Lakker - Three Songs (PREMIERE)

LakkerLe duo irlandais Lakker vient de sortir le 11 mai dernier son très attendu second LP Tundra sur R&S Records. Très attendu, puisque Dara Smith et Ian McDonnell n'ont depuis leur premier long - le très expérimental Ruido‎ en 2007 sur Lazybird - sorti à peine plus qu'une demie-douzaine d'EP sur Blueprint, Stroboscopic Artefacts et plus récemment R & S Records avec Mountain Divide et Containing A Thousand ‎parus en 2014. Chantres d'une techno abstraite, poétique, chassant sur les terres de l'IDM et de l'ambient, les néo-Berlinois accouchent avec cet LP de leur oeuvre majeure, balayant d'une dizaine de pistes des univers aussi variés que ceux d'Aphex Twin ou de Sunn o))) et incorporant via le remugle aérien de leur machinerie des éléments de provenances différentes, autant concrets, tel le vrombissement d'une moto ou des tintements de cloches, que d'autres humanisant à dessein leur propos. Il en va de Three Songs taillé dans l'épure d'une voix, celle d'Eileen Carpio, auteur également de la pochette dudit disque et de la mise en image dudit morceau, exposant avec une dextérité sans commune le trépied sur lequel repose le disque, entre sonorités naturelles, organiques et synthétiques.

Vidéo (PREMIERE)

Tracklisting

Lakker - Tundra (R&S, 11 mai 2015)

01. Echtrae
02. Milch
03. Mountain Divide
04. Three Songs
05. Ton’neru
06. Halite
07. Tundra
08. Pylon
09. Oktavist
10. Herald


HNN - Un temps idéal (PREMIERE)

HNN - L'île NueLes meilleurs albums s'écoutent et s'apprécient sur la durée, à rebours d'une boulimie discographique annihilant le mieux par le plus. Le LP L'île Nue d'Hsilgne Nekorb Ni (HNN), paru l'année passée sur La Forme Lente, est de ce vin, à la fois léger mais consistant, endurant avec ténacité les années pour parfaire sa coloration. C'est ainsi que le projet minimal-synth du Parisien Gregg Anthe, auréolé de la prose d'Emmanuelle Desmonts-Roudgé et du chant d'Annika Grill, s'effeuille visuellement pour la troisième fois, après Tes Mots (lire) et Je Pars (lire), avec la mise en images d'Un temps idéal réalisée par le Japonnais Tomonori Hayase et diffusée il y a peu en avant-première par l'Imunemo Gallery de Tokyo. Dessin animé représentant une cryptique mise en orbite, celle d'une union universelle, Un temps idéal est à mirer ci-après, en exclusivité.

Vidéo (PREMIERE)

Tracklisting

HNN - L'île Nue (La Forme Lente, 28 avril 2014)

01. L'île Nue
02. Tes mots
03. Je pars
04. Lines
05. Un temps Idéal
06. L'art et la médecine
07. Les Heures Faciles
08. Ni Temporel (la grande ville)


Seabuckthorn - Heavy Calm (PREMIERE)

Seabuckthorn 2Andy Cartwright, par le biais de son projet solitaire Seabuckthorn délayant un psyché-folk instrumental gracile et inspiré, sort son cinquième album, le LP They Haunted Most Thickly, au mois de juin prochain sur le label Parisien Bookmakers Records - déjà dépositaire de ses deux précédents efforts In Nightfall ‎et The Silence Woke Me ‎en 2011 et 2012. Immersive et dépaysante, la musique de Seabuckthorn, dentelée de digressions mélodiques nées de l'improvisation, fait le lien entre le corps et l'esprit, l'imaginé et le rêvé : suggérant le voyage et la transhumance, They Haunted Most Thickly a été enregistré à Montreuil, strié d'une guitare resonator et d'une douze cordes acoustique, l'album provoque ce sentiment confus que l'on peut éprouver quand les éléments nous dépassent. Cet œil rivé sur un volcan à l'irruption majestueuse, sur la beauté violente d'une mer démontée ou sur les ravages incontrôlables d'un tremblement de terre. Oeuvre à double tranchant donc, une perpétuelle tension entre méditation et intranquilité s'en dégage, ne permettant jamais un total abandon des sens : ce que la nature donne, celle-ci est capable de le reprendre au centuple. Dès lors, la rencontre avec le travail du jeune artiste Clément Richem, récent auteur d'une exposition au Palais de Tokyo, ne pouvait que faire sens, lui qui explore les dynamiques du temps et du mouvement sur des micro-mondes. Tel Les Chateaux de Sables, film mettant subtilement en images le morceau Heavy Calm de Seabuckthorn et à propos duquel l'auteur annote l’évolution d’un paysage d’argile est captée par photographie (...) J’érige des architectures. Avec le temps, ces constructions s’érodent, se brisent. Sur les vestiges je dresse de nouvelles architectures.

Vidéo (PREMIERE)

Tracklisting

Seabuckthorn - They Haunted Most Thickly (Bookmakers Records, 20 juin 2015)

A1. Eve Of The Rains
A2. His Way Became Lost
A3. When Those Lights Come For You
A4. Heavy Calm
A5. They Haunted Most Thickly And Sang
B1. Let The Night In
B2. Burnished
B3. Slowly, Slowly Thunder
B4. Road From Zammour
B5. As If Glimpsed In Dreaming


Hey Mother Death - Highway

Hey Mother Death 3Un an après la sortie auto-produite de son luminescent premier album, Highway, le duo vivant à Halifax en Nouvelle-Ecosse Canadienne Hey Mother Death, que l'on avait longuement interviewé à cette occasion (lire), sortira physiquement ledit LP le 7 juin prochain via Paper Bag Records. Histoire d'enfoncer le clou quant à la dimension cinématographique de leurs hypnotiques embardés, à mi-chemin entre spoken words lascif et instrumentations expérimentales, Alejandro Jodorowsky et David Lynch, la chanteuse et comédienne parisienne Laurence Strelka et le guitariste canadien Denma Peisinger ont demandé au réalisateur parisien JF Julian de mettre en images le morceau-titre, Highway, à découvrir ci-après, après celle de The Hills faite par Harald Hutter.

Vidéo

Tracklisting

Hey Mother Death – Highway (Paper Bag Records, 10 juillet 2015)

01. Highway
02. The Hills
03. Bad Sex
04. Snake Power


Pyrit - Dirt On The Ground (PREMIERE)

Le label Bookmakers Records, que l'on a largement fait parler en mai dernier (lire) et qui depuis a eu le temps de s'offrir une tournée en Tunisie consacrée par un film, sortira en juin Ufo, formidable premier album du funambule Suisse-Allemand Thomas Kuratli, qui, sous l'alias Pyrit, jette un pont dont on osait à peine encore rêver entre textures électroniques, incantations pop et blues lacrymal. Jurant à merveille au sein de la très cosmique discographie de la structure Parisienne, ce disque ambivalent, à la fois taillé dans la lourdeur des ambiances et dans la finesse des arrangements, pousse un peu plus les limites du one-man-band, Thomas Kuratli allant jusqu'à enregistrer celui-ci dans un parking abandonné, conférant ainsi une folle résonance à l'histoire constituant sa trame - celle bien trippée d'un voyageur solitaire qui se dissout pour finalement muter en machine extra-terrestre. Cinématographique au possible, la musique dégoisée par Pyrit trouve un refuge plus qu'esthétique dans la vidéo auto-produite faite de la séminale Dirt On The Ground. A la fois oppressante et infaillible.

Video (PREMIERE)

Tracklisting

Pyrit - uFO (Bookmakers Records, Juin 2015)

A1. Fade Away
A2. Bright Eyes
A3. Q Bird
A4. Free
B1. Time for Wind
B2. Heroes / Everything
B3. I am the River
B4. Dirt on the Ground


Regal - Hot To Cold (PREMIERE)

REGALA l'instar de Volage (lire) ou de Chocolat (lire), le trio Regal nous enseigne une chose : loin de se prendre au sérieux et en toute décontraction, c'est à dire sans doute au-delà du périph parisien, le garage, qu'il soit trempé de fulgurances pop ou de pédale fuzz, a encore beaucoup de cartouches à nous envoyer entre les dents. Pont amical dressé entre la Ville Rose et la Belgique Grise, les trois mecs à la base de cette nouvelle signature Born Bad Records, qui vient de sortir le 30 mars dernier leur troisième album intitulé Two cycles and a little more, enquillent des mélodies brinquebalantes et dissonantes, ne tenant qu'au fil de leur légèreté, comme d'autres vident des godets un soir de pleine lune. Il en advient une sorte d'euphorie jamais convenue que le morceau Hot To Cold érige en théorème de l'aisance nonchalante, bénéficiant d'une transcription vidéo réalisée par Les Images Agricoles, où le groupe semble aussi à l'aise à dos de canasson qu'atablé au comptoir d'un bistrot. On imagine que sur scène, la donne ne varie pas d'un iota. Réponse à Paris le 11 avril prochain avec une release party dudit LP au Garage Mu en bonne compagnie de Calypso et Usé (Event FB).

Vidéo (PREMIERE)

Tracklisting

Regal - Two cycles and a little more (Born Bad Records, 30 mars 2015)

01. Big smoke
02. Tar rush
03. Each to their own
04. Refuge
05. Inconstant time
06. A Fascist ballad
07. Hot to cold
08. Influenced by the influenced
09. Fuk out
10. Yaking life
11. Mos Eisley Revenant
12. Oh scars

Regal - Believe


Veil Of Light - Purple (PREMIERE)

Beläten-Veil-of-Light-Head-Blood-Chest-Cover Beläten, label suédois fomenté par le ténébreux musicien Thomas Martin Ekelund – dont la barbe ensanglantée régente le groupe indus Trepaneringsritualen en concert le 5 avril prochain à Petit Bain dans le cadre de la soirée Kosmo Kino Plaza – Le Saint Drone de Stockholm (lire) -, cisaillera les ténèbres de l'underground dark-wave par trois fois avec les sorties groupées du EP des ghostgazers suisses de Veil of Light, de celui du duo Hollandais Distel habitué du label Enfant Terrible (lire), en plus du LP du groupe originaire de Göteborg, Daybed. Si les déflagrations synthétiques des premiers, que l'on a précédemment évoqué à l'occasion de leur EP Pale Eyes (lire), trouvent ci-après un refuge esthétique idoine dans la mise en images signée Clan of Paranor du morceau Purple, où l'on perçoit l'étrangeté glauque du corps humain, la pop à la fois minimale et électronique des suivants se pose aisément comme la bande-son idéal d'un lendemain de cuite qui ne passe pas. Le tout s'écoutant ci-après.

Vidéo (PREMIERE)

Audio (PREMIERE)

Tracklisting

Veil of Light — Head / Blood / Chest (Belatën, Avril 2015)

A1. All You Have
A2. Adonis
B1. Purple
B2. MMZ

Distel — Nord (Belatën, Avril 2015)

A1. Nord
A2. Zelf
B1. Raaf

Daybed — Weird Sailing (Belatën, Avril 2015)

A1. Weird Sailing
A2. No Luck
A3. Fruit
A4. Days Pass
A5. Murder
B1. Come To Me
B2. Cellophane
B3. The Art of Worldly Wisdom
B4. Seasons
B5. When I See You
B6. And Your Mind


Afraid - Baby Fangs ’77

AfraidAlors que l’authenticité du label Crash Symbols n'a pas cillé d'un iota depuis sa création (lire), les directions empruntées par Dwight et Liz Pavlovic n'ont de cesse de faire le grand écart : ayant récemment dégoisé en mars deux cassettes d'électronique abstraite et expérimentale avec celles de Cambo et Aphasiacs, la structure basée en Virginie-Occidentale, sort aujourd’hui le premier album du trio émanant de Portland, Afraid, froidement intitulé Sinister Vibes. Vivotant depuis 2011 pour de très rares saillies discographiques, le groupe emmené par Jakob Battick fait sien un nouvel adage que l'on pourrait retranscrire ainsi : plus la chanson est lente, plus l'effet sur l'auditoire est tenace. Bien qu'aux atours neo-goth originels un peu superflu, le groupe délaye un downtempo rongé dans l'os, véritablement fascinant et prenant, que la vidéo auto-produite de Baby Fangs '77, clôturant le LP, porte élégamment à l'image.

Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=n3ZJvnXoxnY

Tracklisting

Afraid - Sinister Vibes (Crash Symbols, 24 mars 2015)

01. Riverbank Summer '75
02. The Acid King
03. Visions From the Holy Cross Cemetery
04. Sinister Vibes
05. Hometown Strangler
06. Wonderland
07. Baby Fangs '77


Paulie Jan - 7 (PREMIERE)

TESLA-Front

Qui a suivi les aventures musicales du producteur parisien Paulie Jan depuis ses premiers faits d'armes sait qu'il n'est jamais là où l'on pourrait l'attendre. Après un premier disque, Humian EP, fin 2012 où il taquinait les synthés vintage pour les porter dans des dimensions où l'épique le dispute au grandiloquent, le voici qui bascule sur son tout récent Tesla EP dans les coins les plus sombres de son univers musical pour travailler cette techno organique et millimétrée, froide mais grouillante, sans que jamais cette évolution ne sonne comme une errance sans but.

En témoigne l'hypnotique 7, en ouverture de l'EP, qui se voit aujourd'hui habillé d'un clip singulier signé par le talentueux vidéaste parisien Kevin Elamrani. Déjà auteur de réalisations marquantes pour les comptes de Joke, Butter Bullets ou Hyacinthe, Elamrani investit ici un territoire beaucoup plus étrange qu'à son habitude. Qu'à cela ne tienne : le réalisateur relève le défi et 7 prend la forme d'un sur-place étrange dans cet espace inquiétant où ne survit qu'une chose informe, explorée sous toutes les coutures, au rythme des délires angoissants du producteur.

Une mise en image marquante, autant abstraite que dérangeante, à l'image d'un 7 qui prend des allures de cauchemar éveillé sans véritable début ni fin. Piégé, l'auditeur est en proie à des hallucinations basées sur presque rien mais qui n'en finissent plus de le hanter, dans cette petite pièce aux barreaux que l'on n'atteint vraiment jamais. Une vidéo qui complète avec brio l'angoisse latente d'un Tesla qui dévoile de nouveaux territoires toujours plus singuliers et toujours moins sereins pour Paulie Jan. Une preuve que le musicien s'affirme aujourd'hui, lentement mais surement, comme une figure marginale et singulière dans le paysage musical français.

Vidéo (PREMIERE)

https://www.youtube.com/embed/69Ud4G3M6B8


Unn / Meer - Furor

Si certains considèrent Bordeaux comme une belle endormie uniquement maltraitée par une turbulente scène garage dont JC Satan, bien épaulé par le collectif Iceberg (lire), se fait le porte étendard au quatre coin de l'Europe, un panorama musical à dans nos pages tordu le cou à cette usurpée réputation (lire ici et ). C'est donc a moitié surpris que l'on a pris dans la gueule cette belle compilation electro-expérimentale Simple Music Experience vol.1 lachée le 3 mars dernier avec Haydée et Panoptique déjà interviewé par nos soins au tracklisting. C'est tout aussi peu surpris qu'on laisse l’œil et l'oreille divaguer et se perdre devant le travail d'Unn et de Meer qui associent leur vision minimaliste et pointilliste, ainsi que leur art respectif pour donner naissance à Furor, un label se proposant de doubler la musique produite d'une dimension visuelle forte et fixée sur support. Au stade de l'intention plus que de la réalisation, celle qui était déjà responsable des mises en images du projet I’ll - avec notamment une mise en boîte d'Uniblind d'In Aeternam Vale (lire) - et celui que l'on connait mieux sous l'alias d'Ambre pour son ambient-techno - et dont deux EP sont sur le point de sortir consécutivement sur les labels Ekar Records et Cenotaph Records - , viennent de révéler une sorte de manifeste, justement intitulé Furor, jetant par ce biais les bases de trajectoires futures drone-noise, proches de Saåad (lire) ou d'Insiden (lire), dont on ne manquera pas de faire échos.

Vidéo

https://vimeo.com/120780976


Phase Fatale - Grain (Silent Servant Remix)

Phase FataleÉmanant du trio New-Yorkais Dream Affair, auteur d'un bel EP Joy Divisionesque From Now On sur Artificial Records en 2013 (lire), le ténébreux Hayden Payne est en train de se faire une belle réputation en solitaire dans ce que compte l'underground dark-techno sous le patronyme de Phase Fatale. Après un premier EP intitulé Skyscraper sorti en 2014 sur l'italien Avant Records, le néo-Berlinois dégoisera successivement deux maxis, l'un sur l'Allemand Aufnahme + Wiedergabe et l'autre sur le briton Jealous God, label fondé en 2013 par Karl O’Connor, Juan Mendez et James Ruskin. Le premier, Grain EP, dont la parution est imminente, est d'ailleurs serti d'un remix de Silent Servant, à découvrir ci-après via une vidéo signée the29nov films aussi captivante pour ceux qui aiment les nichons que ceux qui se repaissent à merci de sonorités industrielles matinées d'EBM. Celui qui ouvrira pour The Soft Moon le 3 juin prochain à la Maroquinerie (Event FB), ne semble donc pas prêt de s'arrêter en si bon chemin, symbolisant on ne peut mieux cette accointance de plus en plus palpable entre électronique minimale et synth-wave.

Vidéo

Tracklisting

Phase Fatale - Grain EP (Aufnahme + Wiedergabe, 2015)

A1. Rot
A2. Grain
B1. Grain (Silent Servant Remix)
B2. 73

Phase Fatale EP


Slow Steve - Prince de Combat

Slow Steve - spockRepéré l'année passée via un split 7" sur Späti Palace en compagnie de Mother Of The Unicorn, Slow Steve n'est autre que Rémi Letournelle pour l'état civil, soit la branche rapportée hexagonale du collectif Berlinois Fenster, auteur du magistral The Pink Caves paru en mars 2014 (lire). Et si ce dernier se fait l’apôtre d'un onirisme pop, élégant et poétique, Slow Steve se perd sciemment dans les affres du bidouillage électronique pour jeter les bases d'un premier EP, Steps, enregistré sous l'égide de Tadklimp de Fenster et dont la sortie est annoncée le 15 mai prochain via Morr Music, conçu tel un hommage aux antiques synthétiseurs analogiques. Un de plus certes, mais un qui compte puisque le bonhomme use d'un savoir-faire mélodique inébranlable pour trousser d'impeccables vignettes ironico-mélancoliques à mi-chemin entre la douce déglingue d'un Ariel Pink amoureux et la sensualité trouble et flottante instiguée par Lali Puna. La mise en images de Prince de Combat reflète ce parfait décalage entre spleen et dérision.

Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=MLZ20KcgxTM&feature=youtu.be

Tracklisting

Slow Steve - Steps EP (Morr Music, 15 mai 2015)

01. Minuit
02. Sun Moon
03. Prince de Combat
04. Vostok
05. Break my Soul
06. Aquabed


Heather Celeste - Quartz

Heather CelestePeu de temps après la sortie en décembre dernier du morceau long de vingt minutes Austere sur Evawyna (lire), le net-label parisien, division digitale et anagramme d’Anywave, réédite le précédent album d'Heather Celeste, Along The Axes initialement paru en septembre 2014. Entièrement remastérisé, celui-ci ne s'affranchit pas pour autant d'un DIY intégral indéfectible à la musique de la résidente de Los Angeles qui, par cette entremise, se déploie drapé d'un inquiétant voile vespéral, cousu de beats et de basses à la frontière d'une techno-noise sévèrement opiacée. Si le morceau-titre Along The Axes est ci-après en écoute, la mise en images cheap et auto-produite de la conclusive Quartz, mettant en scène Heather Celeste Hansen elle-même dans son studio-labo, est à découvrir ci-après.

Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=hLp3HD3MgTw

Audio

Tracklisting

Heather Celeste - Along The Axes (Evawyna, 19 février 2015)

01. Gemini Twins
02. Inside The Earth
03. Interiors
04. Muse V
05. Reincarnation
06. Shadows
07. Along The Axes
08. Diamonds
09. Gem
10. Hot Mirror
11. Renewal
12. Quartz


Paper Dollhouse - Helios

Paper Dollhouse, projet de la londonienne Astrud Steehouder désormais rejointe par l'artiste multi-media Nina Bosnic, partage plus qu'une simple esthétique ultra-minimaliste doublée d'une électronique lascive avec le duo DVA Damas, récent auteur de l'EP Wet Vision sur Downwards North America (lire). Joe Cocherell s'est en effet fendu l'année passée d'un split EP en compagnie de Montalk (= Paper Dollhouse?) sur l'énigmatique label Resilience intitulé Interpretations of Paper Dollhouse - scellant ainsi, par cette relecture aux résonances techno-industrielle, une amitié née dans les tréfonds d'un club au Nord de l'Angleterre. Et tandis que les seconds sortent de la pénombre avec un maxi long de quatre titre sur l'extension US de Downwards drivée par Juan Mendez, les premiers cités instiguent un second LP à paraître le 2 mars prochain sur Night School Records après l'inaugural A Box Painted Black sorti en 2012 sur Bird Records. Prenant le parti d'accentuer la linéarité synthétique de ses compositions et optant pour une langueur atmosphérique plutôt qu'une quelconque mélodie, les deux Anglaises signent avec Aeonflower une peinture à la fois intime et émotionnelle d'un univers parcourant erratiquement les sinueuses frontières du rêve. La kaléidoscopique mise en images d'Helios, réalisée par Patrick Stein et premier extrait de ce-dernier, est à découvrir ci-après.

Vidéo

Tracklisting

Paper Dollhouse - Aeonflower (Night School Records, 2 mars 2015)

01. Oracle
02. Stand
03. Helios
04. Psyche
05. Your Heart
06. Diane
07. Silence
08. In The Sun
09. Black Flowers
10. Siren


Maud Geffray - 1994 (PREMIERE)

Le 30 janvier dernier a eu lieu la release party à la Gaïté Lyrique de l'EP-film 1994 initié par Maud Geffray, moitié du duo Scratch Massive, et sortant physiquement demain, le 3 février, sur Pan European Recording. L'occasion pour la néo-parisienne d'inviter à ses côtés, Altern 8, Optimo et The Hacker, en plus de son fidèle camarade de jeu Sébastien Chenut, et de présenter le film, montage d'images tournées en super 8 par Christophe Turpin lors d'une rave ayant eu lieu en 1994 sur les côtes de Carnac en Bretagne et autour duquel le projet s'est cristallisé. Figurant sans discontinuer l'irrépressible hédonisme s'étant emparé sporadiquement de l'hexagone cet été là et né d'une techno alors balbutiante de côté-ci de la Manche, où comme le dit si bien Maud Geffray la temporalité était distendue au point de ne représenter plus qu'une série de petits matins sans fin, 1994 est avant tout un touchant témoignage synthétisant à la fois visuellement et musicalement une insouciance parenthèse estivale. S'écartant quelque peu de la noirceur émotionnelle qui fait l'âme de Scratch Massive, Maud Geffray a retravaillé cette collection d'images, où l'on devine sa fluette silhouette, composant parallèlement l'évanescent morceau qui l'englobe, prenante montée extatique à la coloration intemporelle. Le tout est à découvrir ci-après, en plus des réponses aux quelques questions qu'on lui à posé.

Vidéo (PREMIERE)

Maud Geffray l'interview

Alexia Cayre

1994 c'est désormais un EP-film pour toi. Mais c'est avant tout une année charnière dans ta vie. Tu peux nous en parler, nous décrire ce que tu as vécu, et faire le lien avec ce film ?

1994, une année charnière parce que je découvrais une nouvelle musique, et aussi tout un nouveau monde. J'etais une ado à Saint-Nazaire (petite ville de loire atlantique) et là bas, soit on écoutait de la musique qu'on aimait chez nos potes (de la new wave, de la pop de manchester, les Pixies , Morissey…), soit je sortais en boite pour rigoler mais la musique y était du genre abominable… de la grosse Dance immonde. C'est cette année là où j'ai découvert la techno et les raves parties, énorme flash : une musique puissante, universelle, euphorisante, mais aussi la rencontre de nouveaux gens, de milieux sociaux très différents, des endroits de fêtes totalement improvisés, une liberté nouvelle. L'été 1994 bercé au rythme de la techno, à courir les raves, une véritable chasse au trésor. Pour moi ça n'a duré qu'un été à ce rythme, mais ça a fixé ma passion pour cette musique.

S'agissant du film, d'où vient cette collection d'images ? Où ont-elles été tournées ?

Cela faisait quelques années que me revenait aux oreilles cette histoire d'images d'une rave party qui circulaient, des images en super 8, tournées l'été 1994. Il semblait aussi qu'on m'apercevait dans cette vidéo. Je ne savais pas très bien comment m'y prendre pour la voir, qui possédait vraiment ces images, et j'ai laissé faire le hasard. Et quelques années plus tard, un garçon qui était à cette fête m'a remis les fameuses images et m'a mis en contact avec celui qui les avait tourné à l'époque. L'auteur des images s'appelait Christophe Turpin. Christophe avait tourné ces images au matin de cette fête improvisée dans les dunes de Carnac, en Bretagne. Quand le soleil se levait, il a sorti sa camera super 8 et il nous a filmé au milieu des dunes et des blockhaus. Je n'ai aucun souvenir de Christophe et sa caméra se balladant dans la fête. Le temps était en apesanteur, flottant. Christophe a su saisir ces gros plans sur les visages, le dancefloor disséminé, les dunes à perte de vue, ces images sont magnifiques.

J'imagine qu'elles sont représentatives à tes yeux de ce qu'a pu vivre une certaine minorité disséminée en France et inspirée de ce qui se faisait outre-Manche. Dans quelles dispositions as-tu eu la volonté de sortir ce film ? Est-ce une sorte de témoignage, d'éclairage documentaire ? Ou une sorte de pulsion mélancolique ?

C'est une pulsion, pas une pulsion mélancolique, à vrai dire je trouve ça presque antinomique. C'est une pulsion, un désir de rendre hommage, de raconter. Un trésor déterré qu'il fallait faire revivre. Il n'y a pas de point de vue documentaire, je suis de toute façon trop impliquée pour avoir un quelconque recul. Mais en tout cas, ressusciter des sensations, les partager, trouver un langage et une musique qui laisse les images d'épanouir. Essayer de donner aux images un visage intemporel, ne pas chercher à dater, à y coller une musique "d'époque", c'est plutôt un geste poétique.

Depuis la création de Scratch Massive en 1999, tu n'as jamais signé de composition en solitaire. Est-ce un début, une amorce, ou juste une façon de marquer ton attachement personnel à ce film ?

En fait au départ je me demandais quoi faire avec ces images.. un clip, autre chose? Mais j'avais envie que ce soit plus impliquant. Quand j'ai trouvé ce que je voulais en faire, c'est allé hyper vite, je m'étais donné une mission, et Seb (moitié de scratch massive) n'étant pas en france, ça m'a incité à travailler autrement. Il a fallu un mois de travail presque non-stop, de multiples allées et retour entre images et son, entre le studio son des Sex Schon et l'ordi de montage où je travaillais avec Basile Belkhiri, un ami.

Le morceau en lui-même est une sorte de montée volubile, lancinante et obsédante. Qu'as-tu voulu transmettre par ce biais ? Est-ce un clin d’œil particulier à cette époque ?

Oui c'est ça, une montée de basses grinçantes, lente, inexorable qui se termine par une éclosion de mélodies. Un sentiment de tension, on s'interroge, qui sont ces gens, c'est mystérieux, et petit à petit on se rapproche et la musique "s'ouvre". Il ya une volonté d'accompagner les images en les laissant vivre au maximum. La musique, c'était quelque part le seul point de vue possible sur l'objet. D'où cette volonté de pas le dénaturer mais l'accompagner en essayant de l'amener vers cette intemporalité. Un pur moment de rêverie.

Les morceaux de Scratch Massive qui suivent ont-ils été conçus avec cette même nostalgie de l'été 1994 ?

Non il n'y pas de nostalgie vivace concernant cette année, après c'est forcement une année fondatrice pour un paquet d'émotions, de couleurs musicales, et donc pour l'univers de scratch massive, oui. Mais je n'y vois pas de nostalgie, ça englobe ces forts souvenirs musicaux, plutôt.

La Gaïté Lyrique vous a laissé carte blanche le 30 janvier dans le cadre d'une release de l'EP-film. Peux-tu nous esquisser ta vision de ce line-up réunissant Altern 8, Optimo et The Hacker ?

Altern 8 j'ai toujours été fan d'eux et ça fait quelques temps que je voulais les voir jouer a Paris. Au Pulp j'avais essayé de le faire venir dans une de nos soirées mais ça ne s'était pas fait. Là c'est l'occasion rêvée, et puis Mark Archer est un excellent dj. Optimo parce qu'ils ont une collection de disques géniale et que j'adore leurs sets qui ne se contentent jamais de jouer les 3 nouveautés de maxis. c'est riche. Et the Hacker parce que je sais qu'il a une collection de disques de détroit qui vaut le détour .

Un nouvel album de Scratch Massive est attendu cette année. Tu peux nous en dire un peu plus sur la direction empruntée ?

La direction est en train de se faire. Comme on passe pas mal de temps à Los Angeles depuis l'an dernier, je pense que ça va jouer dans la couleur des nouveaux titres. la bas on se rend au studio en voiture tous les jours, au studio on a une petite fenêtre avec la vue sur les montagnes, et il y a fait une chaleur à crever. On ne va pas se mettre à la sokka dance ou à une musique des tropiques, mais en tout cas il y a une notion d'espace qui se dégage dans les tracks qu'on a démarré.

Tracklisting

Maud Geffray / Scratch Massive – 1994 (Pan European, 3 février 2015)

01. 1994
02. In the Wild
03. Jade
04. Micropoint
05. n the Wild II