The Soft Rider

Il est des raccourcis qui fonctionnent toujours, et depuis un sacré bail. C'est le cas du palmier qui, lorsqu'évoqué dans le domaine des arts, rappelle inlassablement Mulholland Drive - le film tout autant que le lieu. L'image intemporelle se glisse ici dans le bleu du ciel et illustre la dance cramée de The Soft Rider qui, depuis un cabriolet blanc crème au kitsch désuet, sort un EP très cool chez Atomic Bongos ce vendredi : The Pool. Un bac de flotte qui ferait s'entasser une population superficielle biberonnée d'ennuie et de poudre chère à Bret Easton Ellis, l'insoluble attraction du divertissement et la transpiration shiny des synthés italo disco sur une même piste de danse. Encore une histoire de soleil, tiens. Les lignes saccadées de The Pool sont autant l'attrait d'une fête infinie que le vide du retour à la réalité. West coast le jour, partout la nuit. Avant de pouvoir s'y plonger, la chevauchée du duo The Soft Rider fait un stop ici bas avec sa mixtape exclusive intitulée Metal Field. Et il faut l'écouter pour apercevoir les palmiers.

D’où viens-tu ?

De la classe moyenne, importée d'Algérie, d'Espagne, d'Alsace et des Alpes.

Où vas-tu ?

The Passenger d'Iggy Pop est un de mes morceaux favoris.

Pourquoi la musique ?

Apparement, à deux ans j'écoutais Wuthering Heights de Kate Bush en boucle et la même année le père Noël m'a offert un accordéon. Alors est-ce une inclination naturelle ou la conséquence de MTV ? Je ne sais pas.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?

Marin, aventurier : partir à la découverte du monde. J'aurais aussi aimé faire de la danse et du cinéma. Tellement de choses. Je suis du type dilettante/touche à tout, je fais des arts plastiques en parallèle et souvent je change de médium, en fonction du propos et des possibilités. Pendant longtemps, je n'ai fait de la musique qu'avec des instruments empruntés. C'est d'ailleurs comme ça que j'ai enregistré The Pool.

Une épiphanie personnelle ?

Je parlerais plutôt d'une série d'expériences et de rencontres qui, petit à petit, modifient profondément ma relation au monde. Dernièrement, j'ai fait une retraite silencieuse de dix jours dans le désert de Joshua Tree, ça m'a fait découvrir pas mal de choses.

Une révélation artistique ?

À treize ans, chez mon chef de dix ans mon aîné. Cette nuit-là, il m'a fait découvrir le hash, Dali, Coil et les Virgin Prunes.

Le revers de la médaille ?

Ce n'est pas un concours, mais un moyen de libération personnelle. Malheureusement, ceci n'est pas compris par une grande partie des gens qui gravitent dans ce milieu.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?

Je crois en la réincarnation.

Un rituel de scène ?

Pendant longtemps l'alcool, aujourd'hui respirer l'air frais.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?

Tellement de gens ! J'aimerais bien faire quelque chose avec Taraka Larson. J'adorerais aussi faire de la musique de films, je suis un grand fan de Uli M Schueppel et Jim Jarmusch.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?

Je ne pense pas qu'il y ait une montagne à gravir, mais une infinité de lieux à explorer. J'espère pouvoir faire exister tous les projets que j'ai en tête et multiplier les collaborations.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?

Suis ton intuition.

Comment te vois-tu dans trente ans ?

Tu connais Eddy Barclay ?

Comment vois-tu évoluer ta musique ?

J'ai beaucoup de projets différents... Je dirais donc variée, avec une tendance à être plus brute, minimale.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ?

Je n'aime pas la notion de plaisir coupable. Elle est basée sur la peur du regard de l'autre et cela reflète la structure pyramidale de la société française, où la notion d'éducation et de bon goût est prétexte à renforcer l'emprise de la bourgeoisie. J'ai autant de plaisir à aller à un concert de Steve Reich qu'à danser dans une soirée italo-disco ou qu'à écouter un accordéoniste dans le métro. À ce sujet, il y a un super documentaire sur les créateurs de la danse des canards, Marcel Superstar je crois. Dans le même temps, notre rapport à la culture est similaire à notre rapport à la nourriture : on peut cuisiner à la maison ou acheter un plat sous vide au supermarché, tout dépend du niveau d'intoxication et des choix politiques de chacun. Personnellement, j'ai remarqué que le plat préparé me remplit d'une joie fugace puis me donne la nausée, mais tel un zombie j'oublie et quelque temps plus tard j'en rachète... Ceci étant dit, les derniers trucs qui m'ont donné la chair de poule étaient un chanteur de karaoké jamaïcain, un groupe d'adolescents reprenant du Jefferson Airplane et le ciel étoilé du désert.

Ecoute exclusive

Tracklist

Foster The People - Helena Beat (Com Truise remix)
Kid 606 - Wherweleftoff
Michael Mayer - Amanda
Throbbing Gristles - Hot On The Heels Of Love (The Soft Rider edit)
Death In June - Rain Of Despair (The Soft Rider edit)
New Order - Blue Monday
Front 242 - Hey Poor
SPK - Metal Field
Kiko & S. Deschezeaux - Sado Disco
Le Syndicat Electronique - Herr Geldmann
Radioactive Man - Do The Radio
Daniel Avery - Naive Response
Chicks On Speed - Kaltes Klares Wasser
Liaisons Dangereuses - Los Ninos Del Parque
Jimmy Edgar - Strike
Weltklang - Veb Heimat
Factory Floor - Dial Me In (The Soft Rider edit)
Pelada - No Hay
Beau Wanzer - Two Orders
Kraftwerk - Numbers
Marc Houle - Bay Of Figs
Tzusing - 4 Floors Of Whores
Sprung Aud Der Wolken - Que Pa

Audio


DJ Raff

Maintenant basé à Londres mais originaire des régions les plus éloignées de l’Amérique du Sud, le DJ chilien Raff a beaucoup progressé depuis ses premières excursions dans le hip-hop et la musique électronique. Après des années de rencontre et de travail, DJ Raff a contribué à semer les graines de ce qui est maintenant considéré comme l’une des scènes les plus importantes du hip-hop en Amérique latine. Depuis 2014, Raff a créé Pirotecnia. Bien plus qu'un simple label, Pirotecnia est une plateforme pour promouvoir d'autres activités, toujours liées à la musique. DJ Raff et Pirotencia seront présent au Marché des Labels Indépendants. Le soir même il jouera avec Puma Squat (Panico, Compadre) au Hasard Ludique pr une soirée 100% chilienne. Afin de vous mettre en jambe pour samedi, découvrez sa mixtape exclusive. Enjoy !

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Je viens d'Amérique du Sud.

I come from South America.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Vers une plage cachée.

To some hidden beach.

Pourquoi la musique ?
Why music?

Je ne l'ai pas choisi, c'est juste quelque chose que je dois faire depuis toujours.

I didn't choose it, is just something that I need to do since ever.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Je pense que la photographie pourrait être une bonne chose à faire.

I think photography could be a nice thing to do.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

À 13 ans, j'ai réalisé que je n'avais pas besoin d'instruments de musique pour faire de la musique. J'ai commencé à créer des boucles avec un lecteur double cassettes et à ajouter des couches de sons avec une platine disque et un piano et micro jouets.

At 13, I realized that I didn't need proper musical instruments to make music. I started to make loops with a double cassette player and add layers of sounds with my fader's turntable, a toy keyboard and a toy mic.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

En 2006, j'ai sorti mon premier album solo. Avant, je faisais toujours partie d'un groupe. Je pense que d'avoir produit, mixé et masterisé mon premier album solo, ce fut le vrai début de ma "carrière".

Back in 2006, I released my first solo album, before that, I always was part of a band. I think to have produced, mixed and mastered my first solo album, was the real beginning of my "career".

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Je déteste toujours me plaindre de ne pas avoir assez de temps pour faire ce que je veux.

I hate to always complain about don't have enough time to do what I want.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

L'art vit pour toujours, c'st cheesy, mais c'est vrai. La mort artistique... je n'y ai jamais pensé, ça a l'air profond.

Art lives forever, cheese, but true. Artistic death... never thought about it, it sounds deep.

Un rituel avant de monter sur scène ?
Your pre-stage ritual?

M'étirer et respirer, capter l'ambiance du public.

Stretch and breathe and catch the vibe of the audience.

Avec qui aimerais-tu travailler ?
Who would you work with?

Un moine bouddhiste.

A Buddhist monk.

Quel serait l'apogée de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Produire un album pour Bjork.

Produce a Bjork album.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood, what piece of advice would you give your young self?

Ne jette pas ta collection de cassettes, elle te manquera beaucoup un jour.

Don't throw away your cassette collection, you will miss it a lot one day.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Vivre dans les bois près d'un grand lac.

Living in the woods near to a big lake.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Ma musique devient plus personnelle chaque année, et je pense avoir trouvé le son qui me représente le mieux, au moins aujourd'hui, et demain peut-être.

Is becoming more personal every year, and I think I just found the sound that represents me the best, at least today, and tomorrow maybe.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ?
Your guilty pleasure or hidden treasure?

Les disques de Fun FunBandoleroHit HouseTechnotronic et Magazine 60.

Fun FunBandoleroHit HouseTechnotronic, and Magazine 60.

Photo : Caról Mckenzy Mcloud

Ecoute exclusive

Tracklist

01. Pua ft. Penya - Dengue Dengue Dengue
2. Oyelo (unreleased) - DJ Raff
3. Lakan Ha - Meca Meca
4. Killing It (Digital Version) - Panda Lassow
5. Cristobal - Airhead
6 Completed (revisited) - DJ Raff
7. Alala - Populous
8. Feel That Way - Get Face
9. Inversions feat. Uji - Nicola Cruz
10. Mantis (DJ Raff Remix) - Nicola Cruz
11. Connection (I_Cube Rework) - Future Four
12. 1988 - DJ Raff
13. Mycetozoa - rRoxymore
14. Chabala - Hwulu
15. Lovin You is a Pleasure - Ponty Mython


Pete Buckenham

Pete Buckenham est un explorateur de sons et journaliste musical. Il a lancé son label On The Corner Records après des années de digging et d'investigation des différentes scènes. Une passion pour l’exploration des cultures musicales qui a conduit Pete Buckenham à s'embarquer pour une aventure à travers les capitales africaines, découvrant à travers les sons de la rue toute une nouvelle scène contemporaine. Son label est réputé pour ses connexions personnelles avec le monde de l'électro, du jazz spirituel et de la house music percussive. Inspiré par les soirées iconiques du Loft, ses sélections voyagent à travers les grooves du monde entier. Cette année d'ailleurs, Pete Buckenham a joué dans de nombreux festivals européens et africains, et son label On The Corner Records a gagné le prix du label de l'année aux Worldwide Awards de Gilles Peterson.

Pete Buckenham sera présent au Marché des Labels Indépendants le 06 octobre prochain à la Halle des Blancs-Manteaux, à Paris, et jouera le soir même à l'Alimentation Générale, aux côtés de Cheb Gero du label Akuphone. On vous fait gagner 2x2 places pour la soirée - envoyez nous un mail à hartzine.concours@gmail.com, les gagnants seront tirés au sort et prévenus par mail la veille de la soirée.

En attendant, découvrez les réponses de Pete Buckenham à notre interview Out Of The Blue et découvrez en exclusivité le titre Who's Out On Quaoar de Planet Battagon, issu du Battagon Symphony EP, à paraitre le 20 octobre prochain sur On The Corner Records évidemment. Enjoy !

D’où viens-tu ?
Where do you come from?

Je viens du centre d'un pays qui, dans les années 1980, souffrait d'une crise d'identité post-coloniale sur fond de lutte des classes menée par son "leader". Je suis Londonien depuis vingt ans (du sud de Londres) mais j'ai aussi passé de précieuses années dans le grand désert du Sahara, à voyager et à travailler en Afrique de l'Est. Et puis j'ai fait des études au Pays de Galles pendant quatre ans.

The middle of a country during the 1980s that was suffering with a post-colonial identity crisis and a class war being waged by it's "leader". Partially from twenty years a Londoner (mostly South) and from precious years cobbled together in the mighty Sahara, travels and work in East Africa and four years study in South Wales.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

L'Europe. Le monde.

Europe. The World.

Pourquoi la musique ?
Why music?

La musique a toujours été là. Son influence a varié au fil du temps, tout comme les différentes scènes. Elle a parfois dominé mais les possibilités de l'ère du numérique m'ont réellement permis de m'y plonger en immersion totale.

It's always been there. As with scenes in time and space it's influence has ebbed and flowed. At times it has dominated and the digital age has offered up opportunities that have let me in for full emersion.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Les droits civiques, l'engagement politique, l'anthropologie et les voyages sont des choses que j'ai eu en tête à un moment donné dans mon passé. Je pense que ces thèmes sont aussi présents dans la musique. Il faut que je me mette à écrire mon premier roman.

Civil rights, anthropology, travel and campaigning have all been prescient at some point in my past. I believe they're all in the music too. I need to get cracking on my first novel.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Après sept ans de carrière mal adaptée, je me suis rendu compte que j'étais trop vieux, ou peut-être un peu fou, pour être un stagiaire. Partir seul et apprendre de mes erreurs en étant au plus bas, c'était pas facile, mais c'était apparemment le seul moyen d'y arriver.

After seven years pursuing an ill-fitting career I realised I was too old, senior or perhaps senile to be an intern. Starting out on my own and learning from mistakes down at the bottom was tough but seemingly the only way.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Bientôt.

Coming soon.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Pas de temps libre. Tu es le seul responsable quand il t'arrive une merde, et puis il y a personne pour te dire comment faire.

No real time off. There's no one else to blame when shit goes wrong and there's also no one else really to tell you how to do it.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Il y a la vie après la création, et l'art dans la mort. Les vrais artistes arrivent à maturité une fois qu'ils ont appris leur métier. La mort du soi précédent est nécessaire pour pouvoir en arriver là.

There's life after creativity is born and art in death. True artists are formed once they've learned their craft. Reaching that point requires a death of the previous self.

Un rituel avant de monter sur scène ?
Your pre-stage ritual?

J'aime bien le dj-booth. Je n'aime pas trop les DJs sur scène ou même être ce genre de DJ. Avant de commencer, j'aime bien faire mon sac en y classant les disques par ambiance. Si j'utilise des WAV, j'en teste quelques-uns et je réinitialise la console de mixage. J'essaye différents trucs pour faire danser les gens et me faire une idée de l'ambiance du lieu.

I prefer a booth, I'm not into DJs on stages or being that DJ. Before starting I like to organise my bag and cluster the records by vibe. If using WAVs- test a few and get the mixer and tone arms reset. Have a little boogie to catch a vibe of what's being already being played.

Avec qui aimerais-tu travailler ?
Who would you work with?

Ici on a la chance d’avoir une grande écurie d’artistes qui font avancer la musique et un vrai réseau de professionnels qui les comprennent. Des collaborations avec Thom Yorke, Group Doueh, Kate Tempest, le Smithsonian / Tate, Moodymann, Susan Miller, Theo Parrish, Shane Meadows et Paddy Considine seraient géniales.

We're lucky to have a strong stable of artists pushing music forwards and a strong support network of professionals that get it. Collaborations with Thom Yorke, Group Doueh,  Kate Tempest,  Smithsonian/Tate, Moodymann, Susan Miller, Theo Parrish, Shane Meadows and Paddy Considine would be super.

Quel serait l'apogée de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

En tant que DJ, difficile de faire mieux qu'une tournée mondiale d'un an. En tant que label, il y a un enregistrement live que je veux faire, documenter et sortir, mais je ne peux pas vous en dire plus pour le moment.

As a DJ, a year long global tour would be hard to beat. As a label, there's a live recording I want to make happen, document and release though I can't say too much about that.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood, what piece of advice would you give your young self?

Achète ces platines.

Buy those turn tables.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Enfin prêt à basculer totalement dans le numérique. Nos âmes seront codées en données binaires de 0 et de 1 d'ici là.

About ready to go purely digital. Our souls will be coded into the binary data of noughts and ones by then.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Si tout va bien, continuer On The Corner Records. La nécessité de prendre des risques et d'aller de l'avant sera toujours là. En tant que DJ, je ferai probablement plus de 4x4. Un peu comme ces idéalistes de gauche qui ont juré de se battre pour leur cause et qui finissent par sombrer dans le conservatisme.

Hopefully, keeping it On The Corner. The need to take risks and strive forwards will not abate. As a DJ, probably more towards the 4x4. It's the same as how lefty idealist vow to fight the cause and then drift into conservatism.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ?
Your guilty pleasure or hidden treasure?

Queen.

Ecoute exclusive


Antoine Kogut

Antoine Kogut. Ce nom ne vous dit peut-être pas grand-chose, et pourtant. Il est l'homme derrière de nombreux projets musicaux, le dernier en date étant Syracuse, dont le LP Liquid Silver Dream, sorti sur le label Antinote, révélait une musique pop-électro aqueuse baignée de claviers analogiques hypnotiques et de boîtes à rythmes sexy. Cette fois-ci, Antoine revient en solo avec un premier album qui sortira chez le label de Gilb'r, Versatile. Sphere Of Existence est un voyage composé de sept escales où se mêlent chansons au crooning sexy, pop rêveuse et ambiance cosmique. Découvrez les réponses d'Antoine à notre interview Out Of The Blue et regardez le vidéoclip de Sphere Of Existence. L'album sort le 29 septembre et se précommande sur le site de Versatile.

D’où viens-tu ?

Mes ancêtres viennent d’Italie et d’Allemagne (côté maternel), d’Egypte et Pologne (côté paternel). Un beau mix ! J’ai poussé mon premier cri à la maternité des Lilas dans le 93, célèbre depuis les années 1960 pour ses techniques d’accouchement alternatives et qui a vu naître des générations d’artistes et de saltimbanques. Ma mère est passionnée de théâtre, mon père de musique. J’ai été au lycée chez les Oratoriens. Bien que non-baptisé, ça ne m’empêche pas d’être intéressé par la chose spirituelle.

J’ai étudié le saxophone au conservatoire du dix-huitième arrondissement, duquel j’ai été renvoyé après mon diplôme de deuxième cycle (petit problèmes avec les cours de solfège). J’ai eu mon premier sampleur à treize ans, et j’ai chopé la maladie du collectionneur de disques et suis devenu digger. J’ai alors commencé à jouer avec divers groupes de punk, jazz, puis de musique électronique. J’ai un temps accompagné Adrien Durand dans son projet Les Aeroplanes/Bon Voyage Organisation, puis j’ai fondé mon groupe, Syracuse. Le big band disco de sept musiciens s’est transformé en duo, mis en pause aujourd'hui. J’ai aussi participé à la conception et à l’interprétation de la musique d’une pièce de théâtre avec Marcial Di Fonzo Bo et me suis  lancé dans l’illustration sonore, notamment en collaborant avec le réalisateur Ugo Bienvenu (réalisateur du premier clip de mon nouveau disque) avec lequel nous avons travaillé pour les rencontres photographiques d’Arles, ainsi que la marque de vêtement Edwin. Voilà, rapidement exposé, mon background…

Où vas-tu ?

L’idée la plus motivante dans la vie est d’avoir un but inatteignable car ce sont les routes qu’on emprunte qui importent. Comme le chante Gérard Manset : « Y'a une route. Tu la longes ou tu la coupes. (…) Y'a une route. C'est mieux que rien. Sous tes semelles c'est dur et ça tient ».

Pourquoi la musique ?

C’est l’art qui se rapproche le plus de l’émotion pure. Les théories divergent à ce sujet mais, a priori, il n’y a pas besoin d’apprentissage pour comprendre le rythme ou l’harmonie. En ce sens, je me rapproche de la théorie pythagoricienne de l’harmonie des sphères qui explique que les règles mathématiques de l’harmonie musicale peuvent tout à fait interpréter le monde dans son entièreté.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?

J’aurai sans doute été jardinier, pour la relation au temps (rythme des saisons, météorologie, etc.) et à l’espace (vital d’une plante, de sa croissance, etc.) que donne ce métier. Ou cuisinier pour l’aspect méticuleux et organisé de ce métier. Cuisiner un plat ou produire une chanson, le processus est assez similaire. Une bonne idée, de bons produits, de bons instruments, beaucoup de préparation, une certaine science du timing...

Une épiphanie personnelle ?

Avoir joué dix soirs de suite à guichets fermés sur la scène du théâtre de Chaillot, la musique (que j’ai aussi co-composée) de « Dans la République du bonheur » de Martin Crimp, mis en scène par Marcial Di Fonzo Bo. Et le concert de Syracuse aux Siestes Électroniques à Toulouse, en plein orage, était aussi pas mal rempli d’électricité et d’émotions.

Une révélation artistique ?

« Koyaanisqatsi », film de Godfrey Reggio, ou « My Favorite Things » de Coltrane. Je pense que si l’on est humain, on ne peut être insensible à ces œuvres majeures du XXe siècle.

Le revers de la médaille ?

Comme musicien, on entraîne énormément sa sensibilité afin de créer des émotions. Cette nature « à fleur de peau » peut jouer des tours dans notre société.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?

Le plus souvent, ce sont les œuvres qui survivent à la mort de leur créateur. La durée de vie matérielle d’un disque vinyle est de cent-cinquante ans, mes disques pourront donc être dans les bacs longtemps après ma disparition.

Un rituel de scène ?

Il faut chasser les superstitions donc non, pas de rituel. C’est la foi qui est importante, pas le dogme.

Avec qui aimerais-tu travailler ?

J’aimerais beaucoup faire la musique d’un film de Brian de Palma avec Pino Donagio.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?

Comme je l’expliquais plus haut, je souhaite ne jamais l’atteindre car ce sont les chemins empruntés qui sont importants, pas le sommet de la montagne.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?

C’est marrant, ça me fait penser à une scène de « La Danza de la Realidad », de Jodorovski. Le personnage de lui enfant est dans une grande détresse émotionnelle et d’un coin du plan, lui, adulte et réalisateur du film de son enfance, arrive doucement, habillé en costard noir, pose la main sur son épaule et lui/se dit de ne pas s’inquiéter, que tout va bien se passer. Je pense que je ferais quelque chose comme ça.

Comment te vois-tu dans trente ans ?

J’espère juste ne plus habiter à Paris, mais au bord de la mer. Avec la montée des eaux, qui sait ? Peut-être que ça sera possible à Paris...

Comment vois-tu évoluer ta musique ?

J’espère qu’elle continuera d’évoluer, que je continuerai de progresser techniquement, émotionnellement et humainement.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ?

Les friands légumes-cheddar de Sue Quinn.

Photo : Rebekka Beuner

Vidéo


Fléau

Fléau, c'est le grand office qu'on s'inflige volontiers - avec ou sans voûtes néogothiques -, un poids synthétique avant toute chose. Mathieu Mégemont fait de la musique d'ambiance, de cathédrale si tu veux, un truc qui s'appréhende verticalement, à l'image des illuminations augustes, de celles qui concentrent toute la lueur sur un détail. Ici, les machines bâtissent, cavalcadent peu, ogive après ogive, élevant le nerf électronique toujours plus haut et tenant la tension jusqu'à la clef de voûte. Voilà à peu de choses près la charpente massive et obscure du dernier album de Fléau, le très synthcoreux II, sorti au printemps dernier chez les copains d'Anywave et d'Atelier Ciseaux. Petit entretien et mixtape aux bons soins de Fléau, avec du très bon dedans.

D’où viens-tu ?

Du XXe siècle, de la fin des utopies, des Pyrénées et des Landes, des églises brûlées en Norvège, des hangars hardtech sous ecstasy, du shit du bled et plus généralement d’une famille dysfonctionnelle. Ou alors, pour citer J.J. Burnel : "je suis descendant de Charlemagne, de Bonaparte et d’Adolf Hitler".

Où vas-tu ?

Dans le mur que je me suis bâti, brique après brique.

Pourquoi la musique ?

Pour communiquer avec le monde sensible, sans doute. Projeter l’univers invisible que j’ai dans la tête.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?

Je fais aussi du cinéma. Je refuse de choisir.

Une épiphanie personnelle ?

La montée de Daphnis et Chloé de Ravel qui sortait d’un auto-radio dans la nuit du pays basque alors que je regardais les étoiles, allongé nu dans le coffre d’une Opel Corsa pourrie avec la fille que j’aimais à l’époque.

Une révélation artistique ?

Probablement Suspiria de Dario Argento, enfant. Puis Carpenter, ado. Puis Pialat, adulte. Musicalement, Guns n’ Roses et Pink Floyd en CM2, Burzum en quatrième et la discographie des Beatles à dix-huit ans. Littérairement, les naturalistes français et anglais du XIXe siècle et les inventeurs du roman noir, Dashiell Hammett et Raymond Chandler.

Le revers de la médaille ?

À l’art ? C’est quand même beaucoup de travail et pas mal de souffrance. Mais si on se démerde bien, ça économise un psy et je l’ai choisi, je ne vais pas me plaindre.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?

Je me pose souvent la question. Je n’ai pas de réponse.

Un rituel de scène ?

Prendre de la drogue. De qualité, idéalement.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?

J’aimerais beaucoup jouer du synthé avec ROB pour une B.O. de film. Et avoir Benoît Debie comme chef-opérateur sur un film aussi.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?

Si je pouvais réaliser plusieurs longs-métrages, je serais déjà extrêmement satisfait. Après, pour Fléau, faire un live dans une cathédrale avec plein de potes aux synthés et moi à l’orgue. Über-mégalo.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?

Ne change rien. Casse-toi la gueule, relève-toi. Ad lib

Comment te vois-tu dans trente ans ?

Satisfait d’avoir accompli ce que j’avais déjà en tête enfant. Sans m’être compromis si possible.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?

De plein de manières différentes, je ne sais pas encore la prochaine mais j’ai des idées.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)

Pas de plaisir coupable, j’assume intégralement mes mauvais goûts et ils doivent être nombreux. Trésors cachés musicaux : la B.O. ultra-rare de Chi l’ha vista morire d’Ennio Morricone, Tosankokaiku de Shogun Kunitoki, les deux premiers albums de Polyrock, un groupe de post-punk new-yorkais produit par Philip Glass et The Fever of War de Vilkacis, un one-man-band de Black-Metal de New-York, hyper raw et brillant.

Écoute exclusive

Audio

Tracklist

Fléau - II (Anywave/Atelier Ciseaux, 29 mars 2018)

01. I
02. II
03. III
04. IV
05. V


Kaviar Special

Avec leur troisième album Vortex, sorti en janvier dernier sur Howlin' Banana, les Kaviar Special ont tout bonnement pulvérisé les limites dans lesquelles ont les avait injustement enfermés jusqu'à présent. Il faut bien dire qu'on en a soupé, ces dernières années, des groupes de garage français se rapprochant souvent davantage de la nuisance sonore que du don du ciel. Et forcément, on s'arme progressivement d'une méfiance auditive aux allures de simple préservation de soi. Dès le précédent #2 (lire), on avait toutefois bien saisi que ce groupe-là n'était pas parti pour passer dans les pertes et profits d'une scène garage-psyché française assez cruelle, surtout lorsqu'il s'agit d'enfermer en un éclair à la cave des groupes qu'elle a posé en tête de gondole le temps d'un track ou deux. Avec Vortex, les Rennais sont, eux, bien partis pour durer tant ils apparaissent au-dessus de la mêlée sur ce coup : production de haute volée, arrangements méticuleux et morceaux aux reins suffisamment solides pour supporter un son puissant, très puissant mais jamais lourdingue. Ce LP respire le travail bien fait, l'inspiration et l'émancipation d'avec ses figures tutélaires, à commencer par Thee Oh Sees.

Agenda : actuellement en tournée, avec notamment une date parisienne au Petit Bain le 18 mai prochain (event FB) en compagnie de Volage et Th Da Freak, on ne saurait donc trop vous conseiller de vous radiner pour transpirer du boule à l'occasion de l'un de leurs concerts fiévreux. En attendant, Léo, guitariste rythmique et chanteur du groupe, répond à notre interview Out Of The Blue tandis que le groupe nous gratifie d'une mixtape de leurs marottes du moment, en écoute ci-dessous.

D’où viens-tu ?

On vient de Rennes, en Bretagne. Musicalement on vient du garage, des compils Nuggets à ces bons vieux Oh Sees.

Où vas-tu ?

Le garage fut une excellent école, accessible et décomplexante, comme le punk à une époque j'imagine. Cependant, on essaie maintenant de sortir de nos carcans et réflexes en terme de composition et de jeu. Il y beaucoup d'autres terrains sur lesquels on aimerait s'aventurer.

Pourquoi la musique ?

Parce qu'il y en a partout, tout le temps et pour tout les goûts. Tout le monde entend de la musique au moins deux à trois minutes dans sa journée et même lorsqu'elle est subie, comme celle des supermarchés par exemple. C'est peut-être la forme d'art la plus répandue parmi nous. On en est tous complètement imprégnés. Et de l'écoute à la pratique, il n'y a qu'un pas.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?

J'espère que j'aurais plus travaillé à l'école.

Une épiphanie personnelle ?

En fait tout ce qui est phaser, chorus, flanger et cie. C'est trop bien.

Une révélation artistique ?

J'ai eu un gros coup de foudre pour Alan Parsons Project pas plus tard qu'il y a deux jours mais je suis un peu cœur d'artichaut.

Le revers de la médaille ?

Les sept heures dans le camion pour aller jouer à l'autre bout de la France devant un public clairsemé, les grosses fiestas ratées parce que tu n'es que rarement dispo les week-ends. Et les acouphènes.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?

Pas besoin de grosses scènes et de sorties marketées pour faire de la musique. C'est pareil pour toute forme d'art, non ? À ce moment-là, je dirais : y a-t-il réellement une mort artistique ? Comment savoir si tu ne réécriras pas quelque chose un jour ?

Un rituel de scène ?

Pas au sens propre, non. On aime bien rigoler, se charrier et s'exciter dans les loges comme des chiens fous. Ou alors on fume des cigarettes magiques pour jouer à l'américaine, ça dépend.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?

Faire un clip avec Romain Gavras ou Quentin Dupieux, ce serait bien cool.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?

On a pris des pieds énormes en jouant dans des rades et on a aussi joué sans envie sur des énormes scènes de gros festivals, bien que le contraire soit plus vrai. Ce que je veux dire, c'est que c'est impossible de savoir comment on réagira aux choses lorsqu'elle arriveront alors on prends ce qu'il y a à prendre quand il y a, avant de penser à ce qu'il pourrait y avoir.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?

Si tu veux pas travailler à l'école, apprends au moins à faire des solos de guitare et à chanter à la tierce parce que tu mettras des années à combler ce manque.

Comment te vois-tu dans trente ans ?

Toujours en train d'essayer de rentrer le solo de Into The Void de Black Sabbath. Blague à part, je n'en ai aucune idée.

Comment vois-tu évoluer votre musique ?

Dur à dire. En tout cas, on essaie de sortir de ce que l'on sait faire, c'est-à-dire de faire autre chose que du rock bourrin plein de fuzz. On se challenge en se lançant dans des façons d'écrire et de jouer pour nous inédites. Un gros travail, aussi, est celui d'acquérir un son et une façon de composer qui nous soit propre, trouver une personnalité forte. Que les gens qui écoutent soient capables de dire que c'est Kaviar, et pas autre chose.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)

On adore les soirées clubbing et les festivals électro.

Écoute exclusive


En Attendant Ana

Si Verity Susman chantait mieux, enfin juste, En Attendant Ana aurait pu être le nouveau Electrelane. Et c'est tout le mal qu'on leur souhaite, avec cette naïveté charmante qui pointe à chaque refrain comme le faux prétexte d'une vraie bonne humeur portée en bandoulière, le sourire aux lèvres. La mélodie vivace et entêtante, l'envolée fraîche et radieuse, c'est tout ce qu'il leur faut : une pop pas piquée des hannetons, un peu garage et agrémentée d'un ton lo-fi de bon aloi. On n'attend plus Ana puisque les jeunes pousses, chasse gardée Montagne Sacrée et Buddy Records, sortent leur premier album, Lost & Found, le 14 avril et livrent cet extrait exclusif, The Violence Inside... cadeau !

Agenda : release party au Chinois, à Montreuil, le 14/04 (event FB)

D’où venez-vous ?

De banlieue parisienne essentiellement, et d'un bled perdu (mais fier !) de l’Ain.

Où allez-vous ?

Là où on peut mais on évite les tunnels du métro.

Pourquoi la musique ?

On a vu de la lumière, on est rentré, c'était très cool donc on est resté !

Et si vous n’aviez pas fait de musique ?

Ce serait tout pareil mais on s'ennuierait probablement un petit peu plus.

Une épiphanie personnelle ?

Harry, I’m going to let you in on a little secret. Every day, once a day, give yourself a present. Don’t plan it, don’t wait for it, just let it happen. It could be a new shirt at the men's store, a catnap in your office chair or two cups of good hot black coffee. Like this.

Une révélation artistique ?

Le pogo d’un concert de rock californien pour la fête d’une ville perdue en banlieue, Peter Gabriel, Joan Jett et la victoire au concours de double pédale de grosse caisse avec une seule pédale.

Le revers de la médaille ?

On n'y a pas encore goûté, pourvu que ça reste comme ça !

Y a t-il une vie après la mort artistique ?

Oui, regardez Schwarzy. (et on en connaît d'autres...)

Un rituel de scène ?

Romain change ses cordes parce que sinon elles se cassent pendant le concert, Camille et Margaux fument des clopes, Antoine boit deux pintes plus un shot, Adrien trois pintes de Picon et Viktor donne des coups de tête à tout ce petit monde en gueulant des trucs idiots.

Avec qui aimeriez-vous travailler (musique et hors musique) ?

Globalement, nous ne sommes pas de grands érudits de la musique et, très régulièrement, après les concerts, on vient nous parler de groupes ou de musiciens à qui on fait penser, ou qui pourraient nous plaire. On ne connaît généralement pas, puis on rentre, on écoute et là... coup de foudre ! Du coup la liste des artistes avec qui on aimerait travailler change souvent mais, en ce moment, ce serait Verity Susman (Electrelane), Pat Flegel (Women/Cindy Lee), Katie Sketch (The Organ) ou Lætitia Sadier. Et la liste est longue encore !

Quel serait le climax de votre carrière artistique ?

Jouer en première partie d’Electrelane pour leur reformation, elle-même dûe au fait qu'on les a harcelées pour qu'elles le fassent.

Retour à l’enfance, quel conseil vous donnez–vous ?

Panique pas, tu seras toujours aussi stressé dans vingt ans !

Comment vous voyez-vous dans trente ans ?

Fatigués et de droite.

Comment voyez-vous évoluer votre musique ?

Un peu plus improvisée probablement, puisqu’on joue moins mal qu’avant

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)

Un MacDo de temps en temps.

Écoute exclusive

Tracklist

En Attendant Ana - Lost & Found (Buddy Records/Montagne Sacrée, 14 avril 2018)

01. Intro
02. (Not) So Hard
03. Night
04. Re
05. This Could Be
06. Why Is Your Body So Hard To Carry ?
07. The Violence Inside
08. Tinkle Twinkle
09. Square One
10. I Don't Even Know Your Name


Technical Kidman

Okay, on sait. On fait plus sortant du bleu. On sait puisqu'on avait déjà parlé du trio montréalais dans nos colonnes (lire), mais c'était il y a un bout de temps alors disons qu'il y a prescription désormais. Le fait est que les trois amis ont sorti un nouvel album en novembre dernier, un truc bien chouette, aux sons acerbes et à électronique bien mâchée, qui s'appelle Bend Everything et qui mérite qu'on s'y arrête. Car ce nouveau bout dégouline d'une matière sonore qu'on voudrait malaxer pendant des heures. Pour tout savoir, le skeud a été enregistré à l'Hotel2Tango aux côtés de Radwan Ghazi-Moumneh (Jerusalem In My Heart). Et pour en savoir encore plus, Mathieu dit tout ci-dessous. Start now !

D’où venez-vous ?
Where do you come from?

Montréal.

Montreal.

Où allez-vous ?
Where are you headed?

Travailler.

Working.

Pourquoi la musique ?
Why music?

C’est ce qui m’intéresse le plus.

It is what interests me the most.

Et si vous n’aviez pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Cinéma, arts visuels, physique.

Cinema, visual arts, physics.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Personne ne sait réellement ce qu’il ou elle fait.

No one knows what he/she is doing for real.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Les imprévus, c’est intéressant, ça ne sert à rien du tout contrôler.

The unforeseen is interesting, it helps control nothing.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

La remise en question.

Questioning.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Je ne connais personne qui est mort artistiquement, ni mort tout court d’ailleurs, alors je suppose que non.

I don't know anymore who has died artistically, nor die, I guess not then.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

J’en avais plus avant, mais finalement ça ne servait à rien.

I used to have more before, but it was useless in the end.

Avec qui aimeriez-vous travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Jenny Hval, Oneohtrix Point Never.

Quel serait le climax de votre carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Domination mondiale totale.

The complete domination of the world.

Retour à l’enfance, quel conseil vous donnez–vous ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Commence maintenant.

Start now.

Comment vous voyez-vous dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Moins pauvre, plus audacieux et mieux habillé.

Less poor, more audacious and better dressed.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Bob Ross.

Écoute exclusive

Audio

Tracklist

Technical Kidman - Bend Everything (10 novembre 2017)

01. Heat In The Blood
02. Mercedes
03. Constructions
04. Offices
05. Radiate
06. Bend Everything
07. Current In The Vein
08. Wavering


Honey Harper

C'est derrière un voile lynchéen, un brin mystérieux, hors du temps et ténébreux, que se cache le projet Honey Harper. Composé avec application et chanté de voix de maître, Universal Country évoque mille lieux sur les terres londoniennes ou américaines. Les espaces se devinent immenses et bienveillants dans la nuit noire, à peine éclairés par les phares d'une voiture qui roule depuis trois ans. Une poignée d'années arrosée d'essence, de traversées (qu'on imagine) solitaires et de la poésie nostalgique qu'ont les gens dont la vie fut chargée en aventures. Universal Country de Honey Harper est un joli et doux recueil à paraître le 10 novembre sur le label montréalais Arbutus, qu'on accompagne aujourd'hui d'une mixtape concoctée sous le signe de la longévité : « it's a playlist through the centuries »...

D’où venez-vous ?
Where do you come from?

Adel, Géorgie via Miami, Floride via Atlanta, Géorgie via Londres, Royaume-Uni.

Adel, GA via Miami, FL via Atlanta, GA via London, UK.

Où allez-vous ?
Where are you headed?

Rester tranquille un moment.

Staying still for a while.

Pourquoi la musique ?
Why music?

Parce que je ne suis pas sûr de savoir quoi faire d'autre.

I'm not sure what else to do.

Et si vous n’aviez pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

De la science.

Science.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

J'aurais aimé que ce soit la mienne, et même s'il est évident qu'être honnête dans ma musique semble m'avoir propulsé un peu plus loin.

I wish it was mine, and though it's obvious being honest in my music seems to have propelled me a bit further.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

La pedal steel.

Pedal Steel.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Aucun.

No.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Bien sûr, je l'attends avec impatience.

Of course, I look forward to it.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Un double vodka-soda.

Double vodka-soda.

Avec qui aimeriez-vous travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Gram Parsons, Luca Guadagnino.

Gram Parsons, Luca Guadagnino.

Quel serait le climax de votre carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Je pense être le genre à rechercher un autre climax, donc ce serait probablement le sentiment de n'avoir plus besoin d'aller plus loin.

I think I am person looking for another climax, so it would probably be the feeling that I no longer need to keep going further.

Retour à l’enfance, quel conseil vous donnez–vous ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Arrête d'essayer de rendre tout le monde heureux.

Stop trying to make everyone happy.

Comment vous voyez-vous dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

N'importe où avec Bambi.

Anywhere with Bambi.

Comment voyez-vous évoluer votre musique ?
How do you see your music evolve?

Lentement mais sûrement.

Slowly but surely.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Gigi D’agostino.

Gigi D’agostino.

Écoute exclusive

Audio

Tracklist

Honey Harper - Universal Country (Arbutus Records, 10 novembre 2017)

01. Pharaoh
02. Secret
03. SOFR
04. Man Is A Luxury


Kaade

Retour sur la scène bouillante de Toronto avec Kaade le nouveau projet de la productrice et performer Kat Duma qui s'apprête à sortir un premier EP 'Encounter With Power' sur le label Security Co-op - mené par le collectif dont elle fait parti avec entre autres Talvi Faustmann (moitié de Prince Innocence) et Kayla Devito. Enregistré entre Berlin et la cité de l'Ontario, les deux précédents titres sortis au fil de ces derniers mois oscillaient entre post-punk obscur et pop minimale le tout éclairé par une voix hypnotisante. Découvrez les réponses de Kat Duma à notre interview Out of the Blue et écoutez en exclusivité son nouveau titre 'Breathing'. Enjoy !

Photo: Nadia Khashan

PREMIERE

https://soundcloud.com/kkaade/breathing/s-JREn9

Interview

D'où viens-tu ?
Where do you come from?

Belgrade, mais j'ai grandi à Toronto.

Belgrade. But raised in Toronto.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Je cherche encore !

Still figuring it out!

Pourquoi la musique ?
Why music?

Rien d'autre ne semble me rendre véritablement heureuse.

Because nothing else seems to make me genuinely happy.

Et si tu n'avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Je ne suis pas sure, probablement quelque chose dans le milieu des "affaires" (c'est ce que j'ai étudié à l'école).

Not sure, probably “business.” (It’s what I studied in school)

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Si tu arrêtes d'attendre après les autres et commence à faire les choses toi-même, les choses se font réellement !

That if you stop waiting on other people and start doing things yourself, things actually get done!

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

J'ai réalisé que je n'ai pas à correspondre à la perception de qui que ce soit sur ce à quoi je suis censée ressembler.

Realizing that I don’t have to cater to anyone else’s perception of what I’m supposed to sound like.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Il n'y en a pas.

Not at all.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Oui je pense. Cela semble moins stressant.

Yes, I think so. Seems less stressful.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Je me rejoue le set dans ma tête et je relis toutes les paroles. Je n'ai jamais oublié les paroles de mes chansons mais j'ai toujours peur que ça m'arrive. Je pense que 'est parce que j'avais l’habitude de faire une reprise d'une chanson en concert et à chaque fois j'inversais les couplets. Ce qui est pire vu que c'est une reprise et que le public connait les paroles...

I go over the set in my head and re-read all the lyrics. I’ve never forgotten a lyric (of mine) but I’m always paranoid I will. I think it’s because I used to cover a song live and literally every single time I would switch the order of the verses. Which is so much worse because it’s a cover and the audience actually knows the lyrics…

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musical or not)?

J'aimerais travailler avec Nidia Minaj, Gudrun Gut et Rihanna.

I’d like to work on a track with Nidia Minaj, Gudrun Gut and Rihanna. 

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Je ne veux pas que ce soit quelque chose auquel j'ai à penser maintenant, donc à déterminer. 

I don’t want it to be anything I can think of now, so TBD.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Tu n'as pas besoin de producteur.

You don’t need a producer.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Heureuse et accomplie, j'espère.

Happy and fulfilled, hopefully.

Comment voyez-vous évoluer votre musique ?
How do you see your music evolve?

J'écoute beaucoup de musique différente et je suis toujours en train de la musique, donc mon son tend à changer de façon que je ne peux vraiment prédire. Ceci étant dit, j'espère pouvoir continuer à m'améliorer techniquement.

I listen to a lot of different music and I’m basically always listening to music, so my sound tends to shift in ways I can’t really predict. I do hope I keep improving technically.

Un plaisir coupable ou un trésor caché (musique ou hors musique) ?
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Mon plaisir coupable... Peut-être manger du cottage cheese à la cuillère. Cela semble dégouter beaucoup de personnes (je ne sais pas pourquoi).

My guilty pleasure…Maybe eating cottage cheese with a spoon because that seems to gross people out (idk why).

Audio


Spécial Secret Solstice : Alvia

Second volet de notre OOTB spécial Secret Solstice avec cette fois-ci l'artiste islandaise Alvia, la reine du trap islandais propose une musique inspirée aux influences hip hop.

D'où viens-tu ?
Where do you come from?

De Merqury.

Merqury.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

Vers l'éternité.

Eternity.

Pourquoi la musique ?
Why music?

Pourquoi moi ?

Why me?

Et si tu n'avais pas fait de musique ?
And if music wasn't your thing?

Le dessin, la peinture, le design.

Drawing, painting, designing.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Elles apparaissent généralement lorsque je sirote un Elf Tea.

They usually appear when sipin on elf-tea.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

La spirale va vers le haut.

The spiral goes up.

Y a-t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Je vois ça comme quelque chose de cyclique, moment après moment, tout ce qui a été sera et ce qui viendra après reste un mystère.

I see it in circles, moment after moment, all that has been will be, mystery to what is next to be.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Me connecter à l'océan dans le port, mes sentiments sont profonds. Rigoler sur GummyClick, faire des choses qui me rendent heureuse.

Connect with the harbor ocean, my feelings get deep, have a laugh with GummýClick, positively do things that make me happy.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Quiconque aimant les chewing-gums HubbaBubba.

Anyone who likes HubbaBubba gum.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Faire une chanson avec Emilio Grande.

Do a song with Emilio Grande.

Retour à l'enfance, quel conseil te donnes-tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Rêve grand, ressens profondément <3
Crois et suis toujours ton instinct ! Sois courageuse, pétasse.

Dream Big, Feel Deep <3
Believe and always trust your instinct! Hoe Be Brave.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Heureuse.

Happy.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Je la ressens. J'explore et je n'ai pas peur d'essayer de nouvelles manières de créer donc tout peut arriver et c'est excitant. Je n'aime pas savoir à l'avance quelle tournure vont prendre les choses.

I feel it. I'm exploring and not afraid to try different ways of creating so anything can happen and that’s exciting. I don’t like to know how things will turn out.

Un plaisir coupable ou un trésor caché (musique ou hors musique) ?
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Trésor coupable - Plaisir caché <3

Guilty treasure - Hidden Pleasure <3

Traduction : Alex

Audio

Vidéo


Spécial Secret Solstice : Lord Pusswhip

La team Hartzine est arrivée au festival Secret Solstice à Reykjavik et, cette semaine, c'est un OOTB spécial artistes islandais. On commence avec Lord Pusswhip, jeune producteur/rapper d'une vingtaine d'années, qui a déjà produit pour quelques artistes hip hop tels que Antwon, Metro Zu et Th@ Kid ou des groupes et artistes punk comme Dälek et Stuart Argabright.

D'où viens-tu ?
Where do you come from?

De l'ouest de Reykjavik.

I'm from the west side of Reykjavik.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

En route vers le studio !

On my way to the studio!

Pourquoi la musique ?
Why music?

Pour la même raison que les danseurs ont envie de danser.

For the same reason dancers want to dance.

Et si tu n'avais pas fait de musique ?
And if music wasn't your thing?

J'aime aussi écrire et dessiner.

I like writing and drawing too.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Toutes mes épiphanies finissent brouillées !

All my epiphanies get muddled!

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

L'année passée, mon mixage a beaucoup progressé, avant j'étais plutôt novice, techniquement parlant.

In the last year my mixing has improved a lot, before I was a bit of a technical novice.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Lil B, The Basedgod et Lil B The Basedgod.

Lil B, The Basedgod and Lil B The Basedgod.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Je veux faire la bande son du premier grand film d'horreur islandais.

I wanna make the soundtrack for the first great Icelandic horror film.

Retour à l'enfance, quel conseil te donnes-tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Un truc du genre "l'herbe est plus verte chez le voisin".

Something along the lines of "the grass is always greener on the other side".

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

Toujours à faire de la musique mais ça sera clairement différent, avec un peu de chance ça ne sera pas de la merde.

Probably still making music but it will definitely be different, hopefully I won't be shit.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Je ne sais pas mais je suis content quand les gens reconnaissent un beat de Pusswhip juste par la façon dont ça sonne.

I don't know but i'm happy when people say they know something is a Pusswhip beat just from the sound of it.

Un plaisir coupable ou un trésor caché (musique ou hors musique) ?
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

J'ai arrêté d'employer ce terme, "plaisir coupable". J'aime ce que j'aime et c'est tout. Peut-être des trucs de rap sale.

I stopped using the word "guilty pleasures", I just like what I like basically. Maybe some of the more debased type rap stuff.

Traduction : Alex

Audio

Vidéo


Bawrut

Je suis tombé sous le charme de  Ciquita l’année passée; sa rythmique contagieuse et guillerette, son côté carnavalesque, sa moiteur chicagoanne et  son acidité bien dosée m’avaient fait lever les bras  jusqu’alors  accoudés au bar de je ne sais plus quel club. Quelques semaines plus tard au détour d’une errance digitale  je suis retombé par hasard sur ce morceau mutant capable de faire renaitre en moi le désir de réécouter La Puta de Ralphi Rosario.
Bawrut, producteur et dj originaire du nord de l’Italie et désormais expatrié à Madrid  en est l'instigateur. Ce titre, d'abord apparu sur son propre label Silencio a vite tapé dans l’œil averti des prescripteurs de Ransom Note qui l'on sorti pour inaugurer  leur tout nouveau label. Depuis cet amateur aussi bien de hip-hop que de pop anglaise s'est subtilement infiltré sur les playlists  de JD Twitch ou Andrew Weatherall et jouera au Sónar ce jeudi 15 juin (vous pourrez ensuivre la performance juste ici)
Pour agrémenter l'interview qui suit, cette insatiable remixeur nous offre un titre en exclu, une revisite d'un titre du groupe art-punk italien CCCP sur lequel on peut même entendre Amanda Lear.

D’où viens-tu ?
Where do you come from?Je viens de Gorizia, une petite ville dans le nord est de l’Italie, à la frontière avec la Slovénie.

I come from Gorizia, a small city in the north east side of Italy on the border with Slovenia.

Où vas-tu ?
Where are you headed?

J’aimerais dire Ibiza ou Istria mais généralement, ma journée type est : aller au parc avec mes chiens, le studio, la cuisine, le studio, marcher avec les chiens, la cuisine, le lit. En ce moment, c’est le studio ! :)

I would like to say Ibiza or Istria but usually my routine says : going to the park with my dogs, studio, kitchen, studio, walking with the dogs, kitchen, bed. At this moment it’s studio time! :)

Pourquoi la musique ?
Why music?

Depuis mon enfance, j’ai toujours été dingue de musique et de disques, c’était une évolution naturelle pour moi que d’aller vers ça.

Since I was a child I was always crazy about music and records, so it was a natural progression.

Et si tu n’avais pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

Tu te rappelles du sifflement sur « Nuthin but a G thang » ? Ok, je me rappelle de la première fois que j’ai utilisé un simple sampler avec les 4 premiers accords de cette chanson et j’ai été obligé de siffler la mélodie. Depuis ce moment j’ai toujours essayé de jouer et de faire de la musique avec tout ce qui me passe par la tête et d’écrire les mélodies que je sifflotais.

Do you remember the whistle from “Nuthin but a G thang”? Ok, I remember the first time I used a basic sampler with the first 4 bars of the song and I was forced to whistle the lead. Since then I’ve always tried to play and make music with everything going trough my mind and to write down melodies I use to whistle.

Et s'il n'y avait pas eu la musique?
And if music wasn't your thing?

Je ne sais pas, j’ai travaillé pour un bureau de tabac pendant 15 ans, j’ai fait les vendanges pour une entreprise viticole, j’ai travaillé dans une station service pendant les vacances. J’aime cuisiner mais je ne suis par certain que ça pourrait être ma voie. Et être DJ ou un Gourmetsjesaispasquoicuisine est tellement tendance en ce moment!

Don’t know, i worked in a tobacco shop for 15 years, harvesting boy for a wine company, gasoline boy during vacations. I like cooking but not sure that could be my path. And being a DJ or a Gourmetsomethingfood right now is so hip!

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Guy Manuel et Rico jouant « Holidays on Ice » il y a presque 17 ans. Je pourrais faire un t-shirt « Guy Man m’a sauvé la vie »

Guy Manuel and Rico playing “Holidays on Ice” almost 17 years ago. I could make a t-shirt “Guy Man saved my life”.

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Je l’attends encode :D. Quand quelqu’un dit « Hey, j’aime ta musique », c’est déjà un objectif important. Quand quelqu’un joue, c’est pareil. Une chose à la fois (oh baby, gonna get to you, girl).

I’m still waiting for it :D When somebody says “hey, i like your music” it is already an important goal. When somebody plays it is the same. Step by step (oh, baby, gonna get to you, girl)

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Plein. Par exemple, l’expérience de traverser l’Italie de part en part parce que ton supposé manager veut te parler et préparer ton prochain album (peut-être mixé par Zdar) et finalement découvrir qu’il a disparu et qu’il ne t’a jamais répondu, JAMAIS. Ça m’a aidé à me déconcentrer sur ce que je veux et ce dont j’ai vraiment besoin.

A lot. Like, for example, the experience of crossing Italy from side to side because your supposed manager has to talk with you and plan your next album, (maybe mixed by Zdar) and then finding out he disappeared and never replied to you EVER. This helped me refocusing on what I really want and need.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Oui et j’en ai déjà fait l’expérience. Les attentes aident et ruinent ta vie, après tout il y a des choses plus importantes comme l’amour, l’amitié et les ondes en général.

Yes and I’ve already experienced that. Expectations help and ruin your life, after all there’s something more important like love, friendship and vibes in general.

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

Je suis complètement désorganisé avec mes nouveaux morceaux, les promos et la musique que je veux jouer. Généralement, je passe les dernières heures avant un concert à organiser mes clés USB ou à graver quelques CDs.

I’m a mess with new tracks, promos and music I want to play. Usually I spend the last hours before the set organizing my USB cards or burning a couple of CDs.

Avec qui aimerais-tu travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

Je ne sais pas. Je ne joue pas d’instruments, je touche juste les boutons sur des machines électroniques. Il y a beaucoup d’artistes que je respecte et de simplement m’imaginer un jour en studio avec eux à essayer d’écrire de la musique sans un sampleur, une boîte à rythmes ou un clavier serait légèrement intimidant.

Don’t know. I don’t play instruments, just touch buttons and knobs on electronic machines. There’s a lot of artists out there I respect and just imagining me one day with them in the studio trying to write down music without a sampler, a drum machine or a laptop would be a little intimidating.

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

D’habitude, je n’aime pas rêvasser à quel point ce serait cool d’avoir ma première sur ce label, ou ce festival ou ce club ou quoi que ce soit d’autre. Je préfère rester dans le présent, ou dans ce cas précis, dans le passé, quand tout, pour un court moment, était parfait : être confirmé pour jouer au Sonar 2017 était l’un de ces moments.

I usually don’t like daydreaming about how could be cool to have my debut on this label or that festival or club or whatever. I rather take a picture of the present, in this case of the past, when everything, for a very short moment, was perfect: being confirmed for playing at Sonar 2017 was one of those moments

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

Lis mon enfant, lis. Essayer d’apprendre à jouer d’un instrument et étudier plus.

Read my child, read. Try to learn how to play an instrument and study more.

Comment te vois-tu dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

En espérant que ce monde soit toujours là je dirais près de la mer, avec ma copine et les gens que j’aime et sans doute avec deux lévriers Greyhounds à mes côtéés. Quelque chose comme Abatantuono dans Mediterraneo de Gabriele Salvatores quand, à la fin du film, il est assis en train de couper des aubergines, réfléchissant à son passé.

Hoping this world will still be here I would stay close to the sea, with my girlfriend and the people I love and probably with a couple of greyhounds by my side. Something like Abatantuono in Gabriele Salvatores’ Mediterraneo movie when, at the end of the movie, he sits while cutting aubergines, thinking about his past.

Comment vois-tu évoluer ta musique ?
How do you see your music evolve?

Parfois je pense que la dance music, tellement tendance en ce moment, sera considéré comme le jazz dans dix ou vingt ans, appréciée et « étudiée » par les personnes âgées en somme, pas si simple à comprendre pour les plus jeunes, et jouée dans les théâtres, les auditoriums et autres. Peut être que ma musique pourrait changer cers quelque chose de plus actuel, mais, à moitié coincé dans le passé comme je suis maintenant, je continuerai sans doute à faire quelque chose que je peux mixer comme la musique que je fais maintenant. Ou j’aurai une révélation hippie/new age et je finirai en faisant et en jouant de la musique à Ibiza (ce qui pourrait être très cool) et juste bouger ma main gauche vers un theremin moderne, en lançant de nouveaux rythmes avec ma main droite sur un clavier.

Sometimes I think that dance music, something so big right now, in ten or twenty years will be something like jazz, appreciated and “studied” by old people basically, not so easy to understand for the youngsters, and played in theatres, auditoriums and places like that. Maybe my music could change to something more actual but, half-stuck in the past as I am right now, I’ll probably go on doing something that I could spin like the music I do now. Or I’ll have a hippie / new age turn and I’ll finish making and playing music in Ibiza (this could be very cool) and just moving my left hand close to a modern theremin, launch new beats with my right hand on a laptop.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

Je ne prends pas de drogues et je ne fume pas MAIS j’adore l’odeur de l’herbe. NE me demande pas pourquoi, ça me rappelle l’odeur d’une usine à bière que j’ai visité il y a plus de dix ans. Les amoureux de la weed, ne me détestez pas !

I don’t do drugs and I don’t smoke BUT I love the smell of weed. Don’t ask me why, it reminds the smell of a beer factory I visited ten or more years ago. Ganja lovah don’t hate me!

Ecoute Exclusive


Teenanger

Les quatre adulescents de Teenanger viennent de Toronto et, tout imprégnés de punk spirit qu'ils sont, ils tournent en dérision le fonctionnement débile du monde d'aujourd'hui et déclinent sur les treize titres qui peuplent le prochain album, leur cinquième, une quasi étude de consommation du mode de vie canadien. Bien joliment illustré par Darby Milbrath, Teenager se fait dénonciation des absurdités ambiantes en spoken words et guitares arty, hymnes désarticulés aux contours brutes et à la rengaine simple et directe. Une what the fuck proto music jouée sur un mode punk tête à claques, pas étonnant donc de retrouver James Toth à la régie après Plasmalab et Soupcans. En attendant le 14 juillet et la sortie sur Telephone Explosion, le premier extrait s'écoute ici même, en avant-première évidemment !

D’où venez-vous ?
Where do you come from?

Nous venons de la terre des ratons laveurs en costume. D'un endroit où les logements cachent le soleil et où l'eau douce est notre océan. Toronto.

We come from the land of Raccoons in business suits. A place where condos block out the sun and the ocean is freshwater. Toronto.

Où allez-vous ?
Where are you headed?

Nous sommes à peu près à mi-chemin, sur un vol aller simple, classe économique à destination de ce que beaucoup connaissent comme la mort. C'est la partie du voyage où on commence à avoir des crampes aux jambes et où le personnel naviguant devient méchant. On n'est pas encore sûrs de ce qu'on aura à manger pour le dîner mais on s'accroche à l'espoir d'avoir comme snack un cookie chocolat noir et noix de macadamia plutôt bon.

We are approximately halfway through our one-way, economy class flight to a destination known to most as death. This is the part of the trip where our legs start to cramp and the flight attendants are getting mean. We're still not sure what's being served for dinner but holding onto hope as the free snack was a rather tasty white chocolate and macadamia nut cookie.

Pourquoi la musique ?
Why music?

C'est plus simple que de jouer au hockey et de chasser l'élan, ce qui sont à peu près les deux seules choses à faire au Canada.

Making music is much easier than playing hockey and hunting moose, pretty much the only other two things to do in Canada.

Et si vous n’aviez pas fait de musique ?
And if music wasn’t your thing?

En deux mots : natation synchronisée.

Two words: Synchronized swimming.

Une épiphanie personnelle ?
An epiphany of yours?

Le type musclé à la queue de cheval qui joue du saxophone à l'écran dans Génération Perdue est LE MÊME que le type que celui du film de 1987 avec Bob Dylan, Hearts Of Fire - qui est un film sous-estimé.

The ponytail-and-muscles guy who plays the saxophone onscreen in The Lost Boys is THE SAME guy from Bob Dylan's 1987 film Hearts Of Fire (which is an underrated movie.)

Une révélation artistique ?
Your artistic breakthrough?

Lorsqu'on a arrêté de prêter attention à ce que les gens pensaient de notre musique.

The moment we stopped caring what people thought of our music.

Le revers de la médaille ?
Any downside?

Absolument aucun. Comme le fameux "No Regrets" de Madonna.

None whatsoever. As Madonna famously said, "No Regrets".

Y a t-il une vie après la mort artistique ?
Is there life after artistic death?

Cela dépend de si tu considères que travailler comme agent d'accueil chez Walmart est une vie.

Depends on whether you classify working as a Wal-Mart greeter to be "living".

Un rituel de scène ?
Your pre-stage ritual?

As-tu déjà entendu parler de la thérapie primale ? Associe-la avec la première saison de Survivors projetée sur un écran de télé géant et Can't Get You Out Of My Head de Kylie Minogue comme bande-son. C'est la représentation la plus fidèle.

Have you ever heard of primal scream therapy? Combine that with the first season of Survivor on an enormous television screen and Kylie Minogue's Can't Get You Out Of My Head replacing the original audio. That's a fair representation.

Avec qui aimeriez-vous travailler (musique et hors musique) ?
Who would you work with (musically or not)?

On adorerait avoir l'occasion d'apprendre à faire des bateaux en bouteilles, je suis sûr qu'il y a ici des vrais maîtres qui pourraient devenir nos mentors. Peut-être même qu'on pourrait devenir le premier groupe à sortir un album en bouteille ?

We would love the opportunity to spend some time learning how to make ships in bottles. I'm sure there are some real masters out there who could mentor us. Maybe we could become the first band to release an album in a bottle?

Quel serait le climax de votre carrière artistique ?
What would be the climax of your career?

Après un concert à Québec, un mec super ivre nous a dit qu'on sonnait comme Marilyn Manson. Rien ne va plus depuis ce moment.

After a show in Quebec City, we were told by a very drunk man that we sounded like Marilyn Manson. It's all been downhill since that moment.

Retour à l’enfance, quel conseil vous donnez–vous ?
Back to your childhood – what piece of advice would you give your young self?

INVESTIS DÈS QUE POSSIBLE DANS UN STOCK DE CANNABIS MÉDICAL. C'EST UNE MINE D'OR QUI NE DEMANDE QU'À ÊTRE EXPLOITÉE.

INVEST IN MEDICINAL MARIJUANA STOCK AS EARLY AS POSSIBLE. IT'S A GOLDMINE WAITING TO BE EXPLOITED.

Comment vous voyez-vous dans trente ans ?
How do you see yourself thirty years from now?

L'avion de notre vol aller simple, classe économique à destination de ce que beaucoup connaissent comme la mort va bientôt atterrir. Nous digérons mal le plateau repas et nous nous demandons à quel prix se vend l'Imodium au paradis ?

The plane is about to touch down on our one-way, economy class flight to a destination known to most as death. The complimentary meal isn't sitting so well and we're wondering how overpriced Imodium is in heaven.

Comment voyez-vous évoluer votre musique ?
How do you see your music evolve?

À mon avis, on est pas loin de pouvoir payer des gens qui nous ressemblent pour écrire, enregistrer et se produire comme Teenanger. Pendant ce temps, on sera quelque part où il fait chaud à rêver de bateaux en bouteilles.

I think we're close to the point where we can pay people who look like us to write, record and perform as Teenanger. Meanwhile we'll be somewhere warm, dreaming about ships in bottles.

Un plaisir coupable ou un trésor caché ? (musique ou hors musique)
Your guilty pleasure or hidden treasure (musically or not)?

On adore tous le film Waterworld.

We all actually love the movie Waterworld.

Écoute exclusive

Tracklist

Teenanger - Teenager (Telephone Explosion, 14 juillet 2017)

01. Two Middle Fingers
02. Dawn
03. Forgot Fun
04. Emoji Kush
05. Just Drop It
06. Media Overload
07. Wychwood Heights
08. It Works With My Body
09. Weird Money
10. The Night Shift
11. Pay It Forward
12. Fun Forgot
13. N.O.B.L.O


Maud Geffray

Composer pour ou avec l'image. Voilà ce qui anime Maud Geffray depuis quelques années. C'est ainsi qu'après avoir mis en son un film sorti d'un carton à souvenirs de Christophe Turpin et tourné au mi-temps des années 1990 lors d'une rave du côté de Carnac - projet autour duquel son EP 1994 s’était cristallisé -, Maud, accompagnée de l'inarrêtable Jamie Harley (lire), s'est rendue cette fois-ci tout au nord de la Finlande pour réaliser un documentaire musical sur des élèves d'une classe de danse folklorique plongés dans le "Kaamos", cette période hivernale de Laponie vissée à une interminable obscurité crépusculaire abolissant pour quelques mois le rythme naturel du lever et du coucher du soleil, cette certitude consumériste bien connue ici que le jour toujours advient.

De ce cadre presque irréel, tantôt ténébreux tantôt étoilé et où la nature semble s'animer, Maud et Jamie en ont tiré une ode vibrante à l'adolescence. Jeunesse qui, privée de lumière et noctambule par défaut, cherche à dépasser ce drame naturel et à s'inventer. Polaar - premier véritable album de la Parisienne et sorti dernièrement chez Pan European (lire) - bien qu'il ne soit pas la bande son originale de ce projet en est pour le moins la parfaite continuité. Car c'est à partir de l'expérience vécue lors cette virée polaire que la moitié du duo Scratch Massive (lire) a composé les titres de cet album ample et parfait, véritable hommage à la nuit qu'elle soit insomniaque, festive ou d'angoisse et dont l'obscurité apparaît étonnamment plus lumineuse et consolante que la transparence univoque du jour. Bref, pour résumer, comme le disait Kant, "si le jour est beau, la nuit, elle, est sublime".

Après avoir brossé le portait de Maud à travers notre petit jeu de questions-réponses favori, retrouvez le clip ovniesque réalisé par Kevin Elamrani-Lince qui illustre avec une pertinence visuelle rare le puissant morceau Forever Blind, ainsi que le très bon remix de Polaar par Voiron.

D'où viens-tu ?

Saint-Nazaire, petite ville portuaire, industrielle, qui borde l'océan Atlantique.

Où vas-tu ?

Je viens de déménager dans le 19ème arrondissement de Paris, a Crimée. Vue de dingue, 7ème étage. J’ai besoin d’horizon, ça me change pas mal du centre de Paris où je vis depuis quelques années. Ici c’est super calme, ça détend. Au final c’est moi qui risque de faire du bruit dans l’immeuble.

Pourquoi la musique ?

C’est un langage qui me permet d’aborder des sensations, des émotions plus directement, qui m’évite de tout expliquer. Ça me convient pas mal et j’ai l’impression de ramener un peu de douceur dans ce monde.

Et si tu n'avais pas fait de musique ?

Je ne sais pas trop… faire de la musique c’est un luxe pour moi. J’ai l’impression que ça m’équilibre, après il faut rien fantasmer, c’est une activité intense, qui peut amener de la souffrance, de la difficulté aussi.

Une épiphanie personnelle ?

Réaliser que je pouvais faire de la musique seule, tout en continuant a faire de la musique avec mon groupe Scratch Massive.

Une révélation artistique ?

J’en ai assez régulièrement, heureusement c’est un vrai moteur. c’est juste compliqué quand ça remet en cause ses propres directions mais au moins ça fait avancer.
Une grosse révélation artistique de ces dernières années; Burial. Particulièrement le track Come Down To Us. Sa musique me fascine réellement, c’est dark et lumineux à la fois, tout ce que j’aime.

Le revers de la médaille ?

De se consacrer a la musique? la solitude peut-être. Parfois j’envie mes potes qui ont des vies de bureau avec des collègues et des vies cadrées : semaines / week-end. Mais ça ne dure jamais très longtemps. Au fond, je crois que j’ai vraiment besoin de cette liberté, de ce décalage, c’est créatif et ça me convient très bien. En même-temps, personne nous oblige à rien quand on fait ce métier, donc il faut apprendre à s’autodiscipliner, à avoir un rythme assez régulier.

Y a t-il une vie après la mort artistique ?

Sans doute oui, j’imagine que ça doit être libérateur .. enfin au moins un certain temps, au début quoi. il doit manquer quelque chose quand même .. créer donne tout simplement du sens à tout ça.

Un rituel de scène ?

Le moins possible de rituels … juste pas trop boire

Quel serait le climax de ta carrière artistique ?

Je sais pas j’espère ne pas l’avoir atteint.

Retour à l’enfance, quel conseil te donnes–tu ?

Suivre mes instincts, avoir confiance en moi.

Comment te vois tu dans trente ans ?

je ne planifie pas grand chose, je n’arrive pas a me projeter aussi loin...

Comment vois-tu évoluer ta musique ?

je ne sais pas c’est du work in progress...

Un plaisir coupable ou un trésor caché ?

J’ai une passion pour les cours de gym en club de sport sur fond de grosse musique Dance. Ca procure des très bonnes montées pendant 1h , Adele remixée avec un gros beat, Jimmy Sommerville en medley avec technotronic, Rihanna en version EDM, c’est intense.

La Playlist de Maud

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