Interview et mixtape : Beko, bilan et perspectives

A l'heure où l'on s'apprête à lancer dès samedi une série en cinq volets sur des labels tous plus ou moins connus et approchés par l'intermédiaire de celui brestois, Beko DSL - who are you... Hands In The Dark, SVN SNS Records, Free Loving Anarchist, Crash Symbols & Skrot Up - ce dernier tire sa révérence digitale avec l'onirique single d'Ela Orleans, non moins coutumière de nos pages. Le diptyque In the Night/Song For Beko After It's Dead, gracieusement chanté par la Polonaise, revêt donc bien les oripeaux d'une ultime incantation noctambule dans lesquels se lovaient habituellement nos dimanches soirs pétris d'une curiosité souvent comblée.

Death & Vanilla, Memoryhouse, The KVB, Rape Faction, Moscow Olympics, Jamie Long, Holy Strays, Procedure Club, Coolrunnings, MillionYoung, The Bilinda Butchers, Eternal Summers, The Arctic Flow, To The Happy Few, Welcome Back Sailors, Lizard Kisses... pour ne citer dans le désordre qu'eux, la liste est longue, mais définitivement close. Ceci dit, Reno et Jack ne devraient pas nous laisser orphelins trop longtemps. Alors, avant de saluer leurs futures embardées soniques, d'ores et déjà annoncées pour 2012, dressons un bilan de ces cents singles, neuf LP, deux compilations, deux tribute, et cette dizaine de collaborations en compagnie de Reno - que l'on avait préalablement sondé au début (lire) et à mi-chemin (lire) de cette odyssée d'un genre nouveau. Un entretien - à la typographie de circonstance - agrémenté de deux mixes exclusifs écoutables et téléchargeables ci-après : l'un rétrospectif (beko_mix_beko), l'autre, prospectif (beko_for_hartzine).

Interview

Tout d'abord Reno, sans tergiverser, qu'est-ce qui te pousse à stopper l'aventure Beko DSL à sa centième sortie ?

Jack et moi avons fait le tour de beko, la sortie de ce 100ème single (référencé beko_00) c'était le bon moment et aussi notre clin d’œil à Sarah Records et puis sans mentir, une certaine lassitude se faisait sentir de notre côté mais aussi face à la banalisation des posts de certains blogs qui oublient (parfois) de citer le label ou ceux qui ignorent nos sorties. Enfin depuis l'année dernière, nous étions submergés par les demandes de sorties venant souvent de groupes inintéressants. Il fallait gérer les refus pas toujours bien acceptés mais ce fut une chouette aventure et rétrospectivement nous sommes fiers du travail accompli, de la diversité du catalogue proposé.

Tu peux nous en dire un peu plus sur la suite ?

La suite... Nous reviendrons sûrement sur la toile en 2012 mais en attendant nous avons besoin de faire une pause bien méritée !!! Un single/collaboration/album chaque lundi à gérer pendant plus deux ans, il a fallu tenir le rythme.

Ela Orleans clôture donc une série de cent single digitaux commencée avec Death & Vanilla. Pourquoi un tel choix ? Était-ce prémédité ?

Nous sommes extrêmement fan du travail d'Ela Orleans. Lost est un album de chevet. Elle était déjà présente sur les collaboration de Clan Destine Records et de La Station Radar mais elle n'avait pas son propre single beko. C'était pour nous une évidence de clôturer l'aventure avec elle en nous offrant un magnifique single... pour finir en beauté... D'ailleurs, Nocturne et Song For Beko After It's Dead sont un clin d’œil à un groupe que j'idolâtre. Concernant Death + Vanilla, les premiers à avoir accepté (avec Jamie Long) de collaborer, je suis ravi qu'un album sorte prochainement chez nos amis de Hands In The Dark.

Que retiendras-tu de cette expérience, tant au niveau humain que musical ?

Cosma de xam (phantasma disques) andrea+adam (the procedure club) mélanie (moscow olympics) manu grrrizzly morgantim (maps+diagrams) loic (club tropicana) mon ami david noirto james/tara (de fla) carl/ela (de clan destine) morten (skrot up!) fleur/jerome (lsr) la team de montréal (hobo cult, rape faction, chevalier avant garde, wicked crafts, passion party, haiduks) le collectif dieselalex/david de Svn Sns Rcrds, dwight (crash symbols) kill shaman amdiscs les gape attack ! Toutes ces rencontres avec de chouettes personnes... j'oubliais hartzine !

Musicalement aucun regret enfin... peut-être un mais dont je tairai le nom.

Les collaborations ne te manqueront-elle pas ?

J'aurais souhaité travailler avec d'autres structures, en particulier Electric Voice Records EardrumsPop et Foxy Digitalis. Electric Voice Records sort très prochainement un split cassette de Rape Faction et Chevalier Avant Garde et un chouette 7"de U.S. Girls.

Mes plus grands regrets, les Indonésiens de HeyHo! Mais la collab ne s'est jamais faite, trop compliquée ! Et The Shanghais : un grand nombre de messages envoyés aucune réponse, je pense malheureusement que le groupe n'existe plus !

D'autres n'ont jamais pris le temps de nous répondre... mais chut.... Ah oui, j'oubliais Hot Ma un groupe parisien, notre coup de cœur du moment mais c'est trop tard...

Le site servira-t-il occasionnellement ?

Le site restera actif, les singles restent disponibles, mais aucune autre info ne sera plus postée...

Parmi la grande diversité et l'immense richesse de la musique stockée sur vos serveurs, quelles auront été les sorties dont tu es le plus fier ?

Question trop compliquée, mais... Colours, Tropic Of Cancer, Procedure Club, The KVB, The Dreams/Delacave, Jamie Long/The Never Years, Muscle Drum, Blood!, Pink Playground, Moscow Olympics, Raw Moans, Bilinda Butchers, The New Lines, MSV, Ela Orleans, Death + Vanilla, Portable Morla, Daixiaole, Rape Faction, 2 Muchachos, Chicaloyoh... mais tous les autres sont vraiment chouettes.

Celles ayant eu le plus de retombées, tant pour le site que pour l’artiste ?

Au niveau des téléchargements ce sont les singles de Moscow Olympics et Memoryhouse - plus de 15 000 - et ensuite la cs02 qui arrive à 12 000 (et qui continue à être téléchargée régulièrement). Les collaborations ont très bien fonctionné - la Clan destine , La Station Radar et les tributes du Club Tropicana pour ne citer qu'elles.

Je suis très content qu'un grand nombre d'artistes soient désormais signés. Si beko a servi de plateforme de découverte, j'en suis ravi. Procedure Club méritait amplement sa sortie sur le label Slumberland , Splash >ave sur Third Side Records , Eternal Summers sur Kanine Records, Idiot Glee sur Moshi Moshi sans oublier... Memoryhouse.... D'autres suivront, j'en suis convaincu.

Celles ayant eu le plus d'impact émotionnel ?

Sans hésiter la sortie du Mater Suspiria Vision, liée à une belle rencontre. La sortie du single de Procedure Club aussi (qui nous a mis en contact avec FLA et Sore Eros), mais il y en a eu plein d'autres...

Et celles ayant été les plus compliquées à réaliser ?

Jocker ! mais la cs02 a été je pense la plus éprouvante à réaliser : sur la durée (plus de quatre mois) mais aussi sur la composition du tracklisting j'ai loupé deux artistes désormais très connus. Le délai était trop court.

Tu as demandé aux artistes et autres collaborateurs de mixer en dix morceaux l'aventure Beko. Es-tu surpris du résultat ?

Cela s'est fait naturellement, tout le monde a trouvé l’idée très chouette, chacun devait choisir ses dix titres favoris. Dur challenge pour certain... après les goûts et les couleurs... (retrouvez le harzine_plays_beko par ici).

Es-tu un peu ému de stopper net Beko ou tu as déjà la tête ailleurs ?

Je suis très content du chemin parcouru et cette histoire n'est sûrement pas finie... En attendant je vais me poser et me consacrer à mes divers projets musicaux.

Tu nous a concocté une mixtape retraçant ces presque trois années d'activisme, peux-tu nous la présenter ?

Comme je te l'ai déjà dit cela a été très difficile de choisir parmi les 300 artistes sortis. Cette mixtape reflète mon état d'esprit du moment. Si tu m'avais demandé d'en faire une il y un mois, elle aurait été différente...

La seconde, offrant un panorama vers un futur encore incertain, tu nous en touches deux mots aussi... ?

C'est une petite sélection des disques que j'écoute en ce moment. J'attends le Orcas, Benoît Pioulard et le Rafael Anton Irisarri avec impatience. Cette reprise de Broadcast par Orcas est juste sublime. 100% Silk , Phantasma Disques et Spectrum Spools sont de chouettes labels en 2011.

Pour finir nous voulions remercier tous les groupes, les labels, les blogs, les auditeurs qui nous ont suivis et plus particulièrement andréa_ mélanie_ armelle_ nafi_ charly_ noirto_ michael_ xavier_ blaise_ florence_ louise_ christophe_ yannokc_ loic_ olivier meridians_ cosmotropia de xam_ bekos et à bientôt !

Mixtapes

beko_mix_beko


DL

portable morla_i wanna be your dog (beko_skrot up!)
omebi_sea dream (beko_girls)
ela orleans_in the night (beko_00)
yves son ace_my confusion your delusion (beko_lsr)
blood!_witchless (beko_30)
turrks_coal bin (beko_lp008)
lowlands_the world pages (beko_85)
rape faction_pop song (beko_andrea)
the haiduks_use up my time (beko_hobo cult)
pink playground_low (alternate vox demo version) (beko_fla)
chevalier avant garde_sixteen candels (beko_87)
anders_fields (beko_77)
tolouse low trax_dweller (beko_74)
Λ_singularity (beko_82)
d3thplaY_ above and beyond (Cant Sleep d3thplaY RMX) (beko_box3)
ela orleans_song for beko after it's dead (beko_00)

beko_for_hartzine


DL

rowenta/khan_akustikparty (Avantgarde Explosion, Dom Elchklang, 1997)
call back the giants_just rises (The Rising, Kye records, 2011)
pink skull_salamander (Psychic Welfare, RVNG Intl., 2011)
pharaohs_uhh uhh (Silk ep, 100%silk, 2011)
nocow_moonlight flit (Ruins Tape, gimme5, 2011)
regis_blood witness (In A Syrian Tongue ep, Blackest Ever Black, 2011)
ursula bogner_sonne = blackbox (Sonne = Blackbox, Faitiche, 2011)
bruce hart_planet scene (Music For Drawing, Not Not Fun Records, 2011)
circuit des yeux_i'm on fire (live) (Portrait, De Stijl, 2011)
chicaloyoh_xocova (Quand les tables se mettent à tournoyer, Digitalis Limited, 2011)
orcas_until then (Broadcast Cover)
driphouse_in peru (Spectrum 008, Spectrum Spools, 2011)
chasing voices_ex nihilo nihil fit (ep, Preserved Instincts, 2010)
the groupies_people are still having sex with the klf (Groupie Life 69, Phantasma Disques, 2011)


On y était - The Creators Project in New York

©Martin Condomines

The Creators Project (Teen Daze + Yuksek + Atlas Sound + Florence & The Machine + Company Flow + Justice DJ-set), DUMBO (Down Under the Manhattan Bridge Overpass), Brooklyn, New-York, le 15 octobre 2011

A New-York, il y a des salles de concerts. On entre rarement en dessous de 25$, la bière est à 7$ (plus « tip »), l'ambiance est impersonnelle, les gens ont tellement de mal à oublier ce qu'ils ont dû payer pour être là que leur enthousiasme est souvent un peu forcé, l'air est trop conditionné, on peut pas fumer et les enfants restent à la porte. Et puis à New-York, il y a les événements où vont les petits malins, les « kids who think it still exists », dont parle la chanson que tout le monde connait sans jamais avoir écouté les paroles.

Pour assister à la fête de The Creators Project, il fallait aussi être un petit chanceux. En plus d'être parmi les premiers à réserver, seuls ceux sélectionnés par tirage au sort recevaient leur bon pour une journée gratuite de concerts exceptionnels dans un lieu magique. Si James Murphy ne veut plus recevoir la newsletter, tant pis pour lui, j'irai m'amuser à sa place.

Teen Daze

©Martin Condomines

Avec rien de plus qu'un laptop, une surface de contrôle MIDI, une paire de lunettes à montures invisibles et un pull en laine H&M, le set du jeune homme à la mode de Vancouver dont le moindre prout est relayé par Pitchfork sent plus l'adoucissant pour lavage en machine de matière délicate que la sueur. Conscient de son manque évident de présence, il compense en dodelinant excessivement de la tête et en sur-mixant grosses caisses et infra-basses.

Seulement, toute performance live ne mérite pas d'être puissante ou « punchy ». Faut pas non plus essayer de se battre avec des armes qu'on ne possède pas : la musique de Teen Daze séduit grâce à des atmosphères délicates et évanescentes, alors à quoi bon l'alourdir et la dénaturer avec des beats disco fatigants, des breaks prévisibles et des basses assourdissantes ?

Teen Daze ne chante jamais, et si un micro est présent sur scène, il ne sert malheureusement qu'à remercier le public et à s'excuser de ne jouer que des nouveaux morceaux. Les voix brumeuses, distordues par un long trajet depuis les rêveries d'un garçon sensible, viennent du laptop avec tout le reste, résultat synthétique de doigts appuyés au bon moment sur les bonnes touches de silicones.

John Maus

Le temps d'aller s'acheter un falafel et de revenir et le futur docteur en philosophie de l'université de Hawaï (voir page 5) a déjà plié bagages. Confus d'avoir manqué un des personnages les plus intrigants de ces dernières années et déjà honteux de devoir l'avouer dans ce report, je demande autour de moi ce qu'il s'est passé. On me raconte des histoires de karaoké, de transe, de hurlements et de poings frappés contre le torse. J'ai jamais autant regretté un falafel.

Yuksek

©Martin Condomines

Le retard que prennent les balances laisse le temps à l'oeil averti d'admirer les outils tout à fait vintage qui se pavanent sur scène. Ce Juno 60 me semble en excellent état, dites donc, et ce MC-202, c'est pas tous les jours qu'on en voit, sacrebleu ! Alors qu'on pourrait penser qu'elle n'est que le résultat de lignes de 0 et de 1, c'est très excitant de découvrir que la musique du Bordelais est reproduite sur scène avec de vrais instruments et surtout avec l'appui d'un véritable groupe.

Quand Yuksek commence à jouer, le résultat est largement à la hauteur de l'attente : cocorico. Le déhanché est électronique, l'énergie rock et les mélodies pop. Les morceaux s'enchaînent avec une puissance et un groove que seuls des hommes-machines peuvent produire. Le savoir-faire et la maîtrise technique avec laquelle les trois musiciens jouent rendent grâce à toute l'inventivité de leurs morceaux et tout le monde mouille le maillot. Un deuxième album est sorti en juin dernier, d'autres dates sont prévues à New-York dans les jours à venir. Yuksek à la conquête de l'Amérique ? Quoi qu'il en soit, il y aura toujours des Français pour faire swinguer les bals musettes.

Atlas Sound

©Martin Condomines

La nuit tombe, la foule se fait plus compacte, le cube d'acier scintille, les briques rouges de Brooklyn se teintent des couleurs que projette une scène qui se prépare à soutenir la présence d'un épouvantail, d'une sirène, d'un ménestrel sorti d'un bain d'éther. Y'a pas grand chose de plus beau et de plus touchant qu'Atlas Sound. Tout seul sur scène, y'a pas grand monde d'aussi présent, d'aussi charmant.

On comprend pas comment ça marche. Des pédales sont enclenchées, des complaintes sont chantées, des accords sont grattés. La guitare est acoustique, l'atmosphère, fantasmagorique. Bradford Cox n'a rien à dire, ce qu'il a à offrir n'est que mélodie, arpèges et brume sonore. Sa générosité est filtrée par sa musique et ne se verbalise que lorsque tous les morceaux joués ont été joués.

Il a pas beaucoup souri, mais il a été content d'être là. Y'a pas des « trucs comme ça », là d'où il vient, à Atlanta, en Géorgie, nous dit-il. Mais il nous dit aussi que peut-être c'est ici qu'elle est, maintenant, sa maison, à New-York. On sait pas, du public ou de l'artiste, qui remercie l'autre le plus.
C'est bien, quand c'est comme ça. C'est comme ça, quand c'est bien.

Florence & the Machine

Après quelque chose d'aussi bouleversant, c'est pas facile de se farcir la diva Florence. À grand renfort de harpe, de choristes, d'orgue et de batteur apparemment fou amoureux du son que produisent ses toms lorsqu'ils sont tous frappés en moins d'une demi seconde, les vocalises hurlées de Cosmic Love font vibrer nos tympans avec une inquiétante violence, même à une distance raisonnable de la scène. C'est pas qu'elle fait pas dans la demi mesure, c'est plutôt qu'elle pourrait pas faire plus, faire pire.

Son site nous apprend qu'elle compose ses morceaux ivre ou avec la gueule de bois. On n'a pas de mal à le croire, tant ses jérémiades boursouflées semblent provenir de la gorge d'une ivrogne qui a fait fi de toute notion de retenue et de pudeur. Ah ça, le chant est juste, le vibrato vibre bien, le souffle ne faiblit jamais et Amel Bent peut retourner à la Nouvelle Star ; mais quel autre sentiment que l'exaspération peut-on susciter en surjouant autant une pop qui n'avait pas pour ambition d'être mainstream ?

Company Flow

©Martin Condomines

Ça rappe dur sur l'autre scène. Le trio hip-hop du Brooklyn des années 90, reformé pour quelques dates, ne semble pas avoir perdu de sa gouaille. Si les années ont passé, si ces messieurs sont désormais pères de famille, pas question pour autant de ranger son poing dans poche – littéralement – ni de se mettre à exalter avec arrogance le même matérialisme que A$AP Rocky, qui jouait un peu plus tôt.

On rend hommage aux occupeurs de Wall Street, on lance quelques conseils sur comment « vivre sa vie » (apparemment, il ne faut pas utiliser d'iPhone : 95% du public avale de travers), on dédie un morceau à Staten Island, le « borrough oublié », on chante un rappel, un deuxième rappel, on montre qu'on est vraiment content et on s'en va.

Justice (DJ-set)

©Martin Condomines

Comme si les acouphènes que m'avait offerts Florence n'étaient pas assez pénibles, c'est aux gros benêts en blouson de cuir de Versailles d'achever de percer mes tympans à grands coups de disco 70's sur-compressée et vaguement remixée. Je m'en vais et apprends plus tard que la police s'est chargée de couper court à la fête. Comme quoi, en ce bas monde, il y a quand même une j...

Avant de rentrer à la maison, la chambre de son et de lumière de Jonathan Glazer et J. Spaceman (Spacemen 3, Spiritualized), m'apporte tout le réconfort dont j'ai besoin. Comme dans un cocon qui serait un sauna avec la forme d'une cathédrale, le visiteur est plongé dans le nuage d'un sample de Ladies And Gentlemen We Are Floating In Space qui n'en finit pas de s'enrouler sur lui-même. L'air est légèrement trop chaud, trop lourd, suave.

Depuis cinq tunnels percés dans un mur, cinq colonnes de lumières viennent caresser les paupières fermées des hôtes allongés sur le sol, un élément de la chanson accompagnant une source lumineuse. Chacun entre en résonance avec un orgue, une guitare, une percussion, un choeur, une voix ; les corps s’alourdissent, les muscles se plongent dans une atonie tendre et bienveillante : « All I want in life's a little bit of love to take the pain away, getting strong today, a giant step each day... All I want in life's a little bit of love to take the pain away... ».

Photos

English Version

In New York, there are many concert halls. You rarely get in for less than 25$, you pay 7$ for a small beer, the atmosphere is impersonal, people have such difficulty when trying to forget how much they had to pay to be here that their enthusiasm is often quite forced. And the air is too conditioned, we can't smoke, and the kids don't cross the floor.

And in New York, there are events for the little clever guys, the “kids who think it stills exists,” about whom the song that every one knows without having ever listened to the lyrics talks about (if you didn't understand this sentence, try again). To be part of the Creators Project party, you had to be lucky, too. Not only you had to be one of the first to RSVP, but you also had to be drown lots to get your ticket for a free day of exceptional concerts in a magical venue. If James Murphy doesn't want to receive the newsletter anymore, never mind him, I'll have fun for the both of us.

Teen Daze
With nothing more than a laptop, a MIDI control surface, nerdy glasses and a wood H&M style sweater, the gig of the trendy young man from Vancouver whose every move is relayed by P4k smells more like softener to machine wash delicate matters than sweat. Conscious of his obvious lack of presence, he compensates by excessively nodding his head and over-mixing kicks and infra-basses.

Unfortunately, every live performance does not deserve to be loud or punchy. Neither one should try to fight with weapons he doesn't possess: Teen Daze's music seduces thanks to its delicate vanishing melodic atmospheres, so why weighing it down with harassing disco beats, predictable breaks, and deafening basses.
Teen Daze doesn't sing. Whereas there's a microphone on stage, he only uses it say thanks and to apologies to play only new songs. The hazy voices, distorted by a journey from the reveries of a sensible boy, comes from the laptop just like all the rest, synthetic result of fingers pushing the right silicone pads on the right times.

John Maus
By the time to buy a falafel and come back and the future doctor in philosophy of the University of Hawaï (see page 5) is already gone. Confuse to have missed one of the most intriguing characters of the last years and already ashamed to have to admit it in this report, I ask around what happened. I'm told stories of karaoke, trance, screams and fist hitting a chest. I never felt so regretful about a falafel.

Yuksek
The sound check falls behind and it lets your devoted mindful reporter the time to admire the exquisitely vintage stuff that struts about on stage. That Juno 60 seems to be in a god damn excellent condition, and take a look at this MC-202, when is the last time you saw such a hell of a monophonic synth? Whereas we could think that it is only the result of lines of 0 and 1, it is very exciting to discover that the French guy's music is performed on stage with real instruments and, above all, with a flesh-and-bone band.

When Yuksek starts playing, our expectations are fully satisfied. The swaying is electronically binary, the energy rock'n'roll and the melodies are pop as hell. The tracks go on with a power and a groove that only men-machines can create. The know-how and the technical mastery that support the music ferociously celebrate its inventiveness and everybody's shirt gets wet.

A second record was released last June, other concerts are planed around New York City for the upcoming days. Yuksek setting out to conquer America? Anyway, there will always be a French band to make the dance-floor jive.

Atlas Sound
It's getting dark. The crowd's becoming denser. The steel cube sparkles. Brooklyn's red bricks are tinged by the colours projected by a stage which is getting prepared to support the presence of a scarecrow, a mermaid, a minstrel brought out of an ether bath.

Ain't a lot more beautiful, more touching than Atlas Sound. Alone on stage, ain't many people as present, as winning. We don't get how it works. Some pedals are turned on, laments are sung, chords are picked. The guitar is acoustic, the atmosphere, shadowy. Bradford Cox can't perform and speak. All he has to offer is nothing but melody, arpeggio and sonic mist. His generosity is filtered by his music and is verbally formulated only once all the songs to be played have been played.

He didn't smile a lot, but he was glad to be here. “There's no such things” where he comes from, in Atlanta, Georgia, he said. But he also confesses that maybe now his home is right here, in New York City. Can't tell if, between the audience and the artist, who thanks the other one the more.

It's nice, when it's like this. It's like this, when it's nice.

Florence & The Machine
After such a moving experience, it's not easy to cope with Florence the diva. With a whacked load of arp, choir singers, organ and a drummer apparently mad in love with the sound that his toms make when they are all hit in less than half a second, the yowled vocal rambling of Cosmic Love make our eardrums vibrate with a worrying violence, even at a reasonable distance from the stage. Not even she lacks of moderation, it's just that she could not do more, do worse.
We're taught by her web site that “she writes her best songs when she's drunk or has a hangover.” I do not hardly believe that, so much her puffy jeremiads seem to come from the throat of a drunkard who got rid of all notions of restraint and reserve. Can't deny it: she's in tune. The vibrato jolly vibrates, the breath never gets short and Susan Boyle can go back to her TV show. But what the hell is going on: what else than exasperation can you hope to create when you over-perform that much pop songs that hadn't carried the ambition to be so grossly mainstream?

Company Flow
On the other stage, it sounds way tougher. “The skronk-rap godfathers,” as described by P4k, seem to have carried all their riled up volubility from the 90's. Years have passed but the flow still raw and lo-fi: A$AP Rocky, who played earlier, have never seemed so artificially arrogant and materialistic.

A tribute is paid to the Wall Street Occupiers, some advices are given about how to “live your own life” (apparently, an own-life liver shouldn't use an iPhone, which make 95% of the audience cringe a little bit), a track is dedicated to Staten Island, the “forgotten borough,” a couple of additional songs are performed, joyfulness is shown and thanks everybody it was a pleasure to be here tonight.

Justice (DJ set)
As if the tinnituses that Florence gave me weren't painful enough, the clever half-wit leaver jacket wearers from Versailles, France, are now trying to finish the work and widen my eardrums' holes with over-compressed 70's disco. I run off and later learn that the police itself took charge of the situation and cut the party short. Justice has been done.

Before I go back home, Jonathan Glazer and J. Spaceman's (Spacemen 3, Spiritualized) light and sound chamber provides me all the comfort I need. Like in a cocoon that would be a sauna which would have the shape of a cathedral, the visitor is dived into the cloud of a sample of Ladies And Gentlemen We Are Floating In Space rolling and rolling over and over again. From five tunnels pierced in a wall, five columns of light, each carrying an element of the song, find their way to caress the closed eyelids of the guests, lied down on the floor.

You start resonating with the organ, the guitar, the drums, the choir, the voice; your body gets heavier, your muscles fall into a tender and benevolent sluggishness, and the song, over and over again, and the song, over and over again: “All I want in life's a little bit of love to take the pain away, getting strong today, a giant step each day...All I want in life's a little bit of love to take the pain away...”


OUPA l'interview & mixtape

J'avais déjà croisé le bonhomme lors du Midi Festival 2010. Touchant malgré lui, restant en retrait et à l'ombre, tandis que ses compères de Yuck se régalaient plage de l'Almanarre, Daniel Blumberg nous avait accordé une entrevue (voir) pour parler essentiellement de son groupe, pas encore auréolé du succès qu'on lui connaît à présent. Selon ses dires et son attitude d'oiseau blessé toisant mélancoliquement la vie, on devinait que les fameux morceaux de Yu(c)k - avec une parenthèse donc - dénotaient bien plus qu'une posture artistique. Un jardin secret par ailleurs peuplé d'une fantasmagorie couchée sur le papier que Daniel entreprend désormais de faire voler de ses propres ailes. Ainsi, Boiled Egg voit-elle le jour, micro-structure destinée à la publication de sa musique et de ses dessins, indépendamment de Yuck. Une façon d'affranchir son intimité en révélant celle-ci dans un autre contexte, celui d'OUPA. Premier refuge de cette charnelle escapade, entre comptines de chambrée et symphonies vespérales, Atelier Ciseaux publiait en août dernier Forget, une cassette éditée seulement à cinquante exemplaires. L'occasion pour nous de contacter une nouvelle fois le jeune homme tout en lui extirpant une mixtape aussi aboutie qu'instructive sur ses influences et ses accointances.

Audio

OUPA "FORGET" by atelier ciseaux

Interview

Qui es-tu Daniel ?
Who are you Daniel?

Je suis un artiste basé à Londres : je fais de la musique sous le nom de OUPA et avec le groupe Yuck.

I am an artist from London, I make music as OUPA and in the band Yuck.

Pourquoi un tel nom de groupe, OUPA ? Quelle est l'histoire...
How did you come up with this band name, OUPA? What's the story...

Mon premier morceau, Weakend, est sorti sous le nom de Yuck. Initialement, je voulais que tout soit rattaché au groupe, pour pouvoir centraliser mes morceaux. Mais, c'était devenu trop déroutant, et j'ai changé de nom pour OUPA.

Oupa, c'est mon grand-père. Il jouait du ukulélé et du piano. Il jouait tout le temps au piano ces morceaux, longs et mélancoliques, à chaque fois que je venais le voir. J'aime assez le mot "Oupa" en lui-même, c'est aussi une sorte d'hommage que je rends à mon grand-père qui était le seul musicien dans ma famille proche.

My first solo release, Weakend, was under the name 'Yu(c)k'. I started off wanting it to be quite attached to the band as a way of centralising my outputs. This was way too confusing though, so I changed the name to OUPA. Oupa was my Dad's Dad and he used to play ukulele and piano. He played these long melancholy piano songs over and over again every time I saw him. I like the word Oupa and it's also sort of a dedication to him as he was the musical man in my direct family.

Peux-tu expliquer en quelques mots quel est ton ambition musicale ? OUPA est pour toi la face intime de Yuck ou est-ce complètement différent ?
Could you introduce your musical project in a few words? OUPA is for you the intimate face of Yuck or is it completely different?

Je fais de la musique, produit et sors ma musique sous le nom de OUPA. Je viens tout juste de créer mon propre label, Boiled Egg, pour pouvoir sortir ma musique et mon travail en tant qu'artiste visuel, sans avoir à planifier ou attendre de trop. Je veux m'épanouir en tant qu'artiste en distribuant ce que je fais et passer à autre chose. Yuck est le groupe dans lequel je joue. Je compose avec Max et joue avec Mariko et Jonny, donc c'est vraiment séparé de tout ce que je peux faire avec OUPA. Yuck est un groupe d'amis qui travaillent ensemble : c'est très différent mais tout aussi gratifiant.

I make music and then record it and then release it using the name OUPA. I’ve just set up my own label Boiled Egg so I can release my music and visual art in a direct way without too much planning and waiting. I want to grow as an artist through releasing what I’ve done and moving on. Yuck is the band I’m in. I write the songs with Max and play with Mariko and Jonny, so it’s quite separate to the OUPA material. Yuck is a group of friends working together and so it’s a very different but equally rewarding experience.

Comment la musique est-elle entrée dans ta vie ? Quel est ton premier souvenir à ce sujet ?
How did music enter in your life? What are your first memories about it?

Je me souviens être assis dans une salle, parmi des tambourins et d'autres gosses de trois ans, qui bavaient et jouaient du tambour.

I remember sitting in a hall with tambourines and other three year olds rolling toys around, dribbling and beating drums.

Tu vis à Londres. Peux-tu nous dire en quoi ceci influence ta musique et si cela a de l'importance sur ton inspiration ?
You live in London. Can you describe how that affects your music and if it's an important inspiration?

J'ai toujours vécu et travaillé à Londres, alors je ne peux pas vraiment faire de comparaison. Ceci dit, après avoir tourné et vu pas mal d'endroits, je pense vraiment que Londres a ce quelque chose de "translucide" : il n'y a pas vraiment de culture ou de tendance proéminentes, ça reste assez ouvert et varié. C'est pourquoi on peut faire ce que l'on veut, en étant sûr de toujours pouvoir trouver sa place à un endroit donné, d'une façon ou d'une autre.

I've always lived and worked in London so I have nothing to compare it to really. However after going on tour and seeing many places I do think London feels slightly translucent. I think there's not really a clear culture or direction, its very open and diverse. So you can do whatever you want and it will fit in somewhere and somehow.

Quelles sont tes influences ?
What are your influences?

En termes d'influences musicales, j'aime beaucoup Mark Kozelec et Smog (Bill Callahan). Ce sont vraiment les deux seuls artistes que j'aime réécouter et qui continuent de me surprendre avec leurs nouvelles sorties. Silver Jews, Lambchop, Sparklehorse et Codeine sont d'autres groupes que j'apprécie également énormément. Il y a quelques années de ça, il y avait aussi ce groupe, les Video Nasties, de Londres. Ils m'ont pas mal inspiré, surtout leur auteur-compositeur James Churcher, tout comme Alex Shields (A Grave With No Name) et Mauro Remiddi (Porcelain Raft), deux musiciens qui vivaient à Londres alors que je travaillais sur l'album de OUPA. J'ai pu leur montrer le résultat final et comme on était tous assez productifs à ce moment-là, c'était très intense et dynamisant.

Cet album était très personnel et parfois, on a juste besoin d'un peu d'encouragement des gens qui vous inspirent pour pouvoir aller jusqu'au bout sans avoir à partager.

In terms of musical influences, I really love Mark Kozelec and Smog (Bill Callahan). They are the two artists I can really go back to all the time and continue to excite me with their new releases. Other bands I love a lot are Silver Jews, Lambchop, Sparklehorse and Codeine. There was a London band called Video Nasties who were around a few years ago. I draw a lot of inspiration from them, especially the songwriter James Churcher. Two artists who were in London at the time I made the OUPA record and who I showed it to when I finished it were Alex Shields (A Grave With No Name) and Mauro Remiddi (Porcelain Raft). I think we were all being quite productive at the time so it was exciting and stimulating.

This record was so personal to me and sometimes you just need some encouragement from people you respect, to actually follow through with sharing it.

As-tu des ambitions particulières avec ce premier album de OUPA, Forget ?
Do you have specific goals for your first album, Forget?

Ma première ambition, alors que j'écrivais, était de tout sortir et de terminer aussitôt. Je voulais pouvoir retranscrire cette spontanéité temporelle dans l'album. J'ai enregistré chaque morceau live, à l'aide d'un dictaphone, pour pouvoir vraiment créer quelque chose d'intense et intime. J'espère que c'est ce qui se ressent à l'écoute, même juste pour une personne, quelque part, qui en ferait l'expérience.

My main goal when I was writing it was to get it down and out. I wanted to capture that time period in the record. I recorded every track live, on a Dictaphone so I was trying to create something intimate and intense. I hope that translates to a listener, even if it’s just one person somewhere who sits down with it and has an experience.

Quel type de sentiments essayes-tu de faire passer au travers ta musique ?
What kind of feelings are you trying to convey with your music?

Je crois que ça s'explique tout simplement à travers les morceaux, qui sont assez explicites.

I think that’s quite self-explanatory, the songs are pretty specific and explicit.

Dis m'en plus au sujet de ces deux merveilleuses chansons, Physical et New Home...
Tell me more about this two beautiful songs, Physical and New Home...

Ces deux morceaux ont été composés et enregistrés sur un orgue Casio. Physical a été écrit le même jour que Forget. Ce jour-là, j'ai su que ça deviendrait un album plutôt qu'un EP, car pour moi, ces morceaux (avec Those Are The Senses) sont à la base de cet album. Après avoir écouté Distortions de Clinic, j'ai vraiment eu envie de composer avec des orgues et des batteries électroniques, et je pense que Physical en a été le résultat, à un moment où je me sentais expressif. Avec Forget, j'ai vraiment laissé le champ libre à l'écriture, plutôt que de rester embourbé au stade de l'enregistrement. Après avoir fini l'album de Yuck, dont l'enregistrement fut assez long, je voulais vraiment juste écrire des morceaux et les enregistrer aussitôt.

New Home est un peu un intrus à ce niveau-là, car j'avais quelques pistes pour un morceaux, mais j'ai senti ce jour-là que je voulais passer plus de temps à enregistrer. C'est pourquoi ce morceau est un peu différent et un peu moins dénudé.

These two songs were written and recorded on my Casio organ. I wrote Physical on the same day I wrote Forget. I knew that day that it would be an album rather an EP because for me, those songs (along with Those Are The Senses) are the foundation of the record. After hearing Distortions by Clinic I really wanted to start working with organs and drum machines and I think Physical was drawing on that idea at a time I was feeling expressive. I was certainly letting the writing lead the way on Forget, rather than getting too bogged down in recording. After just finishing the Yuck record, which was a long process, I was really interested in just writing songs and capturing them instantly.

New Home is the odd one out in that respect because I had a sketch of a song and just felt one day that I wanted to spend a concentrated time recording. So that’s why there’s a different feel to that that song and more things going on.

Pourquoi avoir choisi le format K7 ?
Why did you chose K7 for this first LP?

Je n'avais pas de master pour ce LP qui n'avait pas été produit dans un studio très high tech, alors je me suis dit que ça serait un bon moyen pour que l'album existe. La compression sur cassette a réuni tous les morceaux dans un "tout" sonique, un procédé assez proche du "mastering". En tant qu'artiste, j'ai l'impression que le format K7 est vraiment libérateur en ce moment. Je pense qu'il y a une sorte de détachement du monde digital, chose très rare et précieuse ces temps-ci.

Je voulais aussi que l'auditeur écoute l'album d'un seul coup. Avec une K7, on ne peut pas sauter un morceau ! Je pense que c'est un album qui demande du temps et une écoute intégrale, et ce format permet cela.

I didn't master the record, and I didn't record it in a studio using hi-tech equipment so I thought it would be a nice place for the record to exist. The compression of the tape seems to pull the songs together into a sonic whole in a similar way to mastering. As an artist I feel that tapes are the format of freedom at the moment. I think there’s a detachment from the digital world and that is very rare and precious these days.

I also wanted the listener to hear the album in one go. With a cassette you can't skip the track! I think it's an album that someone needs to spend time with and listen to as a whole and this format lends itself to that approach.

Merci à toi d'avoir répondu à nos questions et plus spécialement encore pour cette mixtape faite exclusivement pour Hartzine. Peux-tu nous introduire celle-ci ?
Thanks for the interview and the mixtape specially released for Hartzine ! Could you introduce it to us?

Voici quelques morceaux. Je pense qu'ils sont fantastiques.

Here are some songs I think are incredible.

Traduction : Simone Apocalypse

Mixtape


(DL)
01. Mark Kozelek - Up To My Neck In You
02. Slowdive - Alison
03. Williams, Lucinda - Are You Alright?
04. A Grave With No Name - Silver
05. Sparklehorse - Sea Of Teeth
06. Video Nasties - Stay Home
07. Pure X - Twisted Mirror
08. Smog - Ex-con
09. Lambchop - Being Tyler
10. Porcelain Raft - Backwords

Vidéo


Ela Orleans - Mars Is Heaven

A vrai dire, j'ai quelque peu hésité à lancer mes mots en pâture lorsque j'ai reçu, par le biais de mains bien intentionnées, le tant attendu Mars Is Heaven. Car à suivre par l'écrit les faits et gestes discographiques d'une artiste à l'activité aussi débordante qu'Ela Orleans, une amicale complaisance est susceptible de s’immiscer dans la voilure des opinions et ouvrir inconsciemment à cette voie royale de l’ineptie critique. Après Lost, Double Feature, partagé avec Dirty Beaches (La Station Radar, Atelier Ciseaux), et la cassette NEO PI-R (Clan Destine Records), ce nouveau LP remet convenablement les pendules à l'heure et m'ôte d'un même mouvement toute crainte de redite conciliante tant il déroge dans son écriture et son homogénéité à l'expérimentalisme de chambrée de ses valeureux prédécesseurs. Sans une once de soupçon, un avant-goût de la trame cinématique de Mars Is Heaven nous avait été révélée en janvier dernier via la fructueuse collaboration entre La Station Radar et le label digital Beko s'ouvrant sur Black and White Flight, morceau à la beauté lunaire certaine. Ode onirique à l'apesanteur, la mise en image conçue pour l'occasion induisait déjà l'hommage de la Polonaise à l'encontre de Mars Is Heaven, nouvelle fantastique écrite par Ray Bradbury dont elle s'est inspirée de bout en bout dans la confection de ce disque.

L'histoire en question, la voici ici contée selon les annotations d'Ela : "Des astronautes s'envolent pour Mars et découvrent une fois sur place une petite ville au décor idyllique où vivent tous leurs proches. Ils commencent alors à croire que Mars n'est autre que le Paradis, celui que l'on rejoint après la mort. Mais après s'être éloignés de leur vaisseau spatial, tous meurent, piégés par des extraterrestres ayant créé cette illusion de toutes pièces." Écrit à New-York et amoureusement masterisé par Carl Clandestine, Mars Is Heaven tient donc tant à la fois de l'Olympe que du phantasme, à savoir de cette délicate immixtion entre la caresse d'une voix vespérale, triturée, et la promesse d'une instrumentation mate et veloutée, volontairement passéiste, conviant avec parcimonie sur fond de collages et de boucles sonores, piano, guitare et batterie. Nonobstant une certaine légèreté, drapée dans ses plus beaux atours mélodiques (Planet Mars, Into the Woods), on devine cette fêlure mélancolique transperçant de part en part un disque habité, où l'apparente quiétude recèle son lot d'indicibles craintes. A la manière de John Black, capitaine du vaisseau échoué sur Mars, et conscient malgré lui que quelque chose se trame, on ressent à l'aune des deux instrumentaux Mars Is Heaven l'ambiguïté d'une atmosphère oscillant entre calme emprunté (part 1) et panique avérée (part 2). L'intensité dramatique insufflée par Take My Hand, notamment lors de l'apparition d'une rythmique tout azimut, trouve sa réplique sépulcrale sur Falling, ballade lo-fi, où les vocalises se dédoublent entre timbre clair, inquiet, et échoïsations fantasmagoriques. On se plaît alors à écouter Wonderful Us tel un générique de fin - à la musicalité gracile et désuète, ostensiblement balayée d'un chant rasséréné - où le nom des acteurs défile en surimpression de scènes de paisibles désolations, entre corps décharnés et immondices matérielles abandonnées. Précisément là où le paradis stellaire se meut en enfer extraterrestre.

Audio (Première)

Tracklist

Ela Orleans - Mars Is Heaven (La Station Radar / Atelier Ciseaux, 2011)
Art work by Fleur D
Sortie officielle le 9 Novembre 2011

Side A
01. Black and White Flight
02. Mars Is Heaven part 1
03. Planet Mars
04. Take My Hand

Side B
05. Mars Is Heaven part 2
06. Into the Woods
07. Falling
08. Wonderful Us

Vidéo


Scratch Massive l'interview

Scratch Massive n'est autre que Maud Geffray et Sébastien Chesnut, couple de DJ actifs de la scène électronique française depuis plus de dix ans - de leur résidence au Pulp (leur mix-CD Naked du même nom) à leurs albums Enemy & Lovers (2003) et Time (2007), s'autorisant même un crochet par le cinéma en signant la bande originalr de Broken English de Zoé Cassavetes. Et en 2011, sans crier gare, ils reviennent avec Nuit de Rêves, rêves/cauchemars mi-éveillés d'une techno fortement teintée de new wave (s'offrant même la voix de Jimmy Sommerville). Maud s'explique sur cet album qui est sûrement l'un des plus marquants de cette année.

Que s'est-il passé entre la B.O. pour Zoé Cassavetes et Nuit de Rêve ?

La compilation JOY, sortie en 2009, et la réalisation de deux courts métrages en 2010 (on a aussi fait la musique de ces deux films). Il s'agissait d'un docufiction d'une douzaine de minutes (qui a tourné en festivals de cinéma) et d'une fiction avec des ados sur l'époque des raves (diffusée sur Canal + en 2010).

Votre album est très cinématographique et théatral, telle une B.O. pour un film de S.F. (John Carpenter). L'expérience pour Cassavetes a-t-elle laissé des traces ?

On a tous les deux fait des études de cinéma, et on est hyper fan de musique de film. Après, si cet album était une B.O., ce serait sans doute celle de nos propres rêves (ou cauchemars), une B.O. très nocturne. C'est une musique assez imagée, onirique, donc oui quelque part assez cinématographique. Et pour Zoé Cassavetes, elle va bientôt tourner son second film et nous confie à nouveau la musique, on est forcément ravi...

Vous explorez le thème de l'onirisme, du rêve et de la nuit. Quelque chose de plus trouble, de moins rock'n'roll (comparé à Enemy & Lovers et Time), c'est plus 80's... Que cherchiez-vous à explorer ?

Disons qu'on ne prépare jamais rien avant d'entrer en studio... Et après quelques séances de studio, l'ambiance, les mélodies se sont dessinées très nettement. Du coup, l'univers de l'album a très vite pris forme. Quelque chose de très onirique, de très mélodieux, même si les rêves virent parfois aux cauchemars... On cherchait vraiment à explorer nos émotions les plus enfouies, lointaines. Le titre Nuit de mes Rêves est assez ambivalent, assez ironique même, ça pourrait vraiment être le titre d'une compil' un peu paillette d'électro made in Ibiza. Les nôtres sont un peu plus noirs, chacun ses rêves...

Jean-Pierre Alaux a dessiné la pochette de l'album, ce qui enfonce le clou de ce côté onirique et poétique. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce choix ?

Au départ, on voulait collaborer avec un dessinateur. Mais on ne savait pas trop où ni comment chercher... Et un jour, par hasard, je suis retombée sur un vieux numéro du magazine Plexus (ancien magazine érotique et vraiment génial des 60's) et j'ai flashé sur la couverture de ce numéro datant de 1966. C'était un dessin qui représentait exactement ce qu'on pouvait imaginer pour notre pochette. Du coup, j'ai cherché par tous les moyens à joindre le peintre, Jean-Pierre Alaux. Quand j'ai enfin réussi à trouver son contact, je l'ai appelé directement, on a discuté, il était hyper sympathique, et il nous a offert ce dessin gracieusement pour notre pochette d'album.

Sébastien Fouble de Remote est aussi de la partie. Quel était son rôle ? A quel niveau est-il intervenu ?

Seb Fouble nous a aidé sur la prod' de l'album ; autrement dit, il a collaboré avec nous pour peaufiner le son général, et sur 2 ou 3 tracks, il nous a aidés à faire des choix dans nos structures. On est des gens très bordéliques, et parfois un regard extérieur sur nos morceaux nous aide à éclaircir tout ce bordel....

Vous avez également fait appel à des featurings (Chloé, le chanteur de GusGus, Koudlam...). Il y a aussi Jimmy Sommerville, choix plus que surprenant... Pourquoi eux ? Que cherchiez-vous aux travers de ces collaborations ?

Les choix se sont faits petit à petit, très instinctivement. Sur certains morceaux, on ressentait le besoin de voix, du coup on a fait appel à des chanteurs qui pouvaient correspondre à nos envies. On a fait appel à chacun d'eux parce qu'on adore leur travail. Ce sont des musiciens qui n'ont pas grand chose à voir les uns avec les autres, le défi était vraiment de rendre l'ensemble cohérent. A chacun, on leur a proposé des bases de morceaux sur lesquels ils ont chanté, puis on a construit les chansons à partir de ce qu'ils nous avaient proposé...
Concernant le choix de Jimmy Somerville, on est tout simplement ultra fan depuis notre enfance et on a vraiment halluciné qu'il accepte de travailler avec nous. Et il y a aussi un tout jeune chanteur qu'on a rencontré au studio Agnès B., Andreas de Pluah (eluah) qui a posé quelques voix sur l'album, et on est très content de chacune de ces collaborations.

Il y a une grande cohérence dans l'album, entre les morceaux, la construction de l'album et aussi au niveau des sons. C'était un des objectifs principaux de créer une œuvre aussi homogène ?

Oui complètement, on y tenait beaucoup. On a petit à petit défini les sons de synthés qui correspondaient à ce qu'on cherchait (au final, essentiellement du Minimoog et du Yamaha CS 80). On a utilisé des vrais et des "faux" synthés, les émulateurs de chez Arturia qu'on adore... On tenait aussi à garder un tempo assez commun et du coup, le tempo global est assez lent et cette lenteur permet de raconter beaucoup de choses au niveau des mélodies, ça laisse de l'espace...

En 2008, vous avez sorti Underground Needs Your Money Baby, un album live. Vous comptez retenter l'expérience du live avec Nuit de Rêves ?

Oui on devrait faire un live autour de ce nouvel album, avec un travail de sons et d'images sur scène.

D'ailleurs, le nom de cet album, Underground Needs Your Money Baby, révèle un principe que pourtant l'underground est censé refuser, "l'argent". Mais pourtant celui-ci a besoin de l'autre pour pouvoir exister et perdurer. L'underground, ça commence quand et ça s'arrête quand ? A quel moment ne faut-il pas laisser l'un prendre le pas sur l'autre ?

Je ne sais pas si l'underground existe encore aujourd'hui, les frontières sont très poreuses. Les codes de l'underground sont récupérés à une vitesse folle par la musique dite commerciale... Et je n'ai jamais vraiment chercher à entrer dans ce genre de débat car je pense tout et son contraire. En gros, "Underground needs your money babe", c'était un slogan plein d'humour, basé sur toutes ces contradictions...

Il y a un certain renouveau de la scène parisienne, qui réapparaît après les années Pulp. Vous vous sentez/sentiez proche de cette scène ? On vous a toujours sentis, à l'instar de Remote, un peu a l'écart... non ?

Oui, enfin c'est comme "la grande famille du cinéma", ce sont souvent des relations fortes de tournage... et les tournages pour nous ce sont les soirées... Après on ne passe pas forcément notre vie avec les gens d'une même scène musicale, les affinités ne se créent pas forcément par là... On ne cherche pas trop à se situer en fait, il y a des affinités qui se créent, après...

Audio


Winter Family l'interview + chronique

Je ne suis jamais allé à Jérusalem, pourtant j’ai l’impression de connaître cette ville. Simon Finn fut mon premier guide en 2007 lors d'un concert aux Voûtes à Paris, et aujourd'hui c'est avec Ruth Rosenthal et Xavier Klaine, ce couple qui forme Winter Family, que je me perds dans Jérusalem.

Winter Family me fascine par son regard lucide et intransigeant sur la politique d'Israël. L'émotion et la tension présentes de bout en bout me consument, dans les instruments, le mixage des prières ou des sirènes, dans la voix grave et tendue de Ruth. Car les Winter Family conçoivent leur travail comme un tout, cristallisant intelligence, esprit et humanité pour atteindre un résultat musical sensoriel extraordinaire de précision et de sens, de vérité et de beauté. Les drones (sons tournoyants) élevés par des orgues puissants, hamonium, et field recording (enregistrements de sons d'ambiances additionnels de lieux omniprésents) plantent un décor sculpté par Xavier, à la frontière du documentaire autobiographique et du conte.Ruth, habitée, bouleversante, est le personnage principal, le narrateur et la voix off de cette œuvre terrestre et magnétique qui nous rappelle aussi bien Les Ailes du Désir, qu'Hiroshima mon Amour. Elle ne chante pas, mais incarne et porte Red Sugar vers la performance théâtrale. Ce n'est donc pas un hasard s'ils ont monté aussi cette année Jerusalem Plomb Durci, une extension de leur travail musical dans une pièce de théâtre contemporain. L'utilisation du field recording et notamment les enregistrements de prières créent des ponts entre chaque morceau, faisant de cet album un parcours sonore que je préfère ne pas tenter de rendre dans cette chronique pour éviter de le spoiler. Ruth a bien voulu répondre à quelques questions qui s'imposaient après les écoutes obsédantes de Red Sugar.

Winter Family sera en concert le 1er novembre au Point Ephémère. L'album Red Sugar est disponible chez Ici d'ailleurs. Xavier à Paris, et Ruth en duplex à Jérusalem, ont présenté leur travail à l'antenne de France Culture dans l'émission L'atelier du son de Thomas Baumgartner.

 

Winter Family l'interview

Je vous ai vus en 2009 lors de la Nuit Curieuse programmée par Dominique A à la Ferme du Buisson. C'était il y a deux ans exactement. L'album aurait dû sortir en début d'année 2010 et il a finalement vu le jour cette année. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?
I saw your show in 2009, at the occasion of the Nuit Curieuse festival curated by Dominique A at the Ferme du Buisson. It was precisely 2 years ago, and the album should have been released in early 2010 but it finally came out this year. Why have you been waiting so long?

C'est la faute de cette année-là, pas la nôtre. On n'avait même pas remarqué qu'autant de temps s'était écoulé... Mais j'imagine que notre vie quotidienne, nos voyages et le fait que nous travaillions alors sur notre spectacle de théâtre et d'autres projets en 2010 ont retardé la sortie de l'album jusqu'à aujourd'hui. Aussi, il y a dans cet album des morceaux sur lesquels on a travaillé pendant quatre ans, ils ont grandi avec nous... D'autres morceaux au contraire ont été faits très récemment et très rapidement.

It's the year's fault, not ours. We didn't even noticed so much time have passed... But I guess our daily life and travels and the fact we were working on our theatre show and other stuff during 2010 are part of the reasons why the album was waiting until now. But also, in this album there are tracks that we worked on during 4 years, they grew with us... Some other songs were done very lately and fast.

Qui a mixé l'album ?
Who mixed the album?

Xavier.

Vous vous êtes rencontrés en 2005, vous vivez depuis en couple, vous avez vécu en France, et maintenant vous résidez à New-York. Qu'est ce qui vous a poussés à quitter Paris pour la Grosse Pomme ?
You met in 2005 and have been living as a couple since. You had been living in France before you moved to New York. What impelled you to leave Paris for the Big Apple?

L'aventure... New-York nous a apporté quelque chose de différent. Nous habitons à Crown Heights, le quartier caribéen de Brooklyn, et la vie y est extrême. On travaille sur les morceaux de notre prochain disque et on recueille des idées pour notre prochain spectacle de théâtre.

The adventure... NYC gave us something different. We live in Crown Heights, the Caribbean neighborhood of Brooklyn, and life here is extreme. We work on the songs for our next album and collect ideas for our next theatre show.

Pourquoi avez-vous décidé de vous installer à Crown Heights, tristement connu pour ses émeutes, et en quoi la vie est-elle extrême là-bas ?
Why have you decided to move to Crown Heights, infamous for its riots? And why is life extreme out there?

On est arrivé dans ce coin par hasard mais on l'a adoré tout de suite. C'est réel et vivant. Ce quartier est extrême à plusieurs niveaux, pour les gens qui viennent chercher de la méthadone dans le centre juste en bas de chez nous, pour les dealers de drogues et de médicaments, extrême pour le volume de la musique dans les block parties ou dans les arrière-cours, extrême à cause des 34 morts dans le voisinage rien que le mois dernier, extrême par sa puissance.

We arrived to that hood by chance but loved it from the very first moment. It's real and alive. It's extreme by any degree, people coming to the methadone center just under our place, dealers of drugs and medications, extreme with the volume of the music in block parties or in the backyards, extreme with 34 dead people in the hood last month only, extreme with its power.

Retournez-vous toujours aussi régulièrement en Israël ?
Do you still go back to Israel on a regular basis?

Oui.

Yes.

Vous avez enregistré une partie de l'album dans une ferme isolée de la Sarthe où vous avez reçu beaucoup de personnes qui ont collaboré à Red Sugar. Quels souvenirs gardez-vous de cette période ?
You recorded the album in a solitary farm in the Sarthe area where you greeted a lot of people who collaborated on Red Sugar. What memories do you keep from that period?

Nous avons vécu aux Ruelles (une ferme) pendant deux ans, juste à la limite de la Forêt de Bercé, réputée sacrée. Nos seuls voisins étaient les ânes qui, chaque soir, emplissaient la vallée de leurs braiments. C'était une très belle période, de travailler sur l'album dans cette ferme et avec nos amis qui venaient de temps en temps nous rendre visite : Norsola (Godspeed You! Black Emperor) est venu de Montréal avec son violoncelle, Fabien, avec sa basse du XVIIIe siècle, Olive avec ses cymbales, et d'autres. Cueillir des fruits et des légumes dans le jardin, enregistrer, couper du bois pour le feu et voir notre fille apprendre à marcher sur le sol de la forêt, ça sonne presque idyllique. Et ça l'était presque.
Mais ce disque a aussi été enregistré dans les rues de Jérusalem, au TCI de Paris (Théâtre de la Cité Internationale, ndt), dans une petite cabane sur Omaha Beach et dans une église à Maxeville.

We stayed in Les Ruelles (that farm) for two years, just on the edge of the sacred Forêt de Bercé. The only neighbours were the donkeys, which, every evening, ventilate the valley with their shout. It was a beautiful period. Working on the album in the farm and with friends coming occasionally and sitting in : Norsola (from Godspeed) came with her cello from Montreal, Fabien with his bass from the 18th century, Olive with his cymbals and others. Picking fruits, vegetables from the garden, recording, cutting wood for fire and seeing our daughter start walking on the forest's soil, it almost sounds idyllic. Well...it almost was.
But this album was also recorded in the streets of Jerusalem, in the TCI in Paris, in a tiny cabane on Omaha Beach and in the church of Maxeville.

Ruth, tu m'avais dit que tu n'étais pas inspirée par la musique mais plus par la vie d'une manière générale, et ta vision du monde s'exprime à travers tes textes très politiques. Pourrais-tu expliquer aux Français qui, comme moi, ne sont pas doués en anglais, la teneur de ces textes ?
Ruth, you told me that you weren't inspired by the music but by life in general, your very political lyrics express your conception of the world. Could you explain to French people who might not be fluent in English the meaning of your texts?

C'est difficile à dire. Mes textes expriment ma vision du monde. D'un côté, le monde extérieur, saturé, au bord de l'apocalypse, incarné sur l'album par Jérusalem, ma ville, qui est maltraitée par ses habitants mais qui existe à tellement d'autres niveaux. Et de l'autre côté, le monde privé, une famille, la naissance de ma fille et l'isolement de la ferme.

It's hard to say. My texts are my expression of the world. On one hand, the world of the outside, saturated, on the edge of an apocalypse, incarnated in the album by Jerusalem, my city that is sick by his men. But exists in so many other levels of life. And the other world, the private one, a family, giving birth to my daughter and the isolation in the farm.

Xavier, tu as des bases classiques, mais ta musique ne répond à aucune règle. Y a-t-il pour toi un référence majeure qui t'aurait ouvert cette direction dans ta musique ?
Xavier, you have a classical background but your music doesn't follow any rule. Do you have a role model?

DIEU mon fils.

GOD my son.

Cette rencontre entre la musique et les textes a-t-elle été longue à mettre au point ?
Was the adjustment between the music and the lyrics a long process?

Non. C'est de cette manière que l'on s'est rencontré et de cette manière que l'on vit, c'est notre dialogue naturel.

No. It's how we met and how we live, our natural dialogue.

De quelle manière cette symbiose évolue-t-elle ?
How does this symbiosis evolve?

Comme la vie.

Like life.

Les émotions générées dans votre musique prennent une dimension spirituelle lorsque vous vous produisez dans les églises. Ruth, quand tu chantes dans le micro du prêtre, que ressens-tu ? Et toi Xavier, à l'orgue ?
The emotions produced by your music take a spiritual level when you play live in churches. Ruth, what do you feel when you sing in the priest microphone? And you Xavier,when you play the organ?

Xavier pense à sa grand-mère et à combien ça l'aurait amusée de le voir jouer de l'orgue. C'est aussi une expérience corporelle à cause des vibrations de l'orgue à travers la pierre. Il aime rester des heures dans des églises de tous les pays et passer des heures seul à jouer des drones sur l'orgue. J'aime simplement utiliser un bel espace, rempli d'énergie et de la foi des gens depuis des siècles, juste pour mon plaisir. Peut-être que la dimension spirituelle vient de la rencontre de ces deux approches différentes.

Xavier thinks of his grandmother and how much it would have amuse her to see him on the organ. It's a corporal trip as well with all the organ's vibrations through the stone. He likes staying hours in churches in different states and hours playing drones on the organ for himself. I (Ruth) just enjoy using this beautiful place, filled with energy and people's belief since centuries, for my own fun. Maybe the spiritual dimension just comes from the meeting of these two different approaches.

Les concerts sont-ils difficiles à produire ou pourriez-vous jouer chaque soir comme un groupe de rock ?
Are shows more complicated to produce or could you play every night like a regular rock'n'roll band?

C'est plus compliqué dans les églises (on a besoin d'en parler avec le prêtre, d'émouvoir l'organiste, etc.) mais dans les salles normales, on pourrait jouer tous les soirs.

In churches it's more complicated (need to speak to the priest, to move the heart of the organist, etc.) but in venues we could play each evening.

On décrit souvent votre musique comme une cérémonie, vous avez chacun un rituel précis. Comme sur l'album, l'ordre des chansons est pensé lors de vos concerts. Les chansons s'enchaînent, c'est un univers qui se déploie devant l'auditeur. Qu'est-ce-qui vous a poussés à créer cette expérience intense avec le public ?
Your music is often described as a ceremony, each of you following a specific ritual. The set list is considered as much as the track listing on your record. The songs follow one another. It's a whole universe. What made you create such a hard experience for the audience?

On n'essaie pas de rendre l'expérience difficile pour le public. C'est juste qu'on ne voit pas l'utilité de s'arrêter entre chaque morceau pour demander au public comment il va... ou peut-être qu'on est simplement trop timides... Notre musique n'est pas des plus joyeuses. Mais oui, il me semble que l'on considère notre album et nos concerts comme un tout. On travaille désormais sur notre troisième album, ce sera de la salsa.

We don't try to make it hard for the public. We just don't see the use of stopping after each song and asking our public how is he doing...or maybe we're just too shy... Our music is not the gayest one. But yes, I guess we consider our album and show as a whole. We're working now on our third album, it will be salsa.

J'ai été troublé par la façon dont vous mélangez dans vos enregistrements la religion et la tension musicale. Dans Red Sugar l'intervention du muezzin, dans Dancing in the Sun cette prêcheuse, Tea and Lies with Theodor et sa chorale d'enfants. Peut-on avoir des précisons sur ces enregistrements, et leur place respective dans les morceaux que je cite ?
I had been touched by the way you mix religion and musical tension in your recordings. Mezzin in Red Sugar, the preacher in Dancing in the Sun, the children's choir in Tea And Lies With Theodor. Could you give us more details on these sounds and their role in the songs above-named?

Nous avons enregistré ces sons dans les rues de Jérusalem : le muezzin de Red Sugar, le prêcheur de Dancing in the Sun est John C. Hagee lors d'une énorme manifestation des "Christians For Israel" à Jérusalem avec des centaines d'Américains. Dans Tea and Lies with Theodor, il y a plusieurs sons de sirènes (les sirènes de shabbat, de commémoration, ou celles d'exercices militaires) et une chanson du mémorial de la Shoah (Mémorial de Yad Vashem). Dans tous ces morceaux, les enregistrements jouent un rôle significatif du point de vue du sens de la chanson et de sa texture.

Those sounds were recorded by us in the streets of Jerusalem: Mezzin in Red Sugar, the preacher in Dancing in the Sun is John C. Hagee in a huge demonstration of 'Christians for Israel' in Jerusalem with hundreds of Americans. In Tea and Lies there are several sounds of sirens (sirens for shabat, for comemoration and for a military exercices) and song from the museum of Shoa (Yad Vashem).In all those tracks the sounds play a meaningful role in the sense of the song and its texture.

Le morceau Come marque une pause après Red Sugar. On entend un bébé. J'imagine que ce morceau s'adresse à votre fille ?
The song Come comes as a pause after Red Sugar, we can hear a baby, I guess this song is dedicated to your daughter?

Oui.

Yes.

Comment êtes-vous arrivés à cette pratique du field recording ? Est-ce une pratique exigeante et en quoi modifie-t-elle votre travail ?
How did you come to the field recording technique? Is it a demanding technique and how does it affect your work?

Xavier fait des enregistrements depuis des années maintenant. Il se promène avec ses deux micros statiques. Forcément, il a fait beaucoup d'enregistrements qui peuvent être en rapport avec des sujets politiques puisque c'est ce qui nous intéresse.

Xavier have been recording since years now. Walking around with his couple of static mics. Naturally he has been recording a lot of sounds that could be connected with political subjects since that's what interests us.

La pièce de théâtre que vous avez écrite, Jerusalem Plomb Durci, répond-elle à une envie de pousser cette expérience encore plus loin ?
Does the play you wrote, Jerusalem Plomb Durci, correspond to a desire of pursuing this experience further?

Pas plus loin mais simplement en utilisant un autre média. Celui qui correspond à ce que l'on veut dire. On avait besoin de montrer, de répéter et de traduire les procédures utilisées par le régime israélien sur sa propre population. On essaie de proposer une vision de la société israélienne dans ce que l'on appelle la "dictature émotionnelle".

Not further but just with a different media. The one that the material demand for. We needed to show, repeat and translate the procedures used by the Israeli regime on its own population. We try to propose a vision of the Israeli society in what we call the 'emotional dictatorship'.

Pensez-vous que votre spectacle pourrait être censuré si vous deviez le jouer à Jérusalem ?
Do you believe your shows would be censured if you had to play in Jerusalem?

Si tu parles des concerts, on a déjà joué à plusieurs reprises en Israël. Si tu parles de la pièce Jerusalem Plomb Durci, ça m'étonnerait qu'elle soit censurée, mais je ne sais pas... J'ai l'impression que le public en Israël n'a pas envie que les artistes le ramènent à la réalité. D'un côté, ils en ont marre de ces sujets, de l'autre ne pas vouloir en entendre parler revient à les ignorer, ce qui est pire évidemment. Enfin...

If you speak about the concert, we performed several time already in Israel. If you speak about the theater show 'Jerusalem Plomb Durci', i don't think it will be censured, don't know. I have a feeling that the public in Israel don't want artists to remind them reality. On one hand they are fed up by these subjects, on the other hand from not wanting to know they just ignore it which is of course worse. Anyway.

Le cinéma ou le documentaire sont-ils aussi des médias qui pourraient un jour embrasser la musique et les textes de Winter Family ?
Could Winter Family's words and music ever fit with medias such as cinema or documentaries?

On y pense.

We are flirting with this idea.

Traduction : Marie-Eva Marcouyeux

Audio

Vidéo


Battant l'interview


C’était l’été indien, j'avais rendez-vous à la boutique très grrrrl power de Gals Rock avec Battant, aka Chloé et Joel. Ils étaient tous les deux adorables, tout en retenue et en gentillesse, et ils voulaient défendre un deuxième album tièdement accueilli par la critique, car plus difficile d’accès et pourtant d'un niveau remarquable. C'est une semaine plus tard que nous apprenions le décès soudain de Joel ; bien triste nouvelle. Chloé n'en est pas moins motivée pour continuer ce qui a été commencé avec son alter ego. L'album est sorti le 5 octobre, et voici une petite interview du duo.

Lire la chronique de leur dernier album As I Ride With No Horse ici.

Interview


Hartzine on Beko DSL

Merci à tous les artistes ayant collaboré à cette compilation beko_hartzine, notamment aux groupes Neonbirds et To The Happy Few, auteurs de remixes en un temps record. Merci également à Reno pour sa disponibilité et l'artwork pour le moins réussi. Le reste, fruit d'un travail entamé il y a plusieurs mois, se passe de mots. Bonne écoute.

Ce beko_hartzine est à télécharger en cliquant par ici.

Thanks to all the people involved in the making of the beko_hartzine compilation, including Neonbirds and To The Happy Few, who have produced great remixes up against extremely tight deadlines. Thanks also to Reno for being available and for the amazing artwork. Enough said about this months long project, so enjoy!

Download the beko_hartzine here.

Audio

a_side

a1_Ender Belongs To Me_Animate
a2_Michael Parallax_Growing Splendid
a3_Colours_Lost In A Sea
a4_Happy New Year_The Endless Sea (Iggy Pop Cover)
a5_Ela Orleans_Beat Goes On (Live at Budokan)
a6_The KVB_Discipline
a7_Dead Gaze_Trash All Your Worries
a8_Tan Dollar_The Chase
a9_Neonbirds_Lost In A Sea (Colours Cover)

b_side

b1_William Cody Watson_Mourn For Those
b2_Terror Bird_Jacob's Really Boring
b3_Black Vatican_Oceanic Feelin
b4_Collatone_Ego Book Trippin
b5_Jani/Jussi_Mon Coeur
b6_Phillip Seymour Hoffman_Ear Wax Blocked Ear [Live at Shea Stadium]
b7_Krusht_Dancing Under Stars (feat. Carlos Cebull)
b8_To The Happy Few_Oceanic Feelin' (Black Vatican Cover)
b9_Slim Twig_Lavishing


Class B Band l'interview

Class B Band sort de l'ombre, cette année, avec son album sur Wagon Repair, Movie T. Derrière ce nom se cachent Beatmaster G, considéré comme un des meilleurs beatboxers sur la planète - il a joué aux cotés d' Afrika Bambaataa, Talib Kweli, Danny Tenaglia, DJ Hype ou encore Scratch Perverts - et Bea Tricks, DJ, qui depuis six ans tourne avec les Dollz at Play... Rien ne laissait présager que ce duo hispanique allait délivrer un album techno de haute volée. Explications avec Beatmaster G.

Comment est né ce projet ? Que souhaitiez-vous explorer avec ?
How was this project concieved? What did you want to explore?

Nous nous sommes rencontrés dans un restaurant de sushi. On a été présenté par notre ami commun, Pepito Grillo, qui était persuadé que nous devions réunir nos forces pour "créer". Il avait raison ! Un mois et demi plus tard, nous avions fini notre premier EP, Be at Risk, que Wagon Repair (le label de Mathew Jonson) a reçu à bras ouverts et qui a atteint le statut "Top Tune" décerné par IDJ Magazine. Nous partageons une vision de la musique et nous nous amusons à en faire. C'est un partenariat qui vaut le coup d'être exploré.

We met at a sushi restaurant. We were introduced by our mutual friend Pepito Grillo, who was convinced we had to unite forces to “create”. He was right! A month and a half later we had accomplished our first EP “Be At Risk” that Wagon Repair received with their arms wide open and that achieved the “Top Tune” status awarded by IDJ magazine. We share a vision of music and we have the extraordinary skill of being able to have fun whilst we make it, so its a partnership worthy of exploring!

Comment produisez-vous les morceaux à deux ? Qui fait quoi ?
How did you two produced tracks? Who's doing what?

Nous produisons nos tracks aux Tracknotic Studios à Ibiza en utilisant une combinaison de hardware et de plugins de Logic et Protools. Nous utilisons la flexibilité des VST et le son si particulier de certains vieux synthés... Ça peut varier d'un Casio cheesy à un Virus graveleux. De temps en temps, des intruments live comme une guitare ou un piano et le plus souvent le beatbox et la voix. Il n'y a pas de rôle prédéfini. Nous piochons aussi dans de vieux samples... et en échangeant des idées que nous ne prenons pas très au sérieux.

We produce our tracks at Tracknotic Studios in Ibiza using a combination or Hardware and Plugins in a Logic and Protools environment. We extract the flexibility of VST's and the analogue character of some old Synths that we have... it can range from a cheesy Casio to a gritty Virus. Sometimes we use live elements like Guitars and Piano and more often Beatbox and Vocals. There is no set role for either of us in any case. We will also dig for old samples together and bounce ideas of each other whilst laughing about it all!

Dans votre bio, vous faites référence aux "films d'horreur des années 80 et aux films d'espion de séries B, Quentin Tarantino, un androïde, un mexicain saoul, une dose d'humour noir, la SF et les anti-héros". La pochette de l'album ressemble à une couverture de comic. A quel niveau les autres formes d'arts influencent-elles votre musique ?
On your biography you're refering to "favourite 80’s horror and spy B movies, Quentin Tarantino, Elvis, an android, a drunk Mexican, a dose of dark humour, Sci-fi and anti-hero" The cover of Movie T looks like a comic's cover. How can other forms of art influence your music?

Nous avons des goûts variés concernant la musique ou toute autre forme d'art... Notre processus de création est intimement lié à nos goûts en matière d'art visuel ou littéraire. Par exemple, notre track Chale Guindas est né d'un brainstorming entre Une Nuit en Enfer de Tarantino et l'expérience de Bea au Mexique, en passant par certains de nos comics préférés des années 80... Nous faisons toujours des mises en scènes et des histoires comme des scénarii, que nous exprimons ensuite au travers de la musique. Notre album Movie T (d'où le nom) a été entièrement conçu de cette manière... chaque morceau est une scène avec ses influences et son histoire.

We have very varied tastes when it comes to music and anything artistic or creative... Our creative process is very intimately related to our tastes in visual and literary content. For instance, our track "Chale Guindas" originated from a brainstorm that took us from Quentin Tarantino's "From Dusk til Dawn" to Bea's experiences in Mexico, and passing by some of our favourite comics of the 80's...We always set up a scene and movie-like story, that we then express in a musical format. Our Album "Movie-T" (hence the name) was created entirely in this way... where every track is a different scene with a different influence and story behind it.

Comment se déroulent vos lives ?
How do your live shows take place?

Beat Tricks mixe une sélection de nos tracks tandis que j'ajoute les voix en direct ainsi que du beatboxing, des effets et du synthé pour finaliser les morceaux. C'est basé sur 100% de nos tracks. Les "Class B Band DJ Sets" sont des mixes par Bea Tricks, où elle mixe nos tracks aux cotés du meilleur de la musique actuelle. Une chose est certaine... dans un monde de clones, on essaie de faire notre propre truc ! Tu peux toujours t'attendre un set éclectique.

Bea Tricks mixes a selection of our tracks and taylor made remixes whilst Beatmaster G add's live vocals, beatbox, FX and Synth parts to complete the tracks. It's set which consists of 100% of our own music. The "Class B Band Dj Set" is performed by Bea Tricks where she will mix a selection of our tracks alongside some of the best music out there. One thing is for sure... In a world of clones we try to present our own thing! So you can always expect an eclectic dj set.

Vous avez signé sur le label de Mathew Jonson, Wagon Repair. Comment ça s'est passé ?
You have signed on Mathew Jonson label Wagon Repair. How did this happen?

Très très bien ! C'est comme travailler avec des amis... toujours à l'écoute. Nous les remercions souvent de nous avoir donné la chance de sortir notre musique et d'avoir une entière liberté. Mathew, Adam, Konrad et Nathan sont de bons amis et nous espérons sortir nos futurs projets chez eux... Ils sont une excellente équipe !

Very Well! Signing our work with Wagon Repair has been like working amongst friends... always helpful and appreciative for our collaboration. We'll always thank them for giving us a chance to release our tracks and for giving us creative freedom with our project. Mathew, Adam , Konrad and Nathan are good friends and we hope to release future projects with them... They're a great team!

Vous venez de sortir un maxi sur le label My Favorite Robot. Vous pouvez nous en dire plus ?
You released an EP on My Favorite Robot. Can you tell us more about it?

L'EP Strange Wolves est le style de projet que nous souhaitions faire après l'album sur Wagon Repair. Pour nous, il est dans la continuité de nos précédentes sorties, mais peut-être plus taillé pour My Favorite Robot et pour les DJ... Chords & Knives est plus tech-house, plus "peak time" avec moins de voix, contrairement à Strange Wolves qui contient une bonne dose d'années 80 ainsi que notre "spooky touch" à la Movie T. Nous avons de bonnes critiques à son sujet... Les deux remixes qui sont des tueries par Darabi et Dead Seal ne sont en aucun cas à laisser de côté !

Strange Wolves EP was the type of project that we wanted to do after the release of our full length Album on Wagon Repair. In our opinion it follows the style of our previous releases but its perhaps a little more taylor made for My Favourite Robot and for mixing needs of fellow DJ's... Chord's & Knives is more tech-house and a club track to be played at a peak time of a set and a lot less "vocal" driven than Strange Wolves which contains a high dose 80's nostalgia and our favourite spooky touches a'la Movie-T. It is getting really good reviews... The two killer remixes by Darabi and Dead Seal shouldn't be missed!

Vos futurs projets ?
Any futur projects?

Nous produisons de nouveaux tracks qui devraient voir le jour d'ici 2012, et quelques lives.

We are making new tracks that will hopefully be released early 2012 and we're doing shows.


Stranded Horse l'interview

Il faut vous l'avouer sans détours. Nos promesses concernant Yann Tambour alias Stranded Horse n'ont pas été tenues. L'interview qui suit, prise sur le vif, juste avant son passage remarqué sur la scène du dernier Mo'fo' aura donc mis un temps certain à sortir de nos chaines de montages. Mais sans vouloir à tout prix se rassurer, cette dernière garde néanmoins toute sa fraîcheur et son actualité par le seul fait que la subtile et intemporelle beauté de son dernier album ( sorti par l'indispensable maison Bordelaise Talitres) n'en fini pas de susciter l’étonnement et mérite tout naturellement d'illuminer à nouveau ces pages . L'autre raison tout aussi sérieuse est quelle nous permet de rebondir fort aisément sur l'actualité  de l'ex Encre en vous invitant à visionner d'abord  le bonus ci-dessous puis à remplir les salles qui auront la bonne idée de l’accueillir tout au long du mois de novembre.

Bonus

Tournée

03/11/11: PAU / La Centrifugeuse – FR
04/11/11: BAYONNE / Le Microscope – FR
05/11/11: SEGALAS / Eglise – FR
06/11/11: TOULOUSE / Le Dynamo – FR
07/11/11: VALENCE / Le Mas de Perceval – FR
08/11/11: CLERMONT FERRAND / L'Hôtel des Vils - FR
09/11/11: ALLONNES / La Péniche (w/ Arlt) – FR
10/11/11: EVREUX / L'Abordage - FR
17/11/11: MARTIGUES / Scène Nationale, Théâtre des Salins (w/ Piers Faccini) – FR
24/11/11: PARIS / La Maroquinerie (w/ Arlt) – FR
26/11/11: BOURG EN BRESSE / La Tannerie (w/ Lopez Petrakis Chemiranit) – FR
27/11/11: DIJON / La Péniche Cancale – FR


Who are you XVIII Records?

Pas de foutoir sur scène, la configuration est rudimentaire. Flanquée d'une basse ronde et binaire, une batterie elliptique, réduite à sa portion congrue, soutient coûte que coûte une guitare décharnée et moulinée à la fuzz. Mines patibulaires, visages décavés, la voix s'égosille et s’éraille tandis que les godillots marquent frénétiquement la mesure, pataugeant dans le jus de bière chaude. Dans une salle bondée, pas plus grande qu'un confessionnal, souffle la caresse brûlante et enivrante de la damnation, le comptoir dégoulinant d'alcool tout autant que les corps sont maculés de sueur. C'est bien là, perdus dans l'immensité criblé de soleil de l'Ouest américain, que quelques groupes écrivent à la hâte - dégobillant, la bouche pâteuse de poussière, les standards pop de l'époque - ce bréviaire minimaliste et souillon que le punk fera unanimement sien une décennie plus tard. Un blues blanc, dépenaillé et désenchanté, grimant d'amertume et de violence un son garage rétrospectivement consacré par quelques compil' du genre (Nuggets, 1972). On est en 1965, The Sonics, The Count Five, The Seeds et consorts s'ébrouent sauvagement dans la nuit noire de Tacoma, San José et Los Angeles.

Depuis lors rien n'a changé, ou presque. Les modes et les trombines ont nargué, défilé, fané, mais le garage est resté. Ses terres d'élection, tout comme son champ des possibles, se sont même démultipliées, aux confins du globe et de la toile. Son pouilleux, épures mélodiques minimales et gouaille fiévreuse - rabibochant en quatre accords spontanéité punk et posture rock'n'roll - la recette quand bien même éculée ne s'épuise jamais. Jamais. Et Paris et la France de ne pas y échapper. On connaît depuis quelques lustres l'écurie Born Bad et ses insatiables rejetons, Cheveu, Frustration et Magnetix en tête. On se familiarise tant bien que mal avec l’exiguïté d'une Cantine de Belleville squattée sans répit par les agités d'Inch Allah Records (Zyklon Beach, Catholic Spray). Et l'on découvre XVIII Records, presque par hasard. Un jeune label, fondu dans un collectif, animé par Sébastien et Antoine. Dit comme ça, pas de quoi fouetter de chat, ni de clébard. Même gratuitement. Sauf que voilà, notre binôme sait y faire et les deux premières sorties du label en imposent. Un mois après la parution d'un split 7" réunissant les Parisiens de Catholic Spray et les deux excellents groupes australiens Assassins88 et TV.Colors, Eighteen Records livre, le 25 juillet dernier, cinq cents exemplaires vinyles de Blast From the Past, second album du trio . Un 12" aussi bon - voire meilleur - que son prédécesseur A Heart Full of Sorrow (Born Bad), permettant d’asseoir un édifice discographique bien branlé. En témoigne, l'avenir immédiat du label et l'annonce d'un 12" des Australiens de Royal Headache, largement attendu depuis son 7" paru l'année passée sur R.I.P. Society.

Pas plus, pas moins, il n'en fallait pour satisfaire désir et curiosité d'un seul tenant. Sébastien brise la glace et se fend d'une mixtape collective et commentée, à écouter et télécharger ci-dessous. A vous de faire le reste, et cliquer par .

Entrevue avec Sébastien Denis

D’où vous sont venues l’idée et la volonté de créer Eighteen Records ?

L’idée de monter un label me trottait dans la tête depuis un moment. J’en ai parlé aux amis susceptibles d’être intéressés : Sofia Karchi (Frau Sofia) qui tourne avec beaucoup de groupes et depuis longtemps (MGMT, Ariel Pink's Haunted Graffiti, Cults, Smith Westerns, Guards, Connan Mockasin, R. Stevie Moore, The Dough Rollers pour ne citer que les plus récents... la liste serait trop longue) et qui a donc un rapport privilégié avec un grand nombre d’artistes, Antoine Zéro, un passionné qui organise régulièrement des concerts à Paris (Nobunny, LiveFastDie, Cheap Time et plein d’autres). Sans oublier la bande du XVIII qui nous soutient ardemment. Ils ont tous répondu favorablement à ma proposition, ayant cette même volonté de faire avancer les choses : être actif plutôt que contemplatif.

Peux-tu nous expliquer la signification d’un tel nom ?

C’est un hommage au XVIIIème arrondissement de Paris, notre fief bien aimé ! On s’autoproclame « les rois de la butte »… sans prétention aucune.

Le fait d’être basé à Paris est-il un avantage quand on veut faire vivre ce type de structure ?

Probablement, pour l’organisation des événements et la visibilité mais pour moi, la situation géographique ne peut/doit être un frein à ce type de structure. Je suis partisan du D.I.Y., seules la volonté et l’envie comptent et que tu sois ici ou là, de toute façon tu auras toujours des gens pour te suivre, au moins un moment.

Comment définis-tu l’esthétique musicale et graphique du label ?

L’esthétique musicale du label est et restera la plus mixte possible. L’idée étant de sortir des groupes en fonction de nos envies et découvertes sans se cantonner à un style et sans restriction. Quant au graphisme, le mot d’ordre est « épuré » - C’est Florian Fournier, un ami scénographe et graphiste (avec qui je passe régulièrement des disques sous le nom de Cooligans), qui gère l’ensemble de l’image du label et tu pourras noter, outre l’élégance de son style, qu’une deuxième lecture s’impose pour en discerner l’humour : le costume d’Hailé Sélassié associé à une tête de panthère pour présenter Japanther, une Vierge à l’Enfant ornée du visage de Gilles de Rais pour annoncer le concert de /Catholic Spray, etc. Nous préparons ensemble pour la rentrée divers projets pluri-médias (web/vidéos/sérigraphies/textiles). Quant aux pochettes de disques, nous laissons carte blanche aux groupes.

Comment choisissez-vous les artistes que vous souhaitez sortir ? Ceux-ci viennent d’ailleurs souvent d'Australie…

Le choix des artistes se fait collégialement. Nous écoutons, proposons et discutons avant de soumettre le projet aux groupes. Quant à l’Australie, Antoine et moi avons un véritable coup de cœur pour cette scène qui reste assez méconnue en France. Antoine la côtoie régulièrement et en connaît les principaux acteurs (Eddie Current Suppression Ring, Royal Headache, Total Control, Straight Arrows, UV Race) ce qui nous offre un grand nombre d’opportunités et de découvertes.

Yussuf Jerusalem, Creetens, Straight Arrows, Bazooka… quelle est l’histoire de chacune de ces quatre sorties ?

Le split Creetens/Straight Arrows est sorti sur l’autre label d’Antoine, Resistance à GOGO, le Bazooka chez Inch Allah Records, je me contente de les distribuer. Nous avons à notre actif le LP de Yussuf Jerusalem et le split Assassins88 - TV.Colors/Catholic Spray. Pour Yussuf Jerusalem, c’est une histoire de potes. Quand j’ai annoncé à Benji le lancement du label, il m’a soumis le souhait, comme une évidence, de sortir son prochain disque sur XVIII. Sacré coup de pouce pour le lancement !

J'aime tout particulièrement le split Assassins 88/TV Colours qui est devenu par la suite un split LP avec les Parisiens de Catholic Spray. Tu m'en dis plus sur ces groupes et comment une telle idée de split est-elle née et s'est-elle concrétisée ?

Les Catholic Spray sont avant tout des amis, je les ai rencontrés dans le cadre des soirées organisées par Inch Allah à la Cantine de Belleville. Leur premier split avec Zyklon Beach (White Moon Recordings), sauvage et bien lo-fi, m’a persuadé de leur potentiel. Assassins88 et TV.Colours sont une révélation pour moi. Ce sont deux groupes de la scène de Canberra, hyper productifs, avec un style bien à eux. Ce sont des adeptes du lo-fi/D.I.Y. et Tim d’Assassins88 a aussi son propre label, Dream Damage. Nous nous sommes tous convaincus de la pertinence de cette alliance. Assassins88 venait tout juste de sortir un split avec TV.Colours. J’ai proposé l’idée à Tim qui m’a demandé d’écouter son nouveau projet, celui-ci m’a bluffé : Neighbourhood, une fusion entre Assassins88 et TV.Colours. Ils ont finalement préféré garder leurs noms respectifs, probablement pour surfer sur la vague médiatique de leur excellent premier split sur Dream Damage.

Que t'inspire le groupe alsacien Scorpion Violente ?

Scorpion Violente correspond exactement au type de groupe susceptible de sortir sur notre label. J’aime vraiment leur disque sur AVANT! Records et les ai vus dernièrement en concert à la Java avec beaucoup de plaisir.

Eighteen Records a l'air d'avoir des relations privilégiées avec un autre agitateur de la scène garage parisienne, Inch Allah Records. Tu peux m'en dire plus ?

Nous entretenons des rapports amicaux avec Inch Allah. Claire et moi nous connaissons depuis longtemps et quant aux autres, ce sont tous des potes (j’ai même eu un projet de groupe avorté avec certains d’entre eux). J’ai beaucoup de respect pour l’énergie qu’ils déploient dans l’organisation d’événements, un dévouement total à la cause, c’est beau !

Du coup... y-a-t-il vraiment une scène garage à Paris ?

Indéniablement oui et la liste des groupes devient longue : Beat Mark, Teenage Moonlight Borderliners, Crash Normal, Catholic Spray, Eyes Behind, Chimiks, la Secte du futur, etc.

Le garage semble être un point nodal entre hédonisme et minimalisme. Comment en définirais-tu son essence ?

Effectivement on peut voir cela comme ça, la conjugaison du fun et de la simplicité. Pour étayer un peu, voici la réponse de Charles qui me semble assez pertinente… ou pas : « Je pense qu'il y a beaucoup à voir avec un antagonisme primaire face à tout ce qui pourrait être considéré comme une quelconque forme de succès et/ou de maturité. D'un point de vue définition du genre, c'est assez basique. Instruments électriques, formation classique basse/batterie/guitare, éventuellement un gadget ou deux du genre synthé ou boîte à rythme, et format blues, ça n'a pas trop évolué depuis la conception du genre en tant que tel avec l’avènement de la surf music. Un autre aspect qui n'a pas changé est l'âge. Le garage est par essence un truc de jeunes. Le plus jeune, le meilleur. On peut faire du garage passé 30/40 ans, mais on a intérêt à être resté sacrément con et imaginatif. Le style musical peut être super vague, parfois antinomique d'un groupe à l'autre, mais au final, le seul point de départ d'un groupe que l'on pourra qualifier de "garage" c'est l'envie de jouer, l'envie de jouer fort, et l'incapacité totale à réussir. »

Tu as toutes les compil' Nuggets ou il faut définitivement se délester des sixties ?

Je n’ai aucune compil' Nuggets mais beaucoup d’autres. La musique des années cinquante/soixante est une autre passion pour moi. J’ai même fait partie d’un groupe de surf assez longtemps… Donc hors de question de passer outre, même si ce n’est pas le sujet avec XVIII.

Eighteen Records annonce la sortie imminente du nouveau LP de Royal Headache. Quels sont les projets immédiats et futurs du label ?

Le LP de Royal Headache devrait être prêt pour la rentrée, l’album va sortir simultanément en Australie chez R.I.P Society, nous gérons l’Europe ! Nous préparons aussi des concerts que je garde secrets pour le moment. Nous avons quelques idées de sorties pour la suite, notamment un LP Assassins88 - TV.Colours, peut-être aussi un groupe de Lille. Diversité reste notre maître mot ! Catholic Spray, quant à eux, sortent leur premier LP sur Teenage Ménopause Records, dont vous allez entendre parler dans peu de temps.

Peux-tu présenter ta mixtape ?

C’est une mixtape collective : j’ai demandé aux artistes et personnes attachés au label de contribuer avec leurs morceaux préférés (du moment) et de les présenter, voilà ce que ça donne, enjoy !

Mixtape

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01. Gross Magic - Sweetest Touch

Sofia (XVIII Records Crew)

02. Scrotum Poles - Street Where you Live

Charles (XVIII Records Crew) : Y'avait donc ces connards de Dundee en Écosse qui n'ont jamais rien branlé à part sortir avec leurs propres ronds un quatre titres, Revelation, et enregistrer des démos avant de disparaître pour de bon. Le manque de prétention est aussi impossible que la qualité des compos. Il parait que Revelation s'est fait rééditer, je suis curieux de voir ça. Ce groupe est vraiment mortel.

03. Rupture - Pessimisstic View

Antoine (XVIII Records Crew) : Quels sont les bouffons qui ont dit que l'Australie est le pays des gens heureux ? Sûrement pas les mecs de Rupture, venant tout droit de Perth (ville toute aussi pourrie et isolée que Brest mais avec du soleil et de nazis), qui avec leur single Righteous Fuck, datant de 1991 et sorti sur label suisse Off the Disk, mettent à l'amende à peu près toute la planète Terre. Ah c'est un peu plus violent que Blank Dogs hein connard ?

04. Graffiti Island - Head Hunters

Pierre (Catholic Spray) : Graffiti Island c'est le haut de la pyramide des groupes anglais D.I.Y., celui qui te fait comprendre que la perfection c'est impossible parce que c'est trop simple.

05. Blank Dogs - Dismorphobia

Benjamin (Yussuf Jerusalem) : LOL

06. The Units - High Pressure Days

Shortty (Royal Headache) : I only got introduced to these guys quite recently. Still, easily the best song I've heard in the last 6 months. This was released way back in 1980 but pretty much eclipse any other song loosely defined as 'synth punk' over the last 30 years. Amazing lyrics too! "Exchange phone numbers, wither away"

07. Body Electric - Dash 1721

Florian (XVIII Records Crew) : Synth pop early electro néo-zélandaise. Face B du Pulsing EP de 1982. The Body Electric, fondé par l'ancien guitariste de The Steroids groupe punk de Wellington, propose une synth pop oscillant en permanence entre premier degré froid et distant et ironie rafraîchissante, dans le même esprit que leurs contemporains suisses de Guyer's Connection en plus énergique.

08. Total Control - Paranoid Video

Sébastien Denis (XVIII Records) : Définitivement mon coup de cœur depuis la découverte de ce groupe (une fois de plus australien), ce morceau est une claque en pleine face. Killer ! Ils viennent de sortir leur tout premier album sur Iron Lung Records, à ne pas louper !


The Present Moment - Loyal To A Fault

Carpe Diem ! Cette maudite formule que mes malheureuses oreilles auront dû accueillir à chaque fois que je ne suis pas arrivé à dissimuler mon impatience pour un événement à venir ou lorsque ma souffrance s’est montrée reine de mes jours et de mes nuits, est un des slogans qui m’a depuis toujours inspiré la haine et plus particulièrement à la sortie de Dead Poets Society l'un des films que j'ai le plus méprisé non seulement parce qu'il ne m'inspirait que manichéisme facile, que mon professeur de français s’était moqué ouvertement de moi parce que je lui avais préféré un film marginal, mais surtout parce que cette idée m'a toujours irrité par son utopie chiqué, comme si, pour moi, il était évident que nous n’appartenions qu’aux douleurs du passé, que le futur n’était qu’incertitude et que le présent n’était composé que de vide angoissant… Il ne fait l’ombre d’aucun doute que la seule solution est ailleurs, comme le confirment les propos de Scott qui a baptisé son groupe The Present Moment au nom d’une philosophie de l’acceptation de soi. « Nous essayons de lever notre chapeau au passé tout en étant pertinents pour l’avenir. », nous disait-il il y a quelques semaines (lire). Et le moins qu’on puisse dire est que le groupe américain arrive à digérer son passé musical électro-minimaliste-80’s et autobiographique de manière admirable puisque Loyal To A Fault nous fait part des « derniers événements à la saveur douce amère » qui se sont produits dans la vie de Scott l’année dernière et se base principalement sur la reconstruction, le détachement et les tribulations des relations, des amants et amis avec justesse, sensualité et classe. Las d’être facilement catalogué « witch », notre héros débarrasse définitivement The Present Moment de toute enveloppe fantomatique superflue pour l’habiller d’électro sexy envoûtante. Que ce soit en évoquant les débuts d’une histoire (The Start), le rejet (Rejection), l’ennui en son sein (The Distance Between Us, en son de la semaine, il y a quelques mois ici), la culpabilité (Loyal To A Fault), l’espoir (A New Day), ce premier album nous pousse intelligemment et plaisamment à danser l'échec et la désillusion jusqu’à l'ivresse,  la raillerie et la protection même. Loyal To A Fault, produit de l’impeccable label Mannequin (en collaboration avec Desire), est composé de 12 morceaux d’une efficacité, d’une beauté et d’une cohérence sans pareil pour se révéler l'un des plus beaux albums dance de l'année.

Audio

The Present Moment – The Distance Between Us

The Present Moment – Intrigue

Vidéos


Tracklist

The Present Moment - Loyal To A Fault (Mannequin/Desire)

1. The Start
2. Rejection
3. Cheap Thrill
4. The Distance Between Us
5. Even In Danger
6. Alone
7. A New Day
8. Intrigue
9. Loyal To A Fault
10.Careful What You Wish For
11.Feast On Fire
12.Precision


Hartzine Octobre 2011

Photo © Emeline Ancel-Pirouelle

Retrouvez, chaque mois, les choix éclectiques de la rédaction.

The KVB – que l'on vous a présenté à l'occasion du 7" Into The Night paru sur le label Downwards (lire) et du LP cassette à sortir très prochainement via Clan Destine Records (lire) – vous offre The Burning World, extrait inédit de cette dernière parue en tirage très limité (cent exemplaires). Pour commander ladite cassette, rendez-vous par .

(Télécharger / Download)

01. The KVB - The Burning World
02. Happy New Year - Gold Medallion
03. Battant - Being One
04. Lali Puna - Common Ground
05. Black Marble - Pretender
06. Drinking Electricity - Discord Dance
07. Xeno & Oaklander - Sets & Lights
08. Patrick Kelleher and His Cold Dead Hands - Gouge
09. Acid Glasses - My Pale Garden
10. Punks on Mars - Glitter on Mars
11. Sight Seeing - Claudius
12. Erkin Koray - Cemalim
13. The Winter Family - Y
14. Deaf Center - Time Spent
15. Active Child - Hanging On
16. Juveniles - We Are Young
17. SeaPinks - Fountain Tesserae
18. Dum Dum Girls - Always Looking
19. Letting Up Despite Great Faults - Teenage Tide
20. Jens Lekman - An Argument with Myself
21. Cities Avivi - Die Young
22. Sweet Exorcist - Testone
23. Muggerscum Out - Alex Smoke Remix
24. Gareth Williams & Marie Currie - Generous Moon

Zola Jesus – Conatus

Beaucoup aimeraient voir en Nika Roza Danilova un poussin à peine sorti de l’œuf. La jeune Américaine d’origine russe n’en est pourtant pas à son premier coup essai. Si Stridulum II marqua certainement un tournant dans la carrière de cette artiste candide, il n’en reste pas moins que Conatus sera déjà son troisième album, si on oublie de compter le split sorti sur Not Not Fun avec LA Vampires, ainsi que ses collaborations aux côtés de Burial HexPrefuse 73 ou Former Ghosts. On notera que question carrière, notre chanteuse au physique de pilleuse de parcmètres aura eu du tarin, passant rapidement de l’underground au gratin arty de L.A. Cet ultime recueil passe à la moulinette l’accumulation de nombreuses influences, triturées avec sensibilité et hardiesse autour d’un effort presque définitif pour Nika de se libérer de quelques chaînes, comme le suggère le titre. J’en appelle à vos cours de latin de classe de cinquième.

Pour être totalement franc, la première réaction face à Conatus est la peur. Si Stridulum II séduisait par son ambiance feutrée, noirâtre et quelque peu ambiguë, ce chant lyrique qui nous avait captivés dès les premières écoutes devint rapidement insupportable, allant jusqu’à écorcher nos tympans. Ce nouvel opus allait-il porter en lui les mêmes stigmates que son prédécesseur ? Visiblement pas : ne se contentant plus de gémir à porte-voix, Nika Roza déplie un éventail d’émotions qui se bousculent à travers le gosier, donnant à son timbre à la Bonnie Tyler un véritable charme empruntant multiples facettes. Et pourtant, si les premiers titres sont d’une beauté mirifique, ils laissent un arrière-goût de re-edit (Swords, Avalanche, Vessel). Il faudra attendre Hikkimori, complainte amoureusement synthétique dégoulinante d’inspiration dark-wave, pour véritablement apprécier les couleurs blafardes de Conatus. Un track qui n’est pas sans rappeler les collaborations de la jeune femme au projet de Freddy Ruppert. Plus inattendue, la mélodie de Seekir s’appuie sur une rythmique dance, mêlée de hululements incantatoires en écho. Une transition radicale pour le moins déconcertante, aussi rondement produite qu’un tube techno slovaque et aussi ennuyeuse qu’un titre francophone concourant à l’Eurovision. Le très witch-haus Ixode fait très vite oublier cet intermède raté, capitalisant sur ce que l’artiste sait finalement faire de mieux. Un crescendo de beats syncopés sur lesquelles la prêtresse attise son flegme gothique, se posant languide, ensorcelant de sa voix vénéneuse, tandis que l’air s’embrume d’une aura de désespoir. Une recette qui fera également des merveilles sur le très dark-indus Shivers. Et pourtant, c’est en se dénudant de ses glorieux artifices que Zola Jesus perfore au plus profond nos carcasses. Capable de mélodies plus minimalistes, comme le prouve le splendide Lick the Palm of the Burning Handshake, à la fois héroïque et désenchanté, mais c’est surtout Skin et sa ritournelle au piano qui marqueront nos esprits - cantabile écorchée dont le dépouillement sacrificiel des instruments appuie l’esthétique funeste et poétique de cette pièce délicatement lacérée.

Dire que cet effort tient de l’orfèvrerie serait quelque peu exagéré. Zola Jesus livre avec Conatus un album bien plus immédiat, homogène et modeste que le précédent. Nika Roza recycle ses inspirations et ses expériences tout au long de onze titres qui, sans tous être mémorables, apportent une touche de sincérité qui n’est pas sans déplaire et invitera l’auditeur à se replonger dans ce florilège de saveurs aigres-douces. L’amateur ne n’y trompera pas.

audio


vidéo

Tracklist

Zola Jesus – Conatus (Souterrain Transmissions/Sacred Bones, 2011)

01. Swords
02. Avalanche
03. Vessel
04. Hikikomori
05. Ixode
06. Seekir
07. In Your Nature
08. Lick the Palm of the Burning Handshake
09. Shivers
10. Skin
11. Collapse


House of Wolves interview, chronique et mixtape

Une onde glacée me parcourt le dos. Je tressaille devant cet écran blanc me rougissant salement les yeux. S'il y a une plombe que je ne rature plus mon fatras de feuilles racornies, le vide immaculé suspendu au cliquetis de mes doigts sur le clavier réveille au plus profond de mes viscères une rage âpre, rugueuse. L'envie de tout envoyer chier. De me cramer jusqu'au bout et de m'effacer, par la petite porte. Les lèvres suppurant l'alcool de la veille, je reluque d'un mauvais œil l'addition. Je ne mérite pas plus d'être lu que cette armée de connards dressant le panurgisme musical en art de la graille. Internet pousse au crime, de la prostitution à la duplication, sans même que ne s'étiole ce flot intarissable de fadaises sur des produits de basse consommation. Un mec à la condescendance toute justifiée m'invectivait autour d'un jus de bière dégueulasse. Dans ce merdier, l'important c'est de ne jamais être blasé qu'il disait. Sinon, t'arrête. Mais l'envie de marteler mon putain de clavier jusqu'à m'en briser les phalanges m'arrache la gueule quand je repense à toutes ces vêpres fallacieuses, tous ces concerts que je ne regarde plus qu'au fond d'un verre de vodka à l'aigreur orgasmique. Des kilomètres de prestations scéniques aussi merdiques que ne le sont les albums qu'elles supportent, des artistes mous du gland, se pavanant mollement devant un public flasque et attifé, substituant à quelques grammes de cocaïne des quintaux de morphine. Je contemple autour de moi ces piles de CD non déflorés de leur cellophane, je scrute ces barres de téléchargement à faire pâlir l'oblongue muraille de Chine. Difficile de ne pas se sentir indigne et corrompu. A quoi servent ces mots décharnés et juxtaposés mécaniquement dans l'espoir de rendre intelligible de putatives critiques qui n'en sont pas ? Un brouhaha pas plus important qu'un appareil photo jetable, une science du néant ne respectant plus une foutre once de de probité créative ? J'en suis là et ces quelques balafres supputent un acharnement non feint. Allez vous faire foutre, la musique peut être plus qu'un divertissement. Et si je suis prêt à vous gerber dessus, les molaires inondées d'une saloperie de bile noirâtre, reste, pour me retenir de le faire, ces quelques chansons tombées du ciel - celles d'House of Wolves, glanées je ne sais où - qui, par leur nudité confondante, balayent d'un revers de manche tout verbiage neurasthénique. J'écoute et réécoute Fold in the Wind, produit et mixé par John Askew, et je me laisse saisir en tenaille dans les tréfonds de mon poitrail, arnaché que je suis à cette voix, réplique céleste d'un Elliott Smith ragaillardi, et au moindre chuintement de chaque instrument, nonobstant leur élégiaque parcimonie. Plutôt que de baratiner le chaland, Rey Villalobos, dans la poussière de son Los Angeles natal, se présente à vous, seul, le temps d'une entrevue et d'une mixtape à découvrir ci-dessous. Une infime mise en bouche avant un précieux concert, qu'Hartzine s’enorgueillit d'organiser le 17 octobre prochain à la Mécanique Ondulatoire (FB).

Entretien

Qui es-tu Rey ?
Who are you Rey?

Dans mon ancienne vie, je buvais, fumais deux paquets de clopes par jour et courais les filles. J'essaie encore de savoir qui je suis dans cette vie-ci.

In my past life i would drink, smoke 2 packs a day,and have affairs. Still trying to figure out who i am in this life.

Pourquoi un tel nom de groupe, House of Wolves ? Quelle est l'histoire...
How did you come up with this band name, House of Wolves? What's the story...

Je me fais appeler House Of Wolves depuis que je suis petit, mon père avait commencé à m'appeler comme ça quand j'étais enfant et c'est resté. Ce nom est la traduction de notre nom de famille Villalobos de l'espagnol à l'anglais. Donc ça faisait sens de l'utiliser comme mon nom de groupe pour mon projet solo.

I've been going by House of Wolves ever since i was little, my dad started calling me that when i was little kid and it just stuck. The name comes from the translation of our last name Villalobos from Spanish to English. So it made sense to use it as my band name for my solo project.

Peux-tu expliquer en quelques mots quel est ton ambition musicale ?
Could you introduce your musical project in a few words?

Une nostalgie lointaine et entêtante.

Haunting far away nostalgia.

Comment la musique est-elle entrée dans ta vie ? Quel est ton premier souvenir à ce sujet ?
How did music enter in your life? What are your first memories about it?

Mon tout premier souvenir est celui de ma mère me chantant tout un tas de chansons alors que j'étais haut comme trois pommes. C'est une chanteuse, d'origine italienne, ayant repris tout au long de mon enfance des standards américains tel que Frank Sinatra, Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Lena Horne, Nat King Cole... mais aussi du rock, de la folk ou de la bossanova des années soixante. J'ai commencé à étudier le piano classique à six ans, en apprenant le répertoire ragtime de Scott Joplin. Je me suis ensuite mis à bosser mes chansons favorites dont je tire encore mon inspiration, de Chopin à Debussy, en passant par Beethoven, Schubert, Gershwin... et les Beatles.

My very first memories were my mother singing to me when i was a only a few years old, she's a singer and throughout my childhood and being Italian she would be singing all the time, mostly the classic American standers: Frank Sinatra, Ella Fitzgerald,  Billie Holiday, Lena Horne, Nat King Cole, etc, and also rock, folk, and bossanova music from the 60's were huge in mi casa. I started studying classical piano at 6, my first memories of playing music were learning from the Scott Joplin ragtime piano songbook, then learning my favorites and most influential music Chopin & Debussy, Beethoven, Schubert, Gershwin, the Beatles.

Tu vis à Los Angeles, en Californie. Peux-tu nous dire en quoi ceci influence ta musique et si cela a de l'importance sur ton inspiration ?
You live in Los Angeles, California. Can you describe how that affects your music and if it's an important inspiration?

Je suis né et j'ai grandi à L.A., et j'ai vécu un peu partout sur la côte ouest. Je suis certain que ça influe sur la musique mais ce n'est pas quelque chose qui est forcé ou évident. Mais je pense que l'atmosphère détendue du style de vie californien transparaît avec le temps.

I was born and raised LA, and lived all up and down the West coast, i do believe it has an effect on the music, but it's not something that is forced or apparent, but i do think the mellow atmosphere of the California life style comes through over time.

Quelles sont tes influences ?
What are your influences?

Le passé, la tranquillité, le temps... pour les influences musicales, John Lennon et Franck Black, Chopin.

The past, stillness, time… music influences, john lennon & frank black, chopin.

As-tu des ambitions particulières avec ce premier album, Fold in the Wind ?
Do you have specific goals for your first album, Fold in the Wind?

Je voulais simplement faire un album très tranquille de chansons d'amour que je pouvais jouer seul ou avec un groupe. J'avais mis de côté une poignée de morceaux doux et intimes qui me berçaient dans un coin de ma tête depuis quelques années. J'espère que les gens aiment et que je vais pouvoir continuer à tourner avec cet album.

I just wanted to make a very chill album of love songs that i could tour solo or with a band. I had been saving up a handful of mellow intimate songs that have been lulling around in the back of my mind for a few years, i hope people like it and i can keep touring with the album. 

Quel type de sentiments essayes-tu de faire passer à travers ta musique ?
What kind of feelings are you trying to convey with your music?

Je ne réfléchis jamais à quelque chose de spécifique pour ensuite essayer d'écrire un morceau dessus. Ça ne vient pas de la tête, mais plus du coeur. Les morceaux viennent à moi selon ce que je ressens à un moment donné. Si je dois expliquer ce que j'essaie de transmettre avec ma musique en général, je dirais que ce sont des morceaux qui expriment toutes les possibilités de la vie.

I never think of something specific and then try and write a song about it, it does not come from a place of thought, more heart, the songs are coming to me from what I'm feeling in that moment's time. if had to express what I'm trying to convey with my music in general, i would say songs that express all the possibilities in life.

Dis m'en plus au sujet de ces deux merveilleuses chansons, Jealous et Acres of Fire...
Tell me more about this two beautiful songs,
Jealous and Acres of Fire...

J'ai écrit Jealous en studio pendant que j'enregistrais. C'était une simple idée que j'avais et que je jouais entre les prises et mon producteur, John Askew l'a entendu et m'a dit : "Qu'est-ce que c'est ? Il faut qu'on l'enregistre !". Donc je me suis assis et j'ai terminé d'écrire les paroles sur le moment et on l'a enregistré. J'ai écrit et enregistré Acres Of Fire sur un vieux piano ; le morceau parle d'un garçon qui veut récupérer une fille et couler des jours heureux avec elle.

I wrote Jealous in the studio while i was recording, it was only an idea i had and i was playing around with it between takes and my producer John Askew heard it and was like: "what's that, we need to record that!" So i sat down and finished the lyrics right then and we recorded. I wrote and recorded Acres of Fire on a old piano, the song is about a boy wanting a girl to come back into his life and live happily ever after.

Tu cherches un label ou tu es satisfait de sortir ta musique uniquement par le biais d'internet ?
Would you like to find a label or could you satisfy yourself with internet?

J'adorerais travailler avec un label, mais je suis aussi tout à fait à l'aise avec le D.I.Y.

I would love to work with a label, and I'm also totally cool with D.I.Y.

Tu viens pour une tournée en Europe. Comment est né le projet ? Est-ce ta première fois en Europe ?
You begin a tour in Europe. How was born the project? It's your first time in Europe?

J'ai joué en Europe l'été dernier, à Berlin et en Finlande où on m'a réinvité cet été pour jouer dans un festival en plein air à Helsinki. Mais c'est ma première tournée officielle en Europe en tant que House of Wolves. J'ai récemment signé avec l'agence de booking Antistars, j'ai envoyé ma musique à Viktor Mueller (le patron d'Antistars) en mai dernier, il a vraiment aimé mes morceaux et on a commencé à travaillé ensemble pour cette tournée.

I played in Europe last summer in Finland and Berlin and I got invited back to play an outdoor rock fest in Helsinki again this summer, but this is my first official European tour as House of Wolves. I recently signed with Antistars Booking Agency, i sent Viktor Mueller (Antistars owner) my music last May, he really liked my songs and we started working together for this tour.

Merci à toi d'avoir répondu à nos questions et plus spécialement encore pour cette mixtape faite exclusivement pour Hartzine. Peux-tu nous introduire celle-ci ? 
Thanks for the interview and the mixtape specially released for Hartzine! Could you introduce it to us?

Les huit premiers sont des morceaux de mes amis, puis j'ai rajouté à la fin deux morceaux qui tournaient en boucle dans ma voiture cet été.

The first 8 songs are a mix of my friends bands, then i close two songs that have been on repeat in my car radio this summer.

Traduction : Marie-Eva Marcouyeux

Mixtape

01. Y La Bamba - Crocodile Eyes

J'ai rencontré la chanteuse Luz Mendoza et le bassiste Ben Meyercord quand je vivais à Portland. Luz m'avait vu jouer par hasard un mardi soir un peu morne, il n'y avait probablement que cinq personnes dans le bar. En fait, elle a été la première personne à acheter mon disque, je venais juste de récupérer les CD à l'usine ce soir-là. Mi Encanta Y La Bamba.

I met the singer Luz Mendoza and Ben Meyercord the bassist when i was living up in Portland. Luz randomly saw me playing out one lonely Tuesday night, there was probably only 5 people were (à effacer) in the bar, she was actually the first person to buy one of my cd's, i had just picked them up from the factory that night. Mi encanta Y La Bamba

02. Sharon Van Etten - For You

J'ai rencontré Sharon en 2009 à New-York où l'on faisait un concert ensemble. Elle fait partie de mes nouveaux compositeurs préférés. J'adore ses chansons, elles sont tellement géniales !

Sharon and i met in 2009 in New York City, when we played a show together, she's one of my favorite new songwriters, i love her songs, so good!

03. Sacred Animals - Welcome Home

Darragh est un de mes bons amis d'Irlande, on s'est rencontré en 2006. On va collaborer sur certains projets cet automne. Je vais chanter avec lui sur un des morceaux de son nouvel album et on est en train de travailler sur l'écriture d'un single tous les deux, dans le style Lennon/McCartney, j'ai vraiment hâte !

Darragh's a good friend of mine from Ireland we met back in 2006. We are collaborating on some projects together this fall, i'll be singing with him on one of his songs on his new album and we're working on writing single together Lennon/McCartney style, really looking forward to it!

04Hosannas - Obsolete People

On s'est tous rencontré à Portland quand j'enregistrais mon album là-bas. On a fait beaucoup de concerts ensemble, et leur ancien clavier, Christof Hendrickson joue avec House of Wolves en tournée.

We all met in Portland when i was recording my album up there. We've played lots of shows together, and their old keyboard player Christof Hendrickson plays in House of Wolves when im touring.

05Sutja - Like Always

J'ai rencontré Sutja grâce à Ashley Jex (Jaxart Records) de Los Angeles. Cet automne je vais chanter sur un des morceaux que Sutja enregistre pour son prochain album, ça va être cool !

I met Sutja through LA based Ashley Jex (Jaxart Records) - this fall I'm singing on one of Sutja's tracks he's recording for his new album he's working, going to be rad!

06Cloud Seeding - Ink Jar

C'est le projet de Kevin Serra et Marissa Nadler de NY. Kevin est l'un de mes meilleurs amis, il a démarré ce projet Cloud Seeding cette année et vient juste de sortir ce magnifique morceau, Ink Jar.

Project of Kevin Serra and Marissa Nadler out of NY, Kevin is one of my best friends, he started the Cloud Seeding project this year and just released this beautiful song Ink Jar.

07. Gardens and Villa - Cruise Ship

Mes potes de Santa Barbara, en Californie, où j'ai vécu. On a fait des tonnes de concerts ensemble.

My homies from Santa Barbara CA we're I've lived, and played tons of shows together.

08Ramona Falls - Russia

Ramona Falls est le projet solo de Brent Knopf qui est également un membre de Menomena. Brent et moi étions colocataires à Portland, en Oregon. D'ailleurs, si vous cherchez une super chambre à louer, faites-moi signe.

Ramona Falls is the solo project of Brent Knopf who's also a member of Menomena, Brent and i were roommates up in Portland Oregon, if you're looking for a awesome room to rent let me know.

09. Lower Dens - Hospice Gates

10. Waylon Jennings - Crying

Tracklisting

House of Wolves - Fold in the Wind (Autoproduit, 2011)

01. 50′s
02. Jealous
03. Acres of Fire
04. Ageless
05. Follow Me
06. Fold in the Wind
07. Roses in the Nordic Countries
08. Love Labored Lost
09. There She Goes
10. Waves
11. Flight