!!! (Chk Chk Chk) l’interview

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Quand on t’annonce que tu vas rencontrer Nic Offer de !!! (Chk Chk Chk), sans savoir pourquoi tu t’attends à un pur moment de folie extatique, une fête avec guirlandes et cotillons. Au lieu de cela, Patrice et moi-même patienterons une heure autour d’un café afin de laisser le temps au chanteur de se remettre d’une nuit qui semble s’être finie tard dans la mâtinée. Parfait, c’est juste le temps qu’il me faut pour réviser les bases rudimentaires d’un anglais que je n’ai plus potassé depuis le lycée, soit un sacré bail. Et lorsque l’heure de la rencontre sonne, c’est un Nic Offer ensommeillé et débraillé que nous retrouvons à son hôtel. Toujours cotonneux, nous passerons outre les questions à rallonge habituelles pour tenter un petit jeu qui semble malgré tout tomber à plat. Une interview dans une pure ambiance lynchienne, ça vous tente ?

Bon ben voilà, on va commencer…

Ça va être marrant, surtout que je viens de me réveiller. Mais allez ok, vas-y !

Quelle est la première chose que tu fais le matin en te réveillant ? Une interview !

Ouais ! (Rires.)

Alors, tes débuts ? (Ndt : prononcé, « tes débits », il ne comprend pas mais hésite, c’est très drôle.)

Mes « débits » ? (Gros silence gêné.) Hum… (Il rigole tout seul.) Oh man… J’ai pris un médoc pour dormir aussi, mon cerveau est embrumé… Hum… hum… hum… Est-ce que tu veux dire « mes dettes » ?

Juste le commencement de !!!, le début de votre aventure…
OH, nos DÉBUTS ?
Yeah.
OH !

Désolé pour l’accent français.

Hum, c’est marrant, quand j’écoute nos débuts, notre premier album, c’est juste là, je ne l’écoute pas, je ne le regarde pas. Et puis récemment, je l’ai réécouté pour la première fois depuis dix ans pour les besoins d’une interview. Ce truc est là, et on ne peut pas le changer, alors qu’il y a des choses que j’aimerais bien changer dedans. Des choses embarrassantes. D’autres trucs qu’on a fait du mieux qu’on pouvait à ce moment-là, et c’est surprenant, et j’en suis fier. C’est un truc très étrange à avoir dans son existence. Ça marque et puis c’est là et tout le monde peut l’écouter. C’est quelque chose
dont t’es fier et gêné en même temps. C’est une expérience de l’avoir fait, et de pouvoir l’écouter.

Le nom du groupe ?

Nous l’avons choisi pour vraiment nous différencier des autres, parce qu’on avait le sentiment de faire quelque chose de vraiment différent à ce moment-là. C’est ce qu’on a fait et j’en suis fier. Il n’y a jamais eu d’autre nom de groupe que j’aurais préféré, je suis fier de notre nom, ça le fait. Aussi parce que c’est un peu chelou. Et il y a certaines personnes qui détestent, qui pensent que c’est horrible. Et d’autres qui pensent que c’est génial, que c’est le meilleur du monde. Et j’aime ça. Le genre de personnes qui aiment notre nom viennent à nos concerts, et ceux qui pensent que c’est un nom de merde sont le genre de personnes qui ne viennent pas. Ils ne pensent pas de la même manière que moi et je ne veux pas d’eux à mes shows.

La ville que tu préfères ?

Paris.

Sérieusement ?

Oui. Paris est vraiment … Ouais, j’adore Paris. C’est la première ville que j’ai vue en Europe, la première ville où j’ai été en dehors des USA, donc elle a une place spéciale dans mon cœur. On se baladait ce matin, avant d’aller se coucher, et j’adore cette ville, j’adore Paris. Je ne laisse jamais personne dire du mal de Paris. Je la défends. Je sais que les Français disent du mal de Paris, mais les Parisiens ont toujours été adorables avec moi. Même quand j’étais un punk des rues, avant que je sois une star. Les Américains disent que les Français ne sont pas sympas, et moi je leur réponds que c’est faux. Et si la prochaine fois qu’on me le demande je suis à Hambourg, je ne répondrai pas Hambourg mais Paris, toujours Paris.

Ton humeur du moment ?

Endormi mec. Je suis dans le gaz, j’ai pris de la mélatonine. Il fait super beau. Et j’adore jouer à Paris. Alors je suis super content d’être là.

Une chanson de FM ?

Il y a une chanson, par un mec d’Afrique genre des 80’s, qui s’appelle Dizzy Kane, et la chanson s’appelle Sweet Music (il chante et sa voix se casse). C’est une chanson sur la radio, j’aime ce genre de chanson, ça parle de la radio, ça sonne si bien et c’est exactement ce que tu veux entendre sortir de ta radio.

Tes influences ?

(Il hésite longuement.) Tu veux dire ce que j’écoute ?

Ce qui influence le groupe, ta vie, ce que tu veux…

J’aime mes influences, même si je suis plus vieux, il y a des gens qui m’écoutent. Quand j’arrive quelque part, il y a toujours des gens qui chuchotent : « Regarde qui est là ! »

J’aime le fait que je peux toujours écouter des disques, et être toujours aussi excité que lorsque j’avais dix ans. Et penser qu’il y a toujours des groupes qui en savent plus que moi sur le monde secret des choses, et qui ont une compréhension plus profonde des choses. Et que je dois apprendre d’eux, pour pouvoir devenir comme eux, alors oui, j’adore mes influences. (Ndt : nous ne saurons donc pas de qui il s’agit !)

Ok, heu, ton meilleur souvenir ?

(Rires.) J’en ai des bons. J’essaie de me rappeler du dernier. Je pense que les meilleurs souvenirs sont… Tu sais comme tu peux te rappeler de trucs vraiment étranges, parfois tu te rappelles d’une tasse de thé sur une table, pour aucune raison valable, tu peux oublier des choses très importantes, mais pour une raison quelconque cette tasse de thé reste dans ton esprit. De toutes ces années où le groupe a été ensemble, à voyager à travers le monde, à rigoler, il y a certaines blagues qui n’étaient pas forcément les blagues les plus drôles du jour mais ce sont celles dont je me souviens. Juste des blagues qu’on avait à certains moments. Voilà les choses dont je me rappelle

Et tes pires moments ?

Mes pires moments sont toujours drôles à la fin. Il n’y a jamais eu de trucs assez graves pour ne pas en faire des histoires drôles. Non, en fait c’est pas vrai. (Rires.)

La rencontre qui a changé ta vie ?

Hum… Probablement… J’ai rencontré Dan Gorman, le trompettiste, qui est vite devenu mon meilleur ami. Quand je l’ai rencontré, j’étais en train de rouler en tandem, et il m’a dit : « Je n’ai jamais roulé sur un truc pareil ! » et du coup on a fait le tour du bloc, et je me suis dit : « C’est qui ce mec ?! J’aime bien ce mec !« , et on a traîné ensemble toute la nuit, et il est là aujourd’hui. C’est une rencontre qui a changé ma vie. Je sais que ça a l’air d’être comme dans un film, comme si je l’avais inventé, mais c’est comme ça que c’est arrivé !

Quand tu étais gosse, tu voulais être…

Une rock star. (Rires.)

La chanson dont tu es le plus fier ?

Je suppose que je suis plus fier des chansons qui veulent vraiment dire quelque chose pour moi, qui sont importantes pour moi, et quand je vois les gens les chanter… Ce sont les choses que j’ai ressenties et que je voulais dire, et d’autres gens ressentent ça aussi. Ils les chantent avec moi, de ça je suis très fier. N’importe quelle chanson que les gens chantent en chœur avec nous.

Un artiste avec lequel tu rêverais de collaborer ?

Heu… Aretha Franklin. J’ai un plan pour elle. (Rires.) Parce que, évidemment c’est la meilleure, et elle a aussi fait de super reprises, et je voulais faire ce truc, où on donne un coup de jeune à sa carrière en l’aidant a choisir les chansons, un peu comme Rick Rubin avec Johnny Cash. Il lui a choisi de super nouvelles chansons, qu’il pouvait faire dans son style brut. Enregistrer avec un groupe bien brut tu vois. Et bien, j’ai des chansons que je voudrais qu’elle fasse. Yazoo, et U2, il y a certaines chansons, genre Bad de U2, elle en ferait une version incroyable ! Elle le ferait dans son propre style tu vois, soul, parce qu’il y a eu tellement de gens, surtout dans les années 80 qui ont essayé d’imiter les 60’s. Alors je veux qu’ils lui redonnent ça, pour qu’elle le refasse dans son style à elle. Ça pourrait être dingue.

Les choses à faire avant la fin du monde ?

Je vais juste faire des câlins à tout le monde pour dire au revoir ! (Rires.)

Et dernière question : Strange weather, isn’t it?

(Rires.) Il fait vachement beau tu veux dire ! Je ne savais pas à quoi m’attendre et en fait, il fait trop beau. On aurait peut-être dû l’appeler Gorgeous Weather, Isn’t It?. Mais j’aime ce titre parce que j’ai toujours l’impression qu’il fait un temps bizarre. C’était pas ce à quoi je m’attendais. Je suppose que VOUS saviez que ce serait comme ça, hein. Ça a été comme ça ces derniers temps, ça ressemble à ça l’automne à Paris ? Bizarre….