Liars l'interview

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C'était le 13 janvier dernier dans un petit hôtel près de Pigalle. Les trois gaillards de Liars se prêtaient à l'exercice périlleux de la promo pour leur nouvel album Sisterworld (sortie programmée le 8 mars prochain) enchaînant interview sur interview, et c'est à la fin d'une journée bien chargée que nous les avons rencontrés. Fans de la première heure, nous nous sommes rués sur l'occasion de récolter la bonne parole d'Angus Andrew, le leader charismatique du groupe et de ses deux acolytes Aaron Hemphill et Julian Gross, dans l'aventure toujours plus surprenante de Liars. Impressionnant et même parfois effrayant sur scène, Angus nous a surpris par sa gentillesse et l'attachement qu'il a porté à répondre à toutes nos questions. Si Sisterworld est une telle réussite, c'est aussi grâce à la douceur et à l'empathie que le groupe a su développer pour capter au mieux la détresse du monde qu'il a décidé de dépeindre en musique.

Vv.

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Jordan l'interview

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Jordan c'est Adrien, Batiste et Thibault. Jordan est donc un trio, où chacun chante et chacun transpire à grosses goutes, mais sans basse (guitare/claviers/batterie). Et ce n'est pas là leur seule originalité puisque ces parisiens d'adoption sont aussi attachés à la France que les Burger King. Jusqu'à présent, le groupe sillonne l'Hexagone un petit tour et puis s'en va... de l'autre côté de l'Atlantique. "Oh no we are domino !" a été enregistré, mixé et produit par Jay Pellici des 31 knots à San Francisco quand le second album, sur le point d'être finalisé, a été couché sur bandes à New York par Mike Law des New Idea Society. De quoi cerner l'appétence particulière de ces jeunes gens, à l'humour dévastateur, pour la lointaine Amérique et son mille-feuilles culturel. Jordan c'est aussi et surtout une histoire d'amitié et de démerde, féru d'un esprit do it youself - pour la production et distribution de leurs albums, comme pour la préparation de leur tournée européenne et américaine - que le groupe revendique et qui leur fait partager la scène depuis trois ans avec des troublions aussi talentueux que - outre ceux précités - Les Savy Fav, Robocop Kraus, Parts and Labor, Shipping News ou encore Ted Leo an the Pharmacists. De quoi forcer le respect et l'intérêt d'autant que l'électricité brute dégagée sur scène est impeccablement retranscrite sur disque.

Vous revenez d'une seconde tournée au Etats Unis, vous enregistrez vos albums outre atlantique, expliquez moi cet attrait pour l'Amérique ?

Adrien : L'idée importante pour moi c'est plutôt de s'isoler de chez nous. Être juste tous les trois face à nos morceaux. Après aux USA, il y a aussi l'attrait du studio et de producteurs de renom qui comprennent tout de suite là où on veut aller et qui en même temps sont contents de travailler avec des petits français. C'est donc une expérience totale. Et puis du coup bosser en anglais, c'est pareil, ça nous fait entrer dans un autre état d'esprit, ça nous tire vers le haut.

Batiste : Peut-être qu'on a trop été bercé par la télévision et le cinéma, en tout cas c'est toujours très impressionnant d'être là-bas, alors y faire des concerts, c'est fou.

Thibaut : Je vais te répondre exactement ce que j'ai dit au douanier Américain qui m'a posé la même question : "because you are the best !". Sans rire, quand tu vas bosser avec des gens là-bas, ils ont déjà tous une grosse expérience dans le son que tu veux et ce depuis plusieurs générations ; tu n'as que du matériel vintage, des producteurs rodés qui ont bossés sur des groupes que tu écoutes... et tout ça pour le même prix qu'en France vu la conversion du dollar ! dur de faire mieux que le King hé ! Un facteur très important dans le processus d'enregistrement reste aussi l'immersion totale, USA ou autres : il était très important pour nous d'inscrire nos albums dans un voyage, loin de la maison et seulement face à nous mêmes. Partir enregistrer tous les matins en métro, ça n'aurait pas été la même chose.

Des lieux, des endroits, des personnes... votre souvenir le plus marquant ?

Adrien : Ce que je trouve le plus fou en tournant aux USA ce sont les house shows qu'on a fait là bas. On en a enchaîné deux pendant la dernière tournée, un dimanche soir dans l'Oklahoma et un lundi soir en Arkansas et à chaque fois c'est complètement fou, c'est vraiment une expérience spéciale et ça sied vraiment au côté fête de la musique qu'on fait. C'est quelque chose qui est plus rare en France et en Europe. Sinon jouer en Floride sous un climat tellement tropical que la sono finit par céder, c'est assez dépaysant aussi !

Batiste :Il y a des concerts qui rassemblent tout ce qu'on peut attendre : une soirée bien organisée, des gens adorables, une ville nouvelle et magnifique, des bons groupes, des bonnes conditions, un public curieux, et des détails en plus : par exemple la route en Norvège à travers les fjords, le désert en Arizona, le public hyper content en Allemagne, les repas, et surtout les gens après les concerts, ça peut faire des sortes de soirées parfaites. Dans ces cas-là les concerts deviennent des moments très forts.

Thibaut : Pour ma part je dirais le premier concert à Boston ou il a fallut reprendre tous les réflexes d'une tournée américaine: pas de balance, matériel aléatoire, trouver à manger, ne pas sortir dans la rue avec son verre, montrer son passeport au barman, etc... C'est aussi le jour ou on a rencontré les Ho-Ag avec qui on a fait le concert de retour à Paris 6 semaines plus tard, on a dormi chez eux et ils ont dormi chez nous... la boucle est bouclée.

Vous venez de terminer votre second album, une nouvelle orientation ? ou une une suite logique du précédent ?

Adrien : C'est un peu des deux. On a pris le temps de plus travailler les chansons pour arriver à un résultat moins brut et moins garage on va dire. Les structures sont plus complexes, nos parties à tous plus travaillées. On voulait garder l'énergie lo-fi et délurée en passant une étape sur le côté technique. On est vraiment content car si le studio a été très éprouvant, j'ai l'impression qu'on s'est tous dépassé !

Batiste : Mike Law, le producteur du nouveau disque, nous a entraîné vers plus de rigueur, plus de perfectionnisme, on a beaucoup bossé, en peu de temps. C'était nouveau pour nous, mais ça a bien renouvelé notre façon d'enregistrer, pour changer les habitudes.

Thibaut : Pour la première fois on a utilisé l'informatique dans l'enregistrement, ça fait déjà une grosse différence. Le premier album et l'EP ont été enregistrés sur bande donc une grosse partie en live, ça n'a pas été le cas pour celui ci. Il y a aussi beaucoup plus de secondes guitares que nous avons insérées en live grâce a des effets de bouclage depuis un certain temps déjà. Je pense que ces deux éléments rendent cet album un plus riche même s'il reste logique.

Le concert fêtant votre retour à Paris, début décembre à l'International, semble avoir convaincu pas mal de monde. Contents de reprendre la route en France ? Une idée de ce qui va suivre ?

Adrien : C'était super comme concert oui, surtout à Paris où on a parfois l'impression que tout est un peu guindé. Là c'était assez fou et on était super heureux d'y rejouer. On préfère définitivement les petits endroits avec les gens tout près et contents d'être là. Un grand merci au passage à Laure qui a organisé le concert et aux incroyables Ho Ag et Titus d'enfer ! On fait une mini-tournée de dix dates en Europe en Février et ensuite le disque va sortir en mai/juin et suivra une grosse tournée en Europe et en Amérique du Nord et pourquoi pas de nouveaux territoires.

Batiste : L'International est un super lieu, c'était une très bonne soirée. J'adore Ho-Ag. Ravi de tourner à nouveau pour rencontrer des gens, en France ou ailleurs.

Des projets parallèles à déclarer ?

Adrien : Moi je joue dans un duo tout nouveau qui s'appelle Trésors et j'ai un projet solo encore secret !

Batiste : Je chante avec une guitare, mais c'est pas encore prêt...

Thibaut : Pour ma part j'ai plusieurs projets secrets qui sont des Trésors et ou je chante avec ma guitare, chut chut !

 


Lilly Wood And The Prick l'interview

lillywoodSouvenez-vous, c’était fin 2008, un duo parisien remixait L.E.S Artistes de Santigold. Cette reprise acoustique s’offrit un beau succès sur la Toile et annonçait déjà une belle suite.  Lilly Wood and The Prick ont depuis sorti un EP chez Cinq 7, nous promettent un album pour le printemps et enchaînent en attendant les concerts. Leur single Down The Drain fait le reste. Avant que tout ne soit plus jamais comme avant et que leur electro-folk jouissive ne fasse parler trop d'elle, nous avons rencontré Nili et Ben au Point Ephémère.

L'interview


Sammy Decoster l'interview

sammy_decosterSo, sammy!

Quel est le lien entre Giant Sand, Jesus Lizard, Calexico ou Lemonheads ? Peut-être Sammy Decoster. Si son album est un peu passé inaperçu cette année, son mélange de rock, de blues et de country torturé ne laisse pas indifférent. Avec Sammy Decoster, c'est une invitation au voyage dans les plaines nord américaine. Un parfum de stetson et de pick up, une voix à la Jeff Buckley et une ressemblance avec Vincent Gallo non dissimulée .

Rencontre sur ses terres lilloises un soir de concert improvisé. De Tucumcari son dernier album à sa tournée barbecue, le chanteur se livre de manière très personnel à Hartzine. Interview en noir et blanc pour artiste entre ombre et lumière.

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Bonus


Chairlift L'interview

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De passage en France pour assurer la première partie de la tournée de Phoenix, Aaron Pfenning, Caroline Polachek et Patrick Wimberly, les trois membres de Chairlift, nous ont, à la sortie de leur prestation au Zenith de Paris le 19 octobre dernier, accordé quelques minutes pour répondre aux différentes questions qui, depuis la sortie l'an passé de leur séminal premier album Does you Inspire you, nous brûlaient les lèvres.

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Chris Garneau l'interview

Ceux qui réduiront la musique de Chris Garneau à un simple ersatz  de chanteur à la complainte facile par le seul fait que le new-yorkais manie le chialage de piano  à merveille, ceux-là donc n'auront définitivement pas saisi les acceptions véritables de l'élégance et du dépouillement.

De passage à paris pour la promotion du successeur de Music For Tourists, Chris, homme attachant et bavard, nous a offert quelques minutes de son temps pour revenir sur la genèse d'El Radio, ses différentes influences et ses dernières expériences scéniques.

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Krikor l'interview

krikor

Même si cela fait plus de 10 ans que le parisien officie dans le milieu electro entre collaboration avec divers grands labels (Kill the Dj, d.i.r.t.y),participation à des compilations qui ont fait date, production sur sa propre structure, un maxi, deux maxi,trois maxi...l'investissement au sein de diverses collaborations artistiques (France Copland, Plein Soleil),  c'est véritablement avec son premier album Land Of Truth que l'énigmatique Krikor nous étonne et se dévoile enfin au sein d'une œuvre hybride qui se refuse à choisir entre toutes ses facettes d'expérimentateur hors pair.

Pourquoi sortir un premier album si tardivement alors que ton activisme dans le milieu electro ne date pas d’hier ?

Simplement parce que je n'étais pas prêt, ou du moins, pas prêt a faire un album comme je l'entendais...

Quel regard portes-tu aujourd’hui sur le Krikor des débuts ?

Aucun, il est le même, juste techniquement plus avancé avec plus de poils sur le torse et un peu moins de cheveux.

Bon nombre d’entre-nous en écoutant Land of Thruth n’avons pas trouvé de qualificatifs véritablement appropriés pour décrire ta musique tant celle-ci nous apparaît protéiforme. Comment toi, du côté du créateur, la considères-tu ?

Je ne sais pas, j'aime pas mettre des étiquettes, et j'ai du mal à avoir du recul la dessus. Je le vois juste comme un album de chansons un peu mélancoliques et pas mal pour conduire la nuit...

Quelles sont tes principales influences musicales et lesquelles a-tu mobilisées lors de la création cet album ?

je n'ai pas pensé à cela lorsque j'ai fait cet album, j'ai juste laissé les choses aller, le résultat laisse apparaître mes influences d'adolescent qui sont assez diverses...

Certains morceaux de l’album comme Everything Fades ou Wanton boy nous apparaissent dans leur conception respectives très cinématographiques. L’image quelque soit d’ailleurs sa forme, intervient-elle à un moment donné dans ton processus de création, entretiens-tu un rapport particulier avec cette dernière et éventuellement envisagerais-tu un jour de composer pour le cinéma?

Si on me le demande, oui! C'est une chose qui m'intéresse, mais faut-il encore rencontrer une personne avec laquelle il peux y avoir un dialogue, une compréhension mutuelle.

Toujours à propos d’image, peux-tu nous éclairer sur la signification de l’artwork de Land of Thruth ?

Chacun peux y voir ce qu'il veux, j'aime bien les lectures multiples...

Battant et Poni Hoax sont deux groupes dont les chanteurs donnent de la voix sur ton album. Le rock actuel te fais-t-il toujours rêver ? D’ailleurs tu nous fais entendre ton organe sur quelques titres de Land of Thruth. Aimes-tu cet exercice? Le mythe du chanteur de rock est-ce pour toi un fantasme?

Le rock m'a fait rêver quand j'avais 15 ans. Aujourd'hui,  j'aime bien des choses qui peuvent être actuelles mais je suis plus touché par un mec comme hasil adkins...
Je n'ai pas chanter par fantasme de scène ou de gloire Rock'N'Roll mais juste parce que j'avais besoin d'une voix et que je n'en trouvais pas a ce moment...

Une autre Chloé fait une apparition sur Land of Thruth, ceci annoncerait- il un prochain album de Plein Soleil dont tu partages l’affiche avec l’auteur de The Waiting Room ? Q’est-ce qui vous rapproche ?

Le travail de plein soleil est très différent de ce morceau ou j'ai demande a Chloé de chanter en duo. Plein soleil est plus un projet électronique, mais tout est possible... Avec Chloé nous travaillons de manière naturelle, nous nous entendons très bien musicalement et du coup les choses vont très vite!!! Elle travaille actuellement sur son prochain album, dès que nous avons du temps nous essayons d'avancer sur plein soleil...

Par ailleurs as-tu d’autres collaborations en vue, un retour de France Copland peut-être ? L’aventure de ton label Omerta Registrazione se poursuivra-t-elle ?

France copland va renaitre mais sous une autre forme, avec une autre personne... Omerta registrazione est en suspend, je n'ai pas du tout le temps de gérer cela actuellement, j'aimerai bien continuer à produire des disques vinyls, j'aime l'objet autant que le contenu.

D’où t’est venu cette inclination particulière pour la musique concrète ou plus généralement pour la recherche musicale contemporaine? Que gardes-tu de ces instants passés au conservatoire du XXème siècle à suivre les cours d’Octavio Lopez? En as-tu retiré une conception particulière de la musique?

J'écoute des musiques très différentes, la musique concrète, la musique contemporaine ont eu une importance dans mon parcourt musical, autant que le rock ou la pop qui a berce mon adolescence. Les cours au conservatoire du 20eme ont été très important, j'y ai rencontre Octavio, compositeur émérite, et ami, c'est une personne très ouverte, avec qui nous avons échangé beaucoup de choses, d'idées, de points de vue, et aussi de techniques...

Tu as toujours eu une activité importante de remixeur? Est-ce une que tu affectionnes particulièrement cet exercice et comment le conçois-tu?

Oui je le fais toujours, je le vois surtout comme un exercice de style, me permettant d'expérimenter encore plus.

Peux-tu nous donner ta playlist du moment?

Suicide - rough guy
Natural numbers
The monk - monk time
The henchmen - surfin' bird
Throbbing gristle - hot on the wheels of love - ratcliff mix
Hasil adkins - out to hunch
Sister iodine - flamme desastre (version cd sur mego soooon!)
The dead hillbillies - Donna (tigersushi 7ich)
Joakim - back to wilderness (k7 promo)

Le mot de la fin ?

Je n'aime pas l'idée de finalité, donc pas de mot de fin...

Interview réalisée par Benoît


Helios l'interview

Helios est le projet  de Keith Kenniff, un artiste américain, originaire de Portland. Auteur de plusieurs albums sur le label Type, il officie également sous le nom de Goldmund, dans une veine plus minimale. Voici un rapide entretien, dont l'objet est de vous faire découvrir un musicien prolifique et créatif.

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- L’été dernier, je suis allé sur l’île grecque de Rhodes (une île de l’archipel des Dodécanèse, en mer Egée). C’est traditionnellement l’île d’Helios, le dieu du soleil dans la mythologie grecque, y a t’il un lien avec toi ?
J'ai effectivement tiré 'Helios' de la mythologie grecque, oui. Je suppose que j'ai du vraiment aimer l'histoire de Helios, l'observateur divin de ce qui se passe sur Terre, tel le soleil qui se levait chaque matin . J'ai souvent tendance à écrire de la musique tard la nuit / tôt le matin et  je vais souvent alors me coucher au moment où le soleil se lève. Comme un relais.

- Tu officies, dans des registres très variés, sous au moins trois entités connues : Helios, Goldmund, sous ton propre nom… Quelles sont les raisons qui t’ont poussé à développer ces différents projets ?
J'ai tendance à travailler sur beaucoup de musique et ce, à n'importe quel moment, et donc chaque étape d'un projet  évolue dans une direction différente. Je pense que le surnom de chaque projet propre est bien approprié. Helios, est plus un projet d'electronic/post-rock/ambient, Goldmund est presque entièrement composé de piano solo donc il y a à peu près aucun élément électronique et
consiste généralement en pièces improvisées courtes. Le son de Mint Julep , le projet monté avec ma femme, prend plus une direction rock/shoegazing et se base essentiellement sur des schémas traditionnels chantés verse-chorus . Ce que j'ai fait pour mon projet appelé Keith Kenniff n'est pas sorti, ce sont  des choses de type acoustique / folky , mais je ne suis pas sûr si quelque chose verra le jour bientôt.

- Peux-tu nous parler du projet que tu fais aussi avec ton amie : Mint Julep
C'est un projet avec ma femme Hollie que nous avons commencé il y a environ un an et demi. Nous sommes tous les deux des fans énormes de musique shoegazing du début des années 90 et avons voulu travailler sur quelque chose qui était plus dans cette direction. C'est la première fois que j'ai vraiment travaillé avec quelqu'un d'autre pour faire de la musique, c'est vraiment amusant de travaiiler ensemble comme cela.

- Tu sors tes disques sur Type Records, comment s’est opéré la rencontre avec ce label ?
J'ai connu John Twells, qui dirige Type depuis des années. Nous nous sommes rencontrés avant qu'il n'ait commencé son label et partagions nos goûts en musique et diverses idées. Quand il s'est décidé de démarrer Type, il m'a demandé si je serais enclin à faire quelques albums. J'ai vraiment aimé la direction qu'il voulait emprunter et donc nous avons sorti la première réalisation de Goldmund, Corduroy Road, en 2005 et ensuite peu après nous avons sorti le 1er disque de Helios, Eingya, en 2006. C'est un grand label et je suis vraiment fier de travailler avec John et d'être entouré par le très bons artistes du label.

- Entretiens-tu des relations privilégiées avec certains artistes du label : Xela, Peter Broderick…
John (Xela) et moi somme très liés et nous avons participé à quelques concerts ensemble. Nous allons jouer au Japon ensemble en août. Je connais beaucoup d'autres artistes du label et j'ai joué plusieurs concerts avec beaucoup d'entre eux aussi. J'étais vraiment heureux de pouvoir travailler sur le design du dernier album de Goldmund avec Erik (Deaf Center/Knive). La première fois que
nous avons joué ensemble, c'était dans un planétarium de 100 ans à Bruxelles et le set de Centre Sourd m'a juste soufflé. Je suis en lien également avec Peter Broderick. La dernière fois qu'il était rentré chez lui à Portland, nous avons passé une chouette soirée à jouer au bowling ensemble.

- L’album « Caesura » (ton dernier sous le nom d’Helios) est sorti il y a quelques mois. Si tu devais le présenter à une personne peu avertie, qu’en dirais-tu?
C'est un album qui est assez accessible si vous êtes friands de choses de style ambiant /post rock. Donc il serait pour les gens fans de Brian Eno, Boards of Canada et les versants plus softs de groupes comme Sigur Ros et Explosions in the sky.

- L’esthétique  graphique d’Helios utilise une photographie qui présente souvent la nature  dans tous ces états… ? Est ce le signe d’une orientation artistique affirmée, ta musique serait-elle bucolique ?
Je pense que la musique représente en général une forme idyllique de ce qui nous entoure. J'aime vraiment travailler avec Matthieu Woodson (qui a collaboré pour Eingya et Caesura). Je lui donne une idée générale de ce que je veux et il me présente ensuite des tonnes d'idées fabuleuses . Il était donc difficile de choisir mais je suis vraiment content du résultat final. J'ai donné carte blanche à Ashley Goldberg pour lapochette de Ayres : elle a fait une très belle pochette où le thème de la nature est omniprésent.. donc je suppose que c'est le type d'images qui semblent venir en tête.

Tu es installé à Portland ? Es-tu originaire de cette ville ? Est ce une ville où il se passe des choses intéressantes sur le plan culturel ? Es-tu en lien avec d’autres artistes ou label de là-bas (Eluvium, Audiodregs…)… ?
Je suis originaire de Pennsylvanie, mais avec ma femme nous nous sommes installés à Portland après s'être rencontrés à Boston (où je suis allé à l'école). J'adore Portland, il y a beaucoup d'événements intéressants qui se passent ici et des tas de musiciens/artistes qui font de belles choses. Matthieu (Eluvium) est un chouette type, nous avons joué l'année dernière à Seattle au Decibel Festival  et on s'est rencontrés à plusieurs reprises sur des événements semblables dans les environs. Je pense que nous jouerons bientôt à Portland. J'ai connu Grouper au moment où nous avons fait un showcase Type records à Chicago il y a déjà quelques années.  Quant à Peter Broderick et sa talentueuse soeur Heather, ils sont de Portland aussi, donc ils ont été impliqués dans beaucoup de grandes choses ici et  maintenant c'est au tour du reste du monde !

- Pour mieux comprendre ton univers, quels sont tes influences ou en tout cas tes références en matière de littérature, cinéma, musique… ?
Je suis un grand fan de cinéma, j'aime la musique de film aussi comme Thomas Newman et Mychael Danna, et sans nul doute toutes ces  images m'ont au cours des années beaucoup influencé. J'ai tendance à aimer les  films lents de réalisateurs comme Tarkvosky/Terence Malick etc ... je pourrais te donner une liste de centaines de livres et de films, et tout cela a de l'influence sur ce que je compose. En gros, tout ce qui me tombe dans les mains et que j'aime
découvrir m'influence.

- Quels sont tes prochains projets ? Je vois que tu édites également des cdrs ?
Pour quelles raisons…
J'ai fait des sorties en CDR disponibles sur mon site Web, qui est chouette. C'est une façon sans contrainte et directe d'être plus en lien avec les fans et faire un tirage plus limité de cette façon. Je m'amuse à personnaliser les cds en insérant des petites notes et je les emballe avec des petites touches individuelles. C'est quelque chose que je voudrais continuer à faire, et bien sûr je vais aussi faire des sorties plus traditionnelles à l'avenir. Je travaille sur un autre album pour Goldmund, une collection de chansons Guerre civile. Egalement, un album pour Mint Julep et un Helios LP. Dormir peut bien attendre de toute évidence. J'espère que tout cela sortira pour l'année prochaine, voire fin de cette année.

-Ta représentation de la France et de ce qui s’y fait sur le plan musical aujourd’hui ?
J'ai aimé M. Oizo et Ed Banger. Autres Directions in Music produisent également de très belles choses.  J'ai fait un remix pour Propergol Y Colargol en 2007. Je dois admettre être aussi un fan de Daft Punk, leur album 'Homework' est génial.

- Ta vision du monde et de son évolution, es-tu plutôt quelqu’un qui serait sur plutôt un versant mélancolique (ta musique nous prêtent à le croire) quant au traitement de la vie et de son analyse ?
J'ai tendance à être très calme et introverti, assez timide. Mais je pense que la musique prend quelque chose de différent en moi. J'ai écrit de la musique qui peut sembler pleine d'espoir alors que je ne l'étais pas personnellement, et vice versa, mais je pense que c'est une expérience personnelle pour l'auditeur et avec un peu de réussite, la musique est assez ouverte pour  qu'elle puisse permettre aux gens de ressentir des choses différentes.

Entretien réalisé par Cyril/traduction Stéph


Butch Mckoy - L'interview

Butch Mckoy nous parle de la conception de Welcome Home,  premier album solo du chanteur d' I Love UFO, réalisé à la maison, seul, face à son 8 pistes, une guitare pour unique compagne, loin - mais à y regarder de plus près seulement en apparence - des expériences électriques et hors-norme que contenaient en substance l'expérimental Wish.

Merci à : Butch, Thomas, Nico, Damien et Fabrice


Interview - Sebastien Schuller (part3)

Le successeur de l’inestimable Happiness sortira le 25 Mai prochain.

Pour vous faire patienter jusque-là, Hartzine vous propose chaque semaine un extrait de la longue interview qu’il a bien voulu nous accorder.

#3 LA SCENE : Sébastien Schuller nous parle de la tournée qu'il nous concocte pour le début de l'été.

La cigale, le festival de Montreux...


Interview - Sebastien Schuller (part2)

Le successeur de l'inestimable Happiness sortira le 25 Mai prochain.

Pour vous faire patienter jusque-là, Hartzine vous propose chaque semaine un extrait de la longue interview qu'il a bien voulu nous accorder.

#2 Sebastien Schuller nous parle de ses principales influences musiacles

Animal Collective, Talk Talk et compagnie.


Interview - Sebastien Schuller (part1)

Le successeur de l'inestimable Happiness sortira le 25 Mai prochain.

Pour vous faire patienter jusque-là, Hartzine vous propose chaque semaine un extrait de la longue interview que Monsieur Schuller a bien voulu nous accorder dans les locaux de son label Green United Music.

#1 Sebastien Schuller nous parle de la conception de son nouvel album Evenfall

Philadelphie et Paris, ce grand écart géographique.
Sa rencontre avec Bell Orchestre (side-project de Richard Parry et Sarah Neufeld du groupe Arcade Fire).
Ses envies organiques.


Interview Stéphane Amiel - les femmes s'en mêlent#12

La nouvelle édition du festival itinérant le moins burné de France se déroulera du 15 au 30 avril. Au programme, des valeurs sûres (A Camp, Au Revoir Simone, Juana Molina, Cranes), montantes (Battant, Clare and the Reason, Scary Mansion), mais aussi de grandes Dâmes (Frida Hyvönen, St Vincent), de la fougue (Lucy and the Popsonics), du déganté (Solange la Frange), du lourd (An Experiment on a Bird in the air Pump), du bric à brac (Micachu), bref , un patchwork musical dont la seule règle est de fêter dignement la scène indie féminine. Son programmateur, Stéphane Amiel, s'est prêter au jeu du question/réponse :

A l'aube de cette nouvelle édition, la douzième, ne ressens-tu pas une certaine lassitude?

C’est étonnant comme question ? Car c’est une question que je pourrais me poser en effet. Mais le festival existe toujours grâce à la passion et le désir que l’on y met. Et je pense qu’avec cette douzième édition, l’envie et le désir sont toujours présents. Après c’est vrai que c’est toujours une bataille.

Qu'attends- tu finalement de cette 12ème édition?

J’attends que l’on fasse la fête. Qu’il y ait du monde dans les salles pour découvrir des artistes incroyables. J’ai envie que le public nous suive les yeux fermés et qu’il soit heureux. Ce que j’aimerai c’est une validation par le public de nos choix artistiques qui ne sont pas toujours des plus évidents.

Tu as été un des premiers à proposer un festival itinérant et d'autres, depuis, t'ont imité. Quels sont selon toi les avantages et les risques d'une telle forme d'organisation?

Les risques c’est qu’on peut devenir fou. Trop de villes, trop de dates… Les yeux plus gros que le ventre. L’angoisse de monter des tournées pour une vingtaine d’artistes. C’est beaucoup de stress et de pression.

Sinon les avantages sont vite vus. Il est plus facile de proposer 2 ou 3 dates à un groupe qui vient de loin avec peu de moyen. Nous ne pouvons pas faire de grosse offre financière sur une seule date à Paris. Donc nous proposons trois dates et la venue d’un groupe est possible. La marge qui est faîte par le festival est immédiatement investie dans le festival. Sans la tournée le festival n’existerait plus depuis longtemps.
En onze éditions le public a-t-il toujours répondu présent à tes choix artistiques? As-tu connu des rendez-vous manqués?

En général oui. Des rendez-vous manqués, bien sûr, nous en avons connu. L’année 99 a été assez terrible. Au Divan du monde à Paris (une salle de 500 places), nous avons fait des soirées avec 80 billets vendus avec un plateau avec Edith Frost, Katell Keineg et Ezther Balint. On était naïf en pensant que sur le nom seul du festival le public serait au rendez-vous. L’autre soirée avec Meira Asher et Magga Stina ne s’est pas mieux passée. On a pris le bouillon et c’est pourquoi il n’y a pas eu de festival en 2000. Il faut être vigilant.

Et tes plus beaux souvenirs ? (pour moi The Organ, il y a 3ans)

En effet The Organ a été un des grand moment du festival et leur dernier concert en France. Les 10 ans avec Electrelane et Tender Forever ont été un des moments les plus magiques du festival. Personnellement j’ai vécu d’immenses joies et j’ai fait de très belles rencontres sur le festival. Celui-ci est intimement lié à ma vie.

L'année dernière, le festival a déserté la France pour quelques dates, que retiens-tu de ces expériences berlinoise et barcelonaise?

Ce que j’en retiens c’est qu’il faut avoir une superbe forme. Faire un planning sur toutes la France c’est déjà éprouvant mais y ajouter l’Europe cela devient de la haute voltige ! Ce que j’ai retenu c’est qu’il fallait trouver les bons partenaires à l’étranger. On peut faire une fois Berlin comme l’année passée mais le refaire c’est là le challenge. La preuve, pas d’Allemagne cette année. Je vais travailler sur le sujet pour l’édition 2010. Cette année il y a encore Madrid et Barcelone.

Et pourquoi ne pas avoir reconduit cette formule cette année?

Trop de travail comme je le disais et pas forcément les bons partenaires sur place.

Parmi les artistes encore peu connus du grand public que tu as programmés cette année, quels sont ceux qui selon toi dépasseront le stade de la simple découverte ?

A mon avis le groupe Micachu fait figure d’outsider. J’espère que Frida Hyvönen devienne la grande star qu’elle mérite d’être. La danoise de Our Broken Garden, incroyable talent !

Tu es le premier à faire jouer Battant en France, comment les as-tu découvert?

Cela fait longtemps que le groupe existe, je le connais depuis son premier single « Kevin ». Cela fait donc bien 3 à 4 ans que je les avais repéré, il fallait juste attendre le bon moment pour les programmer. C’est chose faîte cette année. Il faut savoir être dans le bon timing, c’est important pour le festival et pour le groupe.

Qu’est-ce qui est le plus jouissif et à l’inverse le plus difficile dans le métier de programmateur ?

Le plus jouissif c’est de découvrir une artiste dont tu apprécies la musique et d’avoir le pouvoir de la programmer ! De se dire, je veux absolument voir ce groupe et le faire venir. C’est toujours aussi magique, je ne m’en lasse pas… C’est un plaisir enfantin. Je veux faire jouer « an experiment on a bird in the air pump » (alors que personne ne les connaît) et je le fais. C’est aussi simple et jouissif que cela. Et le plus difficile c’est de réaliser que cela n’intéresse que moi… Il faut donc faire attention et jongler avec son pur plaisir égoïste et la volonté d’être pertinent et d’intéresser au moins le public. Faire que ma vison devienne une vision plus globale et réponde à l’envie des spectateurs.

Quels ont les autres festivals que tu aimes suivre ?

Les Transmusicales de Rennes.

Qui rêverais-tu de faire jouer ?

Stina Nordenstam bien sûr ! The Innocence Mission (mission impossible) et Sol Seppy.

Qui rêverais-tu de faire revenir jouer ?

Le Tigre !

As-tu déjà des projets pour la prochaine édition?

Oui beaucoup mais je préfère les garder dans ma tête pour le moment.

Et enfin, la question idiote et habituelle, qu’écoutes-tu en ce moment ?

Soap&Skin, Frida Hyvönen, Fever Ray.