On y était – Bat For Lashes, Festival inrocks 2009

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Bat For Lashes, Festival des Inrocks, l’Olympia le 4 novembre 2009

Tête d’affiche de la soirée des Inrocks de l’Olympia mercredi dernier, Natasha Khan alias Bat For Lashes a offert un show de haute voltige à un public visiblement en attente de sensations.

C’est quand même particulier le Festival des Inrocks, microcosme d’hommes et de femmes satellites du milieu musical parisien, tout le monde se connaît, se fait la bise, alors ça va? La moyenne d’âge monte tout de même plus qu’à l’accoutumée, têtes grisonnantes et pattes d’oies dans tous les coins. Ce curieux phénomène de nostalgie des 80’s s’explique par la présence de Bad Lieutenant, nouveau groupe du chanteur de feu New Order, Bernard Sumner. C’était génial New Order, mais il n’existe malheureusement pas de lien à effet.

Arrive Bat For Lashes. Poignante fillette à la robe rouge, petit chaperon enchanteur qui ne peut que rappeler Björk à ses débuts. Minois adorable et métissé à la voix impressionnante. La jeune femme anglo-pakistanaise installe son monde sur scène. Ce monde pop et magique, créé en deux albums Fur and Gold (2006) et Two Suns (2009), se pose ce soir à l’Olympia et déploie ses ailes, aidés par un magnifique jeu de lumière, un mélange de sonorités tout droit sorti d’un conte de Perrault et une prestation vocale tout en subtilité.

Car elle est chez elle Natasha, aucun doute là-dessus. Cette fille-là maîtrise aussi bien la douceur d’un piano/voix émouvant dans Moon And Moon, la montée en puissance de ses mélodies poussés par des percussions envoûtantes dans Two Planets, ou la danse chamanique à la fois électronique et organique de What’s A Girl To Do? où les sons synthétiques ne font qu’un avec tambourins et clochettes enchanteresses.

Bat For Lashes ouvre grand la porte et on s’engouffre dans son univers sans résister, on se fait bercer. Oh Natasha! vient me border ce soir. Dommage toutes fois, que nous n’ayions pas complètement envie de dormir ce soir. Passé l’émerveillement face à une artiste au talent et à la sincérité indéniable, la comptine de Bat For Lashes se fait répétitive, et l’envie de se réveiller devient plus forte. On émerge alors dans la nuit, engourdi et las, avec une impression d’inachevé, un petit regret dans le coin de l’oreille. Les grands concerts vous laissent parfois dans cet état.

Virginie Polanski.