Endlings

Que restera-t-il de Deerhoof ? Une marotte musicale pour initié, le genre de groupe qui revient toujours en tête des listes d'influences, l'ideal-type du groupe indie DIY...Sans doute mais mieux encore car grâce à ses faiblesses, ses rendez-vous ratés, il a su préserver l'essentiel de qu'on attend d'un groupe de rock à savoir "cette insondable manière d’allumer le sourire chez chacun, d’épouser cette éternelle substance d’excitation gamine".
Le treizième album studio du groupe, paru l'an passé, avait été enregistré dans l'urgence au nouveau Mexique où son guitariste John Dieterich, comme Le Clésio, y a définitivement poser ses valises. C'est à Albuquerque donc, après s'être un temps amusé avec Jeremy Barnes (Neutral Milk Hotel), collaboré avec l'artiste Claire Cronin, qu'il a fait la rencontre de l'artiste noise Raven Chacon avec lequel il forme désormais Endlings et dont l'album est sorti le 12 mai via Sicksicksick / Lightning Feet. Pour l'occasion on vous offre en écoute, ci-après les réponses John et Raven à nos quelques questions importunes, un titre en écoute exclusive.

D’où venez-vous ?
Where do you come from?

Du Wisconsin et d’une réserve Navajo entre l’Arizona et le Nouveau Mexique. Le duo vient d’Albuquerque.

Wisconsin and Navajo Reservation between Arizona and New Mexico.  The duo comes from Albuquerque.

Où allez-vous ?
Where are you headed?

Pas si loin.

Not so far.


Pourquoi la musique ?
Why music?

Vraiment, je ne sais pas. Les sons et la musique nous traversent. Je crois réellement à ça. J’ai grandi avec beaucoup de musique autour de moi et il y a beaucoup de musiciens dans ma famille, mais je crois que la principale raison est que mon grand frère était passionné de musique. Je crois que je me suis dirigé vers ça parce que la musique a tendance à poser plus de questions qu’elle ne donne de réponses. Elle permet d’inventer des mondes, de détourner la conscience des gens, de se développer, etc. J’adore être dans la confusion et hors de ma zone de confort. Les musiciens peuvent soit décider quoi retenir de l’univers ou créer des situations où ces univers peuvent apparaître ou disparaître selon la volonté du musicien.

I honestly don’t know.  Sounds and music passes through.  I strongly believe that. I grew up with lots of music around and musical relatives, but I think the main reason is that my older brother was very serious about music.  I think I gravitated towards it because it tended to ask more questions than it answered.  Music allows you to invent worlds, hijack peoples’ consciousness, expand yourself, etc.  I am a fan of being confused and out of my depth.  Musicians either decide what to grab from the universe or create situations where they are conjured and retrieved by the musician.


Et si vous n’aviez pas fait de la musique ?
And if music wasn't your thing?

La musique jouerait toujours un rôle, parce que je  consacrerai probablement plus de temps à travailler dans les domaines de la vidéo ou de la sculpture/des installations. En grandissant je voulais devenir jouer de foot professionnel, et, le moment est arrivé où j’ai dû choisir entre consacre mon énergie sur le foot ou la musique, et j’ai juste décidé que la musique était plus importante pour moi et plus mystérieuse. C’est drôle parce que je me suis récemment remis à jouer au foot et maintenant le foot me semble tout aussi mystérieux et puissant à sa façon, et je trouve constamment des relations entre la manière dont le jeu fonctionne dans les deux univers. Mais, si j’avais de la discipline, j’essaierai de me diriger sur la voie pour devenir un écrivain de science fiction, ou devenir un sain ou un guérisseur.

 

Music would always play a role, because I would probably do more work in the fields of video or sculpture/installation.  I grew up wanting to be a professional soccer player, and there was a moment that I had to decide between focusing my energy on soccer or music, and I just decided that music was more important to me and more mysterious to me.  It’s funny because I have recently gotten back into playing soccer, and now soccer feels just as mysterious and powerful in its own way, and I am constantly finding relationships between the way play works in both worlds.  But, if I had the discipline, I would try to steer myself onto the path of becoming a writer of science fiction or becoming a holy/healer man.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Les épiphanies arrivent tout le temps. On apprend à voir les indices que l’univers essaie de vous laisser. La métaphore naturelle est partout. Ce n’est pas qu’elles prévoient l’avenir mais elles révèlent les absurdités et les contradictions de nos réalités partagées et de nos interactions. Les épiphanies arrivent tout le temps. Ce serait difficile d’en choisir une. Je suis toujours émerveillé par la créativité des gens qui m’entourent. Une épiphanie est à quel point une collaboration peut être beaucoup plus que la somme de ses parties. Ou peut-être est-ce un autre moyen de dire que les gens sont beaucoup plus profond que ce qu’ils montrent dans leur vie de tous les jours. On a la capacité à s’enseigner tellement de chose. Hier soir j’ai vu un concert de personne qui jouaient des œuvres de Pauline Oliveros et plein d’autres, ils étaient sous concentrés à improviser sur le peu de matériel dont ils disposaient, et ça m’a vraiment inspiré. La pièce de Pauline en particulier était si simple, un enfant aurait pu la faire, et un enfant pourrait en comprendre la portée aussi. Elle a trouvé un moyen de récolter les capacités humaines (parmi des gens très différents) qui est clair et intelligible, et j’ai trouvé ça très fort.

Epiphanies come all the time. One learns to see clues that the universe is trying to tell you. There is natural metaphor everywhere. It isn’t that they foretell the future but that they reveal the absurdities and contradictions of our shared realities and interactions.  Epiphanies come all the time.  It would be hard to pick one.  I am always amazed by the creativity of the people around me.  One epiphany is how collaboration can make up so much more than the sum of its parts.  Or maybe that’s just another way of saying that people are much deeper than we let on in our daily lives.  We have the capacity to teach each other so much.  I saw a concert last night of people playing pieces by Pauline Oliveros and many others, all focused on improvising with very limited materials, and I was really inspired by it.  Pauline’s piece in particular was just so simple, a child could do it, and a child could apprehend the power of it, as well.  She found of a way of harvesting human capacities (among people of all walks of life) that was clear and intelligible, and I found it very powerful.


Une révélation artistique?
Your artistic breakthrough?

Je n’ai jamais vraiment eu un moment qui s’est démarqué. C’est simplement une série ininterrompue de petites épiphanies qui m’ont construit.

I’ve never really had one moment that sticks out.  It’s just a series of continued little epiphanies that draw me along.


Y-a-t’il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Je ne suis pas certain qu’il existe une chose telle que la mort artistique. Les gens arrêteront peut être de produire de l’art pour la consommation par autrui mais je ne définirai pas ça comme une mort artistique. Je ne suis même pas sûr de croire à une telle chose. Les gens travaille juste de la façon qui a du sens pour eux à un moment donné. Je trouve qu’on vit une période  intéressante en ce moment où l’art semble à la fois être totalement superflu et pourtant absolument vital afin de trouver une direction, et il y a quelque chose que je trouve exaltant là-dedans. C’est aussi destructeur par moment, mais cette tension peut être ce qui génère de nouvelles idées. Au-delà de l’art, il y a l’amour. L’amour pour les gens, les animaux, les lieux. L’art est seulement le moyen de converger vers les autres. Il n’y a pas de mort.

I’m not sure I think there is such a thing as artistic death.  People may stop producing art for consumption by others, but I wouldn’t describe that as artistic death.  I’m not sure I even believe in such a thing.  People just work in the way that makes sense to them at any given time.  I think we are in an interesting time right now where art feels at the same time totally superfluous and yet utterly vital in finding a way forward, and there’s something I find exhilarating about that.  It’s also crushing at times, but that tension can be the thing that generates new ideas. Beyond art there is love. Love for people, animals, and places. Art is merely the path to converge with others. There is no death.

Votre rituel avant de monter sur scène ?
Your pre-stage ritual?

En fait je n’en ai pas. Avant j’aimais répéter au moins une demi-heure avant de jouer mais dernièrement je préfère y aller à froid tout simplement parce que je trouve que la musique peut me surprendre et je peux la suivre dans des terrains surprenants plus facilement. J’ai un rituel d’après-scène où je veux être seul. Me promener. Ne pas parler.

I actually don’t have one.  I used to like to practice for at least a half an hour before playing, but I have preferred going out cold lately simply because I find the music can surprise me and I can follow it to surprising places more easily.  I have more of a post-stage ritual in where I want to be alone. Go on a walk. Not talk.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique ou non) ?
Who would you work with (musically or not)?

Je n’ai pas vraiment d’idée de collaborateur fantasmé pour être honnête. J’aime travailler avec les gens, être surpris par eux, apprendre d’eux, etc. Je retiens toujours quelque chose d’une collaboration, que ce soit une nouvelle manière de penser la musique ou une compréhension un peu plus claire de ce qui fonctionne avec quelqu’un. Les collaborations sont devenues mon principal mode de fonctionnement maintenant. J’ai compris que nous, les humains, devions trouver un moyen d’être ensemble si nous devons survivre sur cette planète, donc quel est le meilleur moyen de commencer...

I don’t really have any pie in the sky collaborator ideas, to be honest.  I love working with people, being surprised by them, learning from them, etc. I always take something away from collaborating, whether it’s a new way of thinking about music or a slightly clearer understanding of what makes someone else click.  Collaboration has become my main mode of working at this point.  I figure we humans have to figure out a way to be together if we’re going to continue to survive on this planet, so what better way to start...


Quel serait le climax de ta carrière ?
What would be the climax of your career ?

J’espère ne jamais en avoir. Un climax infini !

I hope to never have one.  Prolonged climax!

Retour à l’enfance - quel conseil te donnerais-tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Hmm… Apprendre plus de langues. Oui, apprendre plus de langues. Passer plus de temps avec les aïeuls.

Hmm...Learn more languages. Yes, learn more languages. Spend more time with elders.

Comment vous voyez-vous dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Assez vieux. J’espère un professeur pour de jeunes artistes.

Pretty old.  Hopefully as a teacher to young artists.

Comment voyez-vous votre musique évoluer ?
How do you see your music evolve ?

Elle n’évolue qu’à travers la collaboration. Apprendre de nouveaux outils peut aider à modifier le contenu et la forme mais contexte et concept évoluent en travaillant avec les autres. Continuer à fouiller dans beaucoup d’idées que j’ai déjà eues tout en continuant à découvrir de nouvelles choses. Une de mes plus grandes joies est de faire des choses que je ne comprends pas, travailler avec des gens que je ne comprends pas et fabriquer des choses que je ne comprends pas.

It only evolves through collaboration. Learning new tools can aid in altering content and form but context and concept evolve with making work with others.  Delving deeper into a lot of the ideas I’ve already had while continuing to discover new things.  One of my great joys is doing things that I don’t understand, working with people I don’t understand, making things I don’t understand.

 

Un plaisir coupable ou un trésor caché (musique ou non) ?
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Un plaisir non-coupable est d’être forcé à écouter un seul disque sur de longues périodes. J’avais une voiture avec un lecteur cassette, et ma cassette d’Eric B et Rakim “Follow the Leader” s’est coincée et je n’ai écouté que cette cassette dans ma voiture pendant trois ans. Pareil, le diamant de ma platine s’est usé donc tout sonnait de façon horrible dessus sauf un album : Toots and the Maytals “Funky Kingston”, donc j’ai écouté cet album pendant plusieurs années. C’était génial. Il se trouve que ces deux disques sont incroyables, donc j’imagine que j’ai été chanceux.

One non-guilty pleasure I have is being forced to listen to one record only for long periods of time. I used to have a car with a tape deck, and my Eric B And Rakim cassette of “Follow the Leader” got stuck in the car, and I only listened to that cassette in the car for 3 years or something. Similarly, the needle got really bad on my record player, so everything sounded horrible on it except for one album: Toots and the Maytals’ “Funky Kingston” -- so I just listened to that album for several years. It was great. Those both happen to be incredible albums, so I guess I got lucky.

Morceau exclusif

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Daniel Araya

Après plusieurs EPs sortis notamment sur les labels Börft ou Kontra Musik, le producteur suédois Daniel Araya est de retour avec une tape intitulée Seven Sister et sortie au mois de mars dernier sur le label Classicworks. Depuis maintenant cinq ans, le label mené par Cardopusher & Nehuen et basé à Barcelone n'a cessé de promouvoir une musique pointue, balayant les spectres électroniques de la techno à la house. Ici, Daniel Araya, adepte des sons analogiques, nous livre une production expérimentale épique où rythmes et percussions acides se mêlent à des ambiances industrial lo-fi. Découvrez ci-dessous 110' (arcmin.), la track de clôture de Seven Sister, ainsi que les réponses du suédois Daniel Araya à notre interview Out Of The Blue. Enjoy !

D'où viens-tu ?
Where do you come from?

Je viens de la partie rurale du sud de la Suède mais je vis désormais à Stockholm, j’ai des racines à la fois suédoises et chiliennes. Musicalement, je suis de la génération acid house qui a découvert la musique à travers la radio et l’échange de cassettes. J’ai aussi un background électronique, j’ai toujours recherché à mélanger l’électronique avec toutes sortes de sons, ça m’est venu naturellement.

I come from rural southern Sweden, now living in Stockholm and have Chilean/Swedish roots. Musically I come from the acid house generation that discovered the music via radio and trading tapes. I also come from an electronics background and always been into making stuff so the combination of electronics and sound came naturally to me.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

C’est une question difficile. Idéalement, dans des clubs d’autres pays, remplis de gens cools et heureux ! Je commence aussi à travailler pour un fabricant de synthés et pour quelques amis qui cherchent à créer de nouvelles machines pour faire de la musique.

That is a harder question! Preferably to clubs in other countries filled with nice and happy people! I’m also starting to work with a synthesizer manufacturer and some friends to bring out a couple of new and exciting music machines!

Pourquoi la musique ?
Why music?

Que faire d’autre dans une ville remplie de 11 000 redneck et perdue dans les bois ? J’essaie de me consacrer à fond à la musique, c’est ce qui permet de vraiment trouver et former son propre style. Je remercie ma mère hippie qui m’a laissé bricoler avec ces systèmes de sons, ordinateurs et synthés depuis tout petit !

What else to do in a 11.000 people redneck town in the woods? Also I like to go all in and with music you can really do that while still keeping and forming your own style. I thank my hippie mom for letting me tinker with all those sound systems, computers and synths when I was a kid!

Et si tu n'avais pas fait de musique ?
And if music wasn't your thing?

Je me consacrerais à l’agriculture, à la mécanique ou à de la recherche sur la géopolitique. Si j’ai la chance d’avoir une seconde vie, c’est ce que je ferais. M. Kurzweil, poussez le transhumanisme plus loin, que je puisse tester ça !

Farming, electro mechanics or geopolitical intelligence analytics. If I get another lifetime I’ll give it a shot. Mr Kurzweil, bring on the transhumanism so I can try it!

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

C’est un peu cliché comme réponse mais c’était la première fois que j’ai entendu de l’acid house, Acid Tracks de Phuture, une véritable révélation pour moi : "qu’est que c’est que CE SON ? qui fait ça et comment ?". Ça m'a littéralement scotché.

I guess this is a very cliché answer but the first time I heard acid house, Phuture's Acid Tracks was a total epiphany: “what IS that sound? who did it? how do they make it?”. I was totally floored!

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

L’ai-je déjà atteint ? Je ne pense pas, non.

Is it here yet? I don't think so.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Le revers de la médaille de ne pas encore avoir pu percer, c’est qu’il est difficile de sortir des choses, devoir envoyer des tonnes de morceaux à des labels et tout ça. Ça a changé un peu récemment, plus de labels se mettent à écouter mon travail et me demandent des morceaux, des EPs, etc. Pas mal de nouvelles sorties sont prévues pour très bientôt !

The downside to not having a break through (yet) is that it is a bit of a chore to get stuff released, sending lots of sending tracks to labels and all that. It has changed a bit though, more labels are hearing my stuff and asking me for tracks/EP’s, more releases coming soon!

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Je le pense, oui. La plupart des gens qui sont musiciens sont, de fait, naturellement créatifs et s’ils cessent de faire de la musique, quelque chose d’autre prendra la place. Phoenix artistique, brûle puis renais de tes cendres !

I think so. Most people that are musicians are inherently creative and if they stop doing music something else will come out. Artistic Phoenix, burn and then be reborn!

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Un classique : vérifier tous les câbles (j’en ai plein), les synthés puis boire un bon cava. De préférence pendant que je traîne avec les gens venus faire la fête et quelques bons amis.

A classic: check all cables (I have lots!) and synths and preferably drink some nice cava. Preferably while hanging out with the local party animals and some good friends!

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Ce serait génial de pouvoir travailler avec TM404, ça fait dix ans qu’on en parle ! Son travail m’a toujours vraiment impressionné, ce mec a de la magie dans les mains. Je réfléchis aussi à collaborer avec la très talentueuse musicienne suédoise Maria Horn, on a déjà joué ensemble au Norbergfestival il y a quelques années et c’était un super moment. Et bien sûr, bosser avec Zuli, originaire du Caire, l’un de mes producteurs préférés en ce moment. Jetez un oeil à son album Bionic Ahmed, on dirait la bande originale d’une très grande métropole !

It would be so much fun to do something together with TM404, we have been talking about it for like ten years now! I have always been impressed by his work, that guy has magic! I am also planning to do someting together with a very talanted Swedish musician called Maria Horn, we played one track together at Norbergfestival a couple of years ago and had such a good time! And of course Zuli from Cairo, one of my favorites at the moment. Check out his album Bionic Ahmed, the music sounds like soundtracks for megacities!

Quel serait le climax de ta carrière ?
What would be the climax of your career?

Une question très difficile... j’adorerais jouer à Chicago, la terre sainte de l’acid. Et peut-être réaliser la B.O. d’un long-métrage ?

This is a very hard question... I would love to play in Chicago, holy acid ground and maybe make the soundtrack to a full length movie?

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Va à l’université, espèce de branleur, ce sera plus dur plus tard, quand tu seras plus vieux !

Go to university, you lazy fuck, it gets harder the older you get!

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

À fond dans le boulot, entre atelier et studio, ou à me détendre sur un rooftop sympa, à Beyrouth ou à Barcelone avec ma femme !

Either hard at work in my combined workshop/studio or chilling on a nice rooftop bar in Beirut or Barcelona with my wife!

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

J’ai écouté beaucoup de synth body et de dark wave dans ma vie, sûrement dans l’une de ses deux directions. Mais j’essaie aussi différents sons au-delà de l’acid habituel, j’essaie d’aller vers un peu de breakbeat ou de footwork dans mes prochains morceaux ! Et j'aimerais essayer d'intégrer des voix dans ma musique, ça se révèle très difficile !

I have been listening a lot to body synth music and dark wave so some of that will probably make its way in. I'm also trying out different sounds besides my usual acid and I love to do a bit of breakbeat and footwork inspired tracks in the future! And I would like to try to incorporate some vocals into my music, it turns out to be very hard!

Un plaisir coupable ou un trésor caché (musique ou hors musique) ?
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

J’aime les voitures ! J’ai eu mon permis très récemment, avant ça je pensais que les voitures étaient le truc le plus ennuyeux mais je commence à me passionner pour ça. Mais j’aime qu’elles soient bizarres, vraiment moches, ou très futuristes. Ou blindées !

I like cars! I got my drivers license quite recently and before that I thought cars was the most boring things but I'm actually starting to like them now. But they need to be odd, ugly or super advanced. Or armoured!

Écoute exclusive

Tracklist

Daniel Araya - Seven Sister (Classicworks, 17 mars 2017)

01. +24° 7′
02. M45,[1] Seven Sisters
03. 3h 47m 24s
04. 444 ly on average
05. (136.2Ò1.2 pc)
06. 1.6
07. Melotte 22
08. 110' (arcmin.)


Nightlands

Nightlands est le projet solo de l'américain Dave Hartley. Ce nom ne vous dit peut-être pas grand-chose et pourtant, depuis une quinzaine d'années, il collabore à de nombreux projets indés tels Sharon Van Etten, Carter Tanton, Torres, Steven A. Clark, Alela Diane, The Dove & The Wolf... et est surtout connu pour être le bassiste du groupe originaire de Philadelphie, The War On Drugs. La semaine prochaine sortira chez Western Vinyl son troisième album solo : I Can Feel The Night Around Me. On y retrouve une pop mélodieuse aux tonalités nostalgiques où d'incroyables harmonies vocales se lovent autour de compositions à la chaleur rétro. Musique à la douce langueur qui invite à l'évasion et à la rêverie, découvrez ci-dessous des extraits du nouvel album de Dave Hartley ainsi qu'un extrait de son travail photographique qui révèle sa passion pour les appareils "prêt-à-photographier".

D'où viens-tu ?
Where do you come from?

Je viens de banlieue, je suis né dans les années 1980 et j’ai grandi à une époque dorée pour moi : les années 1990.

I come from the suburbs, born in the 80s and seasoned in the modern gilded age, the 90s. 

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Je me dirige vers une époque sombre et dangereuse, comme le reste de l’Humanité. Mais grâce à Dieu, la possibilité qu’offre la Réalité Virtuelle de simuler le monde réel progresse dans des proportions inverses à celle de notre annihilation totale. Quand l’Humanité sera proche de sa fin, nous pourrons alors mettre le casque de Réalité Virtuelle et marcher main dans la main virtuellement dans une forêt tropicale digitale.

I'm headed into the dark electric night, along with the rest of humanity. Thank God that Virtual Reality's ability to simulate the natural world is advancing in exact inverse proportion to our total annihilation of it. So when it's totally gone and humanity populates earth's spoiled husk, we can strap on a headset and walk hand-in-simulated-hand into the digital rainforest.

Pourquoi la musique ?
Why music?

L’expression personnelle est importante mais elle devient réellement vitale puisque nos institutions sont en train de mourir. Je n’ai pas l'impresison qu’il s’agisse de quelque chose que j’ai choisi, c’est juste un chemin sur lequel je me suis trouvé à un moment et que je parcours.

Personal expression is always important, but feels more vital now as our institutions corrode. I don't really feel it's something I chose to do, it's just the set of train tracks that I've landed on.

Et si tu n'avais pas fait de musique ?
And if music wasn't your thing?

J’essaierais de trouver un chalet où je pourrais m’inspirer de l’ambition véhiculée par le livre « The Book of The New Sun » de Gene Wolf, de la prescience de « The Peripheral » de William Gibson, de l’humanité simple de « Ender’s Game », et d’un certain sens du formidable dans « Fountains of Paradise » de Arthur C. Clarke.  J’écrirai des fictions.

I would find a cabin and try to summon the ambition Gene Wolfe's The Book of the New Sun series, the prescience of William Gibson's The Peripheral, the simple humanity of Ender's Game, and the sense of wonder of Arthur C. Clarke's Fountains of Paradise. Someday I will write fiction. 

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

J’ai connu beaucoup d’épiphanies, provoquées chimiquement ou non, mais pour moi plus que tout c’est la connaissance qui a été inscrite dans mon cerveau année après année, après de nombreuses répétitions. Le savoir acquis progressivement, avec insistance, est celui qui dure le plus longtemps de tous.

I have had many epiphanies, chemically induced and otherwise, but have found that most worthwhile knowledge in my brain has been mined over time and through repeated diggings. Gradual attained knowledge lasts longer.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Je ne crois pas vraiment à ce concept, même si parfois il semble que cela arrive à d’autres. L’expression artistique semble s’appuyer sur des sortes de vérités mystiques, mais au fond, il s’agit seulement de travail. On parvient à progresser grâce à la répétition, l’habitude, la persévérance… Même nos plus grands chamans (Dylan etc.) ont passé des années à travailler, à imiter… C’est cet aspect non-sexy de la source d’inspiration qui compte pour moi.

I don't believe in the concept of an "artistic breakthrough", though certainly they appear to happen from afar. Artistic expression taps into mystical truths, but at its core is just work. Breakthroughs are achieved through repetition, habit, perseverance... even our greatest shamans (Dylan, etc) spent years woodshedding, imitating... the unsexy machinations of inspiration.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

En matière d’expression ? Le mysticisme peut-être ? Le mysticisme est dangereux quand il sert de prétexte à une pseudo-science ou à la superstition. L’acte de créer, l’expression, n’ont pas besoin d’être rendus plus mystérieux qu’ils ne le sont déjà. Nous pouvons nous tourner vers la science, l’objectivité à un degré extrême sans jamais ternir la beauté de l’art et sa source première - ce dernier est immunisé à ça car, au fond, il est inexplicable, même si l’on peut en disséquer les éléments qui le constituent, ce pourquoi nous créons de l’art, au final. Mais ces vérités mystiques n’ont pas besoin de croyances débiles. Nous n’avons pas besoin de croire aux fantômes pour croire à la suprématie de l’art.

To expression? Mysticism? Mysticism is dangerous when it serves as a springboard into pseudo-science or nickle-and-dime superstition. The act of creation/expression doesn't need to be made more mysterious than it already is. We can embrace science and objectivity to an extreme degree and not diminish the wonder of art and its provenance--it's immune because it's unexplainable at its core, even if we can dissect the constituent urges/functions that bring it into existence. Mystic truths don't require bullshit beliefs. We don't need to believe in ghosts to believe in the primacy of art. 

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Bien sûr. L’artiste n’est artiste que durant l’acte de création. Quand une personne se brosse les dents, se fait cuire des oeufs ou regarde un match à la télé, elle est un simple être humain. Ça n’est que lorsqu’elle se lance dans la danse de la création qu’elle devient artiste. Cette mort artistique pour moi c’est une mise en dormance ponctuelle qui arrive régulièrement (ou pour de longues périodes).

Of course... the artist is only the artist during the act of creation. When she brushes her teeth or makes eggs or watches football on the tele, she is just a human. As soon as she engages in the dance of creation she transforms into the artist. So artistic death is just periodic dormancy that happens regularly (or for long periods). 

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Je me remue nerveusement, je bois de la téquila avec du citron, je fais un peu jogging sur place.

Nervous fidgeting, tequila and lime, jogging in place.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Je suis ravi de collaborer avec à peu près n’importe qui dans le monde de la musique, si le temps disponible le permet… Bien sûr il y a des gens célèbres qui ont fait des disques qui m’ont profondément influencés; et je serais ravis de les rencontrer ou de travailler avec eux, mais je suis vraiment ravi de pouvoir faire de la musique avec mes amis proches. C’est un vrai plaisir.

J’aimerais néanmoins travailler un jour avec un spécialiste de l’animation, un visionnaire (quelqu’un du Studio Ghibli par exemple), parce que je me considère comme un musicien surréaliste - beaucoup de sons que j’essaie de faire, je les produis « visuellement », je serais très efficace avec des images surréalistes.

I'm delighted to collaborate with almost anyone in the music world, if time permits... of course there are famous people who have made records that have influenced me greatly and I'd be tickled to meet or work with, but I also love to make music with my good friends. That's a real treat. 

I think I'd be very excited to someday work with a visionary animator (someone from studio Ghibli, for example), because I fancy myself a musical surrealist -- many of the sounds I try to make I arrive at visually and would go very well in tandem with surrealist images. 

Quel serait le climax de ta carrière ?
What would be the climax of your career?

Je ne sais pas vraiment mais j’espère l’atteindre sans vraiment le savoir, et me délecter de la redescente comme une espèce d’aventure intérieure.

I'm not sure but I hope to reach it unknowingly and enjoy the comedown as an inward journey. 

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Aime toi toi-même. Ne cherche pas à être cool.

Love thine self. Don't be cool. 

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Un mec qui geint, idiosyncratique, toujours dans les bouquins.

Grizzled, idiosyncratic, bookish. 

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Comme une série postulats et de fausses conclusions. Une exploration. Je suis fier de la discographie de Nightlands et j’ai hâte de l’étendre franchement durant les 30 prochaines années de ma vie.

As a series of premises and false conclusions. Explorations. I'm proud of the Nightlands discography and looking forward to expanding it over the next 30 years of my life.

Un plaisir coupable ou un trésor caché (musique ou hors musique) ?
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

La musique de jeux-vidéos. Un jour, je pense que nous comprendrons que certaines de nos plus grandes compositions sont liées aux jeux-vidéos - immunisées aux critiques issues de l’industrie musicale et produites uniquement dans le but de divertir. Pur.

Video game music. In time I think we will realize that some of our era's greatest compositions were attached to video games -- immune from the critical arm of the music industry and solely for diversionary purposes. Pure.

Photo : Dustin Condren

Audio

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Photos Exclusives

© David Hartley

Toutes les photos ont été prises avec des appareils photos jetables. La dernière prise de vue sur de nombreux appareils photos jetables (surtout les plus anciens) peut avoir de larges fuites de lumière, des stries et des défauts que j'adore vraiment.

All shots are from disposable cameras. The last shot on many (especially older) disposable cameras can have large light leaks and streaks and defects that I really love.

L'horizon de Philadelphie, pris en conduisant vers le nord sur la 95 depuis l'aéroport.

The Philadelphia skyline, taken while driving north on 95 from the airport. 

Le tunnel Holland, pris en conduisant.

The Holland Tunnel, taken while driving.

Troubadour et muse (en plein repos) à Washington Square Park, à New York.

Troubadour and muse (in full repose) in Washington Square Park, NYC.

J'ai une peur profonde de voler (due à une turbulence extrême que j'ai vécue récemment) et la seule chose qui semble l'alléger est de regarder par la fenêtre et d'écouter de la musique apaisante.

I have a deep fear of flying (a recent, extreme-turbulence-derived development) and the only thing that seems to ease it is staring out the window and listening to calming music.

Une école secondaire de deuil, Fishtown, Philadelphie, Pennsylvanie.

A high-school school in mourning, Fishtown, Philadelphia, PA.


Rat Columns

David West, artiste hyperactif membre entre autres de Rank/Xerox, Lace Curtain ou Total Control, revient ce mois-ci avec son projet solo Rat Columns et un tout nouvel album 'Candle Power' sorti chez le label anglais Upset The Rhythm. Mosaïque indie pop douce-amère où s'entremêlent guitares cristallines, influences synthétiques ou même garages lo-fi, David West a composé un album aux atmosphères éloignées et contrastées qui cohabitent en parfaite harmonie. Rat Columns sera en concert le 25 Avril prochain au Supersonic (plus d'info sur l'event facebook) en attendant découvrez un extrait de son nouvel album ainsi que sa "Spring Rain" mixtape et ses réponses à notre Out of the Blue interview.

D'où viens-tu ?
Where do you come from?

Je viens de Kondinin, une petite ville de campagne à l'Ouest de l'Australie. C'est une province rurale entre Perth, la capitale, et le désert. C'est très beau, du genre sec et brulé par le soleil, avec beaucoup de rochers, des kangourous, des émeus, ce genre de trucs.

I'm from a small country town in Western Australia called Kondinin. It is a farming area between Perth, the capital city, and the desert. It's quite beautiful, sort of a harsh and sunburnt beauty, with lots of big rocks, kangaroos, emus, that kind of thing.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Comme tout le monde, vers l'obscure marécage boueux.

The same place we are all headed, back to the dark and murky ooze. 

Pourquoi la musique ?
Why music?

J'ai vu Sonic Youth quand j'étais jeune, pendant des vacances en famille. Ça a changé ma vie.

I saw Sonic Youth as a young person, on a family holiday. It changed my life! 
Et si tu n'avais pas fait de musique ?
And if music wasn't your thing?

Chasseur de trésors de la plage à plein temps, ça me semble pas mal.

Full-time beach-combing seems pleasant.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

J'ai bien peur de ne jamais avoir eu d'épiphanie majeure. Peut-être la pensée qu'il est effectivement possible de fournir trop d'efforts pour atteindre quelque chose.

I don't think I've had any major epiphanies, I'm afraid. Perhaps the thought that it is indeed possible to put too much effort into something.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Au coin de la rue, c'est sûr !!!

Definitely just around the corner!!!

Le revers de la médaille ?
Any downside?

A quoi ? J'en sais rien, à la musique ? La perte d'audition, j'imagine.

Downside to what, I wonder...a downside to music? Hearing damage, I guess.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

C'est clair ! C'est à ce moment que la vraie vie commence... Lorsque la douleur d'être un artiste se dissipe et que tu peux enfin VIVRE. J'ai hâte d'y être.

Definitely! That's when life begins...when the pain of being an artist subsides and you can finally just LIVE. I'm looking forward to it.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Probablement m'accorder excessivement et me détendre les mains.

Probably excessive tuning and the wringing of hands.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Mes amis de la musique que je ne vois pas assez souvent. Robert Pickle !

My musical friends that I don't see enough. Robert Pickle!

Quel serait le climax de ta carrière ?
What would be the climax of your career?

Je peux seulement espérer que je n'y suis pas encore parvenu... Peut-être que mon premier disque vinyle en fait partie. Le vinyle c'est définitif !

I can only hope the climax is yet to come....maybe the first vinyl record was a personal apex. Vinyl is final!

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Relax et engage un ingé son professionnel.

Relax and hire a professional mixing engineer.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Chasseur de trésors de plage à plein temps !

Full-time beach-combing!

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

J'adorerais écrire quelques bonnes chansons sans les essouffler par excès de dilettantisme et de gribouillage.

I would love to write some good songs and not beat the life out of them with excessive dabbling and scribbling.

Un plaisir coupable ou un trésor caché (musique ou hors musique) ?
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Je n'y crois pas vraiment, comme dit le Chef Wiggum, "Si ça fait du bien, fais le." J'aime bien les sandwiches à la crème glacée un peu classe.

I don't particularly believe in guilty pleasures, like Chief Wiggum says, 'if it feels good, do it'. I quite like high-brow icecream sandwiches.

Audio

Mixtape exclusive

"Spring Rain Mixtape" par David West :

VIEW FROM MY WINDOW - HIROSHI YOSHIMURA
YOUR SKIN AND MINE - SAD LOVERS AND GIANTS
LOVE WITHOUT SOUND - WHITE NOISE
TRACK 2 - GAS (POP LP)
GIRL - T REX
LONELY GIRL - SAGITTARIUS
MODI I (EXCERPT) - PIERO MILESI
A WALK ACROSS THE ROOFTOPS - THE BLUE NILE
TRACK 2 FROM KAKASHI LP - YASUAKI SHIMIZU
MODI I (EXCERPT) - PIERO MILESI
TOWARDS TOMORROW (EXCERPT) - DELIA DERBYSHIRE
RADIANCE III (EDIT) - BASIC CHANNEL
MAKE IT EASY ON YOURSELF - THE WALKER BROTHERS

Traduction : Matthieu Ortalda


Kontravoid

Après un silence de plusieurs années et la sortie de son premier excellent album chez Pretty Pretty Records et du 7" Native State chez Cititrax/Minimal Wave, le canadien Cam Findlay aka Kontravoid (ancien batteur de Crystal Castles) revient avec un tout nouveau EP auto-produit : So It Seems. Si l'on y retrouve ses influences indus et new wave, le nouveau son du canadien est plus frontal et plus tendu que sur ces précédentes sorties. Les rares traces mélodiques pop ont disparu, on est ici dans le dur, le sombre, la punition. Impitoyable et écrasant, le nouveau titre de Kontravoid fait mal et cela fait du bien. Il sera en tournée américaine au mois de mai, espérons qu'il fasse un détour par chez nous. En attendant, voici ses réponses à notre interview Out Of The Blue et découvrez en exclusivité le titre So It Seems.

D'où viens-tu ?
Where do you come from?

Toronto.

Toronto.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Avec un peu de chance, vers de meilleures et plus grandes opportunités, je reste toujours ambitieux.

Hopefully on to bigger and better opportunities, constantly staying ambitious.

Pourquoi la musique ?
Why music?

J'ai toujours aimé composer et expérimenter avec des instruments électroniques, jouer de la batterie ainsi que travailler avec d'autres musiciens et contribuer à divers projets. J'ai toujours ressenti ça comme une attraction naturelle.

I’ve always enjoyed writing and experimenting with electronic instruments, playing drums, as well as working with other musicians and contributing to various projects. It’s always felt like a natural thing that I’ve been drawn to.

Et si tu n'avais pas fait de musique ?
And if music wasn't your thing?

J'aime travailler dans le cinéma donc peut-être quelque chose dans cette industrie.

I like working in film, so probably a position in that industry.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Découvrir que j'étais medium.

Finding out I'm psychic.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Apprendre à jouer de la batterie.

Learning to play drums.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Ça fait trop de bruit !

They're too loud!

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Absolument, tellement de choses sont possibles.

Absolutely, so many things are possible.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Flipper sur de petits détails et faire les cent pas de manière incontrôlée.

Freak out over minor issues and pace uncontrollably.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Brian Eno et Steve Jobs.

Brian Eno and Steve Jobs.

Quel serait le climax de ta carrière ?
What would be the climax of your career?

Faire des concerts avec un son parfait, de supers visuels et de beaux éclairages.

Playing shows with perfect sound, great visuals and great lighting.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Fie-toi davantage à ton instinct, ne laisse pas les gens influencer ta vision négativement.

Trust your instinct more; don’t let people negatively influence your vision.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Ayant 7 ou 8 chiens, probablement.

Probably owning 7 or 8 dogs.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Simplifier la production, prendre mes distances avec l'ordinateur et créer une méthode d'écriture plus organique.

Simplifying the production, moving away from relying on a computer and creating more of an organic writing method.

Un plaisir coupable ou un trésor caché (musique ou hors musique) ?
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Acheter et vendre du matos sporadiquement et empiler des conneries dont je n'ai pas besoin.

Buying and selling gear sporadically, and hoarding junk I don't need.

Vidéo

Écoute exclusive


Thieves Like Us

Again and Again, album culte de Thieves Like Us c'était il y a déjà sept ans. Depuis le groupe a changé plusieurs fois de format, de labels (Kitsuné, deBonton, Captured Tracks) et a connu un succès plus ou moins mitigé au grès des sorties. Après une absence de presque cinq ans, le groupe revient avec un nouvel album éponyme, sorti sur le label de leur début, Seayou Records. Come back grandement réussi pour Thieves Like Us, la pop complexe du groupe balaie ici un large éventail d'émotions entre ambiance dance floor insouciants et moments plus mélancoliques et introspectifs. Pour célébrer ce nouveau disque, découvrez une mixtape exclusive concoctée par Andy Grier et ses réponses à notre interview Out of the Blue. Enjoy !

D'où viens-tu ?
Where do you come from?

J’ai grandi sur des bases militaires américaines, entouré par de froids guerriers qui s’entraînaient pour la guerre froide.

I grew up on U.S. Military bases, surrounded by cold warriors, training for the Cold War.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

En route pour la prochaine guerre mondiale.
On my way to the next World War.

Pourquoi la musique ?
Why music?

C’est comme le journalisme mais avec la possibilité de groupies.

It's like journalism but with the potential for groupies.

Et si tu n'avais pas fait de musique ?
And if music wasn't your thing?

Le journalisme.
>
Journalism.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Poser la “bonne” question est bien plus important que d’avoir la réponse.

To ask the 'right' question is far more important than to receive the answer.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Et bien, si la vie est un travail en cours, je ne pense pas qu’il ne puisse y avoir qu’une seule révélation artistique. C’est la somme de plusieurs choses. Je considérerais que j’ai réussi si je peux payer pour mes propres funérailles. Personne d’autre ne paiera pour ça.

Well, if life is a work in progress, I don't think that there can be a single one artistic breakthrough. It's a sum of things. I will consider myself successful if I can finance my own burial. No one else will pay for it.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

La musique est un moyen viable de communication, d’informer, de renforcer l’esprit, une forme de guérison. C’est difficile de voir la plupart des musiciens renoncer à ça, et pour l’argent, ou la célébrité. Je crois que les artistes Dub et Reggae continuent à transmettre un certain message social.

Music is viable means of communication, reporting, fortifying the soul, a form of healing. It's difficult to seeing most musicians forego this social responsability and for for cash, or fame. I do think DUB and REGGAE artist are still transmitting some sort of social message.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Je n’ai pas atteint la mort artistique, donc je ne peux pas vous donner une réponse pour une expérience que je ne connais pas.
I haven't reached an artistic death, so I cannot give you an answer to an experience I do not know.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Un rituel avant de monter sur scène ou des groupies ???? On n’a pas vraiment de groupies… Tout espace pouvant servir à quelque chose de la sorte est pris par notre concentration sur les balances.

Pre stage ritual or groupies???? We don't really have groupies.. Any space for observing such a thing is taken up by focusing on sound check.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Des amis que je connais depuis les années 90 qui ne sont pas des musiciens très connus. Ils sont tous à New York. Je suis en exil depuis 2002 donc on n’a pas eu l’occasion de travailler ensemble.

Friends I know since the 1990s who are not well known musicians. They are all in New York City. I've been in exile since 2002. so, we haven't gotten the chance to work together.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Je n’ai pas une notion du temps très linéaire. Et nous ne somme pas non plus nimbés de glamour. Donc ce sont souvent des souvenirs très basiques de tournées, comme se promener de nuit à Tokyo et s’arrêter manger des nouilles dans un restaurant à 4h du matin, ou regarder le soleil se coucher en attendant d’embarquer dans l’avion dans un aéroport mexicain, généralement de petits souvenirs de choses simples.

I don't really have a very a linear sense of time. Nor are we veiled in glamour. So, it's often very mundane tour memories memories, like taking a night walk in Tokyo and stopping for noodles in a restaurant at 4 am, or watching the sun go down waiting to board our flights in some Mexican airport, usually little memories of small things.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Comme il est impossible de voyager dans le temps et de donner des conseils à mon moi enfant, je préfère donner des conseils aux plus jeunes. Je conseille de travailler dans une usine pendant, disons, 90 jours. On développe une relation entre les mouvements de son corps, l’espace physique et les objets. Ça donne aussi une notion de la difficulté d’un travail répétitif, d’être exploité et peut-être que vous prendrez plus en considération que chaque bien ou objet que vous achetez ou que vous avez autour de vous vient le plus souvent d’une usine et a été fait par une autre paire de mains humaines. Il y a une histoire derrière cet autre être humain. Ce qu’ils ont mangé le matin. Quelles étaient leurs pensées sur le chemin du travail. Leur cigarette pendant la pause déjeuner.

As it is impossible travel back in time and advise my younger self, I would rather give some advice to younger people. I do recommend working in a factory for say, 90 days. You develop a relationship between your body movements, physical space, and things. It also gives you a sense of the difficulty of repetitive work, sweatshop work and perhaps you will take into consideration more that every good, or object we buy or have around us most often comes from a factory, and is most often by another set of humans hands. There is a story behind that other human. What they ate in the morning. What their thoughts were on the way to work. Their cigarette during their lunch break.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

je ne peux pas vraiment me voir d’ici un an. Je ne pense pas vraiment à moi-même en termes linéaires. C’est en dehors de mon processus de pensée. Où seras-tu ? Où sera l’ordinateur sur lequel je tape ces lignes ? Est ce que l’écran sur lequel tu lis ce texte sera depuis longtemps érodé par le temps ?

I cannot really see myself past next year. I don't really think of myself in linear terms. It's outside of my thought process. Where will you be? where will the computer be I am typing this on? Will the screen you are currently reading this text on have long been eroded by time?

Comment voyez-vous évoluer votre musique?
How do you see your music evolve?

Je ne sais pas si elle évolue. C’est un peu comme un jeu. On devient meilleurs avec les règles. Peut-être que quelqu’un connaît les trucs, sait comment obtenir ce son là, ou cet autre, ou sait comment se forcer à écrire d’une certaine façon. Mais avec tout ce savoir vient une certaine préméditation. L’innocence est perdue. Est-ce qu’une pièce préconçue et étudiée représente une évolution ou est supérieure par rapport à quelque chose dans l’inconscience de l’innocence de la jeunesse...

I don't know if it evolves. It's a bit like a game. One gets better at the rules. Perhaps one knows the tricks, knows how to get this sound or that sound, or knows how to push themselves to write in a certain way. But with all this knowledge comes a certain premeditation. Innocence is loss. Is a well thought out and drafted piece of work an evolution or superior, to something done so thoughtlessly in the innocence of youth…

Un plaisir coupable ou un trésor caché (musique ou hors musique) ?
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Oh, ceux là disparaissent quant on “touche le fond”.

Oh those fall away when you hit "rock bottom".

 

Mixtape

Vidéos


Alpine Decline

Depuis 2010 et la sortie de leur premier album, Alpine Decline, le duo guitare/batterie originaire de Los Angeles et expatrié a Pékin, n'a cessé de nous régaler à chaque sortie de disque entre pysché et shoegaze où leurs explorations soniques où ce mêlent distorsions noises et sens mélodique aiguisé. Alors qu'au printemps dernier sortait leur album Life's a Gasp, produit par Yang Haisong (P.K.14), sorte de lettre d'amour/haine dédiée à leur ville d'adoption on a décidé de soumettre le duo hyperactif à notre interview Out of the Blue, ils nous font cadeau d'un titre inédit, teaser de leur prochain album à venir...

D'où venez-vous ?

Where do you come from?

Pauline : On s’est rencontrés à Los Angeles, où j’ai grandi. Jonathan, lui, vient de l’Ohio.
Pauline: We met in Los Angeles, where I grew up. Jonathan is from Ohio.

Où allez-vous ?

Where are you headed?

Jonathan : Vers le futur.

Pauline : À grande vitesse, a priori.

Jonathan : Quand est-ce que ce sera publié ? On y sera déjà à ce moment là, probablement...

Jonathan:  Into the future. Pauline:  Quickly, it seems. Jonathan: When will this be published?  We might already be there…

Pourquoi la musique ?

Why music?

Jonathan : Pauline et moi jouons de la musique depuis aussi longtemps qu'on puisse s'en souvenir. Lorsque l'on a créé Alpine Decline, on jouait déjà tous les deux dans des groupes depuis très longtemps. Mais Alpine a changé un peu notre objectif, la musique est devenue pour nous une véritable quête déterministe.

Jonathan: Pauline and I were both playing music from before our earliest memories. But when we started Alpine Decline and we’d been playing in bands for a long, long time, and the objective changed. We started to use music as a more deterministic pursuit in our lives. 

Et si vous n'aviez pas fait de musique ?

And if music wasn't your thing?

Pauline : C'est évidemment très clair pour nous aujourd'hui, si nous avons eu d'autres options à un moment de nos vies, nous nous en sommes vraiment éloignées il y a très longtemps.

Pauline: It’s clear at this point in our lives, if there ever were other options, they branched off from our path long ago.

Une épiphanie personnelle ?

An epiphany of yours?

Pauline : Toutes nos épiphanies sont très bien décrites dans nos albums.

Jonathan : Nous recommandons au lecteur de se fier uniquement aux paroles de morceaux tirées de sources officielles, ou d'écouter avec une grande attention, l'oreille collée aux enceintes, pour comprendre ces épiphanies. Une correspondance directe est aussi la bienvenue.

Pauline: All our epiphanies are well documented in our albums.  

Jonathan: The reader is kindly advised to only trust lyrics from official sources, or listen very, very closely with your ear pressed against the speakers to make out the epiphanies. Direct correspondence is also welcome. 

Une révélation artistique ?

Your artistic breakthrough?

Pauline : Créer Alpine Decline a vraiment réaligné notre perspective de vie et ce que nous faisions en tant que musiciens, ce que nous cherchions à accomplir avec.

Jonathan : Personnellement, je l'ai ressenti comme les différentes étapes d'un lancement d'une fusée, on s'est extrait de la scène dont on était issu, on a largué les réacteurs et on a plongé dans l'espace.

Pauline : Est-ce que Pékin c'est l'espace, dans ton analogie ?

Jonathan : Une métaphore imparfaite.

Pauline : Mhmm.

Pauline: Creating Alpine Decline really realigned our perspective on what we were doing as musicians, and how we were trying to go about doing it.  

Jonathan: Yes, personally it felt like the stages of a rocket launch, where we first blew up the scene we’d been in, then dropped the boosters and punched into space.

Pauline: Is Beijing “space” in this analogy?

Jonathan: It’s an imperfect metaphor.

Pauline: Mhmm.

Le revers de la médaille ?

Any downside?

Pauline : Il y en a tellement. Tu connais beaucoup d'artistes qui ont des vies confortables et stables ?

Jonathan : Il y a quelques instants de plaisir mais ils sont profonds. Ils n'effacent pas les moments difficiles, mais si on prend du recul, considérer la musique comme un style de vie à part entière est un process qui - si tu le suis jusqu'à ta mort - te transformera en une personne particulière, avec des connaissances bien spécifiques, j'ai toujours été attiré par ça.

Pauline : Mais ça ne fonctionne que si tu suis ça jusqu'à ta mort. Ça ne marche pas si tu arrêtes avant.
Pauline: There are so many. Do you know many artists living comfortable, stable lives?

Jonathan: The pleasures are few but profound. It’s not that they outweigh the downsides, but the big picture is that music-as-a-way-of-life is a process that -- if you stick with it until you die -- will shape you into a particular kind of person, with a particular set of insights, and I’ve always been attracted to that.

Pauline: But you have to stick with it until you die.  It doesn’t work if you quit before then.
Y a t-il une vie après la mort artistique ?

Is there life after artistic death?

Jonathan : La vie est courte, la mort est longue et le succès est très très loin.

Jonathan: Life is short and death is long, and success is very far away.

Un rituel de scène ?

Your pre-stage ritual?

Jonathan : C'est obscène et vicieux.

Pauline : Ca n'est pas pour les âmes sensibles.

Jonathan : Ou pour ceux qui ont l'estomac fragile.

Pauline : C'est bien plus intéressant que ce qu'il se passe sur scène.

Jonathan : On ne nous autoriserait pas à le faire sur scène.

Jonathan: It’s obscene and vicious.

Pauline: Not for the faint of heart.

Jonathan: Not for the weak of stomach.

Pauline: Far more interesting than what goes on onstage.

Jonathan: They would never allow that onstage.

Avec qui aimeriez-vous travailler (musique et hors musique) ?

Who would you work with (musically or not)?

Pauline : On préfère plutôt travailler à l'envers - au lieu de choisir quelqu'un avec qui nous voudrions travailler en espérant que l'on parvienne à s'entendre humainement, nous essayons de convaincre ceux dont nous sommes proches de travailler avec nous. Même s'ils ne sont pas les plus grands experts dans leur domaine.

Pauline: We sort of work backwards – instead of choosing someone we want to work with and hoping we connect personally, we just try to convince the people that we connect with personally to work with us. Even if they aren’t the most expert in whatever we’re doing together.

Quel serait le climax de votre carrière artistique ?

What would be the climax of your career?

Jonathan : Il est sûrement préférable de nous voir comme des moines. Les moines n'ont pas de carrière en méditation ou en chant. Leur pratique n'a pas vraiment de climax.

Pauline : Sauf s'ils atteignent l'illumination...

Jonathan : Tu aimes bien descendre mes métaphores aujourd'hui.

Pauline : Qu'est-ce que tu veux dire par "les moines n'ont pas de climax" ?

Jonathan : Je crois que pour nous il s'agit plutôt de continuer à travailler encore et encore jusqu'à ce qu'émerge une sorte de grande révélation finale. Aucun album ne touche du doigt parfaitement cette véritable révélation mais peut-être qu'à la fin, cette révélation essentielle émergera de ce que nous avons créé collectivement.

Jonathan: Maybe it’s better to think of us more like monks.  Monks do not have a career of meditating and chanting.  Their practice doesn’t have a climax.

Pauline: Well, if they achieve enlightenment…

Jonathan: You are really coming down hard my analogies today. Pauline: Well, what are you saying?  “Monks don’t climax?”

Jonathan: I think it’s more about making a body of work that kind of circles around some big revelation.  No one single album quite pins it precisely or perfectly, but maybe by the end, the picture will emerge from looking at it all collectively.  

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ? Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Pauline : Il n'y a rien que je pourrais me dire à moi-même que j'aurais écouté étant jeune.

Pauline: There’s nothing I could have said to myself that I would have listened to.

Comment vous voyez-vous dans trente ans ?

How do you see yourself thirty years from now?

Jonathan : Des vieux fous rigolant des voix que nous entendons dans nos têtes, en se souvenant très mal de notre passé.

Jonathan: Old fools laughing to ourselves at the voices in our head and misremembering our past.  

Comment voyez-vous évoluer ta musique ?

How do you see your music evolve?

Jonathan : Je n'ai pas de véritable réponse à cette question. C'est un sujet tellement compliqué, très bordélique, que je préfère généralement l'éviter pour ne pas avoir à me perdre dans mes pensées.

Jonathan: That’s not really something I could give a clean answer to… it’s such a big, messy topic that in general I prefer to just avoid tangling up my thoughts with it.


Un plaisir coupable ou un trésor caché (musique ou hors musique) ?

Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Jonathan : J'aime beaucoup boire et fumer dans des chambres d'hôtel délabrées de villes du tiers-monde.

Pauline : J'adore les Nutter Butters.

Jonathan: I’m particularly partial to drinking and smoking in run-down hotel rooms in third tier cities.  

Pauline: I like Nutter Butters.  

Écoute exclusive

Dawn Education by Helicopter est un morceau tiré des sessions réalisées l'hiver dernier à Taipei, qui se sont transformées en ce qui sera notre prochain album Action Moves Away from the Center. Contrairement à nos autres albums, on a choisi de n'utiliser ni batterie ni guitares sur celui-ci, il a été produit entièrement à partir de synthés modulaires. Le disque devrait sortir fin 2017. Pour ceux qui préfèrent les guitares et la batterie, nous enregistrons à Pékin la suite de Life's A Gasp, ça s'annonce vraiment bien.

Dawn Evacuation by Helicopter is a track culled from the sessions last winter in Taipei that resulted in our forthcoming album Action Moves Away from the Center.  Unlike our other albums, Action Moves Away from the Center has no drums or guitars -- it was produced entirely on our modular synths.  Look out for this record later in 2017.  If you prefer guitar and drums in your music, we are currently in Beijing recording the follow up to Life's a Gasp, and it's turning out to be a real doozy.

 

Video

Photo en pj. © Nicholas Marshall


Éric Chenaux l'interview

Pratiquer un instrument de nombreuses années crée une familiarité, un confort mais parfois le sentiment que la découverte ne sera plus au rendez-vous, la passion reste intacte mais l’inconnu et le plaisir qui vont de paire s’estompent. La guitare est, probablement avec le piano, l’instrument le plus pratiqué dans le monde, de ce fait surprendre ou, mieux, innover semble chose ardue. Cela fait pourtant longtemps qu’Eric Chenaux étire le chant des possibles de la six cordes, créant un nouveau langage, une ondulation, un fil fragile mais ludique qui s’articule autour de mélodies désarticulées.

Initialement basé à Toronto, il y est une figure de proue de la scène DIY et expérimentale, tout d’abord en tant que frontman d’un groupe de post-punk, Phleg Camp, à la fin des années 1980, puis dans la scène de la musique improvisée, du non jazz, notamment en tant que co-fondateur du label Rat Drifting en 2002, avant de s'établir en solo chez Constellation depuis 2006. Un parcours musical varié, aux collaborations et rencontres multiples (Sandro Perri, Josephine Foster, Radwan Ghazi Moummeh, Eloïse Decazes, Norberto Lobo) mais aussi dans la danse contemporaine et le cinéma. Il revient en 2017, avec deux albums à paraître cette fois chez Three:four Records, un premier en compagnie de Norberto Lobo le 24 mars et le deuxième avec Eloïse Decazes.

Installé depuis quatre ans à Paris et plus précisément à Saint-Ouen, c’est chez lui que nous nous retrouvons autour d’un apéro charcuterie-fromage-vin pour parler de sa future tournée japonaise, de ses prochaines sorties, de ses rencontres, de Constellation et de l’apprentissage du français notamment... (qu’il parle très bien d’ailleurs)

Interview

Quelle est ta relation avec le français ? C’est ton deuxième album avec Éloïse [La Bride, à paraitre le 14 avril, ndlr],le français y est très littéraire et évoque des contes ou des chants de troubadours médiévaux.

Le premier était assez moyenâgeux, comme des complaintes. Le deuxième, c’est plus des ballades traditionnelles, pas nécessairement du Moyen-Âge.

Ça m’a fait un peu penser à Josephine Foster, particulièrement l’album A Wolf In Sheep’s Clothing que j’aime beaucoup, notamment à la très belle reprise de schubert An Die Musik.

Oui, c’est un très bon album.

Tu as travaillé avec elle ?

Oui, plusieurs fois. Une fois en duo et une autre avec une pianiste et son mari, pour cet album justement, à Londres, lors d'un festival de musique expérimental et on a partagé des dates, on est amis.

Dans cette reprise, il y a d'ailleurs cette guitare saturée qui arrive sur la fin, très free, qui pourrait un peu se rapprocher de ton jeu.

Oui, c’est un musicien de Chicago ou Boston, il est incroyable, je crois qu’il a joué qu'une fois avec elle, je ne le connais pas mais je lui ai demandé qui était ce mec ; il joue fort et avec beaucoup de liberté, et surtout il joue joyeusement.

Justement, sur ton album avec Norberto Lobo, on a l’impression que ta guitare est moins narrative, que c’est plus une texture libre par rapport à d’autres de tes albums sur lesquels il y a une mélodie et après une destruction qui se fait autour de cette mélodie. Là on commence directement par cette destruction, cette texture, ce magma.

Oui, oui, l’album de Norberto est, d’une manière, plus un type de musique proche de celui que je faisais à Toronto. Quand j’ai commencé à faire des chansons, c’était plus basé sur l’improvisation free, cérébrale. Les deux sont parallèles pour moi, les impros sont comme un monde, un espace qui utilise un peu de composition mais pas trop ; une chanson, c’est un espace qui utilise quelque chose de prédéterminé, une mélodie en général, des accords et une clef, une base en fait. J'adore les chansons et je suis toujours étonné par le manque d’improvisation dans les chansons. Burt Bacharach a composé des chansons incroyables pour Dionne Warwick, tellement belles, les arrangements et les structures font des détails. Et ces détails, je n’arrive pas à les composer, je n'en suis pas capable, enfin je ne sais pas si je le suis mais j’en ai aucune envie. Pour moi, les chansons sont des détails qui proviennent de l’improvisation. Et c’est une manière d’entrer dans le monde des détails, c’est dans ces détails qu’on trouve l'univers d’une chanson. Les petits bruits, le souffle d’un chanteur, le posé sur un piano, un bend, ce sont les choses comme ça qui me plaisent et qui deviennent un monde pour moi, un intervalle, une perception de la chanson qui provient de ces détails et comment jouer dans ces intervalles, ces frictions, ces hallucinations, ces attractions, ces... beaucoup de mots qui finissent en -ion avec des bases latines, et féminins.

Ah ! Ah ! Ah !

Est-ce que tu sais ce qui détermine le genre des mots ? Pourquoi ces mots sont masculins ou féminins ?

C’est en général d’après une base latine, les mots qui finissent en -ure, -ette, -ie et -ion sont généralement féminins. Mais par exemple, un mot moderne comme "selfie" finit en -ie, comme photographie, etc. qui sont généralement féminins, mais celui-ci est masculin. Pourquoi, qui a déterminé ça et sur quels critères les académiciens ont choisi, je n'en ai aucune idée...

C’est incroyable de se dire que les académiciens prennent une journée pour se dire que "selfie" doit être masculin !

Justement, toi, par rapport au français, apprendre une nouvelle langue, c’est comme apprendre une nouvelle mélodie, une musique, et en plus tu es Canadien, tu viens de ce pays bilingue.

Il y a une association entre le français et le Canada, une histoire mais si tu ne passes pas de temps au Québec, au final tu ne penses pas vraiment au français ; tu vois tout le temps les deux langues, au supermarché, partout mais tu n’y penses pas vraiment. En tout cas, en ce qui me concerne. Quand je suis rentré à Toronto, j’ai été frappé par le nombre d’amis qui pouvaient parler français alors qu’avant mon arrivée ici je m’en foutais. Mais en fait tout cela vient de l’école. Parmi ces amis de Toronto, il y en a deux qui sont batteurs et qui sont mes favoris.

Est-ce qu’il y en a un qui a joué sur Love Don’t Change ?

Oui, c’est Nick Fraser.

Il est incroyable !

Oui, il est... pfiou ! J’ai beaucoup joué avec lui et le voir jouer est étonnant parce que tu n’as pas l’impression qu’il tape, au contraire. Quand tu regardes les autres batteurs, tu vois les gestes et l’amplitude, pas lui.

C’est ce que je te disais la première fois que je t’ai vu, ce morceau ne m’a jamais quitté, il m’accompagne tout le temps, et quand tu parlais de ces intervalles, je trouve que ce morceau en est un parfait exemple. Est-ce qu’il joue aussi sur Impossible Spaces de Sandro Perri ?

Hum, oui, peut-être une chanson... non, je crois que ce sont d’autres batteurs en fait. Mais il y a plein de batteurs incroyables à Toronto. Le père de Nick Fraser est en charge du bilinguisme au gouvernement et en tournée Nick parle aux concerts dans les deux langues, avec un gros accent d’Ottawa. Entre Mariette [sa compagne, ndlr] et moi, au début, je ne parlais pas quasiment jamais en français. Quand je suis arrivé ici, c’était difficile.

Tu n’as pas de membre de ta famille qui est francophone ?

C’est encore plus triste parce que c’est normalement ma première langue, j’ai grandi en Suisse. Je suis né aux Etats-Unis mais je suis arrivé à l’âge de deux ans à Vevey, en Suisse, mon père est Suisse portoricain et ma mère est de Suisse romande. Mon père, lui, parle cinq langues, il a grandi avec trois langues. Avec ma grand-mère, je parlais français et espagnol. Mais j’ai tout oublié. Petit, j’étais le traducteur de ma classe parce qu’il y avait beaucoup d’Américains dont les parents étaient là pour l’entreprise Nestlé.

je vous épargne une digression sur la linguistique et la grammaire française….

Il y a quelque chose que j’ai vraiment beaucoup aimé au début de ton concert à l’Espace En Cours, c’est ta façon de présenter ton concert, cette approche assez humoristique et décontractée, c’était la première fois que je voyais ça en fait, tu spoiles ton concert en disant à l’avance le nombre de chanson, leurs durées, qu’il n'y aura pas de rappel...

Oui, ça, ça me vient de Hitchcock, il commence à introduire son film en disant directement qui est le tueur et j’adore ça. Ces teasers, c’était drôle, prétentieux mais sarcastique et au final tu oubliais qui était le tueur et tu te laissais prendre au jeu. Dans le monde de la musique improvisée, dans le jazz, c’est tellement rare que les personnes parlent, c’est un peu formel et silencieux. Dans la musique traditionnelle ou folklorique, on introduit la chanson en racontant parfois son origine et j’aime beaucoup ça. Les musiciens que j’adore de la musique traditionnelle folk britannique font ça, je ne fais pas partie du même monde musical mais je ne suis pas timide et plutôt à l’aise sur scène donc je veux partager ça avec le public, ce sentiment d’être à l’aise et de partager un moment qui ne soit pas formel.

Parfois tu vas à des concerts et tu sens que l’artiste sur scène est gêné ou stressé et tu compatis un peu, ça je ne veux pas que ça m’arrive, jamais, je veux qu’on sente que je suis à l’aise. Ce qui n’est pas toujours le cas évidemment mais je ne le montre pas. Et donc ça me vient d’Hitchcock, je révèle le mystère dès le début mais je maintiens le suspense, le plaisir pendant le temps du film pour Hitchcock et du concert pour moi. Je dis à l’avance que je jouerai six ou sept chansons, qu’il yen aura des longues, des courtes et que ce sera tout. Peut-être qu'en tant que spectateur, tu vas compter mais tu ne sauras pas combien de temps les chansons vont durer et tu seras peut-être plus réceptif, d’une certaine manière moins stressé, par le concept formel de temps et tu te concentreras plus sur les détails.

La personne qui était avec moi à ce concert, et qui n’est pas nécessairement très familière de ce genre de musique et de son public, ton "effet Hitchcock", ça l’a mise plus à l’aise, ça a créé une atmosphère de familiarité.

C’est très très important pour moi d’éviter le narcissisme de l’artiste sur scène et d’être généreux, d’avoir une relation, un échange avec le public. Après, quand tu es sur scène, c’est pas toujours facile, évidemment tu veux que les gens partent en étant contents parce que tu en dormirais mieux la nuit mais il ne faut pas que cette envie fausse l’échange. Parfois, t’as pas dormi ou ça ne va pas dans ta vie et tu te demandes où trouver la force de créer cette connexion ; pour moi, c’est un rapport au temps et à comment le gérer. Et je pense que l’improvisation contribue à ça, tu te perds toi-même dedans, tu t’aventures. Au début, quand je suis arrivé à Paris (il y a quatre ans), j’étais un peu nerveux de jouer, c’était mon nouveau chez moi alors c’était important pour moi - j'ai peut-être joué deux mille fois à Toronto, la nervosité n’existait plus du tout.

Je peux te demander pourquoi tu es venu à Paris ?

Pour la personne avec qui j’habite, Mariette.

J’ai le souvenir d’un concert, il y a quelques années à Londres, ce soir-là je me suis rendu compte pour la première fois que c’était impossible que la personne à côté de moi entende le morceau de la même manière que moi. En fait, pour moi, la musique et son parcours, son trajet vers l’auditeur est plus pur et direct que n’importe quel autre art. On dit "seeing is believing", il faut le voir pour le croire, on ne peut pas croire directement avec ses oreilles.

Pour toi, la musique serait l’art majeur ?

Non, pas du tout, mais c’est le côté de l’abstraction de la musique qui est pour moi majeure. En général, à un concert, je ferme les yeux, ça soulage d’abandonner la vue, de laisser du répit aux yeux et de se laisser porter. Il y a un côté hallucinatoire dans la musique, on ne la comprend pas. Quand tu vois quelque chose et qu’elle est matérielle, tu la comprends. Une musique n’est pas nécessairement narrative comme les autres arts. Il y a aussi cette ambivalence dans la musique, par exemple la soul qui a des paroles super tristes sur une musique très rythmique, comme James Brown, et cette manière de communiquer propre à la musique n’est pas de l’ordre du langage.

Je comprends mieux ta notion de trajet et de parcours maintenant. Quand j'habitais à Halifax, j’étais allé voir Leonard Cohen, il a joué 4h30 et des poussières et il disait en s’adressant au public "ok les gars, c’est samedi soir et si vous devez vous lever demain matin pour profiter de votre dimanche, allez-y parce que nous, on est là encore pour un moment" et j’ai bien aimé ce truc simple et direct d’enlever le masque et de dire "nous, on fait le boulot mais si vous en avez marre, allez-y", un peu comme toi qui annonce direct le menu en disant "... après vous devez prendre le métro donc je préfère vous prévenir", désacraliser un peu le truc.

Oui, je suis d’accord, j’essaie de garder aussi l’équilibre entre l’aspect rêverie de la musique et l’aspect humain, ouvert, et de jouer avec les deux. Ça ne marche pas toujours, ça prend du temps mais l’idée est de créer un espace ensemble.

Chez toi, il y a d’ailleurs un équilibre qui est intéressant entre la chanson et la destruction de cette chanson, il y a Éric Chenaux qui partage sur scène, qui joue avec le public, qui utilise des effets pour la guitare d’une façon ludique et, en même temps, la beauté de l’improvisation.

En fait, je ne joue pas de la guitare ou des effets, je joue avec mon corps. J’adore les effets, la wah-wah et j’adore les filtres parce que, pour moi, l’oreille est un filtre ; je voudrais les modifier, les multiplier, jouer avec vos oreilles. C’est presque une danse, l’idée n’est pas de cumuler des effets, c’est de créer une relation entre eux et que le tout soit une danse - pas un ballet mais plutôt "dancing like a fool", un peu de la même façon qu'a Buster Keaton de tomber, un peu de grâce et un peu de folie.

J’aime vraiment ces rapprochements que tu fais entre Hitchcock, Keaton et ta musique parce que je trouve que, par exemple, Warm Weather est très gracieux, direct et d’autres morceaux gondolent. Il y a souvent cet équilibre chez toi. Et c’est un peu pareil avec ton label Rat Drifting où il y a du jazz pointu et d’autres choses, plus directes.

Oui, il y a aussi des groupes, dans lesquels je ne joue pas d’ailleurs, sur mon label qui font des trucs plus mélodieux.

Et il y a aussi ce truc avec Constellation, de se dire qu'il y a Godspeed You Black Emperor et Éric Chenaux. Constellation était un label super important pour la scène dite post-rock...

Ca, je dirais que c’est surtout en France où les premières années de Constellation semblaient vraiment importantes. Je pense à ça souvent parce que quand je faisais mes premières dates ici, personne ne me connaissait mais le côté Constellation m’a ouvert beaucoup de portes. Cette relation particulière, française, avec l’Amérique du Nord et, de manière générale, la curiosité culturelle (le jazz au début du vingtième siècle, la littérature, Fitzgerald, etc.), j’adore ça ici. Vous êtes des amateurs dans le bon sens du terme, dans le sens d’amour. J'aime bien le fait que ce mot amateur puisse avoir deux existences complètement différentes.

Je t’ai découvert avec Constellation, je ne sais pas si je serais allé découvrir Éric Chenaux si cela avait été étiqueté "musique improvisée jazz".

Oui, moi non plus !

En fait, si on me demande quels sont mes albums préférés de Constellation, je dirais Sloppy Ground et Impossible Spaces de Sandro Perri.

Impossible Spaces n’est pas un album que j’écoute suffisamment. En fait, j’adore Tiny Mirrors, et pas parce que je joue dessus hein, mais je trouve que les morceaux sont très beaux. Sandro nous avait entendu avec des musiciens de Rat Drifting, il voulait nous inviter sur un album et on a juste joué ensemble de façon naturelle - même si Sandro aime beaucoup l’editing -, mais oui, Impossible Spaces est super, il est plus contrôlé, je crois qu’après cet album il a dû avoir quelques cheveux gris parce qu’il a eu pas mal de travail.

Tu te souviens quand tu as commencé à jouer de la guitare et qu’est-ce qui t’as influencé ?

Non, pas vraiment. Mon père était un grand amateur de flamenco, et spécialement de Carlos Montoya, très célèbre. C’était le premier, je crois, à jouer seul, juste assis sur une chaise et, avec mon père, j’en ai vu plusieurs. Jeune, j’adorais la musique évidemment mais mes parents n’en jouaient pas, ma grand-mère jouait du piano mais c’est tout.

Plus jeune, tu jouais dans un groupe de post-punk, Phleg Camp.

Oui, un groupe post-punk des années 1980. On a beaucoup tourné aux Etats-Unis à l’époque, j’avais dix-huit ans, je vivais quasiment sur la route et j’étais à la fac en même temps.

Et t’étais le guitariste/chanteur, c’est bien ça ?

Oui, c’était quelque chose ! Le groupe était pas mal, un peu funky en fait.

Dans l’album avec Norberto, je voyais le terme various electronic, est-ce que vous avez utiliser d’autres instruments ou ce sont des effets ?

Des effets. Parfois j’utilise le terme various electronic et parfois juste guitare mais pour celui-là ça marchait bien.

Tu joues d’un autre instrument ?

Non, pas du tout, le seul dont je joue un peu mais pas bien, c’est du violon et juste de la musique traditionnelle irlandaise. J’adore le piano, c’est peut-être mon instrument préféré mais tu peux pas faire de bends et j’adore les bends.

C’est sûr que quand on t’écoute, on s’en rend vite compte !

Oui, everything bends.

D’ailleurs, par rapport à ton manche, la tension et tout...

J’ai de la chance, je ne sais pas comment elle reste accordée et comment elle tient, c’est une super guitare.

C’est quoi, d’ailleurs, ta guitare ?

Gibson 1962, super instrument.

Elle bouge pas ?

Si, un peu, il y a aussi le fait que je l’accorde bizarrement et que j’utilise des cordes épaisses, des gros tirants mais oui, je ne comprends pas, je suis chanceux.

Tu l’as depuis combien de temps ?

Ça fait dix-huit ans.

Gibson, en général ?

Non, c’est ma première, en fait j’ai juste deux guitares : la Gibson et celle-ci (il me montre une vielle guitare classique nylon) que j’ai trouvée dans la rue. J’adore les guitares simples et je n’ai aucune envie d’avoir une autre guitare électrique.

C’est marrant, ça.

Oui, je sais, je ne suis pas un passionné de guitares.

En même temps, c’est ça que j’adore dans ton jeu, c’est que tu es hors guitare comme tu disais tout à l’heure, on sent que c’est un truc organique, ça n'est plus vraiment un instrument, il suffit d’entendre quelques notes pour se dire c’est Éric Chenaux. C’est rare ça.

C’est que je n’ai aucune idée, en fait je suis un très mauvais guitariste, j’en connais des incroyables. Moi, je n'ai aucune technique et je joue comme si j’en avais une incroyable, je joue comme si j’étais super doué mais c’est pas le cas, peut-être que c’est pour ça que je sonne comme ça.

J’ai du mal à y croire

Non mais peu importe, c’est une idée intéressante, l’idée que tu puisses juste te lancer sans savoir où. Après je joue beaucoup, je suis assez à l’aise sur cette guitare mais je suis assez merdique en fait. Mais surtout, j’adore ça, il faut que ça soit un plaisir, du bonheur, je joue comme si c’était une fête. Je n’aime pas l’idée de virtuose. Il peut y avoir un truc d’équilibriste, un truc presque contraire mais joyeux. Quand il y a des guitaristes qui parlent de la technique en disant qu'il faut faire ça et ça, j’ai presque envie de faire exactement le contraire et pas juste par esprit de contradiction. Par exemple, un guitariste que j’adore, c’est Derek Bailey (il met un CD), un guitariste d’improvisation qui a vraiment changé la guitare au vingtième siècle. Je cherche et je prends des trucs qui tombent des poches des artistes que j’aime bien, je recycle ce qu’ils jettent en quelque sorte. J’aime utiliser les trucs qui sont délaissés, je sais pas si tu vois ce que je veux dire.

Si, si, je crois.

C’est pas intéressant pour moi de prendre quelque chose qui est connu, qui a une histoire.

Et sinon, qu’est-ce que tu as pensé du concert de Danny Oxenberg et Bear Galvin ?

Je dois dire que j’ai pas vraiment écouté ce concert après la première partie que j’ai vraiment adoré (75 Dollar Bill), Mariette s’occupait de la buvette à l’extérieur et avait un peu froid alors je suis resté avec elle. Mais j’adore les Supreme Dicks.

En fait, j’aime bien par rapport à ce qu’on se disait. Eux ont commencé leur concert par une reprise de Simon & Garfunkel et ils ne savaient pas vraiment la jouer, c’était une reprise un peu désastreuse mais c’était tellement sincère...

Oui, leur sincérité était incroyable.

Et cela marche bien avec l’idée de recycler le virtuose, de l’apologie de la maladresse en quelque sorte.

Tout à fait, et les Supreme Dicks, c’est vraiment cool. Revenant sur l'album de Derek Bailey qu'on écoute : et donc cet album, c’est avec une danseuse qui improvise…

Tu aimes beaucoup la danse, non ? t’as déjà travaillé avec des danseuses ?

Oui, c’est super important pour moi. C’est un art qui me touche beaucoup.

Du coup, pour toi, l’image, c’est très important parce que tu as travaillé pour la danse mais aussi pour le cinéma ?

En effet, j’ai fait des bandes originales de films dont une il y a trois ans.

Sinon on était tous les deux au concert de Mike Wexler, tu en as pensé quoi ?

J’ai bien aimé.

Son approche de la guitare, c’est un peu le contraire de toi, je trouve.

Oui, il est très carré, c’est bien pensé, il y a du travail, j’aime beaucoup, mais la vie sans improvisation, c’est difficile pour moi.

Maxime et Gaëtan (Three:four Records), tu les as rencontrés quand et comment ?

Ça, c’est intéressant, je les ai rencontré par Arlt. Eloïse et Florian m’ont contacté via MySpace il y a huit ans, je crois. Ils m’ont dit "on aime bien ce que tu fais", j’ai écouté leur musique et je me suis dit "putain c’est pas mal, j’aime bien" alors on s’est écrit, on partagé des concerts ensemble et à cette tourné-là, j’ai rencontré Mariette. Maxime, c’était deux ans après et c’était via Radwan de Jerusalem In My Heart - chez Constellation aussi et cofondateur du mythique studio montréalais Hotel2tango. Gaëtan, c’était par une compilation que Maxime a faite pour Three:four Records.

The Byre, vous l'avez enregistré à Lausanne avec Norberto ?

Oui, c’était une résidence que Gaëtan nous a demandé, on a essayé et je pense que ça a bien marché.

Le disque de Derek Bailey se terminant, j’en profite pour lui demander s'il écoute d’autres types de musique et s'il y en a qu’il n’écoute pas.

Je n’écoute pas de salsa, c’est trop rapide. Le reggaeton, c’est un peu trop macho pour moi, par contre j’écoute beaucoup de reggae.

Tu vas encore travailler avec Constellation ?

Oui, bien sûr ! Heureusement, je continue, j’enregistre un nouvel album en avril.

Ça veut dire que tu vas sortir trois albums en 2017 ?!

Je crois qu’il sortira en 2018, celui-ci.

Mais techniquement, ça aurait été possible ?

En principe, trois c’est toujours possible - même plus parce que j’ai un autre album pour Three:four.

En plus de celui avec Norberto et Eloïse ?

Oui, c’est un album expérimental et instrumental.

Et tu chantes ?

Non.

En fait, cela fait trois disques où tu ne chantes plus vraiment.

Oui. Mais pour celui de Constellation, je chante.

En parlant de Constellation, qu’est-ce que tu penses de Off World ?

Il y a des titres que j’aime plus que d’autres. Avec Sandro, il y a toujours une tonalité un peu sombre et j'aime moins quand c’est le cas mais il y a des morceaux incroyables, et le prochain Off World sera incroyable.

Je me demandais, où est-ce que tu répètes ?

J’ai un studio à Belleville, rue du Faubourg du Temple, juste au-dessus du métro, je peux y travailler souvent, c’est des amis et j’ai mon créneau le matin.

Tu es du matin ?

Oui, je suis plus créatif, j’ai plus de dynamisme, et après je peux aller nager.

Qu’est-ce que tu penses de Paris ?

C’est étrange comme lieu, c’est évidemment joli et j’en suis tombé amoureux - moins le métro et la ligne 13 mais j'ai mon Kindle alors ça passe.

Tu pars au Japon bientôt, pour une tournée, je crois que ce n’est pas la première fois ?

Non, c’est la troisième et toujours la même tournée : deux semaines, dix concerts.

Deux semaines, c’est bien comme durée, non ?

Plus c’est possible mais pas beaucoup plus. Moins pour le Japon, c’est impossible, il y a trop de trucs merveilleux à manger sur place !

Et tu y vas seul ?

Ryan Driver vient mais je joue seul et lui aussi.

Mais vous n’allez pas vous retrouvez pour jouer ensemble comme vous l’avez fait ?

Hum, je ne sais pas, c’est difficile de jouer des chansons avec moi, c’est un chemin sinueux... on va voir.

C’est plus difficile de jouer avec toi que toi avec quelqu’un d’autre ?

Je ne sais pas, je ne pourrais pas dire ça mais la façon que j’ai en ce moment de jouer mes morceaux est difficile. Cela dit, quand j’ai joué avec Christine Abdelnour (saxophoniste), ça a super bien marché.

Tu penses que ça pourrait dépendre de l’instrument aussi ?

C’est plus la manière de penser et de jouer.

Parce que je trouve qu’avec le piano, l’approche expérimentale est plus limitée.

Oui, tu as raison, tu dois plus connaitre le morceau avec un piano je crois. Le saxo peut juste faire un souffle, un bruit.

Un peu comme Colin Stetson, qui était chez Constellation ?

Oui, tout à fait. Par contre, il n’y est plus, il a sans doute trouvé quelque chose d’autre qui lui correspondait mieux.

Il a beaucoup changé, ce label : Tindersticks, Vic Chestnutt, etc. 

Oui, ils évoluent bien je trouve. Mon favori, c’est… j’aime beaucoup Sandro et Feu Thérèse, surtout l’album Ca Va Cogner, je le trouve incroyable, ce sont les gars de Fly Pan Am et c’est de la musique vraiment fun… c'est un peu le Gainsbourg porno français.

En ce moment, j’écoute beaucoup de musique japonaise comme Haruomi Hosono et le Yellow Magic Orchestra ou Midori Takada, et comme tu pars d’ici peu au Japon...

Ah oui, j’adore ! Est-ce que tu connais Asa Chang & Junray ?

Non.

C’est superbe, il faut que tu écoutes ! On adore ça avec Sandro.

(il met une vidéo qu’on commente en parlant de Boredom)

Est-ce que tu utilises des pédales de loop ?

Non, jamais, je n’aime pas ça, je n'aime pas les motifs ni les trucs qui se répètent. Pour moi, il faut un fil continu et le loop est absolument contraire à cette idée.

Tu vas jouer où au Japon, dans des salles de concert ou dans différents lieux ?

Ça va être très différent chaque soir, entre des théâtres de deux cents personnes et un magasin de vêtements pour soixante personnes, et à Tokyo dans des clubs et des bars.

Bonne tournée en tout cas et merci pour l’invitation.

Merci à toi.

Mixtape

Sun Ra - I Dream Too Much
Jeanne Lee - Your Ballad
Thelonious Monk - Chordially (Improvisation)
Betty Carter - Spring Can Really Hang You Up The Most
Robert Ashley - Outcome Inevitable
Chris Connor - High On A Windy Hill
Derek Bailey & Min Tanaka - Rain Dance


Bye Bye Ocean l'interview des trois ans

Bye Bye Ocean est dans doute l'un des collectifs qui a permis à la nuit parisienne de s'émanciper et de s'hybrider toujours plus. Pour le troisième anniversaire de ce crew maintenant historique et toujours aussi dynamique, on a fait une petite interview avec eux.

Comment ça a commencé, cette aventure collective ?

Tout a commencé il y a trois ans. À l'époque, il y avait une grande différence entre les soirées qui étaient proposées et ce qu’on écoutait réellement avec Camille - Thomas nous a rejoint plus tard. C'était en 2014, l’éclectisme musical en club à Paris était plus réduit et l'on a eu envie de proposer quelque chose de différent.

Pourquoi Bye Bye Ocean et pourquoi cette musique ?

Le nom nous est venu comme ça, c’est un mélange d'idées. On s’est dit qu'il était bien figuratif et offrait une image intéressante, assez apocalyptique qui pouvait inspirer les artistes avec lesquels on voulait collaborer. Musicalement, on a toujours agi en fonction de nos goûts du moment et si l'on devait mettre un terme aujourd’hui sur ceux du moment, ça serait la musique club expérimentale, sans style proprement défini.

Il y a une constellation qui s'est créée au fil du temps avec Stock71 et Permalnk, ce sont les mêmes protagonistes dans tous les projets ?

Il y a des affinités mais les entités et projets sont tous bien distincts. Les protagonistes ne sont pas exactement les mêmes et les envies sont différentes. Tous ces projets fonctionnent de manière très personnelle, la base commune étant de ne pas se fixer de limite.

Est-ce qu'avec vos soirées et celles, disons des copains, je pense à I've Seen The Future par exemple, Paris a fini par devenir plus émancipé ? Plus monstrueux ?

Grave, c’est un mouvement collectif, les soirées sont de plus en plus variées, une nouvelle forme de fête à vu le jour depuis quelques années. Évidemment, gros respect pour les copains d’I've Seen The Future et leur programmation de malade, big up aux Parkingstones également, qui révolutionnent la nuit parisienne en mélangeant live, performance et gros son club. Il y a aussi les soirées de Betty et Teki qui jouent leur rôle dans le fait de ramener toujours plus d’artistes d’horizons différents. Il fait bon sortir à Paris ces temps-ci.

On aime assez parler de musique monstrueuse pour parler de la musique que vous défendez, ça vous quoi, cette idée de monstre ?

On parlerait peut-être plutôt d’hybridation, un mélange de style, une expérimentation. Ou alors peut être pas un monstre mais un alien.

Votre programmation est assez impressionnante, Lotic, Rabit, Angel Ho, M.E.S.H., nunu, Celestial Trax, etc., comment cela se passe de votre côté, ces programmations, ces envies ?

Ça marche au coup de cœur, c'est assez personnel finalement. C'est avant tout l'envie d'inviter des artistes peu connus qui sont très rarement invités en France alors qu’ils tournent davantage à l’étranger. Nos line-ups sont toujours des cadeaux qu’on se fait à nous-mêmes et nous pensons arriver à transmettre le plaisir que cela nous fait à notre public.

Qu'est-ce que ça fait, d'avoir trois ans et de les fêter avec M.E.S.H., qui est sans doute un des types les plus brillants de sa génération ?

C’est un peu fou, on ne savait pas où cela allait nous mener, on n'a jamais eu de prétentions particulières mais on est très fiers et très heureux de fêter ça avec la famille samedi. Beaucoup de rencontres incroyables. Ça va être particulièrement intense, avec le grand manitou M.E.S.H. qui a marqué sa première venue et qui nous soutient tout particulièrement depuis.

Vous envisagez des évolutions pour la Bye Bye Ocean, qui est maintenant devenue une institution des nuits à Paris ? C'est quoi, le futur de Bye Bye Ocean ? Toujours autant d'envie et de sueur?

On ne pense pas à changer de lieu, la Java fait partie des symboles de cette soirée. Toujours autant envie de sueur, oui, pour un petit bout de temps encore. Pourquoi pas quelques ouvertures, un peu de footwork ? Un peu de live ? Un peu plus d’accessoires et de déco pendant les soirées comme pour ce troisième anniversaire...

Merci Bye Bye Ocean, longue vie !


Exit Someone

Au début de l'année, Atelier Ciseaux sortait le premier EP cassette d'Exit Someone groupe montréalais formé de June Moon (Forever) et Thom Gillies (Vesuvio Solo). Dry Your Eyes est composé de six titres pop doux et romantiques. Lorgnant clairement vers les 80's avec ses nappes de synthé, ses beats légers et ses notes de sax et deflûtes, le son voluptueux d'Exit Someone vous caresse dans le sens du poil et fait mouche, notamment sur le titre Sydney, The List Goes On. Découvrez l'univers du couple venu du pays de la poutine grâce à notre mini-interview Out Of The Blue et écoutez leur mixtape exclusive - enjoy !

D'où viens-tu ?
Where do you come from?

June : Je suis née sur une île magique, pour de vrai.

Thom : C’est vrai.

June: I was born on a magic island, for real.

Thom: It’s true.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

June : Ici, là, partout.

June: Here, there, everywhere.

Pourquoi la musique ?
Why music?

Thom : Bach.

June : Tu plaisantes ? La musique, c'est la vie.

Thom: Bach.

June: Are you kidding me? Music is life.

Et si tu n'avais pas fait de musique ?
And if music wasn't your thing?

June : J’aurais pu être danseuse !

Thom : Pareil.

June: I coulda been a dancer!

Thom: Same.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

June : Prends soin de ton corps avec une bonne nutrition et profite des avantages liés à l’élévation de ta vibration.

June: Honour your body with good nutrition and enjoy the benefits of raising your vibration.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

June : Se libérer de son ego.

Thom : Ne pas avoir d’attentes.

June: Letting go of ego.

Thom: Zero expectations.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

June : La réincarnation, bébé.

June: Reincarnation bb.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

June : Je fais quelques exercices de base, je m’échauffe la voix, quelques étirements et un peu de d’alcool fort pour me sentir bieeeeen.

Thom : Se vider l’esprit.

June: I do some grounding exercises for sure, definitely a vocal warm up and some stretching, and a little bit of hard liquor to feel meltyyyyyy.

Thom: Empty your mind.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

June : Je suis obsédée par Mind Bath. Mind Bath ! Regarde-moi !

Thom : Mike Mills (pas le bassiste).

June: I’m obsessed with Mind Bath. Mind Bath! Look at me!

Thom: Mike Mills (not the bass player).

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Thom : J’aurais pu être un danseur…

Thom: Coulda been a dancer…

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

June : N’aie pas peur d’utiliser ta voix.

Thom : Connais-toi toi-même.

June: Don’t be afraid to use your voice.

Thom: Know thy self.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Thom : Au bord de la mer.

Thom: Seaside.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

June : Je veux continuer à évoluer, chaque jour.

Thom : Comme un grain de poussière dans le cosmos.

June: I just want to keep evolving, everyday.

Thom: Like a speck of dust in the cosmos.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure? (musically or not)

Thom : Les lettres de Robert Lowell.

Thom: Letters of Robert Lowell.

Ecoute exclusive

Vidéo

Tracklist

Exit Someone - Dry Your Eyes (Atelier Ciseaux, 17 janvier 2017)

01. Fade 2 Black
02. Sydney, The List Goes On
03. Austrian Amnesia
04. Forbidden Colours
05. Love In The Days Of Rage
06. Security Lies


Soft Error

Un pied à Marseille et l'autre en Angleterre, le duo Soft Error a sorti au tout début de l'année un album chez Village Green, Mechanism, album qui, à la lueur d'un cadrage synthétique rigoureux, diffuse une atmosphère cinématographique et tamisée, à quelques saillies kraut près. Les neuf titres planants décrivent autant de courts-métrages aux atmosphères diverses, très imagées et évocatrices de drames internes tournés en slow-motion. Presque éloge de la lenteur, Mechanism a cette placidité d'un son très sûr de lui. L'affaire est sérieuse et navigue entre passé et futur, vaisseau qui a belle allure et des visions plein les mailles serrées d'un ouvrage fait de boucles et de répétitions, construction géométrique et très contemporaine qui se fraye un chemin dans l'étendue des possibles.

D’où venez-vous ?
Where do you come from?

Le premier vient de l’Essex, en Angleterre, et l’autre de Marseille, en France, mais nous avons commencé à trainer ensemble à Londres où l’on vivait et travaillait tous les deux.

One of us is from Essex (England) and the other one Marseille (France) but we started to hang out together in London where we both used to live and work.

Où allez-vous ?
Where are you headed?

Aucune idée, c’est justement ce qui est drôle.

No idea, that’s the fun of it.

Pourquoi la musique ?
Why music?

Il n’y a jamais eu d’autre option - depuis mon plus jeune âge, on jouait déjà chacun dans des groupes qui faisaient des reprises d’autres groupes.

There has never been any other option - from a very young age we were either in covers bands bands.

Et si vous n’aviez pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

On ferait toujours de la musique, juste pas professionnellement.

We’d still be doing it, just not professionally.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Entendre les premiers mixes de l’album au studio Valgeir Sigurðsson en Islande, là où tout le projet s’est monté - c’était vraiment un beau moment.

Hearing early mixes of the album in Valgeir Sigurðsson’s studio in Iceland where the whole project came together - that was a really lovely moment.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Notre premier karaoké.

Our first karaoke.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Le disque a été tellement long à se faire que c’est tout à fait normal d’être passé à travers des hauts et des bas pendant tout ce temps. Mais être heureux du résultat valorise toutes les baisses de régime et les points négatifs du parcours.

Album’s take so long to make it’s only natural to go through up and downsides throughout the process. But if you're happy with the album at the end of it all it makes all the dips and low points along the way worth it.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Bien sûr, peut-être qu’on dirigera un pub lorsqu’on arrêtera de faire des disques, ça serait incroyable.

Of course, maybe when we stop making records we’ll run a pub which would be amazing.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

C’est toujours spécial, juste avant de monter sur scène. Il n’y a rien qui ressort particulièrement. On attend toujours ce moment unique et spécial dans un set, celui dont le public, avec un peu de chance, se souviendra.

It's always special just before going on stage. There's not one specific thing that stands out. You’re always looking forward to that one special moment in a set which hopefully the audience can take home too.

Avec qui aimeriez-vous travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Olympique de Marseille !

Olympique de Marseille !

Quel serait le climax de votre carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

N’importe quelle carrière dans la musique est déjà une réussite, le climax est juste d’être capable d’écrire et de sortir des disques.

Any career in music is already such an achievement, the climax is just being able to write and put records out.

Retour à l’enfance, quel conseil vous donnez–vous ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Va plus vite et aie confiance.

Go quicker and be confident.

Comment vous voyez-vous dans trente ans ? Comment voyez-vous évoluer votre musique ?
How do you see yourself thirty years from now? How do you see your music evolve?

Artistiquement morts, à diriger un pub.

Artistically dead, running a pub.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Les pubs !

Pubs !

Écoute exclusive

Tracklist

Soft Error - Mechanism (Village Green, 12 janvier 2017)

01. Silberblick
02. Hyena
03. You Caught Up
04. Southend After Everyone Has Left
05. Turncoat
06. Motorbath
07. Bad Habits
08. Ridges
09. Everybody Runs


Maresme

Si vous suivez Hartzine, vous savez que nous avons une affection particulière pour Pedro Magina, que ce soit au sein de Gala Drop ou bien pour ses projets solo. Après avoir sorti deux excellents albums respectivement sur les labels Not Not Fun et Crash Symbols, le Portugais s'associe cette fois au Catalan Cristian Subira pour former le nouveau projet : Maresme. Un brin new age, un brin baléarique, la pop sensible et expérimentale bien chill de Maresme tombe à pic pour l'arrivée du printemps. Le premier album, Golden Coast, sortira ce mois-ci chez Foehn Records, label indé de référence de Barcelone. En attendant, plongez dans l'univers de Maresme avec notre mini-interview et découvrez en exclusivité leur nouveau vidéoclip : Waikiki. Relax and enjoy !

D'où viens-tu ?
Where do you come from?

Porto & Barcelone.

Porto & Barcelone.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

À Ibiza.

To Ibiza.

Pourquoi la musique ?
Why music?

La musique est un langage universel. C’est un moyen de communiquer pour nous. On ne peut pas passer une journée sans écouter, jouer ou simplement penser à la musique.

Music is a universal language. Is a way for us to communicate. We can't live one day without hearing, playing or only thinking about it.

Et si tu n'avais pas fait de musique ?
And if music wasn't your thing?

On serait juste assis là, en silence. Conscient du moment présent. Immobile. Le calme absolu. L’état d’être juste assis.

We’d just be sitting silently. Being aware of the moment. Being still. The state of absolute stillness. The state of just sitting.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Tous les rêves qui deviennent réalité et qu’on ne savait même pas qu’on avait.

All dreams that come true which you never even knew you had.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Faire simple.

Making it simple.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

À quel point il est facile de compliquer les choses simples.

How easy it is to complicate simple things.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

On ne croit pas à la mort artistique parce qu’on ne cessera jamais de créer. Pas seulement de la musique, on peut créer tout ce qu’on veut jusqu’à notre mort. Une fois que ce sera arrivé, notre art perdurera.

We don’t believe in artistic death because we will not stop creating. Not only music, we can create whatever we want until we die. Once that happens, our art will remain.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Secrets de salle de bains.

Bathroom secrets.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Trop de gens pour tous les mentionner. Mais clairement Paul McCartney et Brian Eno.

Too many people to mention. But definitely, Paul Mccartney and Brian Eno.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Jouer un concert de sept ans au Tibet.

Playing a seven year's show in Tibet.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Le futur a l'air génial. Continue.

The future looks great. Keep going.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

À apprécier la vie autant que je l’apprécie aujourd’hui.

Enjoying life as much as we’re enjoying now.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique).
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Free, de Ultra Nate.

Photo : Valentina Gaspari
Traduction : Marie-Eva

Écoute exclusive

Audio


Pedro Vian

Beautiful Things You Left Us For Memories est le titre du tout premier LP du producteur catalan Pedro Vian sorti au mois de novembre dernier. Assez discret, Pedro Rufi (de son vrai nom) a déjà sorti quelques EP notamment chez Hivern Discs et Mathematics Recordings. Mais c'est surtout au sein de son propre label Modern Obscure Music qu'il s'active depuis trois ans maintenant à sortir des pépites obscures et subtiles aux sonorités technoïdes. Ce premier album explore au fil des tracks différentes voies, certaines plus ambient, certaines plus pop mais reste toujours très accessible. Rythmes organiques et mélodies cotonneuses, les expérimentations musicales de Pedro Vian sont chargées d'émotions réconfortantes et défiantes à la fois, donnant à cet excellent album un supplément d'âme que l'on retrouve rarement ailleurs. Découvrez notre interview de Pedro Vian ainsi qu'une track inédite en écoute exclusive.

 

D'où viens-tu ?
Where do you come from?

Je suis de Barcelone, en Espagne.

I come from Barcelona, Spain.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Depuis 3 ans, je gère mon propre label, Modern Obscure Music. Par le passé, j’ai sorti des disques sur Hivern Discs et Mathematics Recordings.

I’m running my own label Modern Obscure Music, sine three years ago. Before, I released on Hivern Discs and Mathematics Recordings.

Pourquoi la musique ?
Why music?

Parce que c’est ma vie.

Is my life.

Et si tu n'avais pas fait de musique ?
And if music wasn't your thing?

J’aurais bien aimé être architecte.

I’ll love to be an architect.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

La mort est au coin de la rue.

Death is around the corner.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Trouver mon propre son.

Have my own sound.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Je ne m’en souviens d’aucun.

I don’t remember any.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Bien sûr, ton travail est toujours là et fera toujours parti de toi.

Yes, your work still alive and part of you too.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Je cherche à me détendre, tout simplement.

Just to be relaxed.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Ony Ayhun

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Je ne pense jamais à ce genre de choses.

I don’t think this kind of things.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Fais ce qui te plaît, pas ce qui plaît aux autres.

Just do what you want, not what they want.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Vivre très loin dans les montagnes.

Living far away in the mountains.

Comment vois-tu ta musique évoluer ?
How do you see your music evolve?

Dans une direction sincère et honnête.

It evolves in a sincere way.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique).
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Travailler seul dans un endroit calme, c’est vraiment ce dont j’ai besoin pour faire de la musique.

Work alone in a quite place is all I need to make music.

Photo : Adrià Cañameras
Traduction : Dom

Écoute exclusive

Audio

Tracklist

Pedro Vian - Beautiful Things You Left Us For Memories (Modern Obscure Music, 09 novembre 2016)

01. Pandora
02. Inivisible Objects
03. Copelands
04. Nine is Nine
05. Miralls
06. 801 Nite feat. Carla Perez Vas
07. Le Fou
08. Maia
09. Indian Strings
10. Start Again


Noga Erez

Israël, et tel Aviv en particulier, nous a apporté ces dernières années une pelleté de projets musicaux emmenés par des artistes excitants, que ce soient nos chouchous de Red Axes et Moscoman ou bien les brillantes Hila Ruach et Keren Dun. Il y a quelques mois apparaissaient sur la toile, avec le video clip 'Dance While You Shoot', une nouvelle venue : Noga Erez. Derrière ce nom se cache en réalité deux personnes la productrice et compositrice Noga Erez et le producteur Ori Rousso. Noga a fait ses armes en tant que percussionniste du groupe indie The Secret Sea puis a mis les voiles pour se concentrer sur son propre projet musical. Il en ressort une electro-pop puissante et tirée au cordeau avec beats minimalistes acérés où vient se caler la voix hypnotique de Noga. Le second titre 'Pity' sorti il y a tout juste une semaine, est tout aussi tendu que le premier avec beats incisifs et flow insoumis. En l'espace de deux excellents titres, Noga Erez a déjà posé des bases solides d'un premier album qui se veut prometteur. Celui-ci devrait voir le jour au printemps sur le label City Slang. En attendant découvrez un peu plus l'univers de l'Israelienne et ses influences grâce à notre interview et sa mini mixtape.
D'où viens-tu ?
Where do you come from?

J’habite à 30 minutes de Tel Aviv, en Israël.

I live 30 minutes away from Tel Aviv, Israel.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Où je peux jouer ma musique.

Anywhere I can play my music.

Pourquoi la musique ?
Why music?

C’est le meilleur et le plus précis moyen de communication que j’ai trouvé jusqu’ici.

It's the best, most accurate form of communication that I have found so far.

Et si tu n'avais pas fait de musique ?
And if music wasn't your thing?

Je cuisinerais et je pleurerais.

I'd cook and cry.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

J’ai toujours su que la musique avait un effet bénéfique sur le corps et sur l’esprit. Un jour je suis allée courir pendant des vacances en Grèce, la première fois que j’allais courir sur une montagne avec beaucoup de dénivelé. À un moment, j’étais si fatiguée, assez loin de l’hôtel et un peu paniquée. Le morceau Berlin de Modeselektor est arrivé dans la playlist et mes pieds, que je pensais presque incapables de me ramener, se sont mis à courir à nouveau.

I always knew music has a great effect on the body and soul. One day I went for a run during a vacation in Greece, the first time I ran on a mountain with lots of inclines. At a certain point I was so tired, a long way from the hotel and kinda panicked as well. The song "Berlin" by Modeselektor shuffled into the playlist and my feet, which I thought were almost unable to take me back, started running again.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Rencontrer Mr Ori Rousso, l’autre moitié de Noga Erez.

Meeting Mr. Ori Rousso, the other half of Noga Erez.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Je suis nulle pour rester en contact avec les gens.

I am terrible at keeping touch with people.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Oui, bien que douloureuse.

Yes, albeit a painful life.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Non, ça me stresse.

No, that just makes me nervous.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Mykki Blanco.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

J’espère la mort.

Hopefully death.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Être plus détendue.

Don't try too hard.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

J’ai déjà du mal à m’imaginer dans une semaine.

I barely see myself a week from now.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique).
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

J’imagine qu’à un certain moment, j’adorerais faire un album acoustique. Ou juste piano et voix. Ou un disque expérimental instrumental. J’aimerais pouvoir tout faire.

I guess at some point I would love to make and acoustic album. or even just piano and vocals. or an instrumental experimental album. I wish I could do it all.

Vidéos

Écoute exclusive

photos © Tonje Thielsen


OLI HEFFERNAN L’INTERVIEW

L’admission du vide et sa gestion est une étape décisive dans une vie, sujet de dépression pour nombreux et moteur pour d'autres. C’est sûrement le cas d’Oli Heffernan,ou de l’art d’être prolifique et de combler par de la matière sonore. Basé à Middlesbrough, Oli est musicien depuis l’âge de 14 ans, et en a 35. Cela fait donc plus de vingt ans qu'il fait de la musique selon un principe simple, le seul réellement valable et sincères à mes yeux : il fait de la musique pour le plaisir.
L’authenticité et l'approche lo-fi DIY transpirent dans tous les projets dans lesquels il est impliqué, que ce soit au sein de Detective Instinct, de King Champion Sounds, de Year Of Birds…Enregistrer, cumuler les projets,les expériences, mais surtout, jouer. Car si la musique est un Art, c’est avant tout pour beaucoup un jeu, Le Divertissement, la passion qui remplit une vie.

Entretien avec Oli donc, histoire de faire un peu de compta sur son nombre de groupes, de faire un « petit " point sur son année 2017 et de s’interroger sur l’extensibilité de son emploi du temps et sur l’inaltérabilité de sa passion et dévotion pour la musique.

Pour commencer, peux-tu s’il te plaît te présenter ainsi que les groupes dans lesquels tu es impliquées ( il y en a tellement !! )
First can you please introduce yourself and present the bands you’re involved in ( so many !!! ) 

Mon nom est Oli Heffernan, j'ai 35 ans et je vis et travaille à Middlesbrough (Nord-Est de l'Angleterre)Je joue de la guitare et crie dans Year Of Birds , je joue de la basse de l'orgue / piano dans King Champion Sounds, je joue de la guitare dans Shrug  j'enregistre solo en tant qu' Ivan The Tolerable et j'écris et enregistre toute la musique de Detective Instinct. J'ai aussi un travail à temps plein en tant que graphiste pour une entreprise de verre. Je vis avec Danni (guitare King Champion Sounds / Year Of Birds batteur / amie / protecteur de santé mentale) et nous avons 3 chats. Je suis un gros fumeur, adepte du foot à cinq, passionné de cyclisme et collectionneur de livres de poche Penguin.

My name is Oli Heffernan, I’m 35 years old, and I live and work in Middlesbrough (North East England)I play guitar and shout in Year Of Birds, play bass and organ/piano in King Champion Sounds, I play guitar in Shrug, I record solo as Ivan The Tolerable, and I write and record all the music for Detective Instinct. I also have a full time job as a graphic designer for a glass company. I live with Danni (KCS guitar/Year Of Birds drummer/girlfriend/sanity protector) and we have 3 cats. Heavy smoker, five a side footballer, keen cyclist and collector of Penguin paperbacks.

017 semble être une année assez chargé en ce qui te concerne , tu peux nous dire ce que tu as sur le feu ? 
2017 seems to be a busy year for you, can you tell us what’s coming?

J'essaie de faire que chaque année soit une année bien remplie. Je tourne en rond si je n'ai pas de choses sur lesquelles bosser - je suis du genre à me paumer sinon. Alors oui, occupé comme toujours! Il y a une tournée King Champion Sounds aux Pays-Bas et au Royaume-Uni fin février / mars - ce qui est genre la moitié de la promo pour notre dernier LP, et nous avons enregistré un nouveau 2 titres 7 "pour cette tournée, qui est sorti assez rapidement et parfaitement à temps pour respecter la date limite pour le pressage. Ensuite, nous faisons une petite pause de King Champion Sounds, puis il va falloir savoir où aller après la sortie du dernier double album! Une truc dur à suivre donc faut bien le faire ... ... MAIS ... ça me donne plus de temps pour me concentrer sur les trucs de Year Of Birds pour le reste de l'année, ce qui est bien! Nous avons un nouveau LP qui sort le 17 mars via le merveilleux Odd Box Records, donc nous allons faire des concerts et pas mal d’autres trucs et voir où ça va - nous étions un trio l'année dernière, mais on a récemment chopé un bassiste donc je peux retourner jouer de la guitare (ce qui est beaucoup plus facile à faire en chantant!)

Ce sont donc mes plans concrets pour 2017 - nous avons décidé de faire moins de tournées cette année, car Danni et moi aimerions vraiment prendre des vacances sans musique! Je n'ai pas eu de réelles vacances en 7 ans donc ce serait agréable si on arrivait à en prendre ! Haha

Il y aura probablement aussi plus de cassette d’ Ivan The Tolerable, un nouvel EP de Houseplants et il se peut que je balance un nouvel album de Detective Instinct ... mais nous verrons ... Danni et moi parlions aussi de quelque chose de nouveau cet été impliquant moins de guitares et plus de boîte à rythme, donc y a ça aussi ... .mais c'est clairement tout ... .haha

I try and make every year I busy year. I don’t function well as a person if I don’t have things to work on – I kind of get lost in myself. So yeah, busy as ever! There is a KCS NL/UK tour late feb/march – which is kind of the back half of the promo for our last LP, plus we recorded a new 2 track 7” for this tour, which came out nice considering how quickly we did it to meet the deadline for pressing. Then we are having a little break from KCS while we figure out where to go after the last double album! A hard thing to follow so we wanna get it right…..BUT….that gives me more time to concentrate on YOB stuff for the rest of the year, which is nice! We have a new LP out on March 17th via the ever wonderful Odd Box Records so we will be doing gigs and stuff around that and beyond and see where that goes – we were a 3 piece for the last year but have recently just got a bass player so I can go back to playing guitar (which is MUCH easier to do while singing!)

So that’s my concrete plans for 2017 – we decided to do less touring this year as Danni and I would quite like a none-musical holiday!  I haven’t had a proper holiday for 7 years so that will be nice if we can get it sorted! haha

There will also probably be some more Ivan tapes, a new Houseplants EP and I MIGHT start a new Detective Instinct album….but we’ll see…Danni and I were also talking about something new in summer involving less guitars and more drum machines, so there is that too….but that’s DEFFO it….haha

Tu as deux projets solos ( Ivan The Tolerable and Detective Instinct ) l’un est garage et l’autre post-punk Krautrock , est-ce qu’on doit s’attendre à un autre projet solo d’un genre différent ?
you have two solo projects ( Ivan The Tolerable and Detective Instinct ) one is garage and the other post-punk krautrock, should we expect another solo project for another genre ?

En fait j’en ai aussi deux autres ! Magic Smoke Chords - qui est une sorte de cutups et de field recordings / samples etc (Je l'ai négligé au cours des deux dernières années, mais c'est trouvable si tu cherches ) et Houseplants  avec Leighton de Country Teasers dans lequel j’enregistre la musique et il chante (Nous avons sorti notre premier mini album sur  l'année dernière)

Je ne planifie jamais de nouvelles choses, ça se passe quand ça doit se passer - mais je suis assez occupé là donc je vais probablement m'en tenir aux plans ci-dessus pour 2017 et voir ce qui se passe ....

I actually have two more that I do! Magic Smoke Chords – which is kind of cutups and field recordings/samples etc (I’ve neglected this over the last couple of years, but it’s all out there if you look for it) and do Houseplants with Leighton from Country Teasers where I record the music and he adds the vocals (We had our first mini album out on Monofonus Press last year)

I never plan new stuff, it just sort of happens when it wants to – but I’m pretty busy at the minute so probably just going to stick to the above plans for 2017 and see what happens….

Tu es multi-instrumentalise, ( guitariste chanteur dans Year Of Birds, Bassiste chez King Champion Sounds , et tu fais tout dans tes projets solos ) mais quel est ton premier instrument, celui de prédilection et est-ce celui avec lequel tu composes ?

You’re a multi-instrumentalist (guitarist singer for Years of birds, Bass for King Champion Sounds, and everything for your solo projects …) but what is your favourite and first instrument, is it the one you’re writing songs with ?

La Basse. Toujours la basse. C'était mon premier instrument et ce sera toujours mon préféré. J'écris la plupart de mes chansons à la basse aussi, et je l’ai toujours fait. Si je devais juger mon niveau de compétence, je dirais que je suis un bassiste assez potable, un guitariste passable, un joueur de clavier amateur et un batteur terrible - mais je peux faire ce dont j'ai besoin sur la plupart des instruments pour que ça passe ! Je ne sais pas vraiment chanter mais je m'en fous, je peux écrire de bonnes paroles et les crier sur le temps - quelle est la différence? Haha. J'ai une règle de non SOLOS pour tous les instruments et j’adore la répétition donc ma capacité technique est suffisante pour exécuter mes idées basiques. Je crois honnêtement que le bon goût et de bonnes idées représentent 90% pour faire un bon disque - la technique c'est une toute petite partie. Les gens qui peuvent jouer des instruments dans les règles de l'art doivent probablement se foutre de ma gueule, mais je les emmerde ! Ce sont ceux qui sont responsables de toute la musique ennuyeuse, insipide, à chier dans le monde. Tu sais? les fans de rock classique, les fans de Coldplay, le rock à papa ... .toute cette merde. 100% mâle, 100% à chier.

Bass. It’s always the bass. It was my first instrument and will always be my favourite. I write most of my songs on bass too, always have. If I had to judge my own skill levels I think I’m a decent enough bass player, an ok guitar player, an amateur keyboard player and a terrible drummer – but I can do what I need to on most instruments to get by! I can’t sing really but I don’t care, I can write good words and shout them in time – what’s the difference? haha. I have a NO SOLOS rule for all instruments and love repetition so my technical ability only needs to be high enough to execute my simple ideas. I honestly believe that good taste and good ideas account for 90% of making a good record – ability is a small part of it. People who can actually play instruments in a ‘by the book’ way probably laugh at me but FUCK THOSE GUYS! They are the people who are responsible for all the boring, insipid, weak-as-piss music in the world. You know? Yr classic rock fans, yr Coldplay fans, Dad rock….all that cack. 100% male, 100% shite.

Dans Detective instinct il y a de nombreuses prestigieuses collaborations  ( Jad Fair , Mike Watt…) , comment as-tu rencontré ces gars et comment était-ce de bosser avec eux ?
On detective instinct there’s a lot of prestigious featuring ( Jad Fair , Mike Watt…) , how did you meet these guys and how was it working with them ? 

La plupart des mecs impliqués je ne les ai jamais rencontrés ! J’ai juste demander à des gueules dont j’aime le travail et on est parti de là - ça c'est surtout fait par e-mail! Très moderne! Donc je n'ai jamais rencontré Jad Fair, Jim de Radar Brothers, Kevin de Trumans Water, Karen Schoemer ou Emily Ryan dans la vraie vie! J'ai joué avec Watt beaucoup de fois donc nous nous connaissons assez bien je suppose et je suis dans des groupes avec Jos (GW Sok), Danni et Leighton donc nous nous connaissons de cette façon …

C'est quand même une bonne façon de travailler! J’enregistre une chanson je l’envoie à la personne dont je pense que la voix irait bien et en général ça le fait.Par contre je suis vraiment impatient donc je les harcèle pour qu’ils se magnent, j’espère qu’ils ne m’en veulent pas ! Mais ça se passe assez rapidement et sans douleur - ils défoncent tous dans ce qu'ils font et ne me laissent jamais sur le carreau, en dépit des délais stupides que je leurs collent ! Presque tout ce sur quoi je bosse est auto-enregistré dans des maisons ou salles de répètes ce qui est vraiment cool. Je déteste les studios d'enregistrement - je ne pense pas y être allé depuis 7-8 ans maintenant! Pas mal hein? Ils ne sont pas propices à un bon travail je trouve …T’es sois limité par le temps et du coup tu te précipites ou t’en as trop à plus quoi savoir en foutre, et ça se termine jamais bien ...

 Most of the other folk involved I’ve never actually met! I just asked people whose work I liked and we went from there – it’s mostly done via email! Very modern! So I’ve never met Jad Fair, Jim from Radar Brothers, Kevin from Trumans Water, Karen Schoemer or Emily Ryan in real life! I’ve played with Watt a lot of times so we know each other fairly well I guess and I’m in bands with Jos (GW Sok), Danni and Leighton so we know each other that way…


It’s a good way of working though! I just record songs and send them to the person I think will do the right vocal for it and it usually comes out nice. I’m really impatient though so I’m constantly hassling them to hurry up, so I hope they don’t mind! But it normally comes together pretty quickly and painlessly – they are all ace at what they do and never leave me hanging, despite the stupid deadlines I put on things! Almost everything I am involved with musically is self-recorded in houses or practice rooms which is really good. I hate recording studios – I don’t think I’ve been in one for about 7-8 years now! Not bad eh? They are not conducive to good work I find…you are either clock watching and rushing or you have too much time to fuck with what you are doing, and that never ends well…

Ta vie est complètement dévouée à la musique ( entre tes groupes , le label et feu ton disquaire ) , te rappelles-tu ce qui t’as amené à t’intéressé à la musique pour la première fois et ce qui t’as fait devenir un musicien ? Est-ce que ça te plaît toujours autant après 20 ans que tu enregistres et sors des albums ?
your life is completely devoted to music ( between your bands, the label and your past record shop ) , do you remember how you got interested in music for the first time and what made you become a musician ? Do you still enjoy it as much as it’s been 20 years that you record and release albums ?

Mon magasin de disques a fermé en 2012, mais ça ne me manque pas! C'était super difficile de rester à flot et je ne suis pas un homme d'affaires haha. Je ne le regrette pas - c'est un truc que j’ai toujours voulu faire donc je m’y suis investi mais ça n'a pas marché. Tant pis! Le côté label est dur aussi vu que je suis trop occupé par mes propres trucs pour sortir quelqu'un d'autre .... Mais ça arrive encore si un truc attire mon attention.

Ça fait 21 ans depuis mes 14 ans et mon premier enregistrement ! WOW ! Ça me parait pas si loin! Je ne considère vraiment mon travail que, de l'année 2009 à maintenant - c'est là que je me suis senti à l'aise avec ma pratique et que j’ai cessé de m'inquiéter de ce que les autres pensaient, et ai commencé à faire de la musique que je voulais faire - et j'ai fait beaucoup mieux depuis . Quand c'est fait à ma sauce, c'est le truc que je préfère dans le monde faire. J'essaie de faire le moins de concerts car je préfère l'enregistrement au Live - je n'aime pas être à la merci des ingénieurs du son ha-ha, en plus les concerts ça peut être beaucoup de travail pour très peu de satisfactions. Je suis assez antisocial - donc le truc de 'rencontrer de nouvelles personnes’ ça le fait pas pour moi, je trouve ça difficile de socialiser mais j'aime jouer de la musique à toute blinde donc faut faire le taf !

Well, my record shop closed in 2012 but I don’t miss it! It was super hard to stay afloat and I’m not much of a business man haha. I don’t regret it though – it’s something I’d always wanted to do so I had a crack at it but it didn’t work. Oh well! The label side is hard too as I’m too busy with my own stuff to do justice to releasing someone else’s….but it’s always going if something takes my fancy.

Its 21 years since the 14 year old me made his first recording! WOW! Doesn’t feel like that long! I only really consider 2009ish to present as my proper work though – that’s when I got comfortable with my own ability, stopped caring about what other people think, and started making music that I wanted to make – and I’ve done much better since then. When it’s done on my own terms, it’s my favourite thing in the world to do. I try to keep gigs to a minimum as I prefer recording to playing live – I don’t like being at the mercy of sound engineers ha-ha, plus gigs can be a lot of hard work for very little reward. I’m pretty antisocial – so the whole ‘meeting new people’ side of it does very little for me, I find it hard to socialize but I love playing loud music so you gotta do what you gotta do!

Third Uncle est un label DIY basé dans l’Indiana qui a sorti ton premier disque de Detective instinct et Sick Room est un label basé à Chicago qui a sorti le second, comment es-tu entrer en contact avec ces labels et en tant que propriétaire d’un label toi-même, que penses-tu être la chose la plus agréable et désagréable ?
Third Uncle is a DIY label based in Indiana that released your first record for Detective Instinct and Sick Room Records is a label based in Chicago  that released your second, how did you get involved with these two labels and as a label owner yourself what do you think is the most pleasant and hard thing about it ?

 Je suis tombé sur Third Uncle quand je cherchais un label pour sortir l'album - je voulais que ça soit sur un label américain comme la plupart des personnes qui y ont contribué étaient de là-bas et j'ai pensé qu'il se vendrait mieux (naïf - bah non, Haha) donc j'ai trouvé Third Uncle,un label qui partageait les mêmes valeurs et croyances en un 'Outsider art' que moi et je leur ai envoyé l'album. C’était vers 2009? Quoi qu'il en soit, c'est ainsi que j'ai rencontré Billy Stines - le mec qui le gère - et nous gardons régulièrement contact depuis ! C’est un gars merveilleux avec beaucoup de temps et d'énergie pour de bonnes choses! Il a sorti beaucoup de mes trucs depuis - le 1er LP de DI , 2 7" de Detective Instinct, un LP de Year Of Birds , un 7"de Year Of Birds et un 7"d'Ivan The Tolerable donc oui - c' est un de mes sauveurs! Il se fait probablement peu ou pas d'argent sur mes sorties, et pour cela, j'ai encore plus de respect pour ce qu'il fait - son label se porte vraiment bien ces jours-ci cependant! Alors, c'est génial! Honey Radar, Queen Of Jeans, Jad Fair ... il a fait beaucoup de choses avec Chunklet aussi , donc - vas-y Billy!

Sickroom  c'est une autre histoire! Mes premières sorties de Detective Instinct c'étaient quatre Eps juste en téléchargement (Mike Watt, Leighton, GW Sok et Jimmy McGee) - Ryan (le patron de Sickroom ) les a entendus par l'intermédiaire d'un ami commun et a demandé s'il pouvait faire un 7 "de chacun - à sortir tous le même jour - alors j'ai dit oui (qui ne l'aurait pas fait?! Y'avait pas un seul label qui m’avait sorti quoi que ce soit d’ici là) donc on est parti de là! Un autre grand label qui a publié des trucs géniaux! Il a aussi sorti mon dernier LP- ce qui m'a vraiment plu - l'un de mes favoris de tout ce que j'ai fait - ça s'est vraiment bien goupillé, c 'est donc une autre personne à qui je dois beaucoup …

Je n’ai jamais rencontré aucun des deux en chair et en os- mais leur aide et leur foi en mes putains de projets signifie beaucoup.

I found Third Uncle when I was looking for a label to put the album out – I wanted it on an American label as most of the people who contributed to the album were from over there so I figured it would sell better (naïve – it didn’t! haha) so I found Third Uncle as a label that shared the same values and beliefs in ‘Outsider art’ as me and I send them the album. This would be about 2009? Anyway, that’s how I met Billy Stines – the dude who runs it – and we have kept in touch regularly since then! Hess a wonderful guy with a lot of time and energy for good things! he’s put out LOTS of my stuff since then – THE 1st DI LP, 2 more DI 7”s, a YOB LP, a YOB 7” and an IVAN 7” – so yeah – he's one of my saviors! He probably makes little to no money on any of my stuff, and for that I have even more respect for what he does – his label is doing really well these days though! So that’s great! Honey Rader, Queen Of Jeans, Jad Fair….he’s been doing a lot of stuff with Chunklet as well so yeah – go Billy!


Sickroom is a different story! My first DI releases were four download-only Eps (Mike Watt, Leighton, GW Sok and Jimmy McGee) – Ryan (Sickroom bossman) heard them via a mutual friend and asked if he could do a 7” run of each – all to be released on the same day – so I said yeah (who wouldn’t?! I’d never had a proper label release anything id done until this point) and we went from there! Another great label that has released some great stuff! He put out my last LP too – which I was really pleased about – one of my favourites of all the things I’ve done – it came together really well, and Ryan got it out there so another person I owe  a lot to…

I’ve never actually met either of them in the flesh – but their help and belief in my shit means a hell of a lot.

Comment as-tu rencontré Fred Paquet ? ( je suis moi-même rentré en contact avec Oli via Fred )

How did you meet Fred Paquet ?

J'ai rencontré Fred à Paris l'année dernière! Il a fait jouer King Champion Sounds dans un cool lieu, le Café Olympic. La moitié d'entre nous sommes restés à son appartement après et il nous a fait le petit-déjeuné et nous avons parlé de disques, d'être disquaire puis après le petit déjeuner nous sommes allés dans son magasin! WOW! Un endroit génial! J'aurais pu dépenser une fortune si je l'avais, mais je ne l'ai pas donc j'ai acheté le premier LP de Chrome et le LP de Meatbodies et Danni a acheté un disque français et un livre de Daniel Clowes je crois. Nous avons bavardé un peu quand je suis rentré à la maison et il a acheté plein de mes trucs à vendre dans sa boutique, donc c'est sympa. Fred défonce - un des bons! Je suis impatient de retourner dans son magasin un de ces quatre.

I met Fred in Paris last year! He put KCS on at a nice venue called Café Olympic. Half of us stayed at his flat afterwards and he made us breakfast and we chatted about records and such (I used to have my own record shop in Middlesbrough) then after breakfast we went to his shop! WOW! Such an awesome place! I could have spent a fortune if id had it, but I didn’t so I bought the first Chrome LP and the Meatbodies LP and Danni bought a French record and a Daniel Clowes book I think. We chatted a bit when I got home and he bought a load of my stuff to sell in his shop so that’s nice. Fred is ace – one of the good guys! Im very much looking forward to going back to his shop sometime.

 

Mixtape

1. Merchant Vessel Elision - Detective Instinct ( Black Floral LP 2014 )
2. The Year 500 - King Champion Sounds ( Song For The Golden Hour 2014 )
3. The Dealer - Detective Instinct ( Schloemer Songs 2013 )
4. Textbook Frown - Year Of Birds ( Jaw 2013 )
5. The Second Noel - Ivan The Tolerable ( Decemberism 2015 )
6. Spastic Backhand - Year Of Birds ( Cakesale EP 2013 )
7. Sand And Water - Ivan The Tolerable ( Family Sandwich 2014 )
8. Old Inky Breath - Ivan The Tolerable ( Splatter Bible 2015 )
9. Fat - Year Of Birds ( White Death To Power Alan 2017 )
10. Third Storey Walk-Up - Detective Instinct ( Falling In Lilacs 2013 )
11. Khufu's Horizon - Ivan The Tolerable ( Theamata 2015 )
12. Mice Rats Roaches - King Champion Sounds ( To Awake In That Heaven Of Freedom 2016 )
13. The Landlord - Ivan The Tolerable ( Crathorne Final 2016 )
14. Wrap It And Bin It - Houseplants ( Houseplants 2016 )
15. Crack Attack - Detective Instinct ( Black Floral LP 2014 )