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Chaque ville offre à sa géographie mystérieuse les faveurs de nuits insondables. Un trouble halo vespéral y orchestre à merveille la jonction du probable terrestre et de l’infini céleste, du tangible et de l’imaginaire. Une physique des corps et des esprits au sein de laquelle le moindre bruissement s’arrache des ténèbres à la manière d’une épure symphonique quand un chuchotement anodin rapporté par le vent tournoie, telle une mélopée charriant la perfection, au-dessus de nos têtes. Souvent imperceptible au regard criblé d’obscurité, l’ouïe s’arroge alors la primauté de cette cinématique de l’ombre, où l’indicible beauté imprime son alphabet dans un écrin d’images suggérées dans un afflux de musicalité. Un magnétisme contondant dans lequel se lovent à dessein les balades ondoyantes d’Ela Orleans qui, entre chien et loup, confondent prose lunaire et poésie urbaine.

Je marche dans Paris. Sans but, sans méthode. Môme, j’essayais de me perdre afin de ressentir cette relativité de l’être face à l’immensité d’une machinerie collective inébranlable. Des dédales de rues, des encâblures de trottoirs, d’escaliers. Brûlant d’un romantisme fataliste et désabusé, j’aimais me sentir submergé par l’incommensurable ferraillerie contemporaine, dressant buildings et autoroutes déshumanisés à chaque interstice urbain. C’est en renâclant les vestiges éparpillés d’une mémoire fragmentaire, dévalant les boulevards en quête d’une introspection silencieuse, que Lost s’est immiscé telle une bande-son pour mes pas noctambules. Pioché au hasard du catalogue soigné de La Station Radar – label loin d’être inconnu dans ces pages (lire ou écouter) – ce disque, sorti en 2009, a immédiatement subjugué mon attention, fascinée par ce prisme émotionnel, retranscrivant l’intense sentiment de solitude dans un kaléidoscope d’images sonores oscillant entre présent inquiet et nostalgie mordorée, entre références transfigurées (des Beach Boys au chanteur soul Bill Withers) et empathie naturelle pour une littérature européenne se jouant des frontières (les vers de Robert Walser, Sarah Teasdale ou Bruno Schultz ornent d’ailleurs la plupart des chansons du disque). Fruit d’un déracinement géographique – Ela Orleans est née à Auschwitz en Pologne et vit désormais à New-York – mais aussi de l’isolement de l’artiste devant son grimoire et ses instruments (guitares, violons, claviers, sampler), Lost diffuse en neuf morceaux un climat sombre et énigmatique, où la voix d’Ela, tel un spectre à l’androgynie déroutante, transperce une nuée d’arrangements peaufinés à l’extrême par son auteure. Comme si l’évidence d’un Velvet Underground, affublé de la pénétrante Nico, n’était plus réduit qu’à sa plus simple expression lo-fi (Something Higher, Rocket Trip to Nowhere, Myriads) dans un syncrétisme rythmique à la discrétion redoutable. Deux instrumentaux, Yes, Of Course et Barry Lyndon, joués en compagnie du guitariste Wende K. Blass (Burkina Electric) et empruntant tant à l’afro-pop qu’au flamenco castillan, magnifient d’ailleurs ces chemins de traverse en tranchant avec l’intensité dramatique née de la répétition de motifs brinquebalants sur Reading Stones ou des déluges de violon tout au long d’Amsler Grid. L’emprise est totale mais pas inédite.

Car avant New-York, il y eut Glasgow. N’ayant pas de suite obtenu son visa, après avoir terminé ses études d’art, pour rejoindre Big Apple, Ela décide de rejoindre des amis à Glasgow, ville où elle semble faire pencher la balance du côté du théâtre jusqu’à l’acquisition, sur un coup de cœur, d’un violon déglingué. Maîtrisant déjà le piano et la guitare, la pratique du violon l’entraine sur les terres de l’expérimentation acoustique et très vite un ami l’invite à participer à une émission radiophonique pas comme les autres, Radio Tuesday. Ela y fait la rencontre de Tony Swain, Mark Vernon et David Fulford avec qui elle montera Hassle Hound, responsable de deux albums à l’onirisme tortueux (Limelight Cordial en 2006 et Born In A Night en 2010). Comme elle l’évoque ci-après, Hassle Hound est l’occasion de se situer dans un processus créatif qu’elle n’imagine plus qu’en solitaire. Peu après son installation, en 2008, parait sur le label italien Setola di Maiale, Low Sun/High Moon, sorte d’intime bréviaire au titre évocateur, où la récente New-Yorkaise s’escrime à canaliser un patchwork d’influences, en plus de ses techniques d’enregistrement et de samples. Sur une dizaine de morceaux à l’unité branlante, les fantômes se succèdent, évoquant tant le krautrock de Faust, le minimalisme de Steve Reich, l’art-rock du Velvet Underground ou l’onirisme pop de Stereolab. La tentative, relativement confidentielle, est timide elle mais porte en elle ce qui fait de Lost un si bel album, expurgeant par l’essai une rivière d’inspiration aliénante. Si Lost est l’œuvre d’une artiste créant un monde à son image, Low Sun/High Moon en est le préalable indispensable.

Rencontre – en mots et en musique, une mixtape étant écoutable et téléchargeable ci-après – avec une artiste d’exception, au charme inaltérable et à l’aura déroutante. Sans savoir pourquoi je pense à Kim Gordon. Sans savoir pourquoi, mais avec bienveillance, je lui souhaite le même avenir, transfigurant l’underground new-yorkais de son empreinte aussi personnelle qu’hypnotique.

Précédant de peu une tournée européenne prévue en mai et succédant aux sorties successives d’un split vinyle en compagnie de Dirty Beaches (La Station Radar/Night People) et de son troisième album Mars In Heaven (La Station Radar), Ela Orleans partagera l’affiche d’une soirée co-organisée par Hartzine et Backyard Vacation le 7 mars prochain à l’International. Les détails, par ici.

Interview

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Peux-tu te présenter en quelques mots ? D’où t’est venue l’envie de faire de la musique ?
Can you present yourself in some words? How came your envy to make some music?

Je suis connue pour être très mauvaise à ce genre d’exercice, je crois que je vais continuer comme ça. Je suis possédée par la musique, le son, les voix et le bruit. J’entends des choses en permanence. C’est pathologique. Je suis constamment occupée à produire des choses et tout ce que je sais c’est que je dois le faire.

My self presentation skills are known to be poor, I think i will leave it this way. I am possessed by music, sound, voices and noise. I hear things all the time. It’s pathological. I am constantly busy working on stuff and all I know is: I have to do it.

Si tu devais définir ta personnalité en trois mots, quels seraient-ils ?
Moreover if you had to define your personality in three words, which words would you choose?

Je choisirai 3 lettres : T.O.C. (Trouble Obsessionnel Compulsif).

I would choose three letters: O.C.D. (Obsessive Compulsive Disorder)

Quelles influences mélanges-tu dans les chansons d’Ela Orleans ?
What influences do you mash in the songs of Ela Orleans?

J’ai récemment effacé la page « influences » de mon site web. J’écoute beaucoup de choses (principalement les discussions à la radio en fait) Je ne pense pas à ce que je viens d’écouter quand je commence à développer mes idées… Je trouve souvent de superbes samples sur des disques que je devrais vraiment jeter une fois que j’en ai exploité cinq secondes. Je ne me précipite pas pour écrire une nouvelle chanson à chaque fois que j’écoute Pet Sounds pour la millionième fois. J’adore ce disque. Il m’intimide plus qu’il ne m’influence et je ne me risquerais pas à croire une seconde que ma musique sonne comme les Beach Boys. Je rigole à chaque fois qu’un auteur compare tel ou tel musicien à Brian Wilson. Il n’existe pas d’autre Brian Wilson, DU TOUT.

I recently removed « influences » page from my website. I do listen to a lot of things (mostly to the talking radio tho. I don’t think about what i just heard when i start developing my ideas… I often find amazing samples on the records I should really throw out once I exploited its five seconds. I don’t run and write a new song after I hear « Pet Sounds » for the millionth time either. I love that record. It intimidates me more than influences me tho and I would not even attempt to think I sound like Beach Boys. I laugh every time some writer compares some up and coming musician  to Brian Wilson. There is absolutely no other Brian Wilson out there. NONE.

Si tu devais t’exiler sur une île déserte, quels disques emmenais-tu dans ta valise ?
If you were obliged to exile yourself on a desert island, which do you take as records in your bag?

Je ne prendrais rien. Le bruit des vagues est ma musique préférée.

I wouldn’t take anything. The sound of the sea is my favorite music of all.

Tu habites à New-York. Peux-tu nous raconter « ton » New-York ?
You leave in New York City. Can you tell us « your » New York?

Il y a tout et il n’y a rien pour moi ici. La plupart du temps, j’ai l’impression de fouiller les poubelles à la recherche de diamants… Après sept années à respirer les pots d’échappement, les cacahuètes grillées et la pisse, je suis arrivée à la conclusion qu’il faut que je quitte New York pour me préserver. J’adore cette ville et il n’y a pas assez de place sur cette page pour dire à quel point, je sais qu’elle me manquera.

There is everything and there is nothing for me here. For most part I feel like a dumpster diver with high hopes to find diamonds…  After seven years of wading in and breathing the fumes of cars, perfume, toasted peanuts and urine, I came to terms I have to leave New York in order to save myself. I love this City and there is no enough room on this page to describe how much… I know I will miss it.

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« Un film pour les oreilles » ? Quel genre de sentiments mets-tu dans ta musique ?
« A movie for ears »? What kinf of feelings to you put in your music?

Le plus triste c’est, le mieux c’est… Je suis très heureuse en ce moment et ça me cause un peu de souci, haha !

Sadder the better… i am very happy at the moment and it worries me a little ha ha!

Peux-tu expliquer comment tu définis ta musique et expliquer quel est ton processus créatif ?
Can you explain how you define your music and what’s the creative process?

Rough Trade l’a décrit (avec le plus de justesse je pense) comme étant « une pop émotive« . Le processus créatif est un jeu infini entre… coupé/collé, nivellement, écoute et réécoute, insomnie, famine, solitude absolue et dysfonctionnement social… Je peux comparer mon studio à un asile mental.

Rough Trade described it (most accurately I think) as « emotive pop ». The creative process is just endless play… cutting and pasting, layering, listening over and over, insomnia, starvation, absolute seclusion and social disfunction… I can compare my studio to a mental asylum.

Parlons de tes projets. Tu travailles sur trois disques. Peux-tu nous dire quelques mots sur Mars is Heaven ?
Let us speak about your project… You are working on three records. Can you tell us more about Mars is Heaven?

C’est inspiré par une nouvelle de Ray Bradbury. Si tout va bien, le disque devrait être prêt avant ma tournée prévue pour le mois de mai. Je viens juste d’avoir l’autorisation du groupe Brygada Kryzys (meilleur groupe de punk polonais du monde) pour faire une reprise de leur chanson Take my Hand. Je ne peux pas vraiment en dire plus à ce stade.

It’s inspired by the short story by Ray Bradbury. If everything works out, the record should be ready before my tour planned in May. I just got the permission from Brygada Kryzys (absolutely best Polish punk band) to do the cover of their song Take My Hand. I can’t really say much more at this point…

Cet album va paraître sur La Station Radar. Comment en es-tu venue à travailler avec eux ?
This record is going to appear on La Station Radar. How did you come to work with them?

Fleur et Jérôme m’ont approchée via mon myspace après la sortie de ma collaboration avec Skitter. Ce sont d’incroyables amis, des grands artistes et des gens super gentils. LSR est une structure très dense dans son esthétique. J’ai confiance en leur intuition et je me sens protégée par cette collaboration. Je ressens tout ça comme une superbe aventure.

Fleur and Jerome approached me via myspace after they released my collaboration with Skitter. They are incredibly supportive friends, great artists and just kind people. LSR is a very consistent in its aesthetics. I trust their intuition and feel protected by this collaboration. It seems to me like one amazing journey.

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Peux-tu nous raconter comment s’est construit le projet de split avec Dirty Beaches ? Comment connais-tu ce groupe ?
Can you explain how was made the project of Split with Dirty Beaches? How do you know this group? Say we it a little more on them?

Alex Zhang Hungtai m’a trouvée sur myspace et m’a demandé si je voulais partager l’affiche avec lui et Slim Twig (Max Turnbull) pour un concert à New-York. Nous sommes très vite devenus amis après que leur voiture a été accidentée et qu’ils ont du rester chez moi quelques jours. C’était mon anniversaire et nous sommes allés dans un bar russe à Brighton Beach (ndt : quartier russe de Brooklyn) et je les ai complètement saoulés ! Ils n’oublieront jamais cette soirée. Double Feature est notre idée, née d’un respect mutuel. Nous nous disons souvent que nous pourrions partir en tournée ensemble car nous aimons la même cuisine (lourde, avec beaucoup de viande) !

Alex Zhang Hungtai found me on myspace and asked if I wanted to play a show with him and Slim Twig (Max Turnbull) in New York. We became fast friends after their car got towed and they had to stay in my place for a bunch of days. It was my birthday and we went to Russian bar in Brighton Beach and I made them completely wasted… Ha ha! They will never forget that night. Double Feature was our idea  born from the mutual respect. We always joke we would have no problem touring together because we like the same (meaty, comfort) food!

Tu as deux autres disques en préparation chez Clan Destine Records et Night People… Peux-tu nous en dire plus ?
You have two records in preparation on Clan Destine records and Night People… Can you tell me more about?

Je prévois de commencer à bosser sur Play Fascination pour Night People en mars. J’adore tout ce que Shawn sort. Il m’a beaucoup encouragée dans mon travail et c’est une personne très solide. Je suis vraiment emballée à l’idée de faire un disque pour lui. J’espère qu’il y collaborera musicalement… Il a dit oui, j’espère qu’il s’en souviendra. Je devrais être prête à travailler sur le prochain projet, Fingers, pour Clan Destine Records vers le mois de juillet.

I am planning to start to work on Play Fascination for Night People in March. I love everything Shawn is putting out. He has been very supportive of my work and just a solid parson. I am really psyched to do the record for him. Hope he will musically collaborate on it… he initially said yes, hope he remembers. I should be ready to start to work on the next project – Fingers for Clan Destine Records around July.

Que penses-tu de Carl de Clan Destine Records ?
What do you think about Carl Clandestine Records?

J’ai toujours craqué sur Invisible Man (de H.G. Wells)… haha ! Clan Destine est anti-conformiste, vraiment punk, hérétique et déviant. En un mot : exceptionnel. Carl est… mon alter ego.

I always had a crush on Invisible Man (by H.G. Wells)… Ha ha! Clan Destine is nonconformist, true punk, heretic and deviant. In one word: exceptional. Carl is…  my second self.

Et Beko DSL ? Approuves-tu la manière qu’a ce net label de diffuser la musique sur le web ?
And Beko DSL? You approve the way this net label propagates the music to the Internet users?

Je soutiens totalement les idées de Beko. Ce concept (conscient ou non) devrait nous rappeler que l’Art dans sa forme la plus pure EST une contribution. Et Reno est adorable.

I totally support BEKO‘s idea. Its concept (conscious or not) should remind us that art in its pure form is a contribution. Also Reno is a sweetheart.

Est-ce que l’esthétique d’un disque a autant d’importance que la musique pour toi ?
Has the aesthetics of a record so much importance for you as the music itself?

Oui, une énorme importance même ! Je choisis souvent les disques en fonction de leur pochette. Je ne peux pas m’en empêcher. Tous mes disques préférés ont de magnifiques pochettes. Il y a un grand label new-yorkais (que je ne nommerai pas) dont les designs sont tellement hideux que je ne toucherais leurs disques qu’avec des gants. Je pense que le disque, particulièrement le vinyle, est un objet. Et devrait être designé comme tel. Quel est l’intérêt sinon ? J’ai de la chance de ne travailler qu’avec des labels ayant du goût. C’est une bénédiction.

Huge importance! I often pick the record judging its sleeve. Really can’t help it. All my favorite records have gorgeous sleeves tho. There is this high brow label in New York (I can’t say the name) and its design is so hideous I would not wanna touch their CD without wearing a glove. I think the record, especially vinyl, is an object. And as such should be well designed. I mean, what’s the point of making 12 x 12 inch sleeve otherwise? I am very lucky that all my labels I am working with have excellent taste. It’s a blessing.

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Quelle est la configuration pour les concerts ? Quand viens-tu nous montrer ça en France ?
What is the configuration in concerts? You come to show us that when in France?

Je joue seule et je ne danse pas (certains s’en plaignent). J’ai besoin d’une table, d’un peu de lumière et d’une personne amicale. Ma performance dépend de la qualité du son. J’espère vraiment venir jouer en France en mai (une mini tournée est en préparation, ndlr)

I perform solo and I don’t dance (some people complain about it). I need a table, some light and a friendly sound person. My performance  depends on the quality of the sound. I really hope to play some shows in France in May.

Peux-tu nous parler de Hassle Hound ? As-tu d’autres side-projects ?
Can you tell me more about Hassle Hound? Have you others side-projects?

Hassle Hound a été une bonne chose pour moi pour différentes raisons. Nous étions très créatifs, avons beaucoup tourné et produit une tonne de musique. C’est triste mais le meilleur de tout ça ne sera jamais écoutable. Le projet est mort de mort naturelle. Mais nous sommes toujours bon amis. Participer à Hassle Hound m’a fait réaliser à quel point la musique me rend heureuse (que ce soit dans l’écriture ou le live). Jouer avec un groupe m’a aussi fait découvrir que je n’ai pas d’habileté à exprimer comment je voudrais qu’une chanson sonne, et c’est pourquoi je dois travailler seule. Je n’ai pas de side-project, je suis assez débordée comme ça toute seule, j’ai à peine le temps de me nourrir.

Hassle Hound was good for me in many ways. We were very creative, toured a bit and produced a ton of music. Sadly the best of it will never be heard. The project died of natural death. We are still good friends tho. Being a part of HH made me realize how happy music makes me (both composing and performing). Working with the band also made me discover that I have no ability to express how I want the song to sound and therefore i should be a solo. I don’t have side projects, I am so swamped by my own, I hardly have a time to get food.


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Qui sont les amis d’Ela Orleans ? As-tu l’impression de faire partie d’une « scène » à New-York ou aux US ?
Who are Ela Orleans’s friends? Is there a « scene » in New York or US in which you have the impression to belong?

Ha ha !!! La plupart de amis à New-York sont des artistes plasticiens… Et mes meilleurs amis musiciens ne vivent pas à NYC, ils sont au Canada, en Iowa, au Kentucky, en Californie. J’aurais du mal à nommer beaucoup de musiciens vivant à New-York… Laisse-moi réfléchir… Alice Cohen, Kevin Shea… Je crois que c’est tout. Franchement, qu’est-ce que je fous ici ?! Mes labels ne sont pas non plus ici. Je ne peux pas dire que j’appartienne à une quelconque scène, ici ou ailleurs… D’ailleurs, je crois que l’idée d’une « scène » me fait peur. Je n’ai pas besoin d’une putain de scène… J’ai des amis fantastiques et des super labels qui s’occupent de moi… j’ai beaucoup de chance.

Ha ha!!! My friends in New York are mainly fine artists… My favorite musician friends live outside NYC – Canada, Iowa, Kentucky, California. I can’t name many musicians I can associate with who live in New York… Let me think… Alice Cohen, Kevin Shea… I think that’s it. Frankly… I don’t know what am I doing here??? My labels aren’t here either. I can’t say that I belong to any scene in New York or anywhere else… I think the idea of « The Scene » scares me. And for goodness… I don’t need any bloody scene… I have amazing friends and hot labels taking care of me… I am just very lucky and privileged.

Pour terminer, demande-moi n’importe quoi…
For finishing, ask me anything…

As-tu aimé la mixtape que je t’ai faite ?
Do you like the mixtape I made for you?

(Oui, beaucoup / Yes, so much…)

Traduction : Virginie Polanski

Discographie / Audio

Low Sun / High Moon (Setola di Maiale, 2008) => ICI

Lost (La Station Radar, 2009) => ICI

Beko (w/ La Station Radar, Clan Destine Records, 2011)

Double Feature (split w/ Dirty Beaches, La Station Radar / Night People, avril 2011)

Mars is Heaven (La Station Radar, mai 2011)
Play Fascination (Night People, 2011)
Fingers (Clan Destine Records, 2012)

Mixtape

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1.Tennessee Williams reading his work (excerpts throughout the tape)
2. Flying Lizards – Then He Kissed Me
3. Pierre Bachelet & Herve Roy – Cigarette Act
4. Sharades – Dumb Head
5. Luis Bacalov – A Ciascuno Il Suo
6. The Sound Sandwich – Zig Zag News
7. Harry Lubin – On The Terrace (Ela Orleans edit)
8. Bernard Herrmann – Atlantis
9. Angelo Badalamenti – Pretty 50s
10. Monday Blues – Then He Kissed M

Vidéos