Thee Oh Sees au Trabendo le 14 mai

John Dwyer est un sacré coquin : il a réussi en une douzaine d’albums à pertinemment s’accaparer la première place dans les esprits. C’est-à-dire que le renégat n’a jamais eu de cesse de s’activer afin d’abattre une immense quantité de travail en vue de s’installer au sommet de la tour d’argent du rock, délogeant proprement tous ses blafards concurrents venus renifler le corps mort du genre durant la première dizaine d’années du XXIe siècle. Car John Dwyer l’a montré à maintes reprises : il est de ceux que la diversité musicale n’effraie point, en atteste un parcours plutôt halluciné, zigzaguant à travers une poignée de groupes et de genres aux situations souvent absurdes, comme le duo mongolo-noise Pink & Brown, le groupe de reprise des Troggs ou le sale crachat grind des Dig That Body Up ! It’s Alive.

On ne la fait pas au père Dwyer, l’animal est loin d’être un arriviste et s’avère fantastiquement bon dans ce jeu souvent dangereux qui consiste à malaxer divers styles reliés entre eux pour en assaisonner une collection de morceaux aux constructions excitantes comme aux supersoniques solos : Thee Oh Sees garde en mire cette façon de faire, à systématiquement s’imposer au-delà de la mêlée par cette fatale maîtrise de cette poignée de sous-genres se rattachant au rock, à facilement s’approprier la fumée krautrock, ces passades infiniment psyché comme ces rudesses punk.

C’est probablement cela qui les fait aujourd’hui resplendir, précédés par cette énorme réputation sur scène sur laquelle le désormais quartet fout très clairement le feu et semble en passe d’assembler soi-même son podium. La doublette A Weird Exits-An Odd Entrances se classe clairement en haut du top 5 des albums récents des Oh Sees – similaires aux précédents dans cet esprit d’appropriation unique tout en sonnant comme nul autre – et le groupe semblerait presque peu à peu se rapprocher de la cadence infernale de The Fall, à constamment se réinventer tout en alignant leurs albums comme des petits soldats disciplinés.

On fait gagner une paire de places pour leur passage au Trabendo en mai prochain : envoyez votre nom et prénom à hartzine.concours@gmail.com pour participer au tirage au sort qui aura lieu le 12 mai prochain. Les gagnants seront prévenus le lendemain.

Des places sont en vente ici.

Thee Oh Sees + Häxxan
Dimanche 14 mai à 19h
Trabendo
211 avenue Jean Jaurès
75019 Paris

Vidéo


Qual à l'Espace B le 04 mai

Avant! Records n'a jamais fait dans la dentelle, Qual non plus. La moitié de Lebanon Hanover présente son projet dans deux semaines sur la scène de l'Espace B. Répertoire plus noir que noir, agonie eighties à la sensibilité goth exacerbée, obscur et synthétique objet du désir, l'ambiance sera sombre le 04 mai, définitivement. Mais pas que, on pourra aussi danser, les yeux cernés de khôl, la mine défaite, le corps tourmenté par un rythme obscur et ardent. Hartzine offre des places au plus chanceux d'entre vous alors tentez votre chance en envoyant nom et prénom à hartzine.concours@gmail.com, le gagnant est tiré au sort et prévenu par mail la veille de l'événement.

Des places sont en vente ici !

Qual
Jeudi 04 mai à 20h
Espace B
16 rue Barbanègre
75019 Paris


Oxbow + Sumac à la Grange à Musique de Creil le 29 avril

Oxbow est un groupe qui aime prendre son temps. Dix ans pile sépare la sortie de The Narcotic Story - point initial de ce qui était considéré alors comme une trilogie à venir accompagnée d’un long métrage – de la seconde étape, nommée Thin Black Duke. Un moment présenté comme une sortie divisée en plusieurs 7'', c’est bien un LP complet qui sera disponible : dix ans pour, comme le disait Eugène Robinson, faire en sorte que " les mots fassent parfaitement écho à la musique, et la musique fasse parfaitement écho aux mots ".

Le groupe de San Francisco affine de plus en plus son art, laisse de côté les rudes atermoiements et les terrifiantes décharges afin de laisser couler un poison bien plus insidieux dans sa coupe : on trouvait sur The Narcotic Story des parties de corde, une écriture à la sensibilité baroque, quelque chose de trouble, de vicié, d’incertain sous une suave et scintillante plastique, laissant là une œuvre pratiquement indépassable, quelque chose d’absolument singulier. On retrouve la même et brumeuse atmosphère sur le second titre à l’écoute du nouvel album, Other People, accentuant carrément le côté orchestré et mettant d’autant plus en valeur les capacités vocales de Robinson, capable de rugir ou minauder comme personne, capable tour à tour d’exprimer une insondable tristesse comme une définitive colère, une ultime essence de la tension. En live, les Américains conservent par ailleurs l’aspect cru, terriblement humain que constitue le cœur de leur musique avec Eugène Robinson pour chef d’orchestre, absolument impressionnant.

Oxbow – pas vu en France depuis 2011 – sera en tournée avec Sumac, soit la solide réunion de trois acteurs majeurs des musiques lourdes : Aaron Turner, ex-ISIS et actuel Mammifer et Old Man Gloom, Nick Yacyshyn, de Baptists et Brian Cook, bassiste chez Russian Circles. C’est Turner qui fonda le groupe en 2014 avec l’idée de composer la musique la plus intense et brutale à n'avoir jamais été composée, ce à quoi on peut lui donner parfaitement raison vu le niveau exceptionnellement élevé d’agressivité sonore de leur dernier album, What One Becomes, sorti l’année dernière sur Thrill Jockey, et qui promet une massive expérience de concassage en live.

Les deux groupes (avec les français de Sycomore en première partie) seront donc présents à la Grange à Musique, à Creil, le samedi 29 avril prochain, et on fait gagner des places pour l’occasion. Envoyez vos nom et prénom à hartzine.concours@gmail.com pour participer au tirage au sort, qui aura lieu le 27 avril prochain. Les gagnants seront prévenus le lendemain.

Des places sont en vente ici.

Sumac + Oxbow + Sycomore
Samedi 29 avril à 20h30
Grange à Musique
16 boulevard Salvador Allende
60100 Creil

Vidéo