collapse under the empire - find a place to be safe / The American Dollar - Atlas

front2the-american-dollar-atlasJ'ai toujours eu un peu de mal avec les étiquettes censées définir le style qu'exerce un groupe. Le définir ou l'enfermer. Mais en réalité, ce qui me dérange dans ce jeu un peu vain, outre de la fatuité à inventer des compartimentages éphémères dénués de sens, c'est qu'il s'agit le plus souvent d'une solution commode pour éviter d'ergoter sur la musique des groupes dont on parle. La loi de l'emmerdement minimum en somme. "Tu vas voir le concert de X ? Ok, ils font quoi comme style ? C'est entre post-punk et synth-pop, tu vois le genre ?". Définitivement, il parait plus commode de repérer les similarités entre groupes, puisque tout est une question d'influences, et ce, depuis des temps immémoriaux. Chacun apporte sa pierre en se servant de celle des autres pour avancer. Même les punks, qui voulaient détruire le rock'n'roll et faire table rase du passé, sont aujourd'hui logés à la même enseigne : rayon pop-rock de n'importe quel vendeur de disques cellophanés. Mais s'il y avait un concours d'inepties pour verbiage de chroniqueurs, le post-rock décrocherait, haut la main, la timbale. Pour être catalogué post-rock, il suffit, apparemment, de laisser tomber le chant et de remplacer celui-ci par de progressives vagues de saturation se déployant sur des morceaux longs aux titres imprononçables. Ce serait faire injure aux méritants pionniers, de Tortoise à Mogwai en passant par la nébuleuse Constellation, que de résumer ceci en une seule phrase, mais ces valeureux laborantins n'eurent de cesse justement de réprouver ledit terme. Avec le temps, on comprend mieux pourquoi. A titre d'exemple, comment prétendre que les écossais de Mogwai tentaient d'imaginer l'après du rock en expérimentant des sonorités empilant les décibels quand - au même moment - ils se consacraient corps et âme à l'édification d'un label dénommé Rock Action ? Osons le dire, il n'y a pas de mouvement ou de style post-rock. Il y a seulement plusieurs manières de jouer d'un rock que l'on qualifiera - tout bêtement - d'instrumental. L'occasion est d'ailleurs trop belle pour parler de ces dernières puisqu'une quantité insoupçonnable de disques est encore jetée en pâture à l'auditeur tout auréolée de l'ineffable épithète. Prenons deux exemples, Collapse Under the Empire avec Find a Place to be Safe et The American Dollar avec Atlas, qui au-delà de se partager l'unique originalité d'être des duos, se gargarisent à renâcler des formules aussi éculées que prévisibles. Sans s'étendre sur le contenu de chacun des deux disques - car il faut un don que je n'ai pas pour faire état des infimes nuances existantes entre chacun des morceaux - on peut arguer que Collapse Under the Empire décline l'option b) du rock instrumental quand The American Dollar s'en adjuge la c). Je reviendrai sur la a) un peu plus loin. L'option b) limite le propos à ressasser ce que des milliers de groupes ont fait avant eux avec tout autant de brio. C'est simple, le dernier effort de Martin Grimm (guitares) et de Chris Burda (claviers) aurait pu être celui d'Explosions In the Sky, de From Monument to Masses ou encore de God is an Astronaut. Une introduction calme, une mélodie lointaine et aérienne, puis un brouillard lourd de saturations terminant le morceau en apocalypse. L'option b) est donc celle des mecs doués mais légèrement feignants sur les bords. L'option c) est une variante de l'option b), à la différence près qu'elle inocule un bon nombre de sonorités et d'arrangements électroniques. L'éventail des possibles s'élargit, et on tombe parfois sur quelques pépites. En l'occurrence, Richard Cupolo et John Emanuele ne s'en tirent pas trop mal, sans pour autant être sûr de sortir The American Dollar de l'ornière. Le retour annoncé des allemands de To Rococo Rot compliquera sévèrement les choses. L'option a) est celle des pionniers précités. Elle est la marque d'une liberté de style la plus complète (comment comparer Tortoise à Mogwai ?) et d'une exigence créatrice confinant au génie : les groupes du label Constellation (Godspeed You Black Emperor,  Do Make Say ThinkFly Pan Am...), bien que souvent composés des mêmes musiciens, n'ont jamais abouti au même résultat quand dans toute la discographie de Mogwai, aucun album n'est la redite d'un autre. Pour ces derniers, seule compte l'émotion pure, sur disque comme sur scène. Quant aux deux groupes vaguement chroniqués ici, j'opte pour l'instinct grégaire. Ni plus, ni moins.

Thibault

Audio

Collapse Under the Empire - Angle Of Incidence

The American Dollar - A Few Words

Tracklists

Collapse Under the Empire - Find a Place to be Safe (Sister Jack Records, 2009)

01. Captured Moments
02. Crawling
03. Find A Place To Be Safe
04. Tranquillity
05. Angle Of Incidence
06. Decay
07. Far To The Past
08. A Smell Of Boiled Greens
09. Intelligence
10. Conscious Of Thirty-Nine
11. Take A Shot On Me

The American Dollar - Atlas (Yesh Music, 2010)

01. A Few Words
02. Age Of Wonder
03. Fade In Out
04. Shadows
05. Oil And Water
06. Circuits
07. Red Letter
08. Clones
09. Equinox
10. Second Sight
11. Frontier Melt
12. Flood
13. Escapist

Blastoids - Blastoids

frontAutant le dire tout de suite. Quand on chronique, on s'expose. Et je vois déjà le tollé poindre à la commissure des lèvres de chacun de mes petits camarades noctambules. J'anticipe leurs bouches déformées par l'indignation, le rictus complaisant... ah tu vois, tu vois... Ces amis enfiévrés, qui me suivent et m'entraînent. Qui m'entraînent oui, presque n'importe où, mais assurément jamais à un concert d'Animal Collective. A ces mots, s'embrasent les impatients : rien d'attirant, rien d'obnubilant. Rien. J'enfonce le clou dans la main de Jésus : inécoutable et sérieusement fatiguant. Une nuit, encore une, où je me sens de cette humeur frivole à charger comme je peux la barque de ces post-hippies ahuris, consacrés apôtres de l'expérience. L'œil atterré, je prête le flanc en jetant de l'huile sur le feu, celui de mon bûcher, fin prêt, en lâchant tout de go que l'un de mes trucs du moment, c'est de me farcir la petite tribu avinée et délurée, celle des Blastoids. On ne sais pas grand chose de ce trio s'extirpant des tréfonds du Tennessee, malgré un blog des familles, mais ils réhabilitent foutrement à mes oreilles, et ce dans un bordel sonique de grande classe, le trop fumeux psychédélisme torturé, écran de fumée d'un New-York bariolé. Électronique et claviers colorés, batterie furibarde et saillie d'électricité frustre, la pratique de l'art du contre temps est totale au cours de ce premier album éponyme, téléchargeable gracieusement ici (ce lien est disponible sur leur page MySpace), et faisant suite au maxi Megachurch disponible . Avec une imagerie aussi criarde que dégueulasse et avec cette drôle de manie de se peinturlurer sur scène tout en exhibant des objets à la con (hibou empaillé, machette amérindienne...), Joe, Charlie et Tyler envoient tout valdinguer sur quatorze morceaux anarchiques et joyeusement déstructurés. Des échos de voix enrouées, non loin d'un Beta Band décontaminé, racolent le chaland de la bête collective, quand de brèves incursions aussi violentes que bruitistes réveillent les fantômes de Lightning Bolt. L'album, sorti via la structure Environmental Aesthetics, forme une véritable entité pyramidale ou peu de morceaux se distinguent avec netteté (Morning Lights, Kids and Kandy, Kenny Winker) tant l'orgie tellurique entrecroise et entremêle son stupre halluciné entre chaque plage (Fake Indians, For What it's Worth, Space Montain). Je regarde au loin la meute qui s'essouffle. Totem et tabou. J'ai presque envie de mettre une plume dans les cheveux et de danser avec les loups.

Thibault

Audio

Blastoids - Space Mountain

Tracklist

Blastoids-Blastoids (Self Release, 2010)

01. Morning Light
02. Kids And Candy
03. Fake Indians
04. Cowboy
05. Whonose
06. For What It's Worth
07. Human Bells
08. Troutdick
09. Mommydaddy
10. Kenny Winker
11. Space Mountain
12. Labrats
13. Witch Condumbs
14. All The Numbers


These New Puritans - Hidden

puritains452covEn 2008 These New Puritans avait réussi à s’extraire d’une masse qui semblait vouloir ressembler à tout prix à Bloc Party ou Franz Ferdinand en dopant sa pop au valium et à la novocaïne, mis à part sur le strident Elvis. Une bande de gamins décharnés, sapés comme des gravures de modes, mais cultivant cette attitude détachée et impassible qui fait froid dans le dos.
Bien décidé à remettre le couvert cette année, Hidden déboule comme un mastodonte dans un placard à balais et file directement une impression de claustrophobie. L’ambiance est étouffante, on se sent piégé dans l’obscurité la plus totale, avec pour seule indication d’orientation le martèlement de la batterie qui agresse les oreilles comme le pilonnage d’un marteau-piqueur. Ajoutez à cela la folle emballée orchestrale : cuivres, bois, violons, tambours, chœurs… et Hidden ressemblerait presque à la chevauchée fantastique. Presque car encore une fois le rythme pêche et fait défaut aux jumeaux Barnett. Cette variante contemplative qui avait autant surpris qu’excité sur le single We Want War fini par soûler et endormir pire qu’une plaquette de Lexomil, la formule se répétant inlassablement sur les onze morceaux. Seul Three Thousand et son allure redondante réussit à éveiller l’intérêt. Et la production de Dave Cooley n’arrivera pas à sauver du naufrage ce navire qui s’enfonce douloureusement dans l’abyme. Dommage, on attendait beaucoup du quatuor anglais qui semblait naviguer entre post-rock hype et gotha-electro visionniaire. Mais bon, la rencontre d’un iceberg sans doute.

akitrash

Audio

These New Puritains - Three Thousand

Tracklist

These New Puritans - Hidden (Domino, 2010)

01. Time Xone
02. We Want War
03. Three Thousand
04. Hologram
05. Attack Music
06. Fire-Power
07. Orion
08. Canticle
09. Drum Courts-Where Corals Lie
10. White Chords
11. 5


Vampire Weekend - Contra

vampireweekend-contraPour tout dire, cette chronique a été un véritable enfer à accoucher. J'étais la première il y a quelques mois, à m'impatienter de l'arrivée prochaine du successeur de Mansard Roof. Il est des musiques qui sans en faire des tonnes, s'invitent dans votre vie jusqu'à en devenir une véritable bande sonore, cet album en fait parti. Voilà qu'en décembre arrive donc un premier extrait, Horchata. J'écoute le titre plusieurs fois pour essayer de me convaincre que cet absence d'émotions n'est pas réelle mais je dois m'y résoudre. Oui, ce sont bien les quatre bien peignés de Vampire Weekend, leur touche est reconnaissable entre toutes, mais sans surprise. Je n'ose pas le formuler à ce moment là, mais je sais déjà que Contra sera une déception.
C'est toujours casse gueule un deuxième album surtout quand le premier a été ovationné par la foule et la critique, on le sait. Mais disons que je l'ai pris encore plus perso, après la première écoute, j'en avais les larmes aux yeux tellement ça faisait pschitt. Alors je l'ai rangé dans un tiroir. J'avais toujours cette chronique à écrire alors vous comprendrez que c'était pas une situation très tenable.
Bizarrement, c'est donc en rentrant de Strasbourg un soir dans le tgv, les sens ramollis par quelques verres de Gewurzt que je me décide a réécouter Contra. Mes attentes personnelles laissés de côté, il s'est passé un petit miracle. J'ai retrouvé tout ce que j'aimais tant chez les VW. Une élégance de la mélodie, la voix fluette et harmonieuse d'Ezra Koenig, des arrangements qui vous emmènent décidément ailleurs. Certes, j'ai du procéder à une petite amputation, au diable l'éthique! Je devrais peut-être consulter car j'ai contracté une allergie que je crois incurable à l'auto-tune qui, sans que Roselyn Bachelot ne s'en aperçoive, a provoqué une véritable pandémie mondiale. Et ne me dites pas que les mignonnets l'utilisent intelligemment par pitié! Cet instrument du démon me donne des hauts le coeurs et California English ne fait pas exception. Le pire c'est que ce titre imbuvable est reste littéralement collé à mon cerveau après une seule et malheureuse écoute, comme un spectre de Kanye West errant aux limites de mon subconscient. Et puisque la poubelle est encore ouverte, allez hop, on balance Giving Up The Gun! Mais qu'est-ce que c'est que cet air tellement paresseux qu'on le croirait sorti du cerveau malade et en fin de carrière d'Elton John?...
Néanmoins, une fois oubliés et pardonnés ces faux pas, on peut se laisser gagner par une agréable sensation de détente. C'est vraiment de cet endroit dont il s'agit. Arrêtons d'intellectualiser une musique qui ne parle que de cocktails en décembre et qui fait beaucoup de ouh ouh. On a la jambe qui frétille sur Cousins, et c'est tout ce qui compte. C'est finalement quand je me suis abandonnée corps et âme à l'écoute de Contra que je me suis faite contrer. Oh allez, je devais la faire.
Enfin, le deuxième album des Vampire Weekend porte en lui son propre salut. Il se sauve lui-même à la dernière minute avec I think Ur a Contra. Moment de grâce inouï qui vaut bien tous les auto-tunes du monde. Vivement le troisième album.

Vv.

Audio

Vampire Weekend - Diplomat's Son

Vidéo

Tracklist

Vampire Weekend - Contra (XL Recordings, 2010)

01. Horchata
02. White Sky
03. Holiday
04. California English
05. Taxi Cab
06. Run
07. Cousins
08. Giving Up the Gun
09. Diplomat's Son
10. I Think Ur a Contra


Best Coast / Jeans Wilder - Split 45t

pochettesplitA ma droite, Andrew Caddick et Melissa Duenas (Jeans Wilder). A ma gauche, Bethany Cosentino et Bobb Bruno (Best Coast). Deux duos californiens. Au centre, Atelier Ciseaux, ou un tout jeune label franco-canadien. Le tout est une initiative réunissant tout ce petit monde sur un bel objet, un 45 tours, fait main, édité à trois cent cinquante exemplaires. Sorti le 18 janvier, cette sixième référence du label, après l'intimiste François Virot et le foutraque Lucky Dragons, est à commander ici. Cela pourrait être anecdotique, deux morceaux pour à peine dix minutes. Cela pourrait. Ce serait sans entrevoir la lumière éblouissante et habilement surannée qui se dégage des guitares de Best Coast, exhumant sur Up All Night les quelques soupçons d'indolence et d'insouciance d'une jeunesse vertement dissipée. The Amps et Kelley Deal ne renieraient en rien cette nuit sans étoile, brouillant l'antique surf music de saturations crasses. Ce serait sans faire grand cas du reggae lo-fi de Jeans Wilder sur Tough Guy, qui d'une voix détachée mais attachante nous amène à penser qu'Andrew Caddick à plus à voir avec l'écurie Paw Tracks (Black Dice, Panda Bear) dans l'art de la décontraction qu'avec ses amis de Wavves dans la culture de l'ennui sauvageon et bitturé. Ce serait surtout passer à côté de deux groupes dont il sera très bientôt question, dans ces pages ou ailleurs, ailleurs ou dans ces pages. Dépêchez-vous, il reste trois cent quarante neuf exemplaires. Le mien est commandé.

Thibault

Audio

Jeans Wilder - Tough Guys

Video

Tracklist

JEANS WILDER / BEST COAST - SPLIT 45t (Atelier Ciseaux, 2010)

Side A : Jeans Wilder - Tough Guy

Side B : Best Coast  - Up All Night


Band Of Skulls - Baby Darling Doll Face Honey

bandofskullscoverTenter de capter l’énergie brute du rock alternatif des Black Keys ou des White Stripes tout en étant un trio anglais sorti de sa campagne de Southampton et ayant figuré sur la B.O. de Twilight 2 (le retour de la revanche du fils de Dracula pour post-ados attardés), c’est possible ? Et bien tout à fait, car de leur côté les Ricains ne se gênent pas pour piller l’indie-pop british, savamment, soit dit en passant. Il était donc temps que les Anglais leur rendent la monnaie de leur pièce. Écrasant au passage l’oubliable Dead Weather, projet monté à la hâte, et à mon goût au seul but d’encaisser quelques pépettes de plus, Emma Richardson et Russel Marsden font état de réels talents de vocalistes et secouent d’entrée de jeu sur Light Of The Morning, morceau d’intro suivi du lourd Death By Diamonds And Pearls qui soulève la poussière de sa rage, et sur lequel Russel singe Jack White avec brio. Pour un premier album, Band of Skulls s’affirme par un savoir-faire à l’ancienne et dégage une audace qui va puiser aux racines du stoner et du rock. Un cocktail de saturation de guitares, d’électricité ambiante, de cisèlement de batterie qui fait mouche, sans oublier les quelques ballades obligatoires (Honest, Cold Frame). Mais attention, peu avare en remerciements, on ressent ce petit côté The Who et Led Zep au milieu de l’album, avec des morceaux légèrement plus pop mais tout aussi conquérants (Patterns, Impossible). Baby Darling Doll Face Honey est l’album attendu par tous les amateurs de houblon portant fièrement leurs t-shirts à l’effigie de « III » puants toujours la sueur de la veille.

Aki

Audio

Band of Skulls - Cold Frame

Tracklist

Band Of Skulls - Baby Darling Doll Face Honey (Domestic, 2010)

1. Light Of The Morning
2. Death By Diamonds And Pearls
3. I Know What I Am
4. Fires
5. Honest
6. Patterns
7. Hollywood Bowl
8. Bomb
9. Impossible
10. Blood
11. Dull Gold Heart
12. Cold Fame


Electric President - The Violent Blue

epvbElectric President est un duo de touche-à tout américain marchant sur les plates bandes d'un autre duo, The Postal Service. Chantres incontestables de l'électro-pop fluette et onirique, ces derniers n'ont pondu qu'un seul album. Assez pour pérenniser une marque de fabrique, un esprit, tendre et envoûtant, capable de sortir des larmes de crocodile à la brute la plus épaisse d'entre nous. Dix morceaux, dont Such Great Heights et We Will Become Silhouettes, pour faire date. C'était en 2003 et depuis plus rien. Ou si, justement : Electric President sort du bois en 2006. Bien que de Jacksonville, en Floride, où le moonwalk est une religion officielle, Ben Cooper et Alex Kane trouvent refuge sur le prolifique label allemand Morr Music pour sortir un premier album éponyme, suivi d'une mini compilation en deux volumes, You Have the Right to Remain Awesome, issues de sessions d'enregistrement précédant ledit album. C'était assez pour qu'Electric President fasse son trou, auréolé d'un succès d'estime à défaut d'être commercial. Des morceaux comme Insomnia, ou encore Grand Machine No. 12, insufflaient dans le creux de nos oreilles une mélancolie blême et fragile tant par leurs structures pop erratiques que par la beauté confondante d'une électronique subtilement déployée. Malgré quelques fautes de gouts, l'activisme de Ben Cooper (Radical Face, Iron Orchestra, Mother's basement) laissait croire, à juste titre, que les choses n'en resteraient pas là. Deux ans plus tard, Sleep Well (Morr Music, 2008), second album du groupe, pointe timidement le bout de son blair. Monsters, chanson divinement introductive, est l'arbre qui cache l'ennui. Autrement dit, l'album est un joli raté, tournant dans tout les sens une même logique sans queue ni tête. A savoir, une voix monocorde égrainant une litanie de complaintes roboratives, le tout sur une instrumentation largement monochrome. Avec recul, le titre de l'album semblait plus qu'idoine. L'hibernation ne dure jamais très longtemps chez ces bêtes là, le couvert est remis dès 2010 avec the Violent Blue, toujours chez Morr Music. De quoi éveiller une curiosité sensiblement rabrouée : la violence du bleu ? Les compères se sont-ils mis au Redbull ? Et pourquoi cette surprenante nouvelle étiquette, indie pop et shoegaze ? Quelques écoutes plus tard suffisent pour vitupérer ce mauvais œil. De shoegaze il n'y a rien, ou très peu, si ce n'est All The Distant Ships, ultime morceau usant jusqu'à la corde de guitares crades. De violent et de bleu, pas l'ombre d'un doute, c'est une bonne blague de ventripotent. Petite précision, qui a son importance, le début de l'album est constitué de b-sides de Sleep Well. Pas étonnant donc que l'électro-encéphalogramme de The Ocean Floor, Mr. Gone et Feathers est aussi plat que la planche à repasser de ma voisine. On sent alors la redite épouvantable, quand, surprise, à l'écoute de Safe and Sound, un enjouement incantatoire m'arrache d'une torpeur terriblement éloquente. J'ai presque envie de me joindre au hand-clapping ! Nightmare No. 5 Or 6 et The Violent Blue renouent brillamment avec le spleen originel des duettistes, quand Circles et Elegant Disasters en constituent deux épures presque parfaites d'élégance et de nonchalance. Eat Shit and Die est une chanson qui à son intérêt - au delà de son titre - oscillant entre ballades électro et saillie noise. Au final, the Violent Blue est un très bon EP de six morceaux. A chacun d'en tirer ses conclusions. La mienne : ce que the Postal Service a su coucher en un album, Electric President le fera en trois ou quatre. Au bout du compte, ce n'est qu'une question de patience. Et l'occasion d'un bon best-of.

Thibault

Audio

Electric President - Elegant Disasters

Tracklist

Electric President - The Violent Blue (Morr Music, 2010)

01 - The Ocean Floor
02 - Mr. Gone
03 - Feathers
04 - Safe and Sound
05 - Nightmare No. 5 Or 6
06 - The Violent Blue
07 - Circles
08 - Elegant Disasters
09 - Eat Shit And Die
10 - All The Distant Ships


Basia Bulat - Heart Of My Own

basiaLe postulat de départ est simple, le Canada est devenu depuis quelques années le nouvel Eldorado de la Folk. Comme s’il suffisait de parcourir les plaines enneigées de ce vaste Pays, une guitare sous le bras, pour être submergé par une inspiration quasi-mystique. Allez savoir ? Et ce n’est pas Heart Of My Own , deuxième opus de la Torontoise haute comme trois pommes, Basia Bulat, qui nous prouvera le contraire. Agé d’à peine 26 ans, la charmante chanteuse aux multiples talents, attaque en fourbe dès le premier morceau. Go On envoi une déflagration lourde et décolle l’auditeur de sa chaise. Elle a du coffre la bougresse, sa voix rappelant un croisement de Chan Marshall et Tracy Chapman, supplie et accuse au rythme quasi militaire de la batterie. Ralentissement de l’allure dès Run, où Basia Bulat prend le temps d’exposer son répertoire vocalistique, et reprend de plus belle sur l’excité Gold Rush. Sa voix est une arme ensorcelante, mais la jeunette pousse le vice à composer l’intégralité de ses titres, ainsi que les arrangements puisque cette multi-instrumentiste passe de la guitare folk à la harpe, de l’orgue au ukulélé avec une aisance qui force au respect. Ce petit bout de femme au timbre doucement rauque et enfumée, fait montre d’un songwriting imaginatif et récréatif qui surpasse innombrables de ses aînées. Basia Bulat viendra démontrer sa fascinante capacité à ensorceler le public ce 29 Janvier au Point Ephémère aux côté de Thao et Sydney Wayser, en attendant on ne se lassera pas de la sincérité unanime ce Heart Of My Own tout simplement sublime.

Audio

Basia Bulat - Gold Rush

Tracklist

Basia Bulat - Heart Of My Own (Secret City, 2010)

01 - Go On
02 - Run
03 - Sugar And Spice
04 - Gold Rush
05 - Heart Of My Own
06 - Sparrow
07 - If Only You
08 - I'm Forgetting Everyone
09 - The Shore
10 - Once More, For The Dollhouse
11 - Walk You Down
12 - If It Rains


Yeasayer - Odd Blood

600px-yeasayer_-_odd_bloodDésolé messieurs, dames, mais tous les fans du collectif animal peuvent se rasseoir, le buzz de cette fin d’année fut le nouveau single du quatuor le plus discret de Brooklyn, les étrangement nommés Yeasayer. Ambling Alp, vrai morceau de bravoure enterrant bien profond tout ce qui a pu être entendu depuis la rentrée, et bénéficiant d’un clip monstrueux qui se classe haut la main comme vidéo de l’année (quoique le nouveau These New Puritans…), clôturait 2009 dans un feu de joie en l’honneur de ces mystérieux challengers.
Allez, avouons-le, All Our Cymbals était un album sympathique sans casser trois pattes à un canard non plus, donc la méfiance pourrait être de mise si Odd Blood ne venait pas confirmer le potentiel déployé sur cet amuse-gueule raffiné. Le groupe Secretly Canadian s’éloigne des formules toutes faîtes pour tracer sa propre route. Un chemin sinueux et original qui s’appréhende au fur et à mesure des écoutes. Yeasayer invente un univers musical à la frontière de tous les genres, le cœur où se rencontre chaque artère et distille une musique aussi pure que de l’eau de source (Madder Red). Cela ne les empêche pas de placer quelques excentricités psychédéliques bien racées (Mondegreen, Rome).
Il n’empêche qu’Odd Blood corrige indubitablement les erreurs de jeunesse de ce groupe qui se hisse malgré lui en leader de toute une scène indépendante naissante. C’est l’heure de la reconnaissance, la concurrence n’a qu’à bien se tenir.

Akitrash

Audio

Yeasayer - Madder Red

Yeasayer - One (MMMatthias Remix)

Tracklist

Yeasayer - Odd Blood (Secretly Canadian, Mute, 2010)

01. The Children
02. Ambling Alp
03. Madder Red
04. I Remember
05. ONE
06. Love Me Girl
07. Rome
08. Strange Reunions
09. Mondegreen
10. Grizelda


Harlem - Hippies

Ok. Il faut vraiment s'inquiéter des motivations de ces jeunes hommes de Harlem pour dénommer leur album Hippies. Est-ce le fait de passer de deux à quatre membres en moins d'une année ? La vie en communauté est-elle à ce point déliquescente ? Car franchement, après avoir supporter les gaillards de MGMT, et tous les sbires qui ont suivis munis de plûmes et de vêtements aussi folklos que ridicules, et ce juste après la très criarde vague fluo, il faut avoir de sacrées bonnes raisons pour écrire en sept lettres une telle connerie sur la pochette d'un second disque. D'autant plus que celui-ci sort sous les auspices auréolés de Matador - le 16 avril - quand le précédent Free Drugs - on ne se refait pas hein ! - était sorti confidentiellement en 2008 sur Female Fantasy. Kérouac et ses copains de la Beat Generation avaient enfanté le mouvement hippie, sur les cendres fumantes de la seconde guerre mondiale, pour ensuite le haïr avec acharnement. Tu m'étonnes. Accoucher d'un tel monstre, te voue au mieux à l'alcoolisme, au pire au suicide. Il me faut une bonne dose de courage pour passer outre et enclencher le disque des désormais quatre d'Harlem, qui, oh surprise, sont d'Austin, de ce bon vieux Texas, sentant la poussière et la vache grasse. Ma mauvaise langue de vipère les aurait envoyé à New-York et son ghetto fourni en chevelus psychés et autres breloques colorées. Logique. Mais les premiers accords font voler en éclats mon sadisme et mes a priori. C'est crasseux, mais pas new age pour un sou, le refrain de Someday Soon annonçant la couleur et envoyant direct le bois. D'ailleurs, rayon influences Michael Coomers et Curtis O’Mara nous aiguillonnent sobrement : "The only band we like is Nirvana. The only album we like is Nevermind. The only song we like is Smells Like Teen Spirit". Friendly Ghost, en guise de single, ne fait que confirmer la sauce : les joyeux délurés d'Harlem vident leurs bières et s'essuient d'un révère de manche à la santé des Black Lips, électrisant un blues d'accords crades et de mélopées braillardes. Ultimes avatars d'un rock que l'on qualifie à bon entendeur de garage, Harlem enchaîne le bon (Cloud Pleaser, Tila and I, Be Your Baby) le très bon (Number One, Gay Human Bones, Pissed) et le moins bon (Faces, Spray Paint, Scare You) en seize morceaux oscillant chacun entre deux et trois minutes. D'une unité remarquable, Hippies éprouve et insinue l'insupportable impatience. Celle que l'on ne peut réfréner à l'idée de quelques concerts mémorables, où les guiboles en prennent pour leur grade.

Thibault

Audio

Harlem - Friendly Ghost

Bonus

Harlem - Pissed

Tracklist

Harlem - Hippies (Female Fantasy, 2009)

01. Someday Soon
02. Friendly Ghost
03. Spray Paint
04. Number One
05. Be Your Baby
06. Gay Human Bones
07. Torture Me
08. Cloud Pleaser
09. Faces
10. Tila and I
11. Three Legged Dog
12. Prairie My Heart
13. Scare You
14. Stripper Sunset
15. Pissed
16. Poolside


Owen Pallett - Heartland

final_fantasy_heartlandSi le nom d’Owen Pallett, ne vous dit pas grand-chose, c’est certainement parce que l’artiste était jusqu’à présent plus connu sous le pseudo Final Fantasy jusqu’à ce que la société-mère de la célèbre franchise de jeux vidéo du même nom lui demande gentiment (donc par avocats interposés) de ne bien plus vouloir utiliser ce patronyme. Discipliné, le Canadien signera désormais sous son nom de baptême, mais ne change pas pour autant son fusil d’épaule. Le musicien se trouve l’âme du lapin blanc d’Alice, et entraîne l’auditoire aux tréfonds du terrier, dans les méandres du Pays des Merveilles. Pallet accorde ses violons, faisant transpirer de ses mélodies romanesques une pluie de cuivres et percussions qui se marient parfaitement à la nuance synthétique de l’affaire. Heartland est un album à la croisée de la pop symphonique et de la bande originale pour conte de fées, qui puise son inspiration autant des cantiques religieux de cathédrales que du lyrisme lo-fi extraite de l’imaginaire de son auteur. Celui-ci utilise d’ailleurs sa voix fluette comme jamais, et donne à l’ensemble des morceaux une finesse précieuse comme du verre. Si l’on oublie la pochette ridicule à souhait, on se rend vite compte que le jeune compositeur nous offre une fois de plus un disque majeur, qui brille de par ses arrangements minimalistes aux influences pourtant orchestrales. Une nouvelle pierre à rajouter à l’édifice du talentueux Canadien qui ne semble pourtant pas vouloir en demeurer là, comme le laisse supposer le morceau final : What Do You Think Will Happen Next ?

Audio

Owen Pallett - Midgniht Directives

Tracklist

Owen Pallett - Heartland (Domino, 2010)

01. Midnight Directives
02. Keep the Dog Quiet
03. Mount Alpentine
04. Red Sun No. 5
05. Lewis Takes Action
06. The Great Elsewhere
07. Oh Heartland, Up Yours!
08. Lewis Takes Off His Shirt
09. Flare Gun
10. E Is for Estranged
11. Tryst With Mephistopheles
12. What Do You Think Will Happen Now?


POLLYester - POLLYester

polysterVoilà une découverte qui sonne presque comme un revival. À l'écoute du premier album de POLLYester, sobrement intitulé POLLYester, on se retrouve propulsé au tout début des années 80 dans le New York de ESG. Post punk, post funk et no wave, HELLo!
POLLYester : c'est un couple de zinzins, Polly et Mooner qui organise des soirées complètement barrées à Munich (oui la bourgeoise Munich, pas le bobo Berlin), sur des thématiques comme le catch mexicain, les zombies ou les aéroports. Le duo auxquels s'ajoutent Dj Kaput et Kitt Bang, redécore un club à fond, se déguise et donne un show, entre happening arty et impro totale. Ces quatres personnages à la créativité boulimique forme une galaxie de groupes, entre punk, minimale disco et délire rythmique. Du goût pour le grandiloquent à la sauce chilly, un je ne sais quoi de tocade cabaret et des influences on ne peut plus évidente à laurée du résultat : les B52's bien sûr, Ultravox et Kid Creole, ben voyons.
Après le fantastique et entêtant Ep Round Clock, le groupe allemand au potentiel scénique très attendu compte tenu de leurs activités mensuels, nous livre un album au parti pris 80's claquant de sincérité. La boîte à rythme très groovy fait se remuer l'arrière-train moulé de très près dans une jupe rétro, les B52's traînent effectivement le coin. Kichi & Sada nous font faire un petit détour par le Japon, aux sonorité pop sucrée de ce petit groupe de filles, des copines de Sean Lennon, mais si : Cibo Matto! Dissonant ce qu'il faut, il m'est impossible de ne pas mentionner les Raincoats, allez basta avec les références!
En même temps, POLLYester doit tellement à cette époque formidable, leur son est si proche qu'on ne peut s'empêcher de l'associer à un tel ou à un autre, et c'est peut-être le seul point faible de cet album régénérant de fraîcheur tout de même. Il manque à ces teutons un je ne sais quoi de "teutonnade" peut-être, ou encore de "russitude" avec les origines de la mutine Polly. Certes, ces zozos n'habitent pas à Brooklyn, mais s'ils ne le soulignaient pas avec les titres Beuys Boys et Dietrich, on leur collerai sans problème l'étiquette. Aucune importance me direz-vous, et vous avez raison. On se fout des origines, des influences, POLLYester s'envoie en l'air sur les traces de Liquid Liquid et autres A Certain Ratio et c'est très bien comme ca. Ils accèdent d'ailleurs directement à mes playlists de soirée. La consécration en somme.

Virginie Polanski.

Audio

POLLYester - Round Clocks

Tracklist

POLLYester - POLLYester (Erkrankung, 2009)

1.Run In My Stocking
2.Erectric Guitar
3.Meditate
4.Kichi & Sada
5.Beuys Boys
6.Chew Chew
7.Billy Rubin
8.Dietrich
9.You Are Amen


Cold War Kids – Behave Yourself

behaveyourself400Jamais franchement remis de l’essorage de leur Hang Me Up To Dry, c’est début janvier que le quatuor Californien Cold War Kids mettra le feu à son public grâce au terrifiant EP Behave Yourself. Faîtes place, après deux albums Robbers & Cowards et  Loyalty to Loyalty brillants et promettant le groupe à un grand avenir, cette fois-ci, l’équipe de Nathan Willett s’apprête à passer un cap. Mariage de la grandiloquence du rock et de l’intimisme du blues, la voix écorchée de son chanteur se baladant sur quelques octaves très soul font de se Behave Yourself un must-have de ce début 2010, et annonce le retour fracassant de ces garçons de la Guerre Froide dont le troisième opus devrait arriver courant d’année… Patience.

Akitrash

Audio

Cold War Kids - Audience of One

Video

Tracklist

Cold War Kids – Behave Yourself (Universal, 2009)

01-Audience of One
02-Coffee Spoon
03-Santa Ana Winds
04-Sermons
05 - Baby Boy


Get Well Soon - Vexations

gwsEn commençant par le lyrique, somptueux et mélancolique Nausea, notre dandy blafard Konstantin Gropper l’affirme de but en blanc, les choses ne vont pas mieux pour le moment. Aurait-il pu en être autrement ? On voyait mal de toute façon Get Well Soon se transformer en Mika et le berlinois embrasser une carrière de pop-singer coloré. Et à nouveau Vexations porte les stigmates de son auteur. Un songwriting à fleur de peau, dont les mots glissent sur les lèvres jusqu’à en faire saigner. La musique de Get Well Soon porte en son sein la marque de fabrique d’une certaine tradition allemande, bien que délicatement optimiste et tournée vers de sentiments profonds, elle est également entouré d’un halo sombre et maladif. L’artiste semble chanter la joie avec toute la tristesse du monde (A Voice In The Louvre, We Are Free).
Résolument baroque, les mélodies de Konstantin Gropper, homme-orchestre et orchestral seul à bord du navire Get Well Soon, fait le grand écart entre musique classique et rock indépendant, et peint le spleen à l’aide d’une palette de couleurs délavées. On pense énormément à Piano Magic (5 Steps – 7 words), à Divine Comedy aussi (We Are Ghosts), frénésie de cabaret, dont les pathos ressurgissent de façon poétique. Vexations se dévore comme un roman qui nous serait chanté d’une voix suppliante, fabuleux cantiques enveloppées de leur mélopées enivrantes. Dépassant de loin la profondeur de Rest now, weary head ! You will get well soon, se second album à la fraîcheur et la gaîté d’une ballade nocturne dans la sylve des Carpates.

Akitrash

Audio

Get Well Soon - We Are Free

Video

Tracklist

Get Well Soon - Vexations (City Slang, 2010)

1.Nausea
2.Seneca's Silence
3.We Are Free
4.Red Nose Day
5.5 Steps / 7 Swords
6.We Are Still
7.A Voice In The Louvre
8.Werner Herzog Gets Shot
9.That Love
10.Aureate!
11.We Are Ghosts
12.A Burial At Sea
13.Angry Young Man
14.We Are The Roman Empire


Delphic - Acolyte

acolyte_bigJ’aime pas les fêtes de fin d’année. Ne me demandez pas pourquoi, c’est comme ça, ça me rend bougon un point c’est tout. S’habiller propre sur soi pour faire plaisir à la vieille Tatie Simone qui radote et pue le patchouli, s’obliger à paraître jovial en toutes circonstances alors qu’on à qu’une envie, foutre le feu au sapin… Alors se taper Delphic le soir de Noël, c’est l’étoile au sommet du conifère calciné.
Ce trio venu tout droit de Manchester s’est à priori trompé de décade, surfant sur une vague synthétique qui avait plutôt bien réussi à des artistes comme Fischerspooner ou Midnight Juggernauts, mais préfère jouer la carte du buzz comme La Roux. Mais les supercheries sont en général très vite démasquées, et le superbe clip de Doubt n’y pourra rien, y a pas grand-chose à garder dans cet Acolyte de pacotille. Voix naïves et mièvres mille fois entendues, mélodies distendues et saturées (Acolyte, Submission) volés à The Presets, merci pour eux. A côté, le dernier Infadels fait figure de chef d’œuvre, c’est pour dire.
Quand on sait que Delphic bénéficie d’échos les désignant comme le groupe phare qui va réveiller la new-wave en Grande-Bretagne, moi je préfère attendre le retour des Klaxons et jeter ce disque au feu pour éviter que les braises de mon sapin ne s’éteignent.

Akitrash

Audio

Delphic - Counterpoint

Video

Tracklist

Delphic - Acolyte (Chimeric / Polydor, 2010)

01. Clarion Call
02. Doubt
03. This Momentary
04. Red Lights
05. Acolyte
06. Halcyon
07. Submission
08. Counterpoint
09. Ephemera
10. Remain