Lorsque l’on évoque l’Australie on a tendance à penser aux grandes étendues sauvages de terre rouge, aux plages interminables, à sa faune endémique et à Sydney ou Melbourne. Ce qui est certain en tout cas c’est que peu de gens pensent à Adélaïde car avec ses 1,3 millions d’habitants la capitale de l’Australie-Méridionale est reléguée au cinquième rang national loin derrière les deux mastodontes urbains et est donc considérée comme une petite ville à l’échelle du pays.
Mon rapport à Adélaïde est particulier, ville natale de ma mère, la grande majorité de ma famille y habite, c’est donc un endroit pour lequel j’ai une affection particulière, le seul endroit avec Paris où je me sens réellement chez moi, un endroit dépositaire d’une part de mon identité en quelque sorte.
Dans mon esprit, Adélaïde est également associée à la musique Techno et ce à cause d’un événement qui m’avait marqué enfant. Je devais avoir 11 ou 12 ans et un cousin de ma mère dont je suis toujours hyper proche était venu me chercher un après-midi pour aller faire un tour dans sa Corvette noire. C’était marquant car au-delà de la vitesse folle du bolide et des sensations que ça peut procurer je me souviens de la bande son de cette escapade pour aller déguster une glace devant l’océan après avoir soigneusement explosé toutes les limitations prévues par le code de la route.
Dans l’ordre, je me souviens du volume sonore, d’un kick punitif, de sons froids et futuristes et d’un tempo qui allait parfaitement avec la vitesse de défilement du paysage. C’était mon introduction à la Techno, pas dans un club, pas chez des potes, mais dans une voiture, à 300km/h. A l’époque c’était pas tellement mon truc, je me suis vraiment intéressé à la musique de danse que bien plus tard, mais ça restait une expérience plutôt singulière liée en premier lieu à une sensation physique assez unique.
J’étais en ville pour les dernières fêtes de fin d’année et je me suis rendu chez Transition Records pour y claquer mes dollars de Noël. Situé en plein centre ville dans un local qui ne donne pas sur la rue, ce disquaire pour initiés est la meilleure adresse pour faire ses courses de vinyles tant la sélection de disques y est pointue et l’atmosphère détendue. Hans, le patron du lieu, et son acolyte Phil ont eu la gentillesse de bien vouloir parler de leur ville natale et de son histoire avec la Techno autour de quelques Cooper’s.

Pouvez-vous vous présenter ?

Hans : Hans Kempster, je gère Transition Records ici à Adélaïde. J’ai vécu ici toute ma vie, aucune intention de déménager.

Phil : Phil Rogers, je travaille également au magasin parmi d’autres activités. Adélaidien, DJ, habitué des magasins de disques…

H : C’est aussi un ancien patron de club, un imprésario…

P : (rires)

Tu es aussi DJ Hans ?

H : Ouais.

Quand as-tu démarré Transition Records et pourquoi ?

H : C’était en mars 2011 et je me suis aperçu que je dépensais beaucoup d’argent à acheter des disques en ligne étant donné qu’il n’y avait pas de magasin spécialisé House et Techno à Adélaïde. Il y avait d’autres disquaires plutôt bons mais ça ne correspondait pas tellement à mes besoins et je me suis dit qu’ Adélaïde étant une ville suffisamment grande il devrait y avoir assez de gens pour faire quelque chose de viable donc ouais, ça a démarré comme ça.

Et maintenant, rétrospectivement ?

H : C’était bien ! (rires) Ça s’est avéré assez exact ouais. Les gens achètent toujours des tas de disques en ligne et n’achètent pas ici. Il y a des DJ qui jouent deux, trois, quatre fois par semaine et qui ne viennent jamais ici, genre pas une fois, donc tu sais… Quand j’ai ouvert Transition j’imaginais que ces gens allaient plutôt venir ici mais il y a aussi beaucoup de gens qui achètent des disques maintenant qui le font simplement parce qu’il y a un magasin ici. J’ai un client qui clairement n’achète rien en ligne et il y a quelques mecs qui n’achètent qu’ici, ils semblent se tenir au courant de ce qui se fait mais bon, ils possèdent déjà de grosses collections donc je ne recommanderais pas à quelqu’un qui commence de ne faire ses courses qu’ici, ça réduit un peu l’horizon et l’attention est focalisée sur des trucs précis.

P : Un peu, pas complètement, la sélection reste assez large je trouve.

Vous diriez que vous avez beaucoup de clients fidèles ?

H : Oui.

Et également beaucoup de mailorder ?

H : De plus en plus de mailorder, rien que l’année dernière on en a eu beaucoup plus. Presque exclusivement d’Australie ou de Nouvelle Zélande, énormément de Melbourne en fait, 75% Melbourne peut-être.

Ils n’ont pas de magasin de disques comme ça à Melbourne ou quoi ?

H : Pas vraiment, il y en a quelques uns mais ils ne semblent pas vraiment avoir la même formule.

P : Le truc essentiel qui leur manque c’est Hans (rires) pour être brutalement honnête. Personne n’est aussi investi dans ses commandes et ses recherches donc il semblerait que les gens là-bas apprécient plus que les gens ici, enfin je pense. Lui ne te dira pas ça mais moi je le dit (rires)

H : Oh euh d’accord.

Comment décririez-vous le son d’Adélaïde en comparaison de celui des autres villes australiennes ?

H : Je pense qu’ Adélaïde est plus influencée par la Techno de Détroit. A chaque fois que je rachète la collection de quelqu’un il y a toujours certains disques qui reviennent… Il y a toujours une pile d’ Underground Resistance, des trucs européens genre Anthony Rother, il y a aussi plus de Techno loopy, mais clairement une grosse influence urbaine, Détroit. En comparaison de Melbourne qui avait plus un délire Trance et Progressive House dans les années 90 et Sydney qui était plus House et Disco.

P : Je suis d’accord, c’est de là que ça vient historiquement et puis après, je suppose qu’un peu comme dans toutes les villes d’ Australie ça a viré plus allemand et européen vers le début des années 2000, fin des années 90, mais on a grandit sur la Techno de Détroit.

H : Je pense que tu ne peux pas être impliqué dans la Techno à Adélaïde sans avoir Juice Records qui regarde par-dessus ton épaule, tout le monde a ça en mémoire, ce sont nos origines et tout ça était très connecté à Détroit et Windsor, Ontario.

Et pourquoi ça d’après toi ?

H : J’imagine que certaines scènes démarrent avec simplement une poignée d’individus très motivés. Il y a avait quelques mecs qui étaient juste en avance sur leur temps. Ils se trouve qu’ils s’intéressaient à cette musique dans la fin des années 80. Tristan Jones était une figure très importante ainsi que Damien Donato qui a fondé Juice Records.

P : Et une poignée de passionnés de musique et de DJ. Il y avait les passionnés de musique qui suivaient l’évolution sonore globale et puis il y avait des gens plus dans la production, des profils d’ingénieurs. Donc il y avait la Techno, les amoureux de musique et puis tu sais, ils ont commencé à acheter du matos et…

H : Oui et j’imagine que ces gens avaient pas mal de pouvoir, pas en termes de contrôle mais disons qu’ils avaient de l’influence. Tristan et Damien travaillaient dans un magasin de disques qui s’appelait Central Station, c’était spécialisé Hip Hop, Techno, House et c’était le point névralgique pour ce genre de musique à Adélaïde. Tristan a organisé la première tournée Underground Resistance en Australie, c’était en 91 je crois, juste après le départ de Jeff Mills et je crois que DJ T-1000 était le DJ sur cette tournée. Ils ont joué dans un club qui s’appelait Le Rox. Dans les années 80 c’était un club genre Wave / Blitz et au fur et à mesure ils ont commencé à passer de la House, du Hip Hop et de la GoGo et au final c’est devenu un club Techno à part entière, un club rave un peu.

Quand on discutait l’autre jour tu mentionnais le fait qu’il y avait peut-être une sorte de lien entre les deux villes, Adélaïde ayant aussi un passé de ville automobile…

H : Ouais (rires) je ne sais pas, peut-être que je réécris un peu l’ Histoire là… mais oui, Adélaïde n’a pas grand chose, nous n’avons pas un superbe port de plaisance ou une grande population et c’est une ville très étendue. Adélaïde est aussi pas mal là car durant la seconde guerre mondiale c’était un endroit sûr en Australie, c’est très difficile pour les vaisseaux de guerre d’arriver ici donc il y avait beaucoup d’usines militaires et puis dans les années 50 l’industrie automobile et ça représentait une part importante de la force de travail et ça a contribué à rendre Adélaïde très étendue. Donc j’imagine que les gens passent pas mal de temps à rouler en voiture en écoutant de la Techno.

Y avait-il beaucoup d’endroits désaffectés ou isolés où on pouvait organiser des fêtes et des raves ou ça n’a rien à voir avec le mouvement rave ?

P : Non je ne crois pas que nous ayons réellement eu une grosse scène illégale. Ça existait hein mais c’était pas énorme. Et puis les licences à l’époque n’étaient pas si mal, ça ne poussait pas les gens hors des clubs et comme nous le savons tous, c’est beaucoup plus simple d’organiser une fête dans un club que de faire une rave au milieu de nulle part, donc ils utilisaient les clubs, avaient des résidences, ce genre de choses.

H : Je crois que presque toutes les soirées que j’ai fait dans des usines avaient lieu en plein centre ville, dans la city, il y en avaient quelques unes dans l’ancienne prison de la ville mais tout se passait plutôt dans la city.

Phil, tu as été patron de club, quel était son nom et combien de temps ça a tenu ?

P : Oui, ça s’appelait Cuckoo, le Cuckoo Bar. Je crois qu’on a fait sept ans, on gérait ça avec ma soeur et avant ça j’étais DJ et je bossais aussi dans des magasins de disques et des bars. J’ai commencé dans les bars quand j’avais 17 ans et j’ai été résident dans le dernier club d’afters pendant des années et ça m’a communiqué cette addiction à la Techno nocturne je suppose.

A quel point est-ce difficile de faire tourner un club à Adélaïde ?

P : C’est assez difficile, surtout quand tu fais ce que nous faisions. On s’est rendu compte qu’il n’y avait pas de night club qui passait uniquement de la House et de la Techno donc on s’est vraiment focalisé là-dessus. On a donc beaucoup investi sur le son (ndlr : Funktion-One) et on a fait en sorte que ça soit confortable pour les DJ, et on a essayé de faire venir des gens qui n’avaient jamais joué à Adélaïde, on a essayé d’insuffler de l’énergie dans cette scène qui selon nous valait le coup.

H : Et ils l’ont fait jusqu’à la fin. Ils n’ont pas organisé de soirées R’n B ou des plans argent facile, ils s’y sont tenus jusqu’au bout.

Parce que vous pensez que beaucoup de clubs essaient simplement de se faire de l’argent facile ?

P : Je pense que tu peux arriver avec tout un tas de belles idées et puis, spécialement à Adélaïde, ça peut devenir assez brutal et tout d’un coup les factures et les charges prennent le dessus sur ton concept originel et tu sais, on a été vraiment très proche d’aller contre notre concept à plusieurs reprises, ça a été dur, beaucoup de travail, mais on s’y est tenu et je crois que notre philosophie était que si on ne faisait pas ce que l’on avait dit que l’on ferait il ne valait mieux rien faire.

H : Je pourrais me faire plus de fric en vendant des disques des Foo Fighters mais qui ferait ça ? (rires)

P : Tu sais, si tu te fixes un objectif et que ça échoue peut-être que ça ne devait pas être, je ne sais pas, je ne l’ai jamais vu comme le fait de se défiler.

H : Et je pense que depuis la fermeture de Cuckoo quasi personne n’a essayé de proposer quelque chose de culturellement important. Il y a beaucoup d’endroits pensés uniquement pour faire rentrer beaucoup d’argent pour le proprio, sans intérêt culturel quel qu’il soit, juste de la musique calibrée, juste de la picole.

En tant que patron de club ça se passait comment avec les autorités et l’aspect légal de l’affaire ?

P : On a démarré avec une licence de 21h à 5h donc on pouvait être ouvert sept jours sur sept, c’était nickel. Et vers la quatrième année ils ont installé la fermeture à 3h.

H : Ça a toujours été non fumeur dans Cuckoo ?

P : Ouais toujours, les lois non fumeur étaient déjà arrivées quand on a ouvert et ça vaut le coup d’être noté, ça a eu un effet sur les clubs globalement, tout le monde sait ce que ça fait quand 30 personnes sortent fumer, ça a fatalement un effet sur les dancefloors.

Quelle est typiquement la capacité d’un club d’ Adélaïde ?

H : 200 et moins

P : Ouais ça serait typiquement ça. On était sur Hindley Street (ndlr : sorte de red light district local bien crasseux) donc pas mal de gens pensaient que c’était une mauvaise idée d’être au coeur du bordel alors que notre clientèle ne correspondait pas forcément au trafic de la rue.

H : Mais c’était le seul endroit où tu pouvais avoir une licence de 5h du matin.

P : Oui et puis je pense que ça valait le coup. En sept ans on s’en est sorti sans incident majeur donc ça te montre qu’il s’agit de garder les bonnes personnes à l’intérieur et les mauvaises dehors et on s’en est plutôt bien tiré. Ce qui nous a niqué au final ça a été un développement immobilier juste au-dessus de nous, on devait bouger. Ce fut une longue et pénible bataille judiciaire mais c’est quelque chose qui pourrait arriver n’importe où, ça n’était pas spécifique à nous ou Adélaïde.

Vous pensez que les promoteurs ici se concentrent sur des gros noms étrangers ou qu’ils essayent de défendre des artistes et DJ locaux ?

P : Un peu des deux.

H : Pendant quelques années ça se reposait trop sur des DJ internationaux et les gens demandaient l’heure des sets histoire de pouvoir se pointer exactement quand le DJ étranger commençait et après ils pouvaient dire « j’ai vu un tel », personne ne parle d’avoir écouté un tel, « j’ai vu un tel » comme cocher des noms sur une liste. Et ces mecs se font payer 3000 dollars quand le DJ local en warm up ne prends parfois rien.

P : Rien la plupart du temps étant donné que c’est un service publique (rires) mais tu sais, c’est parfois difficile d’attirer les gens sans un nom, c’est le jeu.

H : Surtout quand tout le mondes est un peu à mi-chemin entre un consommateur et un producteur. Je suis allé à des soirées avec des gens et tout le monde était DJ et ils étaient tous là « je pourrais être là-haut » tu vois le délire ? Et « si je ne me fait pas programmer, je ne viens pas à tes soirées » (rires)

P : C’est la mentalité de certaines personnes car ils ont la gloire en tête, pas la musique.

H : Donc parfois tu te retrouves avec une avalanche de sets d’une heure.

P : Des noms sur le flyer, du monde à l’entrée (rires)

Il y a encore beaucoup de clubs à Adélaïde ?

P : Sugar est là depuis 13 ans et malheureusement c’est le dernier vrai night club avec une licence de 4h du matin.

H : Ils sont essentiellement House et Disco et accueillent pas mal des bons artistes internationaux.

P : Eux et Ancient World sont nos deux choix vraiment. Ancient World a une licence de 2h du matin et se concentre sur la musique en général ce qui est une noble ambition. Ils essaient de défendre un éventail de sons et c’est ce qui permet de faire venir du monde.

H : S’il n’y a qu’un seul endroit où tu aimes bien aller ça te fatigue rapidement et je pense que les gens d’ Ancient World l’ont bien compris, donc il y a des trucs Rock ‘n Roll, ils organisent des débats pendant la semaine de la science, ils ont une soirée R ‘n B hyper girly

P : Ils font tout dans un esprit un peu anarchiste second degré et ils le font bien.

C’est quoi la suite si la fermeture est à 2h ? Il y a beaucoup d’afters ?

H : Pas vraiment.

P : Ça n’arrive plus tant que ça et c’est vraiment surprenant. Durant mes cinq premières années de DJ on allait toujours quelque part après, toujours. On traînait les disques depuis le premier lieu à 9h du matin et on allait au second jusqu’à 5h de l’après-midi.

H : Je me souviens de raves avec deux afters différentes dans des clubs.

Je posais la question parce que dans les grandes villes européennes les gens ont tendance à vivre les uns sur les autres dans de petits appartements tandis qu’ici les gens ont plutôt des baraques avec jardin donc ça doit être plus facile de s’isoler des voisins tout ça…

H : Disons que ça n’arrive plus si souvent car c’est parfois trop compliqué d’aller dans les banlieues, du genre quelqu’un habite dans tel quartier et quelqu’un d’autre est à l’autre bout… ,

Donc la manière dont est faite la ville a une influence là-dessus ?

P : Peut-être mais ça ne nous a jamais vraiment freiné, on allait tout le temps en after, on s’entassaient dans 4 ou 5 taxis et c’était parti. Je crois juste que la scène ici est un peu différente aujourd’hui.

H : Et les gens ont l’air concentrés sur leur boulot. J’entends sans cesse « je dois me lever tôt pour le taff » ou « j’ai cours à la fac »

P : Peut-être que les gens n’y vont plus aussi fort qu’à notre époque (rires). Les deux mecs avec qui je mixais pendant ma première résidence se levaient vers 3h30 du matin, mangeaient leur Weet-Bix, allaient au club à 4h, commençaient à boire et terminaient leurs sets à 9h mais c’est comme s’ils venaient de se lever donc le reste de la journée était à eux… j’imagine que ça ne se passe plus comme ça de nos jours, c’était notre vie pendant 4 ans.

Selon toi quelles étaient les plus belles années ?

P : Le milieu de Cuckoo je dirais. Mais la dernière année nous avons fait DJ Koze, Mathew Jonson, Shed… On a organisé une fête dans la petite rue derrière le club avec Shed et Tama Sumo avec 250 personnes dans la rue. Il y avait des DJ à l’extérieur et dans le club, c’était le meilleur truc que j’avais fait.

Il n’y a plus d’événements comme ça aujourd’hui ?

P : Non, personne n’a envie de risquer 15000 dollars pour faire quelque chose comme ça et j’entends des gens se plaindre du coût que ça représente de faire venir un international. On avait de la chance car nous étions promoteurs et patrons de club.


Donc si les entrées étaient mauvaises vous aviez toujours le bar…

P : Exactement, donc on pouvait se servir un peu là-dedans, on avait un tampon.

H : Même si vous n’étiez pas sensés le faire vous aviez ce tampon.

P : Beaucoup de gens n’ont pas ce luxe et c’est ce qui nous a permis de faire beaucoup d’artistes internationaux et c’est ce qui autorise Sugar à le faire, leurs promoteurs sont leurs propres patrons.

Quel est le statut de la musique électronique dans le paysage musical australien ?

H : Minoritaire, l’Australie est un pays Rock ‘n Roll. Une grande part de notre psyché nationale est fondée sur le pays, les grands espaces, des gens avec de gros chapeaux qui montent à cheval…

Le cliché Crocodile Dundee…

H : Ouais, mais la population australienne est l’une des plus urbanisée au monde donc ça n’a aucun rapport avec la plupart des gens mais on a toujours ce sentiment de pays Rock ‘n Roll macho et je pense qu’il y a une vraie réticence à montrer des émotions. Danser est considéré comme quelque chose d’efféminé pour un homme, chanter aussi, donc la musique de danse en général, Disco, House, Techno est quelque chose que j’ai découvert par les gamins issus de l’immigration grecque. Ils étaient à fond dans Prince ou Chaka Khan et le breakdance, c’est comme ça que j’en ai entendu parler en premier.

C’est marrant que tu dises ça parce qu’il se trouve que ma famille ici est issue de l’immigration grecque et ma mère a un cousin dont je suis très proche qui a 58 ans et qui s’est découvert une passion pour la Techno vers 89/90. J’étais chez lui l’autre soir donc je lui ai parlé de vous et de l’interview et c’est exactement ce qu’il m’a dit, qu’au départ ce n’était pas un truc d’anglos et qu’ils écoutaient cette musique dans leurs voitures. Et le cousin c’est un mec qui aime bien s’amuser donc il a une Corvette et il roulait avec ses potes en écoutant de la Techno toute la nuit. Prendre des prods dans des véhicules rapides avec la grosse basse en gros…

P : (rires)

H : (rires) Ce mec est une putain de légende !

Ouais c’est un super mec hyper intéressant, il a pas mal d’histoires à raconter… mais ouais, tout ça me paraissait cinglé parce qu’à Paris ou d’autres grandes villes européennes il n’y a pas la culture de la voiture comme ici si bien que je ne suspectais pas à quel point c’était lié au fait de faire les fous en bagnole.

H : Oui et je crois que pour le coup c’est quelque chose qui se passe également à Détroit, Omar S et Theo Parrish roulent dans leurs Subaru…

Comme ce titre de Juan Atkins…

H : Cosmic Cars ?

Oui et l’autre là…

P : Night Drive (Thru Babylon)

C’est ça !

H : Ici, beaucoup des premiers DJ House ou Techno étaient aussi d’origine italienne. Comme Cam (HMC) et Angelo et je pense que ces cultures là sont plus à l’aise avec la danse et le fait d’exprimer sa joie au travers du mouvement. Moi mes origines c’est moitié allemand moitié anglais ce qui est la combinaison la moins funky qui soit.

P : (rires) Après je ne suis pas complètement d’accord avec cette analyse de la scène australienne. C’est en aucun cas mainstream mais il y a des poches de succès et autant j’aimerais simplement représenter Adélaïde autant Melbourne s’en sort bien mieux que nous de ce point de vue là. Ils ont des choses qui s’exportent, il y a de bons DJ, des turcs plus de classe mondiale et leur scène est plus forte en partie car les licences sont plus faciles à obtenir.

H : Ouais, ils ont des flics corrompus.

P : Ouais et on en revient d’une manière ou d’une autre à la culture de la drogue, c’est ce qui fait durer la fête…

Encore une fois, c’est ce que le cousin m’a dit quand je lui ai demandé ce qui lui avait fait aimer la Techno, il m’a de suite répondu la drogue. Il fumait de l’herbe et quand il a commencé les prods c’était parti…

H : Oui, je suppose que c’est logique.

P : J’ai réalisé que je n’ai réellement compris de quoi il s’agissait qu’après avoir vécu un vrai moment de lâcher prise et soudain, tu entends tout différemment. Et je pense qu’il y a plus de gens qui ont vécu une épiphanie de ce type plutôt que par un autre vecteur d’entrée plus « pure » peut-être…

H : Oui du genre « je m’intéresse aux composants électroniques… »

P : Ouais (rires)

Je ne sais pas si vous êtes d’accord mais on dit qu’Adélaïde a un gros problème de drogue…

P : C’est souvent le cas des petites villes.

Et vous pensez qu’il y a peut-être une corrélation quelque part ?

H : Hmm… oui peut-être, même si c’est compliqué à mesurer, je serais incapable de te le dire.

P : Je ne sais pas, ça devait se passer un peu partout donc c’est difficile de séparer les choses.

H : Mais à Melbourne, ils avaient aussi des lois de couvre feu comme ici mais ils s’en sont débarrassé et c’est relativement facile d’obtenir des licences de nuit. Il existe des clubs où le deal se fait au grand jour et ils ne se font pas fermer. Et presque tous les jeunes d’Adélaïde déménagent à Melbourne. Mon cousin a grandit à Canberra mais vit à Melbourne et il dit que c’est juste rempli de jeunes qui viennent de Tasmanie, de Canberra et d’Adélaïde.


Adélaïde a du mal à conserver ses jeunes et ses artistes ?

P : Adélaïde connaît un exode massif de sa jeunesse et c’est plutôt surprenant étant donné que nous sommes une ville universitaire. On attire les jeunes puis on les fait fuir par l’absence de culture jeune.

H : (rires) Ouais on les chasse à l’ennui.

P : Nous n’avons pas des lois qui facilitent l’organisation de soirées et qui aident la culture jeune à se développer.

Il y a beaucoup de festivals en Australie et à Adélaïde en particulier (ndlr : la devise de l’Australie Méridionale est « The Festival State »). Est-ce comme en Europe ou ailleurs où la tendance est de voir de plus en plus de DJ sur les lineup ? Et si oui pensez-vous que ça a un effet sur la culture club ?

H : Et bien je le remarque un peu ici au magasin. Parfois je ne vais pas voir certains réguliers pendant deux mois et je sais qu’ils sont allés dans un festival. Ils économisent avant, ils sont fauchés quand ils rentrent et voilà.

P : Je pense que ça affecte la scène en général.

Comment voyez-vous l’évolution de la scène australienne et plus spécifiquement de la scène d’Adélaïde ?

H : Certains gamins doivent vraiment se bouger et commencer à faire des trucs.

P : Ça manque d’enthousiasme.

Vous pensez que la jeune génération n’est pas aussi impliquée que vous l’étiez à leur âge ?

P : Disons qu’il n’y a pas grand chose à faire grandir, je comprends, mais j’ai remarqué un manque de soutien et de gens qui essaient de faire avancer les choses. Je ne sais pas, je me transforme en vieillard aigri…


Vous avez quel âge ?

P : J’ai 30 ans mais j’ai l’impression d’en avoir 50 (rires)

H : J’ai 40 ans.

P : Je crois que je n’ai plus la motivation… Je pense avoir vraiment donné, financièrement et émotionnellement. Une fois que tu as connu différents degrés de succès au fil des ans c’est difficile de garder le rythme, d’autres personnes doivent prendre le relais.

Pourquoi êtes-vous donc si attachés à Adélaïde ? Vous auriez pu bouger dans une plus grande ville, pourquoi avoir choisi de rester ?

H : Je pense que c’est un endroit vrai, il y a une authenticité ici, les villes plus grandes sont un peu des parcs d’attraction peuplés de suiveurs qui essayent de s’accrocher aux wagons de quelque chose d’immense pour n’en prélever qu’une infime partie. Je pense que tu peux faire une différence ici et c’est confortable. Les gens sont vrais ici, je ne retrouve pas ça à Melbourne ou Sydney. Les gens ici font attention aux autres, on essaient de se soutenir les uns les autres. Celles et ceux qui intègrent la scène y restent longtemps et les gens d’Adélaïde se respectent les uns les autres. Même si je ne suis pas fan de tel business ou de tel projet je les respecte pour essayer de faire leur truc parce que je sais à quel point c’est dur de piloter une entreprise ici et de faire quelque chose qui vaut le coup quand peu de gens te soutiennent.

P : J’aime ma ville natale.

H : Et puis c’est un peu une astuce marketing aussi, tu ne gagnes pas en street cred en étant à Berlin, ce putain d’endroit est saturé ! (rires)

P : On a une Histoire riche et c’est quelque chose dont il faut être fier et je pense qu’une fois que tu t’impliques tu es un peu obligé de te sentir patriote de la ville. Certains plus que d’autres bien sûr puisque l’on subi un vrai exode créatif au profit de Melbourne mais ceux qui restent le font parce que ça leur tient à coeur et c’est souvent à leur propre détriment (rires)

J’imagine que c’est une autre similitude avec Détroit, être fier d’où on vient quoi qu’il arrive et essayer de faire quelque chose localement.

P : Oui parce que sans ces gens qui sont restés ici, je n’aurais pas été exposé à tout ça et ma vie aurait été très différente. Et ces gens qui ont fait mon éducation étaient talentueux et auraient pu très facilement partir n’importe où dans le monde et connaître de belles carrières en faisant ce qu’ils faisaient mais non, ils sont restés ici et ils m’ont fait découvrir cet univers. C’est important tu sais, sans ça cette ville n’a rien.

Ces pionniers d’Adélaïde sont toujours actifs ?

H : Pas beaucoup

P : Je suppose que c’est cyclique, au bout d’un moment il en ont eu marre (rires) et quand ta carrière de DJ vacille tu commences à faire des vrais boulots.

H : HMC fait toujours de bons trucs.

P : Late Nite Tuff Guy aussi

H : Damien Donato est toujours plus ou moins actif.


Des contemporains que vous appréciez particulièrement ?

H : Oui il y en a quelques uns, j’aime beaucoup Metamethod, de la super Techno moderne…

P : Faite sans la moindre idée de ce qui est moderne…

H : Il est complètement isolé musicalement et fabrique ses propres sons à base de synthèse FM.

P : Il avait un gros studio qu’il a revendu à la fin des années 90. En gros c’est un nerd qui monte ses morceaux avec des ondes FM.

H : Je pense qu’il est vraiment sous-estimé.

P : C’est clair, il était déjà sous-estimé au milieu des années 90. Disparu de la circulation pendant plus d’une décennie et il ressort un peu de nulle part et les gens sont là « tu fais encore du son ? » et le mec défonce.

H : Il est sûrement plus vieux que moi.

P : Oui, clairement.

H : Phil est aussi un excellent producteur avec un éventail musical très large entre Techno et Electro avec des trucs plus mélodiques, également sous-estimé.

Alors, c’est quoi ton blaze Phil ?

P : Il en existe plusieurs… J’ai fait une sortie avec les mecs de Untzz il y a un moment mais je ne crois pas qu’il y avait un nom sur le macaron. Mais oui il y a quelques trucs qui se baladent, la plupart dans mon disque dur (rires)

H : Surveille les nuages.

P : Ouais voilà, c’est dans le cloud (rires)

H : Nightime Drama est un bon label d’Adélaïde.

P : Les gens essaient tu sais, j’ai fait Cuckoo Music pendant un petit moment, on a fait deux sorties vinyles et huit sorties digitales. On a fait l’album des Carter Bros, on a sorti que des trucs d’Adélaïde à part la première sortie, Sleep D, qui est de Melbourne.

H : Les Carter Bros ont d’ailleurs sortis quelques disques sur un label de Detroit, Black Catalogue.

P : Rush Hour puis Tsuba ont ressorti l’album qu’on a fait sur Cuckoo Music ce qui était très cool. C’était juste cool de représenter la scène locale et de montrer aux gens ce que l’on faisait ici.


En me baladant dans vos bacs j’ai remarqué que les prix étaient vraiment raisonnables et ça m’a surpris parce que l’Australie étant si loin et isolée j’aurais eu tendance à penser que ça devait coûter hyper cher de faire rentrer des imports, vous faites comment ?

H : J’ai une formule, je dois être assez stricte et faire en sorte de maintenir les commandes sous la barre des 1000 dollars, autrement je dois payer la TVA et les taxes d’importation donc ça veut dire que je dois faire attention, prendre la plus grosse quantité mais pas dépasser 1000 dollars. Donc si un nouveau disque sort sur Hardwax et que je n’en veux qu’une copie ou deux, je ne peux pas le commander parce que les frais d’importation vont être trop élevés, je dois donc parfois laisser passer et attendre un repress. J’ai tendance à passer par de gros distributeurs avec un gros catalogue c’est plus simple pour obtenir une bonne variété de choses. Parce qu’une bonne partie de mes ventes ne sont pas nécessairement des trucs dans lesquels je suis à fond.

J’ai aussi remarqué que vous aviez pas mal de disques de chez Antinote, vous suivez la scène française ?

H : Ouais pas mal, il y a vraiment de bonnes choses chez Favorite, et Antinote est un label fantastique, beaucoup d’artistes intéressants sortent de là. Il y a aussi de bons disques chez Yoyaku, Concrete…

Comment tu suis le rythme des différentes sorties ?

H : Je regarde simplement chaque mail que je reçois. Je ne sais pas, il doit y avoir entre 200 et 500 disques qui sortent chaque semaine et j’essaie de faire le tri là-dedans. Je pense que c’est le seul moyen, je ne passe pas beaucoup de temps sur Soundcloud, je lis parfois RA ou DJ Broadcast, je ne regarde pas les feeds Facebook. Je crois que c’est facile de se mettre des ornières mais avec un label comme Antinote c’est juste prends tout. Je ne crois pas qu’il y ai eu une sortie d’Antinote que je n’ai pas eu en magasin. C’est juste de la musique rafraîchissante, pas trop rétro, pas toujours dansante, quelques trucs sont parfois moins faciles d’accès. J’aimerais être plus au courant de ce qu’il se passe en France mais en même temps je pense que l’isolation permet l’évolution, si on est tous tout le temps au courant de ce qui se fait partout, rien ne peut réellement grandir organiquement.

P : C’est compliqué d’être en parfaite isolation aujourd’hui mais c’est chouette quand quelque chose de frais sort car c’est difficile de trouver des choses uniques de nos jours. Par exemple j’ai toujours eu beaucoup de respect pour les mecs de Sleep D, pour leur absence d’égo et leur persévérance. J’ai beaucoup de respect pour Tornado Wallace car il a son propre son. Il y a des gens qui trouvent leur propre niche et qui développent ça. Il y a quelques têtes chercheuses en Australie qui font ça vraiment bien, les Carter Bros aussi, personne ne sonne comme eux.

C’est intéressant parce que j’ai parfois l’impression que dans les grosses ville comme Paris il y a trop de DJ ou d’artistes, si bien que ça peut vite ressembler à un environnement hyper compétitif pas très sain. Certains arrivent à préserver une ambiance famille/crew mais souvent l’égo ou les attitudes faux-cul finissent par se mettre en travers…

P : Oui, c’est dur dans les grandes mégalopoles, tu perds ce côté familiale. Mais je crois que nous avons ça ici, soit par le fait d’être une petite ville soit par l’isolation. Certains producteurs de grande qualité viennent même de zones rurales comme les Carter Bros qui sont de Mildura ou Sleep D qui sont de Frankston.


Vous aimeriez qu’il se passe quoi à Adélaïde ?

H : Et bien il y a des fêtes appelées Park Jib qui sont organisées par Lenin, Jake et Harvey, qui sont des jeunes hyper sympas, motivés et avec une bonne éthique. Ils prennent un générateur et empruntent le système son de folie de Phil et se posent dans un parc et font la fête. J’aimerais voir plus de choses comme ça. Il n’y a ni alcool ni argent dans l’équation, simplement de la musique.

P : Je pense que c’est la chose la plus pure qui puisse arriver et s’ils ne prennent pas le taureau par les cornes peut-être que je m’impliquerai et que j’essaierai de faire avancer le truc.


Tu as des idées derrière la tête ?

P : Disons que j’ai un plan s’ils n’en ont pas. Je veux qu’ils le fassent eux-mêmes, je ne veux pas marcher sur leurs plates-bandes, c’est leur truc et s’ils veulent utiliser mon sound system je suis super content car je veux qu’il soit utilisé, et puis je déteste écouter de la musique sur un son pourri.

H : On doit les laisser grandir.

P : Personnellement j’aimerais légitimer le truc un peu plus. J’aime faire des choses à l’arrache ou illégales, même si dans ce cas précis ce n’est pas vraiment illégal, c’est une zone grise, mais ça pourrait se faire interdire et ça tu vois, ça m’énerve. Je crains l’effet que ça pourrait avoir sur la scène et les événements futurs si ça se faisait interdire. Et puis j’aime bien faire les choses dans les règles quand ça implique du matos très cher, donc on verra bien comment ça se passe la prochaine fois. Personne n’a eu les couilles de faire ça bien jusqu’à présent et c’est vraiment l’une des premières fois où quelqu’un a le courage de tester les eaux, de prendre la température, d’y plonger un orteil et de voir comment ça se passe.

H : Parce que ces mecs n’ont jamais vraiment mis les pieds dans un événement comme celui qu’ils organisent. Ils ne sont jamais allé dans une rave dans les années 90, tout ce savoir est perdu. Mon pote d’à côté d’Inbound Records peut organiser une rave en une demie heure, ils passe quelques coups de fil, il a son propre sound system

P : C’est la scène Drum ‘n Bass

H : Ils viennent de cette culture rave du début des années 90, c’est pas un souci pour eux. Ils sont un peu plus roughneck mais les plus jeunes n’ont pas eu cette expérience, ils ne savent pas vraiment comment se lancer et ne réalisent pas que quelque chose comme ça est possible, pour beaucoup d’entre eux la Techno c’est dans un club ou un festival.

P : Je crois que ça a du potentiel et de l’avenir si les gens se donnent un peu de mal et s’ils utilisent quelques mots clefs à bon escient ils peuvent se mettre le conseil municipal dans la poche, il faut simplement parler de vitalité et de culture pour la jeunesse.

H : D’une certaine manière l’état d’Australie Méridionale se rend compte que l’état est plutôt niqué, pas de grosse activité économique, l’industrie est finie, les mines aussi…

P : Le seul investissement majeur est fait pour les universités et le simple fait qu’ils ne fassent pas le lien entre les universités et la culture jeune me dépasse.

When people talk about Australia, they usually think about the vast red earth landscapes, the endless beaches, its unique wildlife and Sydney or Melbourne. One thing is for sure, hardly anyone thinks about Adelaide, because with it’s population of 1.3 million, South Australia’s state capital is ranked fifth city in the country and is considered a small one.
My relationship to Adelaide is special, it’s my mother’s hometown and most of my family lives there so I have affection for this place, probably the only other place outside of Paris where i truly feel at home. In my mind Adelaide is also associated with Techno music and that’s due to a memorable childhood experience. I must have been eleven or twelve years old and one of my mother’s cousin whom I’m really close to picked me up one afternoon to go for a ride in his black Corvette and grab an ice cream on the ocean front. Apart from the vehicule’s crazy speed and the physical sensations that came with it, I remember the soundtrack to this little high speed escapade. I remember the loudness, a punishing kick drum, cold and futuristic sounds and a tempo that fitted perfectly the speed at which the landscape ran outside my window.
That was my introduction to Techno, not in a night club, not at some friend’s place, but in a car going at 300kpmh. At that time it wasn’t really my thing, I started getting interested in club music only years later but that experience stuck with me as somehow extraordinary and associated with a rather unique physical sensation.
I was in town last Christmas so I went to Transition Records to spend my Santa dollars. Located right in the heart of the city, tis record store for enlightened amateurs is the best adress to get wax in Adelaide simply because the selection is impeccable and the atmosphere so relaxed.
Hans, the shop owner, and his friend Phil kindly agreed to talk about their town its history with Techno around a few Cooper’s.

Can you guys introduce yourselves ?

Hans : I’m Hans Kempster, I run Transition Records here in Adelaide, I’ve been here all my life, no intention to leave.

Phil : Phil Rogers, I also work in the record shop amongst other things, Adelaidian and yeah, DJ, record store aficionado…

H : He’s also a former night club owner, night club impresario…

P : (laughs)

And do you DJ as well Hans ?

H : Yeah I do.

When did you start Transition Records and why ?

H : It was in March 2011 and I found that I was spending a lot of money just buying records online as there wasn’t a specialist House and Techno shop in Adelaide. There were some other shops which were quite good but my needs weren’t met and I thought that Adelaide being a big city there must be enough people to make it viable so yeah, that’s how it started.
And now, in retrospect ?
H : It was good ! (laughs) Kind of correct yeah. People still buy shitloads of records online and don’t buy here. There are DJs who are playing two, three, four times a week who never show up here, like not once, so you know… When I opened Transition I assumed that those people would shop here instead but then there are also plenty of people who are buying records now who are probably only doing it because there is a shop here. There’s certainly one customer of mine who doesn’t buy anything online and there are a couple of dudes who only shop here, they seem to be keeping up with what’s current… I mean, they’ve got big collections to start with so I wouldn’t recommend someone only shop here if they’re starting because you know it still narrows your focus…

P : Well a bit, not entirely, it’s still a pretty wide selection I guess.

So you would say that you have a lot of faithful customers ?

H : Yeah
And a lot of mail-order aswell ?
H : Increasingly mail-order, like probably just the past year we got a lot more. Almost entirely from Australia or New Zealand, mostly. A lot from Melbourne actually, maybe 75% Melbourne.

They don’t have this kind of record shop in Melbourne or what ?

H : Not really, I think they have a couple but they don’t seem to have quite the same formula as here.

P : The critical thing they lack is Hans (laughs) if you want me to be brutally honest. There is no one that is involved in their purchase and scouting as he is so people over there seem to appreciate more than the people here, I think so anyway. He won’t say that but I will (laughs)

H : Oh ok

How would you describe the Adelaide sound as opposed to other Australian cities ?

H : I think Adelaide has much more an influence from Detroit Techno. Whenever I buy somebody’s old collection there are certain records in there… there is always a stack of Underground Resistance, some  European stuff like Anthony Rother, there is also I guess more loopy Techno, but yeah definitely much more of an urban, Detroit influence. Certainly compared to Melbourne which had more of a Trance and Progressive House thing in the 90’s and Sydney was much more House and Disco.

P : Yeah I would agree, that’s where it comes from historically and then you know, I suppose similar to all the Australian cities as it comes to the 2000’s / late 90’s it went more German and European, but we grew up on Detroit Techno.

H : I think you can’t be involved in Techno in Adelaide without having Juice Records looking over your shoulder, everyone’s got that in their memory, that’s our lineage and that was very much connected with Detroit and Windsor, Ontario.

Why do you think is that ?

H : Well I guess some scenes start with just a handful of really motivated individuals. There were a couple of dudes that were just way ahead of anybody else. Somehow they were interested in that music in the late 80’s / early 90’s. Tristan Jones was a really important figure and Damien Donato who started Juice Records.

P : And a handful of music lovers and DJs, you had the people who were passionate about music and had been following change in sound globally, and then you had some people who were probably production, engineering types. So you had the Techno, you had the music lovers and then you know they probably started buying their things and…

H : Yeah and I guess those guys had quite a bit of power, not in terms of control but they had quite a bit of influence. Both Tristan and Damien were working in a record shop called Central Station, which is Hip Hop and Techno and House and that was pretty much the central point for that kind of music in Adelaide. Tristan was involved in organizing the first Underground Resistance tour in Australia, I think it was in 1991, that was just after Jeff Mills left and I think DJ T-1000 was the DJ for that tour and they played at a place called Le Rox which in the 80’s was kind of a Wave/Blitz type club. Gradually they started playing House and Hip Hop and GoGo and stuff and eventually it became like a full-on Techno club, kind of a rave club.

The other day when we were talking I remember you mentioning that maybe there was some kind of link between the two cities, Adelaide being a motor city as well…
H : Yeah yeah (laughs) I don’t know maybe it’s just me rewriting History there… yeah, and Adelaide has literally nothing going on, like we don’t have a beautiful harbour, we don’t have a large population and it’s quite spread out,  and Adelaide was largely here because during the 2nd World War it was quite a safe place in Australia, it was very hard for warships to get here so there was quite a bit of military factories here and then in the 50’s motor car factories and it was a big part of the work force and it made Adelaide very spread out as a city so I guess people spend a lot of time driving around in their cars listening to Techno.

Were there a lot of vacant spaces where people could throw parties and raves, stuff like that or do you think it has nothing to do with the rave movement ?

P : No, I don’t think we had much of an illegal party scene. I mean, it existed but not that much… also the licensing wasn’t too bad back then, it wasn’t pushing people out of actual venues and as we all know it’s much easier to run a party at a venue than it is to run a rave in the middle of ‘the sticks’, so they utilized clubs and had residents, all that sort of stuff.

H : I think pretty much all the warehouse parties I went to were right in the middle of the city, there were a few at the old Adelaide jail but yeah, pretty much everything happened in the city.

Phil, you had a club before, what was its name and for how long did you run it ?

P : Yeah, it was called Cuckoo, the Cuckoo Bar. I think it almost got to seven years. My sister and I ran it together and before that I was DJing and working at record stores and bars aswell, I started in bars when I was 17 and Djayed at the last remaining after hours club for quite a few years and that kind of gave me like that late night Techno sort of addiction I suppose.

How hard is it to run a club in Adelaide ?

P : It’s pretty difficult especially when you’re doing what we were doing. We saw that there was no late night club that was doing only House and Techno parties so we really focused on that, so we spent a lot on sound and we made it really good for Djs and tried to bring down acts that hadn’t been to Adelaide ever before and really tried to invigorate the scene we thought was worth it I guess.

H : and they did that right to the end, they didn’t put R’nB nights or some sort of cash grab, they stuck to it right to the end.

Because you think that a lot of clubs just try to make easy money with mainstream stuff ?

P : I think you can come in with these great ideas and then in Adelaide especially, it can get pretty brutal and all of a sudden invoices and bills take precedent over your concept and you know, we were bloody close to going against our concept a few times, it was hard work but we stuck with it and I guess our ethos was if we’re not doing what we set out to do then there’s no point in doing it.

H : I could make a shitload more money selling Foo Fighters LPs. But why would you do that ? (laughs)

P : You know, if you set out with a goal in mind and fail at that, then maybe it wasn’t meant to be so yeah, I don’t know, I never saw it as a cop out.

H : And I think since Cuckoo closed almost no one has tried to do something culturally important. There are a lot of places that are just designed to make a lot of money for the owner with no interest in culture of any kind, just standard wallpaper music, just booze.

And as a club owner how was it like with the authorities and all the legal aspect of things ?

P : We started with a 9 to 5 license so we could trade 7 days a week, it was totally fine. And about the fourth year they brought in the 3 am lock out.

H : Was it always non-smoking inside Cuckoo ?

P : Yeah always, the non-smoking laws had come in when we started and that’s worth noting, it had quite an effect on clubs, worldwide, because everyone knows what it does to a club when 30 people get out for a smoke, it definitely does things to dance floors.

What’s the general capacity of a typical Adelaide club ?

H : 200 and under.

P : Yeah that would be typical. We were on Hindley street so a lot of people thought it was probably a bad idea to be in the thick of it when our clientele was not the people that were the foot traffic on that street.

H : But that’s the only place you could get a 5 am license.

P : Yeah and I thought it was worth it. We went without major incidents in 7 years so it really goes to show it’s about keeping the right people in and the wrong people out and you can run it smoothly and I think we did that pretty well. What got us in the end was development of apartments above us, we had to move out. Which was a long and arduous court battle but this is something that could happen anywhere it wasn’t specific to us and Adelaide.

Do you think promoters here in general focus on big foreign names or do they try to push local artists and Djs ?

P : A bit of both I think.

H : For a few years there was an over reliance on international Djs and people would just ask for the set times so they could rock up exactly when the internationals started and then they could say « oh I saw so and so ». Nobody talks about hearing so and so, « I saw so and so », like ticking off names on a list. And those guys might get paid 3 grand for a gig and local warm up Djs sometimes get paid nothing.

P : More often than not nothing, because you’re doing a community service (laughs) But you know, it’s hard to draw people sometimes without a name, that’s the game.

H : Especially I think when everyone is sort of mid-way between a consumer and a producer. I’ve been to parties with a handful of people and they were all Djs and they’re all like « I could be up there » you know and « if I’m not being booked then I’m not going to go to your show » (laughs)

P : That is a mentality with some people because they have glory in their mind, not music.

H : So you know sometimes you will have nights with a cascade of one hour sets.

P : Names on the bill, people in the door (laughs)Are there a lot of clubs in Adelaide still ?

P : Sugar has been there for 13 years and it’s unfortunately the last proper club with a 4 am license.

H : They are predominantly House and Disco and they have a decent amount of international artists come through.

P : That and Ancient World are our only two picks really. Ancient World has a 2 am license and tries to focus on music in general which is a noble ambition, they try to support an array of different sounds and it keeps the doors open by doing that.

H : Because I think if there’s only one place you want to go to you will get sick of it pretty quickly and I think that the guys at Ancient World realized that, so you know, they have Rock ‘n Roll people, they sometimes put on talks for Science Week, they got a really girly R’nB night…

P : They do everything with kind of a tongue-in-cheek anarchist spirit and they do it really well.

So what happens next if the curfew’s at 2 am ? Are there a lot of after parties ?

H : Not really.

P: It doesn’t happen as much anymore and it’s really surprising. In my first 5 years as a DJ you always went somewhere after, always, and drag your records from the first place at 9 am and go to the next place until 5 pm you know.

H : I remember raves with two separate after parties in clubs.

I was asking that because you know, in European cities most people live in small flats on top of each other and stuff whereas here, people mostly live in houses and have backyards and that makes it easier to shield yourself from neighbors and what not…

H : Well I think it doesn’t happen that much because it’s sometimes too complicated to get to the suburbs. Like, somebody lives way up that suburb, somebody way up there…

So the general setting of the city is what makes it more difficult ?

P : Maybe, but it never really stopped us, we were always going to after parties like, we would pile up in 4 or 5 cabs and off we went. I think the scene here is just a bit different.

H : And people seem really focused on work, like I always hear « I have to get up for work » or « i’ve got Uni ».

P : Maybe they don’t go at it as hard as I used to (laughs) The two guys I used to Dj with during my first club residency used to get up at 3:30, have their Weet-Bix, go to the club at 4 am, started drinking and finished at 9 but it was like they just got up so the rest of the day was theirs you know, so I guess that doesn’t happen anymore, that was our life for four years.

So for you what were the golden years ?
P : The middle of Cuckoo I’d say. But in the last year we had DJ Koze, Mathew Jonson, Shed. We ran a party with Shed and Tama Sumo at the lane way which was 250 people in the lane way behind the club. Inside the club we had Djs, outside the club we had Djs, it was the best thing I had ever done.
That doesn’t happen anymore ?

P : No, no one bothered risking 15000 $ to do something like that you know (laughs) I think people don’t want to risk it and I hear people whinging about how much it cost to put on an international. We were lucky because we were a promoter and a club owner.

So if the turn-out wasn’t so good you still had the bar…

P : Exactly, so you could take a little bit from there you know, you had a buffer.

H : Although you weren’t supposed to you had the buffer.

P : So a lot of people don’t have the luxury and that’s what made us able to put on the international acts and also what makes Sugar able to do that, their promoters are their owners.

What’s the status of Electronic / Techno music in the Australian musical landscape ?

H : Total minority, Australia is really a Rock ‘n Roll country. So much of our national psyche is based on the country you know, people wearing big hats, riding a horse…

The whole Crocodile Dundee thing…

H : Yeah, but Australia is one of the most urbanized country in the world so that has absolutely nothing to do with almost anybody but it still feels like a macho Rock ‘n Roll country and I think there’s a real reticence to show emotion. Dancing is seen as sort of an effeminate thing for men to do, singing is effeminate, so yeah, dance music in general, Disco, House, Techno, is something I originally only knew about from Greek kids. They were into Prince or Chaka Khan and break dancing, that’s how I heard about it first.

That’s really funny you mention that because it turns out my family here are Greek migrants and my mum’s got a first cousin whom I’m really close to, he’s 58 now and he got into Techno in like 89 or 90 or something… so I was at his place the other night and I told him about you guys and the interview and it’s interesting because he said the exact same thing you were saying, that it wasn’t an « anglo » thing in the early days and that they were listening to Techno in their cars. And he’s a guy who like to have a good time so he has a Corvette and so he was basically cruising around with his mates and listening to Techno all night… doing pills in fast cars basically…

P : (laughs)

H : (laughs) He sounds like a fucking legend to me !

Yeah really great and interesting dude… but yeah, to me that was crazy because you know, we don’t have the car culture like you guys have here in Paris or other large European cities and I never really suspected it to be so linked to the whole going nuts in your car thing.

H : Yeah, I think that’s actually something that happens in Detroit too, like Omar S and Theo Parrish drive their Subarus around…

Like the Juan Atkins track…

H : Cosmic Cars ?

yeah and that other one…

P : Night Drive (Thru Babylon)

That’s it !
H : But also the early House and Techno Djs here were from and Italian background. Like Cam (HMC) and Angelo, and I think that those kind of cultures are much more comfortable with dancing and showing joy through movement. I’m half German and half English which is the least funky combination possible.

P : (laughs) But I don’t totally agree with that analysis of the Australian scene, like I don’t think it is in any way a mainstream but it has pockets of success and as much as I would love to only rep Adelaide, Melbourne is doing much better in that respect than we are and they’ve got some good exports you know, like there’s some good Djs doing good things, more like world class music, and their scene is stronger partly because their licensing is softer.

H : Yeah they got corrupt cops.

P : Yeah and it all comes back to drug culture in a way, like that’s what keeps the party going…

Again, that’s what the cousin told me when I asked him what got him into Techno, he flat out told me, drugs. He used to smoke weed and when he started doing a little bit of pills that was it…

H : yeah I think that all makes sense.

P : I found I never really got it until I had a really loose moment and all of a sudden you hear it differently. And I think that there would be more people who had an epiphany like that than whatever the other entry is, like something pure…

H : Yeah like « I’m interested in electronics… »

P : Yeah (laughs)

I don’t know if you guys would agree but a lot of people say that Adelaide has a big drug scene…

P : Small towns often do.

And do you think there’s a correlation there somewhere ?

H : Hmm… yeah maybe, although it’s hard to quantify, I couldn’t really say.

P : I don’t know, it was probably happening kind of everywhere so it’s hard to separate things.

H : But in Melbourne they had some lock out laws like what we have here but they got rid of them again and it’s quite easy for people to get long licenses. There are clubs where dealing is pretty blatant and they don’t get closed down. And pretty much every young person from Adelaide would move to Melbourne. My cousin grew up in Canberra but lives in Melbourne now, and he says it’s just full of young people from Tasmania, Canberra and Adelaide.

So Adelaide has a problem keeping its youth and artists ?

P : Adelaide’s got a massive youth drain and it’s kind of a surprising thing as we’re a university town. Like, we attract youths and then we basically scare them away with no youth culture.

H : (laughs) Yeah we bore them out of town.

P : We don’t have laws that make parties easy to happen and help youth culture grow.

There are quite a few festivals in Australia and in Adelaide in particular and is it like in Europe and everywhere else where they tend to have more and more Djs on the bill and if so, do you think it competes in a way with the club culture ?

H : Well, I sort of notice it here at the shop because sometimes I won’t see some regulars for two months and I know they’ve gone to a festival. They’ve been saving up before hand and then they’re broke when they come home and that’s it.

P : I think it’s affecting the scene in general.

How do you see the evolution of the Australian and more specifically Adelaide Techno scene ?

H : Some of the kids really need to step up and start doing stuff.

P : it lacks enthusiasm.

You think the younger generation isn’t as involved as for example you guys were ?

P : Well there’s not much to invigorate I get it, but I saw a lack of support and people trying to do something about it. I don’t know, I’m turning into a jaded old man…

How old are you ?

P : I’m 30 but I feel like I’m 50 (laughs)

H : I’m 40.

P : I guess I can’t be bothered much doing much anymore… I think I gave it a good crack, both financially and emotionally. Once you’ve experienced varying degrees of success throughout the years it’s hard to keep going at the same pace, other people have to do it.

So why is it that you guys are so attached to Adelaide ? You could have moved to a bigger, busier city I guess, why did you chose to stay here ?

H : I think there’s a realness here, in other cities it’s just a bit of a theme park, it’s just a lot of slip-streamers, people go somewhere and try to piggy-back on something that is huge and they just want to take a tiny bit of it. I guess here you can make a little bit of a difference and it’s comfortable. And there’s a genuineness about the people here that I don’t always find in Melbourne or Sydney. People here really care, we kind of support each other. People who get into it stay in the scene for a long time. And people in Adelaide respect each other, even if there’s a business or outfit that I’m not totally down with, I respect them for sticking to it because I know how hard it is to run a business here and I know how hard it is when you’re trying to do something valuable and people are not on board with it.

P : I love my hometown.

H : And also it’s a bit of a marketing ploy, you don’t get any street cred for being in Berlin, the place is fucking full ! (laughs)

P : And we have a pretty rich History and it’s something to be proud of and I think once you get involved in that you feel patriotic towards it. Some people more than others obviously because as we said, we do get a a creative drain to Melbourne in a big way and so people who really care generally stay, often to their own detriment (laughs)
I guess that’s another similarity with Detroit, being proud of where you’re from no matter what and try to do something locally…

P : yeah because if it wasn’t for the people that had stuck around I wouldn’t have been introduced to all that and my life would have been totally different and those people who introduced me were talented and could have more than easily been anywhere in the world and done what they did and be quite successful but they didn’t, they stuck here and they introduced me to all that. It’s important you know, without that the city has nothing.

Are these Adelaide pioneers still around and active ?

H : Not many.

P : I guess it’s a cycle, after a while they got fed up (laughs) and when your Dj career stumbles you start working day jobs.

H : HMC is still doing good stuff.

P : Late Night Tuff Guy aswell.

H : Damian Donato is still somewhat active.

Any current Adelaide based producers you guys are excited about ?

H : Yeah there are a couple, Metamethod I really like, really cool modern Techno…

P : With no idea of what’s going on modern…

H : He’s completely isolated musically, and just makes his own sounds and I think he just builds it all up from FM synthesis.

P : He used to have a big studio and sold it all back in the late 90’s. Basically he’s a nerd and builds his tracks frorm single sounds and FM waves.

H : I think he’s really underrated.

P : Totally, he was already underrated in the mid 90’s. Off the radar for over a decade and sort of bubbles back up and people are like « you’re still doing this ? » and he’s killing it.

H : He’s probably older than me.

P : Oh yeah for sure.

H : Phil is also an excellent producer with a very musical range of Techno and Electro and more melodic stuff, also underrated.

So what’s your alias Phil ?

P : There’s a few… I did a release with the Untzz guys a while back but I don’t think there was a name on the label. But yeah there are a few things floating about, most of it is on my hard drive (laughs)

H : Keep your eyes on the skies.

P : Yeah exactly, it’s in the cloud (laughs)

H : Nightime Drama is a good Adelaide label.

P : People are trying you know, I ran Cuckoo Music for a while and we did two records and eight digital releases. We did the Carter Bros album, we only released Adelaide stuff except for the first one, Sleep D who’s from Melbourne.

H : The Carter Bros actually released a couple of records on a Detroit label, Black Catalogue.

P : Rush Hour and then Tsuba re-released their album we did on Cuckoo Music which was cool. It was just nice to rep the local scene and show people what we’re doing here.

Going through your racks in the shop I noticed how reasonable the prices were and I was surprised because Australia being so far away you would tend to think that it’s really expensive to bring imports, ho do you manage ?

H : I have a formula, I have to be quite strict about keeping an order under 1000 $ otherwise I have to pay import duty and GST, so that means I have to be really diligent in my ordering, getting the maximum amount but stay under 1000 $. So if a new record comes out via Hardwax and I want just one record, I can’t order it because it’s going to cost me way more in shipping so sometimes I have to miss out on that and wait for a repress. I tend to go more towards bigger distribution with a bigger catalogue, it’s easier to get a good variety of stuff. Because a decent amount of my sales are not stuff that I’m all that into.

I also noticed that you had quite a few records from the good Antinote people, do you follow the French scene much ?

H : Yeah a decent amount, there’s some really good stuff on Favorite and Antinote is a fantastic label, I think there are a lot of very interesting artists coming from there. There are also some great records from Yoyaku, Concrete…

So how do you keep up with all the different releases ?

H : I just go through every email I get. I don;t know, there might be 200 to 500 records out every week and I try to seek through that. I think that’s really the only channel, I don’t spend much time on Soundcloud, I sometimes read RA or DJ Broadcast, I don’t look at the Facebook feeds. It’s easy to get stuck in a bit of a rut, but with labels like Antinote it’s just buy everything. I don’t think there’s been an Antinote record that’s come out that I haven’t had. It’s just refreshing music, not too retro, not always dancey, some of it is quite challenging sometimes. I’d like to know more about what’s happening in France but also, I think that isolation allows for evolution, if we all know exactly what everyone’s doing all the time, nothing can really grow organically.

P : Even though it’s hard nowadays to find isolation. It’s nice when something refreshing comes out because it’s so hard to find uniqueness these days. For example I always really respected the Sleep D guys for their lack of ego and insistence in doing their thing. I have a lot of respect for Tornado Wallace, because he has his own sound. There’s people who find their own niche and push forward with that. There are a few heads in Australia who do that really well, the Carter Brothers aswell, there’s no one else that sounds like them.

That’s interesting because I sometimes feel that in Paris or other large cities there are too many Djs and producers and it sometimes feels like a competitive and no so healthy environment. Some have like a family/crew thing going on but often times you find that ego gets in the way…

P : Yeah it’s hard in really big cities, you lose the family thing you were talking about. But I think we have that here because of either being a small town and isolation. Some really good producers and DJs are even from the rural areas, like the Carter Brothers are from Mildura, Sleep D is from Frankston.

What would you like to happen in Adelaide ?

H : Well, there are some parties called Park Jib which are run by Lenin, Jake and Henry and they’re really nice young dudes, they’re quite motivated and morally-sound guys and they will just take a generator and Phil’s kickass sound system and go out into the park and have a day party and I’d like to see more of that. There’s no alcohol and there’s no money involved, just music.

P : I think that’s the purest thing that could happen and if they don’t take it by the horns I will probably try and move forward with that.

So you have plans ?

P : Well, I have plans if they don’t, I want them to do it and I don’t want to step on their toes, like it’s their thing and if they want to use my gear than I’m stoked because I want it to be used and I hate listening to music on shit sound.

H : Yeah and we have to let them grow.

P : I personally would like to legitimize it a bit more. I like doing things rough or illegal although it’s not illegal, it’s a grey area and it could be shut down quite easily and that just annoys me. I hate that it has an effect on the scene and future parties if things get shut down and also I like doing things by the book when there’s expensive sound involved, so we’ll see how this one goes. No one’s had the nuts to do it proper yet and coming up is one of the first times that I can think of that someone actually had the balls to go out and give it a try, test the waters, dip the toe in and see how it goes.

H : Because these guys generally have never been to an event like they’re putting on. They’ve never been to a rave in the 90’s, all that knowledge is lost. My mate next door at Inbound Records, he can organize a rave in half an hour, he just makes some phone calls, he has his own sound system…

P : That’s the Drum ‘n Bass scene.

H : They come from that early 90’s rave culture so that’s not a problem for them. They’re a bit more roughneck but the young dudes have never had that experience, they don’t really know how to get started or they don’t realize that such a thing is possible, for them Techno is in a night club or a festival.

P : I think it’s got legs if people are willing and if you use the right key words you can get council onboard, you just have to talk about vibrancy and youth culture.

H : To a certain degree the state government realizes the state is pretty fucked, not much happening economically, manufacturing is finished, the mining is finished…

P : The only big investment is to universities and how they don’t make the connection between universities and youth culture is beyond me.

Mixtape