plus un espace autre ou hors du quotidien. Il y a le club comme parodie de la transgression, qu’elle soit communautaire ou non-communautaire, le club comme absolu lieu normal de la consommation, et puis, encore parfois, le club comme lieu bizarre, comme lieu sauvage d’une certaine émancipation du corps et de l’esprit, pour un temps, une soirée. Cette dernière pratique du club est bien évidemment minoritaire. Le club aujourd’hui est surtout une répétition du même, de la même soirée éternelle, autour des mêmes rythmes éternels, des mêmes parodies transgressives éternelles. Mais qu’est-ce que produit cette même musique « monstrueuse » quand elle rentre dans notre quotidien comme il va ? Quand elle rentre dans un club. Est-ce que ça ne changerait pas non plus notre rapport piéton au monde, ou notre rapport à notre appartement, à notre danse, à notre manière d’imaginer une soirée en créant d’autres manières de se déplacer, de penser et de danser en intérieur comme en extérieur, en club comme dans la rue ?

Le monstre est par essence indésirable et intolérable, il repose sur cette idée d’un corps (et peut-être d’un esprit) anormé. Un corps qui dépasse de ce que l’on perçoit d’habitude comme un corps. La question qu’on aurait envie de se poser alors, peut-être, c’est qu’est-ce que ça pourrait être un mouvement monstrueux ? Quelle brisure ça pourrait-être en tout cas. Et quelle brisure pourrait provoquer une musique monstrueuse dans nos rapports normés au corps et à l’esprit ?

Pour en revenir à Mind Body Dialogue, l’EP se compose de six morceaux, dont on dira qu’ils tiennent autour d’une sorte de centre en mouvement, « Core ». On retrouve, comme dit précédemment, des samples d’une scène qu’on commente abondamment, celle de Non ou celle de Janus, on retrouve aussi des choses qui nous font penser aux dernières productions de Lee Bannon. C’est un EP à la fois très angoissant et très dansant. Ça tient du mouvement étrange, c’est parfois très circulaire, parfois très saccadé, c’est assez difficile de s’y placer. Mais c’est surtout vraiment assez remarquable. On est quand même très heureux de constater que l’expérimentation ne s’en tient plus en France à la scène électroacoustique très dynamique. Très heureux d’entendre qu’on peut travailler autour d’une matière électronique élargie, et très heureux d’imaginer que peut-être la saccade et le bizarre remplaceront bientôt le 4×4. Peut-être qu’en fait c’est déjà le cas. Des petits glitches, des bruits mécaniques, des contre-temps, bref un mouvement permanent du son, une non-hiérarchie du ton, une densité des matières. Et si Pierre Boulez avait fait de la musique électronique, ça aurait ressemblé à quoi ?

Audio

Nunu – Mind Body Dialogue

Tracklist

Nunu – Mind Body Dialogue (Astral Plane, 01 juillet 2016)

01. Punani
02. Mind Body Dialogue
03. Core
04. Gear
05. Hateful
06. Cog

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Staycore – Erelitha http://www.hartzine.com/staycore-erelitha/ http://www.hartzine.com/staycore-erelitha/#respond Fri, 08 Jul 2016 08:15:46 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48425

Un collectif/label dont on parle un peu moins, mais autour duquel on tourne pas mal depuis quelques temps déjà, c’est […]

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Un collectif/label dont on parle un peu moins, mais autour duquel on tourne pas mal depuis quelques temps déjà, c’est Staycore. Des Suédois bien intéressants réunis autour de Dinamarca, Toxe, Mechatok, Mobilegirl et quelques autres. Enfin des Suédois, des Suédois Soundcloud, donc forcément ça brasse large autour du monde, des Bernadotte contemporains, on dira. Staycore est plutôt connu pour ses compilations d’été (SUMMER JAMS 2K15 notamment)et quelques EP (Muscle Memory de Toxe par exemple).

Erelitha est la dernière sortie du collectif et elle réserve plein de belles surprises. Une intro sur des bruits d’orages et des instrus néo-R’n’B; un morceau vraiment très très cool d’Oklou, assez différent des productions habituelles de la jeune Picte, plutôt Lotic que le R’n’B tumblr « post-internet » de Coucou Chloé ou Lauren Auder sur ce coup là, et c’est vraiment très réussi (en plus il y a des petits bruits d’animaux bizarres sur le morceau). Trois tubes qui s’enchainent, Bite de Toxe (qu’on a beaucoup aimé pour un remix débile drôle de Britney), Day lite de Mechatok (qu’on connait plus comme producteur), Tanta Negro de Zutzut (qui d’habitude traine ses guêtres chez les Mexicains de N.A.A.F.I) et même un morceau de MM, Miss Modular, dont on avait vraiment bien apprécié la dernière sortie néo-voguing techno bien méchante chez les Londoniens de Her Records. Ça fait déjà pas mal de raisons de télécharger cette compilation d’un été suédois.

Globalement la compilation est construite comme une mixtape, ce qui lui donne une cohérence plutôt intéressante. On retrouve quelques tropes de la scène monstrueuse qu’on essaie de définir depuis les premières sorties de Lotic. Des samples de voix bizarres, une manière de pratiquer la boucle, de jouer sur les codes aussi bien du dancehall, du dubstep, que de la vogue musique ou de la techno. Et un soin particulier apporté à la basse, ou à la percussion à contre-temps. Staycore mélange aussi cette scène monstrueuse avec une certaine frange de la scène R’n’B d’aujourd’hui qu’on aime bien, et notamment plein de petites instrumentations mignonnes au synthé ou un goût pour les tentatives de ré-utilisation des sonorités eurodance, dancehall et vaporwave (RIP).

Ça donne une compilation plutôt bien dans l’air du temps, plutôt très intéressante et qui n’est pas sans rappeler la compilation Bala Club dont on a parlé il y a quelques jours. Une version scandinave de la scène club qui remue un peu nos habitudes molles de conservateurs.

Il y aussi dans cette compilation, déjà une sorte d’héritage, et peut-être qu’il serait intéressant de revenir un jour, notamment sur les productions et remixes de Nguzunguzu et de ce que ce duo new yorkais a pu apporter comme relecture, d’abord de la scène new yorkaise issue des années 90/2000 (notamment le Gang Gang Dance de Brian Degraw), de la scène vogue et aussi d’une scène R’n’B qui émergeait déjà à la fin des années 2000. Je crois qu’on peut affirmer maintenant que Fade To Mind, Night Slugs et GHE20G0TH1K ont participé d’un véritable élan dans la musique d’aujourd’hui, il serait peut-être temps de se pencher sur la question.

Quoi qu’il en soit, Erelitha est un beau croisement entre une scène monstrueuse, une scène happy hardcore,, et une scène R’n’B d’aujourd’hui. Un croisement qui est au cœur de la musique comme elle se renouvelle, et c’est vraiment plutôt très pertinent comme insurrection, on ne cesse de le répéter. Et puis c’est quand même une ode à l’été! Mais un été mondial, et comme vous le savez, c’est une chose qui n’arrive jamais. Pour une fois, et dans une seule et même compilation, tous les pôles imaginent une saison fictive. Une saison qui n’existera jamais. C’est beau d’imaginer cela, une narration autour d’une saison fictive entre les deux hémisphères. On vous laisse apprécier la petite histoire.

Audio

Staycore – Erelitha

Tracklist

Staycore – Erelitha
01. Erelitha
02. Pininga – Gaibu
03. Oklou – Silicium
04. Toxe – Bite
05. Mechatok – Day Lite
06. Zutzut – Tantra Negro
07. Jackie – Twi
08. MM – Zero-G
09. Resla – Nitro
10. Dinamarca – Libro
11. Mobilegirl – GGC
12. Don Sinini – Chapati

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On y était : Sonar 2016 http://www.hartzine.com/sonar-2016/ http://www.hartzine.com/sonar-2016/#respond Fri, 08 Jul 2016 07:07:06 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48397

On y était : Sonar 2016, du 16 au 18 juin à Barcelone, en texte et en images Les années […]

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On y était : Sonar 2016, du 16 au 18 juin à Barcelone, en texte et en images

Les années passent et certaines choses ne changent pas, nous sommes mi-juin et je suis à Barcelone pour le Sonar.  Cette fois-ci en revanche, j’avais envie de faire les choses différemment, plutôt que de faire mon marathonien à essayer de voir tout ce qui passe et à enchaîner trois événements off par nuit j’ai pris le parti de me la jouer plus relax, de me concentrer simplement sur quelques trucs, de profiter des potes en vacances, de bouffer gras et d’aller dépenser mes thunes chez Discos Paradiso. Cette fois-ci je comptais rentrer avec des disques dans mes bagages plutôt qu’avec un sévère cas de tremblotte et des cernes dignes des corpse paint les plus trüe. Je me suis également débrouillé pour prendre mes billets d’avion n’importe comment et arriver après la master class de Brian Eno et les concerts de Lady Leshurr et de King Midas Sound + Fennesz, histoire d’alléger mon planning un peu plus et de passer à côté de trucs qui m’intéressaient beaucoup.

Au lieu de ça, à mon arrivée, je tombe sur The Black Madonna du côté de la grande scène extérieure. L’Américaine est une régulière du Panorama Bar mais elle est surtout la DJ résidente et la directrice artistique du Smart Bar à Chicago, ce qui n’est pas rien quand on connaît l’histoire du lieu. Les premiers sons sur la playlist sont très feria, plutôt grossiers, et j’ai bien l’impression qu’on est partis pour assister à quelque chose de bien moche avant qu’elle ne se décide à envoyer des morceaux plus early house pour une ambiance sonore style amour entre hommes et multi-ethnicité façon Paradise Garage ou Warehouse, ce qui est de bien meilleur goût et fonctionne tout autant auprès des mongols dans une fête en plein soleil.

Je bouge de scène et me cale pour le live de Insanlar, projet live du DJ et producteur turc Baris K et du compositeur Cem Yildiz au saz et au chant. Les deux complices sont accompagnés sur scène par différents collaborateurs, aujourd’hui un batteur et un percussionniste. Le groupe fait doucement monter des constructions rythmiques lentes et hypnotiques sur un fond de drones, comme en apesanteur dans un liquide amniotique avant de laisser pénétrer des éléments de musique folklorique ottomane et des accents rock pour accoucher d’une énergie smooth mais implacable et surtout terriblement contagieuse. Les nappes de synthés se mêlent aux phrases de saz et la litanie de cette voix noyée d’écho est ponctuée par les attaques de toms ou de darbouka. Malgré mes nombreux loupés de la journée j’aurai quand même découvert un live intéressant, finalement c’est un peu ça le Sonar, il a toujours quelque chose à apprécier même lorsque l’on passe à côté de ses cibles initiales.

© Sonar
© Sonar

Il est ensuite temps de bouger dans une galerie à l’extérieur du Sonar où se tient une sauterie sponsorisée par Ableton histoire de s’enfiler des bières gratos. Une DJ au style très health goth enchaîne les saucisses techno allemandes pendant que la marque préférée des amateurs de MAO présente en display sa dernière gamme de contrôleurs (sûrement une grosse banane). Mais ce soir c’est soirée déconne donc on part se terminer au showcase L.I.E.S. dans cet horrible lieu qui pourrait aisément faire figure de cercle de l’enfer dans l’œuvre de Dante : le Razzmatazz.

Par chance on évite les grandes salles remplies d’étudiants Erasmus pour se retrouver au Lolita, la plus petite scène de cet hypermarché de la nuit. L’ami 45 ACP envoie un set dark et sérieux, ça tape où ça faut même si je dois admettre que j’ai plus un faible pour ce qu’il fait sous D.K., son autre alter ego, mais bon les deux entités sont bien trop différentes pour être comparables. Ron Morelli et Low Jack enchaînent en b2b et le but semble clair : envoyer de la violence façon Panzer Division. Faut dire que ça colle pas mal à l’atmosphère essentiellement masculine matinée de sportswear qui règne ici, une lumière néon et je me sentais presque comme dans la salle de sport en face de chez moi. Le reste de la soirée ressemblera à une fin de soirée classique au Razzmatazz, à savoir une course d’orientation dans la fange humaine. Quand on sort de là on se sent un peu comme le personnage de Tim Robbins dans cette scène de The Shawshank Redemption où il retrouve l’air libre après avoir rampé dans un tunnel rempli d’excréments.

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Le lendemain on est fatalement un peu sale et le live d’Ata Kak tombe à point nommé pour se décrasser. En plein soleil, le jeune Ghanéen de cinquante piges va rééditer sa superbe performance de la Villette Sonique toujours accompagné de son backing band de feu et de sa joie communicatrice.

On enchaîne très brièvement avec le sound system de Congo Natty qui a dû faire vibrer tous les adeptes du carnaval de Notting Hill parmi lesquels beaucoup ont dû oublier de voter « stay » (on vous a vu les Anglais, sous prods et bière avec des coups de soleil en guise de t-shirts), avant de patienter sagement devant la scène du SonarDôme pour LE truc que je voulais voir par dessus tout : le live de Timeline, dernière incarnation scénique du mythique collectif de Detroit, Underground Resistance.

Après une introduction par un Monsieur Loyal estampillé UR qui aura fait l’effort de s’adresser à la foule en espagnol, « Mad » Mike Banks, fondateur et figure de proue de l’équipe, prend le contrôle des opérations derrière ses synthés et ses séquenceurs, sac à dos sur les épaules, casquette bien vissée sur la tête, comme un putain de pilote d’hélicoptère. A ses côtés le DJ/producteur Mark Flash assure la section rythmique à base de loops sur platines et de percus tandis que Jon Dixon de Galaxy 2 Galaxy aux claviers et De’Sean Jones au saxophone sont font plaisir sur les thèmes et les improvisations mélodiques.

Pendant plus d’une heure les quatre bonhommes vont nous faire voyager dans l’univers musical de la Motor City, du jazz à la house en passant par des clins d’oeil Motown et des mouvements purement techno, l’expérience est intense, jouissive. Plus qu’un simple état des lieux ou un medley bien senti, leur performance repousse les définitions de la musique noire moderne, une musique encrée dans une histoire riche, mais plutôt que de porter un regard nostalgique sur un illustre passé, Underground Resistance fixe le futur droit dans les yeux et transcende les genres pour finalement faire éclater les chapelles musicales et emmener l’auditeur dans cette énergie hors du commun. Je retiendrai également ce moment magique où Jon Dixon a quitté ses workstations pour venir au devant de la scène et se lancer dans un question/réponse keytar/saxo épique avec le gars De’Sean pendant que Flash maltraitait son pad de percus comme un joueur de djembé énervé et que Banks alternait leads free et motifs kraftwerkiens.

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Après cette immense claque je passe devant le live de Santigold comme une somnambule et je quitte la site du Sonar pour rejoindre les potos dans un événement off en bord de plage avec au menu Marcellus Pittmann et notre chouchou de chez Rush Hour, Hunee. Au Sonar on rencontre toujours des gens qui ne jurent que par le off, alors OK, observer une faune décomplexée par la prise massive de drogues dans des lieux qui sortent plus ou moins de l’ordinaire peut avoir un côté sociologiquement intéressant voire carrément amusant mais le truc à savoir, c’est que ces mêmes gens n’ont jamais mis les pieds au Sonar « in ». En fait le clivage est assez simple, le in pour écouter de la musique et le off pour se cramer le cerveau comme un débile. Ça peut paraître un peu simpliste et radical comme distinction mais c’est frappant tant on peut constater à quel point la plupart de DJ sur les événements off ne se prennent pas la tête dans ce qu’ils proposent, à savoir des tracks de teuf bien flingués sur un fond de tech house pour jeunes fatigants et fatigués. Cerise sur le gâteau Hunee ne jouera même pas, la faute à un vol annulé en provenance d’Italie.

A ce moment là je me dis que j’aurais sûrement dû aller voir Jean-Michel Jarre histoire d’en dire quelque chose ici mais finalement non. JMJ est l’un de mes premiers gros souvenirs de concert, en 90 à la défense, sur les épaules de mon père, je me souviens de la foule et des rayons laser, peut-être qu’inconsciemment je ne voulais pas altérer ce souvenir d’enfant de sept ans et puis surtout qu’est-ce qu’on en a à foutre de Jean-Michel en 2016 sérieux ? Finalement on va au DJ set de Lena Willikens dans le bar d’un hôtel chic pour boire un mojito et boucler cette journée.

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Dernier jour du Sonar by day avec en guise d’intro le concert de BadBadNotGood, les canadiens connus pour avoir collaboré avec pas mal de noms du hip-hop comme Ghostface Killah, Danny Brown ou la clique Odd Future. Pour faire court, je me suis profondément ennuyé devant leur pseudo jazz de blancs sortis du conservatoire. C’est lisse et sans relief, c’est faussement détendu, c’est du jazz de blancs. Je pars ensuite voir ce que donne Yung Lean sur scène. Entre nous, j’y allais uniquement pour mesurer le degré de flingage de l’affaire tant le rappeur YouTube suédois de dix-neuf ans ne m’a jamais rien inspiré de bon et je n’ai pas été déçu. Par son public d’abord constitué majoritairement de gamins de seize à dix-huit ans entre looks kawaï, joggings fluo et regards tristes d’emo kids, puis par son bordel à la croisée des chemins entre un son trap, des gimmicks pop, des auto-tunes et une capacité vocale digne d’un chaton qui s’imagine en roi de la jungle, le tout devant des projections de manga. Faut bien que les jeunes s’adaptent on est d’accord, mais le mélange rap/manga/carte 12-25 est à la musique ce que le Danao est à la boisson, y avait qu’un connard pour imaginer l’association du lait et du jus de fruit.

En déambulant je tombe ensuite sur le set bien cool de Sassy J la DJ helvète qui a fait des sorties chez Trilogy Tapes puis sur la prestation de Lafawndah, parisienne d’origine irano-egyptienne expatriée à New York que je ne connaissais pas du tout et qui m’a fait une très belle impression avec sa grosse présence scénique, sa voix puissante et sa singularité. Sa musique est un mélange particulier de sonorités orientales, de rythmiques tribales et de R’n’B mâtiné d’accents grime, électro voire parfois carrément club, que certains qualifient de « ritual club music ». Pas nécessairement ce que je m’écouterais chez moi spontanément mais une belle découverte scénique tant la pote de Kelela (qu’on a également vu mais dont j’ai oublié de vous parler, mais les deux ont un truc assez proche) transpire l’honnêteté et l’originalité.

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Le lendemain on clôt les hostilités avec un nouveau DJ set de 45 ACP dans un club plutôt mignon situé dans le Poble Espanyol. La suite sera nettement moins intéressante avec notamment Bambounou et sa tech house aussi prévisible qu’un tacle en retard de Di Meco. Si vous ne connaissez pas le garçon je vous encourage vivement à regarder ce petit bijou audiovisuel situé tout en haut de l’échelle du gênant avec la meilleure tchatche qu’il vous sera donnée d’entendre sur le sujet ô combien sensible du chauffage central. Je pourrai certainement vous balancer d’autres anecdotes débiles mais on va s’arrêter là pour cette fois et encore merci au Sonar qui m’a permis de faire des découvertes intéressantes même si sur le papier cette programmation 2016 était plus légère que celles des années précédentes (sauf pour les gros nostalgiques des années 90 tant il y avait de quoi faire à ce niveau là).

A la proxima chicas y chicos.

Photoshoot

par Hélène Peruzzaro

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HZ MONTHLY MIXTAPE – SUMMER 16 http://www.hartzine.com/hz-monthly-mixtape-summer-16/ http://www.hartzine.com/hz-monthly-mixtape-summer-16/#respond Thu, 07 Jul 2016 09:36:52 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48390

L’Hz Monthly Mixtape de la rédaction, pour le soleil et pour la pluie, à télécharger ici ou écouter plus bas. […]

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L’Hz Monthly Mixtape de la rédaction, pour le soleil et pour la pluie, à télécharger ici ou écouter plus bas.

Hz Monthly Mixtape – Summer 16

Side Sun

Side Rain

Tracklist

01 – Big Black – Bazooka Joe
02 – Billy Synth & The Turn-ups – Music is forever
03 – Lydia Lunch – Atomic Bongos
04 – Mercenárias – Polícia
05 – Synthetic ID – The Caged Brain
06 – Urinals – I’m like you
07 – X Mandarina Duck – Non Stop
08 – Ritual Howls – Going UpState
09 – Truce – Surpass
10 – Giorgos Theodorakis – Stou
11 – Raw – Sisyphus
12 – Shinichi Atobe – World 3
13 – Raime – Dialling In, Falling Out
14 – Volor Flex – Into Deep
15 – Haruomi Hosono – Navigations
16 – Kablam – Nu Metall
17 – Kalekiri – Num Baxa U Volume
18 – Young Luxenberg – #JMBLC (feat. Kevin De Bruyne)
19 – Ikue Asazaki – Obokuri-Eeumi
20 – Carla Dal Forno – Fast Moving Cars
21 – The Moles – Head in the Speakers
22 – Los Mac’s – Atravéz del Cristal
23 – SACW – Airport
24 – Psychic Ills – Coca-Cola Blues
25 – Au Pairs – it´s obvious
26 – Kikagaku Moyo – Green Sugar
27 – Naoya Matsuoka – Watermelon Dandies
28 – Chiemi Manabe – Untotooku
29 – Yellow Magic Orchestra – Tighten Up
30 – Severed Heads – Mambo Fist Miasma
31 – Frankie Knuckles – Your Love
32 – Ron Hardy – Sensation
33 – Ten City – That’s The Way Love Is (Deep House Mix)
34 – Fit of Body – Dill Edit
35 – Utroid – The Movement
36 – OVR – Metal Slipper
37 – You – White Curtains
38 – JK Flesh – Contorted

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Festival Yeah! 2016 http://www.hartzine.com/festival-yeah-2016/ http://www.hartzine.com/festival-yeah-2016/#respond Thu, 07 Jul 2016 07:03:17 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48383

On y était, le festival Yeah! 2016 à Lourmarin par Tara King Il faisait beau, il faisait chaud tandis que […]

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On y était, le festival Yeah! 2016 à Lourmarin
par Tara King

Il faisait beau, il faisait chaud tandis que la 4e édition du Festival Yeah! démarrait les hostilités avec un invité de marque déjà venu pour son projet Zombie Zombie en la personne d’Étienne Jaumet. Après une longue épopée en BlaBlaCar, la SNCF ayant clairement décidé de ne pas figurer parmi les sponsors officiels du festival, on se mettait tout de suite dans l’ambiance avec les Caennais de Gablé qui constituaient une parfaite entrée en matière en envoyant des salves d’énergie rock avec leurs guitares – présence scénique à la voix, éclectisme du répertoire (un flow rap venant opportunément nous régaler les esgourdes) au milieu du set : on like fortement ces Normands. Ce qui suivra offrait un contraste assez sidérant en la personne de Christophe Chassol – à la fois pianiste compositeur et interprète prodige, il délivrait un show assez détonnant accompagné de la vidéo d’un voyage aux Antilles : collages musicaux sur des samples de conversations, envolées lyriques autant que poétiques – le tout en compagnie d’un batteur qui déchire, selon l’expression consacrée – on plonge littéralement dans ce voyage comme dans une mer bien fraîche après une journée de marche en plein soleil : Dieu que c’est beau, Dieu que c’est bon. La grosse claque de la soirée restait néanmoins le groupe Suuns – auteurs d’un rock électronique toujours aussi lysergique qu’addictif – maîtrisant parfaitement les montées, ils nous ont littéralement emportés jusqu’au bout de la nuit. A côté de la scène du Château, le Pop Up market proposait ses stands de fripes et bijoux bien sympathiques, et cette année, petite cerise sur le gâteau – un stand de vinyles où l’on reviendra plusieurs fois – 45t, mais aussi B.O de films, sélection pop-rock, progressif, world, c’est la bonne surprise du festivalier en goguette. Car le Yeah! c’est d’abord l’ambiance, à la fois décontractée et pointarde – et surtout une « coolitude » qui fait défaut à trop de gros raouts estivaux.

Villeneuve + Morando
Villeneuve + Morando

Le samedi, on descendait dès l’après-midi dans la cave du Château pour écouter une conférence sur Moondog. Deux heures qui ont passé très vite grâce à un auteur passionnant. Il fallait tout de même qu’on finisse immanquablement par aller prendre l’apéro, car les producteurs de la Vieille Ferme qu’on trouve sur tous les bars n’ont visiblement pas chômé aux dernières vendanges, retour dans la cour du Château pour un démarrage tout en slow motion avec Stranded Horse. En dépit d’un début de soirée « tranquille »on n’était tout de même pas là pour s’endormir puisque la Fat White Family enchaîne les déflagrations avec une maestria à l’anglaise sidérante. Le chanteur, sorte de croisement entre De Niro dans Mean Streets et de Paul Weller en jeune, finissait en slip dans les 15 premières minutes. Ok les gars, on a compris que vous étiez énervés, les Night Beats terminaient avec brio et nous on partait en after, ainsi est la vie du Gonzoreporter tout terrain. Dernière salve dominicale avec le très beau concert du duo Morando + Villeneuve, entre B.O cinématique et musique classique, l’ambiance était au recueillement, peut-être allait-on se mettre à refréquenter les lieux de culte dans ces circonstances musicales de haute volée.

Fat Boys
Fat Boys

Last but not least, le dimanche soir démarrait sous les auspices percussives de Deux Boules vanille pour enchaîner sur l’univers voyageur et synthétique du petit protégé de Pan European, Flavien Berger, lequel délivrait un concert tout en légèreté et en demi-teinte. En revanche, Giles Peterson et son acolyte étaient sans doute moins raccord avec le reste de la programmation, le closing revenant comme à l’accoutumée à Laurent Garnier qui nous régalait d’une dernière salve électronique purement dancefloor. Bref, un beau cru encore que cette édition 2016, see you next Yeah !

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Who are you Baba Vanga? http://www.hartzine.com/who-are-you-baba-vanga/ http://www.hartzine.com/who-are-you-baba-vanga/#respond Wed, 06 Jul 2016 09:45:12 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48368

La Baba Vanga, c’était cette voyante bulgare consultée en pleine guerre froide par des pontes comme Brejnev, et qui aurait […]

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La Baba Vanga, c’était cette voyante bulgare consultée en pleine guerre froide par des pontes comme Brejnev, et qui aurait prédit, entre autres, l’élection d’un président afro-américain à la tête des États-Unis avant leur effondrement. Dont acte. Et c’est autour de la mythologie de ce personnage folklorique et emblématique d’un bloc de l’est au sortir de son lourd passé traditionnel et communiste, que le label qui lui emprunte son nom développe sa propre vision de la musique dans une démarche « think global, act local » repensée à l’aune des principes du DIY et de la décentralisation d’une industrie musicale qu’on se désespère de voir évoluer dans le bon sens.
Par connexions et coups de cœurs, Baba Vanga — dont on a déjà fait ici l’éloge des sélections, de l’électroacoustique anxiogène d’Új Bála à la poésie bruitiste de Somnoroase Păsărele — , étoffe son catalogue avec l’empirisme qui caractérise les labels d’avant garde. En prolongeant leur travail de documentaliste des musiques émergentes d’Europe de l’Est, en l’enrichissant d’un rapport plus éditorial — voire politisé, on le verra — et en l’élargissant à d’autres régions du monde comme le Japon, Lucia Udvardyova et Peter Gonda n’écoutent que leur envie de s’éloigner de la cartographie connue de l’expérimentation musicale pour baliser un itinéraire qui leur sera propre, défrichant au passage quelques sommières pour les suivants.

Interview

Avant le label, il y avait Easterndaze. De quoi s’agit-il et comment le projet a donné naissance à Baba Vanga?
Prior to the label, there was Easterndaze. What’s it about and how did the project give birth to Baba Vanga?

Lucia Udvardyova: Easterndaze est toujours en activité. C’est un projet que nous avons monté en 2010 avec Peter pour explorer les scènes musicales émergentes d’Europe de l’Est. Nous avons traversé beaucoup de pays, enregistré des interviews (pour Résonance FM et Czech Radio), et nous continuons à documenter la scène à travers Facebook et notre blog. Tout ce temps, nous avons rencontré des musiciens fascinants dont la musique n’était pas diffusée, et nous avons décidé de les produire.

Lucia Udvardyova: Easterndaze still functions. It’s a project we established in 2010 with Peter in order to explore the emerging Eastern European music scenes. We travelled through the many countries, recording interviews (for Resonance FM and Czech Radio), and we still document the scene through our Facebook channel and blog. Over the years, we’ve met many fascinating musicians whose music wasn’t being heard, so we decided to release it.

Ratkiller - Comfortably Declined
Ratkiller – Comfortably Declined

Qu’est-ce qui motive le label? Quels objectifs ou intentions?
What drives the label? What purposes or intents?

L: Offrir une plateforme à ces musiciens qui font quelque chose d’idiosyncratique et différent. Quelque chose qui, au niveau sonore, défie la catégorisation et se veut honnête.

Peter Gonda: C’est une progression naturelle. L’étape qui suit celle de filtre d’agrégation sur une radio ou un blog est de développer ce filtre au format label.

L: To give a platform to those musicians who do something idiosyncratic and different. Something that sonically defies categories and is honest.

Peter Gonda: It’s a natural progression. The next step from being an aggregate filter on your radio or blog, is to be a similar filter as a label.

Vous tirez votre nom d’une célèbre médium du bloc soviétique. Comment vous inscrivez-vous dans ce folklore et, à une échelle plus large, dans les changements intervenus dans ces pays au cours des 20 dernières années?
Your name comes from a famous psychic in the former Soviet block. How do you relate to this folklore and on a broader level to the changes that occurred in these countries during the past 20 years?

L: Nous sommes nés sous le communisme dans les années 1980. Notre région a subi de nombreux changements et reste en transition, marquée par les bouleversements politiques, le chômage et aussi l’évolution des arts. La production artistique artificielle encouragée par l’État — dont l’antithèse était la minuscule scène contestataire/underground — a été remplacée par la pop commerciale et underground ou la scène DIY, qui a dû se réinventer. Cependant, nous existons dans un monde global, connecté aux mêmes flux à travers les mêmes médias, je dirais donc que les différences ne sont, en théorie, plus si importantes (même si évidemment le contexte et les conditions le sont).

P: Je vois plutôt les changements dans notre région d’un point de vue positif, même s’ils ont apporté leur lot de choses négatives et conduit à l’éradication de nombreuses formes de vie, certaines plus lentes, relâchées, moins pénétrables et polies que la culture globale d’individualisme qui a commencé à germer ici. À titre personnel, je pense qu’un peu d’indolence et d’opacité n’est pas une mauvaise chose dans un monde en accélération, presque comme une stratégie. Les changements ne progressent pas avec homogénéité, et il y a d’importantes différences entre les centres urbains et le milieu rural, de même qu’entre les pays. La transition revêt de nombreuses formes et a réussi à divers degrés.

L: We were born in communism, still in the 1980s. Our region has undergone numerous changes, and it still is in transition, marked by political upheavals, unemployment, and also a change in arts. The artificial state-sanctioned artistic production — which as its antithesis had the miniscule dissent/underground scene — has been replaced by commercial pop and underground or the DIY scene, which had to reinvent itself. Nevertheless, we exist in a global world, connected to the same channels via the same media, so I wouldn’t say the differences in theory are so huge anymore (of course, the context and the conditions are).

P: I consider the changes in the region mostly positive, although they have brought also many negative things and have led to eradication of many different forms of life, some of which were slower, more relaxed, less penetrable and streamlined than the global culture of individualism that started to spread around here. I personally think a certain slowness and opacity might be a good thing in an accelerating world, almost like a strategy. The changes are not evenly spread, there are huge differences between urban centers and the countryside, and between the countries as well. The transition has many forms and was successful to various degrees.

Tlaotlon / Střed Světa - Split
Tlaotlon / Střed Světa – Split

Selon vous, dans quelle mesure ces changements se traduisent dans la musique à Prague, Sofia ou Budapest?
To what extent do you think these changes translate into music in Prague or Sofia or Budapest?

L: Plusieurs scènes locales intéressantes ont émergé. De manière générale, disons il y a dix ans, il y avait cette fascination pour l’Occident et le global, mais on voit aujourd’hui un retour au local (pas au son local, mais à un certain contexte local — une scène, si tu veux). Les différences entre Prague, Sofia et Budapest… Je pense que ce sont les mêmes entre Paris, Bruxelles et Rome.

P: Ce qui survient de plus intéressant dans ces villes vient de la base et s’appuie sur les principes du DIY, qui ne sont pas seulement un idéal mais aussi une nécessité. On reçoit très peu de soutien des institutions culturelles officielles ou de l’État, qui la plupart du temps desservent des objectifs rétrogrades et conservateurs.

L: Several interesting local scenes have sprung up. In general, let’s say even ten years ago, there was this fascination with anything Western and global, but now there’s a focus back on the local (not as in local sounding, but existing in a certain local context, a scene, if you will). The differences between Prague, Sofia and Budapest – I guess are the same as the differences between Paris, Brussels and Rome.

P: The most interesting things happening in any of those cities are built from the bottom-up and based on DIY principles, which are not only some ideals but also a necessity. Very little is done with the support from official cultural institutions or the state, which in many cases serve conservative backwards thinking purposes.

Envisagez-vous de continuer à vous focaliser sur les artistes d’Europe de l’Est? Concrète Virus Nu est japonais: est-il l’exception qui confirme la règle? Comment vous êtes-vous rapprochés de lui et de sa musique?
Do you have in mind to remain focused on Eastern European artists? Concrete Virus Nu is Japanese: is he the exception that proves the rules? How did you connect to him and his music?

L: Pour l’essentiel on sort la musique qu’on aime, généralement par des artistes avec qui on a une connexion personnelle, mais ce n’est pas une obligation (comme en témoigne CVN:).

P: Il y a ce sentiment, lorsqu’on écoute une démo et qu’au bout de quelques secondes on ressent l’excitation et on sait que c’est la bonne, que c’est parfait, du génie, que ça doit être relayé. C’était le cas pour CVN. Dans ce genre de situations, on ne regarde pas l’origine de l’artiste, qui de toute façon n’a jamais été pour nous une obsession.

L: We basically release music we like, usually by artists we have personal connections with, but not necessarily (as proven by CVN:).

P: There is this feeling when you are listening to a demo and after several seconds you feel this excitement and know this is it, it is perfect, it is genius, it must be released. Such was the case with CVN. In such cases we don’t look at the origin of the artist, which never was a fetish for us anyway.

Comment le DIY est perçu par les artistes, auditeurs, labels?
How is DIY seen by artists, listeners, labels?

L: Comme une façon de survivre.

P: Comme une nécessité et un moyen de se rassembler.

L: As a survival mode.

P: As a necessity and a means of being together.

Vous semblez partager une vision commune avec le label Farbwechsel de Budapest. Vous êtes en contact? Existe-t-il un genre de réseau qui s’attache à diffuser l’identité électronique des pays de l’est?
It seems you share the same vision with Budapest-based label Farbwechsel. Are you in touch? Is there a kind of network devoted to spreading the electronic identity of Eastern countries?

L: Ce sont des amis. J’habite en ce moment à Budapest, je les connais personnellement et je vais à leurs événements. Farwechsel illustre parfaitement ce nouveau genre de communautés musicales ancrées au niveau local et fondées sur l’amitié et les inspirations et collaborations artistiques et musicales, qui s’inscrivent aussi dans des performances globales de la scène musicale électronique. Au final, j’imagine qu’il y a plus d’interactions dynamiques entre les différentes scènes d’Europe de l’Est, au moins en Europe centrale.

L: They are our friends. I’m currently based in Budapest, I know them personally and go to their events. Farbwechsel epitomizes this new sort of locally-focused music community based on friendship and mutual musical and artistic inspiration and collaboration, which is also plugged into global happenings on the electronic music scene. I guess finally there seems to be a more active interaction between the various Eastern European scenes, at least in Central Europe.

Benzokai - Identities Too Abstract
Benzokai – Identities Too Abstract

Pour l’heure vous n’éditez que des cassettes (sophistiquées, elles sont superbes), pourquoi vous focaliser sur ce seul support? Prévoyez-vous de vous diversifier à l’avenir?
For now you only release tapes — fancy tapes, they look great —, why focus on this media? And do you plan to diversify in the future?

L: Nous venons de sortir le vinyle d’un artiste estonien appelé Benzokai, et nous éditons toutes nos sorties au format digital. La cassette relève davantage d’une nécessité que d’un choix (une question d’argent).

L: We have just released a vinyl by an Estonian artist called Benzokai, and we also release all of the records in a digital format. The tape was more of a necessity than a choice (money talks).

Vous avez récemment ouvert une boutique sur BazaarBay, une interface web au nouveau mais déjà célèbre OpenBazaar, place de marché décentralisée où on peut acheter quasiment n’importe quoi. J’imagine que ça ne concerne pas que ses aspects économiques, mais aussi politiques…
You recently created a shop on BazaarBay, a web interface to the new but already famous OpenBazaar, a decentralized marketplace where you can buy almost anything. I guess you not only relate to the economics aspect of it, but to the politics too…

P: D’un point de vue seulement. Je pense que les devises cryptées comme Bitcoin sont l’avenir de la monnaie et qu’elles refaçonneront ce monde comme aucune technologie ne l’a fait depuis la révolution industrielle, mais j’ai des raisons d’y croire et de soutenir leur développement qui sont différentes de celles d’un partisan du crypto-capitalisme, par exemple.
En vendant de la musique sur Bandcamp, qui s’appuie sur Paypal, il est facile de voir pourquoi on aspire à une plateforme décentralisée pour la musique qui serait peer-to-peer et s’appuierait sur les monnaies cryptées pour les paiements. Je pense que si quelqu’un lançait un projet de ce genre, ce serait un franc succès.

P: Only in a way. I think cryptocurrencies like Bitcoin are the future of money and will reshape this world like no other technology has since the industrial revolution, but I might have different reasons to believe that and support their development than for example some proponent of crypto-capitalism.
Having to sell music via Bandcamp, which uses Paypal, it is easy to see why we desire a decentralized platform for music, that would be peer-to-peer and using cryptocurrencies for payments. I think if someone started anything of this kind it could be a massive success.

Partant de là, que pensez-vous de Deezer ou Spotify?
What are your thoughts about Deezer or Spotify then?

P: Spotify ressemble au premier cercle de l’Enfer, rempli de répliques en plastique grandeur nature de Ronald McDonald. Ils vous préparent une playlist par jour jusqu’à la fin des temps. Insupportable.

P: Spotify is something like the first circle of Hell populated only with life-sized plastic replicas of Ronald McDonald. They make a playlist just for you every day till eternity. Unbearable.

Des infos sur la prochaine sortie de Baba Vanga?
Any tips about the next release from Baba Vanga?

L: Nous venons de sortir le nouvel album d’un Estonien, Benzokai. Il se sert beaucoup de sa voix, ce qui peut dénoter par rapport aux éditions précédentes. L’ensemble possède une atmosphère d’anxiété, mais veloutée. Ce sera peut-être suivi par un album expérimental des années 1980 par le groupe tchèque Quarantine. Et puis d’autres choses ;)

P: J’attends impatiemment un album du duo expérimental tchèque Sister / Body et du sophomore de l’artiste sonore et visuelle mexicaine Laura Luna, installée à Prague. Les deux sortiront à l’automne.

L: We have just released a new album by Estonian artist Benzokai. He uses his voice a lot, which is maybe different to our previous releases. The whole thing has this anxious, but mellow vibe. This would be followed by a 1980s experimental album by Czech band Quarantine. And there’s more ;)

P: I look forward for an album by the Czech experimental duo Sister / Body and for the sophomore record of the Mexican visual and sound artist living in Prague Laura Luna, both to be released in autumn.

Mixtape

Tracklist

01. Béla Bartók – Music for Strings, Percussion and Celesta (Andante Tranquillo)
02. Poo – Kappa-Opioid Gain
03. Kokum – T’chep-ah Ashkh
04. Sister / Body – Darker Lover
05. ÚJ Bala – Anti Slim-Fit Territories
06. Drexciya – Dr. Blowfins’ Black Storm Stabilizing Spheres
07. Andrea Parker – Invasion
08. Chino Amobi + Rabit – Burning Tower
09. Palmistry – Lil Gem
10. The Shadow Ring – We’re Complex Piss
11. Current93 – I Have A Special Plan For This World
12. VooDooMan – The Rose Of Eternity

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Broken English Club l’interview http://www.hartzine.com/broken-english-club-interview/ http://www.hartzine.com/broken-english-club-interview/#respond Tue, 05 Jul 2016 15:01:43 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48364

Broken English Club, l’interview Certains le connaissent sous le pseudonyme de Raudive, d’autres sous son vrai nom, Oliver Ho, mais […]

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Broken English Club, l’interview

Certains le connaissent sous le pseudonyme de Raudive, d’autres sous son vrai nom, Oliver Ho, mais c’est sous l’alias de Broken English Club que le producteur britannique nous a réellement fait chavirer… Très inspiré par la techno indus anglaise des nineties, Oliver nous balance régulièrement des salves moites et étranges, se construisant un univers fantasque où règnent inquiétude et fureur ! Une raison évidente de s’entretenir avec le musicien qui fête actuellement ses vingt ans de carrière, et de revenir avec lui sur son parcours plus que prolifique

Tu fêtes actuellement tes 20 ans de carrière… Carrière débutée au sein du label Blueprint fondé James Ruskin… On dit que travailler avec James est très formateur. Tu confirmes ?

You actually celebrate your 20 year long career birthday… A career started at Blueprint, the label founded by James Ruskin… People sais that working with James is very educational. Do you confirm ?

James et Blueprint ont été mes premiers collaborateurs quand je me suis lancé au début de ma vingtaine. Dès que je l’ai rencontré avec Richard Polson, j’ai su qu’ils avaient la même vision et la même attitude à l’égard de la musique, nous étions tous sous l’influence du club londonien LOST et son DJ résident Steve Bicknell.

James and Blueprint were the first people and label I worked with when I first started out in my early 20’s. As soon as I met him and Richard Polson I knew they had very similar outlook and attitude towards music, we all were very influenced by the London club LOST and its resident DJ Steve Bicknell.

On t’a longtemps connu sous le pseudonyme de Raudive, puis il y a eu Birdland, Life, Seeker, sans oublier ton duo avec Zizi Kanaan, The Eyes In The Heat, et le superbe album Program Me… Dirais-tu que la musique rend schizophrène ?

You’ve long been known as Raudive, and then there was Birdland, Life, Seeker… Not to mention your duet with Zizi Kanaan, The Eyes In The Heat, and the greatest album Program Me… Would you say that the music makes schizophrenic?

Les différents labels, pseudonymes et projets que j’ai eus au cours des années sont une manière de donner du sens à un parcours improvisé. J’utilise des pseudonymes parce que j’aime donner un personnage à certaines séries d’idées, la substance de Raudive a aussi des objectifs particuliers, de même que mon projet Broken English Club a son propre panel d’idées qui lui permettent d’exister avec plus d’éclat grâce à son nom. Comme pour évoquer un esprit, c’est toujours plus puissant si le nom des esprits reflète leur nature.

The different labels, monikers and projects I have done over the years are a way of making sense of a journey jam on. I use monikers because I like to give a certain series of ideas a character, my Raudive material had some specific goals and my Broken English Club stuff also has its own set of ideas that allows it to exist in a much more vivid way by giving it a name. Like evoking a spirit, it’s always more powerful if the spirits name reflects its nature.

On retrouve dans Broken English Club cette ambiance qui caractérisait les productions UK du milieu des années 2000, très proche d’artistes comme Surgeon ou de structures comme Sandwell District, parfois plus proche du post-indus que de la techno à proprement parler… D’où te vient cette émulation qui se différencie intrinsèquement de tes autres productions ?

We can find in Broken English Club this atmosphere that characterized the mid 2000’s UK productions, very close to artists like Surgeon or Sandwell District, sometimes closer to post-industrial music than techno… Where did you get this emulation which differs totally from your other productions?

Je ne sens pas une vraie différence avec mes autres productions, il y a beaucoup d’idées similaires dans mon projet Raudive, des tracks comme Total Pure ont beaucoup de voix sombres et d’idées synthétiques que j’utilise dans Broken English Club. Il y avait une dominante post-punk et industrielle dans Raudive, mais en plus lent et avec davantage de groove. Récemment, j’ai tout rendu plus brut et rapide, et j’imagine que ça se rapproche plus du son de Birmingham. C’est à l’évidence plus une progression qu’une évolution soudaine. Il y a beaucoup de parallèles.

I dont think it differs from my other productions, theres a lot of similar ideas in my Raudive project, tracks such as Total Pure have lot of the dark vocal and synth ideas I use in Broken English Club. There was a lot of post-punk and industrial ideas in Raudive, but it was slower and more groove based. These days i have made everything a lot tougher and a bit faster, so this feels a little more similar to the Birmingham sound I guess. It’s certainly a progression rather than a sudden change. There’s a lot of parallels there.

Tes dernières productions sont sorties exclusivement sur les labels Jealous God et Cititrax, tous les deux basés à New York… Beaucoup d’artistes délaissent Berlin pour la côte est des États-Unis, qui semble devenue le nouvel eldorado des producteurs techno. Comment expliques-tu ce changement ? Que t’apporte-t-il ?

Your recent productions were released exclusively on Jealous God and Cititrax labels, both based in New York… Many artists are leaving Berlin for the East Coast of the US, which seems to become the new El Dorado for techno producers. How do you explain this change? What does it bring you?

J’aime travailler avec Jealous God et Cititrax, ce sont deux labels qui fonctionnent d’une manière très passionnée et grâce à des gens que je connais personnellement, et c’est important. Ils comprennent tous deux ma musique et ont aidé à la façonner. Jealous God est à Los Angeles, où vit Juan Mendez, et Cititrax est à New York. Les deux ont un bon passif sur la musique électronique sombre qui transcende l’industriel, le noise et le punk. Les labels ont aussi un fort aspect visuel qui m’influence beaucoup, et rend la création d’album bien plus intéressante et gratifiante, parce que j’apprécie vraiment l’idée de créer une musique qui existe dans une narration ou un environnement qui s’exprime au travers d’images.

I love working with Jealous God and Cititrax, they are both labels run in a very passionate way and by people I personally know, which is important. They both understand my music and also helped to shape it too. Jealous God is based mainly in LA, where Juan Mendez lives, and Cititrax is NY based. Theres a good history in the states for dark electronic music that crosses over with industrial and noise and punk. The labels also have a really strong visual aspect which really influences me, and makes creating a release so much more interesting and fullfilling, because I really like the idea of creating music that exists within a narrative or environment that’s expressed with images.

En vingt ans tu as conçu quelques pièces maîtresses de la techno moderne, pourtant avec Suburban Hunting, tu atteins des sommets inégalés. A la fois dur, énigmatique et fascinant, Suburban Hunting est d’une richesse peu commune. Peux-tu nous parler de la réalisation de ce LP ? L’avais-tu en tête depuis longtemps ou s’est-il dessiné au fur et à mesure de la production ?

In twenty years you have designed some key pieces of modern techno, however with Suburban Hunting, you reach new heights. Hard, enigmatic and fascinating, Suburban Hunting is uncommonly wealthy. Can you tell us about the realization of this LP? Have you had it in mind since long time ago or has it drawn during the production process?

Comme je l’ai dit plus haut, Broken English Club est à l’intersection de nombres de mes différentes influences et obsessions. Je dois à ces choses qui occupent mon esprit de leur donner un lieu pour exister, un endroit où respirer et se mouvoir, et BROKEN ENGLISH CLUB est cet endroit, un monde où ces choses adviennent, c’est l’idée. La musique en fait partie.
Je m’inspire beaucoup de certains écrivains – cela m’a notamment conduit à la création de Broken English Club –, en particulier J.G. Ballard, qui décrit des paysages anglais dystopiques et lugubres. Cela m’a donné le sentiment d’une certaine énergie, qui se reflétait aussi dans mon approche de la musique. Je voulais créer de la musique qui ait ce caractère, qui ait sa place dans ce monde.
L’album est le résultat de ces choses rassemblées. J’en avais l’idée depuis un temps et le son en est lentement sorti, le son d’un endroit en moi, ou d’un lieu extérieur caché dans la banlieue anglaise, une sorte de lieu oublié de la banalité et de l’obscurité.

Broken English Club, as I mentioned before, is the intersection of a lot of different interests and obsessions of mine, I owe it these things that occupy my mind to give them a place to exist, a place they can breathe and move about, BROKEN ENGLISH CLUB is a place, its a world where things happen, thats the idea. The music is a part of that.
I am very inspired by a lot of art and certain writers – this especially led to the creation of Broken English Club –, in particular J.G. Ballard, he depicts these bleak dystopian English landscapes, and I felt that had a certain energy that was also reflected in where I was going music wise. I wanted to create music that had that character, that inhabited that world.
The album is a result of all these things collected together. I had the idea for a while and the sound slowly came out of that, the sound of a place inside of me, or place somewhere out there hidden away in the english suburbs, some forgotten place of banality and darkness.

Broken English Club - Suburban Hunting

Parlons un peu technique. Ce son particulier, tu le dois à tes machines. Peux-tu nous dire quels sont tes instruments de prédilections et ce qu’il te plaît chez eux ?

Let’s talk about technique. This particular sound, you owe it to your machines. Can you tell us what are your predilections instruments and what you like in them?

Il s’agit pour moi d’utiliser des machines qui me donnent ce que je veux, c’est aussi simple que ça. Je ne prête allégeance à aucun matériel ou logiciel. La majorité de ma musique s’appuie sur des fondements drone et noise, et des superpositions de rythmes. Mon matériau de travail c’est du traitement audio plus que des machines. Ce sont des enregistrements de bruit transformés, comme des drones de guitare, un larsen ou autres. La voix a aussi son importance, je chante en direct parce que j’aime l’énergie que cela confère à l’expérience. J’utilise aussi quelques percussions synthétiques que je joue live. Tout cela donne à la performance une teinte plus personnelle et libre. C’est ce qui fait BEC, ses implacables rythmes métronomiques et ses chants étrangement habités. J’aime la façon dont ces différents aspects se complètent.

For me it’s about using machines that give me what I want, it’s as simple as that. I don’t have any type of allegiance to hardware or software. A lot of my music is based around drone and noise, and layering rhythms over that. All of the material I use is processed audio, rather than machines. It’s processed recordings of noise, like guitar drones, or feedback and stuff. The voice is important to the sound too, I do live vocals, because I love the energy it gives to the experience. I also use some synth percussion which I play live. So these things give the performance a more personal looser feeling. That’s what BEC is about, it’s about relentless metronome rhythms and the weird soul of the vocals. I like the way those different aspects sit alongside each other.

Bien qu’extrêmement sollicité, tu joues peu en France. Est-ce par manque d’occasion ou d’emploi du temps surchargé ?

Although extremely asked for, you don’t play son much in France. Is it because of the lack of opportunities or a busy planning?

J’ai beaucoup joué ces dernières années, mais plus autant récemment. J’aime beaucoup la France et ses habitants, j’ai l’impression que tout le monde est ouvert d’esprit en ce qui concerne la musique. J’espère jouer davantage à l’avenir, je pense que les gens apprécieraient vraiment la musique de Broken English Club.

I have played quite a lot over the years, but maybe not a lot recently. I really love France and the people, I feel everyone is really open minded in France when it comes to music. I hope to play more in the future, as I think the people would really enjoy the Broken English Club music.

Tu as déjà joué en groupe et la mode est aux collaborations, aux B2B, aux groupes éphémères… Il y a-t-il des artistes avec qui tu aimerais collaborer ? Ce type de projets t’intéressent-t-ils ?

You have already played in bands and there’s a trend for collaborations, B2B, ephemeral bands… Are there some artists you are interested to collaborate with? Would you like to be part of such projects?

Ces dernières années, j’ai surtout travaillé comme producteur solo. J’ai collaboré quand j’étais dans une formation, The Eyes In The Heat, et aussi dans Zov Zov. J’ai vraiment apprécié les deux projets, constitués de gens très spéciaux que j’admirais et respectais. Je travaille en ce moment avec Jerome de Piano Magic et nous faisons de la musique autour d’improvisations de guitares, de voix et de trucs modulaires. C’est incroyable de faire un truc du genre, c’est très différent de ma musique en studio.

I mostly worked as a solo producer over the years actually. I have collaborated when I was with the band, The Eyes In The Heat, and also with Zov Zov. I really enjoyed both of these projects, they were with very special people who I really admired and respected. I am currently working a little with Jerome from Piano Magic, we are doing improvised music using guitars, vocals and modular synth stuff. It’s amazing to do something like that, its very different from my studio based music.

Au regard de ta carrière extrêmement prolifique éprouves-tu des regrets sur certains de tes choix ou de tes œuvres ? Il y a-t-il des choses que tu aurais aimé changer ?

Given your extremely prolific career do you regret some of your choices or your releases? Is there some things you would liked to change?

Je pense que certaines sorties ont connu le succès, d’autres moins. Globalement je suis satisfait de ce que j’ai accompli, et content de certaines choses en particulier, et je pense que ces moments privilégiés n’auraient pu exister sans tout le reste. J’en ai fait beaucoup au fil des années, mais ça a été important pour moi de faire tout cela, comme si cela faisait partie d’un dessein et du besoin, pour la musique, de rester un phénomène constant.

I think some release have been a success and some have been less so, I am happy with most of what I’ve done, and I am really happy with particular things, and I think those golden moments could have only come if I did all the other stuff. I’ve done a lot over the years, but it’s all been important for me to do, as it was a part of a process and a need for music to be a constant thing.

Il y avait dans Raudive un côté plus accessible au grand public, notamment avec des titres comme Obsession, Slave, Windows… Est-ce pour toi une page de ta musique qui s’est définitivement tournée ou penses-tu revenir avec des projets plus « léger » ?

There was in Raudive a more accessible side for a wider audience, especially with tracks like Obsession, Slave, Windows… Is it a part of your music that has ended for good or will you come back with « lighter » projects in the future ?

Oui, ces morceaus flirtaient avec une disco-house psychédélique. À cette époque, je voulais vraiment créer quelque chose de ce genre avec Raudive, mais je ne suis pas sûr d’y revenir. J’aime la deep house, donc cela dépend si j’ai quelque chose à dire dans le futur à travers ce style. J’ai envie de faire tellement de choses dans ma vie, et je veux essayer beaucoup de trucs, je suis sans cesse attiré par l’expérimentation, et les différents types d’énergie et de sensations.

Yes, those tracks were a kind of psychedelic disco-house almost. I really wanted to create something like that with raudive at that time, I am not sure if I will return to that, perhaps. I love deep house type stuff, it depends if i have something to say in the future with that style. I want to make so much stuff during my life, and I want to try lots of things, I am always interested to try ideas, and different types of energy and feeling.

Quels sont tes projets d’ici la fin de l’année ? À quoi doivent s’attendre les fans d’Oliver Ho ?

What are your plans for the end of the year? What should expect Oliver Ho fans?

J’ai les deux debut albums de mon nouveau label, DEATH & LEISURE. Le premier sera un single 7” Broken English Club, et le suivant un mini album de Zov Zov, mon projet plus expérimental avec Tommy Gillard. J’ai aussi décidé de faire un peu de musique inspirée par la musique industrielle et la noise, mais en la fusionnant avec du blues. J’aime jouer du blues à la guitare et je pense que ça pourrait produire un mélange d’idées spécial.

Merci !

I have the two debut releases on my new label, DEATH & LEISURE. The first will be Broken English Club 7” single, and the second will be a mini album from Zov Zov, my more experimental project I do with Tommy Gillard. I am also interested in making some more music that is inspired by industrial music and noise, but fusing it with blues music too. I love to play blues on the guitar and think it could be a strange and special mix of ideas.

Thanks !

Vidéo

Myths Of Steel And Concrete – Broken English Club

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Mary Lattimore & Jeff Zeigler – Music Inspired by Philippe Garrel’s Le Révélateur http://www.hartzine.com/mary-lattimore-jeff-zeigler-music-inspired-by-philippe-garrels-le-revelateur/ http://www.hartzine.com/mary-lattimore-jeff-zeigler-music-inspired-by-philippe-garrels-le-revelateur/#respond Tue, 05 Jul 2016 08:47:09 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48358

La force du langage tient parfois à son absence, à sa distanciation d’avec l’ouvrage sonore pour  dérouiller les mécanismes du […]

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La force du langage tient parfois à son absence, à sa distanciation d’avec l’ouvrage sonore pour  dérouiller les mécanismes du discours induit, de l’image-mot. Tourné en 1968 entre bouleversements sociaux et éveil du mouvement cinématographique Zanzibar, Le Révélateur de Philippe Garrel est une enfilade de séquences interminables et totalement muettes où la rythmique n’est marquée que par l’itinérance et la répétition. Ce silence n’est pas un oubli, il appuie le sentiment d’isolement et de désespoir qui parcourt de bout en bout ce récit d’une famille dans la tourmente, perdue dans des paysages allemands au symbolisme onirique, pourchassée dans les jeux de lumière sous et surexposée de Michel Fournier. Long, morne, écrasant, le silence est le quatrième acteur du psychodrame, témoin muet et omniprésent des meurtrissures d’un couple sclérosé par sa parentalité. Du moins il l’était.

© Sarah Cooper
© Sarah Cooper

Presque 50 ans plus tard et avec l’accord du réalisateur, Mary Lattimore et Jeff Zeigler — tous deux connus pour avoir collaboré entre autres avec Kurt Vile  — décident de rompre cette insonorité contemplative et absorbante comme une inversion de la gravité, pour développer une nouvelle mesure du rythme qui, si elle brûle une partie de la noirceur originale de l’œuvre expérimentale de Garrel, en accentue aussi l’expressivité, en particulier dans ses paraboles oniriques. Le dialogue gênant avec le silence n’existe plus, il est remplacé par les discrètes envolées de harpe de Lattimore frappant la trajectoire des touches pianotées par Zeigler. Éparpillées dans l’espace et offrant à la fois une couleur au noir et blanc initial et une profondeur aux travellings lugubres, les gammes atmosphériques arrondies d’accords ponctuels au Melodica habillent le film d’une orchestration aussi poétique que la narration, étroitement associée à l’action, mais qui peut se lire aussi indépendamment tant la qualité cinématographique est inhérente au projet.

Teaser

Mary Lattimore & Jeff Zeigler – Music Inspired by Philippe Garrel’s Le Révélateur (Thrill Jockey, 22 juillet 2016)

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Drug Train – All My Friends (PREMIERE) http://www.hartzine.com/drug-train-all-my-friends/ http://www.hartzine.com/drug-train-all-my-friends/#respond Mon, 04 Jul 2016 12:20:55 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48351

Ce n’est pas si évident que cela pour tout le monde, mais l’été est bel et bien là, prompt on […]

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Ce n’est pas si évident que cela pour tout le monde, mais l’été est bel et bien là, prompt on l’espère à apporter son lot de doucereux détachements à l’ombre de nos doigts de pieds en éventail. Une période propice aussi pour le mélomane pour renâcler l’ensemble des disques accumulés compulsivement le reste de l’année, histoire d’en extirper ce substrat magique qui rompra la monotonie crue dédiée à la bande FM. Et s’il s’agit de préparer un petit paquetage de survie en milieu hostile pour lézarder l’âme en fleur durant la période estivale qui s’ouvre, il apparaît plus que primordial de s’octroyer la dernière livraison de Drug Train. Les Canadiens inoculent, avec le single All My Friends extrait du LP Petite Nature à paraître physiquement à l’automne sur le Brestois Beko Disques, tout ce que le quidam est en droit d’attendre de tendresse vertigineuse et de mélancolie ouatée. La voix délicate de la montréalaise, à la confluence de standards twee pop et des ondines propres à Memoryhouse, arrache l’adhésion dès la première écoute, la mise en images signée Julie Rainville médusant quant à elle le regard par sa fixité.

Vidéo (PREMIERE)

Tracklisting

Drug Train – All My Friends EP (Beko disque, 2016)

01. All my Friends
02. All my Friends (Acquaintances mix)

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SHXCXCHCXSH – SsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSs
 http://www.hartzine.com/shxcxchcxsh-ssssssssss/ http://www.hartzine.com/shxcxchcxsh-ssssssssss/#respond Fri, 01 Jul 2016 10:40:58 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48313

Après les bonnes critiques de la part de la sphère médiatique de leur dernier album Linear Is Decoded, le duo […]

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Après les bonnes critiques de la part de la sphère médiatique de leur dernier album Linear Is Decoded, le duo suédois revient sur Avian avec SsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSs. En 2014, le duo avait entamé le passage vers une nouvelle étape de leur carrière afin d’élargir davantage l’ampleur et la profondeur du monde de SHXCXCHCXSH en employant une complexité et une sensibilité incroyables sans compromettre pour autant la techno planante et puissante qui caractérise leur musique jusqu’ici. SHXCXCHXSH deviennent des habitués de la scène underground depuis 2012 en donnant une mélancolie à leur musique sans jamais être trop linéaire. Un univers très aérien, épuré et travaillé au niveau des mélodies comme des effets. Habitués à une techno profonde et atmosphérique, la musique de SHXCXCHCXSH se nourrit abondamment de l’esthétique du label Avian.

Ce dernier opus est agréablement surprenant d’un point de vue émotif. On voit au fil de l’écoute apparaître un façon unique de traiter la musique entre malaise et paranoïa existentielle. Par moments, la musique est terriblement proche de la cacophonie entre noise blanche et expérimental épileptique vers un point non encore identifié. Cette série de paysages sonores sombres montre que le duo reste maître de ces atmosphères. L’album débute sur la drone légère de Ss qui est le morceau introductif tout en étant le plus lumineux. Après ces deux bonnes minutes, l’atmosphère devient considérablement plus lourde, plus organique orchestrée aussi par une belle ligne de synthé sur SsSsSs. Tout au long de l’opus, on retrouve une forte insistance sur le caractère aérien de la musique toujours avec ces bruits assourdissants comme dans SsSsSsSsSsSsSsSsSs. Sonnant comme le morceau majeur de l’album, la piste 13 alterne entre des bruits de sonar et des basses mettant en lumière le caractère sublime de la musique du duo suédois. Répétitif peut être mais musique indéniablement transcendante et confirmant encore une fois l’esthétique inquiétante de SHXCXCHCXSH sur cet opus.

En revenant avec SsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSs, le duo suédois marque l’année 2016 avec un opus engagé et maîtrisé. Véritable ouverture vers un non-genre, la richesse des sonorités qui composent cet album montre encore une fois la symbolique qui se cache derrière la musique de SHXCXCHCXSH. Tout le travail effectué sur ces sonorités donne du sens à l’œuvre dans son ensemble et à travers ses 15 titres, on trouverait (presque) une certaine élégance à ces mélodies inquiétantes.

Audio

SHXCXCHXSH – SsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSs

Tracklist

SHXCXCHXSH – SsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSs (Avian, 06 juin 2016)

01. Ss
02. SsSs
03. SsSsSs
04. SsSsSsSs
05. SsSsSsSsSs
06. SsSsSsSsSsSs
07. SsSsSsSsSsSsSs
08. SsSsSsSsSsSsSsSs
09. SsSsSsSsSsSsSsSsSs
10. SsSsSsSsSsSsSsSsSsSs
11. SsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSs
12. SsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSs
13. SsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSs
14. SsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSs
15. SsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSsSs

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House Of Wolves – Love Is A War http://www.hartzine.com/house-of-wolves-love-is-a-war/ http://www.hartzine.com/house-of-wolves-love-is-a-war/#respond Fri, 01 Jul 2016 10:20:24 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48310

Au détour de deux albums aussi indispensables qu’atypiques dans le paysage musical actuel, Rey Villalobos, officiant sous l’appellation d’House Of […]

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Au détour de deux albums aussi indispensables qu’atypiques dans le paysage musical actuel, Rey Villalobos, officiant sous l’appellation d’House Of Wolves, a su rendre ses lettres de noblesse au Folk empreint d’une extrême délicatesse et reprendre les choses là ou Elliott Smith les avaient si tristement laissées à l’orée de ce millénaire. Si son premier essai, Fold In The Wind, avait posé les bases de ce retour aux sources (lire ici), Daughter Of The Sea (lire ici), l’année dernière, avait dépassé nos plus folles espérances plongeant toute âme prête à se perdre dans ces compositions d’une  bouleversante authenticité et d’une rare pureté dans un état de douce béatitude.

L’annonce d’un nouvel album du Californien dont la sortie est prévue le 16 septembre prochain sur le label français Discolexique doit donc d’ores et déjà être considéré comme un événement majeur de cette année musicale, espérant que cette parution n’aura d’intimiste que la beauté des pépites qu’assurément elle contiendra. Pour vaincre cette attente déjà trop longue, Rey Villalobos nous gratifie d’une nouvelle composition, Love Is A War, hommage à son grand père ayant combattu durant la seconde guerre mondiale, qui apparaitra en bonus track sur l’édition vinyle de ce prochain essai à paraître. Une orchestration un peu plus poussée ne délaissant cependant nullement la fragilité et l’intensité émanant des compositions de ce songwriter hors-pair laisse présager de bien belles découvertes à venir. Pas encore les vacances, déjà vivement la rentrée !

Vidéo

House Of Wolves – Love Is A War
Vidéo par Tyler T. Williams

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Various Artists – Infrastructure Facticity http://www.hartzine.com/various-artists-infrastructure-facticity/ http://www.hartzine.com/various-artists-infrastructure-facticity/#respond Thu, 30 Jun 2016 14:19:42 +0000 http://www.hartzine.com/?p=48295

David Sumner (aka Function) est à l’origine du label américain Infrastructure fondé en 1998 aux côtés d’Ed Davenport (aka Inland). […]

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David Sumner (aka Function) est à l’origine du label américain Infrastructure fondé en 1998 aux côtés d’Ed Davenport (aka Inland). Après une première pause en 2005 pour se concentrer davantage sur leurs activités, l’aventure musicale revient près de 10 ans plus tard. Après la dissolution de Sandwell District en 2011, 2014 a donc vu la réapparition d’Infrastructure New York. Ce dernier semble s’affirmer depuis les deux dernières années comme un passage de qualité pour les artistes actuels. Une dizaine de sorties plus tard, la compilation Facticity fait surface. Le label revient donc avec 15 titrés réalisés par des artistes clés, majeurs mais aussi des nouveaux visages de la scène techno. On retrouve sur cet opus des artistes tels que Cassegrain et Tin Man, Rrose, Efdemin, Vatican Shadow, Silent Servant, Blue Hour, Steve Bicknell et Clerc.

On est tout de suite touché par la brutalité sonore qui s’empare de nombreux morceaux. Effectivement, il est très peu étonnant de retrouver au sein de cette compilation cette ambiance rude caractérisée par les productions d’une grande majorité des artistes depuis de nombreuses années maintenant. Ce qui frappe à la première écoute de cet opus est l’apparition de morceaux résolument ambient cachés entre la techno résonnante de Cleric avec Concrete ou encore la tension acide d’Acidalia d’Inland. Dans Dislocation Is The Only Beginning, Campbell Irvine s’offre une ballade sonore lumineuse et maîtrisée contrastant avec End/Optimism de Silent Servant qui touche à une noise subtile. Vatican Shadow et son Swords Over Paradise proposent une alternative sonore à l’ensemble du projet. L’artiste américain connu aussi pour son projet nommé Prurient décide de se rapprocher habilement d’un morceau ambient au moyen de couches immersives et de synthés travaillés. Cephalon de Rrose offre aux auditeurs une vraie expérience sonore accompagnée par des bassines acides puissantes qu’on peut aussi retrouvés sur Low Lights & Trick Mirrors de Function. Quand à Steve Bicknell, il livre un morceau cosmique ultra dansant rappelant forcement son passé en temps que résident des Energy Raves.

Avec Facticity et son regroupement d’artistes majeurs de la scène techno, Infrastructure signe ici une compilation importante en 2016 jouant avec les codes de la musique électronique moderne. Le caractère éclectique de la compilation traduit une volonté de mettre en avant des sonorités de niches et de conjuguer ce caractère club avec ces excursions sonores. Cette œuvre dissout la relation entre passé et présent, entre rythme et mélodie et entre tension et détente. En tout cas, il n’y a aucun doute que cette compilation de part sa puissance sera forcément votre bande son parfaite pour vos promenades nocturnes durant l’été.

Audio

Function/Inland – Colwyn Bay

Tracklist

Various Artists – Infrastructure Facticity (Infrastructure, 03 juin 2016)

01. Campbell Irvine – Dislocation Is Only The Beginning
02. Vatican Shadow – Swords Over Paradise
03. Rrose – Cephalon
04. Cassegrain & Tin Man – Polyacid Blue
05. Inland – Acidalia
06. Post Scriptum – ISDAT
07. Steve Bicknell – Passage Through Darkness
08. Cleric – Concrete
09. Blue Hour – Averting
10. Function – Low Lights & Trick Mirrors
11. Efdemin – Kassiber
12. Post Scriptum – Donbelief
13. Cassegrain & Tin Man – Open Sea
14. Function/Inland – Colwyn Bay
15. Silent Servant – End / Optimism

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