IXVLF - Course (PREMIERE)

Le label Berlinois Unknown Precept, drivé d'une main de maître par un Jules Peter qu'on ne présente plus (lire), lance dans son grand bain contaminé de BPM corrosifs et de voix concassées l'énigmatique producteur Connor Clasen qui écrit la toute première ligne à la discographie de son projet IXVLF. Aux antipodes d'être dégueulasse pour une introductive missive sur bandes magnétiques intitulée Language Of et disponible depuis le 26 février dernier, tout en cousant ses salmigondis rythmiques d'une même tambouille crasse que les Nick Klein ou Profligate - en moins bas du front - que l'on retrouve sur cette même structure aux fondations biens ancrées entre techno et noise, loin des dancefloors mondains, le jeune homme , né à Saint-Louis mais résidant à Chicago, s'inscrit dans la parfaite filiation des précédentes cassettes du label dénombrant jusqu'à présent Maoupa Mazzocchetti (lire), S. English et Eindkrak (lire). Dire que l'on est addict est une bien faible litote, la vidéo de Course réalisée par Gaëtan Bizien écarquillant avec un certain plaisir délétère nos rétines. IXVLF sortira son premier EP vinyle sur Unknown Precept plus tard cette année.

Vidéo (PREMIERE)

Tracklisting

IXVLF - Language Of (Unknown Precept, 26 février 2016)

A1. Course
A2. Golden Horde
A3. Stregheria
B1. Dicot
B2. Corata
B3. Walls


Terdjman - Ov Control

Patronyme avant d’être un pseudo scénique, Terdjman enracine son étymologie dans le mot arabe « tourdjoumân », un interprète ottoman. C’est la musique une fois encore vue comme vecteur universel, elle-même médium de l’interprète chanteur, mais se suffisant aussi — comme s’y entend Nicolas Armand quand il traduit par un jeu de modulations rauques et stridentes une angoisse métaphysique sur fond d’iconographie religieuse — d’une exploration sonore pour transmettre directement de l’objet au tympan, sans autre intermédiaire que les ondes parcourant l’espace, un message de l’affect. Au langage devenu superflu et contournant ainsi notre malédiction babélienne, Terdjman substitue le signifiant-son, la linguistique phonique et ses syllabes douées d’émotion brute à défaut de parole.

Dans Ov Control, son dernier LP à paraître demain sur Tripalium et en écoute intégrale et exclusive ci-dessous, le drogman parisien arrondit son vocabulaire d’une approche techno qu’on lui a déjà connue sur Alphonse Louis, et dont il infléchit le discours industriel d’incursions bruitistes (Skullfuck Ritual) et de sombres plages ambient (Séance Disciplinaire). C’est une oraison noire à la syntaxe ritualisée faisant le lien entre une liturgie cabalistique et ses formes les plus expressives, quelque part entre le kick pesant de Stella Matutina et la rondeur organique de l’éponyme et conclusif Ov Control. À l’oreille l’impression est double, sensation d’un côté, séquelle physique de l’autre, marquant l’écoute comme on marque le cuir d’une bible hermétique, de ce genre d’artefacts fétiches du black metal dont s’inspire Terdjman pour s’extraire des cloisonnements stylistiques de la techno contemporaine. On échappe au pire, le black metal c’est aussi ça.

La release party d'Ov Control se tiendra vendredi 1er avril au Supersonic en compagnie de Paulie Jan, Ramcé, Gakona et Paris Acid Boys - event FB.

Vidéo

Terdjman - Skullfuck Ritual

Full stream

Terdjman - Ov Control (Tripalium, 31 mars 2016)


Murray CY - 80s Cassette Edits

Alerte. Le dénommé Murray CY s'efforce, à raison, depuis 2014 de combiner via une série de compilations à la fois cette techno crade et bruitiste qui jase d'à peu près partout dans certains microcosmes, et cette nébuleuse expérimentale propre aux années 80, née du post-punk et de la musique industrielle. Via son label Contort Yourself, que l'on situerait à brûle-pourpoint à mi-chemin entre Clan Destine Records (lire) et Unknown Precept (lire), Le Glaswegien a ainsi tracklisté sur quatre EP vinyles des jeunes producteurs tels que Parrish Smith, Perseus Traxx, DJ Slugbug, Beau Wanzer, Prostitutes ou encore Volition Immanent - associant le précité Smith à Mark van de Maat - à certaines légendes et vétérans de l'underground EBM et synth-wave comme Zombies Under Stress, Esplendor Geométrico, Die Form ou Pankow - remixé notamment par Helena Hauff. Un art de l'équilibre donc, de la recherche et de la mise en cohérence historique de sonorités insufflant l'électronique dans la noirceur, mais aussi plus qu'une simple démarche de label, puisque piochant dans l'univers des diggers invétérés. Ce qui naturellement l'a poussé encore plus loin dans le cheminement emprunté, notamment par le dépoussiérage d'incroyables morceaux et groupes, pour la plupart oubliés et sortis à l'époque sur cassette, que notre homme a décidé de mettre à disposition en libre téléchargement via sa page Soundcloud. Une véritable mine appelée à connaître par la suite d'autres ajouts.

Audio

Tracklisting

Murray CY - 80s Cassette Edits (Contort Yourself, 11 mars 2016)

01. Portion Control - Collapsed (1983) (Murray CY Edit)
02. Tara Cross - Long Distance (1985) (Murray CY Edit)
03. Pornosect - Disinformation(1984) (Murray CY Edit)
04. JAR - Tag X (2nd Version) (1984) (Murray CY Edit)
05. Doxa Sinistra - Entomorbide (1982) (Murray CY Edit)
06. Influenza Prods - Muira Puamas (1986) (Murray CY Edit)
07. Brokenpaws & Weep O Mine Eyes - Vampires in the Trees (1988) (Murray CY Edit)


The Savage Young Taterbug - The Paperstud

Shawn Reed, l'instigateur du label Night People 100% DIY 100% weirdo pour lequel on a une inaltérable estime (lire), prévient d'emblée sur la note de présentation cette première sortie vinyle de The Savage Young Taterbug : "pour ceux qui le suivent depuis ses débuts, l'attente a valu le coup". Qu'en est-il ? Charles Free, l'homme derrière Taterbug, a préalablement réalisé quatre sorties cassettes sur cette même structure dont l'inaugural River Mortis en 2009 distillant une noise-folk aux lointains accents soul. Capable en une poignée de morceaux de faire passer n'importe quel compositeur pour un incurable excité, le Californien à la voix délicieusement nasillarde délaisse quelque peu sur ce magnifique et récent effort Shadow of Marlboro Man, paru le 8 mars dernier dans un très soigné écrin vinylique, ses tâtonnements lo-fi pour offrir quelques scintillantes balades pop surfant sur les mêmes rivages d'un Jeans Wilder codéiné (lire). La vidéo signée John Pope de The Paperstud est une preuve tangible de sa formidable intemporalité.

Vidéo

Tracklisting

The Savage Young Taterbug - Shadow of Marlboro Man (Night People, 8 mars 2016)

01. The Paperstud
02. Taxi Fantasma
03. Victor the Vapor Rubber
04. Scotts Gravy
05. Well Done Honey and the Speaker Tan


Ambre / Feudo - LiT001

Le label Lyonnais Less is Techno, dont la première pierre discographique est constituée par le split réunissant les producteurs Ambre et Feudo sur un même EP disponible en vinyle depuis le 26 février dernier, se conçoit telle une plateforme communautaire : une communauté d'artistes qui se regroupent et qui créent ensemble, un incubateur d'émulations et d'expérimentations donc, mais aussi une communauté d'écoute par la diffusion et l'organisation de multiples soirées. C'est ainsi que des neufs artistes gravitant en soin sein - dont Marcel Heese, Iori, Ambre, Hydrangea, Modvs, Milena, Feudo, Ontal et Coefficient - , le Bordelais et le Stéphanois cités plus haut ont accouché non sans élégance d'une première référence coulant ses intentions prospectives et introspectives dans une ambient techno aux soubassements rythmiques magnétiques. Creusant un sillon drone-noise qu'on lui connait bien (lire), Ambre s'avère ici le parfait contre-point d'un Feudo démontrant, par sa science des entre-chocs, qu'il n'est pas si malaisée que de foutre le feu à une banquise.

Audio

Tracklisting

Ambre / Feudo - LiT001 (Less is Techno, 24 février 2016)

01. Ambre - Aw003
02. Ambre - It's Around Us
03. Feudo - Agitation Particulaire
04. Feudo - Système Interferent

LIT2


H ø R D - Lines

Dans Focus On Light, debut album de H ø R D distribué par Giallo Disco Records, le Bordelais traduit la même amertume mélancolique que ses aïeux darkwave à l’imagerie gothique, de KaS Product à Trisomie 21, qu’il refroidit d’une synthwave industrielle, glaçante et sombre comme le jais des plumes qui recouvrent la pochette de ce premier effort. Happé par ses propres ténèbres, Sébastien Carl donne effectivement le sentiment de courir après la lumière, de s’égarer dans l’éternité d’une perspective diaphane dont les lignes se croisent aux environs de l’infini, peut-être même à l’horizon de l’existence, comme le sous-tend le clip du bien-nommé Lines à apprécier en avant-première ci-dessous.

Sur fond de fauconnerie tournée à l’action cam, la vidéo, dont l’unique ressort est une déroute agonisante à la conclusion implicite, est une allégorie à suspens sur la vanité de la fuite et les dérobades pour repousser l’inéluctable. La prédation comme thème, la clarté comme finalité, et l’omniprésente morbidité de notre condition vue à travers les yeux et les instruments de H ø R D résonnent comme une mise en garde. Car si au bout de la ligne on perçoit la lumière, elle est surtout salvatrice pour celui qui en connaît les dangers, sinon elle n’est que l’épilogue funeste d’une illusion du salut. On pourrait appeler ça le syndrome du moustique.

Vidéo

H ø R D - Lines

Audio

H ø R D - Focus On Light (Giallo Disco Records, 15 février 2016)


Tsantza - Surin I (PREMIERE)

Le duo Parisien réducteur de têtes Tsantza donnera une suite le 7 mars prochain à son premier maxi cassette, paru en octobre 2014 sur Svn Sns Rcrds (lire), via un second volume s'inscrivant dans une même lignée, à la fois tonale et graphique. Doublement animé d'une volonté d'économie de moyens dans le matériel utilisé et d'une démarche méthodique dans la restitution de leurs enregistrements live aux entournures improvisées, les deux échappés de Night Riders poursuivent leurs desseins analogiques avec des armes aussi tranchantes rythmiquement que celles préalablement usitées, taillant intentionnellement dans la lourdeur des entre-chocs électroniques. Imprimant rotativement une cohorte de motifs sonores savamment triturés en contre-fort d'un balancement matriciel tutoyant les tambours de l'occultisme, Tsantza affute avec superbe son Silex et pose à grands fracas ses Surin sur la table, dont le premier qui se voit affublé d'une vidéo auto-produite, à découvrir ci-après, presque aussi indiciblement dérageante que n'est hypnotisant son substrat hardware.

Video (PREMIERE)

Tracklisting

TSANTZA - II - Tape EP (Svn Sns Rcrds, 07 mars 2016)

1. Silex
2. Surin I
3. Surin II


Monocorpse - Robert & Caroline

Après une première saillie en août dernier avec le 12" Ceremonie Caille sur Gooiland Elektro (lire), le Hollandais Monocorpse revient aux affaires sur cette excroissance d'Enfant Terrible, la structure de Martijn van Gessel (lire), en dégoisant avec le morceau Robert & Caroline une implacable vrille percussive dans un épais brouillard de synthétiseurs analogiques. Extrait de la compilation Noblesse Oblige, à voir le jour d'ici la fin du mois de mars et qui dénombre en outre les participations toutes aussi convaincantes de l'américain Profligate (lire) ou d'un autre batave Maurice Hermes et son projet Neugeborene Nachtmusik (lire), ce déplumage en règle s'écoute ci-après, aguichant de sa patte voodoo techno tout adorateur de vêpres sacrificielles.

Audio

Tracklisting

V.A. - Noblesse Oblige (Gooiland Elektro, 25 mars 2016)

A1. LCN - Appartenance
A2. Monocorpse - Robert & Caroline
A3. Profligate - Come Back (Bleeding House)
B1. Osty - Untitled One
B2. Neugeborene Nachtmusik - Yoshiwara
B3. Future Blondes - Shadow Mirror


Infinite Fields - Signal (PREMIERE)

Second maxi pour Infinite Fields, seconde sortie pour Quanta Records, label parisien par ailleurs grand pourvoyeur de podcasts. Après l'inaugural Fraction Of Time sorti l'année passée, aux linéarités club mais aventureuses, Aloïs Vandecandelaere et Michaël Laidet resserviront le 26 février prochain avec Volna une nouvelle saucée d'électronique onirique au carénage rythmique autrement plus intense. Se matérialisant dans l'espace sonore telles d'hédonistes odyssées à la production minutieuse que l'on retrouve du côté de la Border Community ou de l'Allemand Beach Coma, les chrysalides synthétiques du duo imprègnent l'écoute d'une sensation de voyage introspectif et immersif, précisément celle portée à l'image par Grama et Lucas Doppelt pour le single Signal à découvrir ci-après. Du fait d'une réalisation sensible et ludique, l'œil se love au cul d'une 308, objet de toutes les virtualités, si bien que l'ensemble fait admirablement corps pour soutirer une attention amplement méritée.

Vidéo (PREMIERE)

Audio

Tracklisting

Infinite Fields - Volna (Quanta Records, 26 février 2016)

A1. Olga
A2. Drawner
B1. Signal
B2. Olga (Apologue Remix)

InfiniteFields


Billy Bao - C (PREMIERE)

"Je me suis fait baiser et je me ferai baiser à nouveau. (...) Je ne peux pas enregistrer ce processus, mais je peux exprimer ma désolation." Cette phrase du Nigérian installé au Pays-Basque Billy Bao à propos de ses expérimentations noise-punk en dit long, en termes de portée, en termes de liberté aussi : c'est violemment déstructuré, résolument engagé. Ayant quitté Lagos pour s'installer à Bilbao, Billy Bao n'a pas trainé pour enregistrer des disques en solitaire, étrillant de distorsion l'hypocrisie contemporaine, puis s'acoquiner avec trois autres musiciens basques, biens installés dans la filiation punk locale, pour former un groupe empruntant son nom au sien, Billy Bao. Ensemble ils perforent une harsh-noise patibulaire et menaçante de baisses de pression free-jazz et autres divagations électroniques sur lesquelles fulmine l'afro-baroudeur qui ne va pas par quatre chemins pour dire ce qu'il pense : "Je ne suis pas focalisé sur la note juste. Les mecs - Mattin, Alberto L. Martin et Xabier Erkizia - se chargent de cet aspect. Je suis intéressé par les idées et il plus difficile d'en avoir que de savoir jouer d'un instrument." Après quatre albums, dont les deux plus récents Urban Disease et Buildings From Bilbao respectivement sorti en 2010 sur PAN et en 2012 sur l'excellent label espagnol Burka For Everybody, le fantasque quatuor sortira un double LP, Lagos Sessions, constitué de quatre longues et imposantes vêpres bruitistes, génialement décousues, constituant chacune une face. Enregistré live avec une palanquée d'invités - dont Ambido, Diana Bada, Duro Ikujenyo, Mark Ido, Oduyomi Isaiah Oluseye, Joel Isioma Okoh, Orlando Julius, Mendo, Emeka Ogboh - et doublement édité sur support physique via le Castillan Munster Records et le Night School Records du ce cher Michael Kasparis (lire), on écoute ci-après la face C, certainement la plus calme mais aussi la plus habitée, présentant une géographie sonore insaisissable.

Audio (PREMIERE)

Tracklisting

Billy Bao ‎– Lagos Sessions (Munster Records / Night School Records, 4 mars 2016)

01. Side A
02. Side B
03. Side C
04. Side D


Slushy Guts - Thoughts Hurts (PREMIERE)

L'ex-Digan Porch Steve Keane brocante depuis 2009 sous l'alias Slushy Guts une pop bricolo, bordélique, pas forcément ludique, souvent mélancolique, cousant ses ritournelles déstructurées dans les mailles d'influences aussi diverses que le punk raturé des Dead Kennedys ou la verve lo-fi des Guided By Voices de Robert Pollard. Déjà auteur de quelques LP, dont le nonchalant Swish Swoosh paru en novembre 2014 faisant macérer une anti-folk désabusée à l'aune des rudiments de son matériel d'enregistrement, le Londonien sortira via Edils Recordings le 8 avril prochain le plus expérimental long format Honey is not for the mouth of an ass, ravivant le temps de quelques fulgurances, l'indépassable Slanted & Enchanted de Pavement. Défloré par le single Thoughts Hurts à écouter ci-après, hymne branlant de coolitude, l'album s'intime telle une suave caresse noctambule, à la fois juvénile et débraillée, troublante de sincérité.

Audio (PREMIERE)

Vidéo

Tracklisting

Slushy Guts - Honey is not for the mouth of an ass (Edils Recordings, 8 avril 2016)

01. Barely Standing
02. Thoughts Hurt
03. Popular Affliction
04. --------------------
05. Blue Born
06. Flags Waving In The Airless Vacuume Of Space
07. Preposthumous
08. Refracted
09. Partly, Never Really
10. Tales of the Unexpected
11. ------------------
12. Tomorrow Will Be Wasted


Teto 2 - Here's To The Day (PREMIERE)

Le jeune label Brestois Scandinavian Crush, dont la première sortie signée Orange Red (lire) nous avait tout autant émoustillé que son objectif affiché de cultiver amoureusement le fantasme pop scandinave, sortira le 22 février prochain sur supports physique et digital l'énigmatique projet de Johan Norberg, originaire de Stockholm, dénommé Teto 2. Sorte de confrontation amniotique entre ambient et shoegaze, chill-wave et dream-pop, les instrumentations du Suédois s'intiment telles d’insouciantes réminiscences texturées des introspectives divagations chères au mancunien Vini Reilly et The Durutti Column, plongeant sa délicate prosodie mélodieuse entre structure rythmique répétitive et guitares à la verve chancelante. On se laisse porter sans effort, profitant même de la mise en image de ce second extrait à découvrir ci-après, Here's To The Day, pour prendre littéralement vacances de notre quotidien.

Vidéo (PREMIERE)

Tracklisting

Teto 2 - Alta (Scandinavian Crush, 22 février 2016)

01. Atla
02. Outside
03. Here's To The Day
04. Moon
05. Happy All The Time
06. Million Miles
07. Sleep
08. Pale Blue Dot
09. Million Miles (RxGibbs Remix)


Combomatix - Never Cut The Wire (PREMIERE)

Le duo Rennais au blase 100% improbable Combomatix, sorte de patchwork entre tisane Rock & Folk "combo" et stridence Bordelaise "Magnetix", sortira le 19 févier prochain via Howlin Banana Records et Retard Records un deuxième long format intitulé Chinese Songs For Bad Boys et comptant autant de coups de gourdin garage-punk qu'il ne contient de morceaux au tracklisting. Nulle bavasse expérimentale, ni détour fastidieux sur des terres méconnues, la réunion de Charles Samson alias Jambon et Yann Le Corre aka Warren s'intime à nouveau depuis 2008 sur les sentiers écorchées d'un tapage binaire perclus de guitare maltraitées avec de trépidantes éructations en toile de fonds. Pratiquant le minimalisme comme d'autres le revivalisme, avec ce savoir-faire qui gomme d'une traite une quelconque posture, les deux lascars savent aussi adoucir d'immixtions de claviers leurs addictives grivoiseries, comme sur Never Cut The Wire, second single extrait de leurs récentes prouesses.

Audio (PREMIERE)

Tracklisting

Combomatix - Chinese Songs For Bad Boys (Howling Banana Records / Retard Records, 19 février 2016)

01. Intro
02. Wet Bones
03. Chinese Thought
04. Another Shakin
05. I’m On It
06. Never Cut The Wire
07. Take A Ride
08. Guinea Pig
09. I Got Pills
10. I’ll Make You Mad


Bourgeois Earth - Where Is The Sun? (PREMIERE)

En plein contexte météorologique scélérat, Bourgeois Earth vient de Sydney tiédir nos oreilles engourdies d’une pop flâneuse comme un dimanche de mai avec Where Is The Sun?, premier extrait de son album Tomato, Tomatö à paraître prochainement chez Dinosaur City. L’esthétique résonne à l’anglaise (pizzicato/clavecin) mais contourne les pièges du genre par une approche DIY bricolée façon one man band, et les arrangements un peu trop classieux des cordes sont équilibrés par un fond cheap d’accords et rythmique minimalistes au synthé de brocante.

La pop de Nicholas Griffith flirte avec le lo-fi en évitant tout à la fois un parti pris crade et une prise au sérieux discréditante, et c’est traduit par une vidéo du même acabit, bidouillée de ses propres mains à partir de rushes capturés chez lui à Sydney ou chez ses parents. Faussement arty et agréablement potache, elle met en scène Griffith lui-même dans la peau d’un crooner de karaoké se caricaturant devant les haies et clôtures qui serviront de fond vert à son montage, dans lequel il n’hésite pas à balancer du flare sur des poubelles et à déboulonner tous les clichés bucoliques des clips de ces trente dernières années. Réjouissant. À ne pas louper, le solo de mélodica.

Vidéo (PREMIERE)


Lantern - Happy (PREMIERE)

Après quelques circonvolutions très garage lo-fi et plusieurs cassettes sur Bathetic ou Night People en 2012 (lire), le groupe originaire de Philadelphie Lantern sortait en 2013 son premier LP via Sophomore Lounge et Cardinal Fuzz, Rock 'N' Roll Rorschach, à l’immédiateté blues-rock incandescente. Presque trois ans après, le duo formé par la tige Emily Robb et le moustachu Zachary Fairbrother et accompagné par Christian Simmons à la batterie revient avec un second long format aux atours pop méticuleusement épurés : la grivoiserie d'alors, tapinant sans détour dans la gouaille punk, s'estompe magistralement sur Black Highways And Green Garden Roads, à paraître simultanément par l’intermédiaire de Sophomore Lounge et Fixture Records le 19 février prochain, laissant place à une orfèvrerie surannée et intimiste faisant minauder quelques fantômes des années soixante dans les aspérités de ses arrangements. L'atmosphère est ouatée, presque mélancolique, l'harmonie s'éprenant, selon leurs propres mots, d'une volonté de conciliation entre le merveilleux, le sérieux et l'absurde. Si bien que l'on ne sait sur quel pied danser : se foutent-ils de notre gueule raturant plus tard cet effort d'une saillie salopée de saturation ? Ou persévéreront-ils par la suite dans cette veine rassérénée ? Quoiqu'il en soit, avec l'extrait Happy à découvrir ci-après, les trois Lantern ont grimé leur fausse candeur acoustique, troublée de délicates illuminations d'orgue, dans une onirique vidéo réalisée par Carrie Yotter où la passion des instruments briqués et lustrés transcende jusqu'au plus profond des rêves. Du propre.

Vidéo (PREMIERE)

Trackluisting

Lantern - Black Highways And Green Garden Roads (Fixture Records, 19 févier 2016)

01. He Is A Pinball
02. Another Turn
03. Black And Green
04. Wait, Wait
05. We Are Here
06. Happy
07. Don't Worry Baby (It Won't Be Long)
08. Cry To Me
09. Dervish
10. Gravel
11. Green Garden Road
12. We Are Here Again
13. BLK HWYS
14. On My Side

Pour commander le LP, c'est par ici, la cassette c'est par .