I DO NOT LOVE - Selfish

Si je ne vous conseille pas de googliser I DO NOT LOVE, au risque d'être définitivement choqué par la race humaine, une attention toute particulière est en revanche recommandée pour la prochaine sortie du jeune homme sur le label français Svn Sns Rcrds (lire). S'il fallait nous geler l'écume à la commissure des lèvres, et ce à quelques encablures d'un hiver que l'on présume glacial, la verve hantée de Gregory Carl Miller tombe à point nommé avec Selfish - à découvrir ci-dessous par le son et l'image - ténébreux prélude de l'imminent EP cassette Worship.

I DO NOT LOVE - Selfish - SVNSNS006 by SVN SNS RCRDS


25 Years & Running invite Group Tightener

On supputait des accointances entre 25 Years & Running et le label new-yorkais Group Tightener, révélées notamment par une interview de l'un par l'autre publiée dans nos colonnes (lire). Mais en ce week-end terminant octobre de la plus belle des manières, c'est à un véritable voyage de noces en terres franciliennes auquel se préparent la structure brooklynoise et la doublette parisienne (lire). Célébrant une telle union, les invités de marque ne manquent pas à l'appel, des Américains de Real Estate au Suédois Jens Lekman.

27.10.11 Magnifico_008 - Feat. Rezound (Group Tightener) / Le Pompon
28.10.11 Magnifico_009 - Feat. Real Estate / Le Pompon
29.10.11 Magnifico_010 - Feat. Jens Lekman / Le Pompon

Comme un bonheur n'arrive jamais véritablement seul, le nouvel EP 10" de Dead Gaze - à paraître justement via Group Tightener - est en pré-order par ici. Ou la joie de retrouver R. Cole Furlow peu après l'avoir croisé sur le beko_hartzine du 24 octobre dernier.

Dead Gaze - It's Not Real by Group Tightener


William Cody Watson - Night Music for Driving

Certains feront de Drive une référence tant esthétique qu'auditive, entre violence froide, solitude émotionnelle et vitesse cathartique. D'autres transperceront cette oeuvre de Nicolas Winding Refn, partagés entre le vide et l'ennui. William Cody Watson - artisan du projet Pink Priest (lire) et présent sur le beko_hartzine à écouter en streaming ici - en réécrit lui les codes syntaxiques le temps du bien nommé EP Night Music for Driving. Neuf morceaux crépusculaires et minimalistes, revisitant ces musiques d'ambiance - glaçantes et réconfortantes à la fois - propres aux films de David Lynch. Les serpentins d'asphalte se confondent ici dans une nuit où la lumière blême de la lune magnétise nos pupilles.

Night Music For Driving by William Cody Watson


Monroeville Music Center - Le Progrès

Le Canadien Craig Storm, que l'on avait auparavant croisé avec Generic Product du côté de chez Amdiscs - et qui squatta le MIND BLOWING MIX que ces derniers nous concoctèrent il y a plus d'un an - puis à l'occasion de la cassette Les défauts de fabrication sur Electric Voice Records, revient donc avec cet EP pour nuits insomniaques, Le Progrès, à ripailler via Dracula Horse. La musique de Monroeville Music Center se déploie au bon vouloir de sonorités analogiques, aussi minimalistes que lo-fi, à la patine clairement rétro-futuriste. L'imagination se laisse vite happer vers ce qui ressemble à un aller simple pour un Eden où Moroder et Kraftwerk se partagent l'horizon. Le morceau Il Pleut des Informations (ou Mass Media en Masse Ö Partir de Notre Cumulonimbus Fiable) n'est pas aussi long que ne le laisse supposer son intitulé. Pour autant on ne se lasse pas de la redite. Replay.


John Cale/Hanni El Khatib - Heartbreak Hotel

Photo © Emeline Ancel-Pirouelle 

C'est au bout d'une rue un peu mal famée. Des pauvres hères y rasent les murs comme si c'était une honte d'en fouler le bitume. Ils regardent furtivement derrière leur épaule toutes les deux minutes, comme si le moindre étranger égaré avait pu deviner pourquoi ils s'y trouvent. La culpabilité et la tristesse leur collent aux semelles. Au bout de la route interminable, un coup d'oeil à gauche, un coup d'oeil à droite. D'un côté, un très haut immeuble assez moderne, quoiqu'en mauvais état. Du dernier étage, on entend la rumeur de la ville, les sirènes et les taxis. De l'autre, une masure croulante et un peu plus basse qui n'inspire pas vraiment confiance.

Dans le premier, c'est un John Cale laissé-pour-compte qui y crie sa solitude d'une voix aiguë et déchirante. Dans la seconde, c'est Hanni El Khatib qui s'approprie les mots du vétéran du Velvet pour traîner sa douleur sur la moquette bouffée par les mites. La première plainte sent les années 80 à plein nez tandis que la seconde, bien qu'autrement plus récente, est ramenée à la terre, ou plutôt à la poussière, par son interprète. Au diable les choeurs menaçants - Hanni n'a besoin que d'un micro un peu pourri et de quelques choristes nonchalantes pour raconter le Heartbreak Hotel, son propriétaire acariâtre, ses chambres bondées et la noirceur qu'y traînent ses occupants. En attendant la publication de la chronique de son très réussi premier essai, nous vous invitons à vous perdre dans l'une de ces chambres. Dans sa bouche, c'est une prison dans laquelle on entre de son plein gré. Tous cachés, tous coupables.


Hifiklub - deux mixtapes inspirées par Back to la Tomate et Bird House

S'il y a des groupes peu véloces dans la conclusion de leurs projets, d'autres n'ont de cesse d'occuper l'espace et de rivaliser en initiatives toutes aussi folles qu'au bout du compte réalisables. Il en va d'Hifiklub - préalablement interviewé par ici - capable tour à tour d'enregistrer des sessions live et filmées en collaboration avec Arnaud Maguet (images) et le guitariste Jean-Marc Montera - Lee Renaldo (Sonic Youth) ayant prêté main forte au moment de leur mise en boîte durant le Midi Festival 2010 - de collaborer avec Jad Fair à l'occasion du magnifique EP Bird House, puis de marcher - toujours avec la caméra embarquée d'Arnaud Maguet à la baguette - dans les pas du retour de R. Stevie Moore dans sa ville natale, Nashville. I'm Genious, où l'histoire de "quelques situations" en compagnie du légendaire bonhomme en plus de l'enregistrement d'un EP en cours de mixage par Kptmichigan. Rien de moins. Et comme si cela ne suffisait pas, Hifiklub est en concert au Centre Pompidou ce 21 octobre dans le cadre de l'exposition dédiée au trois fois cité Arnaud Maguet... Un karaoké noise où tout le monde peut participer. On y sera dès 19h tapante, et vous ?

En attendant et dans l'ordre, deux mixtapes préparées dans les chaleurs estivales par Régis Laugier, l'une inspirée par Bird House, l'autre par les session Back to la Tomate, puis l'ensemble des cinq épisodes live de Back to la Tomate. Pour visionner le journal de bord de l'expérience musicalo-filmique avec R. Stevie Moore, cliquer par , sur Arte TV.

Mixtapes

Mixtape inspired by Bird House


01. Yo La Tengo - Nothing To Hide
02. Guided By Voices - Game Of Pricks
03. Beat Happening - Bewitched
04. Neutral Milk Hotel - In The Aeroplane Over The Sea
05. R Stevie Moore - The Winner
06. John Frusciante - Been Insane
07. Get Back Guinozzi - Personal Lodger
08. Sexual Harrassment - If i Gave you a Party
09. New Found Land - Autocratie
10. Beau Delay - Countdown To You Left Me
11. Super Reverb - He Hates Himself And He Just Wants To Die
12. Pastels & Tenniscoasts - Vivid Youth
13. Davide Balula - Diamonds
14. Appletop - Ultra
15. Beck - He's A Mighty Good Leader
16. David Fenech & Klimperei - Pocarina
17. Jad Fair & Daniel Johnston - Chords Of Fame
18. Jeffrey Lewis & the Junkyard - Roll Bus Roll

Mixtape inspired by Back to la Tomate


01. Marvin Pontiac- I'm a Doggy
02. Tall Firs - So Messed Up
03. Awesome Color - Free Man
04. Sonic Youth - Hey Joni
05. Talk Normal - Mosquito
06. Glenn Branca - Light Field (In Consonance)
07. The Ramones - I Wanna Be Sedated
08. Bush Tetras - Can't Be Funky
09. Arthur Russell - Your Motion Says
10. Ambitious Lovers - Copy Me
11. Lizzy Mercier Descloux - Fire
12. The Contortions - Contort Yourself
13. Television - Friction
14. Richard Hell & The Voidoids - Love Comes In Spurts
15. Swans - No Words/No Thoughts
16. Kiss - Goin' Blind
17. The Strokes - Reptilia
18. Andrew W.K.- I Love NYC

Back to la Tomate


Holy Strays a posé quelques questions à Ital

La rédaction d'hartzine partage bien plus qu'un intérêt pour la musique d'Holy Strays. Souvent alignés sur les avis éclairés de Sébastien sur les musiques de niches, nous lui avons proposé d'alimenter le site comme bon lui semble. La première trace de cette collaboration est une interview d'Ital, camarade de label, pour lequel il ouvrira lors de la prochaine édition du Festival Nail The Cross à Londres.
Ital jouera la veille à la Java dans le cadre d'une soirée BLACKÖZLEM, et un peu d'assiduité à la lecture vous permettra de gagner deux places ci-dessous.

Comment en es-tu parvenu à composer de la musique orientée dance et disco ?

J’ai commencé à écrire des titres techno début 2006 – de mon côté. Entre 1999 et 2003, j’ai souvent eu accès à des enregistreurs 8 pistes, ainsi qu’à de multiples instruments. Mes groupes respectifs répétaient généralement dans la maison de mes parents. Durant mes deux dernières années de fac, j’ai donc passé un bon nombre de vendredis soirs à enregistrer seul, des titres inspirés par DJ Shadow, Mahavishnu Orchestra, Prince Far-I, etc. Mais en 2006, j’ai installé Audacity et commencé à composer de vrais morceaux. J’étais fermement opposé à l’idée d’utiliser tout ce qui touchait de près ou de loin aux interfaces MIDI – seulement car j’ignorais ce que le MIDI était vraiment. J’assimilais les sons MIDI à ces terribles instrumentaux karaoké et presets Casio infâmes. Je suivais un cours de musiques électroniques à cette époque. J’y ai appris un grand nombre de points fondamentaux, au sujet de la forme des signaux, des enveloppes, etc. Ce cours m’a aidé à comprendre et à utiliser Audacity ; mais lorsque nous en sommes arrivés à étudier le MIDI, notre prof nous a fait écouter le pire plugin que je n’avais jamais entendu. Je me suis donc dit que j’avais raison et parallèlement… J’écoutais énormément Villalobos, et sa musique – à l’époque – paraissait si bizarre et exagérément détaillée que je ne pouvais me résigner au fait que j’étais le seul à emprunter cette méthode sculpturale. J’ai écrit 5-10 morceaux, puis j’ai rencontré Damon avec qui j’ai formé Mi Ami. Notre premier impératif fût d’adapter ces morceaux en live, mais presque immédiatement nous trouvâmes des directions plus excitantes. Ces titres sont tombés dans l’ombre pendant plusieurs années. En janvier 2010, je me suis dit que j’adorerais sortir un maxi. Mi Ami avait sorti plusieurs maxis, et j’avais cet EP de Sex Worker dans les bacs, mais aucun d’eux ne serait jamais estampillé house, techno ou electronica – et l’idée d’un maxi me séduisait. Je ne possédais pas beaucoup de matériel et je ne voulais pas attendre d’en avoir, je me suis donc rabattu sur Audacity, logiciel sur lequel j’ai travaillé d’arrache-pied. Lors d’une session de 20 ou 30 heures, j’ai terminé Ital’s Theme.

Je sais que tu es impliqué dans Mi Ami et quelques autres projets de groupes... J’ai été (et suis toujours) batteur dans plusieurs collectifs. Qu’en est-il du besoin de mener à la fois un groupe et un projet solo ? Le processus créatif est-il le même dans les deux cas selon toi ? Ces deux dimensions sont-elles nécessaires ?

J’adore les collaborations mais récemment, développer mon propre projet s’est révélé à moi comme une nécessité. Avoir un groupe est génial, mais cela nécessite des moyens, des infrastructures, et beaucoup de recul. Il arrive par exemple que les musiciens doivent quitter le groupe, ou ne puissent partir en tournée en même temps que vous… Cela peut se révéler stimulant de se concentrer intensément sur un projet collectif, de s’efforcer d’exploiter chaque idée ; mais les groupes capables de soutenir ce rythme et de maintenir le projet artistiquement viable sont rares. Faire ses propres trucs peut offrir un véritable souffle et laisser le temps aux collaborations de prendre forme. Cela a également beaucoup de valeur en soi. Il me semble qu’une carrière musicale saine doit pouvoir jongler entre ces deux pôles.

Comment composes-tu ta musique ? Est-elle conditionnée par l’utilisation de samples, comme c’est souvent le cas dans la musique électronique de nos jours ?

D’une certaine manière, les morceaux prennent forme d’eux-mêmes. Je pars généralement d’une idée très basique. “Je veux que le track sonne comme s’il était perçu sous l’eau” par exemple, ou bien “je voudrais recréer tel ou tel motif rythmique”, puis je me mets au travail. J’utilise des samples dans ma musique, mais les morceaux ne sont pas généralement construits autour. Très honnêtement, chaque titre est différent.

Quelle est ta configuration live actuellement ? Est-elle très différente de ta manière d’enregistrer ? Comment se développe Ital sur scène ?

La configuration live est en plein changement. Je viens juste de me procurer une Electribe et suis en train d’apprendre à l’intégrer au set up. J’ai pris l’habitude d’utiliser un ensemble d’outils qui comprend un ordinateur, des claviers live et une table de mixage, sous la forme d’un bootleg en quelque sorte. Cela fonctionne plutôt bien, mais les morceaux sonnent assez différemment. Reproduire un certain nombre de notes compliquées reste délicat, mais j’espère qu’avec le temps, je finirai par y parvenir.

Ital - Live @ Shea Stadium by LiveatSheaStadium

Je crée des beats avec Audacity depuis presque un an maintenant, mais j’ai toujours pensé que j’étais le seul à utiliser ce logiciel – étant donnée la multitude de logiciels incroyables actuellement disponibles ! Quelle est cette rumeur que l’on peut lire sur ton utilisation d’Audacity ? L’utilises-tu beaucoup ? Est-ce un moyen de garder une emprise sur la machine ?

J’aime ce logiciel car il ne “pense” pas à notre place. Nous devons effectuer certaines recherches et fournir beaucoup d’efforts en vue de parvenir à le faire fonctionner. Logic compresse automatiquement tout et possède tous ces patches de synthétiseurs compliqués, etc.C’est un peu comme lorsque l’on se promène dans une boutique de guitares et que l’on demande au vendeur une Fender : celui-ci la prend et commence à se la jouer. Audacity est tellement bizarre et frustrant, mais aussi tellement libre. Je n’arrive même pas à comprendre comment éditer des sons, ou créer des fondus sous Logic, même si je sais qu’il existe forcément un moyen. Je suis sur ma lancée, donc je m’en tape.

Considères-tu la musique d’Ital comme de la musique club, ou plutôt comme une sorte de dance hybride ? La dance a clairement façonné l'allure de tes compositions mais il me semble relever des influences et des instincts qui vont au-delà de la musique club. Cultives-tu cette ambigüité ?

Bien sûr. J’aime l’idée que l’on pourrait jouer mes morceaux lors d’un DJ-set, mais ce n’est pas mon intention principale. Je ne crée pas des DJ-tools, je fais de la musique. J’ai le sentiment que les idées ne doivent pas être conditionnées par cette énergie nerveuse que l’on se doit de libérer en club. Je pense que si chaque disque était conçu dans le seul but d’être jouable en club, nous serions prisonniers d’un milliard d’ennuyeuses étiquettes. Ces sons devraient toujours être fous, surprenants.

A propos de la relation qu’entretiennent tes deux projets, Ital et Sex Worker, à quel moment ces deux facettes se rencontrent-elles ? Tu t’apprêtes également à donner plusieurs concerts en tant que Sex Worker. Comment recrées-tu Sex Worker sur scène ? Comment distingues-tu les deux projets ?

La configuration live est la même pour les deux projets, même si le procédé est différent. Sex Worker renferme une intense substance émotionnelle ; Ital est moins solennel. Mais depuis que je suis très pris par Ital, ce projet a quelque peu pris le pas sur Sex Worker pour ce qui est de transmettre ces sentiments obscurs.

As-tu des sorties prévues pour Sex Worker ? Quels sont tes projets futurs pour Ital ?

Sex Worker n’a plus aucune sortie prévue mais j’aimerais travailler sur un nouveau disque. Les futurs projets d’Ital sont désormais vastes… Un EP paraîtra chez Planet Mu, une floppée de remixes est en cours, beaucoup de dates, puis je l’espère, un album ou que sais-je ? Sur cette tournée, j’ai réellement envie de prendre le temps d'explorer de nouvelles idées, de scruter les directions que je prendrai à l’avenir. J’adore être très très occupé, mais j’aime aussi prendre le temps de penser et de me reposer. L'EP sur Mu est très sombre, j’aimerais faire quelque chose de plus lumineux par la suite, qui sait.

 

Afin d'assister au live d'Ital à la Java, Hartzine et BlackÖzlem vous font gagner deux places en répondant à la question suivante : "Sur quel label sortira le prochain ep d'Ital ?". Envoyez-nous vos nom, prénom, adresse e-mail et réponse à l’adresse : hartzine.concours@gmail.com. Les vainqueurs seront prévenus avant la fin de la semaine.


Le Cercle des Mallissimalistes


Les Potagers Natures n'est pas un label de produits issus de l'agriculture biologique, mais bien un label de musique basé à Bordeaux et qui nous fait croquer ses plus beaux fruits depuis 2000. Comme ce morceau de vingt minutes de France partagé dans notre mixtape collective d'août et qui restera pour moi la meilleure découverte depuis des années.

Audio

Il y a peu, j'ai pu assister à un concert du côté de Poitiers et rencontrer Ian, un des pilliers du label, que l'on voit dans cette vidéo des Mallissimalistes à la guitare et au chant. Ce plan séquence isole cinq minutes d'un morceau qui en dure trente - c'est le climax, le moment où la tension est la plus forte. Je remercie Mathieu pour l'invitation, et Def pour m'avoir cédé ses droits à l'image !

Vidéo


The KVB - Closing In (vidéo)

The KVB, on ne présente plus mais on en parle encore. Pourquoi ? Parce que notre homme égraine sa troisième vidéo de l'album Subjection/Subordination, à se procurer par ici sur Clan Destine Records (lire). Les deux premières étant à visionner par . Mais aussi et surtout parce que Klaus Von Barel investira l'Espace B pour une soirée sous notre égide, le 14 janvier 2012, avec 19 New Projects en première partie. Une date à marquer d'une croix blanche, tant il est difficile de se méprendre quant au magnétisme enivrant de telles déflagrations post-punk.


Eola - Ancient Hill

Certes on peut faire le pitre sur une vidéo YouTube, avoir une bonne tête de nerd, secouer sans raison quelques branches dans la nuit, surfer dans sa cuisine en chaussette, avec les replay, faire du skate sur un terrain de tennis et se la donner dans un cimetière tout en bâtissant par ailleurs, sous le nom d'emprunt à peine imprononçable Tonstartssbandht (Does Are Records), d'incroyables arabesques soniques avec son jumeau de frère. En vrac, Krautrock lo-fi, psychédélisme mal dégrossi, et pourtant tribalisme si magnétique. Mais le pire, c'est lorsqu'on s'appelle Edwin White et que l'on peut faire le pitre sur une vidéo YouTube, avoir une bonne tête de nerd, secouer sans raison quelques branches dans la nuit, surfer dans sa cuisine en chaussette, avec les replay, faire du skate sur un terrain de tennis et se la donner dans un cimetière tout en composant, sous le nom d'emprunt bien plus prononçable Eola (Does Are Records), seul et à l'arrache, un morceau comme Ancient Hill, aussi étrange qu'attachant. Et que dire de cette reprise de Panic des Smiths : là où d'autres se pètent avec fracas le râtelier, le gamin nous délivre quelques bonnes acrobaties, sans les mains.


Sawf - Flaws

Injustement oublié pour cause de mauvaise distribution, faible pressage et manque de présence dans les rayonnages de nos disquaires, Flaws n'est ni plus ni moins que le LP techno que nous n’attendions plus. Eclipsé par la sortie du bétonné Wicker & Steel du boss du label Perc Trax, le producteur grec, Sawf, donne pourtant toutes ses lettres de noblesses à l’écurie d’Alistair Wells à travers 11 titres d’une qualité irréprochable. Et si l’on retrouve bien entendu les suppurations post-indus et les climats inquiétants, fidèles marques de fabrique du label anglais, les beats déstructurés, puant la grisaille et la rouille, se télescopent à des rythmiques syncopées, timidement deep-house, salopées par de violents claquements métalliques. A ce jeu, Sfika en est l’exemple parfait. Mais hors de question de jouer les bons Samaritains, car si Inthro illustrerait parfaitement le sound design d’un prochain Silent Hill, Pelekiss et son tambourinage emprunté à l’EBM donnent à frissonner. Sawf délaisse les complexités de la production pour en saisir l’essentiel, un minimalisme battant et subversif, s’étirant avec une ténue répétitivité qu’il salit couche par couche. En y regardant de plus près, les mélodies de Flaws doivent plus à Cabaret Voltaire et à l’indus du début des années 80 qu’à certains de ses contemporains comme Marcel Dettmann ou Horizontal Ground. Un des indispensables de cette année 2011, que l’on aime la techno ou non.

Audio



Tracklist

01. Inthro
02. Ninio
03. Zelo
04. Sfika
05. Slim
06. Okladon
07. Intherlude
08. Peplo
09. Unrhythm
10. Pelekiss
11. Outhro


I Come To Shanghai - In Your Own Way

Robert Ashley et Sam Frigard forment le bien nommé duo I Come To Shanghai, auteur en juillet dernier d'un premier EP, Eternal Life vol.1. Celui-ci avait déjà de quoi exciter notre insatiable curiosité de ses claviers volubiles et de sa rengaine définitivement eighties. Et c'est avec une déconcertante décontraction que ces résidents d'Athens, en Géorgie US, reviennent avec le single In Your Own Wayaux vocalises haut-perchées et au groove éthéré. Histoire d'enfoncer le clou dans le sens du trou, Heart Island - auparavant repéré du côté de Sports sur Crash Symbols - est à l'origine d'un remix du plus bel effet.


01. In Your Own Way
02. In Your Own Way, rmx by Heart Island


Ayshay - Warn-u

Tri-Angle Records (oOoOOWater BordersBalam Acab) enfile les disques sans dévier de sa fantomatique nébuleuse. Plus atypique est la trajectoire de Fatima Al Qadiri alias Ayshay. Productrice et vocaliste, cette jeune Sénégalaise a grandi au Koweït avant de déménager à New-York. Croisant avec dextérité vocalises arabisantes et sonorités witch haus sombres et ténébreuses, l'EP Warn-u en impose tout autant que sa pochette au graphisme dégueulasse ne rebute. Un moindre mal.

Audio

Ayshay - WARN-U (Nguzunguzu Remix) by TriAngleRecords

Vidéo

Tracklist

01. Warn-U
02. Jemsheed
03. Shaytan
04. Warn-U (Nguzunguzu Megamix)


Playlist : Fireworks #6 au Carmen (Paris) le 13 octobre

Nos amis de 25yearsandrunning - à l'excellence déjà présentée par ici et qui ont notamment oeuvré à la notoriété des Suédois de Museum Of Bellas Artes, de Banjo et de Fantasy Coloc - invitent le 13 octobre prochain au Carmen, à l'occasion d'une sixième édition de leurs soirées Fireworks, l'artiste non moins suédois CEO, à la pop tout aussi raffinée que ne le sont ses vidéos. Après CFCF, Korallreven et The Radio Dept, l'immersion sera une nouvelle fois totale dans les profondeurs d'une mer Baltique à la poésie vaporeuse mais charnelle. Afin de triturer votre curiosité de quelques joyaux pop, Benjamin et Noé se sont fendus d'une playlist entubée à découvrir ci-dessous : "Dans la première partie, on a mis un morceau de chaque artiste ayant déjà participé aux soirées Fireworks. La seconde est une sélection de titres susceptibles de passer à un moment ou un autre lors de la prochaine soirée. On a mis Make Me Sad de Vic Godard parce que la version de The Embassy n'est pas sur YouTube. Le morceau est sur l'album-compilation Life in The Trenches de The Embassy. Celui-ci vient de sortir."

Playlist

1ère partie

Korallreven - As Young as Yesterday

Ceo - Ave Maria

Ciara - Ride (CFCF remix)

JJ - No One Can Touch Us Tonight

Radio Dept – We Made the Team

2ème partie

Asap Rocky - Peso

Chris Brown – Deuces

Big Sean ft. Kanye West & Roscoe Dash - Marvin Gaye & Chardonnay

Lil Wayne - Blunt Blowin

Vic Godard - Make Me Sad

Tough Alliance - Miami

Youth Lagoon - Cannons


Krusht - Back to the Forest

Kaveh Arbab, par l'intermédiaire de son projet KRUSHT, est loin d'être un novice de nos pages, tant par sa vidéo In Spirit of 76 que celle d'In Stay. Régulièrement le bonhomme nous donne des nouvelles via la plateforme Amdiscs, label désormais londonien toujours autant sur la brèche. Back to the Forest, vidéo footage façonnée à partir de films culte de genre tels La sorcière (André Michel, 1956), L'oiseau Bleu (Maurice Tourneur, 1918) et A Midsummer Night’s Dream (William Dieterle, Max Reinhardt, 1935), annonce un nouvel EP du même nom - masterisé par Ben Tundra - à paraître le 13 octobre prochain, tout en s'entichant d'une witch haus dont elle transfigure les codes saumâtres dans la volubilité de ses arrangements. A Los Angeles, les sorcières peuplent les rêves, non les cauchemars.